Taux de chômage selon les régions du Québec

19 septembre 2018

Source : Téléjournal de Radio-Canada.
 

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Citadelle de Québec défigurée

17 septembre 2018

Construites entre 1608 et 1871, les fortifications de Québec sont le plus important et le plus ancien ouvrage défensif du Canada.

En 2016, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il investirait 37 millionsS pour la rénovation de la citadelle et des fortifications de la Vieille Capitale.

Cette dépense représente 1,2% d’un vaste programme de trois-milliards$ que Parc Canada réalisera à travers le pays d’ici 2021.

Ce programme vise à réaliser des travaux d’infrastructure dans les installations patrimoniales situées dans les lieux historiques de juridiction fédérale, dont les parcs nationaux et les aires marines de conservation.

Aux fins de la restauration des fortifications de Québec, les fonctionnaires d’Ottawa ont décidé d’acheter pour 16,5 millions$ de pierre bleue Pensylvania Bluestone américaine au lieu de pierre grise Grès vert de Sillery dont les carrières sont situées à Lévis.

La citadelle de Québec sera donc dorénavant bicolore; une partie ancienne, gris légèrement verdâtre, et la partie restaurée, bleu foncé.

Cette décision a été prise à l’encontre des recommandations de l’architecte responsable du projet et en violation de l’appel d’offres.

Celui-ci stipulait clairement que la restauration devait être effectuée avec une pierre semblable à celle utilisée autrefois pour l’érection des fortifications. Or le Grès vert de Sillery est exactement la même pierre qui fut utilisée jusqu’ici.

Si le Pensylvania Bluestone coute la moitié du prix du Grès vert de Sillery, les contribuables n’économiseront que trois pour cent de la facture, la différence étant empochée par les frais de transport de la pierre jusqu’au Québec et les profits de l’entreprise qui a obtenu le contrat en violation de l’appel d’offres.

Non seulement cette rénovation québécoise ne représente que 1,2% du programme de Parc Canada, mais Ottawa a trouvé le moyen de faire en sorte que près de la moitié de la dépense fédérale à Québec soit représentée par l’achat de pierre américaine.

Voilà un autre exemple du prix du fédéralisme; les Québécois paieront 18,5% d’un programme de trois-milliards$ de Parc Canada, mais n’en recevront que des bénéfices de l’ordre de 0,7%.

Références :
Citadelle de Québec
Nouveaux investissements de 22 M $ dans les Fortifications de Québec et 15 M $ à la Citadelle
Patrimoine : la Citadelle de Québec rénovée avec des pierres américaines

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le débat des chefs du 13 septembre 2018

16 septembre 2018

Impression subjective

Très souvent grimaçant, parlant le plus fort même lorsqu’il était le seul à s’exprimer, François Legault m’a paru le plus stressé.

Au contraire, c’est Manon Massé qui s’est davantage exprimée sur le ton de la conversation.

Philippe Couillard a paru le plus calme avec toutefois un peu de condescendance lorsqu’il s’adressait à la seule femme du débat, un détail qui n’a sans doute pas échappé aux téléspectatrices.

Après avoir enregistré et écouté ce débat trois fois, je peux dire que j’ai apprécié de façon croissante la performance de M. Lisée en dépit du fait que je la trouvais assez bien dès la première écoute.

Les partis en présence n’ont pas profité pleinement des règles qui régissaient ce débat. Celui-ci visait à offrir un temps d’antenne à peu près égal à chaque parti.

Concrètement, lorsque deux chefs parlaient en même temps, le chronomètre de chacun d’eux augmentait la durée du temps d’antenne utilisé.

La meilleure stratégie consistait donc à utiliser principalement son temps d’antenne à tenir les propos les plus convaincants. Une fois l’essentiel dit, il fallait poursuivre en tenant succinctement les propos les plus susceptibles de faire réagir l’adversaire, l’inciter à vous interrompre au sujet de détails insignifiants et épuiser ainsi son temps d’antenne à lui.

La santé

Marqué par la cacophonie, ce segment a été le procès de seize ans de régime libéral.

Le Parti libéral

Philippe Couillard a vanté les 49 supercliniques (et le 25 autres à venir) que son ministre de la santé a créées.

Personne parmi ses opposants ne lui a fait remarquer que les supercliniques n’ajoutent aucun médecin de plus au Québec puisque ce sont généralement des cliniques privées qui font simplement changer de statut.

Le Parti Québécois

Dans le but de désengorger les hôpitaux et faire davantage de prévention, le PQ promet deux fois plus de soins à domicile que les autres partis.

De plus, un médecin qui accepte de superviser le travail d’une superinfirmière reçoit une prime de 60 000$ par année. Jean-François Lisée veut abolir cette prime, libérer les infirmières et les pharmaciens de la tutelle médicale et faire en sorte qu’ils puissent offrir davantage de soins de première ligne.

La Coalition Avenir Québec

Reprochant au gouvernement Couillard sa générosité à l’égard des médecins spécialistes, la CAQ compte modifier le mode de rémunération des omnipraticiens.

Appelé capitation, ce mode consiste à rémunérer un médecin par ‘tête de pipe’, c’est-à-dire par le nombre de personnes qu’il prend en charge.

Ce mode de rémunération, en vigueur en Angleterre, comporte de nombreux avantages. Il en est question au Québec depuis un quart de siècle.

Québec Solidaire

Québec Solidaire veut réduire la part des budgets de santé liée à la rémunération des médecins (le double qu’en Europe) et veut favoriser le financement des CLSC (publiques) aux dépens des supercliniques (privées).

L’éducation

Le Parti Québécois

Jean-François Lisée veut faire adopter un ‘bouclier’ législatif qui interdirait toute compression dans les budgets consacrés à l’éducation.

Puisqu’il s’agirait d’une loi (si j’ai bien compris), rien n’interdirait toutefois à un gouvernement de l’abroger s’il voulait passer outre.

Créateur des CPE (centres de petite enfance), le PQ veut également compléter le réseau en ajoutant 17 000 places dans les CPE dès son premier mandat.

De plus, le PQ compte consacrer 2,6 milliards$ à la réfection et à la construction d’écoles d’ici quatre ans.

Le Parti libéral

Philippe Couillard a reproché au PQ d’avoir offert aux professeurs de prendre volontairement leur retraite il y a une vingtaine d’années. Comme si cela avait encore de l’importance aujourd’hui.

Pour alléger la tâches des enseignants actuels, il promet d’embaucher plus de professeurs et d’offrir la gratuité des garderies aux enfants de 4 ans.

À la dernière élection, il s’était formellement engagé à ne pas hausser le tarif des garderies, promesse aussitôt brisée lorsqu’il est arrivé au pouvoir.

Québec Solidaire

Québec Solidaire veut faire cesser le financement public des écoles privées (où étudient 12% des élèves du Québec). Les 500 millions$ qu’elle compte ainsi économiser serviraient à majorer le financement de l’école publique.

Ce parti veut également réduire le nombre d’élèves par classe et promet la gratuité scolaire, du CPE à l’université.

La Coalition Avenir Québec

François Legault veut qu’au secondaire, on ajoute cinq heures par semaine pour l’aide aux devoirs.

La CAQ veut modifier les échelles salariales de professeurs de manière à augmenter leur rémunération. Elle compte couper dans le gaspillage. De plus, elle veut instaurer la maternelle dès l’âge de 4 ans.

D’après ce que je comprends, vingt pour cent des enfants de 4 ans sont déjà dans des CPE ou dans des garderies. Mais s’ils vont dans des maternelles (comme en France), ils seront pris en charge par des commissions scolaires.

Or, à Montréal, on peine à loger les élèves du primaire. Voilà pourquoi on a loué cette année des conteneurs amovibles dans lesquels des classes temporaires ont été aménagées.

Les dirigeants scolaires affirment qu’il leur est impossible d’accueillir des dizaines de milliers d’enfants de 4 ans.

L’économie

Le segment consacré à l’économie fut le plus faible. Au lieu de parler d’économie au sens de stratégie industrielle ou de développement économique, les chefs de parti ont parlé d’économie au sens strict d’économiser de l’argent aux contribuables.

Le Parti libéral

Philippe Couillard s’est vanté d’avoir rétabli l’équilibre budgétaire… qui existait avant que les Libéraux prennent le pouvoir en 2003.

Il s’est également vanté d’avoir créé 217 000 emplois depuis quatre ans. Ce qui est une manière de dire fièrement qu’il a échoué à réaliser sa promesse d’en créer 250 000. Cette cible ratée aurait été dans la moyenne si cet objectif avait été atteint.

Son parti augmentera le salaire minimum de manière à ce qu’il atteigne la moitié du salaire médian au Québec.

Le Parti Québécois

Jean-François Lisée a été clair; le PQ ne promet pas de réduire les taxes et les impôts des contribuables, mais s’engage à faire en sorte qu’ils en aient plus pour leur argent.

Il a rappelé que si les hauts salariés du Québec sont plus taxés qu’ailleurs au Canada, c’est en raison des CPE et garderies publiques et des frais universitaires qui sont la moitié, le tiers ou le quart (selon les facultés) des frais payés dans les autres provinces canadiennes (sauf Terre-Neuve).

Il a également promis de s’attaquer aux employeurs qui font travailler leurs salariés en deçà de ce que prescrit la loi.

La Coalition Avenir Québec

François Legault veut réduite les taxes scolaires et augmenter les allocations familiales. Il ne veut pas augmenter le salaire minimum, mais attirer au Québec les entreprises qui créent des emplois très bien rémunérés (ce que souhaitent tous les pays du monde).

Québec Solidaire

Pour Québec Solidaire, la pénurie actuelle de main-d’œuvre est une occasion unique d’augmenter le salaire minimum à 15$. De plus, elle veut augmenter le pouvoir d’achat des citoyens en offrant la gratuité scolaire complète, la gratuité des soins dentaires et la gratuité partielle du transport collectif. Toutes ces dépenses seraient financées par l’imposition accrue des riches et des entreprises.

L’environnement

Le Parti libéral

Philippe Couillard s’est vanté d’avoir ‘sauvé Anticosti’ et s’est érigé en grand défenseur de l’environnement.

Pourtant son gouvernement a adopté une loi qui accorde le droit d’expropriation aux pétrolières. Il a limité les pouvoirs des municipalités de s’opposer à des projets pétroliers. Et il a adopté une loi qui fait en sorte l’exploration pétrolière dans nos lacs et rivières est permise ou non, discrètement, par simple décision ministérielle (c’est-à-dire sans passer par le parlement).

Québec Solidaire

Dans ce segment, Manon Massé a livré un vibrant plaidoyer en faveur de l’environnement.

Québec Solidaire veut interdire ici toute exploration et toute exploitation des hydrocarbures (pétrole et gaz naturel). Elle propose également un ambitieux programme d’investissement dans l’électrification des transports.

Cette formation politique s’oppose au ‘troisième lien’ (probablement un pont) entre la ville de Québec et Lévis. Et elle compte augmenter les redevances exigées par l’État sur l’eau embouteillée. De plus, elle interrompra les versements annuels au Fonds des générations afin de financer son plan de transition énergétique pour le Québec.

La Coalition Avenir Québec

La CAQ veut faire cesser le développement de l’éolien en raison des surplus d’énergie d’Hydro-Québec. Elle veut prolonger le Réseau express métropolitain de Montréal. Et elle s’oppose à cimenterie de Port Daniel, en Gaspésie, en raison de la pollution qu’elle entraine.

Le Parti Québécois

Sans préciser dans quelle mesure, le PQ augmentera les redevances sur l’eau embouteillée.

Dès son élection, le PQ ne permettra que l’achat d’autobus scolaires électriques.

De plus, le PQ veut lui aussi interdire l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures au Québec.

Et s’il est de nouveau question de faire traverser tout le territoire québécois par un pipeline, François Lisée promet de livrer une guérilla législative et normative pour empêcher cela.

Ce que M. Lisée feint d’ignorer, c’est que le transport interprovincial, peu importe par quel moyen, est un domaine de compétence exclusif du fédéral.

S’il est de nouveau question de construire un pipeline comme Énergie Est, seule l’indépendance du Québec permet d’empêcher un tel projet.

À preuve : si le Québec était déjà indépendant, le Canada ne pourrait exporter son pétrole vers l’Est que par la Baie d’Hudson ou en contournant le Québec par les États-Unis.

Bref, le PQ se tire dans le pied en faisant croire qu’on peut retirer tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.

Ce que PQ doit dire, c’est que si un tel projet devait renaître de ses cendres — ce qui finira bien par arriver un jour — il sera trop tard pour réagir. Les Québécois doivent dès maintenant voter pour un parti indépendantiste et voter également oui au prochain référendum sur l’indépendance du Québec.

De plus, j’aurais aimé que M. Lisée souligne que le PQ compte abroger la loi que le gouvernement Couillard a adoptée et qui accorde aux pétrolières le droit d’expropriation. Sans ce pouvoir, le cout de construction d’un pipeline traversant le Québec augmente considérablement, ce qui nuit à sa rentabilité et diminue le risque qu’un projet comme Énergie Est renaisse de ses cendres.

À titre de comparaison, Manon Massé a offert une meilleure réponse : « Pour Québec Solidaire, il n’y a qu’une façon de pouvoir réaliser le changement de cap nécessaire pour relever les défis du XXIe siècle — notamment la lutte aux changements climatiques — c’est de mettre fin à nos liens avec le Canada, cet État pétrolier… »

Immigration et identité

Ce dernier segment ne nous a pas appris grand-chose.

Québec Solidaire

Manon Massé à critiqué les traités de libre-échange puisqu’ils réduisent la souveraineté des États. Elle propose la création de carrefours d’accueil des immigrants et veut appuyer la culture québécoise car celle-ci véhicule le bonheur d’être québécois.

De plus, QS maintiendra les niveaux actuels en matière d’immigration.

Afin de corriger rapidement la sous-représentation des minorités visibles au sein de la fonction publique québécoise, la CAQ établira une discrimination positive en leur faveur et leur réservera le quart des postes ouverts au cours des quatre prochaines années.

La Coalition Avenir Québec

La CAQ a réitéré son intention de faire passer des tests de français et des tests de connaissance des valeurs québécoises. Toutefois la CAQ ne réalise pas encore qu’on peut connaitre les valeurs de la société québécoise sans avoir l’intention d’y adhérer.

Elle veut réduire le nombre annuel d’immigrants au Québec à 40 000.

Le Parti Québécois

Jean-François Lisée décrit l’échec des politiques de francisation du Parti libéral et présente une de ses solutions : exiger la connaissance préalable du français avant de pouvoir immigrer au Québec.

Il n’y pas de solution plus radicale pour s’assurer que tous les néoQuébécois choisis par le gouvernement du Québec soient des locuteurs francophones; sans ce pré-requis, on n’entre pas chez nous.

C’est simple, c’est clair et c’est efficace.

Quant au niveau annuel d’immigrants, il serait fixé selon l’étude des besoins du Québec.

Le Parti libéral

Et finalement, Philippe Couillard s’est attaqué à la politique migratoire de la CAQ et a réitéré son intention de maintenir le nombre d’immigrants que l’on reçoit annuellement (environ 50 000).

Conclusion

Un grand nombre de personnes écoutent les débats des chefs un peu comme les Romains se rendaient au Colisée; afin de voir les gladiateurs périr sous les coups de leurs adversaires.

Ont donc été déçus ceux qui espéraient voir un chef de parti perdre la face sous les propos accusateurs d’un adversaire politique.

Mais ont été servis ceux qui espéraient en savoir plus au sujet des programmes politiques des partis qui s’affrontent à cette élection.

De ce débat, je retiens deux choses.

Premièrement, j’ai été agréablement surpris par la sincérité de la ferveur indépendantiste de Manon Massé.

Quant au reste, je ne crois pas que ce débat à lui seul ait pu modifier les intentions de vote.

Mais de tous les chefs de parti, Jean-François Lisée est celui qui est le plus sous-estimé dans la population en général. Or il a été bien meilleur que l’image que s’en faisaient les sympathisants des autres partis.

Donc même si ces derniers ont probablement conservé leurs préférences politiques, il est probable que plus de gens le voient apte à diriger le Québec.

Dans ce sens, le chef du PQ a gagné ce débat.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’incohérence politique des Millénariaux

13 septembre 2018

Le quotidien La Presse publie aujourd’hui les résultats d’un sondage politique effectué chez les Millénariaux, soit les jeunes de 18 à 25 ans.

Il est difficile d’interpréter ce sondage puisqu’on n’a accès ni aux questions ni aux données, mais seulement à l’interprétation des résultats qu’en font les journalistes François Cardinal et Philippe Teisceira-Lessard.

L’un et l’autre concluent que les Millénariaux ne sont pas en faveur de l’indépendance du Québec. Ce qui est indéniable.

Entre les lignes, on devine que ce sondage rejoint bien d’autres études qui démontrent que les jeunes estiment que les politiciens sont tous pareils et qu’ils ne réalisent pas leurs promesses.

Pour les trois quarts des Millénariaux, c’est l’incapacité des élus à tenir leurs promesses qui est la cause principale du manque de confiance envers les politiciens.

Si cela est vrai, de quoi parle-t-on ?

Les Millénariaux n’ont pas connu autre chose que des gouvernements du Parti libéral du Québec.

Entre les gouvernements libéraux de Jean Charest et celui de Philippe Couillard (composé en bonne partie des mêmes ministres), y a-t-il une grande différence ? La réponse est évidente.

Par contre, si on compare le Parti Québécois au Parti libéral, comment expliquer :
• l’adoption de la Loi 101,
• l’adoption de la loi au sujet du zonage agricole (visant à soustraire les meilleures terres agricoles du développement domiciliaire),
• l’adoption de la loi de protection des consommateurs,
• la mise sur pied des garderies publiques,
• l’assurance automobile,
• le rétablissement de la paix sociale sous Mme Marois.

Tout cela s’est fait en dépit de l’opposition féroce du Parti Libéral et, depuis qu’elle existe, de la CAQ.

En d’autres mots, aucune de ces mesures n’aurait vu le jour si les Québécois avaient voté libéral ou caquiste au lieu de voter pour le PQ.

Le Parti libéral a déjà été un grand parti. Mais quel est le legs de ses seize dernières années au pouvoir ? À peu près rien d’important :
• le retour à l’équilibre budgétaire qui existait avant qu’il prenne le pouvoir, et
• la construction de deux hôpitaux universitaires,
• des investissements récents dans l’électrification des transports après 40 ans d’immobilisme.

Selon le sondage de La Presse, 18% des Millénariaux sont très concernés par l’environnement. À juste titre.

Mais savent-ils que c’est le PQ qui décidé en 2012 de la fermeture de la seule centrale nucléaire en activité au Québec ? Et pourquoi l’ignorent-ils ? Parce que même le PQ est muet à ce sujet.

Et savent-ils que le ‘sauvetage d’Anticosti’ par le gouvernement Couillard était un écran de fumée destiné à aider les pétrolières à se sortir du bourbier financier dans lequel elles se trouvaient ? Et pourquoi l’ignorent-ils ? Parce que le PQ n’ose pas soulever une controverse qui l’empêcherait de faire valoir ce qu’il compte réaliser s’il était élu.

Bref, on ne peut pas reprocher aux Millénariaux d’effectuer des choix en fonction de ce qu’ils ignorent.

Toutefois, il est difficile de comprendre comment ils peuvent ignorer que François Legault songe à permettre de nouveau l’exploration pétrolière à Anticosti.

À défaut de voir le questionnaire du sondage en question, je soupçonne que les jeunes veulent voter pour des partis ‘qui sont bons pour l’économie’.

Mais connaissent-ils les bilans désastreux des gouvernements Charest et Couillard ? N’ont-ils jamais lu autre chose que des nouvelles qui présentent les résultats économiques du Québec au cours du dernier mois ou du dernier trimestre ?

Si les jeunes électeurs — en majorité des partisans du Parti libéral et de la CAQ — étaient cohérents, ils voteraient pour des partis politiques différents de ceux qu’ils jugent tous pareils.

En somme, si les Millénariaux essayaient autre chose, ils verraient la différence…

Références :
Anticosti : payer 200 millions$ pour une pétrolière qui vaut 16,5 millions$
Décrochage électoral des millénariaux: à qui la faute?
De la supposée dépolitisation des jeunes
Legault reste ouvert à l’exploration pétrolière sur Anticosti
Nous, les jeunes
Sauver Gentilly-2 : un combat perdu d’avance
Sondage IPSOS-La Presse: génération ni oui ni non
Sondage Ipsos-La Presse: les jeunes tournent le dos à la souveraineté

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La politique migratoire de la CAQ

11 septembre 2018

Introduction

Le pourcentage d’immigrants au Québec qui choisissent de s’angliciser est passé de 65% à 60% en une décennie. C’est encore trop.

François Legault a raison de dire ‘qu’importer’ un demi-million d’immigrants par décennie qui choisissent à 60% de s’angliciser, c’est compromettre la pérennité à long terme du français au Québec.

Cela ne se voit pas en région ni dans les banlieues montréalaises (massivement francophones). Mais c’est déjà évident à Montréal à la lecture des résultats inquiétants du dernier recensement canadien, alors que tous les voyants lumineux clignotent au rouge.

Si le diagnostic de François Legault est bon, quels sont les remèdes qu’il prescrit ?

Réduire l’immigration au Québec de 24%

Entre autres, la Coalition Avenir Québec se propose de réduire à quarante-mille le nombre d’immigrants accueillis annuellement au Québec, et ce dès 2019.

Selon les données du gouvernement québécois, le Québec aura accueilli cette année 53 900 immigrants.

De ce nombre, 31 800 auront été choisis par Québec à titre de travailleurs qualifiés et 22 100 auront été choisis par Ottawa à titre de réfugiés ou en vertu de sa politique de réunification des familles.

Afin de ne pas assumer seule la tâche de réduire le flot migratoire au Québec, la CAQ espère convaincre le fédéral de contribuer proportionnellement à cette réduction.

Les responsabilités canadiennes en matière d’immigration

Au Canada, la compétence constitutionnelle en matière d’immigration est exclusivement fédérale.

Toutefois, en 1991, le gouvernement fédéral a délégué au Québec le droit de choisir les requérants à titre de travailleurs qualifiés.

Néanmoins, le fédéral a conservé ses prérogatives en matière d’accueil des réfugiés parce qu’il doit répondre de ses obligations internationales à ce sujet.

Quant à ses décisions en matière de réunification des familles, elles peuvent être contestées devant les tribunaux. Afin de s’assurer qu’elles soient prises de manière équitable, celles-ci sont déléguées à des tribunaux administratifs qui jouissent d’une grande autonomie.

L’imposition un quota de réduction de 24% à ces tribunaux administratifs provoquerait un tollé d’autant plus prévisible que cette contrainte serait imposée à la demande du Québec, une province que de nombreux commentateurs anglophones aiment dépeindre comme raciste et xénophobe.

Bref, il n’y a pas la moindre chance que le fédéral accepte de contribuer à une réduction du nombre d’immigrants au Québec à la demande de la CAQ.

La seule manière pour elle d’avoir autorité à ce sujet est de réaliser d’abord l’indépendance du Québec.

La démission de la CAQ en matière migratoire

D’ici là, la CAQ devra se débrouiller seule.

Compte tenu de la part fédérale, pour faire passer de 53 900 à 40 000 le nombre total d’immigrants au Québec, un gouvernement caquiste sera obligé de réduire le nombre d’immigrants qu’il accepte de 31 800 à 17 900.

Des 40 000 immigrants au Québec en 2019, 17 900 seraient donc choisis par Québec et 22 100 (la majorité) seraient choisis par Ottawa.

Les besoins de main-d’œuvre des entreprises québécoises, au lieu d’être assurés principalement par des politiques québécoises spécialement adaptées à cette fin, seront assurés par des politiques migratoires fédérales dictés par des considérations humanitaires totalement étrangères aux besoins économiques du Québec.

De plus, en donnant à Ottawa le contrôle majoritaire de notre immigration, la CAQ espère que la pérennité du français soit assurée dorénavant par des fonctionnaires fédéraux à 92% unilingues anglais.

Parce qu’il faut le dire : la fonction publique fédérale est massivement anglophone. Même les postes ‘bilingues’ à Ottawa sont confiés à des unilingues anglais qui disent vouloir apprendre le français et qui quittent leur poste plusieurs années plus tard sans jamais l’avoir appris.

Bref, c’est sur eux que François Legault compte pour expulser les immigrants qui n’auront pas appris le français après trois ans de séjour au Québec et pour sélectionner des réfugiés majoritairement francophones.

Disons les choses clairement : la politique migratoire de la CAQ est une trahison au profit du gouvernement colonial canadien.

Références :
Accord Canada-Québec relatif à l’immigration et à l’admission temporaire des aubains
Québec prévoit recevoir jusqu’à 53 000 immigrants en 2018
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’ALÉNA et les élections québécoises

10 septembre 2018

Avant-propos

En 2007, lors de la crise des prêts à haut risque (ou subprimes), Henri-Paul Rousseau — PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec — avait informé confidentiellement le premier ministre Jean Charest des pertes colossales subies par son institution financière.

Jean Charest avait alors décidé de déclencher prématurément des élections.

C’est seulement après l’issue du scrutin qu’on avait appris que la Caisse avait perdu quarante-milliards$ en spéculant sur ce qu’on appelle ‘le papier commercial’.

Grâce à cette ruse, Jean Charest passait d’un gouvernement libéral minoritaire à un gouvernement libéral majoritaire.

L’anguille sous roche

Au sujet de la renégociation de l’ALÉNA, la première date butoir imposée par Donald Trump était le 31 aout 2018.

Tous les observateurs s’entendent pour dire que le Canada devra céder sur la gestion de l’offre, bête noire de Donald Trump.

Déjà, lors de l’AECG — l’Accord économique et commerciale global entre le Canada et l’Union européenne — les producteurs de fromage du Québec avaient été sacrifiés sur l’autel du libre échange.

Seize-mille tonnes de fromages européens seront autorisées à être importées. Cela représente des pertes de 1,5 milliard$ pour les producteurs québécois, en contrepartie d’une compensation insuffisante de 250 millions$ par le fédéral.

Quant au Partenariat Trans-Pacifique, il fera passer en vingt ans l’importation de lait asiatique de 8 300 tonnes à 57 000 mille tonnes. Et ce, sans compensation financière d’Ottawa.

Le 1er octobre prochain, c’est le jour du vote à l’élection québécoise.

Si le fédéral se trouvait dans l’obligation d’annoncer de nouveaux sacrifices aux agriculteurs du Québec, il aura intérêt à le faire après la fermeture des boites de scrutin.

Dans le cas contraire, si les agriculteurs québécois ont encore le temps de voter, la meilleure manière pour eux de manifester leur colère contre cette nouvelle trahison du fédéral, ce sera de voter massivement pour un parti indépendantiste.

Or la gestion de l’offre touche directement plus de 6 900 fermes — principalement des exploitations familiales — desquelles dépendent 92 000 emplois directs et indirects.

Cela représente un faible pourcentage de l’électorat québécois. Toutefois, ce bloc de citoyens possède une influence considérable en raison de leur habitude d’obéir massivement aux mots d’ordre de leur syndicat professionnel et du capital de sympathie qu’ils ont accumulé auprès du public.

Bref, le gouvernement canadien pourrait très bien déterminer l’issue du scrutin. S’il veut un interlocuteur provincial fédéraliste, il aura tout intérêt à annoncer la défaite cuisante de Trump au sujet de la gestion de l’offre.

Ce qui est très improbable.

Références :
ALENA: les négociations achoppent sur le lait, répète Larry Kudlow
La façade ministérielle de l’État canadien
La gestion de l’offre, un éternel cheval de bataille pour les agriculteurs canadiens
La guerre du fromage complique l’entrée en vigueur de l’accord commercial entre l’Europe et le Canada
Le nouveau Partenariat Trans-Pacifique ouvre la porte à des tonnes de denrées étrangères

Paru depuis :
ALENA : des élus du Congrès se disent «frustrés» des «tactiques» du Canada (2018-09-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La ‘batterification’ des transports

8 septembre 2018
BMW i8 hybride

Introduction

Lorsqu’on parle d’électrification des transports, il faut distinguer entre l’électrification des transports collectifs et l’électrification des transports individuels.

L’intention d’un parti politique du Québec d’interdire les voitures à essence dès 2030 correspond à une ‘batterification’ des transports.

L’électrification du transport individuel

Il existe actuellement 8,4 millions de véhicules au Québec (autos, camions, autobus, etc.).

Si cette interdiction était déjà en application, il faudrait prévoir les moyens de se débarrasser de 8,4 millions de piles non recyclables qui s’accumuleraient dans l’environnement à la fin de leur cycle de vie (à tous les cinq à dix ans).

En effet, contrairement à la carcasse d’une voiture — électrique ou non — qui peut être fondue et recyclée, la pile électrique n’est pas recyclable.

Il est certain qu’un jour, on inventera des piles éternelles, rechargeables indéfiniment, qu’on connectera dans sa nouvelle voiture après l’avoir prélevée de son ancien véhicule.

Mais nous n’en sommes pas là.

Contrairement aux voitures à essence dont la ‘batterie de char’ est relativement petite parce qu’elle sert essentiellement à faire démarrer le moteur, les voitures électriques sont équipés d’une pile qui pèse des centaines de kilogrammes.

Si tous les véhicules du Québec étaient déjà électriques, les 8,4 millions de véhicules sur nos routes nécessiteraient l’enfouissement de millions de tonnes de piles électriques à tous les cinq à huit ans.

Or ces piles renferment des métaux lourds, des terres rares et d’autres matériaux toxiques. Si ces vieilles piles sont enfouies ici, leur contenu migrera lentement vers nos nappes phréatiques avec les conséquences qu’on imagine.

Lorsqu’on inventera une pile biodégradable ou recyclable (c’est-à-dire non seulement rechargeable), le rapport entre les avantages et les inconvénients des véhicules électriques sera complètement inversé. Mais d’ici là, les politiciens qui veulent interdire la voiture à essence nuiront à l’environnement en croyant bien faire.

L’embourgeoisement du réseau routier

Protégée par des brevets pendant encore des décennies, la voiture électrique sera plus dispendieuse que la voiture à essence pendant encore longtemps.

À moins d’avoir la certitude qu’en 2030, même les assistés sociaux pourront se payer une ‘minoune’ électrique, seul un parti de gauche mal avisé pouvait décider d’embourgeoiser notre réseau routier, c’est-à-dire le réserver à l’usage exclusif de gens plus fortunés.

Le travailleur qui s’achète une voiture d’occasion prolonge la durée de vie de ce véhicule. À sa manière, il recycle des tonnes de métal et de plastique en les utilisant.

Tout ce qui retarde la mise au rébus de biens durables est une autre manière de protéger l’environnement. Au contraire, accélérer brutalement l’obsolescence de millions de voitures à essence en les interdisant au profit de voitures qui polluent différemment, cela n’est pas la meilleure façon de procéder.

La solution idéale est de rendre le transport en commun plus séduisant que le transport individuel et de décourager ainsi l’acquisition d’une voiture, qu’elle soit électrique ou non.

L’électrification du transport de passagers

Dans le texte ‘Le transport en commun finlandais : le matériel roulant’, j’ai présenté le cas de la Finlande.

Ce pays de 5,4 millions d’habitants a investi des sommes considérables dans l’électrification des transports collectifs.

L’efficacité de son réseau est telle que le nombre de véhicules dans ce pays est de 4,95 millions d’unités (dont 2,85 millions de voitures), alors qu’au Québec, il est de 8,49 millions d’unités (dont 5,59 millions de voitures).

C’est 627 véhicules en Finlande par mille personnes, comparativement à 1 000 véhicules par mille personnes au Québec.

Pour l’ile de Montréal, cette différence équivaut à faire disparaitre 694 000 véhicules qui y encombrent les rues.

Pour l’ensemble du Québec, c’est comme enlever 3,1 millions de véhicules de nos routes.

Tout cela sans aucune mesure coercitive.

L’électrification du transport en commun profite évidemment à ses utilisateurs. Mais il profite peut-être plus à ceux qui ne l’utilisent pas puisqu’il réduit les embouteillages et la congestion routière.

Transport de passagers vs transport ferroviaire de marchandise

Contrairement à la Finlande, le Québec ne peut électrifier le transport ferroviaire des marchandises.

En Amérique du Nord, le réseau de chemins de fer est continental et, conséquemment, transnational. Il traverse trois États pétroliers qui n’ont aucun intérêt à son électrification; le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Même si le Québec était un pays indépendant, il ne pourrait pas interdire le passage sur son territoire des trains étrangers dotés de moteurs à explosion; cela impliquerait qu’à chaque fois qu’un de ces trains se présente à ses frontières, une locomotive électrique l’attende du côté québécois, prête à prendre en charge ses wagons.

Cela est totalement irréaliste.

Ce qui peut très bien se faire dès maintenant est l’électrification du transport des passagers. À preuve : c’est ce que fait déjà le métro de Montréal.

Si le Québec se dote d’un réseau québécois de transport en commun qui va bien au-delà du territoire montréalais — comme ce projet fascinant de monorail électrique — ce réseau peut être coordonné avec les lignes ferroviaires canadiennes.

Mais il est très important qu’il ne soit pas intégré au réseau canadien. Pourquoi ? Parce que si, par exemple, Montréal n’est qu’un arrêt dans une liaison Toronto-Québec, cette liaison (dont le tronçon québécois) devient de compétence fédérale.

Or l’État colonial canadien ne rate jamais l’occasion de nuire à l’économie du Québec.

Regardez les cas de Bombardier, du chantier maritime Davie, de Bell Helicopter et des papetières québécoises.

Dépendre du fédéral porte malheur surtout lorsqu’on fait concurrence à une entreprise ontarienne. Or n’importe quel réseau électrique de transport de passagers fera concurrence à VIA Rail.

Conclusion

Toute personne de bonne foi ne peut nier l’urgence d’agir pour protéger l’environnement.

Mais dans notre empressement à adopter différentes mesures à cette fin, il est important d’éviter les solutions simplistes qui, à y regarder de près, sont plus nuisibles qu’utiles.

C’est le cas de la ‘batterification’ des transports individuels, une solution technologique haut de gamme destinée à favoriser l’émergence d’une nouvelle industrie qui pollue le sol plutôt que l’air.

Protéger l’environnement exige l’adoption de mesures révolutionnaires qui vont de la castration du capitalisme rapace qui pille les richesses de ce monde, jusqu’à la dématérialisation de l’économie, ce qui implique le refus obstiné d’acheter tout bien matériel à moins qu’il soit strictement nécessaire.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le désamour de la CAQ pour les ainés

7 septembre 2018

Le ‘scandale du deuxième bain par semaine’ a éclaté grâce aux révélations de la Coalition Avenir Québec.

Rappelons que dans certains hospices publics, les préposés se faisaient un revenu d’appoint en donnant un deuxième bain par semaine à ceux qui les payaient pour ce faire.

La CAQ s’y opposait, que ce bain ait été donné durant les heures au cours desquelles ces préposés étaient rémunérés (ce qui est inacceptable) ou que cette tâche ait été accomplie en dehors de leurs heures de travail (pourquoi pas ?).

Le résultat, c’est que tous les vieux dans les hospices publics ne reçoivent plus qu’un seul bain par semaine, faute de personnel selon le ministre Barrette.

Comme tous les partis de droite, la CAQ voit ceux qui dépendent de l’État comme des boulets économiques, voire des parasites de la société.

Aussi a-t-on été agréablement surpris d’apprendre le mois dernier l’intention de la CAQ de construire — au cours de son premier mandat de quatre ans si elle est élue — une trentaine de Maisons des ainés, propres et modernes, capable de loger un maximum de cent-trente personnes chacune, soit un total de 3 900 places. C’est 975 places par année.

Il y a déjà 37 500 places dans les hospices publics du Québec.

La promesse de la CAQ sera suffisante à deux conditions : que la croissance du nombre de personnes en perte d’autonomie est moins de trois pour cent par année et que ces maisons des ainés ne remplacent pas les hospices actuels (comme le laisse entendre la CAQ) mais s’ajoutent plutôt aux places existantes dans le réseau public.

Les 37 500 vieux en perte d’autonomie actuellement hébergés dans nos hospices publics sont la pointe d’un iceberg. Ils représentent le tout début d’une vague de babyboumeurs — dont l’immense majorité est encore très en forme — mais qu’on devra tôt ou tard placer.

Selon le rapport gouvernemental Les aînés au Québec, paru en 2017, il y a 1,6 million de citoyens âgés de 65 ans ou plus dans la province. Ce 1,6 million de vieux est suivi par 1,8 million de personnes âgées entre 50 et 65 ans qui seront probablement tous à la retraite dans vingt ans. C’est un total de 3,4 millions de personnes.

Ce vieillissement démographique s’explique par la forte dénatalité qui a succédé au babyboum, ainsi que par une hausse de l’espérance de vie.

Si la mise à la retraite des vieux est responsable des faibles taux de chômage en Amérique du Nord, cette bonne nouvelle est annonciateur d’une bombe à retardement; leur perte d’autonomie.

D’ici 2038 — en d’autres mots, d’ici vingt ans — il y aura au minimum un million de vieux encore vivants qui devront être placés dans des hospices à moins d’être pris en charge par des proches aidants.

Or d’ici 2038, la CAQ compte créer 19 500 places dans ses maisons des ainés.

Dans les documents de la CAQ, je n’ai pas vu d’études actuarielles qui prévoient le nombre de vieux en perte d’autonomie au cours des vingt prochaines années.

Les 19 500 nouvelles places dans les maisons des ainés représenteraient 0,6% des vieux en 2038 si ceux qui le sont déjà ou qui s’apprêtent à le devenir sont encore vivants dans vingt ans. Ce qui, évidemment, ne sera pas le cas.

Dans vingt ans, la majorité des vieux actuels décèderont avant d’avoir atteint l’âge de 85 ans. Mais peut-on vraiment croire que leur taux de moralité sera de 99,4% ?

C’est pourtant sur cette prémisse — optimiste selon le point de vue d’un gestionnaire ou pessimiste selon le point de vue des vieux qui devront faire un petit effort pour mourir — que la CAQ compte pour prétendre que ses 19 500 nouvelles places suffiront à la demande.

D’autre part, selon les calculs de Radio-Canada, cette promesse tape-à-l’œil coutera vingt-milliards d’ici 2038. Cela est peu lorsqu’on tient compte que cette dépense sera étalée sur deux décennies et que seule une partie de cette somme sera dépensée par l’État, puisque les maisons des ainés seront financées en mode PPP (partenariat public-privé).

D’où la question à laquelle j’invite la CAQ à répondre d’ici le scrutin : que compte faire la CAQ de l’immense majorité des vieux en perte d’autonomie qui ne trouveront pas place dans ses maisons des ainés ?

Références :
La Vérif : les maisons des aînés de la CAQ coûteraient 20 milliards d’ici 2038
Les aînés du Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Internet : le chant des sirènes libérales

6 septembre 2018


 
Dans la mythologie, les sirènes étaient des animaux aquatiques, mi-femmes mi-poissons, qui menaient à leur perte les marins qui étaient séduits par leurs chants.

Au cours de la présente campagne électorale, lorsque j’entends les promesses électorales du premier ministre Philippe Couillard, ma première réaction est de remarquer que ce sont souvent de très bonnes idées.

Et aussitôt, je me pose la question : « Ils sont au pouvoir depuis seize ans : pourquoi ne l’ont-ils pas fait plus tôt ?»

La raison invoquée est qu’il faillait d’abord rétablir les finances publiques. Maintenant que cela est fait, un gouvernement libéral peut accomplir ce qu’il n’a pas eu les moyens de faire jusqu’ici.

Cette raison serait plus convaincante si le Parti libéral du Québec n’avait pas pris le pouvoir en 2003 alors que le budget de l’État était équilibré.

En effet, c’est le premier ministre Lucien Bouchard du Parti québécois qui a rétabli l’équilibre budgétaire de l’État québécois en 1997.

Pendant une décennie, le budget de l’État québécois a été équilibré. En d’autres mots, au cours de la première moitié du régime libéral de Jean Charest, le gouvernement québécois a continué de faire des surplus budgétaires.

Mais lors de la Grande récession de 2007-2008, tous les gouvernements occidentaux ont volontairement fait des déficits afin de stimuler l’économie. Ce qu’a fait aussi le gouvernement Charest.

Il faudra dix ans aux Libéraux pour revenir à l’équilibre budgétaire.

Le peu d’empressement à revenir au déficit zéro instauré par le gouvernement Bouchard ne peut donc pas servir de prétexte à l’inaction d’agir dans certains domaines depuis seize ans.

Lundi dernier, M. Couillard a promis de brancher 100% des Québécois à l’internet à haute vitesse d’ici deux ans.

Voilà une promesse très intéressante.

Effectivement, le développement économique de certaines régions du Québec est handicapé par le fait que les entrepreneurs ne peuvent y offrir leurs biens et services sur l’internet à haute vitesse.

Au lendemain de sa victoire aux élections générales de 2003, le premier ministre libéral Jean Charest avait promis que l’internet à haute vitesse serait disponible dans toutes les régions du Québec avant la fin de son premier mandat. Or rien ne fut fait.

Treize ans plus tard, le premier ministre libéral Philippe Couillard annonçait la création du programme quinquennal Québec branché dont l’objectif était d’offrir l’internet à haute vitesse à tous les Québécois. De 2016 à 2018, les deux premières années de ce plan de cinq ans se sont écoulées. Or jusqu’ici, personne au Québec n’a profité de ce programme.

Après n’avoir rien fait pour réaliser sa promesse de 2016, M. Couillard espère que les Québécois le croiront capable de réaliser la même promesse cette fois-ci. Et ce sur deux ans au lieu de cinq.

D’où la question : Combien de fois un gouvernement libéral doit-il prendre un engagement avant d’entreprendre de le réaliser ?

Références :
La Vérif : les libéraux n’ont branché aucun Québécois à Internet depuis deux ans
Le PLQ promet à son tour l’accès à Internet pour toutes les régions

Sur le même sujet :
Bilan économique du gouvernement Couillard
Bilan économique de Jean Charest

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le quartier de Baxia à Lisbonne

4 septembre 2018

 

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Introduction

En 1755, Lisbonne fut frappé par un séisme d’une magnitude de 8,75 suivi d’un tsunami. La partie de la capitale la plus touchée fut la Basse Ville (Baxia), cœur économique et politique de Lisbonne à l’époque.

Ailleurs, on se contenta de masquer la façade lézardée des immeubles à l’aide de tuiles de céramique — une mode encore populaire de nos jours — mais la Basse Ville, complètement anéantie, dut être reconstruite à neuf.

Doté de tous les pouvoirs en raison de cette catastrophe, le premier ministre portugais (le maquis de Pombal) fut à Lisbonne ce que le baron Haussann fut à Paris un siècle plus tard.

Immédiatement au nord de la Place du Commerce (qui donne sur le Tage), on pava un réseau de rues parallèles se coupant perpendiculairement.

Les trottoirs étaient recouverts de pavés composés de cubes de calcaire blanc et de basalte d’environ 6 cm de côté. Le long d’eux s’alignent des édifices commerciaux de trois ou quatre étages, dotés souvent de balcons-juliette.

Les différents corps de métier de la ville se regroupèrent le long de certaines rues comme ils le faisaient déjà dans une ville comme Paris depuis le Moyen-Âge.

En raison de son plan d’aménagement parfaitement géométrique, Lisbonne devenait ainsi une des premières villes modernes d’Europe.

Dans cette visite du quartier, le diaporama présente successivement :
• l’Igreja Nossa Senhora da Conceição Velha,
• la Praça do Comércio,
• la Praça do Município,
• l’Igreja de São Nicolau
• la Capela de Nossa Senhora da Saúde, et
• les escaliers São Cristóvão.

L’Igreja Nossa Senhora da Conceição Velha

Notre premier arrêt est à la Vieille église Notre-Dame-de-la-Conception (de 0:09 à 0:33).

Son portail de style manuélin — un style exubérant apparu sous le roi Manuel Ier du Portugal — est tout ce qui reste d’une première église, achevée en 1534, mais entièrement détruite en 1755.

Elle se caractérise par sa nef rectangulaire, ses murs rose pâle, et son plafond magnifiquement décoré d’un bas-relief rococo en stuc peint de couleurs délicates (rose, jaune, orange brulée et bleu poudre).

Sur la rue da Magdalena, se trouve la boutique The Libon Walker (de 0:36 à 0:39).

On y vend des souliers et du vin. Mais quel rapport y a-t-il entre les deux ?

Un riche fabricant de souliers s’est acheté un vignoble. Et plutôt que de louer deux locaux, il a décidé de promouvoir tous ses produits au même endroit.

On peut gouter à son vin et en acheter une bouteille. Mais si vous décidez d’acheter plutôt des souliers, ils vous seront offerts dans un coffret de bois où une bouteille de vin gratuite séparera la paire de souliers.

La Praça do Comércio

Au centre de la place du Commerce se trouve la statue équestre du roi José Ier accueillant les navires qui venaient autrefois y décharger leur cargaison.

Du côté nord de cette place, la plateforme au sommet de l’Arco da rua Augusta (ou Arc de triomphe de la rue Augusta) offre une vue intéressante sur cette place.

Celle-ci s’ouvre sur le Tage au sud. Et sur ses autres côtés, cette place est bordée d’immeubles dont le rez-de-chaussée laisse courir une galerie qui protège les visiteurs des intempéries.

On y trouve le Musée de la bière (de 1:00 à 1:23).

Celui-ci présente l’histoire de cette boisson et plus précisément sur celle des principaux brasseurs du pays. Il est bilingue (portugais et anglais). La visite coute 3,5€ et donne droit à environ 125ml de bière Bohemia.

Au restaurant du musée, on peut déguster un Pastel de Bacalhau (à 1:20), c’est-à-dire une croquette à la morue truffée au fromage.

Ici, le fromage utilisé est le Queijo Serra da Estrela. Il s’agit d’un fromage d’appellation contrôlée fait de lait de brebis dont l’aire de pâturage est la Serra da Estrela. Ce lait est coagulé par macération avec des fleurs de cardon (et non avec de la présure). Son gout est intense.

La Praça do Município

C’est sur la Place municipale à qu’est construite l’Hôtel de Ville (de 1:39 à 1:44) et le Museu do Dinhero ou Musée numismatique (de 1:46 à 2:28).

À l’initiative de la Banque du Portugal, ce musée a été aménagé dans une ancienne église.

En plus d’exposer des pièces de monnaie depuis l’Antiquité, il explique l’histoire des devises, les métaux et alliages employés, les méthodes utilisées pour frapper la monnaie, les procédés d’impression pour les billets de banque, les poinçons et instruments de gravure, etc.

Bref, c’est un musée exhaustif, attrayant, disposé sur plusieurs étages, que tout collectionneur de monnaie devrait visiter.

L’Igreja de São Nicolau

Détruite par le séisme de 1755, l’église Saint-Nicolas (de 2:51 à 3:12) fut reconstruite en 1780. En voie d’achèvement, la restauration entreprise en 2003 lui a redonné sa splendeur d’origine.

Essentiellement, elle adopte la composition de Vieille église Notre-Dame-de-la-Conception. Toutefois, sa décoration intérieure fait appel à des matériaux plus nobles (différentes teintes de marbre).

La Capela de Nossa Senhora da Saúde

La chapelle Notre-Dame-de-la-Santé (de 3:13 à 3:18) fut construite en 1506 à l’initiative des artilleurs de la garnison de Lisbonne.

À l’origine, elle était dédiée à leur patron, Saint-Sébastien, protecteur de la peste dont une épidémie avait décimé leurs rangs cette année-là. Elle prit le nom d’église Notre-Dame-de-la-Santé (son nom actuel) en 1662.

Des azuléjos représentant des prophètes ornent le bas de ses murs. Immédiatement au-dessus d’eux, des croix de bois sont ornées des stations du chemin de croix.

Les escaliers São Cristóvão

Sur les murs qui bordent les escaliers qui mènent à l’église Saint-Christophe (située dans le quartier d’Alfama), différents artistes ont créé la murale ‘Fado Viado’ qui rend hommage au fado (de 3:19 à 3:26).


Détails techniques : Le diaporama présente cent photos réalisées à l’aide d’un appareil Olympus OM-D e-m5.

En ordre décroissant, les objectifs utilisés furent le M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (63 photos), le M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (28 photos), le PanLeica 25 mm F/1,4 (7 photos), le M.Zuiko 75 mm F/1,8 et l’hypergone 8 mm F/1,8 (1 photo chacun).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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