Le droit au sommeil à Montréal

Publié le 26 septembre 2024 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

À la suite du jugement rendu plus tôt cette semaine par la Cour d’appel du Québec, le cabaret La Tulipe a décidé de fermer temporairement ses portes.

Historique

L’origine de cette affaire est une erreur administrative des autorités municipales.

Le cabaret La Tulipe est une salle de spectacle construite en 1913.

En mars 2016, Pierre-Yves Beaudoin se porte acquéreur d’un édifice adjacent. Au moment de l’achat, le rez-de-chaussée est déjà occupé par deux commerces donnant sur la rue Papineau tandis qu’un entrepôt se trouve l’arrière. Aux étages supérieurs, il y a cinq logements.

Voulant transformer l’entrepôt en logement, M. Beaudoin demande en juin à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal un permis de transformation qui lui sera accordé en aout 2016.

Un an plus tard, le propriétaire aménage dans le nouveau logement du rez-de-chaussée.

Très tôt, il constate que plusieurs fois par semaine, le bruit émanant du cabaret fait vibrer les murs et les planchers de son immeuble. En vain, il s’en plaint de manière répétée à la ville et la police.

En aout 2021, la ville lui transmet une mise en demeure indiquant que le permis qu’elle lui a été délivré cinq ans plus tôt était une erreur de sa part.

En septembre 2022, la ville intente une poursuite contre le propriétaire demandant une cessation d’utilisation du local à des fins de résidence.

Il y a trois jours, trois juges de la Cour d’appel du Québec, unanimement, donnent raison au propriétaire et ordonnent au cabaret de cesser d’émettre tout bruit audible à l’intérieur du bâtiment adjacent.

Compte tenu du bruit de fond nocturne de la ville, cela signifie une limite maximale audible de 20 décibels dans le logement de M. Beaudoin.

Incapable financièrement de respecter cette décision, le cabaret a décidé de fermer ses portes pour l’instant.

Réaction de la ville

Pour masquer le fait que cette affaire résulte d’une erreur de sa part, l’administration Plante s’est lancée dans une campagne haineuse contre le propriétaire, l’accusant de menacer “l’écosystème culturel” de Montréal, et le qualifiant même de dictateur.

Dans quelques heures se tiendra une manifestation de soutien au cabaret La Tulipe. Cette manifestation aura lieu devant le cabaret, c’est-à-dire à quelques pas de l’appartement personnel de M. Beaudoin.

Pour l’instant, on ignore si la ville autorisera cette manifestation.

Après la diabolisation dont M. Beaudoin est l’objet depuis l’annonce du jugement, il ne faudrait pas se surprendre que tout cela dégénère.

Conclusion

La vie serait triste si on n’avait pas le droit de fêter ou de se divertir en assistant à un spectacle.

Mais plus fondamental que le droit de s’amuser est le droit au sommeil.

Heureusement, les deux ne sont pas incompatibles.

Dans une ville bien conçue, le zonage municipal interdit la juxtaposition de salles de spectacle et d’immeubles résidentiels.

Ce qui signifie que les lieux bruyants situés au rez-de-chaussée doivent être situés entre des commerces.

Cela est facilement réalisable dans des villes nouvelles,

Dans le cas de Montréal, dont le développement s’est déroulé sur plusieurs siècles, cet idéal est plus difficile à respecter.

D’où l’inévitabilité de conflits à ce sujet.

Dans ce cas-ci, la ville a non seulement accordé un permis de transformation par erreur, mais a eu l’audace de sommer arbitrairement l’entrepreneur d’abandonner son logement, aménagé à grands frais.

De toute évidence, il s’agit d’un abus de pouvoir. Aux frais des contribuables, l’administration Plante a voulu la chicane. Et c’est exactement ce qu’elle a obtenu.

À l’opposé, en défendant son droit au sommeil, le citoyen Beaudoin a défendu la multitude de personnes qui sont dans sa situation et qui n’ont pas les moyens de défendre leurs droits.

Merci de leur part.

