Pipeline et pouvoirs fédéraux : une victoire pour les Indépendantistes du Québec

17 janvier 2020

Introduction

Dans une décision unanime, la Cour suprême a statué hier que les provinces n’ont aucun pouvoir qui leur permettrait d’empêcher le passage d’un pipeline sur leur territoire.

Ce jugement fait suite à la décision, tout aussi unanime, de la Cour d’appel de Colombie-Britannique rendu en mai 2019.

En juin 2018, j’écrivais sur ce blogue :

Selon la Canadian Constitution de 1982, les gouvernements provinciaux sont les intendants régionaux du gouvernement central canadien.

Ottawa possède les pouvoirs économiques les plus importants tandis que les provinces assurent des services de proximité (santé, éducation, réseau routier provincial, etc.).

Par le biais de leurs représentants provinciaux aux discussions constitutionnelles de 1982, les citoyens de la Colombie-Britannique ont consenti à cette concentration inouïe de pouvoirs à Ottawa.

Voilà que maintenant cela se retourne contre eux.

Le transport interprovincial de marchandise (dont celui du pétrole) est un domaine de compétence exclusif du gouvernement canadien.

Ce dernier possède donc tous les pouvoirs constitutionnels qui lui sont nécessaires pour imposer le passage de Trans-Mountain en Colombie-Britannique.

Dix-huit mois plus tard, c’est ce que dit la Cour suprême. Cette décision est la dernière d’une d’une série ininterrompue de victoires juridiques d’Ottawa sur le fond de l’affaire.

Conséquences au Québec

Avec l’effondrement du prix des hydrocarbures, le projet de construire un pipeline de 4 600 km traversant le Québec (appelé Énergie Est) a cessé d’être rentable.

C’est également ce qui explique qu’à l’autre bout du pays, Kinder Morgan — l’ancien propriétaire du pipeline Trans-Mountain — ait refusé d’en augmenter la capacité.

Le fédéral s’en est porté acquéreur, non pas parce que cela était payant, mais parce que c’est la seule solution pour désenclaver le pétrole albertain.

Pour le fédéral, acheter un pipeline ou construire une autoroute n’a pas besoin d’être rentable; les retombées économiques de l’un ou de l’autre suffisent à justifier l’investissement public.

On a donc tort de croire que le Québec est l’abri du passage d’un pipeline sur son territoire. L’achat de Trans-Mountain et son agrandissement par le fédéral ne font que retarder l’urgence de construire un pipeline au Québec.

Toutefois, vers 2030, l’augmentation prévue de la production pétrolière canadienne dépassera les capacités combinées des pipelines Trans-Mountain et Keystone.

Dans les années qui précèderont cette date fatidique, il faudra envisager la construction d’un troisième pipeline afin d’éviter la saturation du réseau.

Après un pipeline vers l’Ouest débouchant sur l’océan Pacifique (Trans-Mountain), après un pipeline vers les États-Unis (Keystone), on complètera le dispositif par l’ajout d’un troisième pipeline vers l’Est, jusqu’à l’océan Atlantique.

En clair, on ressuscita le projet Énergie Est, possiblement sous un autre nom.

Puisque le gouvernement canadien a eu l’audace de faire adopter une nouvelle constitution sans le Québec en 1982, il faut être naïf pour croire que l’opposition du gouvernement québécois empêchera Ottawa de nous passer ce pipeline sur le corps comme il le fait déjà sur celui de nos amis à l’autre bout du pays.

Depuis des années, le Parti Québécois prétend que le Québec aurait le pouvoir de bloquer tout projet semblable. La décision contraire de la Cour suprême révèle que ce n’est pas au PQ qu’on peut avoir l’heure juste à ce sujet.

En septembre 2018, au débat des chefs, Manon Massé avait affirmé que si jamais le prix du pétrole rendait rentable la construction d’un pipeline traversant le Québec, seule l’indépendance permettrait d’empêcher un tel projet.

La cheffe de Québec Solidaire a parfaitement raison. À preuve : si le Québec était déjà indépendant, le Canada n’aurait pas d’autre choix que de contourner le Québec par les États-Unis ou d’exporter son pétrole vers l’Europe par la baie d’Hudson.

De plus, nous n’aurions pas alors à payer notre part (un milliard$) du cout d’acquisition de Trans-Mountain et des sommes nécessaires à son amélioration.

Du point de vue environnemental, le choix entre le fédéralisme et l’indépendantisme se résume entre le financement obligatoire (par nos impôts) du Nation Building de l’État pétrolier canadien ou la création d’un pays moderne, respectueux de l’environnement et conforme à ce que nous aspirons à être.

En somme, la décision de la Cour suprême est une victoire pour les Indépendantistes du Québec; elle leur donne un argument irréfutable en faveur de l’indépendance.

