Les peuples autochtones du Québec

16 octobre 2018

Le territoire québécois est habité par treize peuples : les francoQuébécois, les angloQuébécois et onze peuples autochtones.

Ces derniers comptent environ cent-mille personnes, soit 1,5% de la population québécoise.

Ils sont plus nombreux au Canada anglais. Leur importance démographique est de l’ordre de cinq pour cent dans les provinces anglophones du pays, pour une moyenne canadienne (incluant donc le Québec) de quatre pour cent.

Dix peuples autochtones ont été reconnus par l’Assemblée nationale sous René Lévesque en 1985. Un onzième s’est ajouté quatre ans plus tard sous le gouvernement péquiste de Pierre-Marc Johnson.

En ordre alphabétique, ces onze peuples autochtones sont :
• les Abénaquis (près de Trois-Rivières)
  les Algonquins -> voir les Anishnabés
• les Anishnabés (en Abitibi et en Outaouais)
• les Attikameks (en Haute-Mauricie)
• les Cris (région de la Baie-James)
  les Hurons -> voir les Wandats
• les Innus (au Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord et à Schefferville)
• les Inuits (au Nunavik)
• les Malécites (Bas-du-Fleuve)
• les Micmacs (en Gaspésie)
• les Mohawks (près de Montréal)
• les Naskapis (à Schefferville)
• les Wandats (à Québec).

Leur population varie beaucoup d’un peuple autochtone à l’autre, passant de vingt-mille Cris à quelques centaines d’Abénaquis, de Malécites et de Naskapis.

Si on exclut le cas particulier de l’ile de Montréal, seule l’Estrie était complètement inhabitée à l’arrivée de Champlain car cette région était le théâtre d’une longue guerre que se livraient les Innus et les Anishnabés (qui vivaient au nord du Saint-Laurent) contre les Mohawks (qui habitaient le nord de l’État de New York actuel).

Juridiquement, les peuples autochtones se divisent en trois catégories.

Le premier groupe comprend les signataires des traités modernes que sont la Convention de la Baie-James (les Cris et les Inuits) et la Convention de Nord-Est québécois (les Naskapis).

En échange de la renonciation à leurs droits ancestraux, ces peuples ont reçu d’importantes compensations financières qui leur assurent un niveau de vie plus élevé que la plupart des autres peuples autochtones au Canada.

Ils jouissent également d’une autonomie exceptionnelle qui leur permet de gouverner, par le biais d’institutions publiques où ils sont majoritaires, de vastes territoires à l’extérieur de leurs villages. Ces territoires représentent environ le tiers du Québec.

Contrairement à la loi fédérale sur les Indiens, basée sur la race, les traités québécois sont conformes aux Droits de la personne; rien ne s’oppose, par exemple, à ce que des citoyens non autochtones soient élus à la tête des institutions autonomes de ces territoires si ce n’est que les Autochtones forment 90% de la population.

Un deuxième groupe comprend des peuples autochtones qui étaient présents sur leurs territoires actuels, mais qui n’ont pas signé de traité avec le gouvernement du Québec : les Anishnabés, les Attikameks, les Innus, les Malécites et les Micmacs.

Le dernier groupe est celui des Abénaquis, des Mohawks et des Wendats. Ceux-ci n’étaient pas présents au Québec à l’arrivée des colonisateurs français.

Originaires des États-Unis actuels, certains Mohawks se sont établis près de Montréal en fuyant l’hostilité des autres Mohawks après leur conversion au catholicisme.

De manière analogue, les Wendats se sont réfugiés au Québec après avoir fui l’Ontario.

Les Abénaquis sont originaires de la Nouvelle-Angleterre.

Les droits de ces peuples découlent des chartes seigneuriales accordées à des communautés religieuses qui leur ont permis de s’installer au Québec.

Il est donc inexact de croire que le territoire montréalais est un territoire mohawk non cédé.

Références :
Binette A. Le droit des peuples autochtones et l’indépendance du Québec. L’Action Nationale 2017; vol 57 no 9: 24-50.
Droits ancestraux et issus de traités à Montréal
Montréal n’est pas un territoire mohawk non cédé
Montréal, un territoire mohawks ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Meurtre au consulat : du fait divers aux ressorts d’une crise internationale

15 octobre 2018

Un meurtre sordide

Jamal Khashoggi est un dissident saoudien qui, après sa fuite en Occident en septembre 2017, est devenu journaliste au Washington Post.

Pour les amateurs de potins, c’est aussi le cousin de feu Dodi Fayed, le dernier compagnon de la princesse Diana.

Le 2 octobre dernier, il s’est rendu au consulat saoudien d’Istanbul afin d’y obtenir un document dont il avait besoin pour se marier.

Selon toutes les apparences, il y était attendu par une escouade d’agents venus spécialement de la capitale saoudienne pour l’assassiner, le démembrer et évacuer ses restes hors du pays dans des colis diplomatiques (non sujets à la fouille dans les aéroports).

Quelques litres de sang de plus

L’Arabie saoudite a financé à hauteur d’au moins 85% les milices de mercenaires islamistes qui sont venus de partout mettre la Syrie à feu et à sang au cours d’une guerre de procuration qui a fait plus de 350 000 morts.

Au Yémen, les bombardements saoudiens ciblent volontairement les populations civiles. Selon Wikipédia, la très grave crise humanitaire qui y menace la vie de millions de personnes est principalement due au blocus maritime, aérien et terrestre imposé par la dictature saoudienne.

Rappelons également que, selon les dépêches diplomatiques révélées par WikiLeaks, l’Arabie saoudite est la plaque tournante du financement du terrorisme international.

Dans la mer de sang que la dictature saoudienne répand autour d’elle, qu’est-ce qui fait que toute la planète s’intéresse soudainement au cas anecdotique de Jamal Khashoggi ?

La réponse est simple : tout le monde en parle parce que tout le monde a intérêt à en parler.

La rivalité entre la Turquie et l’Arabie saoudite

Depuis le début de cette crise, le maitre du jeu est Erdoğan. Par le biais de révélations et de rumeurs, la Turquie entretient le suspense et le mystère autour de cette affaire.

Même si la Turquie n’est pas un pays arabe (on y parle principalement le turc), c’est un pays musulman. Or la Turquie et l’Arabie saoudite sont rivales dans la lutte d’influence qu’elles se livrent au sein du monde sunnite.

Les dérives autoritaires d’Erdoğan ont fait pâlir le rayonnement international de la Turquie. Par ailleurs, l’ascension en 2017 du prince héritier saoudien a été une occasion pour son pays de tenter de refaire son image.

Déjà en 2015, l’Arabie saoudite avait acheté un siège au Conseil des droits de la personne de l’ONU puis en 2017, à la Commission de la condition de la femme des Nations unies.

Selon France24, la dictature saoudienne est cliente des deux plus importantes firmes de relations publiques de France.

Au Canada, elle a bénéficié des reportages extrêmement complaisants de la journaliste Marie-Ève Bédard sur les ondes de Radio-Canada.

Mais voilà que ce meurtre donne l’occasion à Erdoğan de prendre sa revanche.

Vision 2030

En temps normal, la puissance économique de l’Arabie saoudite et son importance géostratégique dispensent ce pays de l’obligation de soigner son image publique.

La chirurgie esthétique de l’image saoudienne a donc un but très précis.

Il y a un an se tenait la conférence Future Investment Initiative.

Le deuxième volet de cette rencontre doit avoir lieu le 23 octobre prochain, toujours dans le but de faire la promotion de Vision 2030, un ambitieux projet de 500 milliards$ en Arabie saoudite.

Il vise à combler l’abyssal déficit technologique de ce pays. En effet, celui-ci est captif d’un régime obscurantiste qui fait fuir ses plus brillants sujets à l’Étranger lorsqu’ils ne pourrissent pas en prison comme c’est le cas de Raïf Badawi.

Pour diversifier son économie et réaliser ce projet futuriste, l’Arabie saoudite n’a pas besoin du capital étranger, mais du savoir des grandes entreprises de haute technologie.

Et c’est là où beaucoup de pays l’attendaient.

En sabotant cette conférence, les pays occidentaux profitent de cette vulnérabilité pour infliger une leçon de modestie à l’insolente dictature saoudienne.

Un prince héritier menaçant

Comme tous les pays arabes du Moyen-Orient, l’Arabie saoudite est une société féodale qui repose, dans ce cas-ci, sur l’allégeance de tribus à la dynastie des Saoud.

En concentrant tous les pouvoirs entre ses mains, l’impétueux prince Mohammed ben Salmane indispose un grand nombre de princes saoudiens (il y en a plus de mille) et de chefs de clans.

Sous le prétexte de la lutte contre la corruption, le prince héritier a dépouillé certains membres de la famille royale de milliards de dollars à son profit.

De plus, en donnant l’impression qu’il veut mettre fin à l’intégrisme de son pays, le prince hériter inquiète le clergé wahhabite, jaloux de ses pouvoirs et de son influence.

Rappelons que ce clergé influence les foules par ses prêches du vendredi et sa mainmise complète sur le système éducatif saoudien.

Après le bourbier saoudien au Yémen, le refus du Qatar se soumettre à son autorité et la victoire inéluctable de Bachar el-Assad en Syrie, Mohammed ben Salmane va de revers en défaites.

L’Arabie saoudite et le monde

L’Europe

Si les pays européens peuvent toujours prétendre ne pas avoir anticipé la crise migratoire qui a accompagné la guerre en Syrie, ils devraient se douter que la guerre que l’Arabie saoudite prépare contre l’Iran mettra de nouveau leurs frontières à dure épreuve.

Ils ont donc intérêt à calmer les ardeurs guerrières du prince héritier et à favoriser l’affaiblissement de son pouvoir. Tout cela dans un exercice périlleux qui consiste à vendre des armes à la dictature saoudienne sans qu’elle s’en serve.

Depuis des semaines, le gouvernement de Mme May tente de détourner l’attention du public anglais des conflits internes de son parti au sujet du Brexit.

La tentative d’empoisonnement par la Russie d’un ex-agent double russe lui donnait le prétexte d’une enflure verbale digne de la guerre froide.

Mais voilà que l’Arabie Saoudite fait pareil. En fait, elle fait pire puisque Khashoggi n’est même pas un espion.

Talonnée par son opposition travailliste (très à gauche), Mme May s’empresse donc de se scandaliser d’un fait divers.

En Amérique du Nord

Toute comme les autres fournisseurs d’armements à l’Arabie saoudite, le Canada n’a aucune intention d’indisposer un important client.

Le gouvernement Trudeau se réjouit donc de la désapprobation des médias canadiens envers la dictature saoudienne, désapprobation dont il peut plaider officiellement qu’il n’y est pour rien.

Quant aux États-Unis, si les attentats du 11 septembre 2001 n’ont pas nui aux bonnes relations américano-saoudiennes, il est douteux que ces deux pays se brouillent aujourd’hui pour si peu.

Mais ce n’est pas le cas du milieu journalistique américain qui vient de perdre un des leurs. En déchainant l’opinion publique sur les médias sociaux, les médias américains font pression sur les entreprises américaines soucieuses de leur image publique afin qu’elles annulent leur participation à Vision 2030.

Conclusion

À la fois partenaire officiel de la lutte antiterroriste et financier clandestin du terrorisme islamique, l’Arabie saoudite mène depuis longtemps un double-jeu.

Par cet assassinat sordide, l’Arabie saoudite donne à tous l’occasion d’exprimer publiquement son ressentiment contre une dictature misogyne et obscurantiste devant laquelle nos chefs d’État font la courbette depuis trop longtemps.

Références :
Arabie saoudite : un vent de réforme qui ne fait pas l’unanimité
Jamal Khashoggi
Guerre civile yéménite
La Grande séduction saoudienne
La promotion de l’Arabie saoudite au Conseil des droits de l’homme fait débat
L’Arabie saoudite ne peut défendre les droits des femmes à l’ONU
Transformer l’Arabie saoudite
Turks tell U.S. officials they have audio and video recordings that support conclusion Khashoggi was killed
Que sait-on sur l’empoisonnement de l’ex-agent double russe au Royaume-Uni ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Foresterie : bruler pour biodiversifier

12 octobre 2018

C’est en 1995 que des chercheurs de Parcs Canada ont eu l’idée d’étudier l’effet du brulage sur la régénération de la forêt.

Or non seulement la forêt finit par reprendre ses droits, mais le brulage entraine une diversification des essences forestières.

Il faut savoir que le pin gris est pyrophile; le feu fait fondre la résine qui emprisonne les graines de ses cônes.

Les pins rouges repoussent bien après un incendie car leurs cônes robustes et leurs épaisses bractées (les ‘pétales’ des cônes) protègent bien leurs graines du feu.

Chez le pin blanc, le feu élimine la compétition qui nuit à ses jeunes pousses.

Très tôt dans l’histoire du Canada, la foresterie s’est intéressée au pin blanc, ce géant de nos forêts.

C’est en effet le plus grand arbre des forêts de l’Est de l’Amérique du Nord. Il peut atteindre 40 mètres de hauteur et un mètre de diamètre à l’issue d’une croissance qui peut s’étendre sur cinq siècles.

Plus de trois-milliards de mètres cubes de bois de pin blanc ont été prélevés des forêts de l’Amérique du Nord depuis l’arrivée des colons européens.

Avant leur arrivée, le pin blanc représentait 12 à 15% des arbres dans la vallée du Saint-Laurent. On n’en compte plus, par exemple, qu’un pour cent de nos jours dans le parc de la Mauricie.

Ceux qui y sont encore présents peinent à se régénérer. D’où l’idée de les aider par le feu en dégageant le couvert forestier qui maintient dans l’ombre leurs jeunes pousses.

Sans incendie, ce sont les pousses de sapin baumier qui prennent le dessus.

Mais les avantages du feu se manifestent lentement. Sans plantation d’arbres, on estime qu’il faudra 50 à 100 ans pour faire passer naturellement le pourcentage de pin blanc en Maurice de 1 à 4%.

Après un incendie, on voit se multiplier des insectes qu’on ne voit en forêt qu’à la suite d’un feu, d’autres attirés par l’abondance de la matière végétale en décomposition.

Ce qui attire les oiseaux insectivores, dont le pic à dos noir, les sittelles, les mésanges, et l’engoulevent bois-pourri.

Les ours sont attirés par les baies sauvages, abondantes après un feu, alors que les cervidés viennent y brouter les délicates pousses de feuillus.

Référence :
Roy G. Brasier de biodiversité. Quatre-Temps 2018; vol 42 no 1: 13-7.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Jardins de lumière 2018

11 octobre 2018
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Jusqu’au 31 octobre 2018, le Jardin botanique de Montréal présente la 26e édition de son exposition annuelle de lanternes chinoises.

C’est à l’automne et à l’hiver derniers qu’ont été conçues les lanternes de l’exposition de cette année. Expédiés à Shanghai, les dessins techniques montréalais sont réalisés à la main par des artisans chinois.

En mai, les 900 lanternes quittent Shanghai par bateau jusqu’à Vancouver, puis voyagent par train jusqu’à Montréal.

Il faut plus d’un mois à une équipe de techniciens — menuisiers, plombiers, soudeurs, et électriciens — pour fabriquer les supports et installer le réseau électrique étanche qui alimente ces lanternes.

Mardi soir dernier, j’ai profité de la température très agréable pour visiter l’exposition.

Cette année, on procède par réservation; votre billet est vendu pour une journée et une heure d’entrée précise.

Le résultat est que l’affluence est mieux répartie et conséquemment, on ne se marche plus sur les pieds.

Ceci étant dit, voici les photos que j’en ai rapporté.

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Cet été, lors de la restauration du Jardin de Chine, on a créé un sentier qui relie directement celui-ci au Jardin des Premières-Nations.

En sortant du Jardin de Chine, ce sentier est décoré de lanternes chinoises conventionnelles.

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Mais dès que les visiteurs sortent du Jardin de Chine, ils accèdent au troisième volet de l’évènement Jardins de lumière.

Son premier volet est l’exposition de lanternes au Jardin de Chine (que nous venons de voir). Le deuxième consiste en un éclairage paysager nocturne du Jardin japonais.

Le troisième volet, situé dans le Jardin des Premières-Nations, possède sa propre signature.

Dans ce jardin, le feuillage et le sous-bois sont subtilement éclairés d’une constellation de taches lumineuses.

Précisons que la photo ci-dessus ne rend pas justice à l’atmosphère féérique des lieux. En somme, il faut y être pour l’apprécier pleinement.

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Cet effet est obtenu très simplement. Il aura suffi de disposer ça et là des boules à facettes (appelées boules disco) éclairées par un puissant faisceau lumineux.

Il suffisait d’y penser.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectifs Voigtländer 25 mm F/0,95 (6e et 7e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 19 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 14 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
  5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 19 mm
  6e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 400 — 25 mm
  7e  photo : 1/125 sec. — F/1,1 — ISO 320 — 25 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 16 mm
  9e  photo : 1/40 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 15 mm
10e  photo : 1/2 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 12 mm
11e  photo : 1/15 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 18 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’érable de Norvège

9 octobre 2018
Feuilles d’érable de Norvège
Feuilles de platane

L’érable de Norvège doit son nom latin (Acer platanoides) à la ressemblance de ses feuilles avec celles du platane (avec lequel il est lointainement apparenté).

Pouvant vivre deux siècles et atteindre une hauteur de trente mètres, l’érable de Norvège se retrouve en Europe des plaines de Scandinavie aux montagnes du nord de l’Espagne, et de la Belgique à la moitié occidentale de la Sibérie.

Il se décline en plusieurs variétés dont certaines ont les feuilles panachées, d’autres pourpre foncé.

En Amérique du Nord, on l’a utilisé comme arbre de rue à partir des années 1950 en remplacement de l’orme d’Amérique, décimé par la maladie hollandaise de l’orme.

Sa résistance à la pollution et au réchauffement climatique est avantageuse pour un arbre ornemental. Par contre, ses feuilles sont sujettes à la tache goudronneuse, une infection fongique qui lui est exclusive.

Dès qu’il se met à pousser en forêt, son feuillage dense crée une ombre qui prive de lumière les pousses des autres arbres alors que les siennes parviennent à grandir.

De plus, il assèche davantage le sol, ce qui nuit à la flore des sous-bois.

Si bien qu’on le considère en Amérique du Nord comme une espèce envahissante.

Lors d’un décompte effectué en 2013 sur le Parc du mont Royal, on trouvait trois fois plus de jeunes érables de Norvège que d’érable à sucre, alors que ce dernier est le feuillu dominant des forêts du sud-est du Canada.

Puisque les deux se ressemblent, pourquoi faut-il se préoccuper de cet envahissement ?

C’est qu’à l’automne, les feuilles de l’érable de Norvège demeurent vertes plus longtemps, puis jaunissent ou deviennent jaune orangé, puis brunissent. Par contre, les feuilles de l’érable à sucre adoptent toutes les couleurs typiques de nos forêts durant cette saison et offrent un des plus extraordinaires spectacles naturels au monde.

Sève de l’érable de Norvège

Dans nos érablières, l’érable de Norvège ne peut pas être entaillé pour faire du sirop d’érable.

Au lieu d’être transparente, sa sève est laiteuse. En séchant, elle devient collante.

Samare de l’érable de Norvège

Autre distinction : les samares (graines ailées) de l’érable de Norvège sont très écartées alors que celles de l’érable à sucre sont en ‘U’.

Références :
Érable plane
L’érable de Norvège: un envahisseur à bannir
Brisson J. L’érable de Norvège – un envahisseur sournois du mont Royal. Quatre-Temps 2018; vol 42 no 1: 20-3.

Détails techniques : Panasonic GH1 (2e photo) et Olympus OM-D e-m5 (les autres photos), objectif Lumix 20 mm F/1,7 (1re photo), Lumix 14-45 mm (2e photo) et Lumix 30 mm F/2,8 Macro (les autres photos)
1re photo :1/60 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 20 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm
4e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 30 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La gestion de l’offre

7 octobre 2018

Fluctuation des prix et production agricole

C’est seulement au XXe siècle que l’amélioration des moyens de transport et leur climatisation ont permis l’acheminement d’aliments sur de longues distances.

Conséquemment, les cultivateurs se sont mis à produire pour des marchés de plus en plus vastes, bien au-delà de leur village comme ils le faisaient depuis toujours.

De nos jours, l’agriculture met en concurrence des millions de producteurs qui adaptent, indépendamment les uns des autres, leur production en fonction de la fluctuation des prix.

Lorsque le prix d’un produit alimentaire augmente soudainement, plus d’agriculteurs se mettent à en produire.

Lorsque cet engouement est tel qu’il provoque une surproduction, cette dernière fait chuter les prix. Ce qui décourage la production.

Lorsque l’abandon est excessif, la pénurie qui en résulte fait augmenter les prix.

Et ainsi de suite.

La gestion de l’offre

Dans les années 1970, afin de contrer la fluctuation des prix, le gouvernement canadien a mis en place le système de la gestion de l’offre.

Un système analogue, limité au lait, fut créé en France, puis dans l’Union européenne à partir de 1984 et ce, jusqu’en 2015.

Au Canada, il s’applique à trois catégories de produits alimentaires qui correspondent à autant d’aliments de base : le lait, les œufs et la volaille (le poulet et la dinde).

Ce système comprend trois volets :
• le contrôle de la production
• le contrôle des prix
• la limitation des importations

Le contrôle des prix se fait en ajustant la production à la demande des consommateurs.

Pour limiter la production, tout producteur qui veut vendre du lait, des œufs ou de la volaille doit détenir un permis de production, c’est-à-dire un quota.

L’ensemble des quotas est revu à la hausse ou à la baisse chaque année en fonction des fluctuations de la demande canadienne.

À l’origine, ces quotas étaient gratuits. Mais puisqu’ils limitent l’accès au marché à tout nouveau producteur, les quotas déjà émis ont pris de la valeur depuis.

De nos jours, leurs prix peuvent atteindre des dizaines de milliers de dollars, ce qui décourage la relève.

Le prix de ces aliments est ajusté non seulement en fonction de la demande, mais également en tenant compte des couts de production des agriculteurs, ce qui leur garantit un revenu stable.

Cette garantie maintient en vie de plus petites unités de production qui, autrement, auraient fait faillite lors d’un effondrement de prix ou qui seraient incapables de faire face à la concurrence de gros producteurs mondiaux.

C’est ainsi que le Québec possède la moitié des fermes familiales de tout le pays. Cela assure la survie de nombreux villages et favorise une meilleure occupation du territoire.

La gestion de l’offre touche 69 000 fermes québécoises.

La stabilité des prix au Canada fait en sorte que les consommateurs canadiens paient moins cher lorsque les prix mondiaux s’emballent, et paient plus cher quand les prix s’effondrent comme c’est le cas actuellement pour le lait.

Des tarifs douaniers pouvant atteindre 300% s’appliquent aux produits sous gestion de l’offre importés au Canada.

La Chine, la Nouvelle-Zélande et le monde

Les Chinois ne boivent pas de lait à l’âge adulte. La consommation de lait est limitée aux nourrissons et aux enfants.

Comme tous les peuples qui cessent de boire du lait après l’adolescence, les Chinois font de l’intolérance au lactose. Chez eux comme chez les autres peuples, cette intolérance n’est pas innée puisqu’elle n’existe pas à l’enfance.

Adultes, les Chinois apprécient donc les préparations de lait fermenté (dont le yogourt), mais pas le lait nature.

Dans les années 2000, le gouvernement chinois a établi une norme minimale de teneur protéique de cet aliment afin de lutter contre la fraude par dilution du lait.

Toutefois, des distributeurs peu scrupuleux ont ajouté de la mélamine au lait qu’ils avaient pris l’habitude de diluer.

Or cette protéine est toxique pour les bébés; leur système digestif immature ne dégrade pas cette protéine en acides aminés inoffensifs, comme c’est le cas chez l’adulte.

Trois-cent-mille bébés chinois furent intoxiqués, provoquant six décès.

Le scandale a fait chuter la production intérieure, boudée par les consommateurs chinois. Ces derniers se sont rabattus sur le lait importé.

En conséquence, la Chine devenait le premier importateur mondial de produits laitiers. C’est ainsi que les importations de lait en poudre sont multipliées par neuf de 2008 à 2014.

Afin de combler cette demande, la Nouvelle-Zélande est devenue un des principaux fournisseurs du marché chinois.

Ce pays de moins de cinq-millions d’habitants produit autant de lait que la France. Environ 95% de sa production est exportée (principalement en Chine), faisant de la Nouvelle-Zélande le premier exportateur mondial de produits laitiers.

Depuis, la Chine a entrepris de reconquérir son marché national alors que la consommation chinoise diminuait légèrement en 2014, pour la première fois depuis des années. Ces deux facteurs ont pris de court les industriels néozélandais qui anticipaient une augmentation des importations chinoises.

La surproduction néozélandaise, associée à la surproduction européenne consécutive à l’abandon des quotas en avril 2015, a fait chuter le cours mondial du lait en 2015-2016.

Mondialisation et gestion de l’offre

Comme l’agriculteur d’autrefois qui cultivait tout ce dont il avait besoin, qui coupait le bois des arbres à proximité et qui chassait à l’occasion, le Canada ne compte sur personne pour faire vivre ses producteurs laitiers et ses producteurs d’œufs et de volaille.

Grâce à son système de gestion de l’offre, le Canada vit en autarcie… du moins en ce qui concerne les aliments concernés.

Bref, la gestion de l’offre est l’antithèse de la mondialisation.

Pour certains pays, la gestion de l’offre est le grain de sable intolérable qu’il faut expulser des bottes du capitalisme triomphant.

Strictement parlant, la gestion de l’offre n’est pas une mesure anticapitaliste puisque chaque ferme sous gestion de l’offre est une unité de production capitaliste.

Mais dans le processus d’accaparement des ressources mondiales aux mains du grand capital, ce petit capitalisme à visage humain fait figure de village gaulois qui s’oppose à l’Empire romain.

À chaque négociation en vue de la signature d’un nouveau de libre-échange, la gestion subit de nouveaux revers.

Les ratés de la mondialisation

La mondialisation conduit inexorablement à la concentration des ressources entre les mains d’un nombre toujours plus faible de producteurs.

C’est ainsi que certains médicaments ne sont plus produits qu’en Inde ou en Chine.

Il suffit d’un problème d’approvisionnement — causé par un conflit interethnique ou interreligieux, une catastrophe naturelle locale, un conflit ouvrier ou des bris mécaniques — pour provoquer une pénurie de médicaments partout à travers le monde.

Quand un des rares fabricants du médicament valsartan modifie sa méthode de production pour réduire encore davantage ses couts (et augmenter ses bénéfices), des millions de personnes seront exposés à la toxicité de dérivés qui ont échappé à ses méthodes d’analyse.

Dans le domaine agricole, la mondialisation entraine un gaspillage des ressources. Mentionnons la destruction massive de millions de litres de lait produits en trop, l’alternance d’années maigres et d’années grasses et ses faillites en série dans le premier cas, le matériel agricole jeté à la ferraille parce qu’il ne trouve plus preneur lors de ventes aux enchères à la suite de faillite, etc.

Et pour soutenir les agriculteurs en difficulté à chaque phase de chute des prix, les gouvernements leur offrent des milliards$ pour compenser leurs pertes.

C’est ainsi que le gouvernement américain a versé 22,2 milliards$ en subventions à ses producteurs laitiers en 2015. Ces subventions prennent la forme d’aide à l’irrigation des champs, des crédits à l’exportation, des prêts à taux avantageux, le rachat des surplus, etc.

On calcule qu’ils représentent 35 cents américains du litre de lait, soit 73% des profits que les producteurs en tirent.

Avec la gestion de l’offre, l’agriculteur n’a pas besoin de subventions de l’État. Mais ce que le citoyen épargne en tant que contribuable, il le paie en tant que consommateur par le biais du prix plancher de l’aliment.

Avec la différence qu’on peut s’abstenir d’acheter du lait, mais on ne peut éviter de payer ses impôts…

Références :
Aperçu de l’industrie laitière
Crise laitière de 2015
La gestion de l’offre
La gestion de l’offre, un éternel cheval de bataille pour les agriculteurs canadiens
Le Canada peut-il régler les problèmes de l’industrie laitière américaine?
Les ambitions de la Nouvelle-Zélande et de la Chine
Les pénuries de médicaments
Les producteurs de lait américains reçoivent 35 $ l’hectolitre en subventions
Quota laitier en Europe
Scandale du lait frelaté en 2008
Quota laitier en Europe
Valsartan: des médicaments potentiellement cancérigènes en circulation pendant trois ans

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Québec Solidaire est là pour rester

5 octobre 2018

Tourner la page de la convergence souverainiste

Ils sont nombreux les sympathisants du Parti Québécois (PQ) qui imputent la déconfiture électorale de leur parti au refus de Québec Solidaire (QS) de créer des alliances électorales destinées à éviter la division du vote indépendantiste.

La question de savoir si ce reproche est justifié ou non est sans importance; la sagesse est l’art d’accepter ce qu’on ne peut pas changer.

À l’époque où le PQ entamait cette tentative de rapprochement, les intentions de vote au Québec se répartissaient comme suit : Parti libéral (31%), PQ (30%), Coalition Avenir Québec (25%), et QS (10%).

Le 26 avril 2016, j’écrivais sur le site du quotidien Le Devoir :

Le vote fédéraliste est beaucoup plus éparpillé (entre le PLQ et la CAQ) que le vote indépendantiste (monopolisée par le PQ).

L’idée derrière cette obsession à vouloir fusionner les partis indépendantistes, c’est cette présomption voulant que le PLQ serait invincible et qu’il gouvernera un Québec à perpétuité à moins (qu’on aille) gratter les fonds de tiroir indépendantistes au profit du PQ.

 
En somme, au lieu de se cannibaliser, j’étais d’avis que les partis indépendantistes devaient se lancer à la conquête beaucoup plus payante du vote fédéraliste.

Plutôt que d’y travailler, le PQ a poursuivi ses pourparlers diplomatiques qui se sont soldés par un échec en mai 2017, à peine un an et demi avant le scrutin.

QS et les Millénariaux

Depuis des années, les sondages révèlent que les jeunes adultes québécois sont fédéralistes. Au point que certains analystes n’hésitent pas à conclure que l’indépendance du Québec est un rêve limité à la génération vieillissante des babyboumeurs.

En réalité, les Millénariaux sont des fédéralistes mous. En tablant sur leurs préoccupations environnementales, QS est passé d’un appui populaire de 10% à 16%.

Il était frappant de constater à quel point la salle dans laquelle les partisans de QS s’étaient réunis pour entendre les résultats du scrutin était presque exclusivement peuplée de Millénariaux.

Au cours du porte-à-porte dans ma circonscription (Hochelaga-Maisonneuve), j’avais effectivement constaté la très grande popularité de QS parmi les jeunes adultes de mon quartier.

Il serait présomptueux de croire que QS a converti tous ces jeunes à la cause indépendantiste. Mais ce parti a leur oreille. C’est déjà ça.

Exposés aux arguments de QS en faveur de l’indépendance, je crois que ces jeunes seront à l’origine d’un renouveau du mouvement indépendantiste au Québec.

Et le jour où la nation québécoise aura de nouveau à se prononcer sur son avenir, il sera facile de conclure un mariage de raison entre les partis indépendantistes, unis à travailler à faire triompher la liberté.

Suivre l’exemple de QS

Manon Massé ne craint pas d’affirmer que si jamais le prix du pétrole rendait rentable la construction d’un pipeline traversant le Québec, seule l’indépendance permettrait d’empêcher un tel projet.

Au dernier congrès du PQ, j’ai créé un malaise en déclarant publiquement que le PQ se tirait dans le pied en faisant croire qu’on pouvait avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.

Je faisais alors référence au bluff d’une résolution du programme du PQ qui laissait croire qu’un gouvernement péquiste disposerait des moyens d’empêcher la construction d’un pipeline destiné à traverser le Québec.

Le PQ doit donc réviser son programme et présenter aux Québécois deux choses : ce qu’il peut faire en dirigeant un gouvernement provincial compétent et, en parallèle, le projet de société beaucoup plus ambitieux qu’il compte réaliser une fois le Québec indépendant.

Le pouvoir ou ‘la cause’

Au sein du PQ, décider l’ordre des priorités entre prendre le pouvoir ou promouvoir ‘la cause’, c’est comme décider de ce qui est arrivé en premier : la poule ou l’œuf.

En faisant du porte-à-porte au cours de la campagne électorale, j’ai rencontré de nombreux indépendantistes désabusés.

Lorsqu’on s’attarde à discuter avec eux, on réalise que lorsqu’ils disent ne plus croire à ‘la cause’ indépendantiste, ce qu’ils veulent réellement dire c’est qu’ils ont cessé de croire que l’indépendance du Québec puisse être réalisée par le PQ.

La source de cette désespérance (et non de ce désespoir), c’est qu’ils jugent que le PQ a souvent oublié sa raison d’être une fois arrivé au pouvoir, alors qu’il était accaparé par les tâches reliées à la gestion de l’État.

Dans le quartier populaire d’Hochelaga-Maisonneuve, le PQ puise sa force dans les familles ouvrières, dans les petits salariés d’âge mûr et dans les assistés sociaux.

Ce n’est qu’une question de temps pour que l’idéologie anticapitaliste de QS vienne gruger l’électorat du PQ, ce que QS n’a pas fait réellement jusqu’ici.

Le plus grave péril qui guette le PQ, c’est que QS pille le programme du PQ en matière d’immigration, de défense du français et de transport collectif. Trois domaines où le programme de QS est faible et où les propositions du PQ, très supérieures, peuvent facilement s’intégrer au programme politique de QS.

Chassé de ses terres, le PQ doit partir à la conquête des fédéralistes mous tout en affermissant la virulence de sa critique à l’égard du régime colonial canadian. Cela aura pour effet de d’attire au PQ de nouveaux adeptes tout en ramenant au bercail ceux qui l’ont abandonné.

Conclusion

Depuis sa création, le Parti Québécois a révolutionné le Québec en adoptant les mesures suivantes :
• la loi 101,
• les garderies publiques,
• la loi de protection des consommateurs,
• le zonage des terres agricoles,
et bien d’autres mesures dont on ne pourrait plus se passer aujourd’hui.

Si le PQ a pu faire tout cela en disposant des pouvoirs limités que lui laisse la Canadien Constitution, peut-on imaginer ce qu’il pourrait accomplir en disposant de tous les pouvoirs d’un État souverain et en récupérant les dizaines de milliards$ d’impôts que nous versons plutôt inutilement au fédéral ?

Toutefois, il ne suffit pas de proposer le rêve pour qu’une nation choisisse de s’assumer à titre de pays.

Le moteur des révolutions, c’est le sentiment d’injustice.

Voilà pourquoi le PQ ne doit pas craindre d’affronter la controverse en faisant inlassablement le procès du gouvernement colonial canadien.

Et c’est en semant le ressentiment au sein du peuple francoQuébécois tout en lui offrant un moyen de s’en sortir que le PQ guidera la nation québécoise vers l’indépendance.

D’ici là, le PQ doit cesser de voir QS comme un parti ennemi.

À trop entendre la propagande fédéraliste répéter que la cause indépendantiste est perdue, certains Péquistes en sont venus à croire que du fait même de son existence, QS leur dérobe les rares Indépendantistes encore en vie.

Au contraire, si on considère les millions de Québécois fédéralistes comme un vaste domaine à conquérir, il est heureux que deux partis rivaux tentent, chacun à sa manière, de les rallier à la même cause.

Références :
Convergence : Un échec cuisant pour Jean-François Lisée
Élections générales québécoises de 2018
La sainte citation
Le PQ évoque «l’urgence» de s’unir contre les libéraux
Les textes de la série ‘Le prix du fédéralisme’
Pétrole et élections : un rendez-vous manqué avec le destin
Sondage de novembre 2016

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une députée modèle

4 octobre 2018

Introduction

Carole Poirier, ex-députée

Jusqu’à ce que je m’implique à titre de bénévole pour la réélection de notre députée sortante, j’avais une opinion assez sommaire du rôle du représentant de notre circonscription à l’Assemblée nationale.

Pour moi, le devoir d’un député, c’était d’aider des citoyens à remplir des formulaires gouvernementaux ou à s’y retrouver dans les dédales administratifs de l’État québécois.

Il s’agissait aussi de mettre en contact des nécessiteux avec les organismes qui ont pour mission de leur venir en aide.

C’était aider des chômeurs à trouver un emploi en leur signant une lettre de recommandation si appropriée.

Et c’était enfin d’offrir une oreille compatissante à tout ceux qui ne savent plus à qui se confier.

Bref, c’était là des tâches exercées souvent par une secrétaire pendant que le député faisait tapisserie à l’Assemblée nationale.

Dans mon esprit, quand un député n’accède jamais au Conseil des ministres, c’était la preuve d’un manque d’envergure qui le confinait au rang de personnalité politique mineure, voir de simple béni-oui-oui.

J’ai véritablement appris le rôle de ma députée à l’occasion des différents breffages qui avaient pour but de donner aux bénévoles des arguments en vue de convaincre les citoyens indécis lors des porte-à-porte.

En voici trois exemples.

L’école Baril

Lorsque le gouvernement Marois entreprit de s’attaquer aux écoles insalubres du Québec, l’école Baril — construite dans le premier quart du XXe siècle — n’était pas dans les priorités gouvernementales.

Pourtant, la députée recevait de très nombreuses plaintes de parents dont des enfants souffraient de bronchites à répétition et de maladies respiratoires chroniques.

Incapable de convaincre son propre gouvernement, la députée se résolut à utiliser l’arme ultime; elle menaça la première ministre Pauline Marois de démissionner si on ne décontaminait pas l’École Baril.

Or Carole Poirier, qui ne fut jamais ministre, était néanmoins considérée comme un pilier du PQ en raison de son expérience, comme en témoigne la liste des tâches qui lui furent confiées au fil du temps (voir à la fin du texte).

Les tests effectués révélèrent qu’effectivement, l’école Baril était à ce point atteinte de moisissures qu’il était impossible de la décontaminer. Conséquemment, le gouvernement décida de raser l’édifice et d’en construire un neuf.

Le couvent des sœurs du Saint-Nom-de-Jésus

Il y a plusieurs années, les sœurs du Saint-Nom-de-Jésus, décimées par l’âge, avaient été approchées par un promoteur immobilier en vue de la transformation de leur couvent en condominiums.

Prévenue, Carole Poirier s’était empressée de rencontrer les sœurs et de leur proposer plutôt de céder gratuitement leur couvent à la collectivité.

La députée leur proposa de transformer les étages supérieurs en une quarantaine de logements sociaux, tandis que le rez-de-chaussée devenait un CPE (c’est-à-dire une garderie publique) d’environ 80 places.

Le tout devait se réaliser lorsque les dernières religieuses, en perte d’autonomie, auraient quitté leur couvent pour un hospice.

Entretemps, lorsque le gouvernement libéral prit le pouvoir, celui-ci a voulu mettre fin à tout projet de CPE afin de privilégier les garderies privées subventionnées par l’État.

Carole Poirier, maintenant dans l’opposition, a fait valoir qu’une fois placées dans un CHSLD, il était impossible pour les sœurs de gérer la location d’un local utilisé par une garderie privée et que leur volonté devait être respectée intégralement.

C’est ce qui fit reculer le gouvernement Couillard.

Il y a quelques semaines, les dernières sœurs ont quitté leur couvent. D’ici peu, on commencera à briser les cloisons des chambrettes des religieuses pour créer des logements susceptibles d’accueillir des familles à bas revenus.

La pénurie de médecins dans le quartier

Tout l’Est de l’ile de Montréal possède le plus faible taux de médecins de famille au Québec. Le creux du creux est dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve (HoMa) où il n’y en avait aucun jusqu’au mois dernier.

Le ministère de la Santé était sourd aux demandes de la députée. La raison était que le quartier faisait partie de la zone administrative de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Or le ministre Barrette prétendait qu’HoMa n’avait pas de problème puisqu’un vingtaine de médecins s’étaient installés dans une superclinique située sur la rue Langelier (dans Mercier).

En réalité, cela ne donnait pas un médecin de plus puisqu’il s’agissait d’une clinique privée d’une vingtaine de médecins qui s’était transformée en superclinique.

De plus, celle-ci était située à deux kilomètres du domicile de certains patients d’HoMa en déambulateur ou incapables de se déplacer autrement qu’en transport adapté.

La députée connaissait la mentalité de la machine de l’État. La seule manière de faire bouger les choses était de faire en sorte qu’HoMa soit désigné comme une zone administrative autonome, ce qui révélait officiellement qu’aucun médecin ne s’occupait des 56 000 citoyens qui y habitaient.

À cette fin, la députée a organisé mensuellement des protestations regroupant quelques dizaines de citoyens un peu partout dans le quartier pendant plus d’un an.

De plus, elle a fait circuler une pétition signée par des milliers de résidents. Cette pétition, sur des cartons individuels, était remise de main à main au ministre Barrette, à sa plus grande exaspération.

Si bien que le ministère a finalement accepté de faire en sorte qu’HoMa devienne une zone administrative autonome.

Les effets de cette décision furent immédiats; cinq nouveaux médecins à temps partiel — l’équivalent de deux médecins à plein temps — se sont établis dans HoMa au cours du mois dernier.

Un nouveau député

Alexandre Leduc, nouveau député

Historien et syndicaliste au sein de la FTQ, Alexandre Leduc a été élu député d’HoMa à l’élection du 1er octobre 2018 avec 50,4% des voix exprimées.

À l’occasion de deux débats, j’ai pu constater qu’il s’agit d’un homme brillant, excellent communicateur, et de loin le meilleur rival de Carole Poirier parmi une kyrielle d’opposants dont certains étaient d’une médiocrité inimaginable.

Bref, Alexandre Leduc possède toutes les qualités nécessaires pour bien représenter HoMa.

Pour l’instant, je doute qu’il ait l’efficacité de la députée sortante. Mais tout s’apprend et je présume qu’il fera éventuellement un bon travail.

Conclusion

Carole Poirier est une des femmes les plus remarquables que j’ai rencontrées.

Simple députée, elle a profité de sa profonde connaissance de la machine de l’État québécois pour mener dans le quartier des projets qui, sans elle, n’auraient jamais vu le jour.

À l’école Baril, des milliers d’enfants auraient continué à être malades pendant des années.

À l’ancien couvent des sœurs du Saint-Nom-de-Jésus, 46 logements sociaux s’ajouteront aux 1 200 créés dans le quartier depuis que Carole Poirier y a été élue députée.

Oubliés par la profession médicale depuis des années, des citoyens du quartier pourront être pris en charge par un médecin qui sera horrifié de voir l’état de ces personnes à l’issue d’un si long abandon.

Ces trois exemples ont été choisis pour donner un indice des différents moyens auxquels un député doit recourir pour s’acquitter de son mandat. Celui de défendre ses commettants.

Durant son mandat, Carole Poirier a changé la vie de centaines de personnes dans mon quartier. C’est en ce sens qu’elle est une députée modèle.

J’ai été honoré d’avoir fait sa connaissance et je crois qu’il était de mon devoir de lui rendre hommage.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8
1re photo : 1/2000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 75 mm


Qualifications, fonctions politiques et parlementaires de Carole Poirier

• Détentrice d’un baccalauréat multidisciplinaire en administration, en gestion des services municipaux et en administration des services publics décerné par l’UQÀM en 2005
• Détentrice d’une maitrise de gestionnaire en administration publique décerné par l’École nationale d’administration publique en 2008
• Directrice de cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale en 1997-1998
• Directrice de cabinet de la ministre des Affaires municipales et de la Métropole en 1998-2002
• Directrice de cabinet de la Présidence de l’Assemblée nationale en 2002-2003
• Directrice de cabinet de la cheffe de l’opposition officielle en. 2005-2006
• Première vice-présidente de l’Assemblée nationale du 30 octobre 2012 au 20 mai 2014
• Whip en chef de l’opposition officielle du 14 octobre 2016 au 2 février 2018
• Leader parlementaire de l’opposition officielle du 8 avril 2018 au 15 mai 2018
• Leader parlementaire adjointe de l’opposition officielle du 2 février 2018 au 8 avril 2018 et du 15 mai 2018 au 23 aout 2018
• Membre suppléante du Bureau de l’Assemblée nationale du 1er novembre 2016 au 6 février 2018
• Membre du Bureau de l’Assemblée nationale du 27 mai 2014 au 15 septembre 2015
• Membre de la Commission de l’Assemblée nationale du 30 octobre 2012 au 5 mars 2014, du 17 mai 2016 au 2 février 2018 et du 8 avril 2018 au 15 mai 2018
• Membre de la Commission de la culture et de l’éducation du 6 février 2018 au 23 aout 2018
• Membre de la Commission de l’administration publique du 21 mai 2015 au 17 mai 2016
• Membre de la Commission de la santé et des services sociaux du 15 septembre 2009 au 22 septembre 2010 et du 20 septembre 2011 au 1er août 2012
• Membre de la Commission des affaires sociales du 14 janvier 2009 au 14 septembre 2009
• Membre de la Commission des institutions du 2 juin 2014 au 21 mai 2015
• Membre de la Commission des relations avec les citoyens du 22 septembre 2010 au 20 septembre 2011, du 21 mai 2015 au 27 octobre 2016 et du 19 septembre 2017 au 23 aout 2018
• Membre de la Sous-commission de la réforme parlementaire du 30 octobre 2012 au 5 mars 2014, du 14 octobre 2016 au 2 février 2018 et du 8 avril 2018 au 15 mai 2018
• Membre de la Section du Québec, Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 27 mai 2009 au 8 mars 2012
• Membre de la Section du Québec, Association parlementaire Ontario-Québec (APOQ) du 27 mai 2009 au 1er aout 2012
• Membre de la Section du Québec de la Confédération parlementaire des Amériques (COPA) du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014 et du 20 juin 2014 au 23 aout 2018
• Membre de la Délégation de l’Assemblée nationale pour les relations avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne (DANRWB) du 27 mai 2009 au 1er aout 2012 et du 20 juin 2014 au 23 aout 2018
• Membre de la Délégation de l’Assemblée nationale pour les relations avec la Catalogne (DANRC) du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine du 9 janvier 2009 au 26 aout 2010 et du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation primaire et secondaire du 2 février 2018 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation des adultes du 2 février 2018 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille du 27 août 2010 au 18 aout 2011
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de francophonie du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de laïcité du 19 aout 2011 au 1er aout 2012
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et de communautés culturelles du 14 octobre 2016 au 2 février 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’habitation du 9 janvier 2009 au 26 aout 2010 et du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de persévérance scolaire du 2 février 2018 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations internationales du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle pour la Métropole du 14 octobre 2016 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle responsable de l’ile de Montréal du 14 octobre 2016 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle pour les ainés du 19 août 2011 au 1er aout 2012
• Présidente de la Commission de l’administration publique du 17 mai 2016 au 27 octobre 2016
• Rapporteure de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles (et Réseau parlementaire de lutte contre le VIH/SIDA) de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 18 juin 2014 au 23 aout 2018
• Rapporteure de la Commission des affaires parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 8 mars 2012 au 1er aout 2012 et du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014
• Vice-présidente de la Section du Québec de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014 et du 18 juin 2014 au 23 aout 2018

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ottawa veut mettre Hydro-Québec sous tutelle

3 octobre 2018

Après avoir financé la tentative d’invalidation de toutes les lois du Québec plus tôt cette année, voilà maintenant qu’Ottawa tente de prendre le contrôle d’Hydro-Québec.

La partie 2 du projet de loi C-69 s’intitule Loi sur la Régie canadienne de l’énergie. Basée à Calgary, le Canadian Energy Regulator — aux pouvoirs considérablement étendus — vise à remplacer l’Office national de l’énergie.

Entre autres, cet organisme régira l’exploitation, le développement et le transport interprovincial ou international d’hydroélectricité, de même que les droits et tarifs qui s’y appliquent.

L’article 355 de cette loi interdit notamment l’exportation d’électricité sauf conformément à un permis émis par le fédéral.

En clair, Ottawa veut mettre Hydro-Québec sous tutelle. La société continuera de fonctionner comme avant sauf que toutes ces grandes décisions devront dorénavant recevoir l’autorisation du fédéral.

Ce projet de loi a été adopté en troisième lecture par la Chambre des communes le 20 juin 2018. Son adoption finale par le Sénat est prévue d’ici quelques semaines.

Rappelons que transport interprovincial ou international de biens ou de services est un domaine de compétence constitutionnelle exclusive d’Ottawa.

Jusqu’ici le fédéral avait négligé d’assumer ses pouvoirs au sujet de l’hydroélectricité. Grâce à l’adoption de ce projet de loi, cette lacune sera corrigée.

Ottawa justifie son intervention par le nécessité de protéger la population canadienne.

Si nous avons tous à l’esprit des exemples de catastrophes environnementales causées par des déversements pétroliers, il n’y a rien de comparable en ce qui concerne l’énergie hydroélectrique.

Si la rupture d’un barrage est un événement extrêmement rare, on voit mal comment les ingénieurs de la Canadian Energy Regulator pourraient prendre en défaut le travail des experts mondiaux que sont ceux qui travaillent pour Hydro-Québec.

Concrètement, pour Hydro-Québec, cela veut dire des délais supplémentaires et l’obligation de traduire en anglais les milliers de pages d’études et de documents techniques destinés à être soumis au Canadian Energy Regulator. Parce que si la fonction publique fédérale est à 92% unilingue anglais à Ottawa, imaginez à Calgary…

Récemment, on apprenait que le fédéral met en moyenne 45 semaines à décider de rembourser les frais de santé des vétérans francophones et 24 semaines dans le cas des vétérans anglophones.

Si le fédéral met plus de dix mois à payer une facture de quelques dizaines ou quelques centaines de dollars, peut-on imaginer le temps qu’il mettra à approuver un projet de plusieurs milliards$ ?

On peut donc craindre que le fédéral ralentisse le développement économique du Québec en se traînant les pieds dans le cas des projets d’Hydro-Québec.

Bien plus : l’organisme situé à Calgary pourra faire pression pour que le gouvernement québécois facilite la réalisation de projets pétroliers albertain au Québec en retardant nos projets hydroélectriques. Ce sera donnant-donnant.

En résumé, l’initiative d’Ottawa est une autre manière d’assujettir le peuple francoQuébécois au colonialisme canadian.

Voilà le prix de notre appartenance au Canada.

Références :
Les vétérans francophones doivent s’armer de patience
Projet de loi C-69
Vente d’électricité: «Ottawa met en tutelle Hydro-Québec» selon la bloquiste Monique Pauzé

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La démission du commissaire de l’UPAC et la soupe chaude

2 octobre 2018

À l’époque de l’arrestation cavalière de Guy Ouellette par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), cette dernière avait déclaré que ses méthodes s’appuyaient sur une validation par un juge de la Cour supérieure (dont le nom est demeuré secret).

Si beaucoup d’observateurs ont pris cela pour du cash, j’en ai toujours douté.

La décision de la poursuite de ne pas contester devant le juge Raymond Pronovost la requête en cassation intentée par l’avocat du député Guy Ouellette est l’indice que les méthodes de l’UPAC sous la direction de Robert Lafrenière étaient au moins occasionnellement illégales, voire anticonstitutionnelles.

On n’a jamais su qui était le ‘verrou libéral’ qui a fait en sorte que l’UPAC a été totalement inefficace dans sa lutte contre la corruption au niveau de l’État québécois, contrairement à son bilan remarquable contre la corruption municipale.

Le fiasco de l’affaire Ouellette doit nous faire soupçonner que ce ‘verrou’ a pris soin d’insérer une fêlure qui plombera toutes les enquêtes intentées contre le couple Bibeau-Charest, c’est-à-dire celles qui visent le sommet de l’État québécois.

Je m’attends donc à ce que tous les dossiers qui traînent à l’UPAC depuis des années connaissent dans les prochains mois un grand déblocage en raison du changement de gouvernement. Un déblocage qui sera stoppé net quand toutes ces causes seront abandonnées pour vice de forme.

C’est alors qu’on prendra conscience du génie machiavélique du ‘verrou libéral’.

Références :
Corruption : le ‘verrou’ libéral
Décision du DPCP
Le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, démissionne
Les abus de pouvoir de l’UPAC
Le verrou libéral

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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