Références :
Bruit, boboïsation et judiciarisation
Décision en première instance
Décision en appel
La Cour d’appel ordonne à La Tulipe de baisser le son de manière importante
Le cabaret La Tulipe dit cesser ses activités « pour le moment »
« Non à la dictature d’un voisin », dit Valérie Plante

Paru depuis : Un objet incendiaire lancé sur une boîte de nuit du Plateau-Mont-Royal (2025-11-17)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de la Route verte No 3 – 4e partie

Publié le 25 septembre 2024 | Temps de lecture : 2 minutes
Chemin Saint-Jean

Je ne pouvais pas aller à La Prairie sans visiter l’Église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge, construite en 1841.

Malheureusement, son parvis était l’objet d’excavations tandis qu’un mariage se déroulait à l’intérieur.

J’ai donc vadrouillé çà et là à vélo.

237 rue Saint-Ignace

La Maison Sauvageau a été construite par Alexis Sauvageau en 1847 en y intégrant des éléments de pierre acquise en 1833

222 rue Saint-Ignace
164 rue Saint-Georges

La Maison Barbeau dit Boisdoré fut érigée vers 1807 par Joseph Barbeau dit Boisdoré. À la suite d’un incendie en 1846, on dut refaire en briques le haut des murs-pignons (c’est-à-dire les côtés).

251 rue Saint-Jacques

Cette maison m’a plus en raison de ses pignons et son large bandeau contrastant.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de la Route verte No 3 – 3e partie

Publié le 23 septembre 2024 | Temps de lecture : 2 minutes
Sur la rivière Saint-Jacques

La rivière Saint-Jacques est à la frontière entre la ville de Brossard (au nord) et la municipalité de La Prairie (au sud).

Le piquenique d’une famille de bernaches du Canada




Le long du lac de la Citière

Après avoir franchi la rivière Saint-Jacques, la Route verte No 3 (RV3) se poursuit en direction sud pour atteindre le lac de la Citière dont elle longe du côté ouest.

La pointe sud du lac est à trois-cents mètres du centre-ville de La Prarie (dont nous aurons un aperçu au dernier texte de cette série).

(À suivre)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de la Route verte No 3 – 2e partie

Publié le 22 septembre 2024 | Temps de lecture : 2 minutes


De l’avenue Tisserand au pont Radisson

Après avoir longé le parc de la Terre, la Route verte No 3 (RV3) tourne à gauche et se poursuit dans un long segment rectiligne vers le sud.

Il a été aménagé sur une large bande de terre expropriée il y a des années par Hydro-Québec afin de permettre le passage de ses pylônes électriques.

Puisque c’était trop pour ses besoins, une partie de cette bande a été cédée pour permettre l’aménagement de la RV3.

Malgré le fait qu’on y trouve quelques petites haltes agrémentées de buissons, l’essentiel de la RV3 se parcourt à découvert. Ce qui, en temps de canicule, est plutôt pénible.

Le réseau des routes vertes du Québec étant en construction, on peut s’attendre à ce qu’éventuellement, des arbres y soient plantés afin d’apporter de l’ombre bienvenue.


Rivière Saint-Jacques et pont Radisson

Après 3,5 km à pédaler, on atteint le parc Radisson; en poursuivant notre route, on atteint le pont homonyme afin de traverser la rivière Saint-Jacques.

(à suivre)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Répartition territoriale des langues parlées à Montréal et à Laval

Publié le 21 septembre 2024 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Référence : Cette carte montre la «superdiversité linguistique» unique de Montréal

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| Démographie, Sociologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Un premier ministre indigne

Publié le 20 septembre 2024 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Une des leçons de l’Histoire, c’est qu’il est très dangereux de faire croire faussement à une majorité ethnique qu’elle est menacée par une de ses minorités.

Il y a sept jours, sur les ondes de la station CJAD, le premier ministre du Canada déclarait en anglais ce qui suit :

Legault a décidé que la meilleure façon de protéger le français est d’attaquer les Canadiens anglais. Et cela n’a aucun sens. L’idée que quelqu’un va à l’hôpital pour un test ou quelque chose comme ça, anxieux (il pourrait avoir un cancer), anxieux (il pourrait être malade) et là, il va devoir s’inquiéter de savoir s’il peut ou non se faire soigner en anglais parce que son français n’est pas très solide… c’est mal, tout simplement.

Il n’a jamais été question au Québec de priver le peuple angloQuébécois de son droit de recevoir des services médicaux dans sa langue.

Justin Trudeau ment.

