Les feux d’artifice du Portugal, le 26 juillet 2017

20 juillet 2018

 

Odyssée portugaise

Les trois spectacles gagnants du concours pyrotechnique présenté en 2017 à La Ronde furent, dans l’ordre, ceux de l’Angleterre, de la France et du Portugal.

Le texte d’hier présentait la vidéo intégrale du spectacle de l’Angleterre.

Malheureusement, il n’existe pas de document audiovisuel de qualité qui présente l’intégrale du spectacle français.

Le vidéaste KT — qui a si magnifiquement capté le spectacle autrichien de cette année et d’autres antérieurement — avait placé, dans le cas de la France, son trépied près du Pied du courant, sur l’ile de Montréal.

Sa vidéo a donc été prise de loin, sans la musique indispensable pour bien apprécier ce spectacle. C’est également le cas de sa captation du spectacle allemand du 19 juillet 2017.

Mais il a très bien enregistré le spectacle Odyssée portugaise, créé par la firme Macedos Pirotecnia, et gagnant du Jupiter Bronze de 2017.

C’est ce spectacle que je vous présente aujourd’hui.

Les feux d’artifice du Portugal, le 26 juillet 2017
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le premier prix des Feux Loto-Québec en 2017

19 juillet 2018

 

Les feux d’artifice de l’Angleterre

Un Québécois appelé KT a posté sur YouTube les vidéos en haute résolution qu’il a réalisées à l’Internationale des feux Loto-Québec.

J’ai passé en revue ceux de 2018 et j’en ai profité pour ajouter rétroactivement celui de l’Autriche au texte que j’ai publié le 13 juillet dernier.

Les deux autres — le spectacle d’ouverture du 7 juillet et les feux de la Chine présentés le 14 juillet 2018  — ont quelques bons moments. Mais globalement, leur intérêt limité ne justifie pas que je vous recommande de les voir dans leur intégralité.

En visionnant ceux de l’an dernier, j’ai déniché le spectacle présenté le 29 juillet 2017 par l’Angleterre.

Créé par les artificiers de Jubilee Fireworks, ce spectacle remporta le Jupiter Or, la récompense ultime de cette compétition internationale.

Intitulé Coup de théâtre, il est principalement basé sur de la musique de films et de comédies musicales.

La vidéo qu’en a faite KT manque un peu de netteté mais l’intérêt de ce spectacle dépasse sa qualité photographique.

Le voici donc, comme si vous y étiez…

Le premier prix des Feux Loto-Québec en 2017
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le nord et l’ouest d’Alfama

18 juillet 2018

 

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Introduction

La colline sur laquelle est construit le quartier d’Alfama étant asymétrique, on trouve moins de sites touristiques dans le nord et l’ouest de ce quartier.

Le nord d’Alfama

La page titre du diaporama montre le Miradouro de Nossa Senhora do Monte, le point le plus élevé d’Alfama.

De 0:06 à 0:48, nous visitons le Castelo de São Jorge.

Le château Saint-George s’élève aujourd’hui sur des défenses romaines reconstruites et renforcées à la suite de la conquête des Maures en 711.

Ces derniers renommèrent la ville Al-Ushbuna (dont provient le nom Lisbonne).

Durant la Reconquête, la ville fut prise d’assaut en 1146 par Alphonse Ier de Portugal, aidé de croisés en route vers la Terre sainte.

Devenu chrétien, le château fut placé sous la protection de saint Georges à qui beaucoup de croisés vouaient un culte.

Très endommagé par des tremblements de terre, il doit son aspect actuel à une reconstruction qui dura un demi-siècle, à partir des années 1940.

De ses remparts et de son chemin de ronde, il offre sur la ville une vue exceptionnelle. On y trouve un petit musée archéologique — appelé Núcleo museológico (de 0:40 à 0:46) — où sont présentés des pièces de monnaie et des débris de poterie.

Près de la sortie du site, on trouve quelques restaurants, dont The World Needs Nata (de 0:49 à 0:51). Son plateau de petiscos (ou tapas portugaises) offre, de gauche à droite, des sardines aux poivrons rouges, du jambon de Serrano saupoudré de thym, et des tranches de poulet pressé recouvertes de fromage râpé et de tomates cerises. Le tout est très bon.

De 0:52 à 1:15, nous visitons l’Igreja da Graça et le belvédère situé sur son parvis (de 1:17 à 1:20).

En forme de croix latine, l’église de la Grâce est située dans le quartier de Graça, dans le nord d’Alfama.

L’édifice ayant été détruit par le séisme de 1755, l’église rococo qu’on voit aujourd’hui date de la deuxième moitié du XVIIIe siècle.

L’intérieur est en pierre de taille rehaussé de marbre rose.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
La nef sans bas-côtés est flanquée à droite (à 1:02) de quatre autels peu profonds. À gauche (à 1:04), on trouve trois autres autels peu profonds et une chapelle authentique, dotée de son propre tabernacle, soit la Capela do Santissimo, près du bras gauche du transept.

Chaque bras du transept dispose également d’autels latéraux.

Le plafond est magnifiquement décoré de faux marbre rose et de grisaille (à 1:09).

Étonnamment, l’orgue situé au-dessus de la sortie est traversé par une ouverture centrale qui laisse passer la lumière d’une fenêtre (à 1:15).

L’ouest d’Alfama

Notre visite de l’ouest d’Alfama se limitera à l’Igreja de São Cristóvão, située au sommet d’une pente escarpée.

Celle-ci est dédiée à saint Cristophe de Lycie, le patron des voyageurs.

Construite en 1610 et restaurée en 1672, l’église Saint-Christophe fut épargnée par le séisme de 1755. C’est un des rares exemples d’église du XVIIe siècle à Lisbonne qui ait conservé son aspect originel (y compris sa décoration intérieure).

