La Belle-Dame

25 juillet 2017
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Introduction

La Belle-Dame ou le Vanesse des chardons (Vanessa cardui) est probablement le papillon diurne le plus commun au monde. On le retrouve sur tous les continents sauf l’Amérique du Sud et l’Antarctique. De plus, il est absent d’une bonne partie de l’Océanie.

Après le papillon Monarque, la Belle-Dame est le papillon qui accomplit les plus grandes migrations, parcourant environ 1 200 km, ce qui est remarquable pour sa taille; l’envergure de ses ailes est de 4 à 7 cm.

Puisqu’elle n’hiberne pas au Québec, la Belle-Dame migre vers le sud des États-Unis et le Mexique en automne pour revenir chez nous entre mai et juillet. Elle connait plusieurs cycles reproductifs par année.

Au Québec, une première génération du papillon se rencontre de la dernière semaine de mai à la mi-juillet tandis que la seconde s’observe de la troisième de juillet à la mi-octobre.

Normalement, ce papillon ferme les ailes après s’être posé sur une fleur pour s’y nourrir. Toutefois, si un autre insecte se pose sur la même fleur, la Belle-Dame les déploie afin de protéger sa collation et n’hésitera pas à chasser l’intrus en le frappant de ses ailes puissantes.

Cette espèce doit son abondance à la grande variété de plantes qui font partie de l’alimentation de sa chenille. La femelle disperse donc ses œufs un peu partout, un seul œuf par plante. L’incubation dure une semaine.

Afin d’échapper à ses prédateurs, la chenille tisse une tente dans laquelle elle emprisonne le feuillage qui constituera son garde-manger. Lorsque cette tente s’avère insuffisante, la chenille en crée une plus grande. Au total, elle vivra deux à six semaines, à l’issue desquelles elle forme une chrysalide.

Aux États-Unis, cela cause des dommages considérables aux plantations de soya.

Le papillon émerge de la chrysalide après 7 à 17 jours.

Face dorsale des ailes

Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Sur leur face dorsale, les ailes antérieures sont orange brulé. Elles sont décorées de motifs noirs ou brun foncé et d’un apex noir tacheté de blanc.

Ondulé, leur bord externe concave porte un fin ruban de poils blancs.

Le bord externe des ailes postérieures est également ondulé et se termine lui aussi par un ruban de fins poils blancs. Parallèlement à cette bordure, les ailes postérieures sont décorées d’une suite de taches, de losanges et de points brun foncé.

Près du thorax et de l’abdomen, les ailes (autant antérieurs que postérieures) sont partiellement recouvertes de longs poils bruns aux reflets dorés.

Face ventrale des ailes

Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La face ventrale des ailes antérieures adopte les mêmes motifs que leur face dorsale avec la différence que l’apex est plus pâle et décoré d’une bordure décorative où alternent le brun, le gris et le beige. Vers le thorax, la couleur orangée devient saumon.

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

La face ventrale des ailes postérieures est complètement différente de leur face dorsale. Chamarrées de beige et de blanc, elles portent près de leur bord cinq ocelles de couleurs différentes.

Près du thorax, les ailes postérieures sont recouvertes de courts poils beiges.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
2e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 150 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 250 — 150 mm
6e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm
7e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 150 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

La Belle-Dame
5 (100%) 1 vote

Laissez un commentaire »

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les secrets des papillons Héliconius

4 avril 2017

Les chenilles d’Heliconius se nourrissent de feuilles de passiflore. Accumulant les toxines qui s’y trouvent, elles acquièrent une toxicité qui les protège des prédateurs, même parvenues à l’état de papillon.

De tous les papillons, ceux du genre Heliconius ont la particularité d’être les seuls qui se nourrissent de pollen en plus du nectar.

Cet apport richement protéiné leur confère une durée de vie de plusieurs mois, contrairement aux autres papillons qui ne vivent généralement que quelques semaines.

À l’université de Californie, l’équipe de la professeure Adriana Briscoe a entrepris d’étudier spécifiquement les Héliconius et plus particulièrement l’H. érato.

Ses recherches ont révélé d’intéressantes découvertes.

