Le pouvoir de l’uniforme

14 décembre 2018

 

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On oblige le policier ou le soldat à porter un uniforme qui l’identifie comme détenteur des pouvoirs répressifs de l’État. Ce qui, évidemment, facilite sa tâche en imposant le respect.

Dans beaucoup de pays, l’uniforme permet au citoyen de savoir à quel type d’agent de la paix il a affaire : responsables de la circulation, policiers, gendarmes, gardien de prison, etc. Cela révèle l’étendue des pouvoirs dont cette personne est investie.

Et dans une mêlée sur le champ de bataille, l’uniforme permet au soldat de distinguer instantanément l’ami de l’ennemi.

Une des raisons qui expliquent que la moitié des diplômés universitaires en Iran soient des femmes, c’est que depuis la Révolution dans ce pays (à forte tradition patriarcale), les pères acceptent volontiers que leurs enfants partent étudier au loin à Téhéran, convaincus que le port du voile protègera la virginité de leurs filles.

Au Québec, il y a à peine quelques décennies, les femmes arrivaient à la messe du dimanche la tête voilée et leurs maris, tout endimanchés. De nos jours, les prêtres sont heureux de dire la messe devant n’importe qui.

Le pourvoir du vêtement est indéniable lorsqu’on observe le déchainement des opinions dès qu’il est question du port du voile islamique en Occident.

Le clip vidéo ci-dessus, réalisé par le quotidien Le Monde explique comment le gilet jaune — ce vêtement peu couteux que tout automobiliste français doit avoir dans son véhicule — est devenu un symbole de ralliement et un symbole identitaire. Comme le port du carré rouge l’était lors de la grève étudiante de 2012 au Québec.

Jusqu’à ce que la France se sépare de ses colonies du Maghreb, au début des années 1960, leurs représentants au Parlement français n’hésitaient pas à porter des tuniques berbères et des turbans blancs.

L’abbé Félix-Adrien Kir — qui donna son nom à une boisson célèbre — fut le dernier prêtre élu à l’Assemblée nationale française. De 1945 à 1967, il siégeait en portant la soutane catholique.

Il en est autrement au Québec. En 1961, Claire Kirkland-Casgrain fut la première femme élue au parlement québécois. Avant cette date, les parlementaires étaient des hommes, tous habillés comme des avocats puisque dans l’immense majorité des cas, c’étaient précisément des avocats.

Quant à ceux qui ne l’étaient pas, s’habiller comme eux était une manière de les rassurer et de signifier l’intention de prêter implicitement allégeance à leur clan. Parce que si l’habit ne fait pas le moine, il indique la classe sociale ou la tribu à laquelle on voudrait appartenir.

En quête de crédibilité, les femmes qui ont été élues depuis ont adopté le tailleur sobre puisque le port d’un vêtement criard est jugé signe de vulgarité et de mauvais gout.

Tout cela a dernièrement été remis en question par deux députés de Québec Solidaire.

La députée Catherine Dorion s’est présentée en gaminet, chaussée de bottes Doc Martens. Précisons que ce gaminet a été conçu et réalisé au Québec.

Cela contraste avec ces complets de couturiers italiens portés par la presque totalité de leurs adversaires politiques. Des complets assemblés par des ouvrières recevant un salaire de misère quelque part au Tiers-Monde. Comme quoi les plus belles roses poussent dans le fumier.

Quant à son collègue, Sol Zanetti, il s’est présenté vêtu sobrement, mais chaussé d’espadrilles blanches. Quel scandale !

Pour moi, le vrai scandale, c’est quand un ministre des Finances se procure inutilement des souliers neufs — comme le veut la tradition britannique — pour présenter un budget décrétant… des mesures d’austérité.

Pendant des années, les politiciens ont cru ce président de firme de sondage Léger qui ne cesse de répéter que les Québécois ‘haïssent la chicane’. Au contraire, on réalise maintenant qu’on ne peut attirer l’attention médiatique qu’en suscitant la controverse.

Donald Trump aux États-Unis, Berlusconi en Italie, Maxime Bernier au Québec, carburent à la controverse. Et leurs succès politiques ont pour assise l’audience qu’ils se sont créée par les énormités qu’ils ont écrites.

La controverse relative au gaminet de Mme Dorion et aux espadrilles blanches de M. Zanetti est une controverse futile. Tout comme le refus de prêter publiquement allégeance à la reine d’Angleterre, cette controverse ‘abonne’ les journalistes aux polémiques suscitées par QS; ils savent dorénavant où le scandale nait.

Ces controverses donnent à QS une visibilité que le PQ n’a jamais pu obtenir en dépit d’un programme électoral à des années-lumière de celui, médiocre et simpliste, de n’importe quelle autre formation politique québécoise.

On ne peut faire l’indépendance d’un peuple sans créer de controverse. Les appels à éviter la chicane sont des appels au conformisme; ils ont réussi à étouffer la voix du PQ. Mais QS est plus sauvage. Comme un poulain qu’on n’a pas encore dompté.

QS semble avoir compris que ni le port de la cravate par le député ni le port du tailleur Armani par l’élue ne sont des signes de respect pour le peuple. Ce n’est pas en se déguisant comme des avocats que les députés de QS ‘prouvent’ leur allégeance aux gens qu’ils représentent; ils le prouvent par les idées qu’ils défendent.

On pourra épiloguer longuement sur cette stratégie de provocation. Mais un jour, il faudra bien revenir à l’essentiel, tant chez les personnes scandalisées que chez ceux qui suscitent leur indignation…

Références :
Le corps d’une femme
Le paravent des vêtements
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Marie-Claire Kirkland-Casgrain

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les premiers pas du gouvernement Legault

13 décembre 2018

Depuis son élection, le 1er octobre dernier, le gouvernement Legault a annoncé quelques mesures dont la réduction du nombre d’immigrants, l’uniformisation des taxes scolaires, le resserrement de l’encadrement de la vente du cannabis, et le bannissement des signes religieux portés par les personnes dotés des pouvoirs coercitifs de l’État de même que par les enseignants.

Ces mesures réalisent certaines de ses promesses électorales.

