Clématite

10 septembre 2020
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : pourcentage de cas positifs au Québec du 1er mai au 9 septembre 2020

9 septembre 2020
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Référence : Compte Twitter de Patrick Déry

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Anémone du 2632 av. Jeanne-d’Arc

9 septembre 2020
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L’anémone est surnommée la ‘fleur du vent’.

Selon la mythologie grecque, Zéphyr, le dieu du vent, tomba amoureux de la nymphe Anémone.

Chloris, l’épouse jalouse du dieu et elle-même déesse des fleurs, transforma sa rivale en fleur, l’assujettissant ainsi à son autorité.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 — 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 150 — 150 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’exemple préliminaire de l’université Colgate

8 septembre 2020

Introduction

Située dans l’État de New York, l’université Colgate est une institution privée qui accueille à peu près trois-mille étudiants.

En moyenne, il en coute vingt-six-mille dollars par année pour y étudier. Le quart des demandes d’inscription sont acceptées et le taux de réussite est d’environ 90 %.

Les mesures mises en place pour éviter une éclosion de Covid-19 ont couté quatre-millions de dollars.

L’immense majorité des étudiants ont préféré être en classe : ils le pouvaient à plusieurs conditions.

Le test en préadmission

Préalablement à la réouverture du campus, les étudiants, les professeurs et le personnel de soutien ont reçu par la poste un nécessaire destiné à tester la présence de Covid-19 dans leur salive. Le résultat de ces tests s’obtient le jour même.

Ils devaient retourner leur plaquette à l’université dans les plus brefs délais.

Sur les 866 employés, quatre se sont avérés positifs. Et sur les 2 219 étudiants, il y eut huit cas positifs.

Ce premier test visait à mesurer l’état de la contamination avant la réouverture du campus. Ce taux s’est avéré être de 0,4 %, soit la moitié du taux qui prévaut actuellement dans l’État de New York.

Cette différence s’explique par le milieu socioéconomique aisé des étudiants, moins atteint que l’ensemble de la population de l’État.

Deux autres tests et quarantaine généralisée

Dans la seule journée du 26 aout (le deuxième jour de la rentrée), mille étudiants ont été testés. C’est plus du tiers de tous les étudiants qui ont choisi d’étudier sur le campus.

En plus d’être soumis à un deuxième test salivaire, tous ont été mis en quarantaine pour dix-sept jours. L’université a même acheté un hôtel pour accommoder tout le monde. Ce qui explique le cout des mesures adoptées.

Au cours de la quarantaine, les cours se donnent en ligne (filmés en temps réel) et sont disponibles sur l’intranet de l’université.

Les repas sont servis aux chambres. Ils fournissent entre 2 700 et 3 000 calories par jour.

Le recteur lui-même dirige son institution de sa chambrette située dans une des résidences étudiantes du campus.

En respectant une distance sanitaire de deux mètres et en portant un masque, les étudiants peuvent sortir à l’extérieur deux fois par jour dans des zones désignées.

Il est à noter que les masques à valve ont été bannis. Leur valve ferme à l’inspiration, favorisant la filtration de l’air inhalé. Mais elle s’ouvre à l’expiration, ce qui n’empêche pas le porteur de disperser ses gouttelettes respiratoires et de contaminer les autres.

En raison d’une fête clandestine qui s’est déroulée le deuxième jour de la rentrée — imprudemment tenue à la résidence et sur l’étage où se trouvait le recteur — douze élèves ont été expulsés du campus. Toutefois, ils peuvent suivre les cours à partir de chez eux.

La première semaine du confinement, la présence de matériel génétique du virus a été mesurée dans les eaux usées (c’est-à-dire dans les égouts) de chacune des résidences afin d’y localiser toute éclosion possible.

Si tel avait été le cas, les étudiants de la résidence auraient été testés spécifiquement.

Entre le 7e et le 10e jour de la quarantaine, on a dû passer un troisième test salivaire. Chaque cas positif a fait l’objet d’une recherche de contacts.

Dans quelques jours, la quarantaine sera levée. À partir de ce moment, six pour cent des étudiants et des employés, choisis aléatoirement, seront testés à chaque jour.

Résultats préliminaires

L’évolution de la situation est publiée quotidiennement.

On y apprend que depuis la rentrée, le nombre de cas positifs s’est maintenu parmi les étudiants. Il n’y a plus aucun nouveau cas parmi les employés, dont les professeurs.

Du 22 aout au 7 septembre, le taux de positivité est passé de 0,4 % à 0,5 %, en dépit d’un pic de 22 nouveaux cas chez les étudiants observé le 27 aout (qui a brièvement fait passer le taux de contagion à 0,8 %).

Le nombre de tests effectués se maintient à environ 376 par jour.

Conclusion

Alors que se multiplient les cas de campus universitaires qu’on doit fermer aussitôt leur réouverture en raison d’éclosions majeures de Covid-19, l’université Colgate a échappé à ce phénomène.

Mais il s’agit là d’une situation artificielle; on ne va pas à l’université pour y étudier dans une chambrette.

C’est le retour à la normale, prévu dans quelques jours, qui permettra de tirer une conclusion définitive de l’expérience tentée par l’université Colgate.

C’est à suivre…

Références :
Colgate University
Colgate University students – and president – lock down for 2 weeks to start semester
Health Analytics Dashboard
Reportage télévisé (en anglais)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les cimetières anciens de Montréal — suite et fin

6 septembre 2020

L’interdit de 1795

Pour des raisons sanitaires, la ville adopta en 1795 un règlement interdisant la présence de cimetières à l’intérieur des fortifications.

Jusque là, les cimetières intramuros de Montréal avaient servi de lieux de sépulture à plus de 21 000 personnes.

La création du cimetière Saint-Antoine

Afin de se soumettre à la règlementation municipale, la paroisse Notre-Dame acquiert en 1799 un terrain de 13 672 m² situé à l’ouest des fortifications.

Agrandi en 1807, 1823 et 1842, le site finit par comprendre (de nos jours) la totalité de la Place du Canada et une bonne partie du square Dorchester qui lui fait face, au nord.

Un petit terrain adjacent était même réservé pour les excommuniés. Officiellement, il ne faisait pas partie du cimetière proprement dit. C’est là qu’en 1839, on enterra onze des douze patriotes pendus à la prison du Pied-du-Courant.

Le nouveau cimetière catholique fut appelé cimetière Saint-Antoine (du nom du faubourg dans lequel il était situé). Une chapelle y fut érigée en 1806.

La translation des corps

En anglais, translation signifie ‘traduction’. En français, ce mot désigne l’action de transporter les restes humains d’un lieu à un autre.

Le règlement municipal de 1795 ne faisait pas qu’interdire toute nouvelle inhumation dans la ville fortifiée; il signifiait l’expulsion des corps qui s’y trouvaient déjà.

À cette époque, une dépouille était sacrée. Conséquemment, le transfert des dépouilles fut une opération délicate qui prit des années.

En 1821, on fit 54 voyages pour translater les corps des cimetières de Pointe-à-Callière et de l’ancienne église Notre-Dame. Au cours des années qui suivirent, on fit de même pour tous les autres cimetières situés à l’intérieur des fortifications.

De nos jours, il arrive que des excavations mettent à jour des squelettes ‘oubliés’ dans les anciens cimetières de la ville. L’absence d’inscription funéraire indiquant la présence d’un corps pourrait expliquer ces oublis.

Le cimetière Saint-Antoine accueillit donc, théoriquement, toutes les dépouilles catholiques de Montréal depuis la fondation de la ville.

De plus, entre 1799 et 1854, 55 000 nouvelles dépouilles s’ajoutèrent à la ‘collection’ du cimetière.

Un grand projet immobilier

Au début des années 1850, l’urbanisation de la ville avait fini par atteindre le cimetière Saint-Antoine. De plus, ce cimetière était presque plein.

En 1853, la paroisse acheta un immense terrain sur le Mont-Royal afin de donner naissance au cimetière Notre-Dame-des-Neiges (surnommé cimetière Côte-des-Neiges).

Mais plutôt que d’avoir à gérer deux cimetières catholiques, les administrateurs de la paroisse décidèrent de translater toutes les dépouilles dans le nouveau cimetière et transformer l’ancien cimetière Saint-Antoine en complexe résidentiel.

Cette fois, la translation n’était pas gratuite; seules les familles qui achetèrent un lot dans le nouveau cimetière bénéficièrent d’une translation en bonne et due forme.

Dans les autres cas, les corps furent déterrés au pic et à la pelle. Des charrettes furent remplies de tas d’os et de débris de cercueils. Le tout était enfoui pêlemêle dans une fosse commune au nouveau cimetière.

En avril 1869, cent-trente charrettes transporteront dix-mille dépouilles. Au total, entre 1855 et 1871, on procéda à la translation d’un nombre inconnu de corps.

Une fois ce travail brouillon accompli, les grands projets immobiliers de la paroisse pouvaient enfin se réaliser.

En novembre 1867, l’arpenteur Henri-Maurice Perrault soumettait à la paroisse le plan de la subdivision en lots de l’ancien cimetière.

Mais avant même qu’on ait eu le temps d’en vendre, un scandale éclate : la Sanitary Association of Montreal révèle que le cimetière contient les dépouilles des personnes décédées de l’épidémie de choléra de 1832.

Son message était clair : les enfants qui grandiront sur ces terrains pourraient accidentellement avaler de la terre contaminée et mourir de choléra.

Les autorités religieuses venaient à peine de terminer la lecture de l’article du journal que la rumeur publique s’était déjà répandue dans toute la ville.

La vente des lots fut donc immédiatement interrompue.

De cimetière en places publiques

La Sanitary Association réclamait que le cimetière soit transformé en parc urbain, une suggestion retenue par la ville.

