La petite fille aux trottinettes

16 août 2019
Trottinettes Lime
Détail d’une trottinette

Tambours et trompettes

La mairesse de Montréal, Mme Valérie Plante, annonçait plus tôt cette semaine l’arrivée des 430 premières trottinettes électriques de marque Lime.

Selon la publicité tapageuse qui a précédé leur commercialisation, ces véhicules seraient les prototypes d’une micromobilité qui devrait améliorer la circulation, générer des milliards de dollars à travers le monde et paver la voie aux villes du futur.

Le ‘buzz’ médiatique

De nos jours, il n’y a pas de publicité plus économique que de créer un ‘buzz’ sur les médias sociaux.

Avant d’aborder ce ‘buzz’, précisons qu’une recherche à l’ordinateur basée sur les mots ‘danger des trottinettes électriques’ génère quatre fois moins de résultats avec Google (propriétaire de Lime) qu’avec Yahoo (qui n’est pas impliqué dans le commerce des trottinettes électriques).

Depuis longtemps, les compagnies américaines ont compris que contrôler l’information, c’est contrôler la pensée.

La micromobilité

La micromobilité est née avec l’apparition des premiers êtres unicellulaires capables de se déplacer dans les océans, il y a des millions d’années.

Améliorer la circulation

Selon les experts, ce sont les piétons et non les automobilistes qui constituent principalement le marché cible des trottinettes électriques.

C’est donc à dire que dans les villes qui leur permettent de circuler dans les rues, elles s’ajoutent aux autos qui y circulent et aggravent la circulation et non le contraire. Ce sera le cas à Montréal.

À Paris, ce sont vingt-mille de ces engins qui y ont créé l’anarchie, causant un mort et de nombreux blessés. En colère, le maire du treizième arrondissement a fait envoyer à la fourrière toutes les trottinettes qui trainaient sur les trottoirs de son quartier.

À Montréal, les autorités municipales comptent limiter le déplacement des trottinettes aux pistes cyclables et aux rues où la vitesse maximale est de 50 km à l’heure, soit une bonne partie des voies de circulation, où leur lenteur (à 20 km/h) fera rager les automobilistes.

La ville espère que les trottineux termineront leur course à l’une des aires de stationnement et feront le reste à pied jusqu’à leur destination finale.

Puisque tous ces engins sont équipés d’un géolocalisateur, il aurait été très facile de faire en sorte que les trottinettes refusent de s’aventurer là où elles sont interdites (puisqu’on peut les inactiver à distance).

Mais une telle exigence n’est pas venue à l’esprit des responsables municipaux.

Ces derniers se fient au le civisme des trottineux, une chose qui n’a pas été observée dans les villes où ces engins ont été permis, mais qui existe peut-être dans une lointaine galaxie.

Il aurait été plus sage d’obliger Lime à rendre impossibles les comportements fautifs. Pour une ville comme Montréal, qui aspire à devenir un centre mondial de l’intelligence artificielle, ce manque d’imagination fait dur.

La richesse, quelle richesse ?

Exemptés d’immatriculation, les trottinettes génèreront des milliards de dollars, nous dit-on, sans préciser pour qui.

Des règlements municipaux inapplicables

À Lisbonne, pour chaque appareil laissé sur le trottoir, l’opérateur (c’est-à-dire la compagnie) se verra imposer une amende de 60 à 300 euros.

Mais comment prouver la culpabilité de Lime ?

Dans le cas d’une voiture mal garée, la faute incombe toujours à celui qui l’a stationnée. Après avoir bloqué les roues à l’aide du levier de vitesses (mis à ‘Park’), il est très difficile de déplacer une voiture.

Dans le cas d’une trottinette, on peut la soulever et la déplacer très facilement.

À Marseille, des malfaiteurs se sont amusés à jeter des trottinettes électriques à la mer.

À Montréal, on peut imaginer que des activistes antiembourgeoisement ou anticapitalistes puissent être tentés de s’attaquer à ces joujoux pour jeunes bourgeois branchés en les jetant n’importe où. Comment la ville prouvera-t-elle la culpabilité de la compagnie ou de ses clients ?

De plus, la ville exige que les trottinettes soient laissées dans des aires de stationnement prévues à cet effet, au nombre maximal de quatre trottinettes par emplacement.

Que fera le policier lorsqu’il voit plus de quatre trottinettes stationnées à un même endroit ?

D’après ce que j’ai compris, la contravention sera adressée à Lime qui, à son tour, se chargera de punir l’utilisateur. C’est simple.

Imaginez maintenant que vous êtes policier alors que le marché montréalais aura cessé d’être un monopole; vous êtes en présence de cinq trottinettes provenant de trois opérateurs différents. Laquelle de ces trottinettes est excédentaire ? En d’autres mots, à qui envoyez-vous la contravention ?

Euh…

Pour ce qui est de l’obligation de stationner les trottinettes en position debout, perpendiculairement au trottoir, comment savoir si elles ne sont pas tombées comme des dominos à cause d’un gros coup de vent ou d’un enfant espiègle ? La ville doit punir qui ?

Euh…

« Notre règlementation est la plus sévère au monde » déclarent les dirigeants municipaux montréalais. C’est bien possible, mais c’est insuffisant puisque les seuls bons points de leur politique sont l’obligation du port du casque et la vitesse plafonnée à 20 km à l’heure.

Le reste, c’est du vent.

Le filtre Ferrandez

Appliqué aux décisions municipales, le filtre Ferrandez consiste à ne permettre une nouveauté que si elle est meilleure pour l’environnement que ce qu’elle remplace.

À la place de l’automobile, la trottinette électrique est évidemment meilleure pour l’environnement. Malheureusement, le public cible des trottinettes électriques, ce sont les piétons et les cyclistes.

Or la différence fondamentale entre ces derniers et la trottinette, c’est la pile électrique.

En Europe, un constructeur automobile qui souhaite commercialiser une voiture électrique doit s’assurer qu’il existe une filière de collecte et de recyclage de ses piles sur le territoire de commercialisation.

Encore là, imposer cette exigence aux trottinettes électriques n’est pas venue à l’esprit des responsables municipaux.

Quelle est la durée de vie d’une trottinette électrique ? Que fera Lime de ses vieilles trottinettes en fin de vie ?

Pour ce qui est de la durée de vie d’une trottinette, il y a très peu de données disponibles pour l’instant; elle serait d’un à quatre mois.

Tous les utilisateurs d’appareils mobiles savent que ceux-ci peuvent être rechargés beaucoup plus que 120 fois. Si les trottinettes électriques sont à ce point éphémères, c’est en raison de la piètre qualité de leurs matériaux.

Ce sont des produits de consommation de masse qui ne sont pas faits pour résister à un usage intensif; on les utilise quelques centaines de fois et on les jette.