Trompe de l’Héliconius érato

La trompe des Héliconius est plus longue que la moyenne des autres papillons. De plus, cette trompe qui nous semble lisse, ne l’est pas en réalité. Elle est hérissée de poils courts et, à son extrémité effilée, de papilles gustatives.

Ces poils ont pour but de capter les grains de pollen.

En déployant et en enroulant leur trompe, les Héliconius broient ce pollen. De plus, leurs glandes salivaires sont plus développées que celles des autres papillons : elles sécrètent des protéases, c’est-à-dire des enzymes capables de digérer les protéines du pollen.

Mais les recherches du Dr Briscoe ont permis de préciser que les poils de la trompe, ceux qui captent justement le pollen, contiennent également des protéases.

Puisque les Héliconius ne sont pas capables de rétracter leur trompe dans leur bouche, la surface de cette trompe est capable d’absorber les acides aminés libérés par la dégradation des protéines sous l’action des protéases de leurs poils.

En somme, contrairement à celle des éléphants, la trompe de l’Héliconius est un organe digestif.

Certaines de ces protéases se retrouvent également dans le code génétique d’autres papillons, notamment du papillon Isabella, apparenté aux Héliconius.

Chez les papillons qui ne se nourrissent que de nectar, ces enzymes étaient utiles au cours leur période larvaire ou servent des fins métaboliques (plutôt que digestives) chez le papillon adulte.

À titre d’exemple, chez la chenille des papillons de nuit, une protéase sert à dissoudre la soie (protéique) afin de ‘zipper’ le cocon et emprisonner la chrysalide.

Parvenus à l’âge adulte, certains papillons choisissent de réprimer l’expression de gênes devenus inutiles. Tout comme les humains qui cessent de boire du lait à l’âge adulte et qui deviennent intolérants au lactose parce qu’ils répriment leur fabrication de l’enzyme qui dégrade ce sucre.

Heliconius érato

On sait depuis longtemps que les papillons femelles sécrètent des substances volatiles (appelées phéromones) qui attirent les papillons mâles et que ces derniers peuvent, chez certaines espèces, reconnaître à des kilomètres.

Au cours de recherches récentes effectuées sur l’H. érato, on a découvert que les yeux de ce papillon sont dotés de photorécepteurs spécialisés.

L’un d’eux est pour le rouge dont la longueur d’onde est d’environ 600nm. On soupçonne que cela permet à ce papillon de voir les bandes rouges des papillons de son espèce sans remarquer celles, très semblables, d’H. melpomène. Tout comme l’ultraviolet est noir à nos yeux.

Références :
Gene Duplication and Gene Expression Changes Play a Role in the Evolution of Candidate Pollen Feeding Genes in Heliconius Butterflies
Sexual dimorphism in the compound eye of Heliconius erato: a nymphalid butterfly with at least five spectral classes of photoreceptor

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (2e photo) avec multiplicateur de focale MC-14 (1re photo)
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 640 — 150 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 2000 — 150 mm

Les secrets des papillons Héliconius
Votre évaluation :

Un commentaire

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le papillon Petite tache

29 mars 2017

Introduction

La Petite tache (ou Myscelia cyaniris) est un papillon dont l’envergure est de 6cm.

Il habite les régions boisées à moins de 700m d’altitude, du Sud des États-Unis au Pérou. Il s’y nourrit de fruits fermentés, complétés au besoin de déjections animales.

Ses chenilles sont vertes, couvertes d’épines ramifiées tandis que sa chrysalide est verdâtre et difforme. Ce papillon peut vivre jusqu’à une année.

Description

Face dorsale du papillon mâle

La Petite tache se caractérise par des antennes droites, légèrement plus amples à leur extrémité, des yeux ovales exorbités et les deux pattes antérieures atrophiées (ce qui ne lui laisse que quatre pattes pour marcher).

Le bord externe des ailes est ondulé et décoré d’une frange de courts poils très pâles. L’apex des ailes antérieures se termine en marteau.

Sur leur face dorsale, la moitié externe des ailes antérieures porte des taches blanches alors que six bandes horizontales colorées alternent sur le reste du papillon.