Toutefois, il faut savoir qu’une fois construit, il sera impossible au Québec, même indépendant, de fermer ce pipeline puisque ce serait alors un casus belli.

Pour l’instant, la stratégie fédérale sera probablement d’endormir les Québécois jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour eux de réagir de manière efficace (en faisant l’indépendance).

Sur le même sujet :
La sainte citation
Le débat des chefs du 13 septembre 2018
Le gouvernement Couillard accorde le droit d’expropriation aux pétrolières
Le PQ et Énergie-Est
Le test indépendantiste du Parti Québécois
Pétrole et élections : un rendez-vous manqué avec le destin
Québec Solidaire est là pour rester
Trans-Mountain vs Énergie-Est

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 — 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 160 — 40 mm

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| 2018-202X (années Legault), Environnement, le prix du fédéralisme, Politique canadienne | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La naissance d’un flocon de neige

16 janvier 2020


 
Au Québec, le mois de février est à la fois le plus froid et le plus ensoleillé.

De manière générale, les jours d’hiver où il neige sont plus doux que les jours ensoleillés.

Pourquoi en est-il ainsi ?

C’est que la cristallisation de la vapeur d’eau en glace est une réaction exothermique, c’est-à-dire qu’elle produit de la chaleur.

Tout comme nos congélateurs dégagent de la chaleur.

Pourquoi les flocons de neige ne fondent-ils pas aussitôt en gouttelettes d’eau sous l’effet de la chaleur qu’ils dégagent au moment de leur formation ?

Pour deux raisons.

Premièrement, c’est que leur température demeure sous le point de congélation même s’ils sont plus chauds (c’est-à-dire moins froids) que l’air ambiant.

Deuxièmement, c’est qu’ils dissipent aussitôt cette chaleur le long des bras qu’ils étirent au cours de leur cristallisation. En d’autres mots, leurs bras sont des antennes de dissipation de la chaleur.

La formation des centaines de milliards de flocons au cours d’une tempête de neige est responsable de l’adoucissement de la température à ce moment-là.

Tout comme le miroir et les murs d’une salle de bain se couvrent de buée lors d’une douche, la vapeur d’eau des nuages se dépose à la surface des grains de poussière froids en suspension dans l’air. C’est alors que s’amorce la formation d’un flocon de neige.

Au départ, l’embryon du flocon (appelé germe) est une minuscule bille de glace autour du grain de poussière.

Par adsorption d’eau — qui passe directement de la phase gazeuse à la phase solide — la taille de cet embryon grossit jusqu’au moment où sa morphologie n’est plus la forme la plus efficace pour dissiper la chaleur. C’est alors que six bras surgissent dans six directions différentes, toutes dans un même plan.

Pourquoi six bras ?

C’est qu’en se solidifiant sous forme d’un bloc de glace, les molécules d’eau adoptent une disposition hexagonale. La symétrie des flocons est le reflet de la structure de la matière qui les compose.

Mais pourquoi le flocon est-il plat ?

C’est qu’à plat, les aiguilles ont un meilleur accès à l’air froid. Si les bras poussaient dans toutes les directions, elles se nuiraient mutuellement.

Au-delà d’une certaine taille, les bras du flocon donnent naissance à une nouvelle étoile dont seulement trois des six embranchements auront la possibilité de croitre.

Le bras au bout duquel pousse cette étoile est implicitement son quatrième embranchement. Quant aux deux embranchements qui manquent, leur atrophie vient du fait qu’en pointant vers l’intérieur du flocon, ils n’ont pas accès à de l’air qui est suffisamment froid (en raison de la chaleur dégagée).

À leur tour, les embranchements donneront naissance à d’autres étoiles à trois embranchements jusqu’à épuisement de l’air froid qui est nécessaire à leur refroidissement.

En somme, quand l’air ambiant s’est suffisamment adouci, les flocons cessent de croitre.

Lorsque les flocons naissent à des températures très froides, ils poussent très rapidement et se caractérisent par les fines aiguilles richement ramifiées.

À l’opposé, par temps moins froid, les flocons croissent plus lentement et adoptent une morphologie plus grasse.

Référence : L’architecture des flocons de neige

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Nature | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’industrie langagière au Québec

15 janvier 2020

En 2012, Price Waterhouse évaluait à 33 milliards$ le marché mondial de la traduction. Un marché dont le Canada représente le dixième et dont Montréal est une des capitales mondiales.

De nos jours, seulement au Québec, on estime ce marché à 2,5 milliards$. Il emploie six-mille traducteurs, dont le tiers est membre de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés.

C’est sur cette industrie que s’appuient la postsynchronisation des films américains et la traduction en français des succès de librairie étrangers.

De la même manière, l’obligation imposée aux entreprises cotées en bourse d’offrir leurs prospectus en français crée de l’emploi pour les traducteurs du Québec

Mais la traduction se fait aussi dans le sens inverse. Le rayonnement culturel du Québec hors de la francophonie serait impossible sans la traduction de nos films, romans et manuels scolaires.

L’usage de l’anglais n’étant pas aussi universel qu’on le présume souvent, la traduction des manuels de l’utilisateur dans d’autres langues favorise l’exportation de produits de consommation fabriqués ici.

Le Québec influence même les législateurs étrangers en offrant une traduction de son Code civil en espagnol et en mandarin. À sa manière, le Québec contribue ainsi à la promotion de la démocratie et de l’État de droit dans un grand nombre de pays.

Ce rayonnement culturel et économique est facilité par la présence chez nous de néoQuébécois polyglottes.

L’activité des traducteurs étant indissociable de celui des terminologues et des correcteurs, cette symbiose explique le succès d’éditeurs de logiciels comme Druide Informatique, dont le correcteur d’épreuve Antidote est le meilleur au monde.

De la même manière, la reconnaissance vocale et l’analyse du langage sont les mamelles de l’intelligence artificielle. C’est qui explique les investissements massifs consentis chez nous dans ce domaine et qui ont fait de Montréal et de la ville de Québec des pôles majeurs de l’intelligence artificielle.

Référence : Montréal : capitale de la traduction

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Économie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les déserts aquatiques

13 janvier 2020


 
L’activité humaine a profondément modifié le paysage québécois.

Contrairement aux provinces de l’Ouest — où les conditions climatiques favorisent la prairie — c’est la forêt de feuillus qui devrait normalement dominer l’écosystème de la vallée du Saint-Laurent en raison de la plus grande pluviosité qui y prévaut.

C’est cela qu’observaient les explorateurs européens aux XVIe et XVIIe siècles.

Par leurs racines, les arbres entrainaient l’eau de pluie excédentaire vers les nappes phréatiques.

Rendue possible par la déforestation, l’agriculture a entrainé le compactage des couches superficielles du sol sous le poids de la machinerie lourde.

Ce qui nuit au drainage des terres agricoles.

Conséquemment, de nos jours, l’érosion des sols par l’eau de pluie entraine des nutriments vers nos cours d’eau.

Pour compenser, on exige des agriculteurs qu’ils laissent une bande riveraine destinée à stabiliser les berges et arrêter l’écoulement des engrais chimiques et des sédiments. Une exigence qui n’est pas toujours respectée.

Ces nutriments favorisent la prolifération d’algues dans nos lacs et rivières.

En plus de bloquer la lumière nécessaire aux plantes aquatiques, les algues consomment l’oxygène qui s’y trouve. Une fois mortes, leur décomposition bactérienne suffit parfois à achever de rendre des étendues d’eau impropres à la vie aquatique.

Le rejet des eaux usées et l’agriculture intensive provoquent un recul marqué de l’oxygène dans les régions côtières du monde.

Au Québec, à proximité de la zone de reproduction des bélougas du Saint-Laurent, une hypoxie inquiétante affecte 1 300 km² de fonds marins.

En haute mer, les océans retiennent moins facilement l’oxygène qu’ils contiennent en raison du réchauffement climatique.

Conséquemment, on voit apparaitre et s’étendre des zones mortes.

La taille des zones totalement dépourvues d’oxygène a été multipliée par quatre depuis 1950. La superficie des zones où l’oxygène est présent, mais à des concentrations incapables d’y soutenir la biodiversité (moins de deux milligrammes d’O² par litre), a été multiplié par dix.

Au total, les déserts marins occupent plus de 4,5 millions de km².

On les trouve dans tous les océans, mais surtout dans l’océan Pacifique (au niveau de l’équateur) et tout le nord de l’océan Indien.

Les océans sont le garde-manger de 500 millions de personnes en plus d’employer 350 millions de travailleurs en mer et dans des usines de transformation.

Références :
Declining oxygen in the global ocean and coastal waters
Les zones mortes prennent de l’ampleur dans les océans
Oceans suffocating as huge dead zones quadruple since 1950, scientists warn

Paru depuis :
Un million d’oiseaux de mer morts de faim à cause de l’eau plus chaude (2020-01-15)

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Environnement | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Missiles iraniens : une dangerosité surfaite ?

11 janvier 2020

Avant-propos : Tout comme les obus, les missiles sont des armes meurtrières. Le texte qui suit concerne leur utilisation comme outils de guerre et n’est donc pas une allusion à cet avion ukrainien récemment abattu par l’Iran.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Introduction

À la suite d’un attentat terroriste commis par les États-Unis contre le général iranien Qassem Soleimani, ce pays a répliqué par des tirs de missiles visant deux bases américaines en Irak.