La loi fédérale sur les langues officielles

Selon le point de vue, il y a deux manières de considérer les angloQuébécois.

La première consiste à les voir comme la plus importante minorité ethnique du Québec. La deuxième les voit plutôt comme l’annexe québécoise de la majorité anglo-canadienne.

Appelé à se prononcer à ce sujet, le Comite des droits de la Personne de l’ONU statuait en 1993 :

To summarize, the United Nations Human Rights Committee ruled […] that Quebec’s English community does not qualify for protection as a minority language group, because it forms part of the Canadian English-speaking majority.

En d’autres mots, les Québécois anglophones ne peuvent pas être considérés comme une minorité linguistique dans le contexte canadien où ils sont majoritaires.

Depuis toujours, Ottawa soutient le contraire. Sa loi sur les langues officielles trace un parallèle entre d’une part, les minorités francophones hors Québec et d’autre part, la minorité anglophone au Québec.

En réalité, les miettes qu’Ottawa verse aux premières servent d’alibi pour justifier le financement généreux de la colonisation anglaise au Québec.

À titre d’exemple, en 2017-8, Ottawa versait 302 millions$ à McGill, mais seulement 184 millions$ à l’Université de Montréal, et 177 millions$ à l’université Laval.

Au Québec, Ottawa verse 2 663$ par étudiant anglophone à plein temps et 1 430$ pour un étudiant francophone à plein temps.

Le résultat, c’est que les Cégeps et universités anglaises ont 56 % plus d’argent pour former chacun de leurs étudiants. Cela signifie des classes plus spacieuses, des laboratoires mieux équipés, et plus de moyens pour favoriser la réussite des travaux de recherche.

Depuis la pandémie, Ottawa a fait entrer au Québec plus d’un demi-million d’immigrants dont la majorité ne parle pas français.

Le ministère fédéral de l’immigration approuve 92 % des demandes de requérants étrangers pour étudier à l’université McGill. Par contre, il refuse la moitié des demandes pour étudier à l’université Laval. Le pourcentage des refus grimpe même à 72 % dans le cas des établissements scolaires francophones lorsqu’il s’agit de demandeurs provenant d’Afrique.

Dans leur immense majorité, les néoQuébécois expulsés du Québec par Ottawa, ce sont des Francophones parfaitement bien intégrés dans leur milieu d’accueil que le fédéral expulse sous le moindre prétexte; une case à cocher oubliée ou un formulaire qu’on prétend ne pas avoir reçu.


 
Et pendant que l’anglicisation de Montréal s’accélère, Ottawa finance, par le biais de son Programme de contestation judiciaire, la contestation juridique de toutes lois québécoises visant à défendre le français.

Pour couronner le tout, voilà que le premier ministre du pays souffle sur les braises de l’intolérance en faisant croire aux angloQuébécois qu’ils sont attaqués par le gouvernement québécois.

Conclusion

En écrivant la biographie de Justin Trudeau, un auteur pourrait nous présenter une multitude d’anecdotes intéressantes. Mais s’il devait consacrer un chapitre sur la ‘pensée’ de Justin Trudeau, ce chapitre ne devrait pas dépasser trois paragraphes.

La comparaison avec le père fait ressortir l’indigence intellectuelle du fils.

Justin Trudeau aura été le premier ministre du clivage ethnique.

Au cours de ses huit années au pouvoir, il n’a pas cessé de promouvoir le multiculturalisme.

Sans se douter un seul instant que le multiculturalisme était le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes; en enracinant l’appartenance ethnique en tant un marqueur identitaire, le multiculturalisme a contribué à faire du Canada un ensemble de tribus.

Ces tribus peuvent très bien se côtoyer harmonieusement en temps de paix. Mais dès que de violents conflits inter-ethniques éclatent à l’Étranger, ces affrontements se transposent en terre canadienne.

D’autre part, en forçant les organismes financés par Ottawa à se soumettre à ses politiques d’ÉDI (Équité, Diversité et Inclusion), Justin Trudeau y a répandu un wokisme polarisant qui jauge le citoyen à sa pigmentation cutanée, son identité de genre, son orientation sexuelle, son ethnie ou sa religion.

Son appel démagogique à la rébellion des Canadiens anglais attaqués par le gouvernement du Québec entache définitivement la réputation de ce petit premier ministre sans envergure.