Plusieurs journalistes rappellent au premier ministre que son gouvernement majoritaire a été porté au pouvoir par une minorité des électeurs et lui conseillent de revenir sur ces décisions avec lesquelles ils ne sont pas d’accord.

Si le premier ministre les écoutait, ces mêmes journalistes seraient peut-être les premiers à reprocher à sa formation politique d’être comme ces ‘vieux partis’ qui sont prompts à revenir sur leurs promesses une fois élus.

Donc, le premier ministre a raison d’être inflexible. D’autant plus que toutes ses mesures jouissent d’un large appui populaire.

À titre d’exemple, les deux tiers des Québécois — sympathisants de la CAQ ou non — veulent hausser l’âge minimal pour acheter du cannabis.

On peut être contre cette décision, mais on doit reconnaitre que ce n’est pas la fin du monde; les jeunes adultes devaient s’approvisionner jusqu’ici auprès de la pègre et ils continueront de le faire tant que le gouvernement ne changera pas d’idée.

De plus, on doit se rappeler la nature de la Démocratie; c’est le pouvoir du peuple. Pas le pouvoir des experts. Pas le pouvoir des intellectuels. Même pas le pouvoir de la logique.

La majorité du peuple veut que l’âge minimal soit haussé. Et la CAQ réalise sa volonté. Où est le problème ?

Ceux qui estiment qu’il s’agit-là d’une mauvaise décision — je suis du nombre — n’ont qu’à convaincre le peuple et la CAQ suivra.

Il n’y a pas de mal à ce que le gouvernement Legault soit à l’image du peuple (épousant même ses contradictions), et en accomplissant sa volonté.

Je préfère de beaucoup un gouvernement qui prend des décisions imparfaites, voire qui commet des erreurs sans importance, plutôt qu’un gouvernement qui laisse trainer les dossiers comme ce fut le cas sous les Libéraux.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le secret des bols à café français

11 décembre 2018
Bol à café

Dans les restaurants français, on sert le café dans des tasses. Comme c’est le cas ailleurs.

Lors de mon premier voyage à Paris, j’habitais dans un monastère. Celui-ci accueillait des Francophones de partout à travers le monde.

Au petit déjeuner, pris au réfectoire, le café était servi à volonté.

Ce qui m’avait intrigué, c’est que tous les Français y buvaient leur café dans des bols.

À l’époque, j’avais présumé que cela permettait de se prendre une plus grande portion et ainsi éviter de se lever pour se servir une deuxième tasse.

Cet été, le long du trottoir de ma rue, un voisin qui déménageait avait mis un tas d’objets à donner.

Parmi ceux-ci se trouvait un bol à café français. C’est en le voyant que j’ai réalisé qu’inconsciemment, je souhaitais en avoir un depuis des années.

Cette acquisition m’a permis de comprendre le secret des bols à café français.

Le bol à café est plus petit qu’un bol à soupe et ses parois sont beaucoup plus épaisses.

Contrairement à la tasse — qu’on doit prendre par son anse tellement ses parois deviennent chaudes dès qu’on y verse du café brulant — l’épaisseur des parois d’un bol à café fait en sorte que le liquide est beaucoup plus refroidi par le bol que ce dernier est réchauffé par le café.

Si bien qu’extérieurement, le bol est tiède.

Quant au café, il peut être bu immédiatement, sans avoir à attendre qu’il refroidisse puisque le bol a instantanément réduit sa température.

De plus, à chaque gorgée, la tasse remet en suspension une partie de la poussière de marc de café. Au contraire, lorsqu’on incline le bol à café, son intérieur arrondi fait en sorte que les couches de marc glissent les unes sur les autres et que cette poussière demeure au fond.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 1000 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’espionnage de l’État canadien n’a pas de limite

10 décembre 2018


 
Par le biais de Statistique Canada, le gouvernement canadien veut obtenir automatiquement — et sans leur consentement — le détail des transactions effectuées par les citoyens canadiens, de leurs retraits bancaires aux paiements par carte de crédit, en passant par le solde de leur compte de banque.

Les données qu’exige de consulter Statistique Canada ne sont pas anonymes. L’organisme fédéral veut les noms des citoyens concernés afin, dit-il, de pouvoir effectuer des recoupements avec d’autres données et ainsi produire de meilleures statistiques.

C’est en octobre dernier que le réseau de télévision Global a révélé qu’à partir de janvier prochain, Statistique Canada forcera neuf banques à lui transmettre les données détaillées de 500 000 de leurs clients.

Le statisticien en chef du Canada, Anil Arora, justifie cette décision par le fait que son organisme éprouve des difficultés croissantes à convaincre un échantillon de citoyens choisis aléatoirement à consigner pendant un mois toutes leurs transactions et à lui transmettre ces données.

D’où l’idée d’espionner à leur insu des centaines de milliers de citoyens canadiens et — pourquoi pas — l’ensemble de la population canadienne lorsque Statistique Canada aura mis au point les logiciels qui permettront de le faire.

Les firmes de sondage prédisent tant bien que mal les résultats des élections à partir d’un échantillon aussi petit qu’un millier de répondants. Pourquoi Statistique Canada a-t-il besoin d’un échantillon aussi vaste qu’un demi-million de personnes si ce n’est pour mettre au point un système d’espionnage massif qui sera éventuellement étendu à l’ensemble de la population canadienne.

Évidemment ces données seront toujours incomplètes.

En juin 2017, le gouvernement Trudeau a permis aux iles Cook de s’ajouter à la liste des paradis fiscaux dans lesquels les entreprises et les riches canadiens pourront cacher leur argent à l’abri du fisc et à l’abri des savantes analyses de consommation de Statistique Canada.

On comprend donc mal comment ce même gouvernement tient tant à mettre son nez dans les finances des citoyens ordinaires alors qu’il est si indifférent à ce que fait de leur argent le 1% de la population du pays qui accapare une proportion croissance de la richesse du pays.

Quant au danger que la banque de données nominatives créée par Statistique Canada tombe en de mauvaises mains, on trouvera en annexe une liste d’organismes et de multinationales (dont Microsoft) qui, après avoir fait appel aux plus grands experts, croyaient vainement en l’invulnérabilité de leur système informatique.