Trottinette inopérante après quatre jours d’utilisation

Ils sont comme cette camelote que le Japon fabriquait en des millions d’exemplaires au sortir de la Seconde Guerre mondiale, à l’époque où ‘Made in Japan’ voulait dire ‘de basse qualité’.

Quant au sort des piles en fin de vie, les dirigeants de la ville n’ont imposé aucune exigence. Tout est basé sur l’autodiscipline de la compagnie. Comme à Lac-Mégantic, où le gouvernement fédéral se fiait niaiseusement à l’autodiscipline du transporteur ferroviaire.

Les dirigeants de Lime sont des étrangers qui ne sont redevables qu’à leurs actionnaires. La protection des nappes phréatiques du Québec est le moindre de leurs soucis.

C’est à nos dirigeants politiques qu’incombe la responsabilité de protéger le territoire national.

Lorsque les vieilles trottinettes Lime seront devenues des citrons, il est plus économique de les envoyer au rebut. Laissées à l’abandon, ces piles libèreront leur contenu toxique qui migrera inévitablement dans le sol.

Lorsque cela arrivera, nos dirigeants municipaux feront semblant d’être surpris ou blâmeront leurs prédécesseurs.

Ce que ces dirigeants doivent faire, ce n’est pas de prévoir des amendes puisqu’il suffira à Google de mettre la clé dans la porte de sa succursale Lime pour éviter de les payer. En effet, Lime est une entité juridique indépendante de Google même si cette dernière en est propriétaire.

Nos dirigeants doivent exiger trois choses :
• la traçabilité des piles à trottinettes,
• l’obligation de créer une filière de recyclage à leur sujet, et
• l’imposition d’une consigne afin de motiver Lime à s’acquitter de ses responsabilités environnementales.

Conclusion

Ici comme ailleurs, la règlementation montréalaise des trottinettes électriques est teintée d’amateurisme et de précipitation.

Cédant au ‘buzz’ médiatique créé par le grand capital international, la ville a accouché d’une règlementation essentiellement inapplicable et dépourvue de la moindre considération environnementale.

Références :
La trottinette électrique en libre-service arrive à Montréal
Les trottinettes en libre-service ont-elles un avenir sur nos trottoirs en 2019 ?
Les «trottineux»
Marseille: des dizaines de trottinettes jetées à la mer, les opérateurs réagissent
Nashville considers banning e-scooters as Calgary, Edmonton prepare to welcome them
Puis-je circuler sur la chaussée en trottinette électrique?
Trottinettes électriques : attention, danger !
Trottinettes électriques: ces grandes villes en guerre contre «l’anarchie»
Trottinette motorisée ou non, quelques règles à suivre
Un étudiant bruxellois aveugle dénonce le danger des trottinettes électriques sur les trottoirs

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le plomb dans l’eau potable des écoles

13 août 2019


 
Introduction

En février 2019, l’Institut national de Santé publique du Québec (INSPQ) publiait un rapport au sujet de la présence de plomb dans l’eau potable des écoles et garderies du Québec.

Ce rapport a été rendu public le mois dernier.

Puisque la nouvelle année scolaire débutera dans quelques semaines, que doit-on en penser ?

Résultat des études

Il n’existe pas de seuil en deçà duquel le plomb est inoffensif; à n’importe quelle dose, il est neurotoxique. Évidemment, il l’est moins à dose faible.

Depuis l’interdiction de l’essence au plomb, de la peinture au plomb et des canalisations en plomb, les taux de plomb dans le sang des Canadiens ont diminué de 70 % entre 1978 et 2013.

Chez les enfants, les taux moyens de plomb dans le sang sont de 0,67 µg par décilitre au Canada et 1,0 µg/dl au Québec. Cette différence résulte de l’exposition plus grande au Québec à l’ensemble des sources possibles.

Puisque ce contaminant est omniprésent dans notre environnement, les organismes sanitaires ont adopté arbitrairement des taux maximums à ne pas dépasser dans l’eau du robinet.

Au Canada, ce seuil était autrefois de 25 µg/l, réduit à 10 µg/l en 2013 et réduit de nouveau à 5 µg/l en mars 2019 (soit après la rédaction du rapport de l’INSPQ).

Cette norme est trompeuse puisque les taux sont mesurés après avoir fait couler l’eau pendant cinq minutes, ce qu’à peu près personne ne fait dans la vraie vie.

De 2013 à 2016, on a fait des prélèvements dans 436 écoles et garderies du Québec. Le dépassement de l’ancienne norme de 10 µg/l a été observé dans 3 % des établissements et dans 8,5 % des cas lorsqu’on applique la nouvelle norme plus sévère de 5 µg/l.

Le pire cas (350 µg/l) avait été observé dans une garderie. Le rapport ne précise pas s’il s’agit d’une garderie publique ou privée. On a aussi mesuré 174 µg/l dans le cas d’une école.

Qu’arrive-t-il si on mesure le plomb sans laisser couler l’eau pendant 5 minutes ?

À Québec, en 2015-2016, des prélèvements effectués dans 29 écoles ont révélé une médiane très faible dans l’eau de premier jet (moins de 2 µg/l). Toutefois, dans un cas, on a mesuré une concentration de 559 µg/l.

À Montréal, en 2017, une étude effectuée auprès de 51 écoles a mesuré une médiane de 4,5 µg/l dans l’eau de premier jet et un dépassement de la teneur de plomb de 10 µg/l dans 15,7 % des cas. Le maximum mesuré fut de 20 µg/l.

Ailleurs au pays, les taux médians sont habituellement plus faibles qu’au Québec, mais les valeurs excessives sont parfois stratosphériques (par exemple, 13 200 µg/l).

Contribution relative du plomb scolaire

Il existe de nombreuses sources de plomb dans notre environnement.

On en trouve dans l’eau potable domestique. Il y en a dans la poussière de peinture au plomb libérée lorsqu’on détruit une maison ou qu’on décape un vieux meuble.

La littérature scientifique démontre que chez les enfants âgés entre 6 mois et 7 ans, les sols et les poussières constituent la principale source d’exposition au plomb, et non l’eau potable (sauf dans le cas des teneurs très élevées).

On sait avec certitude qu’il existe une corrélation inverse entre les taux sanguins de plomb et le quotient intellectuel. On sait que le plomb dans les breuvages et la nourriture fait augmenter les taux sanguins. La grande inconnue concerne l’importance relative de l’apport alimentaire parmi toutes les sources possibles.

En somme, il faut réduire la teneur du plomb dans l’eau potable. Mais ce n’est pas parce que l’eau potable d’une école dépasse la norme fédérale actuelle (5 µg/l) qu’il faut condamner ses robinets.

Voilà pourquoi l’INSPQ estime que la réduction du plomb dans l’eau potable des écoles doit être poursuivie sans qu’il soit nécessaire d’adopter des mesures exceptionnelles et urgentes.

Plus de transparence S.V.P.