Références :
L’anglicisation du Québec et la Caisse de dépôt et placement
Décision de l’Onu
Le multiculturalisme et la guerre des diasporas au Canada
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes
Le PCJ, annexe de la machine coloniale canadienne
Partir ou rester dans le goulag québécois? L’étrange débat du «Montreal Gazette»

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| le prix du fédéralisme, Politique canadienne | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’insupportable popularité de TikTok

Publié le 19 septembre 2024 | Temps de lecture : 3 minutes

Accusée de recueillir des données personnelles pour ce compte du gouvernement chinois, TikTok a apporté des correctifs qui n’ont pas satisfait ses accusateurs.

TikTok n’est pas un appareil; c’est une application. En tant que telle, TikTok ne peut rien colliger de plus que ce que font déjà tous les médias sociaux américains.

Depuis les révélations d’Edward Snowden, on sait que les pays à majorité anglo-saxonne (États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) épient tous nos courriels, tous nos textos et toutes nos conversations téléphoniques.

Dans ce dernier cas, cela ne veut pas dire qu’un espion écoute nos conversations en temps réel, mais que cette conversation est enregistrée et conservée sur d’immenses serveurs.

Que TikTok appartienne à la Chine, au Burkina Faso ou à des Extraterrestres, on ne voit pas très bien ce que ça change.

Une proportion croissante des Américains sont de cet avis.

Selon un sondage réalisé par le Pew Research Center, l’appui au bannissement de TikTok a chuté de 50 % en mars 2023 à 32 % l’été dernier.

Inversement, l’opposition au bannissement est en hausse, passant de 22 % à 28 %. Quatre points de pourcentage séparent maintenant les pour des contre.

Ce qui distingue les uns des autres est moins l’allégeance politique que leur utilisation de l’application; ceux qui s’en servent ne sont que 10 % à vouloir son interdiction alors qu’ils sont 61 % à s’opposer à cette mesure.

Ce qui devrait accroitre la détermination du Congrès américain à aller de l’avant malgré la fonte de l’appui populaire, c’est la découverte que 36 % des utilisateurs de TikTok s’en servent pour s’informer au sujet de la politique américaine.

Cette proportion est même de 39 à 48 % (selon les sondages) chez les jeunes de 18 à 29 ans.

Imaginez que le quotidien le populaire au Québec, ce ne soit pas le Journal de Montréal/Journal de Québec (avec leur 3,6 millions de lecteurs), mais l’édition québécoise de la La Pravda de Moscou…

Que TikTok milite actuellement ou non en faveur d’une idéologie particulière, cela n’a pas d’importance; ce qui compte, c’est qu’il soit en mesure de le faire, notamment en période de crise.

Aux yeux de la plus grande puissance militaire au monde, TikTok est la cellule dormante du pays qui représente la plus grande menace à sa suprématie.

Voilà pourquoi elle sera bannie ou vendue à des intérêts américains.

Références :
About half of TikTok users under 30 say they use it to keep up with politics, news
How Americans Navigate Politics on TikTok, X, Facebook and Instagram
Le bannissement de TikTok au travail
More Americans – especially young adults – are regularly getting news on TikTok
Support for a U.S. TikTok ban continues to decline, and half of adults doubt it will happen
TikTok
TikTok et le Bonhomme Sept Heures
TikTok is Now the Frontier for Political Discourse

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mot en G

Publié le 18 septembre 2024 | Temps de lecture : 2 minutes

Pour comprendre ce qui va suivre, on doit savoir que sur le site de Radio-Canada, les commentaires ne sont jamais censurés; ils sont ‘désactivés’.

Lorsque c’est le cas, l’auteur du message devient le seul qui peut voir son texte. En somme, il devient secret. Comme les documents ‘For Your Eyes Only’ adressés à l’agent 007.

Et lorsqu’une personne réplique à ce commentaire avant sa désactivation, tous les lecteurs peuvent voir la réplique, sans savoir de quoi il s’agit.

Revenons au mot en G…

On apprenait ce matin que le Hezbollah libanais avait équipé ses combattants de téléavertisseurs (ou pagettes). Sans le savoir, ces appareils renfermaient des explosifs insérés par les services de renseignements israéliens, des explosifs que ces derniers pouvaient faire sauter à distance.