Jusqu’ici, si les données de Statistique Canada n’ont jamais été piratées, c’est qu’elles n’avaient pas de valeur marchande. Mais en dressant la liste de toutes les transactions financières du pays, cela cessera d’être le cas. On peut donc anticiper l’inévitable…

Références :
Informations bancaires: le commissaire à la vie privée enquête sur Statistique Canada
Informations bancaires: Statistique Canada veut rassurer les citoyens
L’Accord avec les Îles Cook critiqué

Au sujet de l’espionnage de l’État :
The British Big Brother

Au sujet des paradis fiscaux :
Pour la déclaration obligatoire des investissements des élus dans les paradis fiscaux
Vive les paradis fiscaux !

Détails de la photo : Droits appartenant à Stokkete. Photo distribuée par la banque d’images Onepixel.


Annexe : La piraterie de données informatiques
 
2 million Facebook, Gmail and Twitter passwords stolen in massive hack (2013-12-04)
Target a été victime d’une gigantesque fraude informatique (2013-12-19)
Les données de 4,6 millions d’utilisateurs de Snapchat piratées (2014-01-02)
Aux États-Unis, le hold-up numérique du siècle (2014-01-13)
Le compte Twitter de Microsoft piraté par des activistes syriens (2014-01-13)
Des renseignements privés de 620 000 Albertains dans un portable volé (2014-01-23)
Barclays blasted over ‘catastrophic’ theft of thousands of customer files (2014-01-23)
Les NAS d’environ 900 contribuables ont été soutirés de l’Agence du revenu du Canada (2014-04-14)
Nouveau vol de données chez Orange: 1,3 million de personnes touchées (2014-05-06)
eBay urges users to reset passwords after cyberattack (2014-05-21)
La liste électorale du Québec vendue sur Internet (2014-05-29)
La cyberattaque a touché un système de données personnelles (2014-08-01)
Mozilla confirms leak of 76,000 developer email addresses (2014-08-05)
Des photos piratées de vedettes américaines dénudées circulent sur Internet (2014-09-01)
La poste américaine victime d’une attaque informatique (2014-11-10)
Attaque informatique: Sony tient une réunion avec ses employés (2014-12-15)
Une attaque informatique a permis de dérober 300 millions de dollars à des banques (2014-12-15)
L’attaque informatique contre le fisc américain serait liée à la Russie (2014-05-28)
OPM hack: China blamed for massive breach of US government data (2015-06-05)
Le vendeur de logiciels espions Hacking Team victime d’un piratage massif (2015-07-06)
Des millions d’adultères menacés par des pirates (2015-07-20)
Piratage contre le fisc américain: davantage de foyers touchés (2015-08-17)
5,6 millions d’empreintes digitales volées dans le piratage d’une agence américaine (2015-09-24)
Vol d’identités à l’École Polytechnique de Montréal : la liste s’allonge (2015-11-05)
VTech : 6,4 millions de comptes d’enfants piratés dont 1,17 en France (2015-12-02)
Massive database of over 190 million registered voters’ information leaked online (2015-12-02)
Anonymous publie des données sur 1 400 participants de la COP21 (2015-12-04)
Des informations confidentielles de sous-traitants du ministère de la défense publiées par Anonymous (2016-02-23)
50 millions de Turcs voient leurs données personnelles divulguées sur le Web (2016-04-07)
Des milliers de documents d’une loge maçonnique publiés sur le Web après un piratage (2016-04-21)
Les données personnelles de millions d’électeurs mexicains fuitent en ligne (2016-04-25)
Plus d’un million de profils du site de rencontres Beautifulpeople ont été dérobés (2016-04-26)
Mots de passe piratés (bis) : l’impossible protection? (2016-06-09)
Comment les pirates d’OurMine ont-ils hacké les comptes des patrons de la Silicon Valley ? (2016-07-19)
La Corée du Nord a piraté des courriels de responsables sud-coréens (2016-08-01)
Dropbox hack leads to dumping of 68m user passwords on the internet (2016-08-31)
Violation de confidentialité informatique à la Banque Nationale (2016-09-14)
500 millions de comptes piratés chez Yahoo! (2016-09-22)
Le site de rencontres AdultFriendFinder piraté, 412 millions de comptes compromis (2016-11-15)
Un milliard de comptes Yahoo supplémentaires piratés (2016-12-14)
McDonald’s Canada victime de piratage (2017-04-01)
Un pirate informatique a accédé à des renseignements sur des clients de Bell (2017-05-15)
Vol massif de renseignements personnels chez Equifax (2017-09-09)
Les données d’un million d’utilisateurs de Canoe.ca ont été piratées (2017-09-12)
Cent mille Canadiens touchés par le piratage d’Equifax (2017-09-20)
Uber a caché que les données de 57 millions de ses utilisateurs ont été piratées (2017-11-21)
Les données de 100 000 clients de Bell pourraient avoir été piratées (2018-01-23)
Equifax: 2,4 millions de personnes de plus affectées par le piratage massif (2018-03-01)
Des données de près de 700 000 lecteurs du site de « L’Express » accessibles en ligne (2018-03-01)
Des pirates menacent de révéler les données de 90 000 clients de BMO et Simplii (2018-05-30)
British Airways sonnée par un vol massif de données (2018-09-07)
Un piratage massif compromet l’identité de 1 milliard d’Indiens (2018-09-11)
Facebook révèle une faille de sécurité qui a compromis 50 millions de comptes (2018-09-28)
Gigantesque vol de données chez Marriott International (2018-11-30)
Les photos privées de 6,8 millions d’utilisateurs Facebook dévoilées par une faille de sécurité (2018-12-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les changements climatiques et l’ours polaire

9 décembre 2018


 
Le 26 novembre dernier, Valérie Théorêt et sa fillette de dix mois ont été tuées au Yukon par un grizzli. Ces temps-ci de l’année, ces attaques sont rares puisque normalement l’ours brun hiberne.

L’ours polaire est un animal encore plus redoutable. Jamais domestiqué, l’ours blanc ne craint pas l’humain en qui il ne voit qu’une proie.

Même si l’ours polaire n’est pas en voie d’extinction, il est considéré comme une espèce menacée par la modification de son habitat.