Ces frappes n’ont fait aucune victime.

Pour expliquer cela, certaines sources soutiennent qu’afin d’éviter un incident diplomatique avec l’Irak (avec lequel l’Iran entretient de bonnes relations), l’Iran aurait eu la courtoisie de prévenir ce pays ami peu de temps avant l’attaque (demeurée secrète jusqu’alors).

Celui-ci, en retour, aurait averti les Américains (dont les militaires se sont alors réfugiés dans des abris sous-terrain).

Par contre, certains analystes ont émis l’hypothèse que Téhéran a sciemment raté son coup afin d’éviter une escalade des tensions avec Washington

Ceci est extrêmement douteux. Un pays menacé de guerre ne fait pas exprès pour prouver la vulnérabilité de ses défenses ou l’inefficacité de ses moyens d’attaque.

De plus, on ne gaspille pas des millions$ en missiles pour ‘faire semblant’ de se venger alors qu’on pourrait avoir bientôt besoin de cet argent (ou de ces missiles) pour se défendre.

D’autres sources estiment, au contraire, que les missiles iraniens seraient devenus tellement précis que l’Iran aurait choisi — à l’aveugle puisqu’on était en pleine nuit — de faire la distinction entre les casernes (où les soldats dormaient) et les hangars qui ont été ciblés et détruits. D’où l’absence de victimes.

Quinze ou seize missiles ont été tirés. Onze ont frappé la base militaire d’Ayn al-Assad (photo ci-dessus) tandis qu’un autre a frappé une base américaine située près d’Erbil.

Une première constatation : les bases américaines en Irak ne sont pas protégées par des missiles antimissiles.

De plus, trois ou quatre missiles se sont écrasés dans la campagne irakienne et donc, ont complètement raté leur cible.

D’où la question : les missiles iraniens sont-ils aussi précis qu’on le prétend ?

Les missiles russes

Les missiles iraniens proviennent de deux sources : ceux importés de Russie et ceux fabriqués en Iran.

La technologie antimissile russe est la plus efficace et la plus précise au monde.

En 2007, l’Iran avait obtenu 29 véhicules antiaériens mobiles Tor-M1 en vertu d’un contrat de 700 millions$ signé deux ans plus tôt avec Moscou.

Quoique très efficace, le système antimissile Tor-M1 n’est pas le plus sophistiqué de l’arsenal russe puisqu’il est maintenant vieux de deux décennies. Le cout unitaire de chaque véhicule est de 25 millions$.

En 2010, à l’époque du président russe Dmitry Medvedev, des pressions américaines et israéliennes avaient provoqué l’annulation d’un contrat de vente à l’Iran des redoutables missiles russes S-300.

Depuis le retour de Poutine à la résidence russe, Moscou se dit prêt à vendre des missiles S-300VM (encore plus puissants) à l’Iran. Une offre que Téhéran ne semble pas avoir acceptée.

Ce qui fait sans doute hésiter l’Iran, c’est le prix unitaire de ces véhicules antiaériens; 120 million$. Il s’agit d’une somme considérable pour un pays dont l’économie est étranglée par les sanctions américaines.

L’Iran peut évidemment pratiquer le troc avec Moscou. Mais quoi donner en retour ? La Russie est déjà un des principaux exportateurs de pétrole.

En raison des couts élevés de la technologie antimissile russe, l’Iran fabrique ses propres missiles. C’est sa principale source d’approvisionnement.

Les missiles faits en Iran

En 2018, le budget militaire iranien était de 13 milliards$US (environ le cinquième de celui de l’Arabie saoudite).

Son arsenal de drones et de missiles est le plus important du Moyen-Orient. Les Américains estiment que l’Iran en aurait des milliers, d’une douzaine de variétés.

Ceux dont la portée est la plus courte sont des missiles sol-air destinés à abattre des avions de chasse et des bombardiers ennemis.

Les missiles dont la portée est plus longue sont des missiles sol-sol. Les missiles Fateh ont une portée entre 200 et 300 km. Ce sont ceux que l’Iran a utilisés la semaine dernière contre les deux bases américaines.

Ceux qu’Israël craint sont des missiles sol-sol dont la portée est encore plus longue; les Shahab.

Les plus puissants d’entre eux pourraient atteindre des cibles situées à deux-mille kilomètres.

En balistique, l’écart circulaire probable (ÉCP) est le rayon du cercle à l’intérieur duquel tombent la moitié des frappes. En somme, c’est une mesure de la précision des missiles.

L’ÉCP des missiles Shahab-3 originels (ceux de 2002) était de 2,5 km. Une telle imprécision est inacceptable.