En apprenant cette nouvelle, j’ai publié le commentaire suivant.


Il est à noter que ce commentaire ne contient pas les mots Israël, Hezbollah, ni Gaza. Il est vague et n’accuse personne en particulier.

Mais il est tellement évocateur que la simple lettre ‘G’ suffit à justifier sa désactivation.

Puisque sur ce site, il est interdit de tenir des propos obscènes, je présume que les censeurs de Radio-Canada ont simplement confondu le mot en ‘G’ avec le point G.

C’est tellement mélangeant…

Références :
How did Hezbollah’s pagers explode in Lebanon?
Huit morts au Liban dans l’explosion des téléavertisseurs de membres du Hezbollah

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| Guerre en Palestine, Politique internationale | Mots-clés : , , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de la Route verte No 3 – 1re partie

Publié le 18 septembre 2024 | Temps de lecture : 3 minutes

Introduction

La Route verte du Québec est le plus important réseau de pistes cyclables en Amérique.

La Route verte No 3 (RV3) est un de ses segments les plus importants. Une fois complétée, elle sera longue de plus de 75 km.

Elle traversera alors toutes les municipalités situées près du fleuve entre Sorel et Candiac, fera un détour dans les terres entre Sainte-Catherine et Beauharnois, puis longera de nouveau le Saint-Laurent jusqu’à Valleyfield.

Le segment entre la station Brossard du Réseau express métropolitain (REM) et la ville de La Prairie est déjà cyclable. C’est lui que j’ai emprunté cet été.

Un accès laborieux

Atteindre la gare du REM à partir du métro Bonaventure exige un bon sens de l’observation puisque la signalisation pour s’y rendre est… disons… améliorable.

Et dès que vous devez faire un détour parce qu’un ascenseur est en panne, vous risquez de vous buter à des obstacles insurmontables, comme franchir des portes tournantes avec un vélo.

Mais on finit toujours par y arriver.

Le REM de l’ouest



À partir de la gare Centrale de Montréal
Canal de Lachine vu du REM

Tout comme le métro, j’aime le REM actuellement en fonction. Ce dernier possède un grand avantage; la vue extérieure. Avouons-le; c’est quand même mieux qu’un tunnel de béton.

Puisque le climat tempéré d’ici est très agréable (malgré tout le mal que les Québécois aiment en dire), le voyageur s’étonne du caractère plaisant de ce qu’il voit des banlieues sud de Montréal.

Et ces banlieues, maintes fois empruntées en voiture, se présentent sous un nouvel aspect.

Il y a bien ici une gare ferroviaire de tri et là, de nombreuses cours industrielles. Mais on y voit également de la verdure. On évite surtout le tape-à-l’œil vulgaire du boulevard Taschereau.

Si bien qu’on finit par trouver ces banlieues ‘pas si pires, au fond’.



Parc de la Terre

Dans le tunnel par lequel on sort à la station Brossard du REM, il suffit de tourner à droite (vers le sud) pour tomber immédiatement sur une piste cyclable; c’est la RV3.

Elle traverse le parc de la Terre, le long de l’avenue Tisserand, et se dirige vers l’ouest pour tourner vers le sud en direction de la ville de La Prairie.

Le long de ce segment, on voit à gauche des maisons unifamiliales et à droite, le parc de la Terre, d’un intérêt limité.

(à suivre)

Référence : Cartographie de la Route verte

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Francisation : l’insignifiance de la CAQ

Publié le 17 septembre 2024 | Temps de lecture : 9 minutes

Introduction

On apprend ce matin que la première décision du nouveau ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration est de couper l’allocation de 28$ par jour que le gouvernement de la CAQ offrait aux néoQuébécois qui assistent aux cours de francisation donnés par l’État.

Jean-François Roberge est un des plus brillants ministres de la CAQ. Et c’est un excellent communicateur; il pourrait vendre des réfrigérateurs aux Esquimaux.

Pour justifier sa décision, il affirme :

On n’a plus besoin de cette mesure incitative, nos listes d’attente débordent !

Le ministre oublie de dire que les listes débordent parce que son offre de francisation est nettement insuffisante.

Entre l’année fiscale 2018-2019 et l’année 2023-2024, le nombre de participants à ces cours a plus que doublé, passant de 30 734 à 68 844.