On estime entre 20 000 et 25 000 le nombre d’ours blancs dans l’Arctique (puisqu’il n’en existe pas en Antarctique). La majorité, soit 16 000 se trouvent en territoire canadien.

Au Canada, la chasse à l’ours polaire est sévèrement règlementée. Les quotas couvrent à la fois les ours tués par les Inuits pour leur subsistance et ceux tués par les chasseurs sportifs. Dans ce dernier cas, les chasseurs ‘blancs’ doivent être accompagnés d’un guide inuit.

L’unique raison pour laquelle le Canada permet la chasse sportive à l’ours polaire, c’est que c’est une des rares sources de revenus des peuples inuits.

En 2017-2018, pour l’ensemble du Nunavut, un maximum de 497 ours polaires pouvaient être tués. Lorsqu’on dépasse les quotas une année, cela est soustrait des quotas prévus pour l’année suivante.

Le problème est qu’il arrive de plus en plus souvent que les quotas soient dépassés.

Parmi les conséquences du réchauffement climatique, la fonte prématurée des glaces fait en sorte que les ours polaires passent plus de temps sur la terre ferme, à proximité des habitations humaines, à la recherche de nourriture.

Ce qui augmente les occasions où les Inuits doivent abattre des ours pour se protéger. Or même dans ces cas, les ours tués sont comptabilisés dans les quotas.

L’habitat naturel de l’ours polaire est l’Arctique tout entier. De nos jours, si la majorité des ours polaires à travers le monde vivent en territoire canadien, c’est que leur habitat est peuplé également d’Inuits. S’il était peuplé de Blancs, l’ours polaire aurait été décimé ici comme ailleurs.

Notre civilisation est l’unique responsable de la destruction de la planète et, en particulier, du réchauffement de l’habitat des Inuits; ces derniers n’y sont pour rien.

Au nom de la sauvegarde des espèces menacées, certains voudraient qu’on interdise aux Inuits de sécuriser leur environnement en les empêchant de réduire le nombre d’ours rôdeurs près des habitations humaines.

De nos jours, alors que bien des peuples se sentent menacés par les vagues de réfugiés, comment réagiraient-ils si leurs enfants, au retour de l’école, se retrouvaient nez à nez non pas avec un migrant, mais plutôt avec un ours polaire en train de fouiller dans les poubelles de leur cours arrière ?

Bref, le nombre d’ours polaires autrefois jugé sécuritaire devra inévitablement être revu à la baisse, à la recherche d’un nouvel équilibre entre l’humain et l’animal.

Et si nous voulons la croissance du cheptel d’ours polaires canadiens, il nous faudra modifier de manière draconienne nos habitudes de vie, et non de culpabiliser les Inuits pour le tort que nous causons à leur environnement.

Références :
Breaking news: One hunter killed, two injured in polar bear attack in Foxe Basin
Inuit hunters frustrated by polar bear conservation rules that put their lives at risk
Nunavut hunter calls for changes to polar bear rules after fatal summer attacks
Photo of legally hunted polar bear draws social media outrage, racist comments
Trop nombreux, les ours polaires?
Une Québécoise et sa fillette tuées par un grizzly au Yukon
Why Does Canada Still Allow Hunters to Kill Polar Bears for Their Fur?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Rencontres sur la Nouvelle-France

6 décembre 2018
Éric Bouchard et Biz

Durant l’année 2018-2019, à l’auditorium de la Grande Bibliothèque de Montréal, la Fondation Lionel-Groulx organise une série de neuf conférences gratuites au sujet de personnalités marquantes de notre histoire.

Le 7 novembre dernier, j’assistais à celle, très intéressante, donnée par l’historienne Catherine Ferland au sujet de Jean Talon.

Hier soir devant une salle pleine, c’était le tour de Biz — rappeur et romancier bien connu — de nous entretenir au sujet du plus grand héros de notre histoire (portant riche à ce sujet) : d’Iberville.

Tantôt drôle, toujours passionné, Biz s’est avéré un extraordinaire vulgarisateur.

À mettre sur votre agenda : la prochaine rencontre se tiendra le 6 février 2019. Elle portera sur la grande famille d’explorateurs et de militaires que furent les La Vérendrye. Cette conférence sera donnée par l’anthropologue Serge Bouchard.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 — 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 85 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’accent circonflexe et l’orthographe rectifiée

5 décembre 2018


 
Au-dessus des voyelles a, e, et o, l’accent circonflexe modifie la prononciation.

Par exemple, les mots ‘tache’ et ‘tâche’ ne se prononcent pas de la même manière (en plus d’avoir des sens différents).

Mais ce n’est pas le cas des voyelles i et u. Par exemple, ‘cou’ et ‘coût’ se prononcent exactement pareil.

En vertu de la réforme facultative de l’orthographe de 1990, les accents circonflexes au-dessus des voyelles i et u disparaissent partout où ils sont superflus.

On les conserve seulement lorsque cet accent modifie le sens du mot. C’est le cas dans les six exceptions suivantes.

• ‘Croîs’ et ‘croît’

Au présent, l’accent circonflexe permet de distinguer entre les verbes ‘croitre’ (grandir) et ‘croire’ (considérer comme vrai). Conséquemment, ‘je croîs’, ‘tu croîs’ et ‘il croît’ s’écrivent comme avant.

Par contre, l’accent disparait au-dessus du ‘i’ des verbes ‘croitre’, accroitre’, ‘décroitre’ et ‘recroitre’. Il disparait également de ‘surcroit’.

• ‘Dû’

En français, on n’écrit jamais ‘de le’; on le remplace par ‘du’ (sans accent). Par exemple, on écrit : ‘La messe du dimanche’.

Afin de distinguer ce ‘du’ de ‘dû’ (ce qu’on doit), on place un accent circonflexe chez ce dernier (au masculin singulier seulement).

Mais il disparait des adverbes ‘assidument’, ‘dument’ et ‘indument’, de même qu’au participe passé du verbe ‘redevoir’.

• ‘Jeûne’ et ‘jeûnes’

On ne peut pas retirer l’accent du mot ‘jeûne’ (la privation de nourriture) sans créer de la confusion avec le mot ‘jeune’ (la personne peu avancée en âge). De plus, contrairement à la voyelle ‘u’, le son ‘eu’ se prononce différemment lorsqu’il est accentué.