Papillon mâle, vu de biais

Chez le mâle, ces bandes sont cyan sur fond noir iridescent bleu foncé. Chez certains spécimens, la première de ces bandes est blanche.

Face dorsale du papillon femelle

Chez la femelle, les bandes cyan sont moins vives, devenant rosées aux ailes postérieures, le tout sur fond brun.

Vu de côté

Lorsqu’il se trouve sur l’écorce d’un arbre, ce papillon n’a qu’à joindre les ailes pour se dissimuler et échapper à ses prédateurs.

Toutefois, c’est ce camouflage bariolé de brun qui vaut à la Petite tache son surnom français peu flatteur.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (les deux premières photos) et M.Zuiko 60 mm F/2,8 Macro (les deux dernières photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 210 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1600 — 210 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 60 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 60 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

Le papillon Petite tache
Votre évaluation :

3 commentaires

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Tithorea tarricina

28 mars 2017

Introduction

D’une envergure de sept à huit centimètres, le Tithorea tarricina est un papillon orange et noir tacheté de blanc. Il habite à la lisière des terrains boisés d’Amérique centrale, jusqu’à 1 500 mètres d’altitude.

Sa chenille se nourrit de plantes de la famille des Apocynacées, plus particulièrement du genre Prestonia. À l’issue de sa croissance, la chenille forme une chrysalide dorée.

Le papillon qui en émerge se caractérise par ses antennes tombantes noires, ses longues pattes, son abdomen orange, ses ailes postérieures rondes et ses ailes antérieures noires mouchetées d’environ onze taches blanches.

Le bord extérieur des ailes est décoré de touffes de poils blancs se disposant de part et d’autre à l’extrémité des veines.

Aspect satiné du noir des ailes

Un de ses surnoms anglais est Spotted Tiger Glassywing en raison du fait que le noir des ailes est satiné.

Description comparative

En raison de son polymorphisme, on trouve de multiples variétés de ce papillon. Celles-ci se distinguent par leur distribution géographique et de petites différences anatomiques.

Nous verrons ci-dessous le Tithorea tarricina duenna (qui habite le Mexique et le Honduras) et le Tithorea tarricina pinthias (trouvé plus au sud, au Costa Rica, au Honduras, au Nicaragua et à Panama).

Face dorsale des ailes

Le Tithorea tarricina duenna
Le Tithorea tarricina pinthias

Ce qui distingue le Tithorea tarricina duenna, ce sont deux choses. Premièrement ce jet orange qui, sur l’aile antérieure, semble jaillir du thorax. Et deuxièmement, la bande noire qui traverse la zone orange des ailes postérieures.

Dans un cas comme dans l’autre, près du bord externe des ailes, on peut entrevoir en gris, une série de petites taches situées en réalité sur la face ventrale des ailes.

Face ventrale des ailes

Le Tithorea tarricina duenna, de côté
Le Tithorea tarricina pinthias, de face

La face ventrale des ailes de ce papillon ressemble à leur face dorsale. Toutefois, près du bord externe, s’ajoute une série de taches blanches (plus petites sur les ailes antérieures). Ce sont elles qu’on entrevoit sur la face dorsale des ailes.

Dans le cas précis de la variété duenna, s’ajoute également une délicate bruine d’écailles blanches qui semble jaillir de la bande noire qui traverse les ailes postérieures.

Pour terminer, certaines variétés de Tithorea tarricina ressemblent à l’Heliconius hecale. On trouvera à la fin du texte consacré à ce dernier, ce qui permet de les distinguer.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 210 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 210 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 210 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 210 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 210 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

Le Tithorea tarricina
Votre évaluation :

Un commentaire

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Saturnie cécropia

27 mars 2017

Introduction

La Saturnie cécropia (ou Hyalophora cecropia) est le plus grand papillon du Québec. Son nom est inspiré de la mythologie.

Dans la mythologie romaine, Saturne était un titan (une divinité géante) qui sommeillait une bonne partie de l’année. Selon la mythologie grecque, Cécrops fut le fondateur d’Athènes.