Si le bois de son maitre autel a perdu sa dorure et si ses toiles ont été noircies par la suie des lampions, une restauration devrait lui permettre de retrouver son lustre d’antan.


Détails techniques : Le diaporama présente 42 photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (18 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (17 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (4 photos), l’hypergone 8 mm F/1,8 (2 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (1 photo).

Le nord et l’ouest d’Alfama
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sud d’Alfama

17 juillet 2018

 

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Introduction

Alfama est le plus vieux quartier de Lisbonne. Son peuplement a débuté le long du Tage, c’est-à-dire dans la partie sud du quartier actuel.

Même si les aménagements portuaires modernes de la capitale portugaise ont légèrement fait reculer les rives de ce fleuve, la partie de la ville couverte par ce diaporama correspond au lieu de naissance de Lisbonne.

Mais d’où vient le nom d’Alfama ? Comme beaucoup de noms qui débutent par le préfixe ‘al’, il vient de l’arabe.

À l’époque musulmane, les fortifications de la ville étaient percées d’un nombre restreint de portes. L’une d’elles était située près d’un bain thermal. On l’appelait Bab al-Hamma (ou Porte des bains).

Le H étant prononcé de manière gutturale, ce nom fut déformé en Porta de Alfama après la conquête chrétienne.

À la toute fin du diaporama, on trouvera le plan des fortifications de la ville et le lieu précis de la Porte de Alfama.

Les attraits touristiques de cette partie de la ville se limitent à ses églises et à un musée. Ils sont ici présentés d’ouest en est.

Igreja da Madalena

L’église Sainte-Marie-Madeleine (de 0:05 à 0:08) fut reconstruire en 1783, après sa destruction par le tremblement de terre de 1755.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
C’est une église à vaisseau central sans transept ni bas-côtés. Séparés des banquettes par une balustrade, trois autels en bois peint s’alignent sur chaque côté de la nef.

Le maitre autel est dominé par une toile de Pedro-Alexandrino de Carvalho (1729-1810).

Igreja de Santo Antonio

Saint Antoine de Lisbonne est le saint patron du Portugal. Il est né dans la capitale portugaise en 1195.

Mort à Padoue en 1231, on l’appelle couramment saint Antoine de Padoue. Mais cela est inexact. La coutume veut que les saints soient caractérisés par leur lieu d’origine, afin de les distinguer d’autres saints ayant le même prénom. C’est ainsi qu’on parlera de sainte Jeanne d’Arc, née à Arc.

L’église qui lui est consacrée (de 0:08 à 0:30) est l’objet d’une grande dévotion de la part des habitants de la ville; à toute heure du jour, les fidèles y viennent prier.

Reconstruite deux ans après le séisme de 1755, l’église adopte la forme inhabituelle (pour l’époque) de croix latine dont le transept peu profond est surmonté d’une coupole.

Paré de marbre rose, l’intérieur est magnifique.

Au sous-sol, on peut visiter la crypte (à 0:22) qui marque l’endroit précis où ce saint serait né.

À la sortie, on vend des pains de Saint-Antoine (à 0:30) dont les profits servent à aider les pauvres de la paroisse.

À la gauche de l’église se trouve le Musée de Saint-Antoine (0:31 à 0:42). Celui-ci présente la lignée ancestrale du saint, et les grandes étapes de sa vie, de même que diverses œuvres d’Art ou d’artisanat à son effigie.

Se

Pour nous rendre à la cathédrale de Lisbonne — appelée Se, abréviation de siège épiscopal — nous empruntons le pittoresque tramway 28E.

La cathédrale (de 1:20 à 1:56) est une église romane construite en 1150, soit un peu avant le début de la construction de Notre-Dame-de-Paris.

La comparaison entre les deux permet de voir à quel point l’édifice parisien était révolutionnaire à l’époque.

Dotée d’une fenestration parcimonieuse, le Se s’apparente à une forteresse médiévale couronnée de créneaux.

Son vaisseau central est flanqué de bas-côtés qui se prolongent dans un déambulatoire. Ce dernier est entouré de neuf chapelles absidiales.

Le tout est très sobrement décoré. Tout au plus peut-on admirer la très grande variété de la décoration des chapiteaux, notamment dans les chapelles absidiales.

En entrant, à gauche, on trouve la cuve (de 1:33 à 1:36) dans laquelle saint Antoine a été baptisé en 1195, et la chapelle franciscaine (de 1:37 à 1:40).

L’achat d’un billet permet d’accéder à trois choses : le trésor de la cathédrale (où la photographie est interdite), les chapelles absidiales et le cloitre.

Le trésor est situé au haut d’un escalier auquel on accède en entrant dans la cathédrale, à droite (à 1:57).

On y trouve des habits sacerdotaux, de nombreuses reliques et de l’argenterie, le tout dans un état poussiéreux. Ce qui met involontairement en valeur la magnifique salle d’apparat qui est adjacente.

On se rend au cloitre par une des chapelles absidiales. L’une d’elles est la Capela de Santo Ildefonso (de 2:33 à 2:38) . On y trouve les sarcophages de Lopo-Fernandes Pacheco (compagnon d’armes du roi Alfonso IV) et de son épouse Maria Vilalobos.

Une autre renferme une crèche baroque de Joaquim Machado de Castro (de 2:42 à 2:45).

Casa dos Bicos

De 2:55 à 3:28, il s’agit d’une maison construite entre 1521 et 1523, fortement remodelée depuis. Sa façade est hérissée de pointes-de-diamant. D’où son nom; Casa veut dire maison et Bicos peut se traduire par becs (d’oiseaux), cornes ou mamelons.

Ce lieu possède une double fonction. Au rez-de-chaussée, c’est un centre archéologique. Aux trois autres étages, c’est une exposition consacrée à la vie et à l’œuvre de l’écrivain portugais José Saramago, prix Nobel de littérature en 1998.

Le scénario du film Enemy, du Québécois Denis Villeneuve, est basé sur le roman L’Autre comme moi de Saramago, paru en 2002.

En réponse aux pointes-de-diamant de la façade, l’architecture moderne de l’intérieur est basée sur le motif du trapèze. Tout y est oblique, sauf les planchers. On se croirait dans un décor du film expressionniste Le Cabinet du Dr Caligari.

L’igreja de São Joã da Praça

De 3:33 à 3:45, nous voyons l’église Saint-Jean-Baptiste de la Place.

Détruite par le tremblement de terre de 1755, elle fut reconstruite en 1789.

Sa nef octogonale est décorée d’autels latéraux encastrés dont celui, à gauche du maitre autel, dédié à la Vierge (à 3:39) et décoré d’une statue de Joaquim Machado de Castro.

Palacete Chafariz d’El Rei

De retour d’un voyage au Brésil où il s’était beaucoup enrichi, Joao-Antonio Santos se fait construite en 1909 un palais éclectique de style néomauresque dont l’intérieur est décoré dans le style Art nouveau brésilien (de 3:47 à 3:50).

De nos jours, il s’agit d’un hôtel de luxe ne comprenant que six suites. En raison de sa décoration précieuse, l’hôtel n’accueille pas les enfants de moins de douze ans.

Son nom signifie Palais de la fontaine du Roi en raison de la fontaine à ses pieds.

Pendant des siècles, celle-ci était un des principaux points d’approvisionnement en eau potable de la capitale. Son origine remonte à l’époque mauresque.

De nos jours, cette fontaine n’est plus opérationnelle.


Détails techniques : Le diaporama présente un clip vidéo et 101 photos réalisés à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (54 photos), le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (23 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (11 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (11 photos) et l’hypergone 8 mm F/1,8 (2 photos).

Le sud d’Alfama
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’est d’Alfama

15 juillet 2018

 

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Introduction

Le quartier d’Alfama est situé sur une des sept collines de Lisbonne. De tous les quartiers de la ville, c’est le plus ancien.

Peuplé originellement par les Maures, c’est un dédale de rues étroites qui serpentent sur cette colline, se croisent et se succèdent. En marchand le long des rues, on réalise qu’elles sont reliées par une multitude d’escaliers qu’on ne découvre qu’au dernier moment.

Les rues sont pavées de blocs carrés de pierre d’environ 10 cm de côté. Les trottoirs très étroits sont recouverts de pavés composés de calcaire blanc d’environ 6 cm de côté appelés calades. Dans certains cas, ceux-ci sont en basalte, donc noirs.

Habitué à demeurer dans une ville dont les rues sont en damier, le touriste est d’abord déboussolé. Mais puisque les rues se jettent les unes dans les autres, il suffit de monter jusqu’au niveau de la rue qu’on désire atteindre, de passer de l’une à l’autre en demeurant à peu près au même niveau et on finit par trouver sa destination.

Le problème est de se rendre à un lieu dont on ne connait pas l’altitude. À ce moment-là, une carte est indispensable.

Le long de ces rues, on voit un grand nombre de restaurants, de petites épiceries, de boutiques d’artisans.

Sans parcourir un circuit précis, ce diaporama comprend quatre parties.

Du Panthéon national à l’église Saint-Vincent-hors-les-murs

Tout comme son équivalent parisien, l’édifice du Panthéon national du Portugal (de 0:11 à 0:37) devait originellement servir d’église. D’où la croix au sommet de son dôme.

Débutée en 1682, l’Igreja Santa-Engrácia (dédié à Sainte-Engrâce de Saragosse, dont on peut voir la sculpture à 0:16) fut terminée en 1966. Avant même son achèvement, l’église fut transformée en panthéon.

Il s’agit d’une bâtisse cubique surmontée d’un dôme. Autour de ce dôme et de son tambour, une grande terrasse (à 0:34), accessible au public, offre une vue remarquable du Tage et de la rive opposée de la capitale.

Seulement douze héros nationaux y sont inhumés. Six autres y ont un cénotaphe (ils sont inhumés ailleurs mais ont un monument funéraire au Panthéon).

Ont eu droit à cet honneur, les plus grands explorateurs portugais, cinq hommes de lettres, quatre présidents de la République, des dirigeants militaires, une chanteuse de fado et… un footballeur.

À proximité se trouve le Mercado de Santa Clara (de 0:47 à 0:52) où se tient un marché aux puces les mardis et samedis.

De 0:58 à 1:42, nous visitons l’Igreja de São Vincente de Fora (ou l’église Saint-Vincent-hors-les-murs).

Pendant que le Portugal était sous domination espagnole, Philippe II d’Espagne ordonna la reconstruction du monastère Saint-Vincent-hors-les-murs, alors en ruine. Le monastère originel avait été construit par le premier roi du Portugal en remerciement pour la conquête de Lisbonne aux mains des Maures en 1147.

Les dirigeants espagnols y joignirent une église. Celle-ci fut commencée en 1582 et terminée en 1627.

Le tout était un geste politique destiné à affirmer que les conquérants espagnols s’inscrivaient dans la lignée des souverains portugais.


Note : Pour consulter un guide illustré des termes techniques d’architecture religieuse, on cliquera sur ceci.

 
L’intérieur de l’église est un vaisseau central flanqué de bas-côtés où s’alignent des autels latéraux séparés des fidèles par une balustrade ou une grille.

Le maitre-autel est surmonté d’un baldaquin qui atteint presque le plafond. Étonnamment, c’est derrière le chœur qu’est placé l’orgue.

Les autels latéraux, richement décorés, ajoutent un brin de folie décorative à un lieu autrement relativement sage.

Adjacent à l’église, se trouve le monastère Saint-Vincent-hors-les-murs (de 1:43 à 2:26).

Le bas de presque tous les murs de ce vaste monastère est décoré d’azuléjos. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le mot azuléjo ne vient pas d’azul (bleu en portugais) mais de l’arabe al zulaydj, ce qui signifie ‘petite pierre polie’, désignant chaque pièce d’une mosaïque.

Ceux-ci sont des carreaux de faïence ornés, dans le cas du monastère, de représentations figuratives. À partir de la fin du XVIIe siècle, la mode s’est imposée au Portugal de peindre les azuléjos en bleu de cobalt.

Après la conciergerie (de 1:52 à 1:58), la visite se poursuit par le ‘musée’ du monastère qui devrait plutôt s’appeler le trésor du monastère.

Celui-ci est remarquable par la qualité des objets exposés, principalement de l’argenterie et de l’orfèvrerie.

Au premier étage, une galerie est consacrée à l’illustration des fables de La Fontaine (dont la fable Les deux chèvres à 2:10).

De 2:18 à 2:22, nous apercevons le panthéon des rois de Bragance. Le tout se termine par un aperçu l’extraordinaire sacristie (à 2:26).

Nous passons devant l’édifice de la Société Voz do Operário, siège de l’éditeur d’un journal ouvrier (de 2:30 à 2:32) puis, à proximité, devant la murale Pariz One & Mr. Dheo du Collectif Armu-Yama.

Du Musée militaire à l’église Saint-Étienne

Après un aperçu des étals de l’épicerie Pingo Doce de la station ferroviaire Santa Apolónia, nous entreprenons la visite du Musée militaire de Lisbonne (de 2:40 à 4:09).

Celui-ci est le reflet des guerres auxquelles le Portugal a participé. Qu’y trouve-t-on ? Beaucoup de canons, des armes, des uniformes militaires, quelques armures, des médailles, des casques de différents pays.

Ce musée vaut surtout pour la splendeur des lieux.

En entrant dans le musée, on se croirait dans un luxueux hôtel particulier parisien. À gauche, une salle (de 2:56 à 3:01) est décorée d’immenses toiles d’un gout exquis en hommage aux explorateurs portugais.

À l’étage, on trouvera, entre autres, deux salles Art déco (de 3:12 à 3:25) consacrées à la Première Guerre mondiale. Puis une enfilade de petites pièces de style néorococo rendent hommage aux grands dirigeants militaires portugais.

De 3:58 à 4:05, la cour intérieure est décorée d’azuléjos illustrant les grandes batailles qui ont jalonné l’histoire portugaise.

Bref, ce musée présente les œuvres de plusieurs des meilleurs décorateurs du pays au XIXe siècle. Et c’est cette décoration qui justifie amplement la visite de ce musée.

À 4:12, il s’agit de casiers de solidarité. Ceux-ci sont mis gratuitement à la disposition des personnes dites ‘itinérantes’ au Québec (ou SDF en France) afin qu’ils puissent y entreposer une partie de leurs possessions, leur évitant ainsi d’avoir à tout transporter.

De 5:07 à 5:22 nous voyons l’Igreja de Santo Estevão (l’église Saint-Étienne) et son mirador à 5:23.

Sur les fondations d’une église romane du XIIe siècle, l’église Saint-Étienne fut édifiée en 1733. Très endommagée par le séisme de 1755, elle fut rouverte au culte quarante ans plus tard.

Le maitre-autel est surmonté d’un portail baroque, lui-même surmonté d’un crucifix en stuc entouré d’anges et d’angelots (à 5:11).

Six autels latéraux sont placés dans autant de niches de sa nef octogonale. Une balustrade sépare ces autels des banquettes tout en laissant un peu d’espace pour venir se recueillir devant eux.

Rythmée de pilastres, la pierre des murs est à nue. Le plafond est orné d’une grisaille illustrant une clé de voute (à 5:21).

Notre visite se poursuit un peu au-delà de l’église Saint-Étienne.

De 5:24 à 5:32, voici Pátio 13, un restaurant aux portions généreuses, à cout raisonnable, et où tout est bon sauf la morue hypersalée.

À proximité du Musée du Fado

À 6:24, ce portail de style manuélin (ou de Renaissance portugaise) est tout ce qui reste de l’Igreja Nossa Senhora dos Remédios.

De 6:33 à 7:21, nous visitons le Musée du Fado. Apparu au début du XIXe siècle, le fado est un genre musical typique du centre du Portugal.

Le musée qui lui est consacré occupe trois étages d’une ancienne station de pompage située près du Tage.

À chaque étage, une grande fresque photographique présente les artisans de cette discipline, classés par époque.

Sur l’audioguide multilingue (indispensable), il suffit de pitonner le numéro que porte l’interprète pour entendre un de ses grands succès.

Les murs d’une salle sont tapissés des paroles des chansons. Plus loin, on présente les pochettes des disques, les instruments utilisés, des clips vidéos et une salle où deux bornes permettent aux visiteurs d’entendre les succès des grandes vedettes du fado.

L’extrait vidéo qu’on entend de 6:43 à 7:00 est tiré du film Fados de Carlos Saura; on y entend la fadista Carminho interpréter Fado das Hora.

De 7:22 à 7:27, il s’agit de l’Igreja de São Miguel, construite en 1673 (dont un clocher, en contrejour, conclura ce diaporama).

Aux alentours du Musée des Arts décoratifs

L’Igreja de Santiago (de 7:52 à 8:06) était l’église du village de Saint-Jacques, annexé depuis à Lisbonne. Ce nom fait également allusion au fait que cette église était sur le circuit emprunté par les pèlerins en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela en galicien et en espagnol).

Surmontée d’un plafond peint représentant l’apôtre Jacques agenouillé regardant l’Assomption de la Vierge (à 7:58), cette église asymétrique est dépourvue de transept.

Elle est flanquée de trois autels latéraux peu profonds à gauche (à 8:00).

À droite, tout le bas-côté est occupé par la chapelle Notre-Dame-du-Rosaire (à 8:02) dont l’autel baroque, en bois doré, est entouré de cinq azuléjos.

À deux pas se trouve le Miradouro das Portas do Sol (à 8:08). Ce belvédère dit des Portes du soleil offre une vue splendide vers l’est de la ville. Au loin à gauche, on distingue l’Igreja de São Vincente de Fora (l’église de Saint-Vincent-hors-les-murs), au centre le dôme du Panthéon national, et à droite l’Igreja de Santo Estevão (l’église Saint-Étienne).

De 8:14 à 8:42, nous visitons le Musée des Arts décoratifs. Créé en 1953, ce musée abrite la collection privée d’un banquier portugais.


Détails techniques : Le diaporama présente six clips vidéos et 235 photos.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (101 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (92 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (32 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 (5 photos) et l’hypergone 8 mm F/1,8 (5 photos).

L’est d’Alfama
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Impressions de La Ronde

13 juillet 2018
Aperçu des feux d’artifice d’Autriche

Mercredi dernier, je me suis rendu à La Ronde à l’occasion d’une visite familiale.

Ma première surprise fut le cout du billet. J’avais oublié qu’il comprend l’accès gratuit à presque tous les manèges de ce parc d’attractions. Ce qui évite l’attente pour acheter des billets à chacun d’eux.

Ma deuxième surprise fut le verdissement du site. À l’origine, La Ronde était très minérale. Maintenant, il y a des arbres matures partout. Si bien qu’il est très facile, les jours de canicule, de trouver de l’ombre pour se rafraichir.

Plus difficile est de trouver des abreuvoirs. Ils sont en nombre insuffisant, mal indiqués, et ils distribuent à faible débit de l’eau tiède.

Ceux qui ont apporté leurs bouteilles d’eau réutilisables doivent faire le plein aux robinets destinés au lavage des mains, dans les toilettes.

De plus, les distributrices d’eau embouteillée sont en rupture de stock très rapidement. Si bien que le site est le royaume des boissons sucrées ou hypersucrées. En fin de journée, la vue des poubelles pleines et de ces tables jonchées de contenants de plastique opaque est surréelle.

Les manèges sont nombreux et variés. Ils sont propres et très bien entretenus. Comme s’ils étaient neufs.

Il y en a pour tous les âges. Près de l’entrée de tous les jeux, des règles verticales, très visibles, indiquent en rouge les enfants trop petits pour entrer, en jaune ceux qui seront admis s’ils sont accompagnés d’un adulte, et en vert les personnes assez grandes pour y aller seules.

Pour profiter d’un maximum de manèges durant votre visite, il ne suffit pas de choisir ceux dont la file d’attente est courte; il faut juger de sa capacité d’accueil. C’est ainsi que certains jeux accueillent tellement de gens assis que leur file d’attente plutôt longue se vide à moitié à chaque fois.

Après le coucher du soleil, lorsqu’on choisit une des nacelles du Condor qui sont situées plus près du pont Jacques-Cartier, la vue vers l’Ouest est saisissante; lorsqu’on prend de la vitesse, les réverbères de la ville dessinent des courbes oscillantes de pointillés lumineux, puis des droites superposées. Même parfaitement à jeun (ce qui était mon cas), le spectacle est hallucinant.

La soirée s’est terminée par les feux d’artifice de l’Autriche.

Feux de l’Autriche, le 11 juillet 2018

J’ignore si l’art pyrotechnique a fait de grands progrès depuis quelques années, mais j’ai été très impressionné par ces feux créés par les artificiers steyrFire. Si j’exclus la finale un peu convenue, certains tableaux ont été les plus beaux auxquels j’ai assisté.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Angélisme vs les réalités de la guerre

10 juillet 2018

Préambule : Le quotidien Le Devoir publiait ce matin une lettre adressée à Justin Trudeau dans laquelle plusieurs signataires demandaient que le Canada exige un cessez-le-feu immédiat destiné à secourir les civils d’une province située au sud-ouest de la Syrie.

Légèrement modifié, voici le commentaire que j’adressais aux signataires de cette lettre.


 
La guerre en Syrie prendra fin lorsque le régime syrien prendra le contrôle de l’ensemble du pays.

L’opposé — la victoire des rebelles — signifierait le début d’une autre guerre; celle des diverses factions de mercenaire entre eux.

Mais pour que le régime étende son contrôle sur le sud-ouest du pays, le front de la guerre doit s’y déplacer. Or dans toute guerre, les civils fuient à l’approche du front.

C’est l’armistice et non un cessez-le-feu qui marque la fin de la guerre. Un cessez-le-feu permet aux belligérants de reprendre leurs forces et de se taper dessus plus fort lorsque le conflit reprend.

Jusqu’ici, les cessez-le-feu ont été demandés par l’ONU lorsque des milices affiliées à Al-Qaïda étaient encerclées.

Dans le sud-ouest de la Syrie, les milices d’Al Qaïda sont soutenues par Israël en vertu du principe selon lequel les ennemis de mes ennemis (l’Iran et le Hezbollah) sont mes amis.

Si cette guerre a fait près d’un demi-million de morts et plus de douze-millions de personnes déplacées (dont plus de cinq millions de réfugiés) ce n’est pas à cause de la répression sanglante du printemps arabe en Syrie, mais parce que cette révolte a été le prétexte à une guerre de procuration qui a suivi.

Cette guerre de procuration a été financée par trois pays (l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie), appuyés par les pays occidentaux, toujours heureux de foutre le bordel dans un pays producteur de pétrole, surtout quand c’est un allié de Moscou.

Bref, le Canada, comme bien des pays occidentaux, a du sang syrien sur les mains et il devrait apprendre à se mêler de ses affaires.

Animés par de nobles intentions, les signataires de cette lettre servent une mauvaise cause; le prolongement de la guerre sous de beaux grands principes creux.

Référence :
La situation est désespérée à Deraa, en Syrie

Angélisme vs les réalités de la guerre
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Appropriation culturelle et néonazisme

8 juillet 2018

Naissance du concept

Depuis le début de la controverse relative à la production SLĀV au TNM, on peut lire des commentaires à l’effet que le concept d’appropriation culturelle serait né de groupes américains d’extrême gauche.

Il existe bien un parti communiste aux États-Unis. Mais l’idée selon laquelle le gouvernement américain devrait acquérir tous les moyens de production du pays — en d’autres mots, étatiser toutes les compagnies américaines — n’est soutenu que par une poignée d’illuminés.

En somme, l’extrême gauche, aux États-Unis, ça n’existe pas.

Ce qui existe, c’est une droite omnipuissante qui voit des gauchistes partout.

Apparu il y a quelques décennies au sujet de l’appropriation d’artefacts autochtones par les musées et la prise de brevets pharmaceutiques sur des médicaments traditionnels, le concept d’appropriation culturelle s’est répandu depuis 2015 avec force à l’industrie du divertissement.

À partir de la constatation que les Noirs étaient sous-représentés dans cette industrie, certains intellectuels américains ont critiqué la manie de confier à des Blancs les rôles qui devraient revenir à des Noirs.

Dans la mesure où ces gens voulaient que les Noirs aient davantage accès à la manne hollywoodienne — ce qui entraine plus de justice sociale — on peut les considérer comme gauchisant, voire de gauche.

Mais l’adoption du concept d’appropriation culturelle s’est généralisée aux États-Unis parce qu’il faisait l’affaire de bien du monde.

L’autodafé des chants d’esclaves

Littéralement, appropriation culturelle signifie vol de la culture de quelqu’un d’autre.

En prenant l’exemple des chants d’esclaves noirs américains, l’accusation d’appropriation culturelle a pour conséquences d’étouffer la voix d’outre-tombe de ces esclaves et de les enfermer dans le carcan ethnique de leurs descendants, seuls autorisés à l’exprimer.

Loin d’ouvrir des espaces de création et de laisser la place aux Noirs qui voudraient aborder le thème de l’esclavage, cette controverse rendra frileux tout commanditaire privé qui sera sollicité pour financer une production abordant ce sujet sensible.

On doit donc s’attendre à ce qu’un lourd silence de plomb tue toute nouvelle production à ce sujet. À la grande joie de ceux qui préfèrent qu’on n’en parle pas.

Depuis quelques années, Betty Bonifassi est la seule artiste au monde à enregistrer et à faire connaitre ce patrimoine musical.

Ces chants font partie de l’immense collection amassée au XIXe siècle et au début du XXe siècle par trois générations d’anthropologues blancs américains membres d’une même famille.

Ceux-ci ont recueilli ces chants auprès d’esclaves et, après l’abolition de l’esclavage, auprès de prisonniers noirs puisque les condamnés aux travaux forcés utilisaient les mêmes chants pour maintenir la cadence du travail sur de longues périodes sans s’épuiser.

Si le concept d’appropriation culturelle avait existé à l’époque, ces chants auraient complètement disparu puisqu’aucun Noir n’avait accès aux ressources de la famille Lomax pour conserver leur trace.

Aux États-Unis, tout est possible. Il ne faudrait pas se surprendre qu’on en vienne à réclamer l’autodafé de tous les chants ‘volés’ aux Noirs par la famille Lomax.

L’attribution des rôles

Pour un acteur, l’art de l’interprétation repose sur une supercherie; celle de faire croire qu’il est quelqu’un d’autre.

Pour éviter les accusations d’appropriation culturelle, il est toutefois nécessaire — comme on l’a vu dans le cas de SLĀV — d’attribuer les rôles en fonction de critères raciaux.

Peut-on incarner un Noir lorsqu’on est mulâtre ? Et à quel moment cesse-t-on d’être un ‘vrai’ Noir ?

Pour distinguer les rôles qui peuvent être attribués aux Noirs, aux Mulâtres ou aux Blancs, doit-on se baser exclusivement sur la pigmentation de la peau ou doit-on faire appel également à l’anthropométrie, à la recherche de traits négroïdes ou aryens ?

Le terrain de l’appropriation culturelle glisse inexorablement vers des préoccupations quant à la pureté de la race.

En clair, c’est du néonazisme. Un néonazisme né de bonnes intentions. Comme l’enfer en est pavé.

En 2016, une production de l’opéra Aïda a été annulée à la suite de l’accusation d’appropriation culturelle parce que le rôle-titre — qui représente une captive éthiopienne — n’était pas tenue par une soprano d’Éthiopie. Or nous savons tous que les sopranos aptes à tenir ce rôle abondent dans ce pays dévasté par la famine…

Le désir de voir les rôles représentant des membres d’une minorité interprétés par des acteurs issus de cette minorité conduit inévitablement à privilégier, pour éviter toute contestation, l’embauche de figurants juifs qui ont l’air juif, de figurants autochtones qui ont l’air indien, et ainsi de suite, perpétuant ainsi les stéréotypes à leur sujet.

Se cantonner dans les styles musicaux de sa race

À 99,9%, ce que nous appelons la musique classique est le patrimoine musical de Blancs européens.

Chez les Francophones du Québec, absolument personne n’oserait accuser la soprano noire Marie-Josée Lord d’appropriation culturelle.

Si cette accusation était portée par un collègue chanteur, celui-ci serait accusé de racisme et immédiatement congédié.

Le critique musical blanc du Montreal Gazette estime au contraire que l’appartenance à la race détermine les styles musicaux qu’on peut interpréter.

Il soutient cette thèse raciste depuis des années sans que son quotidien n’y voit d’objection.

Culturellement, les Noirs ne forment pas un tout homogène. Par exemple, le reggae fait partie du patrimoine culturel des Noirs jamaïcains alors que le hip-hop fait partie de celui des Noirs américains.

Il en découle que le classique, le folk, le country et le western sont bons pour les Blancs, le reggae pour les chanteurs noirs jamaïcains, la musique créole pour les Noirs haïtiens, et à peu près tout le reste pour les Noirs américains.

Ce critique peut bien accuser Elvis Presley et les Rolling Stones d’appropriation culturelle. Mais ce qu’il oublie de dire, c’est qu’à chaque fois qu’un Blanc interprète la chanson d’un Noir, ce dernier reçoit des royautés. À moins que cette chanson ne soit tombée dans le domaine public.

Poussant plus loin l’anathème, ne peut-on pas trouver inacceptable que des radiodiffuseurs blancs s’enrichissent sur le dos des Noirs en diffusant leur musique ? N’y a-t-il pas là appropriation culturelle ?

Donc le concept de l’appropriation culturelle, née d’une volonté d’avantager les acteurs noirs injustement sous-représentés au théâtre et au cinéma, correspond inversement à un boycottage raciste des créateurs de la minorité noire par les interprètes et les radiodiffuseurs de la majorité blanche américaine lorsqu’on l’applique au domaine de la musique.

J’invite les lecteurs bilingues de ce blogue à consulter les textes en référence qui témoignent de la pensée de ce critique.

Je soupçonne qu’il est à l’emploi du Montreal Gazette en dépit de son racisme parce qu’il participe avec zèle au dénigrement et au mépris des francoQuébécois que propage son quotidien.

Son importance vient du fait qu’il est au cœur de la controverse au sujet de SLĀV.

Il existe une multitude de publications anglophones. Mais la communauté anglophone de Montréal n’est desservie que par un seul quotidien local dont il est le critique officiel en matière d’arts et spectacles.

Or le thème de l’appropriation culturelle est sa marotte; chez lui, c’est un thème récurrent depuis des années. Avec les conséquences qu’on voit chez les jeunes angloMontréalais blancs qu’il influence.

Références :
Dunlevy: Jazz fest cancels SLĀV, but questions remain
Dunlevy: SLĀV director Robert Lepage just doesn’t get it
Jazz fest review: SLĀV misses the mark, and precious opportunity
Jazz Fest: SLĀV isn’t cultural appropriation, singer Bonifassi says
Opinion: SLĀV: Whose songs are these to sing?

Paru depuis :
Appropriation culturelle et rapports de domination (2018-07-10)

Appropriation culturelle et néonazisme
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Écrit par Jean-Pierre Martel


‘Shame!’ ou l’expression du mépris

6 juillet 2018

Introduction

C’est sous les huées et aux cris de ‘Shame!’, que les personnes venues assister au spectacle SLĀV ont été prises à partie récemment par des jeunes anglophones devant le Théâtre du Nouveau Monde.

Indépendamment de savoir qui a tort et qui a raison, on doit se demander qu’est-ce qui motive un groupe majoritairement blanc à dénoncer violemment une ‘appropriation culturelle’ alors que, dans ce cas-ci, cela ne les concerne pas ?

L’explication simpliste, qu’on lit partout ces jours-ci, c’est qu’il agit de ‘gauchistes extrémistes’ auxquels on attache trop d’importance.

Au contraire, je pense que l’agressivité des protestataires repose sur quelque chose de plus profond et qu’il y aurait tout lieu de s’en inquiéter.

Le formatage des esprits

Ceux qui participent à des forums de discussion les choisissent en fonction des sujets qu’ils abordent.

Dans le cas des forums d’idées, ils sont une occasion de rencontrer des alter ego, c’est-à-dire des personnes avec lesquels il est facile d’établir une communion d’esprit.

L’intervenant est incité à adopter l’opinion dominante du groupe par l’attribution de ‘J’aime’. Ceux-ci correspondent à une rétroaction positive comme l’est la friandise donnée au caniche méritoire.

Or ces médias sociaux sont autopurificateurs. Dès qu’un intervenant publie un point de vue anticonformiste, la confrontation des idées n’est pas perçue comme stimulante mais plutôt comme une agression qui met en péril l’harmonie de la meute.

Sous les propos désobligeants, les insinuations malveillantes et les insultes, le déviant quittera finalement les lieux au grand soulagement de tous.

Et ceux qui auront le plus efficacement attaqué l’intrus seront perçus comme des héros.

Résultat : le forum de discussion, au lieu d’être une occasion d’élargir son esprit, devient un moyen d’ancrer ses préjugés.

Il est significatif que l’action militante des protestataires contre SLĀV ait pris forme sur les médias sociaux.

Le mépris envers les francoQuébécois

À juste titre, les jeunes angloQuébécois estiment qu’ils ont le droit d’être servis en anglais. Mais ils sont nombreux à oublier que leur droit de parler leur langue n’a plus préséance lorsque ce sont eux qui servent un client francophone.

Le Parti libéral est au pouvoir au Québec de manière presque continue depuis seize ans. Au cours de cette période, il n’a rien fait pour défendre et promouvoir le français au Québec.

Si bien qu’un nombre croissant de jeunes angloQuébécois ont perdu de vue leur statut minoritaire au Québec et se considèrent plutôt comme membre de la majorité anglophone du pays (ce qui est également vrai).

Ces jeunes ont entendu ad nauséam les propos regrettables tenus au soir d’une défaite référendaire. Au point d’ignorer à quel point tous les Québécois — y compris eux — sont redevables au premier ministre qui les a prononcés.

Ils ont lu tout le mal qu’on peut en dire du projet de Charte de la laïcité du PQ (auquel je me suis moi-même opposé).

Et ils ont appris avec horreur la nouvelle de l’attentat terroriste antimusulman de Québec.

Bref, depuis leur enfance, on leur décrit le peuple francoQuébécois comme consanguin, arriéré, xénophobe et raciste.

Dans leur esprit, la défense du français au Québec est associée à une lutte tribale contre le progrès.

Pour eux, l’extinction du peuple francoQuébécois est inévitable. Et dès que nous y serons résignés, la voie de la modernité deviendra plus harmonieuse pour tous.

À mon avis, c’est ce mépris profondément ancré qui explique la haine de ces jeunes anglophones contre les spectateurs francophones du TNM.

Le choix des mots est significatif : ‘Shame!’ se traduit littéralement par ‘Honte à vous’. Mais en réalité, il signifie ‘Je vous estime honteux, c’est-à-dire méprisables’.

L’agression n’est pas survenue à n’importe quel moment. On n’a pas défilé contre le TNM en matinée ou dans l’après-midi; on a choisi délibérément le moment précis où les abonnés se présentent pour le spectacle.

Certains spectateurs ont dû pénétrer au TNM sous escorte policière. Ce genre d’intimidation est inacceptable.

Derrière les spectateurs du TNM, c’est tout le peuple francoQuébécois qui est visé par le crachat des protestataires.

Conclusion

Si on m’apprenait que des idéologues fédéraux monitorisent les écrits publiés sur ce blogue, je leur adresserais le message amical suivant : retenez bien les chiens enragés qui tentent de nous intimider dans notre vie privée et notamment lorsque nous nous rendons au théâtre accompagnés d’un être cher. Ce n’est pas vrai que nous allons nous laisser traiter ainsi chez nous.

Nous avons encore de travers dans la gorge la constitution que vous nous avez imposée et qui nous empêche de mettre en application une laïcité minimaliste parfaitement acceptable aux yeux de la plupart des pays occidentaux.

Ceux à qui vous avez affaire, ce n’est plus de pauvres paysans illettrés traumatisés par une conquête militaire et le pillage de soldats anglais. Ce sont des citoyens parfaitement capables de former leur propre pays si vous les poussez à bout.

Sur le même sujet :
La controverse au sujet de SLĀV (2018-06-27)
Appropriation culturelle et néonazisme (2018-07-08)


Annexe : Le dénigrement par The Montreal Gazette :
Opinion: SLĀV: Whose songs are these to sing? (2017-11-30)
Dunlevy: Jazz fest cancels SLĀV, but questions remain (2018-07-04)
Jazz fest review: SLĀV misses the mark, and precious opportunity (2018-07-04)
Jazz Fest: SLĀV isn’t cultural appropriation, singer Bonifassi says (2018-07-04)
Dunlevy: SLĀV director Robert Lepage just doesn’t get it (2018-07-06)
Opinion: Why SLĀV’s cancellation was the right decision (2018-07-06)

‘Shame!’ ou l’expression du mépris
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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’OTAN et les élections québécoises

5 juillet 2018

Tout se tient.

En 2014, le gouvernement Harper s’est engagé à doubler les dépenses militaires du pays d’ici 2024.

C’est ainsi que le budget de la Défense passera de 1% à 2% du Produit intérieur brut canadien. En clair, c’est une dépense récurrente de quinze-milliards$ par année.

Comme le défunt contrat des chasseurs F-35, il est à prévoir qu’il s’agira pour le Canada d’acheter du matériel militaire américain pour lequel notre pays n’obtiendra que très peu de retombées économiques.

Pour une famille de quatre personnes, cela équivaut annuellement à 2 000$ de taxes et d’impôts supplémentaires. Et ce, alors que le risque de guerre mondiale est nul (la force militaire américaine étant cinq à dix fois supérieure à celle de la Russie).

Selon toutes les apparences, le gouvernement Trudeau entend respecter les engagements pris par le gouvernement Harper à ce sujet. Cela changera profondément la nature du Canada.

Puisque les États-Unis viennent de réduire substantiellement l’impôt des entreprises, l’État canadien n’aura pas d’autres choix que de diminuer le filet de protection sociale qui constitue une caractéristique fondamentale du pays.

Quel est donc le rapport avec les élections québécoises ?

Peu importe le parti qui remportera les prochaines élections provinciales, celui-ci devra renoncer à une bonne partie de ses projets lorsque le fédéral lui coupera progressivement les vivres d’ici 2024.

D’où la stupidité aberrante de toutes ces promesses de réduction de taxes par les partis de droite du Québec plutôt que de l’investir dans la réfection des écoles et des hôpitaux pendant que nous en avons encore les moyens.

Les compressions devenues nécessaires dans notre système de santé arriveront à un bien mauvais moment.

Le faible taux de chômage actuel au Québec s’explique par la mise à la retraite des babyboumeurs (ce qui rend leurs emplois disponibles à d’autres).

Mais dans cinq ou dix ans, débutera leur perte d’autonomie. D’où l’explosion des couts que leur état de santé requerra.

Un nombre croissant d’entre eux devront être placés dans des centres d’hébergement qui sont déjà en décrépitude et que nous n’auront pas restaurés, préférant profiter de réductions de taxes promises par certains politiciens.

En manque d’argent, peut-être regrettons-nous alors notre négligence à nous intéresser au gaspillage militaire du pays quelques années plus tôt…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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