Autrefois, ‘jeuner’ (se priver de nourriture) et ‘jeuneur’ (la personne qui jeûne) prenaient un accent circonflexe, contrairement à ‘déjeuner’. Avec la réforme orthographique de 1969, aucun d’entre eux n’en prend.

Bref, seul ‘jeûne’ (au singulier comme au pluriel) est accentué.

• ‘Mûr’ et ‘mûrs’

Au masculin, l’accent circonflexe permet de distinguer ‘mûr’ (ce qui est arrivé à maturité) de ‘mur’ (paroi verticale).

Avec la réforme orthographique, il disparait au féminin parce qu’inutile. On écrira donc ‘mure’ et ‘mures’. Il est sensé disparaitre au masculin pluriel, ce qui n’est pas logique.

Cette disparition affecte également tous les mots qui débutaient par ‘mûr…’ : ‘muraie’ et ‘mureraie’ (une plantation de muriers), ‘murement’, ‘murier’, ‘muriforme’, ‘murir’, ‘murissage’, ‘murissant’, ‘murissement’, ‘murisserie’, (entrepôt de murissement) et ‘muron’ (une baie).

• ‘Sûr’ et ‘sûrs’

Tout comme avec ‘mûr’, l’accent sur l’adjectif ‘sûr’ (ce qui est certain) permet de le distinguer de l’adjectif ‘sur’ (dont le gout est aigre).

Il se décline comme ‘mûr’.

Sont également affectés par cette disparition, ‘surement’ et ‘sureté’.

• Passé simple et subjonctif

L’accent circonflexe est conservé aux formes rares de certains verbes (le passé simple et l’imparfait du subjonctif). Par exemple : ‘Il eut été plus sage qu’il eût enlevé ses bottes sales’ ou ‘Nous prîmes notre courage à deux mains…’.

Perdent donc leur accent une foule de mots courants comme ‘abime’, ‘ainé’, ‘aout’, ‘boite’, ‘boiter’, ‘bruler’, ‘buche’, ‘chaine’, ‘cloitre’, ‘connaitre’, ‘cout’, ‘croute’, ‘dime’, ‘diner’, ‘flute’, ‘fraicheur’, ‘gaité’, ‘gite’, ‘gout’, ‘huitre’, ‘ile’, ‘maitre’, ‘naitre’, ‘paitre’, ‘paraitre’, ‘piqure’, ’souler’, ‘traineau’, ‘traitre’, et ‘voute’.


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés à la grammaire et à l’orthographe, veuillez cliquer sur ceci.

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| Grammaire et orthographe | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Photoreportage de ‘The Fairy Queen’ à l’U de M

3 décembre 2018

Les élèves de la faculté de musique de l’Université de Montréal montent périodiquement des spectacles auxquels le public est invité.

C’était le cas vendredi et samedi soirs derniers où des extraits du semi-opéra Fairy Queen de Purcell étaient présentés.

Le tout était transposé dans une gare ferroviaire.

Sans sous-titres ni livret, j’avoue ne pas avoir compris grand-chose à ce qui se passait sur scène.

Ce spectacle ‘bien’ — un peu en deçà du niveau de spectacles antérieurs donnés par d’autres étudiants — était donc une occasion d’apprécier les talents de la relève lyrique québécoise.

À ma grande surprise, on pouvait photographier au cours de la représentation. Je me suis donc placé au fond de la salle pour prendre les photos suivantes.

Lucas Richaud et Roseline Marois-Bernier
Gaëlle Salomon-Corlobe (excellente)
David Turcotte
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Emmanuel Hasler et Dominic Veilleux
Agnès Ménard
Élise Guignard
Maud Lewden
David Turcotte
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Hélène Picard
Martin Davout
Dominic Veilleux
Luc Beauséjour, Marie-Nathalie Lacoursière et Robin Wheeler

Les trois principaux artisans de cette production sont Luc Beauséjour (qui dirigeait l’Atelier de musique baroque de l’UdeM), Marie-Nathalie Lacoursière (responsable de la mise en scène) et Robin Wheeler (directeur de l’Atelier d’opéra de l’Université de Montréal).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm R
 1re photo : 1/250 sec. — F/5,4 — ISO 3200 — 128 mm
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le cannabis récréatif

1 décembre 2018

De la mari aux cannabis

C’est sous l’influence des Beatles et des groupes psychédéliques que la mode du cannabis récréatif s’est répandue en Occident à partir du milieu des années 1960.

Dans son numéro d’octobre 1971, Mainmise — la publication officielle de la contreculture québécoise — présentait un dossier sur les différents types de hachich (la résine du cannabis).

On y distinguait l’afghan, le libanais, le marocain, le népalais, le pakistanais, et le turc.

Parce qu’à l’époque, le cannabis, ce n’était que du cannabis. On expliquait les différences entre les hachichs par les variations climatiques d’un pays à l’autre, de même que la manière avec laquelle il est recueilli et affiné.

Avec le développement de l’industrie illicite de la marijuana, on a senti le besoin de diminuer les risques de saisie. Ce qui voulait dire raccourcir la chaine d’approvisionnement en produisant localement.

Les producteurs ont alors cherché à donner naissance à des variétés dont la culture était plus facile et dont les taux de THC (l’ingrédient le plus puissant) étaient à la fois élevés et relativement constants d’une récolte à l’autre.

Tout comme la domestication du chien a donné naissance à toutes les races canines qu’on connait aujourd’hui, c’est à partir des deux principales sous-espèces de cannabis (le Cannabis sativa et le Cannabis indica) que sont nés tous les cultivars de cannabis disponibles de nos jours.

Dans le quartier rouge d’Amsterdam

À l’occasion d’un voyage à Amsterdam en 2006, j’avais visité les cafés où se vendait de la marijuana.

Sous un comptoir vitré, dans des récipients carrés de plastique transparent, on offrait en vrac des fleurs séchées de cannabis et des ‘joints’ préroulés.

La marijuana y était vendue sous des noms de fantaisie, et ce à des prix extrêmement différents selon la rareté et la qualité du produit.

Pour inciter le client à s’offrir ce qu’il y avait de mieux, on affichait, bien en évidence, les prestigieuses récompenses qui avaient été attribuées à certains de ces cultivars.

On y trouvait, par exemple, le White Widow (gagnant de la 1re place au High Times Cannabis Cup d’Amsterdam en 1995), le Neville’s Haze (gagnant de la palme d’or de la Seed Company High Times Cannabis Cup de 1998), le Super Silver Haze (gagnant de la 1re place au High Times Cannabis Cup d’Amsterdam en 1999), l’Acapulco Gold, etc.

Seulement à l’évocation de ces noms, l’amateur en avait la bouche sèche…

Contrairement aux plantes découvertes dans la nature — auxquelles les chercheurs attribuent des noms latins — les noms des variétés de cannabis sont ceux donnés arbitrairement par ceux qui les mettent au point. Comme le font les horticulteurs qui donnent naissance à de nouvelles violettes africaines.

Sativa vs Indica : les différences selon l’industrie

La classification scientifique du cannabis est un sujet controversé chez les botanistes. Toutefois, dans l’industrie du cannabis récréatif, on s’entend pour classer le cannabis en deux catégories distinctes; le Cannabis sativa et le Cannabis indica.

De manière simple, le clip vidéo ci-dessus illustre les différences entre ces deux catégories de cannabis, telles que caractérisées par l’industrie du cannabis récréatif.

Le Cannabis sativa est une plante haute dont les feuilles sont étroites. Elle met davantage de temps à atteindre sa maturité et sa culture nécessite un climat chaud et ensoleillé.

Lorsqu’on pense à la marijuana, la feuille caractéristique qui nous vient à l’esprit est celle du Cannabis sativa.

On qualifie ses effets d’énergisants. Consommé en groupe, son effet euphorisant porte au fou rire. Quant à l’augmentation de l’expérience sensorielle, elle peut s’accompagner de paranoïa.

Bref, le Cannabis sativa rend l’utilisateur ‘high’.

Le Cannabis indica est une plante trapue. C’est ce qui explique sa popularité auprès des producteurs illégaux du Québec puisqu’elle se dissimule mieux dans un champ de maïs. De plus, sa floraison survient plus tôt, ce qui est idéal dans un pays où la saison chaude est relativement courte.

Ses feuilles sont plus foncées et possèdent des ‘doigts’ plus larges.

Ses effets sont dits relaxants. Le quotient intellectuel de
l’utilisateur semble avoir chuté de moitié. Il semble amorphe, voire abruti; on le décrit comme étant ‘stone’.

Une réalité plus complexe

Puisqu’un plant de Cannabis sativa et un plant de Cannabis indica peuvent contenir la même quantité de THC, la différence de leurs effets ne peut s’expliquer que par la présence d’autres constituants, notamment des molécules apparentées (appelées cannabinoïdes) et des molécules aromatiques appelées terpènes.

Puisque l’industrie du cannabis récréatif a longtemps été illicite, la généalogie de la plupart des cultivars est entourée de mystère.

À défaut du séquençage de son génome, il n’existe aucune certitude qu’un cultivar soit de type sativa ou de type indica; on en juge d’après son aspect physique.

Et les cultivars nés de croisements entre une souche de sativa et une souche d’indica seront qualifiés d’hybrides s’ils n’adoptent pas distinctement l’apparence caractéristique de l’un ou de l’autre.

Pharmacologie du cannabis

La marijuana contient plus d’une centaine de cannabinoïdes dont le plus puissant est le delta-9 tétrahydrocannabinol (THC).

Ces substances peuvent affecter deux types de récepteurs chimiques chez les mammifères. Ils peuvent stimuler les récepteurs endocanabinoïdes et inhiber les récepteurs de l’acétylcholine (probablement en diminuant la sécrétion de ce médiateur chimique).

Ailleurs qu’au cerveau, l’inhibition des récepteurs de l’acétylcholine entraine les effets suivants :
• la dilatation de la pupille de l’œil,
• une difficulté à lire de près (à dose élevée) et une diminution de la lubrification de l’œil (donc les yeux secs),
• la bouche sèche,
• une augmentation du rythme cardiaque (par l’inhibition du nerf vague),
• la diminution des sécrétions pulmonaires,
• la diminution du tonus musculaire du sphincter qui ferme le haut de l’estomac (d’où reflux œsophagien chez les personnes prédisposées),
• la diminution du péristaltisme intestinal (d’où constipation à dose élevée),
• l’hypertrophie de la prostate (chez les hommes âgés),
• les mains et les pieds froids (action indirecte).


 
Les anticholinergiques ne sont pas tous capables d’atteindre le cerveau. Mais ceux qui le peuvent — les cannabinoïdes sont du nombre — ont la capacité de provoquer des hallucinations. Ils y exercent également un effet antiémétique (essentiellement contre le mal des transports).

Tous ces effets sont produits par le plus puissant des cannabinoïdes, soit le THC. Et il existe une relation directe entre les taux de THC et l’intensité de ces effets, peu importe que le THC provienne d’une variété de Cannabis sativa ou de Cannabis indica.

Il en est différemment des propriétés liées à la stimulation des récepteurs endocannabinoïdes, dont les récepteurs CB1 (où s’opposent les substances cannabinoïdes entre elles).

Les récepteurs CB1 sont dispersés partout dans le cerveau, mais de manière très inégale. Leur stimulation entraine les effets suivants :
• une perte de la mémoire à court terme,
• une diminution temporaire de la capacité à apprendre,
• une diminution de l’aptitude à fixer l’attention,
• une perte de l’orientation,
• une réduction de l’anxiété,
• des effets anticonvulsivants,
• une réduction de la douleur,
• une réduction de la nausée (peu importe la cause),
• une augmentation de l’appétit,
• une perte de l’activité motrice.

Les récepteurs CB2 se trouvent dans les cellules du système immunitaire. Leur stimulation aurait des effets immunomodulateurs.

La vente du cannabis récréatif au Québec

Intérieur d’un magasin de la SQDC

Contrairement à la société ontarienne du cannabis qui ne vend ses produits que par la poste, et ce à des adresses civiques situées exclusivement sur le territoire ontarien, la Société québécoise du cannabis (SQDC) a choisi de vendre ses produits à la fois par la poste et dans un nombre limité de boutiques qui ont sobrement pignon sur rue.

Pour l’instant, le cannabis y est vendu sous forme de fleurs séchées, de fleurs moulues, de ‘joints’, de capsules, d’huiles, et d’atomiseurs oraux.

Les fleurs séchées (moulues ou non)

Pot de fleurs séchées

Dans le cas ci-dessus, l’étiquette fournit les informations suivantes :
• le producteur est San Rafael’71,
• ce pot contient du Cannabis sativa,
• le cultivar se nomme Delahaze,
• ce pot contient 3,5 g de cannabis,
• le taux de THC ‘total’ est de 23,10 %,
• le taux de THC actif est de 0,37 %,
• le taux de CBD ‘total’ est de 0,03 %,
• le taux de CBD actif est à peu près nul.

Pourquoi parle-t-on ici de THC ‘total’ et de THC actif ?

Normalement, les cannabinoïdes sont présents dans la plante sous forme de précurseurs relativement inactifs. Dans le cas du THC, son précurseur est l’acide tétrahydrocannabinolique.

Pour devenir actifs, ces précurseurs doivent être décarboxylés. Cela se produit sous l’effet de la chaleur, lorsqu’un joint est fumé.

Puisque le cannabis est un produit naturel, la teneur de ses fleurs en THC et en CBD est variable. Afin de vérifier la qualité du produit, chaque lot est analysé. Et c’est le résultat de cette analyse qui est imprimé sur les contenants.

Voilà pourquoi les pourcentages de THC et de CBD indiqués sur les étiquettes varient d’un lot à l’autre.

Pour ce qui est de la critique des cultivars offerts par la SQDC, les intéressés peuvent consulter la chaine QcCannabis World.

Les capsules

Appelées ‘pilules’, les capsules molles d’huile de cannabis que vend la SQDC contiennent soit du THC (2,5 mg ou 10 mg) ou du CBD (10 mg ou 25 mg).

Dans le cas du THC, on doit savoir qu’un ‘joint’ de taille standard contient environ neuf milligrammes de THC.

Puisque les capsules sont destinées à être consommées telles quelles, leur THC ou leur CBD est préalablement décarboxylé.

Comme toutes les formes orales, les capsules d’extraits de cannabis évitent d’aggraver les problèmes pulmonaires des gens qui en sont atteints.

Toutefois, leurs effets sont considérablement plus lents à apparaitre que ceux d’un ‘joint’.

Le début d’action du cannabis administré par voie orale est d’une à deux heures. Les effets ressentis durent de six à huit heures.

Les huiles

Disponibles en fioles équipées d’un compte-goutte, les huiles ont des concentrations de THC qui varient de 3 à 30 mg par millilitre et/ou des concentrations de CBD qui varient de 1 à 30 mg par millilitre.

Tout comme les capsules, les cannabinoïdes des huiles sont préalablement décarboxylés.

Contrairement aux capsules, les gouttes d’huile de cannabis rendent possible l’ajustement précis de la dose.

De plus, tout comme les vaporisateurs oraux, elles permettent l’administration sublinguale, ce qui accélère leur début d’action. Mais contrairement à ceux-ci, les gouttes ne comportent aucun risque d’inhalation accidentelle.

Les vaporisateurs oraux

Vaporisateur d’huile de cannabis

Dans ce cas-ci, l’étiquette indique que le producteur est Tweed et que le produit est vendu sous le nom commercial de Bakerstreet™.

Il s’agit de Cannabis indica. Sur le site web de la SQDC, on apprend que son cultivar est l’Hindu Kush, ce qui n’est pas indiqué sur l’étiquette.

Le format est de 40 ml.

Par millilitre, le liquide contient 25 mg de THC actif et 25 mg de THC ’total’. En d’autres mots, tout le THC est déjà actif et n’a donc pas besoin d’être décarboxylé. Ce qui est normal puisque ce produit ne peut pas être fumé.

Par millilitre, le liquide contient moins de 0,7mg de CBD ‘total’ (déjà sous forme active).

Ailleurs sur l’étiquette, on apprend que chaque vaporisation dispense une quantité de 2,5mg de THC.

Puisque les vaporisateurs sont vendus sans les explications élémentaires quant à leur utilisation, on doit savoir que pour pouvoir les utiliser, on doit briser une languette qui recouvre l’embout du vaporisateur (cachés tous deux sous le timbre d’accise).

Lacunes de l’étiquetage

La légalisation du cannabis au Canada étant toute récente, il est normal que des correctifs soient encore nécessaires.

À l’heure actuelle, l’étiquetage des produits contenant des extraits de cannabis laisse à désirer.

Puisque certains vaporisateurs oraux portent le nom d’élixir, contiennent-ils de l’alcool ? Si oui, à quelle concentration ?

De plus, l’étiquette du vaporisateur buccal Sunday Special indique bien la concentration en THC et CBD. De plus, elle précise le volume d’une vaporisation (0,1 ml). Mais il serait plus prudent qu’elle précise la dose de THC et de CBD par jet au profit de ceux qui ne sont pas forts en calcul.

Toujours au sujet des vaporisateurs, puisque ce sont des extraits de cannabis dans une huile à base de triglycérides à chaines moyennes (‘huile TCM’), est-il dangereux d’inhaler accidentellement ces produits ? Contiennent-ils d’autres ingrédients susceptibles de causer de la stéatose pulmonaire ? Si oui, pourquoi l’étiquette ne prévient-elle pas du danger d’inhaler ?

Puisque l’étiquette de votre pâte dentifrice fournit la liste complète de ses ingrédients, on devrait s’attendre de la même chose des capsules molles (appelées ‘pilules’), des huiles et des vaporisateurs de cannabis. Ce n’est pas le cas.

Conclusion

Après l’Uruguay en 2013, le Canada est devenu cette année le deuxième pays à légaliser le cannabis.

En comparaison avec l’époque récente où la simple possession du cannabis était un acte criminel, la légalisation simplifie considérablement le travail de chercheurs — biologistes, chimistes, cliniciens, experts en séquençage génétique, etc.— qui choisiront d’approfondir nos connaissances au sujet du cannabis.

Pour l’instant, l’industrie du cannabis récréatif projette une image de professionnalisme qui tranche avec le mystère qui entoure les produits offerts sur le marché noir.

Références :
Haschich
Le système endocannabinoïde : qu’est-ce que c’est ? Comment fonctionne-t-il ?
Décarboxylation du THC et du CBD : voici comment le cannabis est activé
Nouveau regard sur le cannabis
Part 1, Sativa vs. Indica: An Overview of Cannabis Types
Why the labels ‘sativa’ and ‘indica’ tell you very little about your pot

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec, patrie continentale des Francophones

26 novembre 2018

Précarité du français dans les provinces anglophones du Canada

Le 15 novembre dernier, le gouvernement ontarien décidait d’éliminer le poste de Commissaire aux services en français — une mesure atténuée depuis — et rompait sa promesse de financer la création d’une université française en Ontario.

De plus, il annulait la subvention de 2,9 millions$ que devait recevoir une nouvelle salle dédiée au théâtre francophone à Ottawa.

Au Nouveau-Brunswick, le nouveau gouvernement conservateur songe sérieusement à abolir le bureau du Commissariat aux langues officielles de cette province.

Au Manitoba, l’éducation en français dans cette province relève dorénavant d’un unilingue anglais, alors que cela relevait autrefois d’un sous-ministre adjoint francophone.

Dans une cause au sujet du sous-financement d’une commission francophone en Colombie-Britannique, le gouvernement de cette province invoque présentement que l’obliger à respecter l’article 23 de la Canadian Constitution serait un gaspillage des fonds publics en raison de l’assimilation inéluctable de la communauté francophone de cette province.

Le prix de l’unité canadienne

Dans les années 1960 et 1970, la force du mouvement indépendantiste était une menace sérieuse à l’unité canadienne.

Lors du référendum québécois de 1980, le vote favorable à ‘souveraineté’ a recueilli 40,44% des suffrages. Au référendum de 1995, cet appui avait grimpé à 49,42%.

Pour contrer le désir de nombreux Québécois de faire du Québec un pays indépendant, on a investi des sommes considérables afin que les Francophones québécois se sentent chez eux partout au Canada.

Cet investissement était jugé comme étant le prix à payer pour l’unité canadienne.

Mais les politiques à ce sujet se sont limitées à un bilinguisme de façade, plus précisément, au service à la clientèle du gouvernement fédéral.

Ce bilinguisme superficiel a été accepté au Canada anglais dans la mesure où il ne faisait pas obstacle à la volonté assimilatrice des provinces anglophones et qu’il ne nuisait pas aux chances de réussite d’un unilingue anglais dans la fonction publique fédérale.

Dans les faits, la machine interne de tous les gouvernements du pays est unilingue.

Autrement dit, à l’exclusion de l’interface qui interagit avec le citoyen, la machine étatique fonctionne presque exclusivement en français à Québec et presque exclusivement en anglais partout ailleurs.

C’est ainsi qu’à Ottawa, on exerce une discrimination à l’embauche à l’égard des unilingues francophones — ils sont plus d’un million au Québec — alors que n’importe quel unilingue anglophone peut y faire carrière.

Les postes destinés aux fonctionnaires bilingues sont fréquemment attribués à des fonctionnaires unilingues anglophones sous promesse d’apprendre le français… un jour.

Et il n’est pas rare qu’un Anglophone quitte le poste ‘bilingue’ qu’il occupait depuis des années sans jamais avoir appris notre langue ni fait d’efforts sérieux pour l’apprendre.

En mars dernier, un fonctionnaire fédéral au bureau montréalais du Bureau du surintendant des institutions financières a intenté une poursuite contre son employeur en raison du fait que tous les rapports destinés à Ottawa — où la fonction publique est à 92% unilingue anglaise — devraient obligatoirement être rédigés en anglais brimant ainsi son droit de travailler en français.

Les politiques canadiennes en matière de bilinguisme sont un succès dans la mesure où les francoCanadiens n’y voient que du feu. Mais dans les faits, il s’agit d’un façadisme destiné à faire illusion.

L’importance de la mobilisation francoOntarienne

À l’émission Tout le monde en parle d’hier soir, il était édifiant de voir le militantisme de cette délégation francoOntarienne vouée à la défense de ses institutions et ses droits.

Cette vaillance contraste avec l’apathie de très nombreux Québécois qui jugent normal qu’on exige à l’embauche la connaissance de l’anglais même lorsque cela n’est pas strictement nécessaire.

Conséquemment, le million de Québécois unilingues français sont des citoyens de seconde zone, ici même au Québec, alors que l’unilingue anglais est maitre chez lui partout au Canada.

Même les partis indépendantistes (le PQ et la CAQ) n’osent pas défendre le droit des Francophones de travailler dans leur langue. Imaginez qu’on refuse ce droit à l’Allemand unilingue dans son pays, ou à l’Italien unilingue dans le sien…

Le fait qu’une partie importante du peuple francoQuébécois soit stigmatisé chez lui est la preuve la plus éloquente de ce colonialisme canadian qui fait en sorte que les Québécois ont honte d’être ce qu’ils sont.

Les francoOntariens sont donc un exemple pour nous tous.

Conclusion

Le Québec est le seul endroit sur le continent américain où un Francophone devrait se sentir chez lui.

Partout ailleurs, il est en milieu hostile.

Maintenant que les Québécois veulent être Canadiens à n’importe quel prix — même au prix de politiques et de dépenses fédérales ouvertement discriminatoires pour le Québec — qu’est-ce qui justifie les couts supplémentaires et l’inefficacité du bilinguisme ?

Le retour des politiques ouvertement assimilatrices est la conséquence directe de cette perception au Canada anglais selon laquelle le mouvement indépendantiste est à l’agonie et que tout gouvernement fiscalement responsable doit mettre fin à des dépenses devenues superflues.

Références :
Front commun pour la pérennité des communautés de langues officielles
La Colombie-Britannique inquiète les francophones hors Québec
La restructuration au Bureau de l’éducation française inquiète la communauté francophone
Les concessions de Doug Ford visent-elles vraiment à calmer les Franco-Ontariens?
L’orangisme est de retour
Une autre coupe francophone: la Nouvelle Scène en danger
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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