Au Village Olympique de Montréal

28 juin 2022




 
Conçu par les architectes Roger D’Astous et Luc Durand, le Village Olympique a été construit en 1976 à l’occasion des Jeux olympiques d’été de Montréal pour y loger les athlètes.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40mm + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C de Calumet + filtre polarisant PL-CIR d’Hoya
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 18 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 32 mm

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le charabia woke de l’interculturalisme

27 juin 2022

L’assimilation pure et simple des immigrants — au sens du renoncement à leur culture d’origine — est un appauvrissement, autant pour la société d’accueil que pour les personnes concernées.

Parmi les solutions de rechange à l’assimilation, il y a le multiculturalisme, la convergence culturelle, et l’interculturalisme.

Le multiculturalisme est simple; c’est une forme de tribalisme où on perpétue activement l’appartenance ethnique en tant que facteur identitaire.

De son côté, la convergence culturelle est le métissage culturel au sein d’un creuset où le français est la langue commune.

Mais qu’en est-il de l’interculturalisme ?

À plusieurs reprises, j’ai cherché à comprendre ce concept sans vraiment y parvenir.

Après avoir qualifié l’interculturalisme de « charabia woke sans queue ni tête », j’ai lancé sur Twitter le défi à quiconque d’expliquer en 128 caractères la différence entre le multiculturalisme et l’interculturalisme.


 
Ce défi a été relevé de manière brillante par Rémi Vachon. Effectivement, ce dernier résume assez bien le peu que j’en avais compris.

Mais son résumé contient une ambigüité; l’éléphant dans la pièce, c’est la place de l’anglais.

Que sont ‘la/les cultures locales’ ? Il est évident que les langues autochtones en font partie. Mais si on considère le français comme une culture locale —‘naturalisée’ après un demi-millénaire de présence française sur le territoire national — pourquoi en serait-il différemment de l’anglais, présent ici depuis des siècles.

Alors il y a deux possibilités.

Si l’anglais et le français font tous deux partie de la liste des langues locales que l’État doit valoriser, c’est qu’il n’y a pas de différence réelle entre le multiculturalisme et l’interculturalisme.

Par contre, si l’État valorise le français et les langues autochtones, mais considère l’anglais comme une langue étrangère, ne sommes-nous pas en présence d’un nationalisme ethnique qui se cache sous les traits vertueux de l’inclusivité et de l’anticolonialisme ?

Références :
Interculturalisme
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes

Complément de lecture :
La convergence culturelle : communion et symbiose

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La crise des passeports est le prix du fédéralisme

26 juin 2022


 
Lorsque les citoyens ont de la difficulté à obtenir un passeport, c’est généralement parce qu’ils vivent dans un pays totalitaire qui veut empêcher ses citoyens d’en sortir.

Mais quand cela arrive dans un pays démocratique, c’est le signe d’un grave dysfonctionnement de l’appareil de l’État.

Dans la lutte idéologique que se livrent fédéralistes et indépendantistes québécois, il est essentiel que le gouvernement fédéral projette une image de compétence et d’efficacité.

Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Il est révélateur que cette crise soit plus grave à Montréal que dans n’importe quelle autre ville canadienne. Pourquoi ?

C’est que les bureaux montréalais souffrent davantage d’une pénurie de personnel. Et pourquoi les bureaux montréalais en souffrent-ils davantage ?

C’est qu’Ottawa exerce une discrimination à l’embauche à l’égard des quatre-millions de Québécois qui sont unilingues français, soit la moitié de la population québécoise.

Dans d’autres ministères (comme celui de l’Immigration), l’exigence du bilinguisme au Québec cache en réalité l’exigence de la connaissance de l’anglais puisque ces ministères n’hésitent pas à embaucher des angloQuébécois unilingues.

Ailleurs au pays, on n’hésite pas à embaucher du personnel unilingue. Ce qui fait que les pénuries de personnel y sont moins importantes.

Mais à Montréal, le fédéral est intransigeant. Ce qui explique que les files d’attente y soient plus longues.

En conclusion, la crise des passeports est le prix du fédéralisme canadien; si le Québec était un pays indépendant, il connaitrait peut-être d’autres problèmes, mais pas ce problème-là à cette gravité puisqu’il résulte des politiques d’embauche discriminatoires du fédéral.

Références :
Aperçu du fonctionnement interne de l’État canadien
Crise des passeports : une attente angoissante pour les voyageurs
Immigration Canada recrute des agents uniquement anglophones au Québec
Le bilinguisme, « l’affaire des francophones » dans la fonction publique fédérale
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Des iris barbus de juin 2022

25 juin 2022
Grand iris barbu ‘Proud Tradition’
Grand iris barbu ‘Mildred Presby’
Grand iris barbu ‘Susan Bliss’
Grand iris barbu ‘Mulberry Rose’
Variété non identifiée

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Helios 85mm F/1,5
1re photo : 1/1000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
2e  photo : 1/8000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
4e  photo : 1/8000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
5e  photo : 1/5000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La dérussification de l’Ukraine

25 juin 2022
Assemblée législative ukrainienne

En janvier 2014, le parlement ukrainien décidait de retirer au russe son statut de langue officielle dans toutes les régions administratives du pays qui comptaient une majorité ou une forte proportion de locuteurs russophones.

En décembre 2016, l’Ukraine limitait à dix le nombre de livres qui pouvaient être importés de Russie.

Depuis dimanche dernier, la législation est devenue plus sévère, interdisant totalement l’importation d’un imprimé provenant de Russie, de Biélorussie ou des territoires ukrainiens occupés par la Russie.

Cela comprend les livres, les brochures, les cartes géographiques, les atlas, les globes terrestres, de même que les livres pour enfants (dont les livres à colorier).

Selon certaines sources, cet interdit ne concernerait que les œuvres de citoyens de la Fédération de Russie (née après le démantèlement de l’Union soviétique en 1991). En d’autres mots, cela ne concernerait pas les auteurs classiques comme Dostoïevski, Pouchkine ou Tolstoï.

S’ils sont écrits en russe, les livres provenant d’autres pays seront soumis à un bureau de censure afin de s’assurer qu’ils ne contiennent pas de propagande antiukrainienne.

À partir du 1er janvier 2023, seront également interdits de publication et de distribution les livres ukrainiens d’auteurs russophones publiés en russe ou traduits du russe.

Une autre loi bannit également la diffusion de la musique russe aux stations de radio ou de télévision, de même que dans les lieux publics.

Les artistes et les auteurs qui vivent en Ukraine, mais qui ont conservé leur citoyenneté russe après l’indépendance ukrainienne seront exceptés s’ils renoncent à leur citoyenneté russe et s’ils déclarent publiquement leur appui à l’Ukraine dans la guerre qui l’oppose à la Russie.

Références :
L’engrenage ukrainien
Russian book ban in Ukraine
Ukraine restricts Russian books and music in latest step of ‘derussification’

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 49

24 juin 2022
Le chic de la 5G

C’est à la fin de 2025 qu’est prévue l’entrée en service de la ligne 15 du métro de Paris, longue de 33 km.

Ses seize gares et les tunnels qui les relient seront entièrement couverts par la 5G, grâce à plus d’un millier de routeurs qui assureront la fluidité de la transmission souterraine des données aux voyageurs en mouvement.

De plus, des salles climatisées sont prévues pour recevoir les serveurs informatiques qui verront au bon fonctionnement de ce service.

Référence : Les futurs métros du Grand Paris auront la 5G


 
En comparant l’évolution économique du Royaume-Uni avec celle de vingt-deux pays développés depuis 2016, une étude a conclu qu’en raison du Brexit, l’économie britannique a moins prospéré.

En effet, la croissance britannique a été inférieure de 5,2 % à celle du groupe témoin, les investissements inférieurs de 13,7 %, le commerce de marchandises de 13,6 % et celui des services de 7,9 %.

Référence : Brexit : six ans d’effritement de l’économie britannique


 
Le Plan québécois des infrastructures 2022-2032, dévoilé le 26 mai 2022 prévoit 14,7 milliards de dollars pour le transport en commun et 30,7 milliards — deux fois plus — pour le réseau routier.

Le gouvernement de la CAQ en arrive à une répartition différente parce qu’il estime que construire de nouvelles voies de circulation (dont le 3e lien) ou réparer les anciennes, ce sont des dépenses de transport en commun dans la mesure où ces routes seront aussi empruntées par les autobus.

Référence : REM : les limites du modèle de la Caisse


 
D’ici la mi-2026, les entreprises privées cotées en bourse devront réserver à des femmes au moins 40 % des postes de direction ou au moins 33 % à l’ensemble des postes (direction et cadres) de l’entreprise.

Depuis 2012, il s’agissait d’une simple recommandation de la Commission européenne. Or cette directive avait été respectée inégalement selon les pays, variant de 9 % en Estonie à plus de 45 % en France (au-delà de la nouvelle norme).

Référence : L’Union européenne fixe des quotas de femmes dans les conseils d’administration privés


 
En raison du terrassement surélevé du terrain de la famille A, l’eau d’écoulement s’accumulait sur le terrain de la voisine B. Donc cette dernière a intenté une poursuite contre le couple A.

En représailles, le couple A a intenté une poursuite parce que le trèfle semé sur le terrain de Mme B avait commencé à envahir la belle pelouse soigneusement arrosée des A.

Finalement, la juge Nathalie Drouin a accordé 1 200$ à la victime de l’écoulement des eaux parce qu’on peut pallier cela par une rigole, mais a considéré que le trèfle envahissant (dont les graines sont transportées par le vent) fait partie des troubles normaux du voisinage.

C’est une excellente décision. Mais ne serait-il pas temps de créer des tribunaux populaires pour régler les chicanes mineures entre citoyens plutôt qu’à faire perdre le temps à des juges payés environ un quart de million de dollars par année ?

Références :
Planter du trèfle ne trouble pas le voisinage, tranche le tribunal
Repenser les tribunaux


 
Le 29 mai dernier, à la suite d’une plainte portée par un citoyen, des policiers se sont rendus à un parc de Québec pour demander à Éloÿse Paquet-Poisson — qui s’y trouvait les seins nus — de se couvrir. Ce que la femme a refusé de faire. Et ce qui n’est pas illégal au Canada.

Le 16 mai dernier, la ville de Grenoble a adopté un nouveau règlement concernant les piscines municipales.

Ce règlement permet explicitement la baignade aux femmes aux seins nus, à celles qui portent le burkini, et à ceux qui portent des maillots anti-UV (qui ne laissent à découvert que le jambes, les mains et le visage, de même que les bras dans le cas de ceux à manches courtes).

Toutefois, le tribunal administratif de la ville a suspendu sélectivement la disposition concernant le burkini, estimant qu’il portait atteinte au principe de la neutralité (religieuse) du service public.

Cette décision a été confirmée en appel par le Conseil d’État (le plus haut tribunal administratif de France).

Références :
Burkini dans les piscines : la ville de Grenoble dépose un recours devant le Conseil d’État
Le Conseil d’Etat confirme l’interdiction du port du burkini dans les piscines municipales de Grenoble


 
Au fur et à mesure où des documents secrets sont déclassifiés beaucoup plus tard, on en apprend davantage sur le passé sombre des puissances coloniales.

Peu avant son indépendance en 1960, l’ile de Chypre avait connu plusieurs soulèvements au cours desquels les militaires britanniques ont torturé à mort des prisonniers soupçonnés d’appartenir à une organisation indépendantiste armée.

Qu’ils en aient été membres ou non, la Grande-Bretagne est signataire de la Convention contre la torture, en vigueur depuis 1987.

Sans admettre sa responsabilité, le gouvernement britannique a versé en 2019 un million de livres sterling pour régler hors cours un procès qui l’opposait à 33 Chypriotes torturés par ses soldats, dont une adolescente de 16 ans, violée à répétition.

Tout comme les États-Unis (également signataires de cette Convention), le gouvernement britannique prêche les droits de la Personne aux autres, mais les viole quand cela lui convient.

Références :
Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
Tortured to death: the 14 Cypriot men killed by British in 50s uprising


 
En 2006, le gouvernement québécois a créé le Fonds vert. Selon la propagande libérale, ce fonds était destiné à “assurer la transition vers une économie moderne, innovante et plus sobre en carbone du Québec.

Dans les faits, ce fonds servait en partie à payer le salaire de quatre-vingt-huit fonctionnaires du ministère de l’Environnement, une pratique instaurée secrètement par les Libéraux et poursuivie par les Caquistes.

En 2020, le gouvernement de la CAQ l’a remplacé par le Fonds d’électrification et de changements climatiques, réservé exclusivement au financement de la réduction des émissions des GES, à l’adaptation aux changements climatiques et à l’électrification de l’économie québécoise.

En dépit de ces changements, on ignore si cette pratique s’est poursuivie.

Références :
Le Fonds vert sert à payer 88 fonctionnaires de l’Environnement
Une surprise de 500 millions dans les coffres de Québec


 
Pour la première fois l’an dernier, les dépenses militaires dans le monde ont dépassé deux-mille-milliards de dollars pour atteindre un sommet de 2 113 milliards$US.

C’était avant le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne. En réalité, c’est en 2014 que les pays de l’Otan se sont lancés dans une nouvelle course à l’armement.

En pourcentage des dépenses militaires mondiales, les principaux pays dépensiers sont :
• États-Unis 38 %
• Chine 14 %
• Inde 3,6 %
• Royaume-Uni 3,2 %
• RUSSIE 3,1 %
• France 2,7 %
• Allemagne 2,7 %
• Arabie saoudite 2,6 %
• Japon 2,6 %
• Corée du Sud 2,4 %
• Italie 1,5 %
• Australie 1,5 %
• Canada 1,3 %

Référence : Les dépenses militaires poursuivent leur course en avant dans le monde


Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois iris de juin 2022

23 juin 2022
Iris de Sibérie ‘Shaker’s Prayer’
Variété non identifiée
Iris ‘Dividing Line’

J’ai toujours aimé l’objectif Helios 85mm. Et ce, en dépit de ses défauts; sa grosseur, sa lourdeur, son lubrifiant visqueux qui rend pénible la mise au point manuelle et un manque flagrant de netteté à ouverture maximale.

Alors pourquoi l’utiliser à ouverture maximale ? C’est parce qu’il crée alors un fondu d’arrière-plan qui magnifie le sujet principal de la photo.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Helios 85mm F/1,5
1re photo : 1/4000 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
2e  photo : 1/400 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm
3e  photo : 1/2500 sec. — F/1,5 — ISO 200 — 85 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La guerre russo-ukrainienne et la vassalisation de l’Europe

23 juin 2022

Introduction

On attribue à Montesquieu la maxime suivante : « Les responsables des guerres ne sont pas ceux qui les déclenchent, mais ceux qui les ont rendues inévitables.»

Depuis la nuit des temps, le sort d’un pays faible qui est voisin d’un pays puissant, c’est d’être son vassal. Le Canada en est un exemple.

Dans le texte L’engrenage ukrainien, nous avons vu que les organisations non gouvernementales américaines (financées par Washington) ont dépensé des milliards de dollars pour amener le peuple ukrainien à croire qu’il était dans son intérêt de devenir l’ennemi militaire de son puissant voisin.

Ce qui rendait inévitable la guerre entre eux.

Guerres courtes vs guerres longues

Les guerres les moins pénibles — autant pour l’agresseur que pour l’agressé — sont celles qui sont courtes.

Si la France n’avait pas capitulé à l’Allemagne dès 1940, on admirerait aujourd’hui la copie de la tour Eiffel et de l’Arc de Triomphe, l’une et l’autre reconstruits à l’identique.

L’armement sophistiqué que les États-Unis fournissent à l’Ukraine a pour but de transformer cette guerre en entreprise ruineuse pour la Russie. En vain jusqu’ici.

Mais cela ne changera pas l’issue de la guerre, connue d’avance. Tout cela ne fait que prolonger les souffrances du peuple ukrainien.

Ceci étant dit, la victoire militaire de l’Ukraine demeure possible. Mais seulement à l’issue d’une guerre d’usure s’échelonnant sur de très longues années.

À titre d’exemple, en Afghanistan, les Talibans ont vaincu l’armée américaine après vingt ans de lutte armée. Et au Vietnam, le Viêt Cong a fait de même après une décennie de guérilla.

Une guerre d’usure qui n’est pas qu’une suite de petites escarmouches transforme inévitablement le théâtre de la guerre en champ de ruines.

Depuis 2011, la guerre en Syrie a détruit 98 % de son économie, de la raffinerie de pétrole à la petite boulangerie de quartier.

C’est ce qui attend l’Ukraine si ce pays ne renonce pas définitivement à son intention d’adhérer à l’Otan.

La vassalisation de l’Europe

En participant à la croisade américaine contre la Russie, l’Europe occidentale se tire dans le pied.

Contrairement à ce qu’on tente de nous faire croire, la Russie a toujours été un fournisseur fiable d’hydrocarbures.

Toutefois, en bannissant les banques russes du système SWIFT — qui facilite les flux financiers — les pays européens ne pouvaient pas s’attendre à ce que la Russie leur livre du pétrole et du gaz naturel sans être payée en retour.

Ce pays a donc exigé d’être payé en roubles. Seuls les pays qui se sont entêtés à ne pas payer leur gaz ont été pénalisés.

L’Allemagne a accepté. Malheureusement, ce pays a commis deux imprudences.

Premièrement, dans le cadre de ses sanctions contre la Russie, il a refusé en février dernier d’homologuer la mise en service du gazoduc Nord Stream 2, prolongeant l’exclusivité de son approvisionnement par Nord Stream 1.

Deuxièmement, alors que les turbines et les compresseurs de ce gazoduc plus ancien ont une importance stratégique, l’Allemagne a accepté que le conglomérat allemand Siemens confie leur entretien à sa filiale canadienne.

Ces appareils hautement spécialisés doivent être régulièrement entretenus et réparés. Malheureusement, une partie d’entre eux sont bloqués à Montréal puisque le Canada refuse leur sortie du pays, invoquant ses sanctions économiques contre la Russie.

Du coup, le gouvernement allemand annonce aujourd’hui qu’il se voit dans l’obligation d’envisager sérieusement le rationnement du gaz naturel.

On ne devrait pas être surpris d’apprendre que le zèle canadien s’explique par des directives secrètes reçues de Washington dans le but de forcer l’Allemagne à se sevrer dès maintenant du gaz russe, peu importe les conséquences immédiates pour ce pays.

En 2017, on comptait 511 méthaniers en service à travers le monde. Il en faut peu puisque le mode de transport idéal du gaz naturel, c’est par gazoduc.

Mais si du jour au lendemain, les pays européens voulaient s’approvisionner en gaz naturel auprès du Qatar ou de l’Amérique du Nord, il faudrait construire immédiatement cinq-mille méthaniers et équiper des dizaines de ports européens des installations nécessaires.

Voilà un aperçu de ce signifie concrètement le sevrage immédiat au gaz naturel russe.

Compte tenu de tout cela, pourquoi l’Europe a-t-elle accepté de dépendre des hydrocarbures russes ?

C’est que les contrats d’approvisionnement avec la Russie sont libellés en euros, une devise dont l’Europe contrôle l’émission et, par ricochet, la valeur.

Dans l’éventualité d’une très grave crise économique, il suffit à l’Europe de dévaluer sa monnaie pour payer ses hydrocarbures moins chers.

En achetant plutôt son gaz naturel du Qatar ou son pétrole d’Arabie saoudite, les contrats d’approvisionnement seront en dollars américains.

En vertu de l’extraterritorialité du droit américain, cela signifie que l’Europe devient complètement vassalisée aux États-Unis. Il suffit alors à Washington d’interdire tout commerce avec un pays fournisseur pour que l’Europe soit obligée d’obéir.

Références :
Extraterritorialité et pétainisme
Guerre russo-ukrainienne : ces sanctions qui font du bien
L’Allemagne contourne les termes de sa Constitution pour renforcer son armée
L’Allemagne passe en niveau d’alerte face au tarissement du gaz russe
La Russie va suspendre samedi ses exportations de gaz vers la Finlande
Les Sanctions canadiennes contraignent Nord Stream 1
Moscou coupe le gaz à la Pologne et à la Bulgarie
Ukraine : l’opérateur du gazoduc Nord Stream 2 acculé à la faillite

Complément de lecture : L’épouvantail russe
 

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Guerre russo-ukrainienne : ces sanctions qui font du bien

22 juin 2022

En mars dernier, je prédisais que le retrait de certaines sociétés occidentales de Russie provoquerait la russification de son économie.

C’est exactement ce qui est en train de se produire. Par exemple, en fermant tous ses restaurants russes, MacDonald’s a perdu un milliard de dollars. Et l’investisseur qui s’en est porté acquéreur pour une bouchée de pain fait depuis des affaires d’or.

Les choses s’avèrent parfois plus compliquées que prévu.

Pour pallier l’accusation de financer indirectement l’invasion russe en Ukraine, les pays d’Europe occidentale ont annoncé leur intention de cesser, d’ici la fin de l’année, leurs achats d’hydrocarbures russes.

La distribution mondiale de pétrole et de gaz naturel s’opère par une série de vases communicants. Ce que la Russie ne vend pas à l’Europe, elle le vend là où la consommation est croissante.

Les États-Unis peuvent bien interdire à la Chine ou à l’Inde d’en acheter; tant que les oléoducs ne seront pas équipés de compteurs américains, c’est peine perdue.

En annonçant leur résolution pieuse, les pays européens ont déclenché de l’insécurité sur les marchés mondiaux.

Cette ‘insécurité’ est bien relative. Au lieu de décharger sa cargaison à sa destination prévue, un méthanier la déchargera ailleurs. Et ce qui ne sera pas acheminé ailleurs le sera autrement.

Le mot ‘insécurité’ est le signal qu’attendent toutes les pétrolières pour hausser leurs prix. C’est l’équivalent de la cloche qui annonce aux écoliers le début de la récréation.

Depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne, le prix du pétrole s’est accru de manière importante. Si bien que les revenus que la Russie en tire sont 60 % supérieurs cette année en comparaison avec ceux de l’an dernier.

C’est plus que tout le matériel militaire russe détruit depuis le début de la guerre.

Et ce, en dépit du fait que ce pays écoule son pétrole à 30 % en dessous du prix courant.

Ce prix d’ami est une des conséquences de l’appréciation de la valeur du rouble.

En bannissant les banques russes du système SWIFT — qui facilite les flux financiers — les pays européens ne pouvaient pas s’attendre à ce que la Russie leur livre du pétrole et du gaz naturel sans être payée en retour.

Ce pays a donc exigé d’être payé en roubles. Hypocritement, les dirigeants de l’Union européenne l’ont accusé de violer les termes des contrats d’approvisionnement, libellés en euros.

Imaginez un locataire qui paierait son loyer avec un chèque postdaté. Il aurait beau dire qu’il a payé; si le propriétaire est incapable de toucher cet argent, c’est comme si le paiement n’avait jamais été effectué.

Donc il était normal que la Russie impose le paiement en roubles.

Bref, après les protestations d’usage, les pays concernés (dont l’Allemagne) ont secrètement cédé à cette exigence.

En temps normal, la Russie est payée en devises fortes, dont le dollar américain et l’euro. Ce qui lui permet de payer ses importations.

En somme, il est rare que d’importants contrats internationaux soient conclus en devise russe.

La demande soudaine pour cette dernière par les pays acheteurs d’hydrocarbures russes augmente sa valeur.

Tout au début de l’invasion russe, cette devise s’est effondrée, passant de 78 à un creux de 138 roubles pour un dollar américain.

Depuis le contournement des sanctions occidentales, cette devise a repris de la vigueur. Ces jours-ci, elle vaut plus qu’avant le début de la guerre, soit 57 roubles pour un dollar.

Toutefois, quand la monnaie d’un pays vaut plus cher, cela nuit à ses exportations. Pour compenser, la Russie diminue donc le prix de ses hydrocarbures à des pays amis. Ce qui lui permet de demeurer compétitive.

Références :
La Russie inonde la Chine avec son pétrole
Malgré les sanctions, la monnaie russe est aujourd’hui plus forte qu’avant la guerre
Malgré les sanctions, les revenus pétroliers de la Russie augmentent
McDonald’s et la culture du bannissement

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Écrit par Jean-Pierre Martel


D’autres pivoines de juin 2022

22 juin 2022
Pivoine herbacée hybride ‘Soft Lemon Kisses’
Pivoine herbacée hybride ‘Illini Warrior’
Pivoine herbacée hybride ‘Salmon Dream’
Pivoine herbacée hybride ‘Mahogany’
Pivoine herbacée hybride ‘Pink Hawaian Coral’
Pivoine herbacée hybride ‘Pastelegance’

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/8000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 79 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
6e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 120 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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