La Lituanie et l’arsenal nucléaire de l’Otan

Publié le 11 octobre 2026 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

La Lituanie est une des trois républiques baltes. Elle est située au sud de la Lettonie, à l’ouest de la Biélorussie, et à la fois au nord de la Pologne et d’une enclave russe appelée Kaliningrad.

Stratégiquement, ses frontières sont à 500 km de Saint-Pétersbourg — la deuxième ville la plus importante de Russie — comme les frontières de l’Ukraine sont à 500 km de Moscou.

Les leçons de la guerre

En 1962, la Crise des missiles a été déclenchée parce qu’il était intolérable aux yeux de Washington que la Russie déploie des missiles dans la cour arrière des États-Unis, soit Cuba.

En 2003, la deuxième guerre du Golfe est survenue parce qu’il était inacceptable aux yeux de l’Occident que l’Irak détienne, croyait-on, des armes de destruction massive. Une menace inacceptable pour l’Europe, pourtant située à des milliers de kilomètres.

De manière similaire, à la suite du Sommet de Bucarest de 2008, Moscou a fait savoir que l’adhésion à l’Otan de la Biélorussie, de l’Ukraine ou de la Géorgie (l’un ou l’autre de ces trois pays limitrophes) serait un casus belli, c’est-à-dire un motif qu’elle juge suffisant pour déclarer la guerre.

En somme, la Russie ne pouvait pas tolérer que l’Otan déploie des armes de destruction massive dans sa cour arrière. L’Otan n’en a pas tenu compte.

Si bien que la guerre en Ukraine a une cause profonde, soit la candidature de l’Ukraine à l’Otan. Quant au facteur déclenchant, c’est le décret ukrainien du 21 mars 2021, signé par Volodymyr Zelensky, ordonnant à l’armée ukrainienne de donner l’assaut contre la population civile des provinces peuplées majoritairement d’Ukrainiens russophones.

On aurait pu penser que la guerre en Ukraine aurait été, pour l’Otan, matière à réflexion. Il n’en est rien.

La nouvelle menace nucléaire contre la Russie

Le 9 septembre dernier, on apprenait que la Lituanie s’apprête à supprimer l’article 137 de sa constitution afin d’autoriser l’Otan à entreposer des armes nucléaires sur son territoire.

Pour entrer en vigueur, l’amendement de la constitution lituanienne devra être adopté deux fois par les deux tiers des députés, avec un intervalle minimal de trois mois entre les deux votes. Ce qui devrait être un fait accompli au début de 2027.

D’autre part, l’Allemagne se propose en 2027 de porter ses effectifs en Lituanie à 5 000 soldats, ce qui suggère la construction d’une base militaire importante, probablement gardienne des ogives nucléaires de l’Otan.

Dans l’éventualité d’une Troisième Guerre mondiale, les ogives nucléaires en Lituanie devront être tirées dès son déclenchement. À défaut de quoi, ce pays deviendra une cible prioritaire de Moscou.

Quel pays est assez stupide pour consentir à ce que son territoire devienne le théâtre d’une guerre thermonucléaire ? C’est pourtant le choix des parlementaires lituaniens.

Effectivement, le 11 septembre, Moscou a prévenue la Lituanie que cela placerait ce pays dans le viseur des armes nucléaires russes.

L’initiative lituanienne découle d’une campagne diplomatique menée depuis mars 2026 par Emmanuel Macron auprès des membres de l’Otan, les invitant à s’aligner sur une politique (volontaire) de dissuasion plus agressive envers la Russie. Cette politique autorise le transport, la fourniture et le stockage d’armes nucléaires sur leur territoire.

Déjà, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et tous les pays scandinaves s’y sont joints. De ceux-ci, la Finlande est le pays le plus proche de la Russie (exception faite d’une petite bande de terre au nord de la Suède).

Le 30 septembre dernier, le Kremlin a déclaré que les usines d’armement des pays européens qui produisent des armes pour l’Ukraine sont dorénavant des cibles sujettes au sabotage par la Russie.

La veille, l’Estonie (autre pays balte) accusait la Russie d’avoir commandité une explosion survenue le 15 aout à une de ses usines de drones qui approvisionnent l’Ukraine.

Lituanie vs Finlande

Puisque la Finlande (à seulement 125 km de Saint-Pétersbourg) fait pareil, pourquoi est-ce plus grave dans le cas de la Lituanie ?


 
C’est que depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les relations entre la Russie et la Finlande ont été relativement harmonieuses. La confiance était telle qu’avant 1970, la Finlande dépensait presque rien pour sa défense militaire.

Avant la guerre en Ukraine, des dizaines de milliers de Russes prenaient leurs vacances ‘occidentales’ à Helsinki. De plus, les immenses forêts de la Fédération de Russie approvisionnaient en bois l’importante industrie du meuble en Finlande.

Bref, les Finlandais n’ont jamais connu autre chose qu’une Russie redoutable, mais bienveillante. Comme nous, Canadiens, face aux États-Unis.

Par contre, les citoyens des pays baltes n’ont conservé que de mauvais souvenirs de l’époque soviétique. Voilà pourquoi, au sein de l’Union européenne, les ‘chihuahuas’ baltes n’ont de cesse que de japper contre la Russie.

Pour faire comprendre à l’Otan que les menaces russes contre le déploiement d’armes de destruction massive en Biélorussie, en Ukraine et en Géorgie sont également valables pour les autres pays limitrophes que sont les pays baltes et la Finlande, une attaque est beaucoup plus probable contre la Lituanie que contre la Finlande.

D’une part parce que la population russe n’a que de bons souvenirs de la Finlande alors que la Lituanie est dépourvue d’intérêt.

À l’opposé, il est beaucoup plus facile de convaincre les peuples occidentaux de verser leur sang pour un peuple frère comme le peuple finlandais que pour les Lituaniens dont 99,9 % des Occidentaux n’ont jamais entendu parler.

Conclusion

Lorsque la guerre en Ukraine a éclaté, les puissances occidentales pouvaient prétendre qu’elles ne se doutaient pas que la Russie était sérieuse et qu’elle mettrait en application ses menaces.

Ces menaces, c’était que Moscou n’hésiterait pas à guerroyer si la Biélorussie, l’Ukraine ou la Géorgie se transformait en lieu de stockage des armes de destruction massive de l’Otan.

En pavant la voie à ce que deux autres pays limitrophes (la Lituanie et la Finlande) prennent la relève, l’Otan oblige Moscou à attaquer un membre de l’Otan s’il veut réellement éviter d’être menacé au plus près.

Or les modifications constitutionnelles que s’apprête à adopter la Lituanie expriment une volonté beaucoup plus concrète que l’adoption par la Finlande d’une politique qui pourrait être remise en question par un changement de gouvernement.

En somme, tout cela laisse à penser que l’Otan veut déclencher la guerre avec la Russie et est prête à prendre tous les moyens pour y parvenir en prenant soin toutefois de créer l’illusion que la Russie, en Lituanie comme en Ukraine, sera l’agresseur.

Références :
Crise des missiles de Cuba
Guerre d’Irak
La Finlande lève l’interdiction des armes nucléaires pour renforcer la dissuasion de l’OTAN
La Lituanie s’apprête à autoriser le déploiement d’armes nucléaires de l’OTAN sur son territoire
La régression finlandaise
La Russie avertit que les usines européennes d’armement destinées à l’Ukraine sont des cibles militaires potentielles
La Russie sabote des usines de défense européennes
Le Kremlin met en garde la Lituanie contre un éventuel déploiement d’armes nucléaires sur son sol
L’Estonie accuse la Russie d’avoir commandité un « acte de sabotage » sur l’une de ses entreprises de drones
Litanie en Lituanie, le pays sur le point d’amender sa constitution pour faire partie « de la dissuasion nucléaire » occidentale contre la Russie
Lituanie
Sommet de l’OTAN de 2008
Ukraine : le quatrième anniversaire d’une guerre inutile

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La tenue d’élections en Russie : l’échec de l’Ukraine

Publié le 9 octobre 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Du 18 au 20 septembre derniers, l’Ukraine a fait pleuvoir plus de 1 600 drones sur la Russie, dont 400 sur la région de Moscou alors que les Russes étaient appelés à voter.

On dira tout le mal qu’on voudra des élections en Russie, elles ont le mérite d’avoir eu lieu. Cela montre que, en dépit des bombes et des missiles, il est possible de tenir une élection.

À l’opposé, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les élections britanniques de 1940 ont été reportées à l’issue de la guerre. Et ce, en contrepartie de la formation d’un gouvernement d’unité nationale.

Si, à l’époque, il avait été possible de voter électroniquement (comme ce fut le cas en Russie le mois dernier), aurait-on eu besoin de reporter les élections anglaises ? Peut-être pas.

Toujours est-il que l’exemple anglais, entre autres, sert à justifier le refus de tenir des élections en Ukraine depuis sept ans.

Mais les véritables raisons sont ailleurs.

L’image de l’Ukraine entretenue par la propagande occidentale est celle d’un pays qui se bat pour la Démocratie et qui sert de rempart contre une invasion russe en Europe.

Or les sondages les plus récents démontrent que la majorité des Ukrainiens veulent la paix dans les plus brefs délais, même au prix de concessions territoriales à la Russie.

Ce qui signifie que s’il y avait des élections en Ukraine, toute formation politique pacifiste remporterait les sièges au parlement ukrainien par une écrasante majorité.

Ce qui, évidemment, est totalement inacceptable pour l’Otan puisque celle-ci veut la poursuite de la guerre jusqu’au dernier soldat ukrainien vivant.

Pour ne pas perdre le contrôle sur l’Ukraine, les puissances occidentales n’auraient d’autres choix que de se servir des tribunaux du pays pour manipuler les élections comme ce fut le cas en Roumanie.

Concrètement, cela signifie frapper d’inéligibilité tout candidat pacifiste en l’accusant de menacer l’ordre constitutionnel (qui prévoit le caractère inaliénable du territoire national).

En somme, il faudrait accuser ce candidat d’être un traitre à la solde de Moscou même si le Kremlin ne lui a jamais versé le moindre kopeck.

Rappelons que moins de deux semaines après le début de l’invasion russe, au lieu de former un gouvernement d’unité nationale selon l’exemple anglais, Volodymyr Zelensky a préféré interdire tous les partis d’opposition dont ceux qui portaient la voix de la minorité russophone du pays.

D’autre part, l’Ukraine (tout comme la Russie) est située dans une partie du monde où les mœurs politiques sont d’une extrême brutalité. Comme en témoignent les menaces de mort de Zelensky contre Victor Orbán et l’assassinat à Monaco d’un des 84 oligarques ukrainiens qui s’y sont réfugiés.

Voilà pourquoi les candidats pacifistes en Ukraine auraient certainement à craindre pour leur vie et celle de leur famille.

Tout cela pour dire que tenir des élections en Ukraine, pour les puissances occidentales, c’est ouvrir un panier de crabes puisqu’il faudra recourir à des magouilles antidémocratiques qui terniront l’image soigneusement entretenue par nos médias.

Le plus simple est de reporter indéfiniment les élections en Ukraine.

Références :
Attentat du 29 juin 2026 à Monaco
Élections en Russie : les régions occupées d’Ukraine obligées de voter
Élections générales britanniques de 1945
La volonté populaire en Europe soumise à la dictature des juges : le cas de la Roumanie
Les menaces personnelles de Zelensky contre Orbán
Le système de vote en ligne victime d’une cyberattaque en Russie
Les Ukrainiens face à la capitulation
Une attaque massive de drones perturbe le dernier jour des élections législatives russes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fabrication ukrainienne de missiles Patriot en temps de guerre

Publié le 16 juillet 2026 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Introduction

Il y a une semaine, en marge du sommet de l’Otan à Ankara, le président américain a annoncé son intention d’autoriser l’Ukraine à fabriquer sur son sol des intercepteurs Patriot.

« De cette façon, vous ne pourrez pas vous plaindre qu’on ne vous en fournit pas assez » a déclaré Donald Trump.

Envoyer paitre Zelensky

On peut assembler des drones sur sa table de cuisine. Mais la fabrication d’intercepteurs nécessite de grandes usines, l’importation des pièces destinées à être assemblées, des laboratoires de contrôle de la qualité, des chaines de montage, des robots industriels, des entrepôts, etc.

Pour ce faire, l’Ukraine devra déblayer secrètement un terrain de grande taille tout en évitant sa détection par des satellites-espions russes.

De plus, il faudra y ériger une manufacture hautement robotisée dont la structure est capable de résister à une pluie de drones (voire de missiles).

En un mot, cela est tout simplement impossible.

Les demandes désespérées de Kyiv

Washington manque d’intercepteurs pour protéger adéquatement ses bases militaires et ses alliés au Proche et au Moyen-Orient.

En réponse aux demandes répétées de Zelensky d’obtenir ces précieuses armes défensives, l’administration Trump a décidé de rire de lui.

Le président ukrainien est trop intelligent pour ne pas le réaliser. Mais il est obligé de faire semblant d’y croire. Parce que s’il ose protester, on ne manquera pas de le traiter d’ingrat.

Voilà pourquoi Volodymyr Zelensky avale cette couleuvre et joue le jeu.

Toutefois, ce qui n’est pas normal, ce sont ces agences de presse et ces chroniqueurs occidentaux qui nous répètent cette sottise le plus sérieusement du monde…

Référence : Missiles Patriot fabriqués en Ukraine : coût de production, construction des usines… Après l’annonce de Trump, les questions s’accumulent

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le drone russe tombé en Roumanie et le délire anti-russe de l’Otan

Publié le 31 mai 2026 | Temps de lecture : 3 minutes
Lieu de l’écrasement

Introduction

Depuis le début du mois, il est tombé des milliers de drones en Europe de l’Est, au Proche-Orient et sur les États riverains du golfe Persique.

Toutefois, celui qui est tombé dans la nuit du 28 au 29 mai derniers sur la ville roumaine de Galați — située à une dizaine de kilomètres de la frontière ukrainienne — a provoqué la réaction la plus vive dans les chancelleries occidentales.

Pourtant, ce drone, tiré de Russie, n’a provoqué que des dommages légers, et n’a causé que des blessures mineures chez deux personnes.

L’outrance des réactions diplomatiques occidentales

Le consul russe à Constanta (deuxième ville de Roumanie) a été expulsé et son consulat, fermé.

Les ministères des Affaires étrangères de France et de Grande-Bretagne ont convoqué leur ambassadeur russe respectif afin de condamner cette ‘agression’.

Sur son compte X, l’ambassadeur américain à l’Otan a déclaré que Washington se tenait solidaire aux côtés de la Roumanie.

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a accusé Moscou de franchir une nouvelle limite et promis de nouvelles sanctions.

Quant à lui, le secrétaire général de l’Otan a dénoncé le comportement ‘irresponsable’ de la Russie.

Un fait divers insignifiant

Doté d’une petite charge explosive, ce projectile faisait partie d’un essaim de drones tirés par la Russie vers l’Ukraine. La majorité d’entre eux ont été abattus.

Mais le drone dont il est question a été touché par un tir et a dévié vers la Roumanie où, comme on l’a vu, il n’a causé que des dégâts mineurs.

La responsabilité russe

Soutenue par l’Otan et l’Union européenne, la Roumanie a fait porter à la Russie l’entière responsabilité des dommages causés par ce drone.

Que doit-on en penser ?

Imaginons qu’un avion d’Air France assurant la liaison entre Paris et Alger soit touché par un tir d’un groupe islamiste et que cet avion s’écrase sur la capitale algérienne, causant des centaines de morts. Pourrait-on accuser la France d’être responsable de l’accident ?

C’est la logique accusatrice des dirigeants occidentaux.

L’immaturité des dirigeants occidentaux

La Roumanie est à la périphérie du théâtre de la guerre russo-ukrainienne. Ce qui comporte des risques.

Ce sont des risques que la Roumanie doit assumer. D’autant plus qu’elle est cobelligérante, fournissant à l’Ukraine armes et munitions.

En faisant un drame du moindre fait divers de cette guerre, les dirigeants occidentaux font étalage de leur immaturité et de leur manque de pragmatisme.

Alors que les pays occidentaux n’ont plus la capacité industrielle de fournir un effort de guerre important, et alors que leurs stocks d’armements sont au plus bas en raison de leur générosité à aider l’Ukraine, les dirigeants de ces pays continuent de battre le tambour de la guerre comme si l’humiliation actuelle des États-Unis face à l’Iran n’était pas un appel à la prudence…

Références :
Bucarest accuse la Russie, qui affirme ne pas « menacer » l’Europe
Nato ready to defend ‘every inch’ of territory as Russian drone hits Romania
Une ONG proche de Nicușor Dan diffuse une théorie du complot concernant l’incident du drone à Galați. Cette théorie contredit les propos du président. (en roumain)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les menaces personnelles de Zelensky contre Orbán

Publié le 7 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Exaspéré par le véto de la Hongrie au plan européen d’aide de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a menacé son homologue hongrois, Viktor Orbán, plus tôt cette semaine.

Faisant allusion à ce dernier, Zelensky a déclaré en substance que si Orbán empêchait l’armée ukrainienne de toucher les sommes qu’elle espère obtenir, il donnerait à ses soldats l’adresse civique d’Orbán pour qu’ils aillent lui parler dans le nez.

Il est à noter que les traductions française et anglaise des propos du président ukrainien varient selon les sources. Toutes s’entendent pour dire qu’il s’agirait de révéler l’adresse (et non le numéro de téléphone) du président hongrois afin que des hommes armés ‘communiquent’ ou ‘appellent’ Viktor Orbán, ou lui ‘parlent dans leur langue’. Chacune de ces versions varie en dangerosité.

Plusieurs chefs d’État européens ont jugés inacceptables les propos de Zelensky. Tout comme la Commission européenne.

Dans ce dernier cas, le blâme n’est pas venu de la bouche d’Ursula von der Leyen ni de sa ministre des Affaires étrangères, mais d’un simple porte-parole. Ce qui, en terme protocolaire, est l’équivalent d’un blâme du bout des lèvres.

La position hongroise

La Hongrie reproche à l’Ukraine trois choses; deux griefs récurrents et un grief récent.

Le premier grief récurrent concerne la violation par l’Ukraine des droits de sa minorité magyare (c’est-à-dire des Ukrainiens de langue hongroise). Et ce, malgré les engagements pris par l’Ukraine en signant les accords de Minsk.

Le second grief récurrent concerne les hommages publics rendus dans la partie ouest de l’Ukraine aux alliés zélés de l’Allemagne nazie qui ont massacré des dizaines de milliers de civils hongrois au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Ces commémorations joyeuses sont des insultes pour les descendants de ceux qu’ils ont tués.

De loin le plus important pour comprendre la situation actuelle est le dernier grief : la Hongrie reproche à l’Ukraine d’interrompre volontairement le transit sur son territoire des hydrocarbures russes à destination de la Hongrie depuis janvier dernier.

Le gouvernement de Kyiv soutient que cette interruption aurait été causée par une frappe russe. Une version dont la Hongrie doute.

Précisons que Zelensky interdit que des inspecteurs de l’UE viennent sur place enquêter à ce sujet et promet que la livraison de ces hydrocarbures reprendrait uniquement si l’UE le demande. Sachant très bien qu’elle y est opposée.

Dans un autre ordre d’idée, l’Ukraine peut invoquer qu’elle est souveraine, donc libre de laisser transiter ce qu’elle veut sur son territoire. Ce à quoi Orbán répond que c’est son devoir de défendre les intérêts de son pays en recourant à son droit de véto contre l’Ukraine.

Bref, c’est un dialogue de sourds.

La saisie d’un convoi de fonds

Les propos menaçants de Zelensky plus tôt cette semaine font suite à la saisie par la Hongrie de deux camions blindés transportant quarante-millions de dollars américains, trente-cinq-millions d’euros et de neuf lingots d’or d’un kilo chacun (d’une valeur approximative de 1,5 million de dollars US).

Cette cargaison proviendrait d’une succursale bancaire autrichienne, au nom d’un ou de plusieurs de ses clients. Tout cela était destiné à l’institution bancaire Ochtchadbank, propriétaire de milliers de succursales en Ukraine.

En dépit du fait que ce réseau bancaire appartient au gouvernement ukrainien, on ne doit pas le confondre avec la Banque centrale ukrainienne (détentrice de l’or et des devises auxquelles est adossée la monnaie nationale, soit l’hryvnia).

Le transfert massif de devises étrangères est très inhabituel entre simples institutions bancaires puisque les épargnants y effectuent généralement leurs dépôts et leurs retraits dans la monnaie du pays.

La Hongrie a donc ouvert une enquête afin de s’assurer qu’on n’a pas affaire à un transfert d’argent liquide destiné à alimenter la corruption généralisée qui prévaut en Ukraine.

De leur côté, les menaces de Zelensky s’expliquent par la situation désespérée dans laquelle il se trouve, à la tête d’un État mafieux où oligarques, groupes criminalisés, et miliciens néonazis n’entendent pas à rire.

Références :
Bras de fer entre Orban et Zelensky
Convoi ukrainien saisi en Hongrie : lingots d’or, millions et un ex-général du renseignement
EU blasts Zelenskyy over veiled threat against Orbán
Hungary seizes millions of euros in cash and gold from Ukrainian convoy

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ukraine : le quatrième anniversaire d’une guerre inutile

Publié le 24 février 2026 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Selon un rapport publié récemment par le Center for Strategic and International Studies, depuis le 1er janvier 2025, l’armée russe a grugé moins de deux pour cent de plus du territoire ukrainien. En somme, l’essentiel de ses avancées date de 2024.

Il serait tentant d’y voir une stagnation du conflit.

En réalité, si le front n’a pas bougé, c’est que la guerre russo-ukrainienne s’est transformée.

Nous verrons ci-après que cette guerre n’a jamais eu pour but la conquête territoriale de l’ensemble de l’Ukraine (contrairement à ce que certains milieux aiment répéter).

Après avoir conquis presque tout ce qu’elle espérait, la Russie a entrepris la destruction fine de ce qui reste de l’effort de guerre ukrainien.

Ce qui signifie deux choses,

Premièrement, couper l’alimentation électrique des ateliers de fabrication des drones et la charge des batteries qui les alimentent.

Dans un autre ordre d’idée, on se rappellera qu’au début de cette guerre, l’Allemagne avait obligé la France à expédier par train ses chars Leclerc vers l’Ukraine par crainte que leur poids abime la chaussée des autoroutes allemandes.

Ce qui signifie que tout le matériel militaire lourd occidental arrive en Ukraine par voie ferroviaire.

La deuxième raison vise donc à la paralysie des trains électriques ukrainiens (les plus performants) qui transportent le matériel militaire occidental vers le front.

Les souffrances que cela occasionne pour la population civile en Ukraine ne sont donc que des dommages collatéraux, selon le jargon technocratique des armées de ce monde.

Après quatre ans de guerre, récapitulons : ce conflit a une cause profonde et un facteur déclenchant.

La cause profonde

La cause profonde est le désir de l’Ukraine d’adhérer à l’Otan.

En 1962, il était inacceptable pour les États-Unis que la Russie déploie à Cuba des ogives nucléaires pointées vers le territoire américain.

Ou, quelques décennies plus tard, tout aussi inacceptable que Saddam Hussein détienne, croyait-on, des armes de destruction massive. Lui dont le pays est pourtant situé à des milliers de kilomètres de l’Europe.

De la même manière, il est inacceptable pour la Russie que ses ennemis militaires puissent déployer dans sa cour arrière des armes susceptibles de l’anéantir.

Puisque le processus d’adhésion à l’Otan prend généralement des années, cela n’explique pas pourquoi c’est le 24 février 2022 que cette guerre a éclaté.

Le facteur déclenchant

Le coup d’État du 20 février 2014 — qu’on appelle en Occident la ‘révolution’ de Maïdan — et l’annonce, quelques semaines plus tard, que la langue russe serait officiellement interdite d’enseignement dans les provinces ukrainiennes peuplées majoritairement de locuteurs russophones ont déclenché une guerre civile dans l’Est du pays.

De 2014 à 2016, le gouvernement de Kyiv payait secrètement des milices néonazies provenant de l’Ouest du pays pour venir tuer la population, principalement russophone, qui vivait dans la partie orientale du pays.

Ce conflit a fait plus de quatorze-mille morts et d’innombrables blessés.

Depuis le Sommet mondial de l’Onu en 2005, la Responsabilité de protéger (R2P) fait partie du Droit international. Cette responsabilité a servi de prétexte à l’Occident pour déclencher la guerre en Syrie.

La Russie aurait pu invoquer cette responsabilité dès 2014. Mais elle s’est fait leurrer par les accords de Minsk en vertu desquels Kyiv s’engageait à respecter les droits de ses minorités linguistiques. Un engagement garanti par l’Allemagne et la France, mais qu’aucun de ces deux pays n’avait la moindre intention de faire respecter.

Comme l’ont avoué plus tard François Hollande et Angela Merkel, tout cela servait à étirer le temps afin de permettre à l’Ukraine de s’armer en vue d’une guerre avec la Russie souhaitée par l’Otan.

L’espoir de Moscou de voir les choses s’améliorer s’est arrêté net quand Volodymyr Zelensky, en vertu d’un décret signé 21 mars 2021, ordonnait à l’armée ukrainienne de donner l’assaut contre la population civile des provinces peuplées majoritairement d’Ukrainiens russophones.

Réalisant qu’on s’était moqué de lui, Poutine ordonna à l’armée russe de masser ses troupes à la frontière ukrainienne à partir d’avril 2021 et déclencha la guerre le 24 février de l’année suivante. Ce déclenchement aurait pu se faire plus tôt ou plus tard; la date exacte n’avait pas d’importance.

Saboter la paix

Depuis quatre ans, les pays européens n’ont pas cessé de saboter toutes les initiatives qui auraient pu déboucher sur une entente entre Kyiv et Moscou.

Dès le début de la guerre, Boris Johnson, alors premier ministre britannique, décourageait l’administration de Zelensky d’entériner l’accord intervenu en Turquie entre les négociateurs russes et ukrainiens.

Depuis, les dirigeants européens ne font que proposer des ‘plans de paix’ qui n’ont aucune chance d’être acceptés et dépenser des dizaines de milliards d’euros afin de financer la poursuite des hostilités.

Le bilan

• Pour l’Ukraine

De nos jours, le gouvernement de Kyiv vit sous le respirateur artificiel de l’Occident.

Il n’a plus les ressources fiscales pour payer ses fonctionnaires, ses médecins, ses enseignants, ses policiers, ses éboueurs, ses pensionnés, ses soldats et, de manière générale, tous ceux qui dépendent de l’État.

Plus de la moitié des terres arables d’Ukraine — les plus fertiles d’Europe — sont maintenant la propriété de spéculateurs américains.

La conquête russe des provinces orientales du pays ne représente pas seulement une perte territoriale pour Kyiv; c’est une perte de revenus puisque n’importe quelle usine vétuste du Donbas rapporte bien davantage en taxes et impôts qu’une petite exploitation agricole située dans le reste du pays.

Puisque le temps joue contre l’Ukraine, ce pays risque également de perdre son accès à la mer Noire et devenir ainsi un pays enclavé si la région d’Odessa tombe aux mains de l’armée russe.

• Pour l’Europe

Depuis quatre ans, les pays européens ont dépensé des centaines de milliards de dollars à soutenir une guerre perdue d’avance. Des sommes qu’ils n’ont plus pour se préparer aux défis qui les attendent.

Pendant tout ce temps, ils ont maintenu l’illusion (auprès de leurs contribuables) que tout cela serait éventuellement payé par la Russie.

Depuis que le premier ministre belge a révélé publiquement ce que tous les experts en Droit international savaient déjà, le chat est sorti du sac; ce sont les contribuables européens qui paieront la note de la poursuite de ce conflit.

Les dirigeants européens ont fait perdre à leur industrie lourde (sidérurgie, construction automobile, fabrication du verre et industrie chimique) l’avantage concurrentiel que leur donnait l’accès aux hydrocarbures russes (les moins chers au monde).

D’où l’accélération du déclin industriel de l’Europe, couplé au sabotage volontaire de son secteur agricole par le biais d’accords de libre-échange insensés.

• Pour la Chine

Lors des deux premières guerres mondiales, l’Europe s’est fait harakiri. Ce qui a propulsé les États-Unis au premier rang des puissances mondiales.

Le 2 mars 2023, l’Institut australien de politique stratégique publiait une étude qui concluait que la recherche chinoise était en avance dans 37 des 44 technologies de pointe étudiées.

Pendant que la Commission européenne s’entête à poursuivre un délire normatif et règlementaire vertueux qui étouffe son économie, et pendant que l’administration de Donald Trump s’applique à prolonger les belles années de l’âge thermo-industriel et à freiner la transition vers le futur, la Chine construit ses routes de la soie et modernise son économie.

On peut facilement présumer d’une Troisième Guerre mondiale — au cours de laquelle les Occidentaux (ce qui comprend les Russes) s’entretueront — rétablira la Chine au premier des puissances économiques mondiales.

Une position qu’elle a occupée pendant des millénaires, plus précisément jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Voilà où nous mènent les va-t-en-guerre que sont une bonne partie des dirigeants occidentaux.

Références :
Après quatre ans de guerre, la ligne de front stagne en Ukraine
La personnalité de l’année 2025
L’engrenage ukrainien
Le statut des provinces ukrainiennes conquises par la Russie
Les Ukrainiens face à la capitulation
Mercosur : la perte de souveraineté alimentaire face à la guerre
The Origins of Ukraine’s Fascists & Why It Matters (vidéo)
Ukraine : l’histoire secrète de la révolution de Maïdan
Ukraine : quand l’Europe sabote les efforts de paix de Trump

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les simulacres de piraterie occidentale en haute mer

Publié le 31 janvier 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Le 30 septembre dernier, un pétrolier en provenance de Russie était arraisonné en eaux internationales par la marine française au large de Saint-Nazaire.

Le navire est accusé d’appartenir à la ‘flotte fantôme’ russe en plus d’être soupçonné d’avoir servi, quelques jours plus tôt, de plateforme de lancement des drones qui ont mystérieusement survolé le Danemark.

Après cinq jours, le bateau a repris le large et son capitaine chinois a été relâché sous la promesse de revenir en France dans quelques mois pour faire face à la Justice française. Ce qui n’arrivera pas.

Le 7 janvier, les États-Unis ont arraisonné en mer du Nord le pétrolier russe Marinera — soupçonné de transporter du pétrole iranien — et ont confisqué sa cargaison en invoquant l’extraterritorialité du droit américain.

Le 22 février dernier, un autre pétrolier en provenant de Russie a été arraisonné par la marine française alors qu’il naviguait lui aussi en eaux internationales, cette fois en Méditerranée.

L’opération se veut conforme aux sanctions occidentales décrétées contre Moscou.

On doit savoir que ces sanctions ne font pas nécessairement partie du Droit international. Dans certains cas, elles vont même à son encontre.

À titre d’exemple, un pays est parfaitement libre de cesser d’acheter des biens produits en Russie. En principe, un tel refus est parfaitement légal… du moment qu’il ne s’agit pas d’une rupture de contrat.

À l’opposé, confisquer les intérêts courus sur les avoirs russes saisis pour les donner à l’Ukraine est une violation du Droit international.

De la même manière, les actes de piraterie contre les pétroliers russes sont acceptables de la part de l’Ukraine puisque celle-ci est en guerre contre la Russie. Mais ils ne le sont pas lorsqu’ils sont commis par des pays qui, officiellement, ne sont pas engagés dans un conflit armé contre cette dernière.

Dans un autre ordre d’idée, on doit savoir que désigner un pétrolier comme faisant partie de la flotte ‘fantôme’ russe veut simplement dire que ce navire n’est pas assuré par la Lloyd’s de Londres. Ce qui n’est pas obligatoire en vertu du Droit international.

Quant au fait que ce pétrolier, s’il appartenait à la Russie, battait un pavillon autre que celui de ce pays, cela est sans importance; à des fins d’optimisation fiscale, tous les armateurs au monde font en sorte que leurs cargos battent un pavillon de complaisance (Panama, Libéria ou autre). C’est ce que Paul Martin, ex-premier ministre canadien, faisait lui-même.

Conclusion

Il y a deux ans, nous écrivions :

[…] la soumission au droit international est facultative; on le respecte lorsque cela fait son affaire et on le viole lorsqu’il ne convient plus.

Cet avis, autrefois controversé, a gagné en crédibilité depuis qu’il a été repris par le premier ministre canadien le 20 janvier dernier à Davos.

Jusqu’ici, les sanctions décrétées contre la Russie par les pays européens ont fait plus de tort à leurs économies qu’à celle de la Russie.

Pour bien montrer qu’on fait vraiment quelque chose, ces simulacres de piraterie — qui ne le sont qu’à moitié puisque généralement les pétroliers sont libérés avec leur cargaison intacte — ne sont que des irritants pour la Russie.

Mais ces irritants sont susceptible de constituer des éléments d’escalade. Bref, encore une fois, c’est jouer avec le feu.

Références :
Droit international et géopolitique (deuxième partie)
Écoutez le discours de Mark Carney, premier ministre du Canada, à Davos
How will China respond as US expands foreign ship seizures?
La marine américaine a saisi deux pétroliers, dont le navire russe Marinera dans l’Atlantique
L’ancien empire maritime de Paul Martin au cœur des Paradise Papers
Le mystère des drones en Europe occidentale
Navire « Pushpa » de la flotte fantôme russe : les questions s’accumulent autour de ce pétrolier immobilisé au large de Saint-Nazaire
Un pétrolier « en provenance de Russie » arraisonné par la marine française en Méditerranée

Parus depuis :
Russia threatens to deploy navy to protect vessels from ‘western piracy’ (2026-02-17)
French navy seizes Russia-linked oil tanker in Atlantic (2026-06-01)
https://www.lemonde.fr/international/article/2026/10/13/la-marine-francaise-arraisonne-un-petrolier-au-sud-de-la-reunion-soupconne-d-appartenir-a-la-flotte-fantome-russe_6792875_3210.html

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La personnalité de l’année 2025

Publié le 31 décembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Bart De Wever

Bart De Wever est premier ministre belge depuis le 3 février 2025.

Toute sa carrière politique a été axée sur la défense des intérêts de la Flandre, c’est-à-dire de la partie néerlandophone de la Belgique, au point de militer en faveur de son indépendance.

Toutefois, dès son accession à sa fonction actuelle, ce politicien de droite s’est transformé en chef d’État.

Le 1er décembre dernier, il avait créé la surprise aux Grandes Conférences catholiques.

Devant ce public francophone, ultra conservateur, et attaché autant à la monarchie qu’à l’unité du pays, l’ex-indépendantiste flamand soulignait son respect pour la fonction royale, l’importance qu’il attache à son rôle de premier ministre de tous les Belges, précisant même que « la Flandre n’est pas un but en soi.»

À cette occasion, il donnait un avant-gout de ce qui allait suivre en déclarant : « Qui […] croit vraiment que la Russie va perdre en Ukraine ? C’est une fable, une illusion totale. [D’ailleurs] cette défaite ne serait pas souhaitable, car cela rendrait instable un pays doté de l’arme nucléaire.»

Deux semaines plus tard, un sondage montrait qu’il demeurait le politicien le plus populaire de Flandre. La surprise fut chez les Belges francophones où sa popularité grimpa de sept point dans la capitale et de deux points dans la Wallonie, faisant de lui une des personnalités les plus aimées chez… les Francophones.

Si bien que les auditeurs de deux chaines de télévision flamande l’ont élu ‘Belge de l’année’.

Le grain de sable dans l’engrenage

Depuis mai 2022, nous soutenons sur ce bloque qu’en vertu du Droit international, on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais on ne peut pas les confisquer. En d’autres mots, on peut empêcher un pays de jouir de son argent, mais on ne peut pas le dépenser à sa place.

Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, les pays alliés de Kyiv prétendent le contraire. Pourquoi ?

Le but était de rassurer les contribuables face aux sommes colossales dépensées à soutenir l’Ukraine. Implicitement, le message était qu’au final c’était la Russie qui paierait la note.

À la télévision et dans nos grands médias, tous les journalistes et tous les chroniqueurs participaient à ce lavage des cerveaux.

Toutefois, au Sommet européen du 18 décembre dernier, quelle fut donc la surprise d’entendre le premier ministre Bart De Wever rompre cette omerta et déclarer que son pays s’oppose catégoriquement à la confiscation des avoirs russes en Belgique.

Or c’est dans ce pays que se trouve la chambre de compensation Euroclear qui détient la majorité des avoirs russes gelés en Occident.

Sans Bart De Wever, environ 135 milliards d’euros auraient été utilisés à prolonger de deux ans l’agonie de l’Ukraine.

Et une fois cette somme dépensée (partiellement à alimenter la corruption dans ce pays), nous aurions appris que la confiscation des avoirs russes était illégale. Donc, que nous devons rembourser la Russie pour les sommes confisquées illégalement par nos gouvernements.

Pour son courage et son audace, ce blogue lui décerne le titre de personnalité de l’année 2025.

Références :
Bart De Wever a-t-il convaincu les francophones ?
Bart De Wever, le nationaliste flamand devenu défenseur des intérêts belges
Bart De Wever, ou l’histoire d’un nationaliste flamand devenu figure incontournable des scènes belge et européenne : « C’est un évolutionniste, pas un révolutionnaire »
La saisie fictive des avoirs d’oligarques russes au Canada
« Les dix prochaines années seront difficiles » : Bart De Wever avertit les Belges, à quelques heures de 2026

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Écrit par Jean-Pierre Martel


90 milliards d’euros pour prolonger l’agonie de l’Ukraine

Publié le 20 décembre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes

Depuis des années, l’État ukrainien vit sous le respirateur artificiel de l’Occident.

En effet, ce sont les sommes que lui versent les pays occidentaux qui permettent à ce pays de payer non seulement la solde de ses soldats, mais également les pensions de vieillesse et le salaire de tous ceux qui dépendent de l’État; les fonctionnaires, les professeurs, les médecins, les éboueurs, etc.

Puisque Washington refuse maintenant de poursuivre ses aides militaire et financière à Kyiv, l’Union européenne (UE) cherche depuis ce temps à prendre la relève. Ce dont elle n’a pas les moyens.

Dernièrement, les dirigeants européens se sont fait dire publiquement ce que nous soutenons sur ce blogue depuis le début de la guerre; on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais pas les confisquer.

Pour pallier cette contrainte, l’UE a décidé en faveur d’un prêt de 90 milliards d’euros (dont dix-sept payés par la France) qui couvrirait une bonne partie des 135 milliards dont l’État ukrainien a besoin au cours des deux prochaines années.

Ces sommes ne serviront pas à la reconstruction de l’Ukraine, mais permettront plutôt à ce pays de s’acquitter de ses dépenses courantes.

Et pendant que l’UE tente de retarder de deux ans la capitulation inévitable de l’Ukraine, l’administration Trump a compris qu’il est plus pragmatique d’en tirer profit.

Pour ce faire, Trump maintient deux équipes de négociateurs, chacune sympathique au belligérant avec lequel elle transige.

Celle qui négocie avec le vainqueur (soit la Russie) a pour mandat d’établir la place des États-Unis dans la reconstruction de l’Ukraine.

Pendant ce temps, pour donner aux vassaux de Washington l’illusion qu’ils comptent encore dans les affaires du monde, Trump leur offre le hochet d’une négociation parallèle qui mène nulle part.

Référence : L’UE trouve 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, sans recours aux avoirs russes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Jacques Baud et la ‘stalinisation’ de l’Union européenne

Publié le 18 décembre 2025 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Le délit d’opinion est une infraction, punie par la loi, qui consiste à propager une idée politique qui menace l’ordre public.

Puisque l’ordre public est une notion vague, la frilosité de l’État à l’égard de ce qui est susceptible de le troubler distingue les régimes totalitaires de ceux qui ne le sont pas.

Le cas de Jacques Baud

Le 15 décembre dernier, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union européenne (UE) ont placé l’analyste et politicologue Jacques Baud sur sa liste noire des personnes qui, au nom de la Russie, mènent des activités jugées déstabilisantes.

À l’origine, cette liste visait à combattre les méfaits commis par la Russie dans le cadre de sa guerre ‘hybride’ contre les autres pays européens.

Toutefois, depuis octobre 2024, la notion d’activité déstabilisante s’est étendue aux opinions de ceux qui, rémunérées ou non par le Kremlin, ne croient pas au narratif de l’UE au sujet de la guerre russo-ukrainienne.

Dans le cas de Jacques Baud, cette décision a pour effet de bloquer les avoirs qu’il détient dans les banques situées sur le territoire de l’UE et de lui interdire d’entrer ou de transiter par un pays de l’UE.

Précisons que la Suisse, son pays, n’est pas membre de l’UE et conséquemment, n’est pas concernée par ces sanctions.

Voyons en détail l’acte d’accusation de l’UE contre Jacques Baud.

Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse et analyste stratégique, est régulièrement invité à des émissions de télévision et de radio pro-russes.

Il est à noter qu’on ne parle pas ici de médias russes, mais prorusses. C’est-à-dire de médias qui, à l’égard du conflit russo-ukrainien, sont d’un avis contraire à celui de l’UE.

En somme, Jacques Baud diffère d’opinion. Et après ?

Il agit comme porte-parole de la propagande prorusse…

Il ne suffit pas de partager le narratif russe pour être le ‘porte-parole’ de Vladimir Poutine. Selon le dictionnaire Antidote, un porte-parole est une personne chargée officiellement de prendre la parole au nom de quelqu’un, d’un groupe, d’une communauté.

Cette partie de l’accusation européenne est donc fallacieuse.

…et formule des théories du complot…

Il est vrai que Jacques Baud est un complotiste. Toutefois, de nos jours, le mot ‘complotiste’ ne veut plus rien dire tellement sont nombreuses les personnes qui se réclament des diverses théories du complot.

…[il accuse] l’Ukraine d’avoir orchestré sa propre invasion pour adhérer à l’OTAN.

Ce reproche est tellement invraisemblable que j’ai téléchargé la version allemande de l’acte d’accusation, convaincu qu’il s’agissait d’une erreur de traduction. Ce qui n’est pas le cas; les deux versions disent la même chose.

La thèse de Jacques Baud, c’est plutôt que Washington a orchestré la guerre russo-ukrainienne en dépensant une fortune pour manipuler le peuple ukrainien et lui faire croire qu’il avait intérêt à devenir un ennemi militaire de son redoutable voisin.

Avec le résultat qu’on sait.

Par conséquent, Jacques Baud est responsable de mettre en œuvre ou de soutenir des actions ou des politiques imputables au gouvernement de la Fédération de Russie…

Jacques Baud ne met rien en œuvre. Il ne fait pas le trafic d’armement en faveur de l’Armée rouge. Il ne possède pas d’usines qui participent à l’effort de guerre de Moscou. Il n’organise pas des collectes de fonds en faveur des soldats russes. Et il ne contourne pas les sanctions économiques contre la Russie.

…qui compromettent ou menacent la stabilité ou la sécurité d’un pays tiers (l’Ukraine) en recourant à la manipulation de l’information et à l’ingérence.

Jacques Baud soutient deux choses.

Premièrement, que le déploiement des ogives nucléaires de l’Otan dans la cour arrière de la Russie est une menace existentielle à sa sécurité. Une menace aussi grande que le déploiement en 1962 de missiles russes à Cuba pouvait l’être pour les États-Unis.

Et deuxièmement, que la Russie avait raison de se porter à la défense de la minorité russophone d’Ukraine. Une minorité que massacraient les milices néonazies venues de l’autre bout du pays que Kyiv armait et payait secrètement.

Conclusion

‘Nous allons jeter l’économie russe par terre’ prédisait triomphalement un homme politique européen au début de la guerre russo-ukrainienne.

Quatre ans plus tard, un grand nombre de soldats et de civils sont morts. Des millions d’Ukrainiens ont dû fuir à l’Étranger. L’Ukraine est ruinée. Et Bruxelles a gaspillé des centaines de milliards d’euros à soutenir une guerre perdue d’avance.

Pour les dirigeants européens, ce qui est gênant, c’est qu’un analyste comme Jacques Baud avait vu juste.

Si certaines de ses analyses sont sujettes à caution — notamment au sujet du conflit israélo-palestinien — celles au sujet de la guerre russo-ukrainienne sont remarquables par leur rigueur et leur précision.

Maintenant que cette guerre tire à sa fin, l’heure des règlements de comptes approche.

Alors que les révoltes éclatent aux quatre coins de l’Europe, les dirigeants corrompus de l’UE tentent désespérément de s’accrocher au pouvoir en muselant ces ‘complotistes’ qui les ont prévenus de ce qu’ils s’entêtaient à ne pas voir.

Plus un pouvoir se sent menacé, plus il est autoritaire…

Voilà pourquoi on assiste à la ‘stalinisation’ de l’UE.

Références :
Bruxelles sanctionne le Suisse Jacques Baud pour propagande prorusse
Décision du Conseil de l’Union européenne du 15 décembre 2025 (version française)
Décision du Conseil de l’Union européenne du 15 décembre 2025 (version allemande)
Jacques Baud : il donne trop d’informations trop précises. L’Union européenne le sanctionne !
L’Union européenne et la liberté d’expression
Opinion légale au sujet du cas de Jacques Baud

Complément de lecture : Le danger du contrôle étatique des flux financiers

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Écrit par Jean-Pierre Martel