L’INSPQ a choisi de taire le nom des établissements dans lesquels des concentrations excessives de plomb ont été observées afin de ne pas provoquer de panique ou des comportements ‘irrationnels’ chez les parents concernés.

Est-ce irrationnel de vouloir éviter que son enfant boive de l’eau qui dépasse de 70 fois la teneur maximale recommandée ?

Pour un décideur public, cacher la vérité est une solution de facilité qui trahit un mépris du peuple.

Une réaction parentale irrationnelle serait, par exemple, de changer son enfant d’école ou de le retirer du système public afin de l’envoyer au privé ou de faire son éducation à domicile.

Dans les faits, il est facile de faire comprendre à ce parent qu’il suffit de donner à son enfant de l’eau embouteillée ou traitée par un système capteur de métaux lourds.

De plus, la révélation des noms des écoles et garderies fautives oblige ces institutions à agir. Une pression qu’elles n’ont pas lorsqu’on cultive le secret.

Selon la professeure Michèle Prévost de l’école Polytechnique de Montréal, dans 95% des cas, lorsqu’il y a trop de plomb dans l’eau potable, le problème se situe dans les 50 derniers centimètres de la robinetterie. Donc il n’est pas nécessaire de changer toute la tuyauterie de l’école.

De plus, on peut très bien changer un nombre limité de robinets par étage et indiquer clairement que seuls ceux-ci peuvent servir d’abreuvoirs.

On peut donc remettre à plus tard l’intention de changer les robinets qui ne servent qu’à se laver les mains ou à prélever l’eau des employés responsables de l’entretien.

Références :
Des taux inquiétants de plomb dans l’eau des écoles
Eau contaminée: Legault est préoccupé, mais pas alarmé
Nos écoles ont du plomb dans l’eau
Plomb
Présence de plomb dans l’eau des écoles et des garderies
Recommandations pour la qualité de l’eau potable au Canada
Silences de plomb

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?

11 août 2019

La Chine, bientôt première puissance mondiale

Pendant plus de mille ans, la première puissance mondiale fut la Chine. À cette époque, les caravaniers et les marins transportaient les épices, la soie et la porcelaine chinoises aux quatre coins du monde.

En 1820, au sommet de sa puissance, le produit intérieur brut de la Chine représentait 32,9 % de l’économie mondiale. Comparativement, les États-Unis représentent de nos jours un peu moins de 20 % de l’économie mondiale.

En 1870, grâce à l’invention de la machine à vapeur et au pillage des richesses de leurs colonies, les pays européens étaient devenus les plus riches du monde.

L’hégémonie de la Chine

À l’époque où la Chine dominait le monde, celle-ci n’a jamais cherché à exporter son modèle hiérarchisé d’organisation sociale — Empereur, mandarins, fonctionnaires choisis par examens parmi les lettrés — mais s’est plutôt contentée de s’enrichir aux dépens de ses clients.

La Chine n’a cherché à exporter son mode de gouvernement que sous Mao Zedong. C’est sous son règne que la Chine s’est emparée du Tibet.

Aux autres époques, lorsque le territoire chinois s’est agrandi, c’était toujours lorsque des peuples voisins ont fait la conquête de la Chine et non l’inverse puisque la Chine n’a jamais gagné une seule guerre de son histoire.

Jusqu’aux guerres de l’opium (au XIXe siècle), les envahisseurs de la Chine étaient toujours assimilés par ce pays, émerveillés par sa civilisation au point de devenir plus chinois que les Chinois eux-mêmes.

C’est ainsi que la dernière dynastie chinoise est celle des Qing (1644-1911), d’origine mandchoue et non chinoise.

La revanche chinoise

Deuxième puissance mondiale, la Chine deviendra la première dans quelques années. Doit-on s’en inquiéter ?

Les États-Unis soutiennent que l’émergence de la Chine est basée sur la tromperie et le vol de la propriété intellectuelle détenue par des entreprises occidentales.

Cela a déjà été vrai. Effectivement, pendant des années, les dirigeants occidentaux ont toléré la piraterie chinoise en contrepartie de l’accès au marché de ce pays.

De nos jours, les choses sont plus complexes.

Recherche et développement

Selon le World Intellectual Property Indicators 2012, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde en 2011, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).

Cette première place, la Chine l’a perdue puis regagnée depuis.

En 2015, le nombre de brevets chinois était supérieur au total des brevets américains, japonais, coréens et européens.

Les études supérieures

Aux États-Unis, il existe un grave problème d’accessibilité économique aux études supérieures. En 2017, les établissements américains d’enseignement supérieur (lycées, universités, écoles spécialisées) ont décerné 3,9 millions de diplômes (dont plus d’un demi-million à des étudiants étrangers).

En 2012, les universités chinoises décernaient 6,2 millions de diplômes, sans compter les 800 000 étudiants chinois diplômés à l’Étranger.

Gaspillage militaire vs investissements structuraux

Les États-Unis ont fait la guerre en Corée de 1950 à 1953.

Ils ont fait la guerre au Vietnam de 1955 à 1975.

Ils ont fait la guerre du Golfe en 1990 et 1991.

Ils ont participé à la guerre au Kosovo en 1998 et 1999.

Ils ont fait la guerre en Afghanistan de 2001 à 2014.

Ils ont fait la guerre en Irak une seconde fois de 2003 à 2011.

Ils ont abattu le régime de Kadhafi en 2011, livrant la Libye au chaos et à l’anarchie depuis.

Ils ont fait la guerre en Syrie depuis 2011.

Et maintenant, ils provoquent l’Iran.

Sans y prendre part directement, ils ont soutenu la guerre Iran-Irak (de 1980 à 1988), les guerres en Yougoslavie (de 1991 à 2001), la guerre en Tchétchénie (de 1994 à 2000), la guerre du Donbass (en Ukraine, depuis 2014).

Bref, selon l’avis de l’ex-président Jimmy Carter, les États-Unis ne sont rien de moins que la nation la plus belliqueuse de l’histoire de l’humanité.

Pendant ce temps, la Chine n’a joué un rôle important que durant la guerre en Corée. Son rôle fut très secondaire ou insignifiant dans les autres conflits.

Conséquemment, depuis 1979, les États-Unis ont dépensé 3 000 milliards de dollars en dépenses militaires.

De son côté, la Chine a construit près de 30 000 km de chemins de fer à grande vitesse, mis sur pied le plus vaste réseau de tours de transmission de téléphonie 5G, construit des ponts, des routes, modernisé ses infrastructures et construit des millions de tours résidentielles (dont beaucoup sont encore inoccupées).

Bref, la Chine a préparé l’avenir.

La guerre économique

Par le biais de décrets présidentiels et le réseau d’espionnage révélé par Edward Snowden, les États-Unis livrent une guerre économique à tous les pays avec lesquels ils font affaire et n’hésitent pas à saboter l’économie de leurs alliés, dont la France.

Pendant ce temps, la Chine utilise la diplomatie et son pouvoir de dépenser pour établir des partenariats économiques en vue de créer une nouvelle route de la soie et déployer sa stratégie dite du ‘Collier de perles’.

Il s’agit de deux aspects d’une même volonté de domination hégémonique par la douceur.

Parallèlement, la Chine est devenue le principal créancier du gouvernement américain, étant détentrice de la majorité des bons du Trésor américain. Or jamais la Chine n’a exigé que les États-Unis deviennent communistes ni exigé qu’ils modifient leur politique étrangère.

Il est douteux que les États-Unis auraient laissé le choix à la Chine si c’était l’inverse.

Un pouvoir autoritaire

Le taux d’incarcération est moindre en Chine qu’aux États-Unis puisque ces derniers ont le taux le plus élevé au monde.

Les États-Unis représentent 5 % de la population mondiale mais abritent 25 % des prisonniers de la planète, soit deux-millions de personnes.

D’autre part, lorsque de jeunes enfants sont séparés de leurs mères et meurent en captivité par manque de soin, tout gouvernement qui utilise officieusement ce moyen pour décourager l’immigration clandestine ne peut pas se prétendre champion des droits de l’Homme.

En somme, il serait temps qu’on réalise que depuis l’élection de Donald Trump, les États-Unis ont emprunté la même pente dangereuse que celle empruntée par l’Allemagne dans les années 1930.

Communiste ou impériale, la Chine a traversé trop de guerres civiles au cours de son histoire pour accepter d’exercer autre chose qu’un pouvoir autoritaire sur son propre peuple.

Si on devait nous dire qu’il existe un gouvernement qui n’hésite pas à crever des yeux, casser des dents, briser des mâchoires et provoquer des commotions cérébrales pour rétablir l’ordre, personne ne serait surpris d’apprendre qu’il s’agisse du gouvernement chinois.

Pourtant c’est précisément ce qu’a fait le gouvernement libéral pour réprimer le Printemps érable au Québec.

Et sans avoir suivi le cas des Gilets jaunes, j’ai cru comprendre que l’État français avait également utilisé des armes à mortalité réduite contre certains de ses citoyens.

En Israël, les soldats tirent sur les manifestants palestiniens avec des balles réelles. L’Espagne n’y va pas de main morte contre l’expression de la démocratie catalane.

Bref, quand il s’agit de rétablir l’ordre, plus un État se sent menacé, plus il réagit de manière autoritaire.

La Chine n’est pas différente.

Conclusion

De toute évidence, la Chine profite de l’attitude belliqueuse et ruineuse des États-Unis pour établir tranquillement les bases de sa puissance industrielle et commerciale.

Que sera son attitude une fois devenue No 1 mondial ? Personne ne le sait.

Tout ce qu’on sait c’est que la Chine sera alors la première puissance économique sans être la première puissance militaire.

Or le pays le plus puissant pourrait être dirigé par quelqu’un psychologiquement instable, atteint de graves problèmes de la personnalité, et dépourvu de scrupule à recourir au mensonge et à la haine afin de parvenir à ses fins.

Bref, si un pays devait déclencher une guerre mondiale d’ici quelques années, ce ne sera pas la Chine.

Références :
Détention d’enfants migrants : une tête tombe en plein scandale aux États-Unis
Carter, Trump, Trudeau et les armes
La Chine championne du monde des dépôts de brevet
La Chine, dragon de l’innovation
Les guerres de l’opium du 19e siècle en Chine
Liste historique des régions et pays par PIB
Nombre de diplômes de l’enseignement supérieur obtenus aux États-Unis entre 1950 et 2029 (en milliers)
Tirs de balles de plastique : attend-on de tuer quelqu’un ?
Universités aux États-Unis

Paru depuis :
Comment peut se terminer la crise à Hong Kong? (2018-08-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sort des piles au lithium mortes

9 août 2019
BMW i8 hybride

Un demi-siècle de mise au rebut

On peut recycler le papier, le verre, et la majorité des plastiques. Voilà pourquoi il est possible d’acheter du papier recyclé et des produits de consommation vendus dans des contenants de verre ou de plastique recyclé.

Qu’en est-il des piles au lithium ?

Depuis leur mise en marché en 1970, il s’est vendu des dizaines de milliards de piles au lithium.

Un demi-siècle plus tard, est-il possible d’en acheter qui soient non seulement rechargeables, mais également recyclées ? Non. Pourquoi pas ?

Il n’existe pas de barrière technologique qui empêche ces piles d’être recyclées. Malgré cela, seulement 10 % des piles au lithium mises au rebut le sont, les 90 % restantes sont incinérées ou enfouies avec les déchets domestiques.

Lors d’essais en laboratoire, on peut extraire 95 % du cobalt, du nickel et du cuivre, et s’en servir pour fabriquer des piles neuves.

Si on exclut les piles des voitures électriques — trop récentes pour avoir donné naissance à une industrie du recyclage — pourquoi recycle-t-on si peu les milliards de piles qui alimentent nos petits appareils électriques autonomes depuis 50 ans ?

C’est que leur composition est en constante évolution.

La course au progrès

Dans les laboratoires de recherche d’un fabricant de piles au lithium, si on découvre que l’ajout d’une partie par million de molybdène augmente la durée des piles, on ajoutera du molybdène à la première occasion.

Quelque temps plus tard, si on découvre qu’un peu plus de cadmium ou de manganèse augmente encore plus la durée, on en augmentera leur teneur. Et ainsi de suite.

Prendre un lot de piles mortes, en extraire le contenu et purifier parfaitement chacun de ses ingrédients chimiques, cela n’est rentable que lorsqu’il s’agit d’extraire des métaux précieux qui seront utilisés pour fabriquer des appareils électroniques dispendieux.

Mais tout séparer pour ensuite faire l’inverse, c’est-à-dire tout mélanger de nouveau, cela n’est pas rentable quand il s’agit de fabriquer des piles neuves bon marché.

Ce qui pourrait être rentable, c’est d’homogénéiser le contenu d’une grande quantité de piles, d’en faire l’analyse et d’ajouter les ingrédients qui se trouvent en quantité insuffisante.

Malheureusement, cela n’est simple qu’à la condition que tout ce qui distingue les vieilles recettes des nouvelles, ce soient des ajouts. Qu’arrive-t-il lorsque le fabricant s’est rendu compte qu’un ajout était une erreur, corrigée depuis ?

Retirer un ingrédient en trop, cela rend toute l’opération non rentable.

Voilà pourquoi personne ne vend des piles recyclées.

Les piles de voitures électriques

En Europe, un constructeur automobile qui souhaite commercialiser un véhicule électrique doit s’assurer qu’il existe une filière de collecte et de recyclage de ses piles sur le territoire de commercialisation.

En France, la Société nouvelle d’affinage des métaux (SNAM) assure la collecte, le recyclage et la traçabilité des piles au lithium en fin de vie que les fabricants lui feront parvenir.

En Amérique du Nord, il n’existe aucune exigence quant au recyclage des piles des voitures électriques.

La désinformation des médias québécois

Au Québec, le danger des piles au lithium est un sujet tabou.

Récemment, une Hyundai Kona EV non branchée a explosé dans le garage d’une résidence de l’Ile-Bizard, dans l’ouest de Montréal.

Les articles publiés par Radio-Canada à ce sujet se terminent par la phrase : « Environ 6 000 voitures à essence prennent feu en moyenne chaque année au Canada

Cela suggère que l’explosion d’une voiture est une chose normale.

En réalité, les voitures à essence peuvent exploser à la suite d’une collision, lorsqu’on y met le feu, ou lorsqu’une bombe est placée à bord. Autrement, cela n’arrive jamais.

Mettez mille voitures à essence au gros soleil dans n’importe quel stationnement du Québec et aucune d’entre elles n’explosera spontanément.

Cette infantilisation fait en sorte que toute critique à l’égard des voitures électriques est perçue comme une attitude réactionnaire face au progrès.

Autre conséquence : aucun parti politique du Québec n’a l’intention d’obliger le recyclage des piles des voitures électriques et personne n’a pensé à imposer une consigne pour motiver les propriétaires à ramener aux concessionnaires les véhicules électriques en fin de vie.

Il serait temps d’y penser…

Références :
Hyundai enquêtera sur l’explosion d’une de ses voitures électriques à Montréal
La ‘batterification’ des transports
Le défi de recycler la batterie d’une voiture électrique
Les limites pratiques du recyclage des batteries au lithium
Récupération par voie hydrométallurgique des métaux à partir des déchets de piles mélangées
Recyclage des batteries
SNAM recyclera les batteries Honda
Vers le recyclage des batteries de véhicules électriques

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les tribunaux et la vieille au déambulateur

7 août 2019

La victime enneigée

Le 15 février 2014, la police reçoit un appel : un citoyen signale la présence d’une dame légèrement vêtue qui avance péniblement dans la neige avec son déambulateur.

Dès qu’elle prend place dans l’auto des patrouilleurs, la dame grelotante se met à leur raconter l’enfer qu’est devenue sa vie. De ses lèvres à moitié gelées, les mots se bousculent comme s’il ne lui restait plus que quelques minutes pour dévoiler le complot dont elle aurait été victime.

Arrivés au poste, les policiers mettent un manteau chaud sur ses épaules et lui offrent un café. Le récit de la dame est clair. Elle a les noms. Elle se rappelle précisément des dates. Tout est parfaitement logique.

Mais est-ce bien la vérité ? Les policiers disent à la dame qu’ils n’ont pas de motif pour la garder prisonnière. Conséquemment, ils doivent la retourner à l’hospice où elle demeure.

Mais Veronika Piela (c’est son nom) menace de se suicider si on la ramène là. Le policier qui l’interroge lui promet de retourner la voir dans quelques jours. La vieille dame n’est pas rassurée. Un deuxième policier réitère cette promesse, Puis un troisième.

La vieille dame finit par accepter. Seule sur la banquette arrière de l’auto de police qui la ramène vers l’hospice, la vieille dame pleure en silence.

De retour au poste, on hésite. Les policiers ne connaissent pas l’état psychologique de cette personne. Celle-ci a 90 ans. Le centre où elle se dit enfermée contre son gré jouit d’une excellente réputation.

A-t-on affaire à un délire paranoïaque causé par une dégénérescence cérébrale ? Ce qui est normal à un âge avancé, croient les policiers.

Afin de clore le dossier, les policiers retournent à l’hospice pour consigner les raisons qui y justifient l’admission de Mme Piela. Et ils en profitent pour recueillir de nouveau la version des faits de la plaignante.

Son récit est identique à celui raconté au poste de police.

Les soupçons

De tous les détails avancés par la vieille dame, le plus facile à vérifier est l’interdiction dont elle se dit victime de pouvoir communiquer avec l’extérieur.

« C’est exact » admettent d’emblée les dirigeants du centre.

Mais pourquoi la prive-t-on de ce droit ?

C’est que la vieille dame est en train de dilapider toute sa fortune; elle a déjà donné 800 000$ a un prêtre orthodoxe qui profite de sa naïveté.

C’est du moins ce qu’affirment la nièce de Mme Piela et une travailleuse sociale.

Quand les policiers demandent de quelle manière l’hospice a vérifié le lien de parenté de la soi-disant ‘nièce’, tout le monde réalise qu’on s’est fié à la parole de celle qui prétendait l’être. Les deux femmes avaient des accents qui se ressemblaient. On n’a pas cherché plus loin.

Autre anomalie : le diagnostic d’Alzheimer au dossier de Mme Piela. En supposant que celle-ci soit paranoïaque, il est clair qu’elle possède une excellente mémoire, même pour les faits récents.

Alors on estime approprié de demander une seconde expertise. Une des sommités en gériatrie rattachée à l’Hôpital général de Montréal conclut que Mme Piela, en dépit de son âge, est parfaitement capable de s’occuper de ses affaires.

Deux mois plus tôt

Le 19 décembre 2013, Anita Obodzinski se présente à la Cour. Elle a en main un mandat d’inaptitude concernant Mme Piela.

Cette dernière l’a désignée comme mandataire à l’époque où elle était encore saine d’esprit. Mais puisque l’état mental de cette dernière s’est dégradé irrémédiablement, Anita Obodzinski se présente en Cour supérieure afin d’obtenir les pleins pouvoirs que lui confère ce mandat.

La demande s’appuie sur un rapport psychosocial signé par une travailleuse sociale et un diagnostic d’Alzheimer sévère établi par un médecin. Tous ces documents sont certifiés par un avocat.

La loi exige que la personne qu’on veut faire déclarer inapte soit interrogée par le juge, le greffier ou le notaire qui prendra la décision à son sujet.

Mais devant les ‘preuves’ accablantes présentées par Anita Obodzinski et l’urgence de la situation — Mme Piela pourrait mettre le feu accidentellement à son appartement à tout moment — un greffier accorde le mandat, étampé par un juge peu de temps après.

Mme Piela ignore tout du complot qui se prépare puisque le mandat qu’elle aurait signé est un faux.

Entretemps, la travailleuse sociale se rend au poste de police de l’arrondissement pour demander qu’on sorte d’urgence Mme Piela de son appartement afin de la placer dans un hospice sécurisé.

Toutefois, elle ne le fait pas au nom des services sociaux mais à titre personnel puisqu’elle travaille au privé.

Après avoir enquêté auprès de Mme Piela et l’avoir trouvée parfaitement lucide, les policiers estiment l’affaire suspecte et refusent d’intervenir.

À la suite de cet échec, Anita Obodzinski et un fier-à-bras se rendent à l’appartement de Mme Piela. Celle-ci refuse de leur ouvrir. Les deux enfoncent sa porte, la rudoient et s’emparent de plusieurs documents, dont ses relevés bancaires.

Accusée d’être entrée par effraction dans le domicile de Mme Piela, Anita Obodzinski présente aux policiers le mandat obtenu de la Cour supérieure et explique qu’elle n’avait pas le choix d’agir ainsi pour le bien de Mme Piela.

Les policiers s’inclinent devant les ordres de la cour, mais persistent à croire l’affaire suspecte.

Le 13 janvier 2014, l’avocat — qui est en fait l’époux de la travailleuse sociale — vide un premier compte de Mme Piela et fait transférer 283 349$ dans un de ses comptes en fiducie. Le 23 janvier, il fera de même pour le second compte de Mme Piela, faisant transférer 190 213$ dans le même compte en fiducie.

Mme Piela est une Ukrainienne rescapée des camps nazis. Elle est arrivée sans le sou au Canada en 1948. Depuis, elle et son mari décédé ont accumulé ce demi-million$ en faisant çà et là une multitude de petits boulots tout en menant une vie austère depuis sept décennies.

À partir de l’argent transféré, l’avocat verse 100 000$ à Anita Obodzinski. Il se verse 12 000$ pour ses honoraires. Et j’allais oublier; environ 5 000$ pour Alissa, sa gentille épouse.

Quelques jours plus tard, il se présente devant les tribunaux pour présenter une demande urgente destinée à placer Mme Piela dans un hospice sécurisé.

Ce qu’une juge accorde sans entendre Mme Piela qui, de toute manière, est démente selon les documents qui lui sont fournis.

Le 12 février, des huissiers entrent de force dans l’appartement de Mme Piela, la ligotent et l’amènent dans cet hospice.

Le 15 février 2014, c’est là que Mme Piela est interceptée sur la rue Côte-des-Neiges en déambulateur.

Les suites

Le 17 février 2014, à l’insu de ses tortionnaires, les policiers transfèrent Mme Piela dans un autre hospice où elle vécut paisiblement jusqu’à son décès le 6 décembre 2016.

La femme médecin qui a participé au complot a été radiée par la Corporation des médecins du Québec.

La travailleuse sociale a été radiée pour trois ans de l’Ordre des travailleurs sociaux et condamnée au criminel à payer deux-mille dollars.

Son époux, l’avocat, il a été radié dix-huit mois par le Comité de discipline de son ordre professionnel.

Pour son rôle secondaire dans l’affaire, l’époux d’Anita Obodzinski a écopé de 170 heures de travaux communautaires.

L’âme du complot s’en est bien tirée jusqu’ici.

La noblesse incarnée

Anita Obodzinski est bénie des dieux; tout en elle transpire la majesté.

Sans qu’elle n’ait besoin de le préciser, n’importe qui peut deviner (ou imaginer) son appartenance à une lignée de la haute noblesse polonaise.

D’habitude, il lui suffit d’ouvrir la bouche pour qu’on la croie. Mais Anita Obodzinski n’hésite pas à essuyer pudiquement une larme si les mots seuls ne suffisent pas à convaincre.

C’est ainsi qu’elle a convaincu le tribunal qu’il ne fallait pas l’envoyer en prison. Pourquoi ? Parce que cela ne se fait pas. Les sanglots dans la voix, elle explique qu’emprisonnée, elle serait alors incapable de préparer sa défense dans autre cause qui pèse contre elle.

Comme si c’était elle qui plaidait personnellement sa cause devant les tribunaux.

Ému, le juge la condamne à purger sa sentence à domicile. Vous avez bien lu : à domicile.

Mais voilà; même confinée dans luxueuse demeure, équipée de toutes les commodités, l’appel du large est plus fort qu’elle.

À deux reprises, les agents de probation sont arrivés chez elle alors qu’elle était absente.

Accusée d’avoir violé ses conditions de détention, Anita Obodzinski a plaidé que son devoir maternel avait eu raison de sa volonté de respecter les ordres de la Cour.

En effet, sa fille de quinze ans doit faire de l’équitation tous les samedis, sur la recommandation d’une thérapeute de Boston. Ce traitement est destiné à combattre le sentiment d’ostracisme qu’elle éprouve en raison des démêlés de ses parents avec la justice.

De plus, Anita Obodzinski doit reconduire elle-même sa fille à son école privée d’Outremont puisque des gens de leur qualité ne peuvent pas s’abaisser à prendre le taxi — et encore moins le transport en commun — comme le font de vulgaires prolétaires.

La bienveillance envers les riches

Devant ces bris de conditions de détention, les avocats mandatés par le Directeur des poursuites civiles et pénales, toujours désireux d’alléger la souffrance des gens du même rang social qu’eux, ont recommandé que la peine d’emprisonnement à domicile d’Anita Obodzinski soit prolongée de deux mois.

Si Anita Obodzinski habitait un HLM dans Hochelaga-Maisonneuve, aurait-elle bénéficié d’autant d’indulgence de la part des tribunaux québécois ? Évidemment pas. Pour un juge, y a-t-il une sanction plus cruelle que d’être condamné à rester dans un HLM d’Hochelaga-Maisonneuve. Le cas d’Anita Obodzinski ne se compare pas.

De son vivant, Mme Piela n’a pas pu récupérer son argent puisque le mandat d’inaptitude obtenu frauduleusement par Anita Obodzinski n’a toujours pas été invalidé, cinq ans plus tard. Et ce, en raison de la ‘procédurite’ que font durer les avocats de la fraudeuse.

La procédurite, c’est quand maitre Machin demande une remise acceptée par le juge. Ce jour-là, Me Machin, le juge et la partie adverse sont rémunérés pour leurs déplacements.

La fois suivante, la partie adverse demande elle aussi une remise. Celle-ci, le juge et Me Machin sont rémunérés pour leurs déplacements.

En recourant à la multitude des moyens juridiques qui permettent de faire traîner une cause en longueur, les avocats ont transformé le système judiciaire en machine à sous au service de leur caste sociale.

Pendant qu’avocats et juges se graissent la patte, des criminels sont libérés en invoquant l’arrêt Jordan (qui limite à cinq ans les délais dans les affaires criminelles).

À aucun moment dans cette affaire, les policiers n’ont été dupes. Et ce sont eux qui ont délivré Mme Piela de son enfer.

Par contre, Mme Piela est morte sans le sou après qu’un système judiciaire dysfonctionnel l’ait privé de tous ses droits sans jamais lui avoir donner l’occasion de se faire entendre.

Références :
Arrêt Jordan
La fraudeuse de la vieille dame à la marchette tente encore d’éviter la prison
La vieille dame qui s’enfuyait avec sa marchette
Qui protège les vieux?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La guerre d’Iran : la fabrication de l’ennemi

5 août 2019

Le programme nucléaire iranien

La Russie, les États-Unis, la France, la Chine, la Grande-Bretagne, le Pakistan, l’Inde, Israël et depuis peu, la Corée du Nord, forment le club sélect des puissances nucléaires.

Débuté dans les années 1950 grâce à l’appui des États-Unis — à l’époque où l’Iran était un pilier de la défense américaine au Moyen-Orient — le programme nucléaire iranien a connu diverses fortunes; abandonné en 1979, puis repris quelques années plus tard.

La volonté de l’Iran de se doter de l’arme atomique est toutefois devenue impérieuse en 2002 lorsque G.W. Bush a imprudemment associé l’Iran à l’Axe du Mal. Et ce, au moment où il déclarait la guerre à une autre pays membre de ce trio ‘maléfique’.

Implicitement, le message adressé aux deux autres pays était : « Voyez le sort qui vous attend.». Un message très bien compris par l’Iran et la Corée du Nord qui ont immédiatement accéléré leur programme nucléaire.

Éviter la contagion

Malheureusement, dans la poudrière qu’est le Moyen-Orient, si l’Iran acquiert la bombe, son ennemi juré, l’Arabie Saoudite, voudra également se doter de la sienne.

Et qui dit que le Qatar, en conflit avec l’Arabie Saoudite, ne voudra pas se protéger de son voisin belliqueux en faisant pareil.

Il n’y a pas pire cauchemar que de penser que la dictature mafieuse d’Arabie Saoudite puisse se doter du pouvoir d’anéantir tous les mécréants de la terre.

L’émission Enquête de Radio-Canada révélait que les petits Saoudiens apprennent à l’école qu’il faut tuer les Juifs, les Chiites et les Chrétiens.

Il est donc inconcevable que l’Arabie Saoudite ait l’arme nucléaire; voilà pourquoi l’Iran ne doit pas l’avoir non plus.

Afin de dissuader l’Iran d’aller de l’avant, les États-Unis et l’Union européenne ont adopté un certain nombre de sanctions économiques.

Parallèlement, ils ont entamé des négociations en vue de lever ces sanctions en contrepartie de concessions importantes de la part de l’Iran.

Cette stratégie a porté ses fruits puisqu’en juillet 2015, les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Union européenne et l’Iran signaient l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien.

Devant le fait accompli, les pays occidentaux acceptent finalement la présence d’une activité nucléaire civile puisque la centrale iranienne de Bouchehr produit déjà de l’énergie électrique à partir de l’uranium.

En contrepartie, l’Iran accepte d’être soumis aux inspections de l’Agence internationale d’énergie atomique (qui dépend de l’ONU), de diminuer le nombre des centrifugeuses qui enrichissent l’uranium, et de limiter ses stocks d’uranium enrichi de même que de plutonium.

Malheureusement, en mai 2018, Donald Trump reniait la parole des États-Unis et choisissait de maintenir les sanctions américaines. Et ce, en exigeant que l’Iran continuât de respecter l’entente comme si de rien n’était.

Quelques jours plus tard, le secrétaire d’État américain réclamait de nouvelles conditions qui ne font pas partie de l’accord de 2015; l’arrêt total de l’enrichissement d’uranium (même à des fins civiles), l’arrêt des menaces contre Israël, le retrait des troupes iraniennes de Syrie, l’arrêt du soutien aux rebelles yéménites, au Hezbollah libanais, et au Hamas palestinien.

En octobre 2018, les quinze juges de la plus haute instance judiciaire des Nations Unies décidaient unanimement que certaines des sanctions américaines contre l’Iran étaient illégales: celles qui concernent la vente de médicaments, de matériel médical, de denrées alimentaires et de produits agricoles, de même que les transactions financières qui les concernent.

Aussitôt, les États-Unis ont réitéré leur refus de reconnaitre l’autorité de la Cour internationale de justice, tout en accusant par ailleurs l’Iran de violer le droit international…

En juin 2019, plusieurs pétroliers ont été victimes d’attaques de drones dans le golfe Persique.

Les pays limitrophes du golfe Persique ont les moyens de faire sombrer n’importe quel pétrolier au large de leurs côtes. Si ces navires n’ont subi que des dommages mineurs, c’est qu’il s’agit d’une tentative de manipulation de l’opinion publique. Par qui ? Par les pays qui veulent la guerre, évidemment.

Le 10 juillet, les États-Unis demandaient aux pays européens de former une coalition afin de garantir la liberté de navigation dans le golfe Persique.

Les dirigeants européens ont très bien deviné qu’il s’agit-là d’un piège destiné à ce qu’ils mettent la main dans un engrenage conflictuel dont l’issue est incertaine; conséquemment, ils ont donc poliment décliné l’invitation.

Afin de faire monter la tension, la Grande-Bretagne saisissait le lendemain à Gibraltar un pétrolier soupçonné de transporter 2,1 millions de barils de brut iranien vers la Syrie.

Londres invoque les sanctions économiques européennes contre la Syrie (et non contre l’Iran) pour justifier cette arrestation.

En réalité, ni l’ONU ni l’Union européenne n’ont décidé d’un blocus économique contre la Syrie.

En d’autres mots, les sanctions européennes contre la Syrie ne concernent que les acheteurs européens (ou les acheteurs étrangers en sol européen) qui font commerce avec la Syrie.

L’Union européenne ne prétend pas à l’extraterritorialité de ses lois. Donc, le commerce bilatéral entre l’Iran et la Syrie n’est pas soumis aux lois européennes.

La saisie du pétrolier iranien par Londres est une pure provocation, à la fois dépourvue de base juridique, et typique d’une politique de fabrication de l’ennemi.

Le 14 juillet, Téhéran répliquait en saisissant un navire-citerne battant pavillon panaméen (le Mt Riah). Puis le 19 juillet, un pétrolier suédois battant pavillon britannique (le Stena Impero).

Hier matin, l’Iran saisissait un troisième pétrolier (d’appartenance inconnue pour l’instant).

Conclusion

Collectivement, les Anglo-Saxons sont les Vikings des temps modernes; un peuple qui détruit, qui pille, qui vole, qui tue, qui impose sa loi aux peuples inféodés à sa puissance militaire et qui aspire à exercer une hégémonie mondiale.

Les conflits armés que ces deux pays prédateurs déclenchent de plus en plus fréquemment — en Libye, en Syrie, en Irak et maintenant en Iran — contribuent à maintenir bas le prix des hydrocarbures puisque tout pays producteur de pétrole maximisera sa production afin de soutenir l’effort de guerre, puis pour reconstruire le pays dévasté une fois la guerre finie.

L’abondance de l’offre entraine la baisse du prix des hydrocarbures et évite ainsi la reconversion douloureuse d’une économie énergivore comme celle des États-Unis.

De plus, l’insécurité créée par leurs guerres motivent les pays voisins à acheter de l’équipement militaire principalement auprès du complexe militaro-industriel américain.

Or ce complexe est un cancer, réclamant toujours de nouvelles guerres afin de maintenir l’emploi.

Même quand la guerre en Syrie n’est pas complètement terminée, il faut susciter un nouveau conflit pour éviter un ralentissement économique et détourner l’attention du peuple américain de la stagnation de ses revenus alors que se creusent les inégalités sociales depuis 1980.

Références :
Accord de Vienne sur le nucléaire iranien
Au nom de la loi… américaine
Aux Etats-Unis, l’Etat laisse filer les inégalités
Carter, Trump, Trudeau et les armes
Décision de la Cour internationale de Justice
Deux pétroliers attaqués dans le golfe d’Oman
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain
L’Iran saisit un troisième pétrolier en moins d’un mois
Pétrolier iranien arraisonné à Gibraltar: le capitaine arrêté
Programme nucléaire de l’Iran
Résumé de géopolitique mondiale (2e partie et fin)
Sanctions contre l’Iran
Sanctions contre l’Iran : la Cour internationale de justice rappelle à l’ordre les États-Unis
Washington veut une coalition pour protéger la navigation dans le golfe Persique

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le vélo et la vie

4 août 2019

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| Transport en commun, Urbanisme | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La revue de géopolitique par Alain Juillet

3 août 2019

 

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Alain Juillet est un ancien directeur du renseignement de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE).

En d’autres mots, il était l’homologue (ou l’équivalent français) du directeur de la CIA.

Voici l’entrevue d’un peu plus de deux heures qu’il donnait à la chaine Thinkerview, une entrevue qui portait principalement sur sa vision des conflits internationaux.

Parmi les sujets abordés :
• la guerre d’Irak,
• la guerre de Yougoslavie,
• la Palestine,
• la Jordanie,
• Daech,
• la fin du dollar,
• Edward Snowden,
• le scandale Alstom,
• importance du Golan.

Il est à noter que l’ex-chef du renseignement français affirme — de 38:14 à 40:01 — que la guerre en Syrie a été provoquée par le refus de Bachar el-Assad d’autoriser le passage d’un gazoduc qatari sur son territoire, une thèse défendue sur ce blogue depuis 2015.

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| Géopolitique, Guerre en Syrie | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le suicide des Inuits : Greenpeace vs Huawei

2 août 2019

Le suicide des Inuits

La partie arctique du territoire québécois porte le nom de Nunavik. C’est là que vivent les 13 000 Inuits du Québec — autrefois appelés ‘Esquimos’ — répartis dans quatorze villages.

En 2018, trente-six Inuits québécois se sont enlevé la vie. Au cours des six premiers mois de cette année, il y en a eu 19, soit légèrement plus qu’au cours de la même période l’an dernier.

Le taux de suicide chez les Inuits est neuf fois plus élevé que dans l’ensemble de la population canadienne. Chez leurs ados, c’est trente fois la moyenne du pays.

Alors on fait des réunions. On adopte des résolutions. On met sur pied des centres d’appels afin d’offrir un support psychologique.

Mais en dépit de tout, l’hécatombe continue.

L’impérialisme culturel de Greenpeace

En 2016, l’avocate Alethea Arnaquq-Baril a réalisé un documentaire de 82 minutes intitulé Inuk en colère (sic).

Ce film est une critique sévère du boycottage par Greenpeace de ce qui constituait la principale source de revenus des Inuits, soit la vente de la fourrure.

Non seulement ce boycottage a ruiné leur économie, mais fait augmenter de manière soudaine et durable le taux de suicide chez les Inuits, particulièrement chez les adolescents.

Toujours en vigueur, ce boycottage se justifie par le désir de protéger les bébés phoques d’une mort cruelle. En réalité, les Inuits n’ont jamais pratiqué la chasse aux blanchons, réservée aux populations du golfe du Saint-Laurent, à mille kilomètres de chez eux.

Accusée de participer au génocide des populations autochtones du Canada, la multinationale néerlandaise tient à préciser qu’elle ne s’oppose qu’à la chasse ‘commerciale’ de la fourrure.

En réalité, la chasse ‘commerciale’ des phoques n’existe pas en tant que telle.

Les phoques sont la seule source alimentaire des Inuits (si on exclut les onéreuses importations aériennes de nourriture).

Le documentaire montre que lorsqu’un Inuit revient de chasse, l’animal est dépecé, partagé immédiatement avec les autres membres de sa communauté et mangé cru (puisque la cuisson détruirait le peu de vitamine C que contient la chair animale).

Cette culture du partage est une caractéristique fondamentale de toutes les sociétés dont la survie est menacée.

Non comestible, la peau des phoques sert à confectionner des vêtements. Et lorsque tout le monde est vêtu chaudement, le reste des peaux constituaient autrefois une source de revenus appréciable.

Ce n’est plus le cas. Sans avenir, un certain nombre d’Inuits préfèrent s’enlever la vie que de poursuivre une existence misérable.

Huawei

Le 22 juillet dernier, la succursale canadienne de la compagnie chinoise Huawei annonçait avoir obtenu la permission d’Ottawa de déployer d’ici 2025 un réseau téléphonique 4G dans plus de soixante-dix villages nordiques canadiens, dont une cinquantaine (la part du lion) au Québec.

Le 4G est une technologie inoffensive déjà utilisée par des milliards d’êtres humains à travers le monde sans aucun problème, même lorsqu’elle repose sur du matériel téléphonique fabriqué par Huawei.

Si on ajoute les neuf villages cris et les onze communautés innus aux quatorze villages inuits, on est loin du compte de cinquante communautés québécoises qui bénéficieront de ce déploiement.

C’est donc à dire qu’un certain nombre de villages québécois peuplés principalement de non-Autochtones en bénéficieront aussi.

Mais oublions le cas de ces derniers puisque c’est hors sujet.

Ce qu’il faut retenir, c’est que d’ici quelques années, l’arrivée du 4G permettra de susciter l’esprit d’entreprise au sein des communautés inuites qui sont actuellement réduites à la misère sociale notamment par l’impérialisme culturel pavé de bonnes intentions de Greenpeace.

L’offre de Huawei, c’est un moyen concret qui aidera les Inuits à faire rayonner leur culture, à offrir des biens et des services au reste de la planète, et lentement bâtir une économie qui fera reculer les problèmes sociaux auxquels ils sont confrontés.

Références :
Huawei sous les projecteurs alors qu’elle déploiera le 4G dans le Grand Nord
Les limites du charme
Suicides: le Nord s’enfonce dans la crise

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| Économie, Sociologie, Technologie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Dépenses bio par personne selon les pays

31 juillet 2019

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| Environnement, Nourriture | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


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