Biologie

La Saturnie cécropia habite toutes les régions du Québec au sud de la Baie James, plus précisément là où poussent des feuillus (dont sa chenille consomme les feuilles).

Au Canada, on trouve ce papillon dans toutes les provinces sauf en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve. On le rencontre également dans les États du centre et de l’Est des États-Unis.

Alors que beaucoup d’espèces de papillons se succèdent à raison de plusieurs générations par année, celle-ci est univoline, c’est-à-dire que son cycle de vie (de la ponte de l’œuf au papillon adulte) peut s’étendre sur toute une année.

La femelle pond ses œufs sur le feuillage d’un grand nombre d’arbres et de plantes; aulnes, bouleaux, érables, frênes, peupliers et arbres fruitiers.

Les œufs éclosent dix à quinze jours après la ponte.

À l’éclosion, la chenille mesure environ 5 mm. Elle se nourrit des feuilles de la plante sur laquelle elle est née.

Au cours de son existence, la chenille revêtira plusieurs aspects et atteindra finalement la taille respectable de 8 à 10 cm.

Contrairement aux chenilles qui se nourrissent de plantes toxiques, les chenilles de la Saturnie cécropia sont comestibles et conséquemment, sont victimes de nombreux prédateurs, notamment des chauvesouris et les écureuils.

Cette chenille peut également être parasitée par d’autres insectes plus petits qui viennent pondre leurs œufs dans la chenille ou à sa surface.

Seule une minorité d’entre elles vivront assez longtemps pour se transformer en chrysalide et passer l’hiver dans leur cocon de soie.

En mai et juin, le papillon en émerge. Son envergure est comprise entre 15 et 16 centimètres.

Le papillon adulte ne se nourrit pas en raison de l’atrophie de sa trompe. Il vit donc moins de deux semaines, grâce aux réserves accumulées pendant qu’il était une chenille.

La vie du mâle adulte se résume à la recherche nocturne d’une partenaire, attiré par les phéromones émises par la femelle et que le mâle peut détecter à plusieurs kilomètres.

Description du papillon adulte

Puisque la Saturnie cécropia est un papillon de nuit, la distinction entre les sexes est extrêmement facile; les antennes en râteau de ce papillon ont des dents beaucoup plus longues chez le mâle que chez la femelle.

Face dorsale du papillon femelle

De chaque côté du papillon, sur sa face dorsale, les ailes sont décorées d’un croissant de couleur orange brulé sur fond moucheté de brun et de noir.

De plus, un ruban orange brulé suit parallèlement le bord extérieur des ailes.

Un collier blanc sépare la tête et le thorax recouverts de poils orange brulé. Cette couleur se retrouve également sur les solides pattes et, sur l’abdomen, en alternance avec des couches horizontales de blanc.

Papillon mâle de biais
Papillon femelle de biais
Papillon femelle de côté

La face ventrale des ailes est semblable à leur face dorsale, mais dans des teintes légèrement atténuées.

Je vous invite à cliquer sur la photo ci-dessous pour accéder à sa version à haute définition et juger par vous-mêmes de la beauté extraordinaire de ce papillon.

Détail de la face ventrale des ailes

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 (5e photo) avec multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 135 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 135 mm
3e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 160 mm
4e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 150 mm
5e  photo : 1/200 sec. — F/5,6 — ISO 640 — 95 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

La Saturnie cécropia
Votre évaluation :

7 commentaires

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Porte-queue lowi

23 mars 2017

Introduction

D’une envergure de dix à douze centimètres, le Porte-queue lowi (dont le nom scientifique est Papilio lowi) est originaire des forêts des Philippines, de Bornéo, et d’Indonésie.

Il doit son nom au naturaliste Hugh Low, gouverneur britannique de Malaisie.

Les adultes de ce papillon boivent du nectar de diverses plantes tandis que leurs chenilles se nourrissent essentiellement de feuilles d’agrumes.

À l’évènement Papillons en liberté du Jardin botanique de Montréal, le Porte-queue lowi est un de ceux qu’on rencontre le plus fréquemment.