Malgré cette augmentation, le nouveau commissaire à la langue française estime que l’offre de francisation correspond à environ 5 à 6 % du nombre nécessaire pour que les immigrants temporaires puissent parler couramment français.

En d’autres mots, si on n’admettait plus aucun immigrant temporaire, cela prendrait seize à vingt ans pour franciser ceux qui sont déjà sur le territoire québécois.

Plus tôt cette semaine, le premier ministre a déclaré à l’Assemblée nationale que le nombre d’immigrants temporaires au Québec était passé (en gros) de 300 000 à 600 000 personnes en deux ans.

Le fiasco de la francisation

En Grande-Bretagne, un immigrant ne peut pas mettre le pied sur le sol britannique s’il n’a pas déjà la connaissance de l’anglais. De manière conséquente, un citoyen britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si cette personne ne parle pas l’anglais.

La CAQ a choisi une autre approche. L’exigence préalable n’est pas demandée. Toutefois, le requérant à l’immigration doit s’engager à apprendre le français au cours des trois années qui suivent son arrivée au Québec. À défaut de quoi la CAQ exigera son expulsion du pays par le gouvernement canadien.

En d’autres mots, Québec demandera à Ottawa — où la majorité des fonctionnaires sont des Anglophones unilingues — d’expulser des gens dont le crime aura été d’être eux aussi des Anglophones unilingues.

C’est épouvantable; ils avaient dit qu’ils apprendraient le français” dira la CAQ. “Ya, big deal” répondront les fonctionnaires d’Ottawa en bâillant.

Lorsque la francisation est exigée préalablement, cela ne coute rien à l’État puisque ceux qui veulent venir au Québec se francisent à leurs frais dans leur pays d’origine… à l’exception des réfugiés, évidemment, en raison de l’urgence de leur situation.

Mais quand c’est l’État qui francise ceux qu’il a admis au pays, il faut des classes de francisation et des enseignants. Et quand cela ne suffit pas, il faut offrir une prestation financière. Tout cela est dispendieux.

Or l’expérience démontre l’échec de cette approche.

Avant même l’arrivée de la CAQ au pouvoir, on savait que :
• les deux tiers des immigrants qui ne pouvaient pas parler français à leur arrivée ne se donnaient même pas la peine d’assister aux cours gratuits qu’on leur offrait,
• le tiers des inscrits abandonnaient leur formation avant la fin, et
• dans 90 % des cas, ceux qui tenaient bon jusqu’à la fin étaient toujours incapables de fonctionner en français.

Bref, c’est un fiasco.

Lorsqu’une situation est désespérée et qu’on croit que ça ne peut pas être pire, il arrive souvent qu’on réalise que le pire est possible. En fait, ça peut toujours être pire; ça dépend de ce qu’on fait.

Le 10 aout dernier, on apprenait que la CAQ obligeait un certain nombre d’écoles à réduire ou à limiter le nombre de classes de francisation et ce, malgré l’explosion de la demande.

Et maintenant, le ministre Roberge coupe les allocations destinées à motiver les néoQuébécois à apprendre le français.

Est-il nécessaire d’avoir une boule de cristal pour prévoir la suite des choses ?

Les “prometteux” de la CAQ

En mai 2023, la CAQ annonçait son intention d’exiger la connaissance du français comme condition préalable à l’immigration.

Pour la première fois depuis que la CAQ est au pouvoir, je me réjouissais d’entendre cela.

Mais un détail m’avait échappé; la CAQ n’annonçait pas la mise en application d’une mesure, mais la simple intention de l’adopter.

Depuis, on attend.

Le 27 aout 2024, soit quinze mois plus tard, le quotidien Le Devoir révélait qu’il faudra attendre encore pour savoir concrètement comment la CAQ compte imposer préalablement la connaissance adéquate du français à ceux qui veulent immigrer au Québec.

La règlementation habilitante sera ‘pré-publiée’ cet automne en vue d’une entrée en vigueur souhaitée en 2025… si, évidemment, la CAQ n’y renonce pas d’ici là.

Bref, la politique linguistique de la CAQ est comme les éoliennes; elle change en fonction du vent.

La défense homéopathique du français par la CAQ

Le comble de l’insignifiance est cette campagne publicitaire — une grande mobilisation citoyenne, dit le ministre Roberge — invitant les citoyens à exiger d’être servis en français et d’exiger de travailler dans notre langue.

