Laïcité : juges contre démocratie

11 décembre 2019

La loi québécoise au sujet de la laïcité

Adoptée plus tôt cette année, la loi 21 interdit le port de signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité et aux enseignants du secteur public.

Les interdits de cette loi sont ceux qu’on trouve déjà dans des lois analogues adoptées par de nombreuses démocraties européennes. Des interdits déjà validés par leurs plus hautes instances juridiques.

Bref, la loi québécoise est parfaitement compatible avec les Droits de la personne; plus précisément, elle respecte le droit de croire en n’importe quelle religion, mais interdit l’expression publique de cette appartenance confessionnelle à certains employés de l’État. Et ce, seulement dans l’exercice de leurs fonctions.

Malheureusement, cela est contraire à l’esprit et à la lettre de la constitution du pays.

Pourquoi en est-il ainsi ?

La Constitution canadian

En 1982, l’ethnie dominante du pays adoptait une nouvelle constitution à l’issue d’une séance ultime de négociation tenue secrète et à laquelle le Québec n’avait pas été invité.

L’unique motivation pour le Canada de se doter d’une nouvelle constitution a été la volonté de contrer la Loi 101 du Québec.

Cette dernière était une loi révolutionnaire qui consacrait la suprématie des droits collectifs nécessaires à assurer la pérennité du français au Québec.

Mais dans leur zèle à enchâsser les droits individuels dans la nouvelle constitution du Canada, ses rédacteurs n’ont pas prévu la montée de l’intégrisme religieux financé par la dictature saoudienne.

Si bien que de simples croyances, qui ne sont retrouvées dans aucun texte sacré — par exemple, la croyance en l’obligation de porter le niqab ou la burka — ont été promues au rang de droits constitutionnels, au même titre que le droit à la vie.

Ce qui fait que la Constitution canadian, sous certains aspects, a très mal vieilli puisqu’elle élève des fixations identitaires (le port de chiffon et de breloques) au rang de droits fondamentaux.

Une magistrature à la solde d’Ottawa

Les avocats accèdent à leur profession grâce à un permis d’exercice émis par leur Ordre professionnel (appelé le Barreau).

Mais on devient juge par décision du Conseil des ministres. La magistrature québécoise est donc composée de juges nommés par Ottawa (donc fédéralistes) et de juges nommés par Québec.

La Commission Bastarache a révélé que lorsque l’État québécois était gouverné par le Parti libéral du Québec (PLQ), le candidat à la magistrature devait avoir effectué du bénévolat pour le PLQ, avoir contribué à la caisse électorale de ce parti, ou avoir des parents parmi les collecteurs de fonds de ce parti.

Bref, depuis quinze ans, Ottawa et ses collabos du PLQ ont massivement truffé la magistrature québécoise de juges reconnus pour leurs allégeances fédéralistes.

En soi, l’assujettissement de la magistrature québécoise à l’idéologie d’Ottawa n’a rien de scandaleux puisque les tribunaux sont les gardiens de l’ordre établi. Ce dernier est consacré par les lois adoptées par les parlements, au premier rang desquelles, la Constitution canadian, cette camisole de force imposée au Québec en 1982.

La croisade des juges contre la volonté populaire

L’Osgoode’s Constitutional Case Conference se tient annuellement à Toronto. Cet évènement réunit des professeurs de droit, des juristes fédéraux de haut niveau et des universitaires réputés. Bref, on y voit la crème des constitutionnalistes canadiens.

On y analyse les enjeux de droit constitutionnel sur lesquels doivent se prononcer prochainement les tribunaux et les jugements rendus depuis peu par la Cour suprême du Canada.

Parmi tous les sujets abordés cette année, la loi québécoise sur la laïcité est le sujet qui a soulevé les discussions les plus hostiles.

Pour résumer le compte-rendu de l’avocat François Côté qui y était invité à titre de conférencier, les constitutionnalistes du Canada anglais sont déjà en croisade contre cette loi.

« …les opposants au Projet de loi 21 préparent déjà leurs armes pour chercher à le tailler en pièces. Dès l’entrée en vigueur du Projet de loi, il sera contesté devant les tribunaux, par de nombreux intervenants de partout ailleurs au Canada ainsi que par la toute-puissance fédérale, et tous les coups seront permis.


On anticipe que les procédures sont déjà en train d’être écrites avant même que la loi ne soit adoptée. Les canons de la fédération s’en font une mission relevant de la raison d’État. La Charte canadienne doit primer, peu importe les dispositions dérogatoires, et doit invalider l’entreprise de laïcité québécoise.

Me François Côté

Alors que Me Côté anticipe un affrontement entre les juristes québécois et canadians, je crois que cet affrontement opposera plutôt la magistrature canadienne (quelle qu’elle soit) et le peuple québécois.

Déjà, ici même au Québec, la juge en chef de la Cour d’appel a été prise en flagrant délit de suggérer aux contestataires de la loi 21 des arguments juridiques qu’elle aimerait qu’on invoque devant elle.

Jusqu’où peut-on déroger ?

Le Canada se définit comme un pays multiculturel, c’est-à-dire un pays où les différentes ethnies collaborent et dialoguent sans avoir à sacrifier leurs identités particulières.

La profession juridique est déjà convaincue de l’incompatibilité absolue entre la laïcité et le multiculturalisme.

On peut donc anticiper, comme le fait Me François Côté, qu’elle voudra remettre en question l’automatisme qui consiste à invoquer la clause dérogatoire pour se soustraire à la constitution du pays.

La loi québécoise sur la laïcité n’est pas la première à l’invoquer. Toutefois, elle est la première qui l’invoque non seulement pour se soustraire à une disposition constitutionnelle très précise, mais pour permettre à une partie du pays d’évoluer dans une direction différente de celle du reste du Canada.

En tant que gardiens de l’ordre établi, les tribunaux peuvent-ils autoriser une telle évolution ?

Conclusion

Les moyens modernes de transport ont favorisé l’émergence du cosmopolitisme au sein des grandes métropoles occidentales.

Dès qu’il a dépassé un seuil de non-retour, ce cosmopolitisme favorise le multiculturalisme.

Mais cette évolution se bute à l’antagonisme des sociétés qui possèdent une forte identité culturelle. Ce qui est le cas du Québec.

Ouverts à l’enrichissement qu’apportent les néoQuébécois, les citoyens du Québéc tiennent à un certain nombre de caractéristiques fondamentales, dont la langue et l’égalité des sexes.

Or justement, le multiculturalisme entraine inévitablement une dilution du caractère national. C’est d’ailleurs ce qui permet à Justin Trudeau d’affirmer que le Canada est le premier pays ‘post-national’ (ce qui veut dire un pays qui ne mérite pas d’exister).

Même au Canada anglais, il y a un gouffre entre ce que pensent à ce sujet l’arrière-pays et ceux qui habitent les grandes villes, dont l’élite politico-médiatique canadian est le porte-parole. Voilà pourquoi une forte minorité d’angloCanadiens partagent l’avis des Québécois au sujet de la laïcité.

En fin de compte, le combat de la laïcité opposera la profession juridique à la volonté du peuple québécois. Entre une caste sociale qui appartient au 1 % et le reste de la société qui la nourrit.

Références :
De la commission Bastarache à la prière au Conseil municipal de Saguenay
Laïcité : comment contourner le dispositif de dérogation?
Laïcité: plusieurs Canadiens appuient le projet de loi du Québec, dit un sondage
Loi constitutionnelle de 1982
Loi sur la laïcité de l’État
Loi sur la laïcité de l’État: la juge en chef de la Cour d’appel visée par une plainte
Rapport de première ligne en territoire constitutionnel : Rien à faire des dispositions dérogatoires, le Projet de loi 21 doit mourir

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Crytomonnaies : la Libra et la DCEP chinoise

8 décembre 2019

La Libra, de Facebook

C’est en 2020 que devrait apparaitre Libra, la crytomonnaie promue par Facebook.

Contrairement au Bitcoin, dont la valeur est spéculative, le cours de la Libra sera stabilisé par des réserves équivalentes en devises que possèdera la fondation privée émettrice, la Facebook Global Holdings.

À l’origine, le projet de Facebook était appuyé par 28 partenaires financiers. Certains se sont retirés du projet depuis (eBay, Master Card, PayPal, Visa). Même s’il devait être abandonné de tous, Facebook a les reins suffisamment solides pour mener seul son projet à bon port.

Depuis 2015, il est possible aux États-Unis — et en France depuis 2017 — de transférer de l’argent à partir de Messenger.

L’expéditeur et le destinataire doivent évidemment avoir inscrit leur carte bancaire dans leurs profils Facebook respectifs. Comme PayPal le fait déjà sur eBay.

Toutefois, la procédure peut prendre jusqu’à trois jours en raison des délais imposés par les institutions financières intermédiaires.

Libra se veut une solution à ces délais; le transfert serait instantané comme le texte expédié par messagerie. De plus, Facebook assure qu’elle prendra à sa charge tous les frais de transaction normalement imposés par les banques concernées.

Non seulement la cryptomonnaie de Facebook est une solution de remplacement à Western Union et à PayPal, mais dans les pays du tiers-monde, la Libra offre aux épargnants la possibilité de se protéger d’une inflation galopante ou d’une dévaluation anticipée de la devise nationale.

En Inde, depuis février 2018, Facebook propose la Unified Payment Interface, une plateforme de paiement dématérialisé utilisée par un million de personnes.

La DCEP chinoise

En raison de la taille du marché intérieur chinois, le yuan est déjà une des devises les plus utilisées au monde.

Mais il n’y a pas de commerce électronique sans paiement électronique.

Afin de rendre son économie plus efficace, la Chine songe à implanter une monnaie électronique officielle qui serait émise par la Banque populaire de Chine.

L’objectif serait de supprimer les frais de transactions imposés par les banques, en plus de faciliter les flux monétaires entre elles.

Pour l’instant, cette devise électronique est connue sous le nom de Digital Currency for Electronic Payment (ou DCEP).

Les géants chinois de la distribution au détail — et les dirigeants de WeChat, équivalent chinois de Facebook — ont été avisés qu’ils seront obligés d’accepter les paiements en DCEP, ce qui en fera la devise électronique la plus acceptée au monde dès qu’elle sera offerte.

Les comptes en DCEP seront des comptes bancaires virtuels qui, à la différence de ceux en Bitcoin, seront garantis par la banque centrale du pays.

Il suffirait que celle-ci crée une carte de débit émise par les institutions bancaires du pays pour que la DCEP entre en compétition, au niveau du commerce de détail, non seulement avec les billets de banque chinois, mais également les cartes de crédit occidentales.

La carte de crédit chinoise UnionPay est déjà acceptée par 54 millions de commerces dans 174 pays. Il n’est pas exclu de penser qu’une carte de débit en DCEP puisse éventuellement la supplanter et menacer la suprématie de VISA et de MasterCard dans la vente au détail partout sur la planète.

Bien plus, il suffira aux employeurs de verser les salaires en DCEP et aux commerçants de l’accepter pour que toutes les succursales bancaires du pays ne servent plus qu’à émettre du crédit.

Si cela devait arriver, cela donnerait à l’État chinois le pouvoir de surveiller directement toutes les transactions financières du pays et de sévir contre les dissidents politiques en gelant leurs avoirs en DCEP.

Mais pourquoi la Chine songe-t-elle à faire de la DCEP une cryotomonnaie alors qu’il est beaucoup plus facile d’en faire une simple monnaie électronique ?

C’est que le principe de l’extraterritorialité des lois américaines repose sur le droit de regard que s’attribuent les États-Unis dès qu’une transaction est libellée en dollars américains.

C’est ainsi qu’en 2018, une dirigeante de Huawei a été arrêtée au Canada parce qu’une succursale de Huawei située à Hong Kong a vendu à une entreprise iranienne des ordinateurs alors que la transaction a été effectuée hors du sol américain. Ce qui viole non pas l’embargo décrété par l’ONU, mais celui décrété par Washington, beaucoup plus sévère. Le tout parce que la transaction était en dollars américains.

En devenant cryptée, la transaction en DCEP devient totalement opaque. L’émetteur peut voir l’argent qui disparait de son compte alors que le destinataire voit l’argent arriver dans le sien sans que personne sache très bien ce qui est survenu entre les deux.

Même si elle devait transiter sur des serveurs américains — autre critère qui justifierait l’extraterritorialité des lois américaines — Washington ne sait pas d’où vient l’argent, à qui elle est destinée et combien d’argent a été transféré.

Non seulement une cryptomonnaie stable dont la valeur est garantie comporte d’énormes avantages, mais elle constitue une menace à la suprématie que possèdent la City de Londres et Wall Street sur l’économie mondiale.

Et ce, en raison de l’incertitude que font planer les États-Unis en s’arrogeant un droit de regard sur la grande majorité des transactions financières effectuées par ces deux capitales financières.

Pour l’instant, rien n’empêcherait ces deux capitales d’offrir des services financiers libellés en DCEP. Mais connaissant Washington, on peut s’attendre à ce que la DCEP soit aussitôt interdite sous le prétexte qu’elle peut servir au blanchiment d’argent (ce qui est vrai aussi pour le Bitcoin). En réalité, la véritable raison sera qu’elle représente une menace à la suprématie américaine.

Concrètement, une telle interdiction signifie que vous et moi ne pourrons pas encaisser des fonds en DCEP dans des banques canadiennes.

À l’heure actuelle, douze pays sont l’objet de sanctions économiques de la part des États-Unis. Ce sont autant de pays qui seront heureux de se joindre à la deuxième économie mondiale (la Chine) pour faire commerce en DCEP.

Références :
A Chinese digital currency is the real threat, not Facebook’s Libra
DCEP: China’s National Digital Currency Overview
La Chine, puissance dominante du bitcoin, la crypto-monnaie libertaire
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain
Le chinois UnionPay vient défier Visa et Mastercard en Europe
Les premiers partenaires de la crypto-devise chinoise seraient Alibaba et Tencent
Libra (cryptomonnaie)
Vous pouvez désormais envoyer de l’argent à vos amis sur Facebook Messenger

Paru depuis :
Banque de France vs Facebook : Paris dégaine son propre projet de monnaie dématérialisée (2019-12-09)

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| Économie, Géopolitique, Politique internationale | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Inde : le pays du viol

5 décembre 2019

Une des raisons qui expliquent le sous-développement économique et social d’une bonne partie des pays asiatiques, c’est leur incapacité à révéler le potentiel de talents enfouis dans leur population féminine.

L’Asie est profondément misogyne. Essentiellement pour des raisons liées à l’histoire et à la culture. Davantage que pour des motifs religieux.

Des nouvelles nées qu’on tuait dans les campagnes chinoises aux Iraniennes lapidées pour adultère en passant par les Pakistanaises que des foules lynchent sous de fausses accusations, la liste est longue des féminicides sur le continent asiatique.

Selon la Thomson Reuters Foundation, à l’exclusion zones de guerre, l’Inde est le pays le plus dangereux sur terre pour les femmes.

Ce pays se distingue par la culture du viol qui y règne.

Officiellement, on y comptait 33 658 viols en 2017. Pour un pays de 1,3 milliard de personnes, cela semble peu si on considère que 28 700 agressions sexuelles étaient déclarées au Canada en 2018.

En réalité, le nombre de viols y est largement sous-estimé. De plus, les viols y sont souvent d’une extrême violence; en voici trois exemples survenus tout récemment.

Le 27 novembre, dans la ville d’Hyderabad, quatre hommes âgés de 20 à 26 ans ont été arrêtés pour avoir violé une vétérinaire. Après le viol, ils l’ont étranglée, ont amené son corps sous un viaduc, l’ont enveloppé dans une couverture qu’ils ont aspergée de kérosène pour y mettre le feu.

Samedi dernier, dans la capitale indienne, une femme qui protestait près du parlement contre les viols dans ce pays a été battue par la police pour avoir refusé d’obéir à un ordre de dispersion.

Il y a deux jours, une adolescente d’environ seize ans a été violée, tuée par balle et brulée dans le village de Kukdha, au nord-est du pays. Le ou les coupables n’ont pas encore été trouvés.

Aujourd’hui même, dans le nord du pays, une femme de 23 ans est tombée dans une embuscade à la gare d’Ummao où elle allait témoigner contre ses deux violeurs.

Ceux-ci, aidés de trois complices, l’ont amené de force à l’écart et l’ont immolé par le feu. Brulée à 70 % de sa surface corporelle, la femme repose dans un état critique.

Références :
Girl raped, shot dead and burnt in Bihar’s Buxar: Police
India: woman set on fire on way to testify against alleged rapists
La lapidation ou la barbarie participative
Le nombre d’agressions sexuelles déclarées a augmenté en 2018
La rumeur meurtrière
Protests escalate in India over gang-rape and murder of woman
Protests in India after woman gang raped and burned to death

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mike Ward ou le harceleur aveugle

3 décembre 2019

Pour ceux qui ne le savent pas déjà, Mike Ward est un humoriste francophone condamné deux fois pour avoir ridiculisé les divers handicaps d’un jeune de 22 ans atteint du syndrome de Treacher Collins.

Entre Mike Ward et Jérémy Gabriel, le véritable handicapé est le premier, sourd et aveugle aux décisions judiciaires rendues contre lui.

L’humoriste s’entête à se voir comme le défenseur de la liberté d’expression. Or ce n’est pas cela qui est en cause.

Sans viser personne en particulier, Mike Ward peut bien rire de tous les handicapés de la terre. Cela manque d’empathie, mais il a le droit d’en manquer.

Mais quand il ridiculise quelqu’un en particulier, il doit choisir avec discernement la victime de ses sarcasmes.

Il peut se moquer de la bouche croche d’un ex-premier ministre canadien. Mais pas de celle de son voisin, assisté social, qui serait traumatisé à vie d’être devenu publiquement son souffre-douleur.

Le sarcasme peut être une arme.

Ce qui lui est interdit, c’est de stigmatiser — littéralement, marquer de stigmates — une personne vulnérable comme le font les harceleurs contre leurs victimes.

Il ne peut pas immoler publiquement des personnes immensément plus faibles que lui sur l’autel de son talent à rendre sa cruauté amusante.

Répétant ses sarcasmes de spectacle en spectacle, Mike Ward est le modèle de l’adolescent égocentrique qui se trouve drôle en harcelant la tapette, la grosse puante et le Nèg’ de sa classe. De celui qui estime qu’il en a le droit parce qu’il est plus fort qu’eux. Et qui se glorifie en se percevant comme le héros de ses fantasmes.

Le meilleur conseil que je pourrais donner à Mike Ward, c’est de ne pas tenter de porter sa cause en appel, de s’excuser publiquement, et de composer pour Jérémy Gabriel un numéro où celui-ci viendrait se moquer de l’humoriste dans un de ses spectacles.

Ça, ça serait sympa.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Sécurité publique et modes collectifs de transport individuel

2 décembre 2019

Introduction

On oppose généralement ce qui est collectif avec ce qui est individuel.

Pourtant, les vélos en libre-partage sont considérés à la fois comme un mode de transport individuel (parce qu’une seule personne à la fois peut s’en servir) et un mode collectif de transport (parce qu’il est offert à tous).

En somme, c’est un mode collectif de transport individuel.

Ce mode s’oppose à la marche, à l’automobile, au fauteuil roulant, de même qu’au vélo et à la trottinette de propriété privée qui sont des modes exclusifs de transport individuel.

On doit donc distinguer le mode de transport du transport lui-même.

Dans le texte qui suit, on me permettra d’éviter d’utiliser des expressions à la mode comme la ‘micromobilité durable’ et d’autres concepts vides de sens.

Les transports collectifs

À l’intérieur des grandes villes québécoises, le transport collectif est public. Ce sont l’autobus et, dans le cas de Montréal, le métro.

Les déficits d’opération de ces services de transports sont épongés par les administrations publiques parce qu’il leur en couterait davantage en infrastructures routières si le transport collectif n’existait pas.

Un réseau de transport collectif abordable favorise également la mobilité de la main-d’œuvre sur l’ensemble du territoire; on aggraverait considérablement les difficultés de recrutement des entreprises si les piétons n’acceptaient que des emplois à distance de marche de leur domicile.

Dernier avantage : dans la mesure où les constructeurs automobiles sont situés hors du Québec, toute politique qui réduit l’utilité de posséder sa propre voiture est bonne pour la balance commerciale du Québec.

Les transports individuels

L’apparition des vélos en libre-partage (ex.: Bixi) marque l’acte de naissance des modes collectifs du transport individuel.

Depuis se sont ajoutés des modes passifs de transport individuel que sont la trottinette et le vélo électriques.

Dans le budget dévoilé la semaine dernière, la ville annonce l’acquisition de 2 200 vélos Bixi électriques (une nouveauté) d’ici 2022, dont mille dès l’an prochain.

Or qu’ils soient de propriété publique (comme Bixi) ou de propriété privée, ces modes collectifs de transport individuel posent un problème de sécurité publique.

La capitulation de Montréal

À l’heure actuelle, la règlementation municipale oblige le port du casque protecteur à tout cycliste ou conducteur de trottinette.

Or cette règlementation n’est respectée que par les citoyens qui possèdent leur propre vélo.

Bien plus. Durant la saison estivale, celui qui possède sa propre trottinette électrique (donc, de marque concurrente à Lime) recevra une contravention même s’il porte un casque protecteur. Mais pas s’il conduit une trottinette Lime sans casque. Sous le prétexte que cela n’est pas permis par le projet-pilote de la ville, dont seul Lime bénéficie.

La ville accorde une impunité de fait à ceux qui louent des vélos Uber et trottinettes Lime. En effet, tous (ou presque) violent la règlementation municipale à ce sujet.

Cette violation est inévitable et parfaitement compréhensible.

Prenons un exemple. Imaginez le touriste qui décide d’essayer une trottinette Lime ou un Bixi qu’il voit là, en sortant de son hôtel.

Qui peut croire qu’avant de louer cette trottinette ou ce vélo, il fera un détour dans une boutique de sport afin d’y acheter un casque protecteur ?

Tant et aussi longtemps que la ville n’obligera pas la location combinée d’un vélo (ou d’une trottinette) et d’un casque protecteur, personne ne respectera sa règlementation.

Puisque la société qui opère les Bixi est une corporation municipale, il serait temps que les autorités de la ville incitent Bixi à modifier son modèle d’affaires de manière à louer à la fois un vélo et le casque qui doit aller avec, quitte à éponger le déficit que cela causera, comme elle le fait déjà pour tous les modes de transport collectif.

Plutôt que d’obliger de grandes compagnies internationales à respecter une règlementfation qui vise à protéger la population montréalaise de blessures graves, la ville a préféré capituler.

Évidemment, leur résister aurait obligé ces compagnies à modifier leur modèle d’affaires ou, à défaut, à renoncer à opérer à Montréal.

La mairesse a préféré sacrifier la sécurité de ses citoyens à la cupidité d’entreprises étrangères.

Les trottinettes et les vélos électriques offerts en libre-partage sont une solution américaine à un problème américain; celui de mobilité des piétons dans des villes conçues pour l’automobile et où le transport collectif est presque inexistant.

Dans ces villes, la seule manière pour un adolescent de se déplacer sur de longues distances sans avoir à emprunter l’auto de ses parents, c’est le vélo ou la trottinette électriques.

D’où leur immense popularité.

En contrepartie, tous les modes passifs de transport individuel contribuent à l’épidémie d’obésité chez les jeunes Américains.

Dans une ville comme Montréal, bien pourvue en transport collectif, cet inconvénient est minime puisque les utilisateurs de trottinettes électriques ne s’en servent en moyenne que pour de courts trajets, de l’ordre d’une dizaine de minutes.

Références :
BIXI (Montréal)
2200 vélos électriques s’ajouteront chez BIXI d’ici 2022
Les vélos BIXI électriques arrivent à Montréal

Paru depuis :
110 constats en deux semaines pour les trottinettes et vélos en libre-service (2019-12-03)

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| Transport individuel, Urbanisme | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Tamanoir

1 décembre 2019
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Surnommé Fourmilier géant, le Tamanoir porte le nom scientifique de Myrmecophaga tridactica, ce qui signifie ‘Mangeur de fourmis à trois doigts’.

S’il est géant en comparaison avec ses proies — les termites, les fourmis et les invertébrés mous — il n’a que la taille d’un gros chien ou d’un ourson; sans la queue (qui double sa longueur), son corps ne mesure que de 80 à 120 cm (comprenant un long museau).

Dépourvue de dents, sa bouche abrite une langue fine qui, hors de la bouche, peut atteindre 45 cm. Il s’en sert pour envahir les galeries des fourmilières et y capturer ses proies. Il les trouve grâce à son odorat très développé puisque sa vue et son ouïe sont médiocres.

Grâce à sa salive gluante, il peut capturer des milliers d’insectes en quelques minutes. Par jour, un Tamanoir mange presque trente-mille insectes.

Avant d’être avalés, les insectes sont écrasés contre le palais. Ne sécrétant pas d’acide chlorhydrique (contrairement à l’estomac humain), le Tamanoir digère ses aliments à l’aide de l’acide formique contenu dans les glandes internes des insectes broyés.

Son pelage rude, particulièrement long au niveau de la queue, est gris et noir.

Généralement diurne — sauf là où les jours sont trop chauds — cet animal terrestre se sert de sa queue comme couverture la nuit, dans les terriers abandonnés ou les bosquets denses qui lui servent alors d’abris.

Chaque patte compte cinq doigts dont les deux centrales des pattes antérieures sont garnies de griffes longues et incurvées dont il se sert pour se défendre contre ses prédateurs, le jaguar et le puma.

Et pour ne pas user ces griffes défensives, le Tamanoir marche sur le dos des doigts des pattes antérieures, alors qu’il marche sur la plante des pattes postérieures.

Adulte, son poids varie de 33 à 41 kg.

En captivité, il peut vivre seize ans.

Son habitat naturel couvre toute l’Amérique latine, du Honduras au nord de l’Argentine. On le trouve autant dans les marais, les forêts tropicales que dans les savanes.

Animal à sang chaud, comme tous les mammifères, il est le seul d’entre eux dont la température corporelle avoisine 32°C.

Les adultes peuvent s’accoupler tout au long de l’année.

Espacées de 9 à 24 mois, les portées ne donnent naissance qu’à un petit à l’issue d’une gestion de 190 jours. Extrêmement vulnérable, celui-ci grimpe sur le dos de sa mère dès la naissance et n’en descend que pour téter.

Le sevrage se produit entre le 6e et le 9e mois.

Les jeunes deviennent sexuellement matures vers trois ou quatre ans.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm R — 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 40 mm

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| Animaux, Nature | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mirage de la déclaration unique de revenus

30 novembre 2019

À l’heure actuelle, les contribuables québécois doivent remplir deux déclarations de revenus, l’une à Ottawa, l’autre à Québec.

Le 15 mai 2018, l’Assemblée nationale du Québec adoptait unanimement une résolution péquiste demandant à Ottawa de mettre en place une déclaration unique pour tous les contribuables québécois, gérée par Revenu Québec.

Les partisans de cette mesure font valoir qu’elle permettrait d’économiser des millions de dollars en plus de simplifier la tâche des contribuables.

À l’opposé, Ottawa répond que le gouvernement fédéral est mieux en mesure de lutter contre les paradis fiscaux puisqu’une province n’a pas accès aux renseignements financiers provenant de l’Étranger.

En réalité, tout ceci est un dialogue de sourds parce que les véritables raisons sont ailleurs.

Imaginez que le gouvernement chinois propose de s’occuper gratuitement de percevoir l’impôt des contribuables américains et de faire parvenir les sommes amassées à Washington.

Évidemment, les relations entre Ottawa et Québec ne sont pas de même nature que celles, beaucoup plus conflictuelles, entre Washington et Beijing.

En réalité, toutes les comparaisons sont boiteuses. Mais elles contiennent toutes une part de vérité.

Après un vote favorable à l’indépendance du Québec, imaginez qu’un gouvernement sécessionniste à Québec décide de retarder le versement de l’impôt dû à Ottawa afin de faire pression sur lui…

Le droit de prélever des taxes et impôts est un pouvoir régalien dont aucun État ne peut se départir sans compromettre sa souveraineté.

Voilà pourquoi jamais — et j’ai bien dit jamais — le fédéral ne consentira à laisser Québec percevoir l’impôt pour lui.

Références :
La déclaration de revenus unique faciliterait l’évasion fiscale, selon Ottawa
Vote unanime à Québec en faveur d’une déclaration d’impôt unique

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| 2014-2018 (années Couillard), Politique canadienne | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Manitoba : droits fondamentaux et laïcité

29 novembre 2019
Monument à sir John-A. Macdonald

La dépossession territoriale des Métis au Manitoba

Tôt après la naissance du Manitoba, sa population — composée essentiellement de Métis — a été dépossédée de ses terres, confiées aussitôt par Ottawa à des colons européens.

Les Métis s’appelaient ainsi parce qu’ils étaient nés du métissage entre les Autochtones nomades qui y vivaient et des explorateurs venus de Nouvelle-France.

La révolte contre cette dépossession, dirigée par Louis Riel, fut écrasée dans le sang.

Le Manitoba, site des premières réserves indiennes

On enferma les survivants dans des ‘réserves’ qui, beaucoup plus tard, servirent de modèle à la création de l’apartheid en Afrique du Sud.

À une époque où les moyens de subsistance étaient limités à la chasse, à la pêche et à l’agriculture, confiner une population à un territoire restreint, c’était une manière de limiter sa croissance démographique.

En effet, toute explosion démographique ne pouvait entrainer que la famine et la mort.

En 2013, le professeur James Daschuk de l’Université du Manitoba publiait la thèse universitaire intitulée ‘La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone’.

Cette publication de 366 pages est un accablant réquisitoire qui accuse le père de la Confédération canadienne, John-A. Macdonald, d’avoir voulu exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies et notamment, ceux du Manitoba.

Les provinces de l’Ouest, sites des premiers pensionnats autochtones

C’est dans l’Ouest canadien, en 1883, que le gouvernement fédéral établit les trois premiers pensionnats autochtones qui servirent de modèles à l’ensemble du pays.

Au cours des années qui suivirent, le système connut une croissance considérable.

Les derniers pensionnats financés par le gouvernement fédéral disparurent à la fin des années 1990.

Leur but était d’assimiler de force les Autochtones. La police venait littéralement arracher les enfants des bras de leurs mères.

On interdisait aux pensionnaires de parler autre chose que l’anglais. On séparait les membres d’une même famille en différents pensionnats pour qu’ils n’aient plus rien sur lequel s’accrocher.

Puis, à la fin de leurs études, on les renvoyait dans leurs communautés alors que tout ce qu’on leur avait enseigné (religion, lecture, écriture) n’avait aucun rapport avec la lutte pour leur survie.

Loin de leur famille et de leur communauté, sept générations d’enfants autochtones ont été privés de leur identité à la suite d’efforts systématiques et concertés visant à anéantir leur culture, leur langue et leur esprit.

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été placés dans ces pensionnats. On estime qu’environ six-mille d’entre eux y sont morts de maltraitance, de maladie ou par suicide.

En décembre 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada remettait son rapport dévastateur à ce sujet.

Ce génocide culturel s’est pratiqué partout au pays, mais a été particulièrement efficace au Manitoba.

Le résultat des politiques génocidaires au Manitoba

De nos jours, les Autochtones y forment un sous-prolétariat dont la misère sociale s’exprime par leur surreprésentation dans les prisons de cette province à la suite d’accusations de vagabondage, si ce n’est d’avoir commis des méfaits mineurs.

Selon des rapports internes du ministère des Affaires indiennes, de tous les Autochtones du pays, ceux du Manitoba sont les plus à risque de grandir dans la pauvreté, d’abandonner l’école, de dépendre de l’aide sociale, de vivre dans des logements délabrés et d’être victimes de violence familiale.

Dans cette province, 62 % des enfants Autochtones vivent sous le seuil de pauvreté alors que cette proportion est de 25 % dans l’ensemble des enfants Autochtones du pays.

Si les pensionnats autochtones ont y disparu dans les années 1990, les services sociaux de la province utilisent encore tous les prétextes pour confier des enfants Autochtones à des familles d’accueil hors des réserves indiennes. Ce qui a le même effet.

Parmi les Autochtones du pays, ceux du Manitoba détiennent le plus bas taux de diplomation du secondaire.

Le taux de bénéficiaires de l’aide sociale y est également le plus élevé au pays; dans certaines communautés, 80 % de la population autochtone en dépend.

La croisade du Manitoba contre la loi 21

2019-11-29-21-raisonsDepuis plusieurs semaines, le premier ministre du Manitoba critique publiquement la loi 21 du Québec qui interdit le port de signes religieux aux fonctionnaires en position d’autorité et aux enseignants.

À mon avis, le port de signes religieux ne devrait être interdit qu’aux détenteurs des pouvoirs répressifs de l’État : policiers, soldats, gardiens de prison et juges.

Même si je trouve la loi 21 excessive, elle n’est pas déraisonnable puisqu’elle est semblable à celles adoptées par de nombreux pays démocratiques. Notamment en Europe, où les lois à ce sujet ont été validées par les plus hautes instances constitutionnelles.

La loi 21 respecte les droits de la personne. Elle permet la pratique de n’importe quelle religion. Elle n’interdit que l’expression de l’appartenance confessionnelle à certains employés de l’État.

Bref, la chicane au sujet de la loi 21 est une querelle de chiffon et de breloques.

Malheureusement, le droit de porter ces artifices de religiosité a été érigé au rang de droit constitutionnel au Canada en 1982.

Normalement, lorsqu’une constitution est bien écrite, les droits constitutionnels sont synonymes de droits fondamentaux.

Ce n’est pas le cas au Canada; de simples croyances, retrouvées dans aucun texte sacré — par exemple, le port du niqab et de la burka — ont été promues au rang de droits constitutionnels, au même titre que le droit à la vie.

En somme, la loi 21 viole des caprices constitutionnels et non des droits fondamentaux.

Pour l’élite politique et médiatique du Canada anglais, tout défi lancé contre l’ordre constitutionnel canadien est une menace à l’existence même du pays.

D’une certaine mesure, ils ont raison. Malheureusement pour eux, les assises juridiques du Canada reposent sur une constitution illégitime qui, sous certains aspects, a très mal vieilli.

Une bonne partie des angloCanadiens partagent déjà l’avis des francoQuébécois au sujet de l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires.

D’où l’urgence de lutter contre une contamination (québécoise) jugée séditieuse aux yeux de ceux qui se donnent la mission sacrée de défendre l’ordre établi, au premier rang duquel l’ordre constitutionnel canadian.

Conclusion

Comme la verrue qu’on finit, avec le temps, par ne plus voir au bout de son nez, le premier ministre du Manitoba semble avoir oublié le triste bilan de sa province au chapitre du respect des droits fondamentaux des 175 000 personnes qui composent sa population autochtone.

Références :
Aboriginal nutritional experiments had Ottawa’s approval
À quand le limogeage de John A. Macdonald?
John A. Macdonald
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone
Le Manitoba achète des publicités au Québec contre la loi 21
Les autochtones du Manitoba vivent dans les maisons les plus délabrées au pays
Les Premières Nations du Manitoba ont les pires conditions de vie du Canada
Les Premières Nations du Manitoba ont les pires conditions de vie du Canada
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Relations Québec-Manitoba: le PQ rappelle la pendaison de Louis Riel

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 — 1/400 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Immigration : expulsions et droits de la personne

28 novembre 2019

C’est hier soir que les cinq membres de la famille Batalla-Charris ont été expulsés vers l’Espagne par ordre d’Ottawa.

Cette famille a été accueillie à titre de réfugiés colombiens, après avoir séjourné huit ans en Espagne. Les parents avaient deux enfants à leur arrivée au Canada. Depuis, un troisième est né au Québec.

Les autorités fédérales ont estimé que les membres de cette famille ne pouvaient invoquer le danger qu’ils courent dans leur pays d’origine puisqu’ils avaient refait leur vie en Espagne.

C’est donc vers ce pays qu’ils ont été expulsés.

On peut se demander pourquoi cela prend cinq ans pour en arriver à une décision aussi évidente.

À sa face même, des gens qui vivent depuis huit ans en Espagne — qui ont probablement la citoyenneté de ce pays — ne peuvent prétendre être encore en danger en Colombie alors qu’ils n’y vivent plus depuis des années.

Normalement leur demande aurait dû être rejetée immédiatement.

Mais à Ottawa, une âme bienveillante a décidé de les accueillir à titre de réfugiés, en attente d’une décision. Une décision longuement évaluée par des commissaires fédéraux payés de l’heure et rendue par un tribunal administratif où des avocats se sont graissé la patte.

Bref, tout cela aura pris cinq ans et probablement couté une petite fortune aux contribuables canadiens.

Entretemps, cette famille s’était établie à Sherbrooke. Toute la famille parlait français et les parents occupaient un emploi dans cette ville. Ils payaient des taxes et des impôts, en plus de contribuer à l’activité économique de la ville en tant que consommateurs.

Or partout au Québec, on manque de main-d’œuvre. Qui est gagnant dans cette décision de corriger maintenant une erreur commise il y a cinq ans ?

En d’autres mots, y a-t-il encore quelqu’un qui a du jugement à Ottawa et qui est capable de se demander s’il est raisonnable de jeter des gens à la rue en raison de l’incurie administrative du ministère fédéral de l’Immigration ?

Représentante de Sherbrooke à l’Assemblée nationale du Québec, la députée Christine Labrie (de Québec Solidaire) s’est dite déçue que le ministre québécois de l’Immigration ne se soit pas empressé de délivrer aux parents un certificat de sélection à titre de travailleurs qualifiés. Ce qui, selon elle, les aurait rendus aptes à demeurer au pays à ce titre (et non en tant que réfugiés).

Rappelons qu’en décembre 2017, les huit membres de la famille Lawrence (établie à Montréal et décrite comme un modèle d’intégration) avaient alors été expulsés du pays en dépit du fait que le ministre québécois de l’Immigration de l’époque leur avait délivré d’urgence un certificat de sélection.

Ottawa avait été impitoyable. Si bien que ces gens avaient, eux aussi, quitté le pays.

En matière migratoire, il serait peut-être temps de faire en sorte que tout dossier qui traine à Ottawa depuis plus de deux ans est automatiquement accepté. Quitte à prévoir des exceptions dans des cas d’une extrême complexité.

Et même deux ans, je me demande si cela n’est pas encore trop. Certainement, cela serait un pas dans la bonne direction.

Références :
À quelques heures de leur expulsion, la famille Batalla-Charris garde toujours espoir
Élan de solidarité contre l’expulsion d’une famille colombienne installée à Sherbrooke
La famille Lawrence expulsée du Canada
Les Batalla-Charris expulsés en Espagne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Bruant familier

27 novembre 2019
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Adulte, le Bruant familier (nom latin : Spizella passerina) mesure de 13 à 15 cm.

C’est un oiseau à calotte rousse, à sourcil blanc, dont l’oeil est traversé de noir, et dont la gorge, la nuque, la poitrine et le ventre sont gris pâle. Le dos brun est rayé.

L’été, les joues sont plus pâles que sur la photo.

Il habite les boisés de feuillus ou de conifères, de même que les champs, les vergers, les jardins et les parcs d’une bonne partie de l’Amérique du Nord.

Après la ponte, généralement de quatre œufs, la femelle les couve pendant 11 à 14 jours. Les oisillons prennent leur premier envol deux semaines seulement après leur éclosion.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/2000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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