Indéniable, son abondance est toutefois moindre qu’on le pense en raison de sa similitude avec un autre papillon très populaire, soit le Grand mormon.

Description comparative du mâle

La face dorsale des ailes

Face dorsale du papillon mâle

D’un bleu très foncé, le mâle est décoré d’une pluie d’écailles pâles qui devient plus dense en se dirigeant vers le bord inférieur des ailes.

Les ailes postérieures — lorsqu’elles sont intactes — se terminent toujours par une queue, absente chez le Grand mormon.

Toutefois, il s’agit-là de l’attribut le plus fragile du mâle. Lorsque le bord des ailes est ébréché et qu’on n’a pas accès à la face ventrale de ces deux papillons, la seule manière de les distinguer est que le Porte-queue lowi est beaucoup plus bleuté que son collègue.

Cela est évident au gros soleil ou lorsque ces papillons sont à proximité l’un de l’autre.

La face ventrale des ailes

Le Porte-queue lowi passe une bonne partie de la journée immobile, les ailes déployées. C’est donc à dire qu’on ne peut lui voir la face ventrale des ailes qu’aux moments où il butine.

Papillon mâle, de bais

La décoration des ailes de ce papillon est d’un grand raffinement.

À l’exclusion des épaules orange brûlé, la face ventrale des ailes antérieures est identique à leur face dorsale.

Papillon mâle, de côté

Noires, les ailes postérieures sont décorées de deux rangées d’ocelles ton sur ton révélés par un ample pourtour d’écailles gris pâle.

À l’opposé, le long du bord des ailes postérieures du Grand mormon mâle se trouve un ruban rouge décoré d’ocelles noirs.

Description comparative de la femelle

La face dorsale des ailes

Face dorsale du papillon femelle

Très différente du mâle, la femelle du Porte-queue lowi s’apparente à celle du Grand mormon; leurs ailes antérieures sont identiques. Ce sont leurs ailes postérieures qui permettent de les distinguer.

Beige pâle et noir chez la femelle du Grand mormon, les ailes postérieures du Porte-queue lowi sont beaucoup plus complexes.

Leur partie supérieure est noire (alors qu’elle est beige chez sa consœur).

Entre leurs nervures, le bas des ailes postérieures dessine des ogives beiges — plus ou moins foncées selon les variétés polymorphiques — délicatement mouchetés d’écailles claires et décorés de deux rangées d’ocelles noirs de tailles différentes.

La face ventrale des ailes

Face ventrale du papillon femelle

Sur leur face ventrale, les ailes antérieures miment leur face dorsale.

Papillon femelle en majesté

Les ailes postérieures ressemblent à celles du mâle avec la différence qu’un peu du beige qui coloriait la face dorsale se retrouve souvent sur la face ventrale de la femelle (comme ci-dessus).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 60 mm F/2,8 (6e photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 2000 — 210 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 2500 — 150 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 640 — 150 mm
5e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 190 mm
6e  photo : 1/125 sec. — F/8,0 — ISO 800 — 60 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

Le Porte-queue lowi
Votre évaluation :

2 commentaires

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Piéride de la rave

7 mars 2017
Papillon femelle, vu de côté
Face dorsale du papillon mâle
Face dorsale du papillon femelle
Face dorsale du papillon femelle, de biais

Introduction

La Piéride de la rave (Pieris rapae) est un petit papillon blanc mat dont l’envergure fait entre quatre et cinq centimètres. C’est autour de 1860 que ce papillon a fait son apparition au Québec.

Face dorsale des ailes

Sur la face dorsale des ailes, l’apex est gris ou noir et l’aile antérieure porte, selon le sexe, une ou deux taches noires; les femelles en ont deux et les mâles, une seule.

De plus, vers le thorax, les ailes antérieures sont saupoudrées de gris, ce qui est également le cas des ailes postérieures.

Chez la femelle, une ‘coulée’ de poudre grise située près du bord inférieur de l’aile antérieure relie discrètement la seconde tache noire au thorax.

Une frange de courts poils blancs borde le côté extérieur des ailes.