La langue de travail

La Loi 101 interdit à un employeur d’exiger de ses employés la connaissance de l’anglais à moins que cela soit strictement nécessaire.

En somme, pour franciser les milieux de travail, la Loi 101 exige l’unilinguisme français par défaut.

À tort ou à raison, 63 % des entreprises montréalaises exigent de leurs employés la connaissance de l’anglais. Et dans certains cas (notamment les entreprises fédérales), on embauche fréquemment des anglophones unilingues. Ce qui a pour effet de faire de l’anglais la langue de travail plutôt que le français.

Lorsque le ministre Roberge demande aux travailleurs francophones d’exiger de travailler dans leur langue, que veut-il dire exactement ?

Veut-il dire que, lors d’une entrevue d’embauche, celui qui aspire à un poste fasse savoir à l’employeur qu’il refusera de parler autre chose que le français ? Ou qu’il acceptera de parler anglais uniquement selon son bon vouloir ?

Veut-il dire que ceux qui ont déjà un emploi devraient dorénavant refuser de parler autre chose que la langue de Molière ?

Concrètement, je n’arrive pas à comprendre ce que veut dire ‘exiger de parler le français’ pour celui qui n’a généralement aucun recours s’il est congédié sauf de porter plainte au Tribunal du travail et d’attendre deux ou trois ans avant que sa cause soit entendue.

La langue de service

Notre ministre ponce-pilate veut remettre la défense du français entre les mains du citoyen. Bien.

Si le ministre veut que les citoyens aient la responsabilité de faire respecter la Loi 101, qu’il leur en donne les moyens, notamment l’accès direct aux tribunaux.

En d’autres mots, sans passer par la plainte à l’Office québécois de la langue française. Une plante qui, dans l’immense majorité des cas, ne donne rien.

Lorsque l’État transfert ses responsabilité sans transférer ses moyens répressifs, cela veut dire : arrangez-vous avec vos troubles.

Au contraire, il lui suffit de faire adopter une loi qui exempte, par exemple, le client de payer la note d’un restaurant s’il a été servi en anglais et c’est certain que les choses bougeront rapidement.

Pour défendre le français au Québec, les vœux pieux ne suffisent pas. Il faut que la personne responsable de cette défense (le ministre ou le peuple) dispose d’un pouvoir de coercition parce que cela ne se fera pas tout seul.

Conclusion

En théorie, le gouvernement québécois ne devrait rien dépenser du tout pour la francisation des néoQuébecois; à l’exception des réfugiés, aucun immigrant ne devrait mettre les pieds au Québec, sans connaitre préalablement le français.

Le message devrait être :

Bienvenue chez nous. Nous sommes heureux de vous accueillir alors que nous manquons de bras et de talents.

Toutefois, vous devez absolument prendre racine chez nous en français puisque nous refusons de devenir des étrangers dans notre propre pays.

En se dotant d’une politique linguistique couteuse et inefficace, la CAQ la soumet aux vicissitudes de la situation budgétaire de l’État québécois.

Les quinze ans de laisser-faire libéral auront donc été suivis par six ans d’hésitation caquiste.

Indépendamment de la question qui leur sera posée, la véritable question à laquelle les Québécois auront à répondre au prochain référendum sera, implicitement : «Préférez-vous affronter les tumultes d’une accession à l’indépendance ou renoncer à l’héritage de vos ancêtres et vous réfugier dans le confort d’une lente ‘louisianisation’ menant à l’extinction du peuple francoQuébécois ?»

Bref, c’est l’indépendance ou la mort.

Références :
Avec sa publicité sur la défense du français, le gouvernement Legault nous dit: «Débrouillez-vous», selon le Mouvement Québec français
Immigrants’ spouses ‘must speak English before entering UK’
La convergence culturelle : communion et symbiose
L’été est la saison des ‘p’titres vites’ : la CAQ manque d’argent pour franciser
L’immigration au Québec : enfin de bonnes décisions !
Manquer à ses promesses en francisation
Québec lance une nouvelle campagne publicitaire pour faire la promotion du français

Paru depuis : L’offre en francisation se réduit à Montréal, Granby et Sherbrooke (2024-10-17)


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Écrit par Jean-Pierre Martel