Membres de cette famille, les missiles Ghadr-1 sont apparus en 2015. Ces derniers sont cinq fois plus précis; leur ÉCP est de 300 mètres.

Le 12 juin dernier, l’aéroport saoudien d’Abha — situé à 306 km du Yémen — a été bombardé par les rebelles de ce pays.

À cette occasion, le missile (probablement d’origine iranienne) a raté la tour de contrôle. Si bien que c’est la salle d’arrivée des voyageurs qui a été endommagée.

Cette imprécision est compatible avec les renseignements qu’on possède au sujet de l’ÉCP actuel des missiles iraniens.

Cela contraste avec la précision ‘chirurgicale’ des frappes du 14 septembre dernier contre les sites pétroliers saoudiens.

Ce qui donne plus de poids à l’hypothèse — avancée sur ce blogue — selon laquelle ces frappes ont été tirées à bout portant par la dictature saoudienne contre ses propres installations dans le but de forcer les États-Unis à entrer en guerre contre l’Iran.

Conclusion

Le complexe militaro-industriel américain a continuellement besoin de nouvelles guerres pour maintenir l’emploi.

Ce complexe est un allié de l’OTAN. Afin de justifier son existence, ce dernier doit absolument exagérer la dangerosité des menaces ennemies.

D’abord, la Russie.

Alors que l’armée américaine est cinq à dix fois plus puissante que l’armée russe — en d’autres mots, alors que le risque de guerre mondiale est nul — l’OTAN s’est lancée depuis 2014 dans une course aux armements.

Le prétexte en a été l’annexion russe de la Crimée. L’OTAN feint d’ignorer que cette annexion était souhaitée par les Criméens eux-mêmes (qui l’ont adoptée par référendum). Ce que l’OTAN compare abusivement à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne nazie en 1939.

Puis, la Chine.

Les États-Unis (et les ONG qu’ils financent) estiment qu’un million d’Ouïgours sont emprisonnés en Chine.

S’il ne fait aucun doute que la Chine a créé des ‘camps de rééducation’ afin de venir à bout des violences inter-ethniques dans l’ouest du pays, on se demande comment la Chine pourrait loger un million de personnes sans qu’on ait des photos satellites pour prouver l’ampleur de cette incarcération.

De plus, il ne faudrait pas oublier qu’il y a officiellement deux millions de prisonniers aux États-Unis, un pays quatre fois moins populeux.

Donc, même si un million d’Ouïgours étaient vraiment emprisonnés, les États-Unis demeureraient le champion mondial de l’incarcération.

Et l’Iran.

De la même manière, l’Iran nous est présenté comme une grande menace terroriste.

Selon les dépêches diplomatiques américaines révélées par Wikileaks, l’Arabie saoudite est le principal financier du terrorisme international.

L’Iran n’est impliqué que dans un terrorisme de portée régionale, comme le sont eux-mêmes presque tous les autres pays de la région.

Il est indiscutable que le général Soleimani planifiait de tuer des soldats américains. Toutefois, on doit admettre que tous les généraux au monde planifient de tuer des ennemis. Pour n’importe quel pays, à quoi ça sert d’avoir une armée si les soldats refusent de tuer des envahisseurs ?

Menacé de guerre par les États-Unis — le seul pays qui, jusqu’ici, ait utilisé l’arme nucléaire — l’Iran sait que seule son adhésion au club des détenteurs de l’arme atomique est susceptible de faire hésiter les Américains à l’envahir. Comme c’est le cas pour la Corée du Nord.

D’ici à ce qu’elle obtienne suffisamment de combustible nucléaire pour créer sa première bombe, l’Iran a choisi de développer son programme de missiles.

Il ne s’agit pas d’une stratégie offensive puisqu’on ne gagne pas de guerre à coups de missile ou de bombardements; l’échec américain en Syrie en est la preuve.

Il s’agit d’une stratégie de dissuasion. L’Iran sait que ses voisins hostiles (notamment l’Arabie saoudite) hésiteront à lui faire la guerre si leurs villes sont susceptibles d’être bombardées par des missiles iraniens alors que la technologie antimissile américaine sera impuissante à les protéger.

Références :
Emad, Ghadr (Shahab-3 Variants)
Fateh-110
How strong is Iran’s military?
Le mystère des attaques contre les champs pétroliers saoudiens
L’Iran riposte aux États-Unis
Russia offers to sell anti-aircraft missiles to Iran
Russia will supply new anti-aircraft missiles for Iran
S-300VM missile system
Tor missile system
2020 Iranian attack on U.S. forces in Iraq

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Géopolitique, Politique internationale | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Prix de l’électricité en Amérique du Nord

10 janvier 2020


 
Au 1er avril 2019, aucune grande ville nord-américaine n’offrait un tarif résidentiel d’électricité plus avantageux que celui du Québec.

Exprimés avant taxes, ces prix sont en dollars canadiens, par tranche de cent kWh.

Référence :
Comparatif des prix de l’électricité dans les grandes villes nord-américaines

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Économie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 44

9 janvier 2020
BMW i8 hybride

Depuis le 1er mai 2018, le gouvernement fédéral accorde une subvention de 5 000$ pour l’achat d’une voiture électrique, et de 2 500$ pour un véhicule hybride.

À la condition que le prix de vente de l’un ou de l’autre soit au maximum de 45 000$.

En plus, le gouvernement québécois accorde une subvention de 8 000$ pour l’achat d’une voiture électrique neuve, et entre 4 000$ et 8 000$ pour une voiture hybride rechargeable.

Le qualificatif de ‘rechargeable’ sert à exclure les véhicules autorechargeables puisque dans leur cas, l’énergie produite lorsque le véhicule roule provient indirectement de la combustion d’essence.

À cela s’ajoutent des subventions municipales, comme celles de Laval. Cette municipalité offre une subvention de deux-mille dollars à l’achat d’une voiture électrique par ses résidents.

Le marché de l’automobile électrique est dominé par la Chine où les ventes ont augmenté de 62 % en 2018. Dans ce pays, quatre pour cent des voitures sont électriques ou hybrides. Ce qui correspond à 1,3 million d’unités.

Référence : Ruée chez les vendeurs de véhicules zéro et faible émission


 
1,6 milliard d’œufs. Voilà ce que produisent annuellement les 5,2 millions de poules des 157 fermes aviaires du Québec.

Tout comme les fidèles des religions monothéistes se réservaient un jour de repos par semaine, les poules québécoises pondent leur œuf quotidien en moyenne six jours sur sept.

Référence : D’où viens-tu, mon coco ?


 
Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les technologies de l’information dans le domaine de l’éducation — par exemple, en achetant des tablettes électroniques — n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats de leurs élèves en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.

Référence : De l’école et des écrans


 
Né d’une mère Britannique et d’un père mi-Métis mi-Cri, Robert-Falcon Ouellette fut député libéral de Winnipeg-Centre de 2015 à 2019.

Le 4 mai 2017, il prononça le premier discours en langue cri de l’histoire du parlement canadien… que personne ne comprit parmi ses collègues de la Chambre de Communes.

Depuis, on a convenu que la traduction à la volée du cri à chacune des deux langues officielles du pays serait offerte sur simple préavis.

Ce qui fut fait le 28 janvier 2019; le discours du député fut le premier énoncé dans une langue autochtone qui fut sujet d’une traduction simultanée au parlement. Cette fois, tous comprirent.

Référence : Robert-Falcon Ouellette


 
Depuis le début de la guerre au Yémen en 2015, l’Autriche s’est abstenue de vendre tout matériel militaire à l’Arabie saoudite.

Une décision d’autant plus courageuse que le siège mondial de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) est situé à Vienne.

Référence : Désaccord européen sur la vente d’armes à Riyad


 
Depuis que des forces de l’ordre afghanes ont pris la relève des forces américaines, au début de 2015, près de trente-mille soldats et policiers afghans ont été tués.

Référence : Afghanistan: un kamikaze tue des militaires dans une mosquée


 
Implicitement prix ‘Nobel’ de la science québécoise, les prix de l’ACFAS récompensent annuellement l’excellence des savants d’ici depuis 1944.

Voilà donc 75 ans que l’ACFAS — l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences, renommée Association francophone pour le savoir en 2001 — vulgarise et fait connaitre le travail des meilleurs chercheurs du Québec.

Références :
Acfas
Les Oscar de la science québécoise


 
Tout ce qui peut arriver finit toujours par survenir.

En décembre dernier, au nord de l’ile de Vancouver, plus de 20 000 saumons de l’Atlantique se sont échappés au large en raison d’un incendie dans une ferme piscicole à filet ouvert.

Le saumon dit ‘de l’Atlantique’ (Salmo salar) est une variété de saumon génétiquement différente des cinq variétés de saumon du Pacifique.

Plus au sud, entre Vancouver et Seattle, plus précisément au large de l’ile américaine de Cypress Island, 300 000 saumons de l’Atlantique s’étaient échappés d’une ferme piscicole à filet ouvert en aout 2017.

Cette fois, la compagnie attribuait cet incident à de forts courants et des marées exceptionnellement hautes en raison d’une éclipse solaire… Qui pouvait prévoir ?

Un rapport ultérieur a démontré que la compagnie avait fait preuve de négligence.

On peut se demander si la véritable négligence n’a pas été de permettre la pisciculture de saumons de l’Atlantique ailleurs que sur les côtes de l’Atlantique.

Références :
Le combat contre le saumon d’élevage voyage jusqu’en Norvège
Plus de 20 000 saumons de l’Atlantique se sont échappés au large de l’île de Vancouver
Saumon du Pacifique : connaître la différence entre le saumon rose, argenté et rouge
Une compagnie d’aquaculture doit payer une amende de 332 000 $


 
En 1979, Denis Vaugeois — alors ministre des Affaires culturelles du gouvernement de René Lévesque — dotait le Québec d’une politique du livre.

Cela se fit par l’adoption de la loi 51, entrée en vigueur deux ans plus tard.

Depuis, les effets de cette politique ont été fulgurants.

Le nombre annuel de romans publiés au Québec a passé de 160 titres en 1986, à 349 en 1996, 606 en 2006 et 1 222 en 2016, soit une progression de 763 % en trente ans.

Référence : Téléjournal de Radio-Canada.

Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 — 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Faits divers | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Climat : le déni australien

8 janvier 2020

 

 
Introduction

Depuis aout dernier, les feux de brousse australiens ont détruit la végétation sur 84 000 km², réduit en cendres plus de 2 500 bâtiments (dont 1 300 maisons), tué une vingtaine de personnes et plus d’un demi-milliard d’animaux (dont des dizaines de milliers de koalas).

Jusqu’ici, les feux ont produit 250 millions de tonnes de gaz à effet de serre.

Le 18 décembre, l’Australie a connu la journée la plus chaude de son histoire (avec une moyenne nationale de 41,9°C). Le lendemain, dans la Plaine de Nullarbor (au sud-ouest du pays), le mercure a atteint 49,9°C.

Les deux pieds dans l’âge thermo-industriel

Depuis un demi-siècle, l’Australie a multiplié par sept sa production de charbon. Annuellement, elle est passée de 67,3 millions de tonnes en 1970, à 118,0 en 1980, à 210,4 en 1990, à 312,0 en 2000, à 434,4 en 2010 et à 492,8 en 2016.

Le pays est le quatrième producteur de charbon (derrière la Chine, les États-Unis et l’Inde) et le premier exportateur mondial.

En 2018, la production d’électricité était tirée à 82,9 % des combustibles fossiles; essentiellement le charbon (60,4 %) et le gaz (20,6 %).

Selon Greenpeace, les centrales au charbon australiennes comptent parmi les plus polluantes au monde quant au dioxyde de soufre : le pays ne possède aucune législation à ce sujet.

Les vastes étendues désertiques du centre du pays se prêtent très bien à la production d’énergie solaire. Pourtant, celle-ci ne représente que 3,8 % de la production nationale d’électricité.

Le pays produit 15,6 tonnes de CO2 par habitant, soit 3,6 fois la moyenne mondiale (et 7 % de plus que chaque Américain).

Si bien que c’est le pays à la plus forte empreinte écologique par habitant. Si chaque personne dans le monde consommait comme la moyenne des Australiens, l’Humanité aurait besoin de 5,2 planètes Terre pour subvenir à ses besoins.

Selon le 2020 Climate Change Performance Index, l’Australie est le 56e pire pays au monde (sur les 61 évalués) quant à ses émissions de gaz à effet de serre, à sa consommation énergétique, à son utilisation des énergies renouvelables et à ses politiques environnementales.

Le pouvoir de News Corporation

L’Australie est aux prises avec une importante concentration de la presse.

Contrôlé par la famille Murdoch, News Corporation possède près de 70 % des quotidiens du pays.

Depuis des années, cet empire médiatique nie l’importance des changements climatiques et fait ouvertement campagne contre ceux qui tentent d’alerter l’opinion publique à ce sujet.

Dans l’édition d’aujourd’hui du plus influent quotidien du pays, The Australian, les nouvelles au sujet des feux de brousse du pays occupent une place insignifiante.

Même chose pour The Courrier-Mail et le Herald Sun.

Résultat de cette manipulation de l’opinion publique, le pays est dominé depuis des décennies par des gouvernements climatosceptiques voués à la promotion des intérêts des producteurs de combustibles fossiles.

C’est ainsi que depuis 1996, l’Australie tente de miner les efforts internationaux en vue de limiter la production de gaz à effet de serre.

Pourtant.

Entre 2000 et 2013, 22 % des forêts intactes de ce pays ont été détruites. Un tiers des espèces d’insectes recensées en Australie est en risque d’extinction.

Depuis 2014, le pays a connu trois gouvernements dirigés par le Parti libéral d’Australie.

Durant son mandat d’un peu moins de deux ans (de 2013 à 2015), Tony Abbott supprimait le ministère des Sciences, l’Autorité du changement climatique, la Commission du climat et la taxe carbone (instaurée un an plus tôt).

Son gouvernement a approuvé en 2014 le rejet — dans les eaux de la Grande Barrière de corail — des déchets de dragage provenant des travaux d’extension d’un port d’exportation de charbon. Or la Grande Barrière avait déjà perdu plus de la moitié de ses coraux entre 1987 et 2014.

De 2015 à 2018, son successeur (Malcom Turnbull) a tenté en vain de faire en sorte que l’Australie s’engage à réduire des émissions polluantes. Mais il a dû y renoncer en raison de la fronde d’une dizaine de ses députés.

Depuis aout 2018, il a été remplacé par Scott Morrison, un climatoseptique notoire. Celui-ci a répété ces dernières semaines qu’il en faisait déjà assez contre le réchauffement climatique et que sa politique environnementale ne pouvait pas être tenue responsable des incendies.

Conclusion

Le cas de l’Australie montre comment la concentration de la presse aux mains de quelques uns peut conduire tout un peuple à l’aveuglement collectif.

Références :
Australia Is Committing Climate Suicide
Australia ranked worst of 57 countries on climate change policy
Australie
Énergie en Australie
Feux de brousse en Australie (2019-2020)
L’Australie brûle dans l’indifférence de ses journaux
Liste des pays par production de charbon
News Corporation

Paru depuis :
Une catastrophe prévisible (2020-01-16)

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Environnement, Politique internationale | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Deux ou trois commentaires perdus

7 janvier 2020

De manière discrète, ce blogue a déménagé voilà quelques heures.

Depuis quatre ans, l’hébergeur BlueHost (de Salt Lake City) s’en occupait.

Depuis cet après-midi, SiteGround (une compagnie bulgare) dessert le blogue à partir de serveurs répartis autour du globe.

Mais sur les nouveaux serveurs, c’est une copie d’il y a deux jours qui a été utilisée et non une copie actuelle.

Si bien que le compteur de requêtes est retombé à ce qu’il était le 5 janvier. Ce qui est un détail.

Mais ce qui est plus important, c’est que les deux ou trois commentaires publiés depuis deux jours ont été perdus.

Vous m’en voyez désolé.

Si vous en avez une copie, n’hésitez pas à la publier de nouveau.

Mes excuses.

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 5 — Nombre de votes : 1

4 commentaires

| Avis | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Talibans et Trump, des iconoclastes modernes

6 janvier 2020

Peu après avoir jeté les troupes russes hors d’Afghanistan, les nouveaux maitres du pays (les Talibans) avaient résolu de purger le pays des traces de son passé pré-islamique.

Leur dynamitage en mars 2001 des trois Bouddhas de Bâmiyân (sculptées entre le IIIe et le VIIe siècle) a suscité une réprobation planétaire.

Indignée, Washington se drapait alors de la parure vertueuse du défenseur de la Civilisation.

Mais deux décennies plus tard, la barbarie a changé de camp et contamine maintenant les plus hauts sommets de l’État le plus puissant du monde.

Pour venger la simple humiliation subie par les États-Unis lors de la Crise des otages américains en Iran en 1981 —  au cours de laquelle 52 Américains furent otages de ravisseurs Iraniens (sans y perdre la vie) — Donald Trump a menacé de détruire 52 sites ayant une grande importance culturelle aux yeux des Iraniens.

Pour avoir une idée de ce que Trump menace de détruire, on cliquera sur ceci.

Soyons optimistes et parions que tout ceci n’est que du bluff.

Toutefois, on peut s’inquiéter du fait que la pensée de détruire de tels trésors ait traversé l’esprit d’un des chefs d’État les plus belliqueux de l’Histoire moderne (pourtant riche à ce sujet).

Et on peut craindre encore plus de le voir se glorifier de posséder le pouvoir de les anéantir.

Comme dans ce film de Chaplin où un chef d’État grisé par sa puissance s’amuse avec un globe terrestre qu’il traite comme un ballon de plage…

Si j’étais Américain, je serais humilié de voir que la moitié de mon peuple ait porté au pouvoir quelqu’un dont personne ne peut garantir qu’il est sain d’esprit (pensez à sa volonté d’acheter le Groenland) ou qu’il possède la maturité nécessaire à la fonction qu’il occupe (dans ce cas-ci).

On ne peut promouvoir la démocratie américaine quand celle-ci donne de si pitoyables résultats.

Références :
Bouddhas de Bâmiyân
Crise des otages américains en Iran
Donald Trump’s belligerent threats to Iran’s cultural sites are grotesque
Trump menace de frapper 52 sites en Iran

Paru depuis :
Menaces contre les sites patrimoniaux iraniens: Donald Trump isolé (2020-01-07)
Ispahan brûle-t-il? (2020-01-11)

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 5 — Nombre de votes : 1

Laissez un commentaire »

| Politique internationale | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :