Faits divers No 40

15 novembre 2018
Tranche de Beaufort

Au Québec, le prix des fromages fins varie entre vingt et cinquante dollars du kilo.

Pour chaque dollar dépensé pour l’achat d’un fromage fabriqué au Québec :
• 42¢ vont à l’épicier
• 11¢ vont au distributeur
• 33¢ vont au fabricant
• 14¢ sert à l’achat du lait.

Référence :
Pourquoi les fromages fins du Québec sont-ils chers?


 
C’est au Portugal que l’on compte la plus grande proportion de divorces (71%).

À l’opposé, c’est au Chili qu’il y en a le moins (3%). Les autres pays où les mariages sont les plus durables sont le Vietnam (4%), le Guatemala (5%), et le Tadjikistan (6%).

Référence :
Marbot O. Y a-t-il des théories pour expliquer les divorces. La Revue 2017; no 74: 144.


 
Une fois complétée en mars 2019, la tour Mjøsa sera le plus haut édifice en bois au monde. Sa construction aura duré moins d’un an, soit plus de la moitié du temps que cela aurait pris s’il avait été fait de béton armé.

Dessinée par Voll Arkitekter, l’édifice norvégien de 85,4 mètres — soit presque la moitié de la Place Ville-Marie — comprendra des appartements, un hôtel, des locaux commerciaux, un restaurant et une piscine.

La tour de dix-huit étages est construite dans une petite ville de seulement dix-mille habitants. Un des principaux employeurs y est un fabricant de bois d’œuvre.

Références :
The world’s tallest timber tower structurally tops out in Norway
World’s tallest wooden building. Mjøsa Tower by Voll Arkitekter


 
Le 26 octobre 2018, le Maroc s’est ajouté aux pays qui de refusent le passage à l’heure d’hiver.

À la suite d’un sondage qui révélait que 84% des répondants étaient favorables à l’abolition du changement d’heure, la Commission européenne recommande que les pays de l’Union y donnent suite à compter du 1er avril 2019.

Référence :
Le changement d’heure comme une fatalité


 
En 2015, les chercheurs canadiens ont publié 76 000 articles scientifiques dont seize-mille au Québec (soit 21%).

Cette année-là, le Canada a produit quatre pour cent de la littérature scientifique.

Les chercheurs québécois s’illustrent dans le domaine biomédical, les technologies de l’information et les communications.

Référence :
La recherche a besoin d’un refinancement


 
Célébrée le premier novembre, la Toussaint est une fête catholique qui honore tous les saints.

Dans les pays de tradition catholique, on a coutume de faire une pierre deux coups et de célébrer ce jour-là fête des Morts qui, en principe, tombe le lendemain.

La Finlande est presbytérienne. Le 1er novembre, c’est la Journée nationale de la jalousie.

Ce jour-là, le ministère du Revenu rend public le revenu imposable de tous les citoyens. Il suffit d’en faire la demande pour apprendre combien gagne une célébrité, votre voisin, un dirigeant d’entreprise (votre patron, par exemple), ou un collègue qui effectue le même travail que vous.

Les journalistes se lancent alors dans les textes comparatifs.

Toutefois, depuis 2014, le ministère a décidé d’informer la personne concernée de l’identité précise des gens qui demandent à connaitre ses revenus. Ce qui a fait chuter dramatiquement le nombre de requêtes…

Référence :
« Journée de la jalousie » : quand la Finlande rend publics les revenus fiscaux de tous ses citoyens


 
Après Los Angeles et New York, Montréal est le troisième centre de la mode en Amérique du Nord.

Avec des ventes manufacturières d’environ quatre-milliards$ par année (sans compter la vente au détail), Montréal est donc la principale ville canadienne au chapitre de la conception et de la fabrication de la mode, devant Toronto et Vancouver.

Environ 21 000 personnes y travaillent sur les 30 000 au Québec.

Référence :
Sabourin G. Situation de la mode aujourd’hui. Montréal Centre-Ville 2018; vol 11 no 4: 17-8.


 
À en juger par la taille des habitations humaines, les archéologues estiment que les humains étaient presque égaux à l’époque où ils étaient nomades et vivaient de chasse et de cueillette.

Il y a dix-mille ans, ils ont cessé de l’être lorsque l’agriculture est née alors que certains d’entre eux ont commencé à engranger et à accumuler les récoltes ou les biens qu’ils en obtenaient en échange.

Les inégalités sociales ont donc débuté avec l’agriculture et la sédentarisation.

Référence :
ben Yahmed B. Ils s’enrichissent. La Revue 2018; no 75: 3-4.


 
La première usine de dessalement a été inaugurée en 1964 aux iles Canaries. Celles-ci, au large du Maroc, sont une possession espagnole.

De nos jours, il y a plus de dix-huit-mille de ces usines à travers le monde. Seulement en Israël, 75% de l’eau utilisée ne provient plus du lac de Tibériade (alimenté par le Jourdain), mais du dessalement d’eau de la Méditerranée.

Au Qatar, 99% de l’eau douce provient du golfe Persique.

En Arabie saoudite, 69% de l’eau douce provient de la mer. À lui seul, ce pays produit 22% de l’eau de mer dessalée au monde.

Sous forme de saumure, le sel est rejeté plus loin en mer, ce qui détruit la vie marine à proximité des points de rejet.

De plus, le dessalement nécessite de quantités importantes d’énergie sous forme d’hydrocarbures, même quand on utilise le procédé d’osmose inversé. En effet, ce procédé nécessite de fortes pressions pour forcer l’eau à traverser les filtres.

En Afrique, on a commencé à utiliser des usines qui fonctionnent à l’énergie solaire. Au lieu de recourir à des piles pour stocker l’énergie, on fait de l’eau douce quand l’ensoleillement le permet. Et c’est l’eau qu’on accumule et non l’énergie nécessaire à sa fabrication.

Référence :
Copel É. La fin de la guerre de l’eau ! La Revue 2018; no 75: 60-2.


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

Détails techniques : 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bombardier coupe de 2 500 postes au Québec

14 novembre 2018

Introduction

Des cinq-mille emplois que Bombardier abolira à travers le monde d’ici un an et demi, la moitié seront éliminés au Québec.

En raison de l’importante pénurie actuelle de main-d’œuvre au sein de l’industrie aéronautique québécoise, les analystes prédisent que les employés licenciés devraient trouver facilement un emploi ailleurs.

Bref, ce n’est pas une catastrophe. Toutefois, il y a quelque chose d’anormal dans tout cela.

À la fin de 2015, le gouvernement Couillard a investi 1,3 milliard$ dans Bombardier.

Depuis, Airbus a mis la main gratuitement sur la CSeries et la moitié des employés remerciés par Bombardier à travers le monde sont au Québec.

Les contribuables, en ont-il eu pour leur argent ?

La survivance ou le progrès

En 2015, après avoir investi cinq-milliards$ en recherche et développement, Bombardier s’est retrouvé à court de liquidités. En d’autres mots, au bord de la faillite.

En raison de l’importance primordiale de l’industrie aéronautique dans l’économie du Québec, le gouvernement Couillard n’avait pas d’autre choix que de soutenir ce constructeur.

Toutefois, lorsqu’il est nécessaire d’aider une compagnie à genoux, on peut se permettre d’être exigeant.

Dans le texte Le derrière miraculeux de la ministre, j’ai eu l’occasion de ridiculiser l’incompétence de l’ex-ministre de l’Économie du Québec.

Son ‘sauvetage’ de Bombardier en est un exemple supplémentaire.

Le seul objectif du gouvernement Couillard fut d’éviter la faillite du constructeur afin de s’assurer que les partis d’opposition ne l’accuseraient pas de n’avoir rien fait.

Au lieu d’être un moyen de consolider une stratégie industrielle, le but de l’investissement de 1,3 milliard$ était politique, voire bassement électoral; perpétuer le présent le plus longtemps possible.

Est-ce que cet investissement protégeait les emplois chez Bombardier en 2015 ? Oui, en 2015. Les protégeaient-ils à l’avenir ? Non, comme on peut le voir aujourd’hui. Empêchait-il les dirigeants de Bombardier de se graisser la patte aux frais des contribuables ? Pas vraiment.

À l’époque, l’État se trouvait en position de force. On aurait pu exiger de Bombardier que la majorité des emplois créés à l’avenir par la CSeries le soient au Québec.

En raison de pressions de l’administration Trump, Bombardier investira environ 300 millions$US pour la construction d’une chaine de montage de la CSeries à Alabama, aux États-Unis, où devraient travailler entre 400 et 500 personnes.

De plus, rien n’empêche Bombardier de faire construire une partie de ses avions de l’autre côté de l’Atlantique — à son usine de Belfast (ou ailleurs en raison du Brexit) — si la demande européenne le justifie.

Conclusion

Pour que se développe l’économie du Québec, il ne suffit pas de vouloir conserver les emplois actuels; il faut en développer de nouveaux.

Évidemment, on peut se demander pourquoi créer de nouveaux emplois alors que présentement, les entreprises peinent à combler les milliers d’emplois vacants.

L’économie de tout pays est perpétuellement en mouvement. Il faut savoir délaisser les occupations anciennes pour embrasser des secteurs industriels novateurs qui font appel à une plus grande expertise.

Pendant des années, le Parti libéral du Québec a prétendu être un bon gestionnaire économique alors que sa croissance du Québec à été en deçà de la moyenne canadienne douze des seize ans au cours desquelles il a été au pouvoir.

Le cas de Bombardier est une illustration parfaite de son incompétence. Au lieu que les investissements majeurs de Bombardier en R&D soient un prélude à l’essor fulgurant de ce fleuron qu’est l’industrie aéronautique, tout au plus serons-nous heureux qu’elle ne périclite pas.

Références :
Bombardier abolit 5000 postes et vend son programme d’avions Q Series
C Series: Bombardier réalise des progrès pour sa ligne d’assemblage en Alabama
Québec investit 1 milliard $US dans Bombardier

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Richard Paré à l’orgue de l’oratoire Saint-Joseph

12 novembre 2018
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Dimanche dernier, le claveciniste et organiste Richard Paré donnait un concert à l’orgue de l’oratoire Saint-Joseph.

Au programme :
• Dialogue en ut, de Louis Marchand (1669-1732)
• Prélude et fugue en mi mineur, de Nicholas Bruhns (1665-1697)
• Partita sur le choral Was Gott tut das ist Wolghetan, de Johann Pachelbel (1653-1706)
• Prélude, fugue et chacone en do majeur, BuxWV 137 de Dietrich Buxtehude (1653-1707)
• Concerto en sol majeur, BWV 592 de J.S. Bach
• les transcriptions de deux chorals par J.S. Bach
• Prélude et fugue en sol majeur, BWV 532 de J.S. Bach.

Axé sur des compositeurs du XVIIe siècle (et sur Bach, puisqu’il le faut dans le cadre d’un festival qui lui est dédié), ce concert fut très intéressant.

Ce fut, entre autres, une occasion de faire connaissance avec Louis Marchand, dont le Dialogue en ut m’a plu.

Mort à 31 ans, Nicholas Bruhns occupe une place importante parmi les organistes qui ont précédé Bach.

La troisième œuvre à l’affiche permit à Richard Paré de mettre en valeur l’orgue de l’oratoire, jouant chacune des nombreuses variations de la partita de Pachelbel comme si elle était jouée par un instrument complètement différent. À mon avis, ce fut le ‘clou’ de ce programme.

J’ai peu d’affinité pour Buxtehude.

C’est dans l’interprétation de Bach que le souci de transparence du claveciniste fut le plus évident à l’orgue.

Merci donc au Festival Bach de Montréal d’offrir gratuitement aux mélomanes un concert d’une telle qualité.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0
1re photo : 1/5000 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,0 — ISO 1600 — 12 mm
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Promenade un vendredi soir de novembre à Toronto

8 novembre 2018
À la gare Union
Hôtel Delta et les condos Ice
Tour du CN, vue de la rue Adelaïde
Poutinerie Smoke’s
Entrée Art déco sur la rue Adelaïde
Vélos en libre-service
Taxi Beck
Murale dans une ruelle

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/6,3 — ISO 2500 — 21 mm
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 17 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 27 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 21 mm
5e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 17 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 40 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 17 mm
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Emmanuel Hocdé à l’orgue de l’oratoire Saint-Joseph

6 novembre 2018
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Du 17 novembre au 7 décembre se tient officiellement l’édition 2018 du Festival Bach de Montréal.

Mais dès les 4 et 11 novembre, deux concerts d’orgue sont prévus officieusement. Les deux font partie des six évènements offerts gratuitement.

Le concert de dimanche dernier mettait en vedette le récipiendaire 2002 du Grand prix d’interprétation du Concours international d’orgue de Chartres (le prix le plus prestigieux au monde).

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Au programme :
Prélude et fugue en mi mineur BWV 548 de J.S. Bach
Allein Gott in der Hoch sei Her BWV 662
Toccata, adagio et fugue en do majeur BWV 564
Prélude et fugue en do mineur op. 37 no 1 de Félix Mendelssohn
Improvisation d’Emmanuel Hocdé.

Le grand orgue de l’oratoire est une bête puissante créée en 1960 par le facteur allemand Rudolf von Beckerath.

La musique pour orgue de Bach a été composée pour les orgues délicats joués dans des églises dont la réverbération est complètement différente de celle de l’oratoire.

Bref, emmitouflées dans l’écho des lieux, les deux premières œuvres au programme ne m’ont rien dit.

Seule la troisième m’a plu parmi les œuvres de Bach.

Composée par l’organiste lui-même, c’est Improvisation qui fut, à mon avis, le ‘clou’ de ce concert d’une cinquantaine de minutes.

Tirant parti de l’instrument et de l’acoustique du lieu, cette pièce aurait fait la fierté de Debussy s’il en avait été le compositeur.

Le concert de dimanche prochain à l’Oratoire sera également gratuit. Je vous invite à y assister et à profiter de votre visite pour apprécier la beauté des lieux.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 19 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 5000 — 12 mm
3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 27 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm

Post-Scriptum : Ceux dont l’écran d’ordinateur possède une résolution de 1900 x 1200 pixels pourront télécharger la première photo qui accompagne de texte (l’aperçu général de l’Oratoire) afin de s’en servir comme fond d’écran en cliquant sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Actéon et Pygmalion à l’Atelier Opera

5 novembre 2018

Introduction

Elgin Theatre

Du 25 octobre au 3 novembre 2018, l’Atelier Opera de Toronto présentait deux opéras baroques français.

Même si ces œuvres, d’une durée respective d’une quarantaine et d’une cinquantaine de minutes, sont de style baroque, elles appartiennent à deux siècles et à deux esprits très différents.

Actéon

Distribution d’Actéon

Dans la mythologie grecque, Actéon est ce chasseur qui surprend Artémis (appelée Diane par les Romains) alors que la déesse nue prend son bain. Furieuse, celle-ci le change en cerf, bientôt dévoré par ses chiens.

On ne peut ignorer l’aspect moralisateur de l’histoire, alors que le voyeurisme et le désir érotique du chasseur sont finalement sanctionnés d’une punition divine.

La tragédie lyrique de Marc-Antoine Charpentier a été composée en 1684, à une époque où Lully s’était fait octroyer par le roi le monopole de la représentation des grands spectacles musicaux.

Conçue pour divertissement privé d’un noble, l’œuvre était jouée par un petit effectif instrumental et chantée par une poignée de solistes qui assuraient également les parties chorales.

J’avais entendu cette œuvre au disque il y a bien longtemps et le souvenir qu’en avais conservé est celui d’une œuvre sévère, voir un peu ennuyeuse.

À Toronto, l’effectif orchestral a été augmenté. Si bien que l’équilibre entre les vents et les cordes a été modifié aux dépens des premiers. Le rôle d’Actéon est chanté par un baryton plutôt d’un contreténor.

De plus, les parties chorales sont ici assurées par les chanteurs appuyés par un chœur aux accents lullistes, placé dans une loge.

En dépit de ces changements qui assombriront, à juste titre, le plaisir des puristes, la production torontoise est très séduisante.

L’éclairage raffiné de Michelle Ramsay, multipliant des taches d’ombre et de lumière comme dans un sous-bois, les costumes chatoyants de Gerard Gauci (qui rappellent plus un bal du XIXe qu’une partie de chasse au XVIIe siècle), l’incarnation brillante de Colin Ainsworth en Actéon et surtout la mise en scène amusante et inventive de Marshall Pinkoski font en sorte que cette production est de nature à plaire à un public contemporain.

Pigmalion

Distribution de Pigmalion

Présenté en 1748, Pigmalion (selon l’orthographe de l’époque) est une des compositions les plus populaires de Rameau.

Tiré des Métamorphoses d’Ovide (tout comme Diane et Actéon), Pigmalion reflète l’époque hédoniste de Louis XV à la cour.

Le sculpteur Pigmalion tombe amoureux d’une de ses créations à qui Aphrodite, déesse de l’amour, donnera vie. Le tout se termine par des danses qui célèbrent justement le triomphe de l’Amour.

Lully étant mort depuis 1687, Rameau a composé son œuvre pour un ensemble instrumental plus varié que celui dont disposait son collègue Charpentier.

Essentiellement, Pigmalion doit son succès aux ballets qui en occupent la place centrale et à deux airs de bravoure — ‘L’Amour triomphe’ et ‘Règne, Amour’ — qui ne peuvent être chantés que par un ténor capable d’une extrême virtuosité.

Le baryton Colin Ainsworth fait partie du très petit nombre de chanteurs au monde capables d’une prouesse vocale de niveau olympique, à la fois agile et puissante.

Entre deux séances d’enregistrement en studio, on peut accorder un peu de répit au chanteur qui doit interpréter ces airs. Sur scène, celui-ci n’a qu’une pantomime de trois minutes pour reprendre son souffle.

Voilà pourquoi on pardonnera un peu de fatigue au baryton à son deuxième air après avoir été l’épine dorsale de cette double production pendant plus de 90 minutes.

Maintenant, parlons des ballets.

Par souci d’authenticité, il est fréquent de nos jours qu’on danse les ballets baroques en recourant aux notations chorégraphiques de l’époque. C’est ce qu’on a fait à Toronto.

Chorégraphie de Marie-Nathalie Lacoursière

Toutefois, ces pas de danse doivent être accompagnés d’une gestuelle appropriée, comme le montre l’exemple ci-dessus, filmé à Montréal, où on notera le jeu des mains.

C’est cette gestuelle qui n’est pas encore parfaitement bien maitrisée à Toronto.

De plus, à Toronto, les longues robes des danseuses rappellent plus la deuxième moitié du XIXe siècle que l’époque de Rameau.

Quant au fond de scène, c’est un décor surréaliste inspiré de Magritte qui est franchement laid et dont l’impact visuel est une distraction inutile. J’espère qu’on trouvera moyen de le remplacer par autre chose lorsque ce spectacle prendra l’affiche à Versailles.

Ceci étant dit, les productions scéniques d’opéras baroques sont tellement peu fréquentes de ce côté-ci de l’Atlantique que chacune d’elles doit être encouragée. Effectivement, cette double production Actéon/Pygmalion fut, globalement, un assez bon spectacle.

À lui seul, Actéon méritait le déplacement.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm
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3e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 38 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La droite et la laïcité

3 novembre 2018

Nature de la droite

En gros, un parti de droite est celui qui promet la prospérité économique et/ou l’amélioration de la société par le biais de l’enrichissement des riches.

Ces partis profitent des périodes de surplus budgétaire pour accorder des réductions de taxes aux riches et/ou abaisser le taux d’imposition des entreprises.

Cette réduction de la marge de manœuvre de l’État fait en sorte que, par la suite, le moindre ralentissement économique obligera tout gouvernement à réduire ses dépenses, ce qui signifie imposer des frais pour les services qui étaient gratuits ou obliger la population à aller au privé afin de les obtenir.

C’est par ce jeu de bascule cyclique qu’on déplace la richesse de la poche des pauvres vers celle des riches.

En somme, pour distinguer les partis de droite des partis de gauche, il suffit de se poser la question : où va l’argent ?

Mais puisque les partis de droite sont toujours ceux qui enrichissent le 1% au dépens du 99%, comment peuvent-ils convaincre les citoyens ordinaires de voter pour eux ?

Le moyen utilisé est la guerre interne du peuple.

Celle-ci consiste à dresser les citoyens les uns contre les autres :
• les travailleurs contre les assistés sociaux (ces derniers, lorsqu’ils ne sont pas des fraudeurs, seraient néanmoins des boulets économiques)
• les Chrétiens contre les Musulmans (ceux-ci soupçonnés de sympathies terroristes)
• les féministes de chiffon contre les femmes musulmanes (accusées d’être les porte-étendards de l’Islam politique)
• les citoyens contre les immigrants (accusés de nous envahir et pervertir nos valeurs fondamentales)
• et, de manière générale, les contribuables contre tous ceux qui crèveraient de faim (au sens propre ou figuré) sans le secours de l’État.

Les gens qui adhèrent à leur cause ne sont pas nécessairement de droite. Mais en jouant sur l’égoïsme inné dans chacun d’entre nous, sur les préjugés et une méfiance naturelle à l’égard de ce qui ne nous est pas familier, ces partis peuvent susciter l’adhésion d’une proportion suffisante de la population pour être portés au pouvoir.

Le cas du voile islamique

Un des thèmes les plus ‘payants’ de la droite au Québec est la crainte que le fondamentalisme musulman, symbolisé dit-on par le voile islamique, fasse reculer chez nous les acquis du féminisme et de la laïcité.

Voile_islamique
 
On connaît le pourcentage de Canadiennes musulmanes qui portent l’une ou l’autre des tenues vestimentaires associée à l’Islam. Toutefois, ces données ne sont pas valables pour le Québec.

Les Musulmans qui s’installent au Québec proviennent essentiellement de pays limitrophes de la Méditerranée. Ce sont des pays où le français est une langue seconde ou tierce (après le berbère et/ou l’arabe).

Lorsqu’elles sont voilées, les Musulmanes de ces pays revêtent généralement le hijab et le chador. Il est à noter les Musulmanes qui y sont vêtues à la manière occidentale sont beaucoup moins nombreuses qu’elles l’étaient il y a quelques décennies essentiellement en raison de l’influence saoudienne sur le clergé sunnite.

Par contre, les provinces anglophones accueillent davantage de gens provenant de pays du Moyen-Orient — au sens français du terme — où le voile islamique intégral est porté fréquemment.

Cas extrême, la banlieue torontoise de Peace Village est un ghetto pakistanais où vivent plus de cinq-mille femmes portant le niqab.

Au Québec, les personnes les plus hostiles au port du voile sont originaires de pays où elles ont assisté à la montée de l’intégrisme religieux. Le recul important des droits des femmes a accompagné la généralisation du port du voile, devenu nécessité sociale même pour celles qui ne sont pas musulmanes.

Ces personnes angoissent à la vue des Québécoises musulmanes qui portent le voile et y voient les signes précurseurs de ce qu’elles ont vécu dans leur pays d’origine.

Dans ces pays, les Musulmans forment l’immense majorité de la population. De ce fait, ces pays constituent un terreau immensément plus fertile à la généralisation des formes les plus rigoureuses de l’Islam qu’ici, où ils ne forment qu’une infime minorité.

Les Cassandre du recul de la laïcité sous les assauts du wahhabisme répandent une crainte excessive qui fait le jeu de la droite québécoise en dépit du fait que les plus célèbres d’entre elles — Fatima Houda-Pepin, Djemila Benhabib et Nadia Alexan — n’en font pas partie.

En réalité, dans un pays démocratique, il est impossible qu’une minorité impose sa volonté à la majorité.

Tout au plus, cette minorité peut-elle imposer le respect et obtenir des accommodements dits raisonnables.

Loin de correspondre à une ‘musulmanisation’ de la société québécoise, les accommodements accordés aux Québécois musulmans ne sont que des exceptions à des règles qui empêchent leur pratique religieuse ou l’expression de leur foi. En somme, ils se résument à vivre et laisser vivre.

Laïcité : la France vs l’Autriche

La laïcité républicaine

On dit souvent que la loi française de 1905 bannissait le port de signes religieux au sein des institutions publiques du pays. Cela est inexact.

C’est la Loi sur l’interdiction de signes religieux à l’école, adoptée en 2004 par un gouvernement de droite, qui interdit le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles, les collèges et les lycées publics.

Le qualificatif ostentatoire est important parce qu’il permet d’interdire sélectivement le voile musulman sans affecter, par exemple, les pendentifs chrétiens, plus discrets.

En 2010, la Loi sur la dissimulation du visage, adoptée par un autre gouvernement de droite, interdit le niqab et la burka dans l’espace public mais permet le foulard islamique et le chador. Cette loi, toujours en vigueur, est très peu appliquée.

Cette portée nouvelle donnée à la laïcité républicaine fut étendue en 2016 à la tenue musulmane de plage (le burkini), interdite par les villes de Nice, de Cannes et d’une trentaine d’autres villes dirigées par des mairies de droite avant que cette mesure ne soit invalidée par les tribunaux français.

Ces mesures antimusulmanes ont séduit de nombreux électeurs, tant à droite qu’à gauche.

Mais les penseurs de gauche n’ont pas cessé de critiquer ces mesures pour deux raisons.

Premièrement, en raison de leur caractère discriminatoire et xénophobe.

Et deuxièmement, parce qu’une loi qui s’attaque aux victimes présumées — et non à leurs agresseurs — est une loi mal faite.

En retour, ce qui explique l’accusation récurrente adressée par la droite aux idéologues de gauche d’être complices de l’Islam politique.

L’exemple autrichien

En février 2015, l’Autriche a adopté une loi destinée à éviter des dérives islamistes en réduisant notamment l’influence étrangère sur les mosquées et sur l’enseignement religieux dans ce pays.

D’un côté, cette loi élargit les droits des pratiquants de religion musulmane. Mais d’autre part, les imams devront être formés en Autriche grâce à un cursus théologique à l’université. Il leur faudra également maîtriser la langue du pays.

De plus, les frais de fonctionnement des institutions confessionnelles, y compris les salaires, ne pourront plus être financés depuis l’Étranger.

Dans la mesure où cette loi ne concerne que l’Islam, elle est évidemment discriminatoire.

Mais à la différence des lois françaises, la loi autrichienne ne s’attaque pas aux femmes, mais plutôt au financement de la prédication des formes les plus rigoureuses de l’Islam, dont le wahhabisme, qui sont précisément celles qui ordonnent aux femmes de revêtir le voile intégral.

Conclusion

Peut-on croire sérieusement qu’il suffit de bannir le voile islamique (intégral ou non) pour faire obstacle à l’intégrisme islamique ?

C’est en libérant l’imanat sunnite de l’emprise saoudienne et en bloquant les sites web étrangers qui en font la promotion qu’on s’attaque au port du voile intégral.

Quant aux formes anodines du voile islamique (hijab et chador), ceux qui veulent fermer le marché de l’emploi aux Québécoises musulmanes qui les portent font le jeu des islamistes qui, eux-mêmes, estiment que la place d’une femme est dans la cuisine ou à changer des couches.

Rien n’est plus contraire à l’interprétation rigoureuse de l’Islam que de travailler dans un environnement mixte — c’est-a-dire où se côtoient des hommes et des femmes — comme c’est le cas du marché de l’emploi au Québec.

C’est précisément en donnant à ces femmes l’opportunité de travailler qu’on leur accorde l’autonomie financière qui leur permet de se libérer d’un conjoint dominateur, si c’est le cas.

Qu’elles soient vêtues à l’occidental ou non, les Québécoises musulmanes sont des pionnières en train d’inventer leur manière bien à elles de concilier leur foi avec la vie en Occident.

Elles ont tout mon respect.

Et si ce regard bienveillant est intolérable aux yeux d’une poignée d’idéologues de la droite québécoise, ceux-ci doivent savoir que les gens comme moi feront toujours obstacle à leurs entreprises de dresser le peuple contre lui-même.

Références :
La gauche se trompe lourdement sur la laïcité
La laïcité républicaine
L’Autriche adopte une nouvelle loi pour encadrer l’islam
Les services à visage découvert et les droits constitutionnels
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Pascal Bruckner ou la victimisation illusoire
Port du voile en hausse parmi les musulmanes au Canada
Résumé de géopolitique mondiale (2e partie et fin)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Jardins de lumière 2018 à l’heure bleue

30 octobre 2018

Il ne reste plus que deux jours pour visiter la 26e édition de l’exposition annuelle de lanternes chinoises au Jardin botanique de Montréal.

J’y suis allé une première fois le 9 octobre et j’y suis retourné hier soir à l’heure bleue, c’est-à-dire à cette période entre le jour et la nuit où le ciel est encore légèrement lumineux.

Voici ce que j’en ai rapporté.

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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif Voigtländer 17,5mm F/0,95
1re photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 1250 — 17,5 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 640 — 17,5 mm
3e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 1250 — 17,5 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 500 — 17,5 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/1.1 — ISO 400 — 17,5 mm
6e  photo : 1/100 sec. — F/1,1 — ISO 250 — 17,5 mm
7e  photo : 1/125 sec. — F/1,1 — ISO 800 — 17,5 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une gifle au prince héritier saoudien

29 octobre 2018

Introduction

Vision 2030 est un pharaonique projet de diversification de l’économie de l’Arabie saoudite conçu par le prince héritier de ce pays au cout de 500 milliards$.

Ce projet vise la création d’une ville futuriste créée sur le modèle des zones économiques spéciales chinoises.

Afin d’en faire la promotion, la conférence Future Investment Initiative de l’an dernier avait attiré 3 500 participants provenant de 88 pays.

Cette année, le froid créé par l’affaire Khashoggi a fait en sorte que de nombreuses entreprises ont boudé la deuxième édition de cette conférence.

L’Arabie saoudite, exportatrice de capitaux

Le but de Vision 2030 n’est pas d’attirer des investissements étrangers mais de diversifier l’économie saoudienne.

Depuis des décennies, des sociétés d’investissement organisent la fuite des capitaux saoudiens.

Lors des attentats du 11 septembre 2001, des membres de la famille royale saoudienne et de riches entrepreneurs — dont certains provenaient de la famille d’Oussama bin Laden — assistaient justement à une conférence donnée à Washington par des conseillers financiers américains.

Parmi les centaines d’avions qui voulaient quitter le territoire américain ce jour-là, celui transportant ces augustes investisseurs fut le seul autorisé à s’envoler et ainsi échapper aux questions des policiers chargés de l’enquête au sujet de ces attentats.

Les dirigeants de ce pays savent bien qu’un jour une révolution les chassera du pouvoir. Voilà pourquoi la majorité de leur fortune personnelle est investie à l’Étranger.

Ils y ont de grands hôtels, des stations de ski, des clubs sportifs, des compagnies aériennes, des vignobles, de grandes enseignes de commerce au détail, des marques prestigieuses, etc.

On estime que les Saoudiens possèdent 8% de l’économie américaine. Cela équivalut à plusieurs fois les fortunes combinées de Bill Gates et de Warren Buffett.

De plus, si Amazon et Apple sont les deux compagnies qui possèdent la plus grande capitalisation boursière, c’est seulement parce qu’Aramco (la pétrolière de l’État saoudien) n’est pas inscrite en bourse. Si elle l’était, sa valeur capitalisée serait de trois à quatre fois celle d’Apple.

Bref, l’Arabie saoudite est immensément riche et n’a pas besoin de capitaux étrangers.

Le déficit technologique de l’Arabie saoudite

Pour diversifier son économie, l’Arabie saoudite a besoin de combler son abyssal déficit technologique.

L’école publique saoudienne est aux mains du clergé wahhabite. Tout fait scientifique incontestable qui contredit l’interprétation littérale des textes sacrés de l’Islam (vieux de 1 500 ans) est une hérésie dont l’enseignement est passible de la peine de mort.

Voilà pourquoi le système scolaire saoudien forme des hommes de lettres (avocats en droit musulman, écrivains, poètes, fonctionnaires peu qualifiés), mais peu de chercheurs, de scientifiques et de travailleurs qualifiés.

Si bien qu’en Arabie saoudite, les familles aisées envoient leurs adolescents masculins étudier dans les meilleurs lycées occidentaux.

Le régime vante son taux élevé de scolarisation. Dans les faits, le système scolaire saoudien ne forme que des bons à rien que même les entreprises saoudiennes hésitent à embaucher comme travailleurs qualifiés. D’où le taux de chômage d’environ 40% chez les jeunes hommes du pays.

Environ 70% des emplois offerts aux Saoudiens le sont dans la fonction publique.

Le bilan de la Future Investment Initiative

À l’issue de la conférence de cette année, les dirigeants saoudiens se sont empressés de souligner qu’elle avait été un grand succès, permettant la signature de contrats évalués à cinquante-milliards de dollars.

Le message sous-jacent est clair; toute tentative de nous nuire est vaine. Notre influence est telle qu’elle nous permet de triompher de tous les obstacles.

La réalité est toute autre.

À l’édition de cette année, l’assistance a été constituée principalement d’hommes habillés à la manière musulmane, c’est-à-dire des Saoudiens et des alliés régionaux de l’Arabie saoudite.

Environ 68% des contrats signés cette année concernent Aramco, la pétrolière de l’État saoudien.

Les entreprises occidentales qui ont signé des contrats avec elle sont des pétrolières étrangères (dont la française Total), des entreprises américaines spécialisées dans la fourniture d’équipement pétrolier ou la recherche d’hydrocarbures, des banques et des fonds d’investissement spéculatifs.

Bref, rien pour diversifier l’économie du pays.

Le message est clair : si l’Arabie saoudite veut la technologie occidentale, elle devra s’occidentaliser.

Aussi bien dire que ce n’est pas demain la veille.

Maintenant que cette conférence a été un échec, on commence déjà à voir l’intérêt pour l’affaire Khashoggi s’estomper dans nos médias puisque ceux qui en tirent les ficelles ont atteint leur objectif.

Références :
Meurtre au consulat : du fait divers aux ressorts d’une crise internationale
Saudi conference shunned by west secures £39bn in deals
Vision 2030 : la Grande séduction saoudienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Face aux Saoudiens, Trudeau plaide l’impuissance

26 octobre 2018

 
Le 8 avril 2016, le gouvernement Trudeau accordait les licences d’exportation concernant 70% du matériel militaire canadien visé par un contrat de vente de chars d’assaut à la dictature saoudienne tout en accusant les Conservateurs de l’avoir fait.

Selon les experts, le partenaire d’affaires de l’Arabie saoudite n’est pas General Dynamics (le constructeur), mais le gouvernement canadien.

En effet, s’il s’agissait d’un simple contrat d’approvisionnement entre l’Arabie saoudite et un fabriquant, il est impossible que ce contrat prévoit des pénalités payées par une tierce partie, indépendante au contrat (soit le gouvernement canadien).

C’est la diplomatie canadienne qui a négocié le contrat et c’est le fédéral qui assure le financement de l’entente. Par ce moyen, le fédéral protège General Dynamics d’une rupture unilatérale de contrat par l’Arabie saoudite.

En vue d’augmenter sa production, la compagnie doit effectuer des investissements qui sont pour elles des pertes lorsqu’un tel contrat est annulé. Ce qui justifie que des dédommagements lui soient accordés.

Le cas échéant, les contribuables canadiens paieraient donc les chars d’assaut refusés — qui seraient alors refilés à l’armée canadienne —ou, à défaut, une pénalité au constructeur.

Une des raisons invoquées à l’époque par le gouvernement fédéral pour justifier cette vente, c’est que si le Canada refusait, de nombreux pays seraient heureux de prendre la relève.

La question qu’on peut se poser est la suivante : s’il était si facile à l’époque pour l’Arabie saoudite de s’approvisionner ailleurs, pourquoi aurait-elle exigé des pénalités importantes en cas de rupture de contrat par le Canada ?

Cela ne tient pas debout.

En raison de l’impuissance totale de Justin Trudeau face aux décisions saoudiennes — pensez ‘Raïf Badawi’ — le constructeur a très certainement exigé des garanties afin de se protéger de l’éventualité où l’Arabie saoudite refuserait d’honorer ses engagements.

Pour se justifier, Justin Trudeau invoque des obligations contractuelles secrètes.

Pourtant, depuis 1947, la Loi sur les licences d’exportation et d’importation interdit, entre autres, de vendre de la marchandise militaire vers des pays :
• qui sont engagés dans un conflit (ex.: au Yémen)
• où les droits de la personne font l’objet de violations graves et répétées de la part du gouvernement, à moins qu’il puisse être démontré qu’il n’existe aucun risque raisonnable que les marchandises puissent être utilisées contre la population civile.

Doit-on comprendre que le respect d’un contrat à préséance sur le respect de la loi ?

Si le premier ministre n’a pas l’intention de rendre public le contrat canado-saoudien, il aurait intérêt à cesser de justifier sa lâcheté derrière ses clauses secrètes.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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