Rencontres sur la Nouvelle-France

6 décembre 2018
Éric Bouchard et Biz

Durant l’année 2018-2019, à l’auditorium de la Grande Bibliothèque de Montréal, la Fondation Lionel-Groulx organise une série de neuf conférences gratuites au sujet de personnalités marquantes de notre histoire.

Le 7 novembre dernier, j’assistais à celle, très intéressante, donnée par l’historienne Catherine Ferland au sujet de Jean Talon.

Hier soir devant une salle pleine, c’était le tour de Biz — rappeur et romancier bien connu — de nous entretenir au sujet du plus grand héros de notre histoire (portant riche à ce sujet) : d’Iberville.

Tantôt drôle, toujours passionné, Biz s’est avéré un extraordinaire vulgarisateur.

À mettre sur votre agenda : la prochaine rencontre se tiendra le 6 février 2019. Elle portera sur la grande famille d’explorateurs et de militaires que furent les La Vérendrye. Cette conférence sera donnée par l’anthropologue Serge Bouchard.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 — 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 85 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand le Labrador était gouverné par François Martel, sieur de Brouage

18 octobre 2018
Carte de l’Amérique du Nord, réalisée en 1689 (© — Musée Stewart)

Introduction

Il y a plusieurs lignées de Martel au Québec.

Celle dont je suis descendant est d’origine parisienne.

Apparues dans la colonie quelques années plus tard, deux autres lignées sont dites ‘de Brouage’.

Elles sont issues de deux frères nés d’une famille originellement installée à Brouage. Ce port est situé dans le sud-ouest de la France, dans une commune d’où provient Samuel de Champlain.

Bien avant leur naissance, les Martel de Brouage avaient quitté ce port pour la ville de Bastide-Clairence, située à 360 km plus au sud.

Ces deux frères sont Pierre-Gratien et Raymond Martel de Brouage. Ce dernier, le plus jeune, abandonnera son nom ‘de Brouage’ à son arrivée dans la colonie.

Voici quelques personnages qui marqueront l’ascension sociale des Martel de Brouage, de leur arrivée dans la colonie jusqu’à la fin du régime français.

François Bissot (1613-1673)

Sur ordre de Louis XIII, une première seigneurie fut créée en 1636 sur la rive sud du Saint-Laurent.

C’était la seigneurie de Lauzon. Son territoire correspondait aux limites de l’actuelle ville de Lévis, en face de Québec.

Pendant longtemps, aucun colon français n’y demeurait puisque ce territoire était périodiquement le théâtre de razzias d’Iroquois venus de ce qui est aujourd’hui l’État de New York.

Tout au plus, y venait-on pêcher l’anguille sur ses rives.

En 1647, un premier colon s’y installa, suivi de François Bissot l’année suivante.

Le 25 octobre de cette année-là, ce dernier épousa la petite-fille de Louis Hébert, premier apothicaire de la colonie.

François Bissot était plein d’audace et s’illustra rapidement par son sens de l’entreprise en construisant un moulin en 1655 et, grâce aux revenus qu’il en tira, la première tannerie de Nouvelle-France en 1668.

On y travaillait les peaux de bœufs, d’élans, de chevreuils, et même de marsouins et de phoques.

L’entreprise approvisionnait en bottes et souliers les troupes de la colonie. On estime que sept ans après sa fondation, la manufacture fabriquait huit-mille paires de souliers par année.

En 1670, sa fille Catherine Bissot (son 4e enfant) épouse Étienne Charest (dont nous parlerons dans quelques instants).

Deux ans après le décès de François Bissot en 1673, sa fille Claire-Françoise Bissot (son 5e enfant) épouse Louis Jolliet, qui deviendra le plus grand explorateur de l’Amérique du Nord.

Étienne Charest (1635-1699)

À son mariage avec Catherine Bissot en 1670, Étienne Charest est déjà l’associé et l’homme de confiance de son beau-père.

Lorsque ce dernier décède trois ans plus tard, c’est Étienne Charest qui prend ses affaires en main. Si bien qu’à son propre décès, 26 ans plus tard, Étienne Charest a acquis l’essentiel de la fortune de François Bissot.

Mais entretemps, en 1687, la plus âgée de ses filles, Marie-Charlotte, épouse Pierre-Gratien Martel de Brouage (1662-1696). Elle a alors 14 ans, lui 25.

Le jeune couple s’installe à Québec où tout le monde se connaissait.

Étienne Charest habitait une maison (située sur la rue du Sault-au-Matelot) qui avait une vocation commerciale puisque c’était également un des commerces les plus florissants de la capitale.

Non seulement y venait-on pour trouver chaussure à son pied, mais le commerce offrait une grande variété de produits.

Et pour approvisionner son commerce de Québec et sa manufacture de Lévis, Étienne Charest brassait des affaires jusqu’au Labrador où il s’occupait de la pêche de la morue et de la chasse aux phoques.

Sans avoir obtenu de concession du roi, Pierre-Gratien Martel de Brouage avait pris l’initiative d’y construire un poste de traite, acheter des goélettes et procéder à des aménagements à divers endroits le long de la côte de Labrador afin d’approvisionner le commerce de son patron Étienne Charest.

C’est d’ailleurs au cours d’une de ses tournées au Labrador que Pierre-Gratien Martel de Brouage disparut, le 1er septembre 1696.

Il laisse orphelin son fils, François Martel de Brouage (1692-1761), alors âgé de quatre ans.

Augustin Le Gardeur de Courtemanche (1663-1717)

L’année suivante, en 1697, sa veuve épouse en secondes noces Augustin Le Gardeur de Courtemanche. Ce denier était un brillant militaire et un diplomate.

Après ce mariage, Augustin Le Gardeur de Courtemanche décida de prendre en main les intérêts au Labrador de son épouse.

En 1702, il se fait accorder pour dix ans des concessions royales qui légalisent les activités qu’on y mène déjà.

En 1714, ces concessions sont transformées en concessions à vie alors que Louis XIV le nomme ‘Commandant pour le roi de la côte de Labrador’.

À sa mort, quatre ans plus tard, son beau-fils François Martel de Brouage lui succède grâce aux représentations que Philippe de Rigaud de Vaudreuil, gouverneur de Nouvelle-France, effectue en sa faveur auprès du duc d’Orléans, Régent du royaume depuis la mort de Louis XIV.

Dans les documents officiels signés à Versailles, François Martel de Brouage est appelé ‘le sieur de Brouage’. Ni son prénom ni son véritable nom de famille ne sont mentionnés.

François Martel, sieur de Brouage

À 25 ans, François Martel devient donc commandant du roi de la côte du Labrador, poste qu’il occupa de 1718 à 1761.

Ses fonctions l’obligent à revenir régulièrement à Québec pour se ravitailler et faire rapport de ses activités. Puis à regagner le Labrador de mai à novembre, quand les icebergs ne sont plus une menace à la navigation. Durant l’été, il est rejoint par son épouse et ses cinq filles.

Contrairement à la vallée du Saint-Laurent où règne l’harmonie depuis la Grande Paix de Montréal de 1701, les relations sont conflictuelles entre les Esquimaux et les pêcheurs venus de France écumer les riches bancs de poissons du Labrador.

De plus, des conflits surgissent entre les marins qui évacuent les frustrations accumulées en mer en se battant dans les débits de boissons où ils s’entassent. Sans compter les capitaines frustrés de rester en retrait en mer parce que les quais sont encombrés.

Malgré le confort relatif dont il s’entoure, François Martel connait une difficulté croissante à convaincre ses filles de passer tout l’été au Labrador.

Si bien qu’il multipliera ses absences à Québec, surtout à partir de 1754.

Informé que des capitaines français procurent illégalement des armes et des munitions aux Esquimaux, Louis XV écrit en 1759 au gouverneur Vaudreuil pour l’informer des lacunes du travail du sieur de Brouage.

À la veille de la conquête, le blocus qu’imposait la flotte anglaise empêcha cette lettre d’atteindre son destinataire.

Si bien que François Martel conserva son poste jusqu’à la fin du régime français.

Références :
François Bissot
Jean Talon
La famille Martel de Brouage
Martel, Raymond
Sarrazin J. Quand le Labador était français… Forces 1970; no 13: 4-18.
Seigneurie de Lauzon

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La disparition de l’Empire aztèque

28 janvier 2018


 
En 1519, lorsque l’Espagne entame la conquête de l’Empire aztèque, celui-ci est peuplé de vingt-deux millions d’habitants.

Huit décennies plus tard, il n’en compte que deux, soit une chute démographique de 90 %.

La première cause était connue. Quelques années après le début de la conquête, une épidémie de varicelle tua cinq à huit millions de personnes.

De 1545 à 1560, une deuxième épidémie, différente de la première, décima quinze millions d’Aztèques. Le décès survenait trois ou quatre jours après le début des symptômes.

Celle-ci fut l’une des trois épidémies les plus meurtrières qui décimèrent ce peuple après l’arrivée des Européens.

Or, justement, entre 1545 et 1576, le climat anormalement pluvieux favorisa l’explosion des populations de rats, vecteurs probables de la deuxième épidémie.

La troisième fut une réapparition de la deuxième, de 1576 à 1578. Elle tua la moitié des survivants.

Pendant longtemps, la nature exacte des deux dernières grandes épidémies demeura incertaine.

Effectuée à partir de l’ADN prélevé de la pulpe dentaire de 29 squelettes exhumés d’un cimetière aztèque, une étude publiée le 15 janvier 2018 a en finalement révélé la responsable; la Salmonella enterica du sérotype Parathyphi C, une bactérie apparentée à celles qui causent le choléra et la fièvre thyphoïde.

Références :
500 years later, scientists discover what probably killed the Aztecs
La fièvre typhoïde, fléau des Amériques ?
Mexique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des dieux et des jours

17 janvier 2018

Introduction

C’est en Mésopotamie (une région située dans l’Irak actuel) qu’est née l’astronomie.

Vers le VIIe siècle avant notre ère, des astrologues y divisent le cycle lunaire en quatre phases égales de sept jours.

Ces derniers portaient le nom babylonien des sept astres connus à l’époque : Saturne, le soleil, la lune, Mars, Mercure, Jupiter et Vénus.

À la suite des conquêtes, ces connaissances ont été transmises aux Grecs puis aux Romains. Ces derniers nommèrent leurs jours non pas en hommage aux astres mais, strictement parlant, aux dieux qui avaient donné leur nom à un astre.

En français

Le mot lundi vient du latin Lunis diem, ce qui signifie ‘jour de la déesse de la lune’.

Martis diem, le deuxième jour de la semaine, rend hommage à Mars, le dieu romain de la guerre.

Mercredi vient de Mercure, le messager des dieux.

Le nom du quatrième jour de la semaine, jeudi, vient de Jovis diem, ce qui signifie ‘jour de Jupiter’, l’être suprême selon les Romains.

Du latin Veneris diem, le vendredi honore Vénus, la déesse de l’amour et de la beauté.

Chez les Romains, le jour suivant honorait Saturne. Mais dès la christianisation de Rome, ce jour fut appelé Sambati diem (ou ‘jour du sabbat’), c’est-à-dire le jour consacré au culte divin chez les Juifs. En français, c’est devenu samedi.

Le lendemain, les Romains honoraient Sol, le dieu du soleil, de la lumière et de la chaleur. Mais ce jour fut christianisé en die dominicu, ce qui signifie ‘jour du Seigneur’.

Dimanche est le seul jour de la semaine qui commence par la syllabe ‘di’ au lieu de se terminer par elle.

En anglais

Lorsque les peuples du nord-ouest de l’Europe furent confrontés aux légions romaines, ils réalisèrent la supériorité de certains aspects de la civilisation gréco-romaine.

Tout comme les Romains avaient adopté la mythologie des Grecs tout en latinisant le nom de leurs dieux, les Anglo-Saxons ont cherché dans leur propre mythologie quels étaient les dieux qui possédaient les attributs les plus apparentés aux dieux romains et ont décidé que les jours seraient nommés, si possible, en l’honneur de leurs équivalents nordiques.

On conserva néanmoins l’hommage à certains dieux romains.

Le samedi demeura le jour de Saturne (Saturday). Tout comme le dimanche et le lundi : ceux-ci honorèrent respectivement le Soleil (Sunday) et la lune (Monday, déformation de ‘Moon Day’).

Mais dès le mardi, c’est au dieu Tiw (probablement dieu nordique de la guerre) qu’on rendit hommage. Tuesday est la déformation de ‘Tiw’s Day’.

Le mercredi, on pensa au dieu Woden, apparenté à Mercure. Ce qui donna Wednesday.

Alors que Jupiter est souvent représenté un foudre à la main, le jeudi (ou Thursday) s’appela ‘Thunresdæg’ en hommage à Thunor, dieu du tonnerre (hérité du dieu Thor des Vikings).

Tout comme Vénus donna en français son nom au vendredi, c’est la déesse équivalente Frig qui donna en anglais son nom à Friday.

Conclusion

Les mots sont souvent forgés par l’histoire.

Le nom des jours provient d’une décision prise il y a presque trois millénaires par des astrologues mésopotamiens. Une décision imitée par les Grecs, puis les Romains et transmise jusqu’à nous sous leur influence.

Références :
L’astronomie en Mésopotamie
Why Wednesday? The days of the week have a convoluted religious heritage

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La leçon d’Expo67

22 septembre 2017

Une fois par semaine, j’avais pris l’habitude de passer la journée à l’Expo67.

Pour ce faire, je prenais l’autobus tôt le matin et je revenais le soir à Joliette par le dernier autobus. Quelques fois, l’ayant raté, je faisais de l’autostop et rentrais à la maison un peu avant minuit.

À part ce souvenir pris dans la cabine photographique Expo Service E, je n’ai conservé aucune photo de mes visites à l’expo.

Si la photographie argentique (c’est-à-dire sur film) n’avait pas été si dispendieuse, j’aurais probablement tout photographié tant mon émerveillement était grand.

Aux pavillons de la Russie et de la Tchécoslovaquie, la file d’attente était tellement longue qu’à chaque tentative, je remettais la visite à la prochaine fois dans l’espoir que l’achalandage y diminuerait à la longue. En vain. Si bien que ce furent les deux seuls pavillons que je n’ai pas vus.

Dans tous les autres, j’ai vu tous les films (parfois à plus d’une reprise) et entendu tous les enregistrements. Il n’y a pas une seule ligne de texte en français que je n’ai pas lue.

Au papillon de la France, à toutes les dix minutes, on faisait jouer une œuvre de Xenakis, un compositeur de musique atonale qui me tombait sur les nerfs. J’en étais sorti exaspéré. C’était comme si on voulait éviter que les gens s’éternisent à visiter les lieux.

Aller à l’expo, c’était comme visiter le monde sans décalage horaire, sans transporter de lourds bagages, sans attente dans des aéroports et sans se fatiguer.

Au Québec, l’Expo67 changea radicalement les mentalités. Lointains et étranges, les autres pays devenaient soudainement familiers, beaux et amicaux.

Ce fut la plus grande exposition universelle tenue jusqu’à ce moment-là.

Elle fut l’œuvre de quelques Canadiens anglophones et d’une majorité de Francophones. C’était à l’époque où les femmes n’avaient pas encore pris la place qui est la leur aujourd’hui dans la sphère publique. C’était donc tous des hommes.

Quelques-uns d’entre eux étaient de grande expérience.

Il y a d’abord Pierre Dupuy, commissaire général. En d’autres mots, c’était le patron. Théoriquement.

Dans les faits, son rôle a été d’ordre diplomatique. Profitant de la bonne réputation internationale du Canada, ce diplomate de carrière recueillit l’adhésion d’un nombre record de pays participants, soit une soixantaine.

Il y a surtout le colonel Edward Churchill, directeur de l’aménagement, sans qui Expo67 n’aurait jamais été prêt à temps. En seulement trois ans — plus précisément du 20 juin 1964 au 28 avril 1967 — voici ce qu’il fallait faire :
• l’érection de 847 édifices,
• 82 km de routes ou de chemins piétonniers,
• 27 passerelles et ponts,
• 162 km de canalisations pour l’eau, le gaz, l’électricité et l’éclairage,
• 37 km d’égouts et de tuyaux d’écoulement,
• 84,5 km de conduits de communication,
• 88 500 km de fils et câbles de communication,
• des espaces de stationnement pour près de 25 000 véhicules,
• 14 950 arbres et 89 000 arbustes, plantes et bulbes,
• 0,8 km² de gazon,
• 256 piscines, fontaines et sculptures,
• des bancs pouvant assoir 6 200 personnes,
• 4 330 bacs à déchets et
• 6 150 lampadaires extérieurs.

À pester contre les entrepreneurs qui tentaient d’avoir plus de temps, à botter le derrière des employés qui se trainaient la patte, le colonel a fini par faire un infarctus.

Le téléphone à la main, les yeux rivés sur le schéma du cheminement critique des travaux collé aux murs de sa chambre d’hôpital, le colonel a continué de diriger le chantier. Au grand désespoir de ses médecins qui lui recommandaient le repos.

Parmi les hommes d’expérience, il faut ajouter Édouard Fiset, architecte en chef, responsable de concevoir tous les pavillons thématiques.

À l’opposé, on trouvait Pierre Bourque. À 23 ans, celui-ci commandait une troupe de 700 personnes œuvrant à l’aménagement paysager.

Entre ces deux extrêmes, on trouvait une majorité d’hommes dans la vingtaine, la trentaine ou la quarantaine.

Voici leur âge en 1964, lors de leur entrée en fonction :
• Philippe de Gaspé Beaubien, directeur de l’exploitation (36 ans)
• Pierre de Bellefeuille, directeur des exposants (41 ans)
• Dale Rediker, directeur des finances (âge inconnu)
• Edward Churchill, directeur de l’aménagement (âge inconnu)
• Édouard Fiset, architecte en chef (54 ans)
• Moshe Safdie, étudiant à McGill dessine Habitat 67 (26 ans)
• Yves Jasmin, directeur de l’information (42 ans)
• Julien Hébert, designer du symbole graphique (47 ans)
• Georges Huelm, graphiste en chef (34 ans)
• Paul Arthur, responsable de la signalétique (40 ans)
• Michel Robichaud, styliste, responsable des uniformes (25 ans)
• Pierre Bourque, responsable de l’aménagement paysager (23 ans)
• Stéphane Venne, compositeur de la chanson-thème (23 ans)

De nos jours, il est rare qu’un projet d’une telle envergure soit confié à autant de jeunes dirigeants.

Pourquoi fut-ce le cas à l’Expo67 ?

Le 8 mars 1960, le Bureau international des Expositions accorde à la Russie la permission d’organiser une grande exposition universelle de catégorie A à Moscou.

La Russie voulait ainsi célébrer de manière éclatante le cinquantième anniversaire de la Révolution de 1917.

Mais bientôt on déchanta. Des critiques s’élevèrent contre le danger représenté par ces étrangers qui traverseraient le Rideau de fer, parmi eux de nombreux espions occidentaux, mêlés à des millions de visiteurs occidentaux qui — par leur tenue proprette et leurs accessoires dernier-cri — risqueraient d’exercer une mauvaise influence et corrompre l’esprit du prolétariat soviétique.

En 1962, coup de théâtre; Moscou se désiste.

Mais il est trop tard pour recommencer un nouveau concours. On se tourne aussitôt vers le Canada, qui avait perdu contre la Russie deux ans plus tôt.

Le Canada accepte.

Le premier ministre canadien, John Diefenbaker, offre d’abord au maire de Toronto la possibilité d’organiser l’exposition.

Celui-ci refuse puisque son administration est occupée à réaliser un vaste projet d’amélioration des infrastructures municipales. « Donnez-ça à Drapeau (le maire de Montréal) pour qu’il s’y casse la gueule » dit le maire de Toronto en plaisantant (à moitié).

Mais Drapeau accepte.

Une première administration est nommée. Des conflits avec la ville surgissent au sujet du choix du site.

Malgré son opposition, les contrats sont accordés en vue de la création de l’ile Notre-Dame et la fusion de l’ile Sainte-Hélène et l’ile Ronde (sur laquelle se trouve aujourd’hui le parc d’attractions La Ronde).

Ridiculisée, cette première administration démissionne au début de 1964. Il ne reste plus que trois ans.

Aux yeux de tous, l’exposition universelle de Montréal est en très sérieuse difficulté. Qui voudra prendre la relève ?

Lorsqu’on sollicite des personnalités connues pour prendre en charge l’évènement, ceux-ci hésitent. Leur carrière, jusque-là brillante, pourrait être entachée d’un échec cuisant dont tout le monde se rappellera pendant des années.

Alors les portes se ferment. Poliment.

En désespoir de cause, on se tourne vers des jeunes talentueux qui, moins par ambition que par insouciance, se lancent à l’aventure, totalement inconscients du piège qu’on leur tend.

Et ces jeunes décident de n’écouter personne et de faire les choses à leur manière.

Au lieu d’un long titre (ex.: Exposition universelle de Montréal de 1967), tel qu’attendu, ce sera Expo67.

Au lieu d’un symbole graphique qui rappelle les raisons pour lesquelles le Canada a obtenu cette exposition (le Centenaire du Dominion du Canada), ce sera un cercle formé d’êtres humains stylisés, deux par deux, sans aucune référence au Canada. Des couples d’êtres humains dont on ignore le sexe.

Pour éviter les pressions des pays en faveur d’une signalétique dans leur langue nationale, on crée des symboles graphiques dépourvus de texte descriptif, même pas dans les langues nationales du Canada.

Par leur audace et leurs provocations répétées, ces jeunes suscitent les critiques de toutes parts, particulièrement au Canada anglais. Si bien que leurs adversaires se réjouissent d’avance de leur échec anticipé.

Lorsque s’ouvrent les portes d’Expo67, la foule se presse aux guichets et se rue sur les pavillons. Au cours des six mois que durera l’exposition, quinze-millions de visiteurs et cinquante-millions d’entrées seront enregistrées. Le plus grand succès jusque là et probablement l’évènement le plus important de l’année… après la parution de l’album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles, évidemment.

Mais pourquoi n’a-t-on pas appris la leçon d’Expo67 ? Cette leçon est simple : faites confiance aux jeunes. La prudence étouffe. C’est l’audace qui délivre.

De nos jours, qui oserait confier un projet de 432 millions$ — ce qui vaut 3,1 milliards$ en dollars d’aujourd’hui — à des gens talentueux, mais qui ont si peu d’expérience ?

C’est à croire que la génération des Babyboumeurs — à qui les générations qui ont souffert de la guerre ont tellement fait confiance — a oublié de rendre la pareille à ceux qui l’ont suivie…

Références :
Applied Arts
Exposition universelle de 1967
La construction d’Expo 67
La magie d’expo et son magicien en chef

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La rue Amherst ou l’art masochiste d’honorer nos conquérants

17 septembre 2017


 
Introduction

Depuis 1817, une des rues nord-sud les plus importantes de Montréal porte le nom d’Amherst.

Cette semaine, le maire de Montréal a fait connaitre son intention de faire en sorte que cette rue soit renommée.

Rappel historique

Jeffery Amherst était l’ultime responsable des opérations militaires lors de la conquête anglaise de la Nouvelle-France.

En remontant le Saint-Laurent vers Québec, le général Wolfe fit détruire, en aout et septembre 1759, la moitié des villes et incendier la plupart des exploitations agricoles (plus de 4 000). Son supérieur, Amherst, était parfaitement au courant de ce qui se passait.

Amherst ne lui en avait pas spécifiquement donné l’ordre. Parce que tout cela était de la routine; c’était comme ça qu’opéraient les armées anglaises en temps de guerre.

Le révérend James Gibson, aumônier naval des forces britanniques, écrivait : « Je crains que la campagne militaire ne se solde par la ruine totale de ce pays. Nous avons brulé tous les champs de blé sur pied et toutes les maisons sur trente milles de chaque côté du fleuve, ce qui veut dire toutes les terres habitées jusqu’à Québec.»

Avant de prendre la ville d’assaut, Wolfe fit bombarder Québec durant deux mois et demi; les bombes incendiaires anglaises étaient dirigées spécifiquement contre la population civile de la Haute-Ville, plutôt que contre les batteries françaises de la Basse-Ville.

Après la chute de Québec et la reddition sans affrontement de Montréal, Amherst dut faire face à la révolte indienne du chef Pontiac.

Amherst donne alors l’ordre suivant : « Vous feriez bien d’infecter les Indiens au moyen de couvertures ayant servi à des vérolés ou de vous servir de tout autre moyen qui pourrait contribuer à exterminer cette race maudite.»

Même s’il est généralement admis que les armées britanniques ont utilisé l’arme bactériologique pour décimer les Autochtones, on ne possède pas de preuve que l’ordre d’Amherst, lui, a été exécuté. Ni de preuve à l’effet contraire.

Pourquoi nomme-t-on les rues ?

Certains opposants au changement du nom de la rue Amherst font valoir qu’assumer les épisodes douloureux de notre Histoire au lieu de les nier est un signe de maturité.

D’autres soulignent que si Amherst est un criminel de guerre selon nos critères d’aujourd’hui, on a tort d’appliquer rétroactivement nos valeurs morales pour juger les personnages du passé.

Ce qui nous amène à nous demander pourquoi on donne le nom de personnes célèbres à des rues, à des immeubles ou à des places publiques.

On n’honore jamais l’être humain. Que d’Iberville ait refusé de respecter les obligations de sa paternité, que Claude Jutras ait été pédophile, que Jean Talon ronflait au lit ou que Champlain ne se brossait pas les dents, tout cela n’a aucune importance.

En les nommant ainsi, on honore plutôt l’œuvre du personnage. Nous exprimons notre reconnaissance pour ce qu’ils ont fait de bien pour nous.

Voilà pourquoi il n’existe pas de rue Jeanne-d’Arc ni de rue Bonaparte à Londres. Mais il en existe à Paris. Et inversement, il y a une gare Waterloo à Londres, mais pas à Paris.

Cette commémoration sert également à affirmer fièrement : « Voilà comment des gens issus de cette nation peuvent être grands.» C’est implicitement un appel au dépassement pour chacun d’entre nous.

Par contre, qu’on oblitère les noms de nos conquérants (Amherst, Wolfe, etc.), cela est la moindre des choses pour tout peuple qui se respecte. Leur place est exclusivement dans nos manuels d’histoire, où leurs actions seront mises en perspective.

Références :
Jeffery Amherst
Bonne conscience à peu de frais
Jeffrey Amherst
L’époque troublée du premier Irlandais au Canada
Le Régime britannique
Montréal veut reléguer Amherst aux oubliettes
Siège de Québec (1759)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


‘Vive le Québec libre’

15 juillet 2017

Le 24 juillet prochain marquera le cinquantième anniversaire du ‘Vive le Québec libre’ prononcé du haut du balcon de l’Hôtel de Ville de Montréal par le général de Gaulle.

Avant les vivats

À l’Expo 67, la France était représentée par un pavillon imposant (aujourd’hui occupé par le Casino de Montréal).

En raison de la tenue de cette exposition universelle, plusieurs chefs d’État s’étaient rendus à Montréal dont le président de la République française.

Le général avait préféré effectuer la traversée de huit jours de l’Atlantique en bateau. Ceci dans le but exprès de visiter la capitale québécoise avant la capitale canadienne, contrairement à ce qu’aurait exigé le protocole s’il avait utilisé l’avion.

Déjà le 23 juillet 1967, la veille de son célèbre discours, le général avait tenu à Québec des propos annonciateurs de ce qui allait suivre.

Lors d’un diner officiel au Château Frontenac, en présence du premier ministre Daniel Johnson, de Gaulle déclarait :

« On assiste ici, comme dans maintes régions du monde, à l’avènement d’un peuple qui, dans tous les domaines, veut disposer de lui-même et prendre en main ses destinées.»

Distrait par la majesté du personnage, personne dans l’assistance n’a réalisé l’énormité de ce qu’il venait de dire.

Ce plaidoyer en faveur de l’autodétermination du Québec, le général le répètera à Louiseville, sur le Chemin du Roy :

« Je vois. Je sens. Je sais qu’à Louiseville en particulier — comme dans tout le Québec, dans tout le Canada français — une vague se lève.

Cette vague, c’est une vague de renouveau.

C’est une vague de volonté pour que le peuple français du Québec prenne en main ses destinées.»

Pour l’anecdote

Dans les années qui suivirent, les stratèges fédéraux — toujours heureux de réécrire l’Histoire à leur manière — tentèrent de minimiser la portée des propos de De Gaulle.

Officiellement, le programme de la journée ne prévoyait pas que de Gaulle s’adresse à la foule amassée devant l’Hôtel de Ville. Mais le général insiste.

D’un air désolé, le maire Drapeau lui dit :
— « C’est bien dommage, mon général, mais y a pas de micro.»

Et par un hasard mystérieux dont seule l’Histoire connait le secret, l’attention du général est attirée vers une magnifique gerbe de fleurs au rebord du balcon : or cette gerbe est surmontée d’un micro.

— « Et ça, monsieur le maire, ce n’est pas un micro ?»
— « Euh… oui mon général mais il est débranché.»

En entendant cela, un technicien de Radio-Canada — qui est aussi organisateur libéral dans ses temps libres — intervient pour offrir ses services :
— « Oh c’est pas grave, monsieur le maire; je peux vous le rebrancher.»

Alors que ni la spontanéité ni l’impulsivité ne sont des caractéristiques connues du général, ce dernier se serait laissé emporté, dit-on, par l’enthousiasme de la foule et aurait prononcé l’irréparable.

Selon cette version très répandue, le général aurait donc improvisé un discours alors qu’il était fatigué et, en s’inspirant du texte d’une banderole dans la foule, n’aurait pas réalisé qu’il commettait une gaffe diplomatique.

Voici une autre version des faits.

Le 31 janvier 1969, à l’occasion d’un voyage organisé à Ottawa par le Club des relations internationales, je m’étais retrouvé — moi, simple étudiant universitaire — en présence de l’honorable Gérard Pelletier, alors secrétaire d’État du Canada.

Interrogé au sujet de la célèbre déclaration de De Gaulle, l’ex-journaliste nous avait révélé, à notre grand étonnement, qu’il était présent aux côtés du général sur le balcon de l’Hôtel de Ville.

Selon lui, toute cette affaire découlait d’un malentendu.

Abaissant le ton comme s’il allait nous révéler un secret d’État, M. Pelletier avait soutenu que la déclaration complète du général était plutôt ‘Vive le Québec libre… dans un Canada uni’ mais que ses derniers mots s’étaient perdus en raison d’une panne de micro.

En entendait cela, j’imaginais le maire Drapeau, dans l’ombre, qui débranche le fil au mauvais moment.

Croyant à tort qu’il s’agissait-là d’une plaisanterie, je n’avais pu retenir un éclat de rire, créant ainsi un malaise dans mon entourage et provoquant l’air outré du ministre Pelletier.

En réalité, de Gaulle disait ceci :

« Je vais vous confier un secret que vous ne répèterez pas.

Ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre… que celle de la Libération.

Et tout le long de ma route, outre cela, j’ai constaté quel immense effort de progrès, de développement et, par conséquent d’affranchissement, vous accomplissez ici. (…)

La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici. Et je puis vous dire qu’elle en vaudra mieux.

Vive Montréal. Vive le Québec.

Vive le Québec libre !

Vive le Canada français. Et vive la France.»

De retour en France, de Gaulle confiera :

« Ah ! Si vous aviez vu cet enthousiasme. Ils s’attendaient à un appui de la France pour les aider. J’ai donc déclenché le contact.

En fait, il se peut que cela ait été un peu prématuré… Mais je suis vieux, c’était l’occasion ou jamais.

Qui d’autre, après moi, aurait eu le culot de dire cela si je ne l’avais pas dit ?»

Le contexte politique québécois

C’est au cours du mois de novembre suivant que sera créé le Mouvement Souveraineté-Association.

Au moment du discours du général, l’Union Nationale — un parti politique aujourd’hui disparu — est au pouvoir. Le Parti libéral du Québec (PLQ) est dans l’opposition. Le seul parti indépendantiste, le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIN), n’a pas réussi à faire élire un député.

À l’époque, le RIN était capable de mobiliser des milliers de personnes. Mais avec seulement 3 000$ en caisse, le Conseil central du RIN décide d’exclure toute manifestation importante pour souligner la visite du général de Gaulle.

Tout au plus, les responsables montréalais mobiliseront quelques centaines de personnes dispersées parmi la foule de milliers de curieux devant l’Hôtel de Ville. Les partisans manifesteront leur présence grâce à des pancartes où on pourra lire ‘RIN’ et ‘Québec libre’.

Quand de Gaulle déclare ‘Vive le Québec libre’, il cite un slogan du RIN. Dans la foule, même les partisans de cette formation politique n’en croient pas leurs oreilles.

L’accélération de l’Histoire

La visite du général est écourtée. Le gouvernement fédéral est furieux. La visite de De Gaulle à Ottawa est annulée. Dans les faits, ce dernier est expulsé du pays.

À Québec, les députés du PLQ condamnent l’intervention de De Gaulle dans les affaires intérieures du pays. Seul le député libéral François Aquin fait exception. Quatre jours plus tard, il quitte le PLQ pour siéger comme indépendant.

Le 2 aout 1967, trois-mille partisans du RIN entonnent La Marseillaise au cours d’un rassemblement à Montréal.

Porté par cette ferveur nationaliste, René Lévesque dévoile publiquement, le 18 septembre 1967, le cadre constitutionnel canadien qu’il souhaite faire adopter le mois suivant au congrès du PLQ.

Beaucoup plus tard, René Lévesque qualifiera ce cadre de ‘manifeste souverainiste’. Il y propose…

…un régime dans lequel deux nations (…) s’associent librement dans une adaptation originale de la formule courante des marchés communs, formant un ensemble qui pourrait, par exemple (…) s’appeler l’Union canadienne.

Mais le 14 octobre, la proposition de René Lévesque est battue. Le débat est à ce point acrimonieux qu’avant même la tenue de ce vote à main levée, René Lévesque annonce aux congressistes qu’il démissionne du PLQ. Sous les huées, il quitte aussitôt la salle accompagné de soixante personnes.

Un mois plus tard, les 18 et 19 novembre, à l’appel de René Lévesque, quatre-cents délégués fondent le Mouvement Souveraineté-Association (MSA), précurseur du Parti Québecois.

Pour justifier à postériori, son manque d’enthousiasme de l’époque face à la déclaration du général, René Lévesque écrira en 1970 :

« Au moment où de Gaulle passait au balcon, nous étions au contraire tout un groupe à terminer un manifeste souverainiste sur lequel nous n’avions pas eu l’occasion de le consulter !

Je me rappelle que le cri gaulliste — dont la valeur ‘publicitaire’ demeure inestimable — eut même pour effet de retarder un peu notre démarche. Nous ne voulions pas qu’elle parût accrochée à cette intervention du dehors, si prestigieuse fût-elle.»

Les quatre mois qui ont changé l’histoire du Québec

Entre le ‘Vive le Québec libre’ et la fondation du MSA, il ne s’est écoulé que quatre mois.

À l’étranger, le mouvement indépendantiste n’était connu que par les bombes que des terroristes avaient fait exploser au Québec quelques années plus tôt.

Par ce discours du général, la France annonce officiellement qu’elle est favorable à la création d’un État indépendant au Québec.

Parmi les intellectuels francoQuébécois, on passe soudainement du pleurnichage contre cette France monarchique qui a abandonné le Québec au lendemain de la conquête anglaise, à la joie face à cette France républicaine, soucieuse d’accompagner le Québec dans ses choix.

Au-delà des attitudes bienveillantes, la coopération franco-québécoise connait à partir de 1967 un essor remarquable.

Le général de Gaulle n’a pas provoqué l’émergence du nationalisme québécois. Il a servi d’accélérateur à un bouillonnement plus ou moins clandestin qui devait émerger de toute manière et dont l’élan sera stoppé beaucoup plus tard par deux défaites référendaires.

Références :
En 1967, le général de Gaulle lançait le célèbre « Vive le Québec libre »
Le général de Gaulle de René Lévesque
Les agapes du général de Gaulle au Château Frontenac en 1967
Mouvement Souveraineté-Association

Secrets d’Histoire
L’intégrale du discours du général
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ô Canada et la laïcité

30 juin 2017

Tous les Canadiens adultes connaissent le premier couplet de l’Ô Canada, appris à l’école et chanté en ouverture de joutes sportives.

Il est basé sur un poème écrit en 1880 par l’écrivain et avocat Adolphe-Basile Routhier. Longtemps chant patriotique des Canadiens français, il ne sera reconnu officiellement comme l’hymne national du Canada qu’en 1980.

Son premier couplet — le seul généralement connu — est le suivant :

Ô Canada ! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux !
Car ton bras sait porter l’épée,
Il sait porter la croix !
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protégera nos foyers et nos droits,
Protégera nos foyers et nos droits.

Contrairement à beaucoup d’autres, cet hymne n’est pas un chant militaire ni un appel aux armes. Toutefois, il est fortement teinté par les valeurs culturelles des Canadiens français du XIXe siècle.

Dans les strophes généralement ignorées — mais qui font également partie de l’hymne national — on y parle d’un fleuve géant (le Saint-Laurent), du patron religieux des Canadiens-français (Saint Jean Baptiste), du vrai Dieu (celui des Chrétiens, évidemment), et on y proclame sa loyauté envers Jésus de Nazareth et le roi d’Angleterre.

Quant à la race dont il est question — qui se distingue des races ‘étangères’ — il s’agit de cette population, bénie de Dieu, qui a pris racine le long de ce fleuve et qui est protégée par un même patron religieux. En somme, il s’agit de la ‘race canadienne-française’, conformément à la manière de s’exprimer du temps.

Aujourd’hui, on parlerait plutôt du peuple canadien-français.

Voici les autres strophes :

Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant.
Il est né d’une race fière,
Béni fut son berceau.
Le ciel a marqué sa carrière
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par sa lumière,
Il gardera l’honneur de son drapeau,
Il gardera l’honneur de son drapeau.

De son patron, précurseur du vrai Dieu,
Il porte au front l’auréole de feu.
Ennemi de la tyrannie
Mais plein de loyauté,
Il veut garder dans l’harmonie,
Sa fière liberté.
Et par l’effort de son génie,
Sur notre sol asseoir la vérité,
Sur notre sol asseoir la vérité.

Amour sacré du trône et de l’autel,
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel !
Parmi les races étrangères,
Notre guide est la loi :
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la foi.
Et répétons, comme nos pères,
Le cri vainqueur : « Pour le Christ et le roi ! »
Le cri vainqueur : « Pour le Christ et le roi ! ».

En découvrant la totalité de l’hymne, on réalise que les valeurs ‘québécoises’ actuelles n’ont pas toujours été dominantes. C’est ainsi que dans l’esprit de nos aïeuls, Dieu et la Patrie étaient intimement liés.

Strictement parlant, les ‘valeurs québécoises’ n’existent pas. Ce sont plutôt des valeurs occidentales auxquelles le Québec a adhéré assez tardivement.

De nos jours, nous les partageons avec le reste de l’Occident. L’hymne national témoigne donc que cela n’a pas toujours été le cas. Un hymne qui, soit dit en passant, a très mal vieilli.

Références :
Le nationalisme de peccadille de la CAQ
Ô Canada

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’époque troublée du premier Irlandais au Canada

3 avril 2017

Le premier Irlandais à s’établir en Nouvelle-France fut Tadhg-Cornelius O’Brennan.

O’Brennan est la forme anglicisée de Ua Braonáin. En gaélique, ce nom signifie descendant de Braonáin. Il s’agit d’un clan établi en Osraige, un royaume celte qui — du Ier au XIIe siècle — s’étendait sur une bonne partie du comté actuel de Fassadinin, en Irlande (en vert pâle sur la carte ci-dessous).

Né en 1632 à Dysart-on-the-Dinen (aujourd’hui appelé Dysart Glebe), il immigre au Canada en 1661.

À l’époque, Canada est le nom porté par une des trois colonies de la Nouvelle-France. Vaguement délimitée, elle correspond à la vallée du Saint-Laurent. Les deux autres sont l’Acadie et de la Louisiane.

Quelles sont les raisons qui ont motivé Tadhg-Cornelius O’Brennan à quitter son pays ?

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Dans les décennies qui ont précédé sa naissance, la couronne anglaise avait entrepris la colonisation de l’Irlande; on dépossédait les Irlandais de leurs terres afin de les confier à des colons anglais.

La carte ci-dessus s’arrête à 1620. On y voit que la baronnie de Fassadinin (dans laquelle est localisé Dysart-on-the-Dinen) n’était pas touchée par ces confiscations massives.

Toutefois, cette colonisation s’est poursuivie sous Charles Ier. C’est précisément sous son règne que les O’Brennan furent dépossédés de leurs terres au profit de Christopher Wandesford.

Ce dernier était un membre influent du parlement anglais. Après avoir été nommé Garde des Sceaux d’Irlande, celui-ci s’est servi de cette position pour prouver en 1635 — Tadhg-Cornelius O’Brennan n’avait que quatre ans — que les O’Brennan n’avaient aucun droit de propriété sur les terres qu’ils habitaient depuis des siècles.

En somme, les O’Brennan subirent le même sort que celui des Métis du Manitoba, quelques siècles plus tard.

Cette dépossession les poussa à la clandestinité et à la résistance armée. Tadhg-Cornelius O’Brennan passa donc la majorité de son enfance et de son adolescence dans le maquis.

De nos jours, les citoyens qui s’opposent à l’envahissement de leur pays par des troupes américaines ou britanniques sont qualifiés de ‘terroristes’.

À l’époque, les Irlandais qui s’opposaient à la colonisation de leur pays étaient sanctionnés par les tribunaux anglais en tant que malfaiteurs et fauteurs de trouble. Ce fut le cas des O’Brennan.

En 1641, près de 125 000 colons anglais s’installent en Irlande, ce qui déclenche la Rébellion irlandaise.

Au cours de cette rébellion, des milices catholiques réglèrent leurs comptes avec les colons anglais. Des milliers d’entre eux furent massacrés.

Les Irlandais catholiques s’étaient regroupés au sein d’une confédération dont le siège était situé à Kilkenny, au centre de la baronnie de Fassadinin.

Les troupes envoyées par Charles Ier pour rétablir l’ordre en 1642 furent victorieuses. Mais pas complètement. Elles auraient totalement anéanti les rebelles irlandais n’eut été du déclenchement in extrémis de la guerre civile anglaise cette même année.

Les troupes anglaises furent donc rapatriées aussitôt, ce qui sauva miraculeusement la Confédération de Kilkenny.

Si, du point de vue anglais, le dossier irlandais était en suspens, en réalité les Catholiques et les Protestants se livrèrent à un nettoyage ethnique qui concentra leur population respective dans différents parties de l’ile.

Dans le vide laissé par le départ des troupes royales, la Confédération de Kilkenny étendit son autorité sur environ les deux tiers de l’ile.

Elle gouverna jusqu’en 1649 dans un contexte de tensions interreligieuses qui s’atténua lorsque la confédération prêta allégeance (du bout des lèvres) au roi d’Angleterre.

C’est durant cette période que des négociations furent entreprises en vue de la restitution des biens confisqués aux O’Brennan.

Mais le 30 janvier 1649, Oliver Cromwell fait décapiter Charles Ier. Farouchement anticatholique, Cromwell se trouve en situation conflictuelle avec les confédérés (théoriquement) royalistes d’Irlande.

Cromwell envahit l’Irlande le 22 juin 1649, à la tête d’une armée de 12 000 soldats.

Durant l’année que dura la reconquête de l’ile, entre le tiers et la moitié de la population de l’Irlande fut massacrée. Les registres paroissiaux des naissances, baptêmes, mariages et décès furent systématiquement détruits.

En 1650, on interdit aux marchands catholiques d’Irlande d’exercer des activités commerciales, les condamnant à la ruine.

En 1652, lorsque l’armée irlandaise capitule, environ 30 000 rebelles furent autorisés à partir pour la France ou l’Espagne et, avec leur départ, des milliers d’Irlandais, hommes, femmes et enfants, furent déportés aux Antilles.

C’est ainsi que quatre ans plus tard, 2 000 enfants irlandais seront emmenés comme esclaves en Jamaïque et vendus aux colons anglais installés là-bas.

À 24 ans, Tadhg-Cornelius O’Brennan fait partie des rebelles déportés en France en 1652.

À l’époque, la Compagnie des Cent-Associés, responsable du peuplement de la Nouvelle-France, peine à trouver des volontaires pour l’Amérique.

En effet, les colons français ont créé des relations harmonieuses avec tous les peuples autochtones sauf les Iroquois. Or ces derniers mènent une guérilla incessante contre les colons français et ne seront pacifiés qu’en 1667.

Tadhg-Cornelius O’Brennan en a vu d’autres. Il a vécu toute sa jeunesse menacé par des ennemis. Il s’inscrit donc comme volontaire pour le Canada. Il y arrive en 1661.

Comme la grande majorité des gens de son temps, M. O’Brennan est analphabète. Au recensement du 30 juin 1663, le recenseur l’inscrit phonétiquement sous le nom de ‘Thècle-Cornelius Aubrenan’.

Des 3 035 habitants de la Nouvelle-France, seulement six ne sont pas nés en France ni dans la colonie. L’un d’eux est irlandais : c’est lui.

En 1670, il épouse Jeanne Chartier, fille du Roy née à Paris.

Au recensement de 1681, on le retrouve inscrit sous le nom de Jacques Tecaubry. Toutefois c’est sous une variante de ce nom, Aubry, que s’appelleront ses sept enfants.

Ces derniers eurent une abondante progéniture. Si bien que de nos jours, la majorité des Aubry du Canada et des États-Unis descendent de lui plutôt que d’un Aubry venu de France (puisque ce patronyme existe dans ce pays).

Références :
A Citizen reporter’s ancestral search ends with a revelation in a Kilkenny graveyard
Brennan Clan
Cerball mac Dúnlainge
Christopher Wandesford
Confédération irlandaise
Conquête cromwellienne de l’Irlande
Guerres confédérées irlandaises
Histoire de l’Irlande
Irlande (pays)
Nos ancêtres
Osraige
Plantations en Irlande

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’enseignement de l’histoire du Québec

5 novembre 2016

De 1982 à 2006

Pendant un quart de siècle, l’enseignement de l’histoire au Québec ne s’est étalé que sur une seule année du secondaire.

En 1996, le rapport Lacoursière suggérait une augmentation du nombre d’heures d’enseignement de l’histoire du Québec.

À la suite de ce rapport, la gestation du cours Histoire et éducation à la citoyenneté prit une décennie. Ce fut long parce que cette gestation s’est faite parallèlement à la mise au point du Renouveau pédagogique.

Celui-ci est une vase réforme destinée à axer l’éducation sur le développement de l’aptitude à apprendre plus que sur l’apprentissage lui-même; les élèves sont évalués selon leurs compétences transversales (une notion subjective, difficile à évaluer) plutôt que sur leur acquisition de la connaissance (c’est-à-dire la mémorisation des faits, facilement vérifiable).

De plus, l’accession au pouvoir du gouvernement Charest a été une occasion de purger l’enseignement de l’histoire des évènements susceptibles de favoriser le nationalisme québécois.

Histoire et éducation à la citoyenneté (2006)

Le cours Histoire et éducation à la citoyenneté fut adopté en 2006 et mis en vigueur de 2006 à 2009. Il est enseigné en troisième et quatrième années du secondaire.

En troisième année, on survole l’histoire de la société québécoise de ses origines à nos jours. Puis, l’année suivante, les élèves revoient la même histoire sous quatre grands thèmes :
• population et peuplement,
• économie et développement,
• culture et mouvement de pensée, et
• pouvoir et pouvoirs.

Ce cours postnationaliste passe sous silence le rapport Durham et évite toute référence à René Lévesque ou à l’affirmation nationale. Qualifié d’enseignement ‘amnésique’ de l’histoire, il n’a cessé d’être critiqué depuis son entrée en vigueur.

Les professeurs avaient l’impression d’être redondants, racontant l’histoire plusieurs fois selon différentes perspectives.

Commandé par le gouvernement péquiste de Mme Marois en 2013, le cours Histoire du Québec et du Canada a été adopté l’année suivante par le gouvernement libéral de M. Couillard.

Histoire du Québec et du Canada (2016)

En dépit de son titre, ce cours n’aborde l’histoire canadienne que dans la mesure où celle-ci a influencé le développement du Québec. Essentiellement, l’accent est donc mis sur l’histoire du Québec dont la trame chronologique est étalée sur deux ans.

C’est l’année 1840 (qui a vu la naissance de l’Acte d’Union) qui sera la charnière qui séparera ce qui sera enseigné à l’une ou l’autre de ces deux années.

On y a ajouté des notions qu’on n’enseignait pas avant comme l’esclavagisme en Nouvelle-France, de même que les conflits avec les Amérindiens et avec les Anglais, en dépit de la nature délicate de ces sujets.

Le nouveau cours sera obligatoire en 2017 mais les professeurs qui sont déjà prêts peuvent l’enseigner dès maintenant.

C’est le cas de la majorité des professeurs d’histoire de troisième année du secondaire. Les professeurs de quatrième ne peuvent le donner dès maintenant puisqu’il doivent attendre la première cohorte d’étudiants ayant reçu le nouveau cours en troisième année.

Des projets pilotes concernant ce qui doit être enseigné en quatrième du secondaire ont révélé que les professeurs trouvent qu’il y a trop d’évènements de grande importance à couvrir et qu’il leur est difficile d’y aller en profondeur.

Le nouveau cours a la faveur de la majorité des enseignants et historiens du Québec, qui le trouvent mieux construit et plus simple à assimiler pour les élèves

La principale critique vient de certains organismes anglophones.

Pour sa part, sans donner d’exemples précis, la Quebec Community Groups Network aurait aimé que l’histoire soit racontée de façon plus ‘neutre’ et ‘inclusive’, notamment à l’égard des autochtones, des anglophones et des immigrants.

Dans l’édition d’aujourd’hui du Devoir, Mme Nicole Ste-Marie signale à nos amis anglophones que leur souhait, aussi bon chic bon genre qu’il soit à première vue, signifie qu’on devrait enseigner l’histoire :
• des Chinois qu’on a fait venir pour construire le chemin de fer transcanadien sous des conditions proches de l’esclavage (plusieurs y ont trouvé la mort),
• de la dépossession des Métis de leurs terres dans le centre du pays pour les donner à des colons anglais,
• de la pendaison de Louis Riel, chef des Métis,
• du génocide des Béothuks à Terre-Neuve par les troupes anglaises,
• des Innus déportés dans l’Arctique tout en leur interdisant de chasser à leur arrivée, les condamnant à mourir de faim,
• des réserves amérindiennes, créées par le régime anglais, et qui ont servi de modèle à l’établissement de l’Apartheid en Afrique du Sud,
• de l’internement des Canadiens d’origine japonaise et leur dépossession pendant la 2e guerre mondiale,
• du kidnappage (encouragé par le Département des Affaires indiennes du Canada) des jeunes autochtones dans des pensionnats où ils étaient battus et abusés sexuellement.

Anecdote personnelle et conclusion

Il y a quelques années, dans un commerce où je travaillais, je me suis retrouvé seul à seul à parler d’histoire avec une vieille dame assez distinguée, unilingue anglaise.

Alors que je mentionnais être descendant d’une fille du Roy, cette dame m’a demandée — un peu gênée de poser la question — s’il n’était pas exact que les colons français étaient des repris de justice et que les filles du Roy étaient des prostituées.

Un peu surpris par sa question, je lui ai répondu que l’Angleterre déportait en Australie une partie de ses condamnés aux galères mais que ce n’était pas le cas de la France en Nouvelle France.

Mon ancêtre masculin (Honoré Martel) était le fils d’un vendeur de chevaux à Paris et la fille du Roy de laquelle je descends (Marguerite Lamirault) était la fille du cocher de la reine de France.

Après le départ de cette dame, j’ai réalisé qu’une partie des Anglophones québécois ont appris de telles conneries à notre sujet. Si ce n’est pas à l’école, leurs professeurs n’ont rien fait pour corriger ces préjugés.

D’où l’importance, essentielle à mes yeux, que tous les Québécois reçoivent à l’école le même enseignement de base en histoire, quitte à ce que les professeurs soient libres de compléter cela en enseignant des particularités propres aux différents groupes ethniques qui composent leurs classes.

Mais il doit y avoir un tronc commun auquel tous les Québécois doivent s’identifier.

À titre d’exemple, s’il est concevable que Pierre Le Moyne d’Iberville soit présenté comme un vilain pirate (ce qui est faux) par l’histoire du Royaume-Uni, nous ne sommes pas au Royaume-Uni. Conséquemment, il ne peut être présenté par l’histoire d’ici que comme le plus grand héros québécois (ce qu’il est), que cette histoire soit enseignée à un Québécois francophone ou à un Québécois anglophone.

En somme, l’Anglophone d’ici doit voir l’histoire du Québec en tant que Québécois et non en tant que descendant de Britannique (ce qu’il n’est pas nécessairement).

Tout comme Leonard Cohen doit être vu comme un grand poète et auteur-compositeur, peu importe notre langue maternelle.

Il faut donc cesser de considérer les personnages historiques d’ici différemment selon le groupe ethnique auquel on appartient.

Cela signifie, par exemple, qu’on doit enseigner que nous sommes tous redevables (Anglophones comme Francophones) à Jacques Parizeau, en dépit des paroles regrettables qu’il a tenues un soir de défaite référendaire.

Références :
Apprendre de nos particularités
Cours d’histoire: la ministre Courchesne réfute les critiques
Le nouveau cours d’histoire du Québec
Le nouveau cours d’histoire déplaît aux écoles anglophones
Nouveau cours d’histoire: «réparer l’erreur» de 2006
Nouveau programme d’histoire du Québec et du Canada : moins redondant et plus complet
Un nouveau cours d’histoire qui divise

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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