Face ventrale des ailes

Sur la première photo ci-dessus, ce qui semble être un reflet des fleurs jaunes avoisinantes ne l’est pas.

L’apex de l’aile antérieure est réellement jaune pâle. Quant aux ailes postérieures, elles sont délicatement teintées de jaune chez la femelle : cette couleur est plus affirmée chez le mâle.

Ce qui la distingue de la Piéride du chou

La Piéride de la rave est plus petite que la Piéride du chou. Les ailes de la première font de 4 à 5 cm tandis que la seconde possède une envergure de 5 à 6,5 cm.

Sur la Piéride du chou, la tache noire de l’apex est plus étendue et adopte la forme concave de la lame d’une faux.

La femelle de la Piéride de la rave pond ses œufs isolément, en volant de feuille en feuille alors que la Piéride du chou pond les siens groupés.

Lorsque l’une et l’autre s’attaquent au chou, la chenille de la Piéride du chou se trouvera sur les feuilles déployées alors que la chenille de la Piéride de la rave aura tendance à s’enfouir dans la pomme de ce légume.

Biologie

La Piéride de la rave est un des papillons les plus communs au monde. On le trouve dans les pays tempérés, aux Bermudes, dans la péninsule arabique, au Maghreb, au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

L’œuf allongé est pondu debout. Frais, il est blanc translucide  il jaunit au cours de sa maturation.

La période d’incubation dure une semaine.

La chenille verte décorée de jaune se nourrit de Brassicacées (dont la rave, évidemment).

Ce papillon connait trois à cinq générations par année en plaine et deux en montagne.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/400 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/7,1 — ISO 250 — 210 mm
3e  photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
4e  photo : 1/640 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

La Piéride de la rave
Votre évaluation :

2 commentaires

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 en entomologie

28 février 2017
Doleschallia bisaltide
Leuconoé
Face dorsale du Porte-queue lowi mâle
Grand mormon mâle, de côté
Voilier mormon mâle

À la suite de l’acquisition d’un nouvel objectif photographique, j’aime bien découvrir ses forces et ses faiblesses en l’utilisant dans des contextes différents.

Cette année, mon cadeau de Noël fut le M.Zuiko 25mm F/1,2. Dès le premier jour de Papillons en liberté, jeudi dernier, je me suis donc empressé d’aller le tester.

Depuis le temps que je m’amuse à couvrir cet évènement, je suis devenu plus exigeant. Il ne me suffit plus que le papillon soit photographié correctement. Il faut qu’il soit mis en valeur par un flou d’arrière-fond avantageux (ce qu’on appelle le bokeh, qu’on prononce ‘beau quai’).

En principe, un objectif de 25mm ne devrait pas créer un bokeh pâmant. Mais à ouverture maximale, sait-on jamais.

Si cet objectif est très net à partir d’une ouverture de F/2,0, il l’est beaucoup moins sur les côtés à F/1,2. En entomologie, cela n’a pas d’importance puisque le sujet est généralement au centre de l’image, là où l’objectif est très net, même à ouverture maximale.

Le principal handicap de cet objectif vient de la nécessité d’être relativement près du papillon. Sur la photo obtenue, pour que l’image du papillon soit de taille identique, lorsqu’on est à 2 mètres avec un objectif de 200 mm, il faut être à 25 cm avec un objectif de 25mm.

Or dans la serre du Jardin botanique, les papillons ne sont pas tous à portée de la main et certains d’entre eux s’effraient lorsqu’on s’approche trop près d’eux.

Bref, après ce test concluant, j’entends revenir à mes anciennes amours, soit le M.Zuiko 40-150 mm associé au multiplicateur de focale MC-14.

D’autant plus qu’à une ouverture de F/4,0, cette association me donne une profondeur de champ trois fois plus grande que celle que j’obtiens avec le M.Zuiko 25mm à F/1,2 à distantes équivalentes, c’est-à-dire pour une photo sur laquelle le papillon semble avoir été pris d’aussi près.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 25mm F/1,2
1re photo : 1/1000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/200 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/500 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

L’objectif M.Zuiko 25mm F/1,2 en entomologie
5 (100%) 1 vote

Un commentaire

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Doleschallia bisaltide

4 mai 2016
Face dorsale du mâle
Face dorsale de la femelle
Mâle butinant

Le Doleschallia bisaltide (communément appelé Papillon-feuille) habite les forêts humides du Sud-est asiatique et de l’Océanie jusqu’à une altitude de 1 400 mètres. On le trouve également dans les clairières et en lisière de forêt.

Ses ailes rigides et puissantes ont une envergure de 6 à 7 cm.

Le bout des ailes antérieures est carré alors que leur bord est concave (c’est-à-dire en creux).

Le bord des ailes postérieures est convexe et se termine en pointe.

Sur leur face dorsale, les ailes antérieures sont orange brulé, avec l’apex marron et le bord extérieur de la même couleur mais en s’atténuant en s’éloignant de l’apex.

Les ailes postérieures sont orange brulé plus sombre, bordé d’un ruban encore plus foncé et d’un point marron vers l’apex chez le mâle (absent chez la femelle).

Face ventrale des ailes du mâle
Face ventrale des ailes de la femelle

Lorsque ce papillon ferme ses ailes, il ressemble à une feuille d’automne (d’où son surnom).

Sur leur face ventrale, le bord externe des ailes est marron décoré habituellement de plusieurs ocelles. Séparé par une mince ligne foncée zigzagante — qui mime la nervure centrale d’une feuille — le bord interne des ailes porte, chez le mâle, des taches irrégulières blanches, semblables de loin à des taches de moisissure. En raison d’un intense polymorphisme, leur nombre est variable. Ces taches sont absentes chez la femelle.

Ces papillons ont la première paire de pattes atrophiée et n’utilisent donc que quatre pattes pour marcher.

Femelle en majesté

Placés sous les feuilles des plantes-hôtes, les œufs blancs opalescents éclosent après trois jours. Nouvelle née, la chenille possède la tête noire et un corps luisant blanc translucide. Munie d’épines souples noires, la chenille, après quelques jours, se colore en noir (décoré de taches blanches, bleues et rouges).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 (1re, 2e et 6e photos) et M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 210 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
3e  photo : 1/125 sec. — F/8,0 — ISO 1250 — 60 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/3,2 — ISO 200 — 60 mm
5e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 1600 — 60 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 640 — 210 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

Le Doleschallia bisaltide
Votre évaluation :

Un commentaire

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La Grande piéride disparate

28 avril 2016
Face dorsale des ailes
Face ventrale des ailes
De près

Originaire d’Asie, la Grande piéride disparate (Hebomoia glaucippe) est le nom d’un papillon blanc dont le bout des ailes antérieures est orange. C’est pourquoi on l’appelle Great Orange Tip en anglais.

La face ventrale des ailes possède l’aspect d’une feuille blanche qui se serait salie.

Son envergure est de 9 à 10 cm.

Ses antennes sont relativement droites et s’épaississent en s’éloignant du corps : leur extrémité est très pâle.

Si le cou et la tête sont couverts de courts poils beiges, le thorax est recouvert de soyeux poils blancs. L’abdomen nu est blanc.

On trouve ce papillon dans une grande variété d’habitats, de la broussaille des prairies arides de l’Inde aux forêts pluvieuses de Bornéo. Sa distribution comprend une bonne partie du Sud-est asiatique.

Les ailes de ce papillon contiennent un peptide toxique (la glacontryphane-M), ce qui le protège de certains prédateurs. On ignore la provenance de ce poison puisque sa chenille ne se nourrit pas de plantes toxiques, comme c’est le cas d’autres papillons.

Exemple de polymorphisme (ces losanges près du bord des ailes postérieures)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (1re photo) et M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/125 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 60 mm
3e  photo : 1/500 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 60 mm
4e  photo : 1/125 sec. — F/7,1 — ISO 400 — 60 mm


Pour consulter les textes de ce blogue consacrés aux papillons, veuillez cliquer sur ceci

La Grande piéride disparate
Votre évaluation :

2 commentaires

| Entomologie, Nature | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :