Une menace arctique surfaite

Publié le 12 août 2026 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

En raison des conditions climatiques qui règnent dans l’Arctique canadien, ce territoire est le plus improbable théâtre d’une invasion militaire.

En effet, pendant des milliers de kilomètres, les chars d’assaut, l’aviation et les fantassins ennemis perdraient un temps précieux à y affronter un climat hostile à la vie humaine et n’y trouver rien à piller qui justifierait une telle entreprise.

De plus, cette longue traversée à découvert priverait cette attaque de tout effet de surprise et favoriserait l’anéantissement des troupes qui y participeraient.

Bref, l’invasion nordique du Canada n’arrivera pas.

Néanmoins, dans l’éventualité d’une Troisième Guerre mondiale, il est certain que des missiles ennemis traverseraient l’Arctique en vue de détruire des cibles stratégiques situées en climat tempéré, notamment nos barrages hydroélectriques et toutes les cibles liées à l’effort de guerre canadien (dont nos usines de construction aéronautique).

Afin de contrer cette menace, Ottawa serait bien avisé de développer au pays une industrie canadienne d’intercepteurs.

Au lieu de cela, le gouvernement canadien préfère gaspiller nos taxes à doter nos armées d’équipements militaires conventionnels (sous-marins, chasseurs-bombardiers, radars, etc.), très utiles en 1939-1945, mais qui ont une place très limitée dans les guerres du XXIe siècle, basées sur des missiles à longue portée et sur des drones autonomes mus par intelligence artificielle.

La fabrication du consentement

Depuis des années, Ottawa a transformé le Téléjournal de Radio-Canada en organe de propagande de l’Otan. C’est ainsi que les ‘experts’ invités au Téléjournal n’exposent qu’un seul point de vue; la nécessité d’augmenter les dépenses militaires.

Pour ce faire, on frappe l’imagination des auditeurs par la peur.

La présence menaçante de la Russie en Arctique

La Russie est de plus en plus présente dans l’Arctique. C’est vrai… dans la partie de l’Arctique qui appartient à la Fédération de Russie.

Une partie importante de ce territoire est situé au-delà du cercle polaire. La mise en valeur du territoire national — ce qui est légitime pour n’importe quel pays — entraine inévitablement une présence accrue de ce pays dans l’Arctique russe.

Les avions russes qui violent notre espace aérien

À l’occasion, la Russie teste la réactivité des défenses nord-américaines en envoyant des avions survoler le territoire polaire du Canada. C’est vrai.

Depuis belle lurette, la Russie joue au chat et à la souris avec le Canada. Et après ?

Au cours de la guerre en Iran, les bombardiers américains doivent être ravitaillés en vol parce que la distance entre leurs porte-avions et l’Iran est trop grande. Ce qui signifie qu’aucun modèle actuel d’avion n’a l’autonomie suffisante pour partir de Russie et larguer des bombes au-dessus d’une grande ville canadienne.

Donc le survol du territoire canadien par des avions russes est un problème mineur.

…et que dire du ‘Péril jaune’ ?

On se rappellera l’épisode rocambolesque des ‘ballons-espions’ chinois qui dérivaient en 2023 au-dessus de l’Amérique du Nord.

La version maritime de ce roman psychotique est en cours; le Canada et les États-Unis surveillent deux brise-glaces qui naviguent en eaux internationales au large de l’Alaska comme le font ces navires chaque été depuis des années.

Conscient du danger, le Canada a déployé la frégate HMCS Ottawa, le brise-glace CCGS Des Groseilliers et les navires de patrouille extracôtiers HMCS Max Bernays et HMCS Robert Hampton Gray, en plus des avions de surveillance de l’armée de l’air. Tout est donc mis en œuvre pour contenir le ‘Péril jaune’…

L’orgie des dépenses militaires

En mars 2026, Ottawa dévoilait un plan de plus de quarante-milliards de dollars destiné à moderniser les infrastructures de défense canadiennes à Yellowknife, à Inuvik, à Iqaluit et à Goose Bay. Et ce, afin de contrebalancer l’intérêt croissant de la Chine et de la Russie dans l’Arctique russe.

À cela s’ajoute l’intention d’Ottawa d’acheter, pour une somme d’environ 90 milliards de dollars, une douzaine de sous-marins nucléaires auprès d’un consortium germano-norvégien. On justifie cette dépense par le besoin de protéger la souveraineté du Canada dans ses eaux territoriales.

Par la suite viendra l’achat de chasseurs-bombardiers.

Conclusion

En tant qu’État pétrolier, le Canada possède un taux d’endettement inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE.

Mais cette situation avantageuse est en train de changer.

Depuis l’annexion en 2014 de la Crimée par la Russie — à la demande des Criméens eux-mêmes — l’Otan s’est lancée dans une course aux armements.

L’engagement pris volontairement en 2014 par le Canada de hausser ses dépenses militaires à 2 % de son PIB n’a, dans les faits, été respecté ni par le gouvernement Harper ni par le gouvernement Trudeau.

La cible des pays de l’Otan ayant été haussée à 5 % du PIB sous la pression de Donald Trump, le gouvernement Carney s’est évidemment empressé d’obéir, fidèle à son habitude de ne jamais contredire bien longtemps le locataire de la Maison-Blanche.

Afin d’obtenir le consentement de la population canadienne à cette capitulation, Ottawa se livre à une campagne de peur où jamais ne se pose le problème de l’allocation des ressources de l’État. Comme si celles-ci étaient illimitées.

Références :
Contrat de sous-marins : des offres finales « vraiment plus fortes », dit Ottawa
Hausse des dépenses militaires : la fabrication du consentement
La géopolitique de l’Arctique
Le Canada et les États-Unis surveillent des navires de recherche chinois dans l’Arctique
Ottawa investit 40 G$ pour défendre la souveraineté de l’Arctique «sans l’aide des alliés»
Victoire éclatante des États-Unis dans la Guerre des ballons chinois

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le défilé de la Fierté gaie de 2026

Publié le 10 août 2026 | Temps de lecture : 1 minute

Je n’étais pas allé au défilé de la Fierté gaie depuis 2021.

Mais hier, le temps était ensoleillé et l’après-midi, pas trop chaud. J’ai donc décidé d’y faire un tour.

Voici les photos que j’en ai rapportées.


























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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le toupet de Tennis Canada

Publié le 7 août 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Tennis Canada annonçait hier un projet de construction d’un nouveau stade de tennis au parc Jarry, au cout de 400 millions de dollars.

Si Tennis Canada voulait investir 400 millions de son argent pour construire un stade sur un terrain dont il serait propriétaire, ce serait une très bonne nouvelle.

Mais ce dont il s’agit, c’est d’une intention de Tennis Canada d’investir le dixième de cette somme pour se payer un stade à toit rétractable, financé à 90 % par les contribuables.

Tennis Canada aurait pu soumettre son projet à Ottawa, à Québec, et enfin à la ville de Montréal. Mais il risquait de se faire dire que, de ces temps-ci, nos gouvernements ont des priorités plus pressantes.

Il a donc embauché une firme de relations publiques afin de manipuler les amateurs de tennis pour qu’ils fassent pression sur nos gouvernements pour qu’on lui paie un stade neuf.

Sur l’ile de Montréal, les amateurs de tennis ne manquent pas de courts pour pratiquer leur sport : le stade dont on parle est pour les compétitions internationales, l’entrainement de professionnels, etc. Dans les faits, il serait fermé la majorité du temps.

Selon Tennis Canada, la construction de ce stade solidifierait la réputation de la métropole en tant que destination de classe mondiale pour accueillir de grands évènement sportifs.

En somme, Montréal se paiera pour 400 millions de prestige international.

Puis les millionnaires qui dirigent Tennis Canada y vont d’une menace voilée; l’investissement assurera la tenue de l’Omnium Banque Nationale pour les décennies à venir. En d’autres mots, si les gouvernements ne paient pas pour notre nouveau stade, nous ne pouvont pas garantir que cette compétition annuelle se tiendra encore longtemps.

Résumons. Ces jours-ci, on nous apprend qu’on dépensera 90 milliards de dollars pour l’achat de nouveaux sous-marins. Puis des centaines de milliards de dollars pour de nouveaux chasseurs-bombardiers. Puis plus d’un milliard de dollars pour la réfection du Stade olympique de Montréal. Et là, il faut absolument un nouveau stade de tennis pour soutenir le prestige international de la ville.

À quel moment allons nous discuter de l’opportunité de réparer nos hôpitaux qui tombent en ruine ? De construire des écoles pour accueillir les enfants qui naitront de la vague migratoire décidée par Ottawa ? Du transport en commun sous-financé ? De la construction de logements sociaux ? De notre adaptation aux changements climatiques ? Etc.

Bref, existe-t-il quelqu’un dans ce bas monde qui se soucie encore de l’intérêt collectif ? Ou sommes-nous pris à arbitrer constamment entre ces rapaces richissimes qui n’ont de cesse que de piller le Trésor public ?

Référence : L’Omnium Banque Nationale veut s’offrir une cure de jouvence de 400 M$

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le 325e anniversaire du traité de la Grande Paix de Montréal

Publié le 4 août 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Un évènement historique majeur

À l’issue d’une décennie de négociations, c’est le 4 aout 1701 que fut signé à Montréal un accord de paix conclu entre les autorités coloniales françaises et les représentants de 39 peuples autochtones d’Amérique du Nord.

Pour l’occasion, 1 300 délégués étaient venus à Montréal d’aussi loin que l’Acadie, les Grands Lacs et la vallée du Mississippi.

Grâce à ce traité, les peuples autochtones furent nos alliés militaires et nos partenaires d’affaires jusqu’à la conquête anglaise.

C’est en cela que la colonisation française en Amérique du Nord se distingue de toutes les autres entreprises coloniales à travers le monde.

Lorsque le Québec sera indépendant, il serait souhaitable que le 4 aout soit un jour férié, compensant pour la disparition du 1er juillet de la liste des jours fériés au Québec.

Renommer la rue Sherbrooke

Il y a moins de deux semaines, j’ai fait parvenir à la mairesse de Montréal la suggestion suivante :

Le 4 aout prochain marquera le 325e anniversaire de la signature du traité de la Grande Paix de Montréal.

Qu’a prévu la ville de Montréal pour célébrer cet événement majeur de l’histoire du Québec ?

Si, comme je le présume, on n’a pas prévu grand-chose, puis-je suggérer de masquer cette négligence par une annonce majeure; le changement de nom de la rue Sherbrooke pour celui de ‘rue de la Grande-Paix’ (…de Montréal étant sous-entendu).

Un tel changement sera controversé. Voilà pourquoi je suggère de procéder ‘à la parisienne’, c’est-à-dire en faisant en sorte que la rue Sherbrooke porte, pour cinq ans, le nom ‘rue Sherbrooke – rue de la Grande-Paix’ (où l’une ou l’autre dénomination sera acceptable). À l’issue de cette période, le nom deviendra ‘rue de la Grande-Paix – rue Sherbrooke’ pour une autre période de cinq ans.

À l’issue de quoi (c’est-à-dire dans dix ans), le nom sera ‘rue de la Grande-Paix’. Ce qui laissera amplement de temps aux commerces et entreprises de s’adapter à ce changement.

Réponse de la mairie de Montréal

Au nom de la mairesse de Montréal, Mme Nadia Bastien m’a fait parvenir la réponse suivante :

Conclusion

Contrairement au gouvernement de la CAQ et du fédéral, la ville, à juste titre, a organisé plusieurs évènements pour célébrer ce 325e anniversaire. Nous devons l’en féliciter.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Grand Séminaire de Montréal

Publié le 1 août 2026 | Temps de lecture : 2 minutes





 
C’est en 1680 que le Sulpicien François Vachon de Belmont fit construire le fort de la Montagne. Fermé en 1705, il fut démoli en 1854 à l’exception de ses deux tours sud.

Ce fort protégeait les Sulpiciens des attaques iroquoises.

C’est dans sa tour ouest (aujourd’hui disparue) que Marguerite Bourgeois avait aménagé l’école qui servait à l’évangélisation volontaire des Autochtones.

En 1840, soit quatorze ans avant la démolition presque totale du fort, on construisit à l’arrière le Grand Séminaire de Montréal.

Les deux tours qui subsistent (les tours sud) comptent parmi les plus anciens ouvrages à subsister sur l’ile de Montréal. Elles sont même antérieures au Vieux séminaire de Saint-Sulpice, situé dans le Vieux-Montréal, construit à partir de 1684.

Jusqu’en 2020, le Grand Séminaire de Montréal fut le lieu de la formation sacerdotale du diocèse de Montréal.

De nos jours, son aile occidentale abrite l’académie Centennial alors que le reste de l’édifice loge le Collège de Montréal.

À l’arrière, un trouve un bassin charmant où les canards viennent barboter.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif Lumix 14-45mm + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La taxe Netflix : la capitulation de trop d’Ottawa

Publié le 31 juillet 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Protéger le pouvoir d’achat… pour des biens américains

Plus tôt cette semaine, Ottawa renonçait à obliger les géants du Web à payer une redevance (appelée ‘taxe Netflix’) destinée à soutenir financièrement la création de contenu culturel canadien.

Ottawa justifie sa décision en déclarant que toute taxe imposée aux géants du Web serait refilée aux consommateurs canadiens sous forme, par exemple, d’une hausse des abonnements à des plateformes de diffusion en continu.

Toutefois, cela est également vrai de l’impôt que paient ces entreprises sur les profits qu’elles déclarent réaliser au Canada. Si Ottawa veut être cohérent, ne devrait-il pas soustraire du fisc toutes les entreprises qui opèrent au pays afin qu’elles puissent refiler les sommes épargnées aux consommateurs ?

Si Ottawa veut protéger le pouvoir d’achat des Canadiens, il aurait avantage à distinguer les biens de consommation essentiels de ceux qui ne le sont pas.

Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras

La ’taxe Netflix’ devait rapporter des milliards de dollars.

Comme les présents apportés à Bethléem par les rois mages, le premier ministre canadien espère que son cadeau à Donald Trump mettra ce dernier dans de bonnes dispositions pour signer un traité de libre-échange avantageux pour notre pays.

Toutefois, nombreux sont ceux qui croient qu’il repartira en chameau sans avoir obtenu grand-chose puisque l’effet des concessions au président américain dure rarement au-delà de 24 heures.

Ce dernier est un mâle alpha qui, en raison de son narcissisme, respecte ceux qui lui ressemblent (Benyamin Netanyahou, Vladimir Poutine et Xi Jinping).

Par contre, il adore piétiner les faibles afin de démontrer publiquement sa puissance. On peut donc souhaiter bon courage à ce pauvre premier ministre canadien qui n’a pas fini de servir de paillasson à Trump puisque ce dernier sait, par expérience, que Carney finit toujours par céder à la dernière minute.

La prétendue ‘culture canadienne’

Les peuples anglophones du Canada, des États-Unis et de Grande-Bretagne font partie d’un vaste ensemble ‘anglo-saxon’ qui rayonne tout naturellement et indistinctement sur le reste du monde sans que des gouvernements aient besoin d’intervenir. Le ‘marché’ s’en charge.

Le premier ministre actuel du Canada est un mondialiste capable de passer de la direction de la Banque du Canada à celle de Grande-Bretagne comme si l’une et l’autre étaient des succursales d’un gouvernement mondialisé.

De toute évidence, l’idée de protéger la ‘culture canadienne’ (comme si elle avait quelque chose de particulier) lui est totalement étrangère.

Évidemment, il sait que les cultures autochtones du Canada possèdent des identités fortes. De même que la culture québécoise. Mais dans le monde d’où il est issu, on s’intéresse distraitement aux choses dont on ne peut pas évaluer le prix au kilo.

La tutelle culturelle d’Ottawa

Si Ottawa voulait convaincre les Québécois qu’ils ne sont jamais mieux servis que par eux-mêmes, il a parfaitement réussi en capitulant au sujet de la ‘taxe Netflix’.

Dans sa lutte séculaire destinée à protéger notre langue et notre culture, le gouvernement du Québec est handicapé par les obstacles qu’Ottawa dresse sur son chemin.

Pensons à cette camisole de force constitutionnelle que l’ethnie dominante du pays s’est empressée d’adopter sans nous en 1982 et dont le but était d’invalider des pans entiers de la Loi 101 adoptée cinq ans plus tôt par le Québec.

Pensons également à toute cette magistrature militante, nommée par Ottawa, toujours prompte à déclarer anticonstitutionnels nos efforts destinés à construire une identité qui nous soit propre.

Pensons au refus obstiné d’Ottawa de permettre au ministère québécois de l’Immigration d’obliger la connaissance préalable du français à ceux qui veulent immigrer au Québec alors qu’une exigence équivalente existe déjà dans de nombreux pays (dont la Grande-Bretagne).

Conclusion

L’abandon de la ‘taxe Netflix’ ne pénalise pas seulement les créateurs québécois de contenu culturel; il pénalise également ceux qui habitent dans les autres provinces. Toutefois ces derniers sont des victimes collatérales.

Les géants du Web sont les alliés objectifs des politiques assimilatrices d’Ottawa. L’invisibilisation du contenu québécois et la promotion assumée de la culture américaine sont autant de moyens de convaincre nos jeunes d’avoir honte de notre langue (accusée d’être sexiste) et de notre culture.

Bref, lors du prochain référendum, le peuple francoQuébécois sera confronté à un choix existentiel; prendre son destin en main ou assister impuissant à son extinction linguistique.

Références :
Annulation de la « taxe Netflix » Une décision désastreuse
« Aplaventrisme », « non-sens total » : le recul d’Ottawa sur la « taxe Netflix » dénoncé

Complément de lecture :
Mark Carney est-il l’homme de la situation ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le 4 juin dernier, principalement au Jardin botanique

Publié le 28 juillet 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Pâturin commun
Trolle ‘Lemon Queen’
Géranium sanguin ‘Elke’
Benoite
Zizia doré

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/320 sec. — F/8,0 — ISO 1250 — 155 mm
2e  photo : 1/2500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 160 mm
5e  photo : 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 640 — 100 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le traité nucléaire américain avec l’Arabie saoudite

Publié le 26 juillet 2026 | Temps de lecture : 8 minutes


 
Introduction

En vertu du Droit international, n’importe quel pays peut se doter d’infrastructures nucléaires civiles en vue, par exemple, de produire de l’électricité ou des isotopes radioactifs à des fins médicales.

Pendant des années, l’administration Biden exigeait que l’Arabie saoudite normalise ses relations avec Israël comme condition préalable à tout transfert technologique à ce sujet.

À l’époque, Washington était même prêt à donner à la dictature saoudienne des garanties de sécurité équivalentes à l’article 5 du Traité de l’Otan si celle-ci devenait alliée d’Israël.

En d’autres mots, l’administration Biden voulait que les États-Unis s’engagent à entrer en guerre contre tout pays qui oserait attaquer l’Arabie saoudite. Comme si celle-ci était membre de l’Otan. À la condition toutefois qu’elle ratifie au préalable les Accords d’Abraham.

Le traité nucléaire signé plus tôt cette semaine par l’administration Trump assure ce transfert technologique à l’Arabie saoudite sans l’obligation de s’entendre avec Israël.

De plus, contrairement à l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, les inspecteurs chargés de vérifier le respect du traité avec la dictature saoudienne ne seront plus des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, renommés pour leur rigueur.

Ce seront plutôt de simples inspecteurs américains. Des inspecteurs sans doute aussi vigilants que ceux qui inspectent les avions de Boeing dont les portes et les hublots disparaissent en plein vol…

Dès son annonce, Israël a fait savoir qu’il s’opposait catégoriquement à ce traité.

Obliger Washington à guerroyer

Pour être adopté, il ne suffit pas que ce traité soit signé de part et d’autre par les négociateurs des deux pays; il doit être ratifié par le Sénat américain.

Dès l’annonce de sa signature par l’administration Trump, à l’appel de Benyamin Netanyahou, le lobby juif américain s’est activé dans le but de convaincre le Sénat de refuser sa ratification ou d’adopter un texte qui n’est pas identique à ce qui a été convenu.

Dans un cas comme dans l’autre, cela équivaut à saboter l’entente.

Donald Trump aurait pu demeurer ferme et exiger que le Sénat entérine le traité tel quel. Mais dès la condamnation publique du premier ministre israélien, il a plutôt fait volteface.

Le rétropédalage de Trump

La crainte du gouvernement israélien, c’est que l’Arabie saoudite, dès qu’elle sera capable d’enrichir le minerai d’uranium, poursuive cet enrichissement jusqu’aux concentrations qui sont nécessaires pour fabriquer une bombe nucléaire.

Afin d’apaiser le gouvernement de Benyamin Netanyahou, Donald Trump a rétropédalé dès le lendemain de la signature de ce traité en prétendant faussement que cet accord était conditionnel à ce que l’Arable saoudite devienne signataire des Accords d’Abraham.

Or cela est impossible.

En contrepartie d’investissements américains ou israéliens, les Émirats ont détourné le regard face aux massacres liés à la guerre coloniale qu’Israël livre en Palestine. Mais l’Arabie saoudite ne le peut pas.

Cette dernière n’est pas seulement une pétromonarchie; c’est également une théocratie. En d’autres mots, c’est le ‘Vatican’ de l’Islam sunnite. Non seulement y trouve-t-on plusieurs lieux saints, mais l’université de Médine (située dans ce pays) est le gardien de l’orthodoxie musulmane telle que l’Arabie l’interprète.

Très peu de choses séparent l’Islam sunnite de l’Islam chiite. Si l’Arabie saoudite devait donner l’impression qu’elle consent au génocide des Palestiniens, des dizaines de millions de Musulmans sunnites indignés se convertiront sur-le-champ à l’Islam chiite.

D’autant plus que la théocratie iranienne (gardienne de l’orthodoxie chiite) a obtenu un immense prestige au sein des pays musulmans pour avoir tenu tête à l’armée américaine, au prix d’immenses sacrifices.

D’autre part, il y a deux jours, 4 288 colons israéliens ont pénétré de force dans le complexe de la mosquée Al-Aqsa, située à Jérusalem-Est. Et ce, grâce à la complicité des forces armées du pays. Précisons que cette mosquée est le troisième plus important lieu saint de l’Islam.

À la suite de cette profanation toute récente, on voit mal comment l’Arabie saoudite pourrait normaliser ses relations avec Israël.

Le rétropédalage de Trump signifie que non seulement sa parole ne vaut rien, mais même sa signature ne vaut guère mieux puisqu’il se réserve le droit d’ajouter des clauses à un traité après l’avoir signé.

Le gouvernement Carney devrait avoir cela à l’esprit en renégociant des accords de libre-échange avec lui.

La motivation de Donald Trump

La menace chinoise à l’hégémonie américaine est une des grandes préoccupations de Donald Trump.

La guerre en Iran a démontré aux pays du Golfe que les États-Unis ne sont plus en mesure d’assurer leur protection. Au contraire, la présence de bases militaires américaines sur leur sol agit comme un aimant qui leur attire des ennuis.

D’où l’idée pour eux d’adopter une ambivalence stratégique en vertu de laquelle on est ami avec tout le monde, mais vraiment ami avec personne.

Concrètement, c’est un affranchissement à l’égard de l’hégémonie américaine.

Pour éviter que l’Arabie saoudite se tourne vers la Chine pour domestiquer l’atome, l’administration Trump a choisi d’abandonner l’exigence de la normalisation des liens avec Israël.

Et ce, de manière à ce qu’elle dépende de la technologie américaine. Une technologie que Washington pourrait inactiver à distance comme c’est le cas des chasseurs-bombardiers F-35.

Le joker pakistanais

Il n’y a pas que la Chine qui pourrait aider la dictature saoudienne à se doter de l’arme nucléaire; il y a aussi le Pakistan.

Or justement, les relations entre l’Arabie saoudite et le Pakistan n’ont jamais été aussi bonnes.

La diplomatie pakistanaise s’est attiré le courroux d’Israël pour avoir joué un rôle majeur dans la conclusion d’un accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Cet accord (dont le texte est secret) prévoyait la fin des hostilités sur tous les fronts.

Afin de saboter cet accord, Israël s’est empressé le jour même de bombarder le Hezbollah au Liban. Et c’est le Pakistan — présent à ces pourparlers à titre de négociateur — qui a contredit l’administration Trump en révélant que l’accord prévoyait bien l’interruption des hostilités sur tous les fronts.

Première pétromonarchie à signer les Accords d’Abraham, les Émirats arabes unis sont le plus fidèle allié d’Israël au Moyen-Orient. Voilà pourquoi ce pays a été la principale cible des frappes iraniennes contre les pays du Golfe.

L’alignement des Émirats sur la politique israélienne est tel que ce pays a voulu punir le Pakistan pour ses efforts diplomatiques en exigeant récemment le remboursement d’une série de prêts, totalisant 3,5 milliards de dollars, consentis au Pakistan en 1996, en 2021 et en 2023.

Coïncidence, quelques jours plus tard, l’Arabie saoudite a acheté pour 3 milliards de dollars de bons du Trésor pakistanais afin de l’aider à rembourser ses dettes.

Pour l’Arabie, cette somme, c’est de l’argent de poche. Mais pour le Pakistan, ce nouveau prêt saoudien, ajouté aux cinq-milliards déjà consentis, représentent deux pour cent de son PIB.

Si bien qu’on peut se demander si ce pays serait en mesure de dire non à l’Arabie saoudite si celle-ci devait demander l’aide du Pakistan pour se doter de l’arme nucléaire.

Quant aux États-Unis, on les voit mal punir le Pakistan pour avoir aidé secrètement l’Arabie à devenir une puissance nucléaire alors que la diplomatie pakistanaise est essentielle à sortir l’administration Trump du bourbier iranien.

De toutes manières, quand Washington l’apprendra, il sera trop tard.

Références :
Accords d’Abraham
Accord de Vienne sur le nucléaire iranien
« America First or Israel First? » Ex-Israeli Negotiator Daniel Levy on Saudi Nuke Deal, Iran & More (vidéo)
More than 4,200 Israelis storm Al-Aqsa Mosque in Jerusalem
Pakistan secures $3 billion from Saudi Arabia as ties deepen
Pakistan To Repay Historic $3.5 Billion Debt to UAE By This Deadline
Saudi nuclear deal in doubt as Trump adds new condition regarding Israel
The US-Saudi nuclear deal makes no sense
Trita Parsi Makes Blockbuster Point About Saudi Nuclear Deal (vidéo)
UAE pulls US$3.5 billion from Pakistan after Iran war mediation

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Le parc La Fontaine (3e partie)

Publié le 25 juillet 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Monument à Dollad des Ormeaux
Centre culturel Calixa-Lavallée

Théâtre de Verdure
Debout [statue de Félix Leclerc], de Roger Langevin (1990)




Ailleurs dans le parc

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les étoiles qui vacillent avant l’aube
par Marc-Olivier Caffier, romancier et philosophe

Publié le 22 juillet 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Il est des régimes qui s’effondrent dans le fracas des pierres et d’autres qui meurent dans le silence des habitudes.

La Démocratie appartient à cette seconde catégorie.

Elle ne disparait pas sous les coups d’un tyran. Elle se dissout plus souvent dans l’indifférence de ceux qui avaient cessé de croire qu’elle leur appartenait.

Les Grecs avaient pourtant perçu cette fragilité.

Aristote rappelait déjà qu’aucun régime politique n’est immortel. Chacun porte en lui les germes de sa propre corruption lorsque l’intérêt particulier l’emporte sur le bien commun. La Démocratie, disait-il, peut glisser vers la démagogie comme un fleuve déborde de son lit lorsqu’il n’est plus contenu par ses rives.

Alexis de Toqueville, observant les jeunes démocraties, entrevoyait un péril plus subtil encore; celui d’un despotisme doux où les citoyens renoncent peu à peu à leur liberté contre la promesse d’une sécurité toujours plus grande.

Le pouvoir n’opprime plus; il administre. Il ne contraint plus; il rassure. Et l’homme, lentement, oublie qu’être libre exige davantage d’efforts que d’être gouverné.

Hannah Arendt, témoin des totalitarismes du XXe siècle ajoutait une autre pierre à cette réflexion. Selon elle, les démocraties ne succombent pas seulement à la violence, mais aussi à la disparition de l’espace où les citoyens débattent, se rencontrent et construisent ensemble une vérité commune; lorsque le langage se fragmente en une multitude de certitudes irréconciliables, la Cité cesse d’être un monde partagé.

Aujourd’hui, les menaces prennent des visages nouveaux.

Les algorithmes enferment chacun dans le miroir de ses convictions. L’information se dissout dans le tumulte des émotions. Le temps politique se réduit à l’instantanéité des écrans.

Nous votons encore, certes. Mais savons-nous encore délibérer ? Nous parlons beaucoup, mais nous écoutons de moins en moins. Pourtant, l’effondrement n’est jamais une fatalité.

Spinoza voyait dans la Démocratie le régime qui respecte le mieux la puissance créatrice des hommes lorsqu’ils agissent ensemble. Cette puissance demeure intacte tant qu’existent des citoyens capables de préférer la vérité au confort du mensonge, le dialogue à l’invective, le bien commun aux passions particulières.

La Démocratie ressemble à une constellation. Aucune étoile ne suffit à dessiner le ciel. Mais lorsque plusieurs lumières s’éteignent, la nuit finit toujours par gagner.

Préserver la Démocratie n’est donc pas défendre un régime parmi d’autres. C’est entretenir chaque jour cette fragile lumière qui permet encore aux hommes de reconnaitre le chemin de leur liberté.

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Écrit par Jean-Pierre Martel