En 1871, le terrain en friche de l’ancien cimetière n’avait plus de valeur marchande. La ville s’en porte acquéreur pour une somme modeste.

Au cours de l’aménagement du parc, on enleva les pierres tombales restantes et la multitude de croix de bois qui s’y trouvaient. Puis on nivela le terrain.

Selon certains témoignages de l’époque, il resterait encore les ossements de 40 000 à 45 000 personnes sous le square Dorchester et la Place du Canada.

Croix gravée au sol du square Dorchester

Rien n’indique leur présence, sinon quelques croix dépourvues de texte explicatif gravées au sol du square Dorchester.

Ainsi se clôt l’histoire des anciens cimetières de Montréal.

Références :
Ancien cimetière des Pauvres (Montréal)
Basilique Notre-Dame de Montréal
De la première église Notre-Dame à la basilique actuelle
Historique du square Dorchester et de la place du Canada
Le cimetière catholique Saint-Antoine
Les cimetières de la ville
Les cimetières de Montréal
Un déménagement inhabituel ! La translation des restes du cimetière Saint-Antoine vers le cimetière Notre-Dame-des-Neiges (1854-1871)
Vivre ses morts

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les cimetières anciens de Montréal — 1re partie

5 septembre 2020

Avant-propos

Depuis sa fondation, la ville de Montréal a annexé de nombreuses municipalités dans lesquelles se trouvaient des cimetières.

Le texte qui suit présente l’histoire des cimetières de la ville de Montréal, en ignorant ceux des autres municipalités de l’ile. De plus, le document passe sous silence les cryptes d’édifices religieux.

De 1643 à 1654

Dans la tradition chrétienne, on aménage les cimetières à proximité d’une église. Comme si la maison de Dieu protégeait les défunts.

En 1642, les premiers habitants de Montréal s’étaient établis sur une bande de terrain triangulaire qu’on appelle aujourd’hui la Pointe-à-Callière.

Celle-ci se trouvait à l’embouchure de la rivière Saint-Pierre (recouverte depuis 1832).

Dès 1643, on y trouvait une chapelle et, à l’extérieur de la palissade, un petit cimetière. De 1643 à 1654, c’est là qu’une trentaine de personnes furent ensevelies.

À l’époque, les corps étaient enterrés à faible profondeur, soit entre trente et cinquante centimètres de la surface.

Dans les décennies qui suivirent, la ville se développa au nord-est de la rivière Saint-Pierre. De 1718 à 1744, on la ceintura d’une muraille.

Plan de Montréal en 1758 (Cliquez sur la carte pour l’agrandir)

Sur la carte ci-dessus, le cimetière de Pointe-à-Callière est représenté par le ‘A’ rouge au sud-ouest de la ville fortifiée.

Sous l’effet du gel et du dégel, les basses terres annuellement inondées de la Pointe-à-Callière finirent par laisser émerger les ossements des premiers colons. On décida donc de choisir un nouveau lieu d’inhumation.

De 1654 à 1660

Les jardins de l’Hôtel-Dieu de Saint-Joseph (en B) prirent la relève de 1654 à 1660.

Construit depuis 1644, cet hôpital fut le premier en Amérique du Nord. Il était situé sur un site qui comprenait une chapelle, de même qu’un couvent hébergeant les sœurs hospitalières de Saint-Joseph.

Avant la construction de l’ancienne église Notre-Dame, la chapelle de l’Hôtel-Dieu était le seul lieu public de culte religieux.

De 1660 à 1682

De 1660 à 1680, la population de Montréal passa de 407 à 493 habitants.

Au cours de cette période, les inhumations se firent dans un cimetière (qualifié de grand à l’époque) situé vraisemblablement de part et d’autre de la rue Saint-Éloi (C1 et C2).

En raison d’une espérance de vie relativement courte, près de quatre-cents personnes y furent inhumées. Ce qui veut dire que Montréal comptait presque autant de dépouilles que de personnes vivantes.

Malheureusement, tout comme le cimetière de Pointe-à-Callière, le site était sujet à des inondations au printemps et à l’automne.

De 1682 à 1694

Les deux églises Notre-Dame, de Georges Delfosse (1830)

Peu avant l’achèvement de la première église paroissiale de Montréal (construite de 1672 à 1683), le terrain au sud de l’église devint le cimetière de la ville (en D).

Il ne semble pas qu’on y ait transféré les corps ensevelis dans les trois premiers cimetières de Montréal; ceux-ci auraient perdu leur fonction sacrée, sans égard aux sépultures.

Le cimetière de l’ancienne église Notre-Dame fut utilisé de 1682 à 1694. Abandonné depuis longtemps, il fut détruit en 1824 pour faire place à la nouvelle basilique Notre-Dame.

De 1694 à 1799

À partir de 1694, les inhumations se feraient, selon certaines sources, près de l’intersection des rues Saint-Paul et Saint-Pierre (en E1)

Ce monopole durera un demi-siècle; en 1749, on créa également le cimetière des Pauvres (appelé aussi cimetière de la Poudrière). Les démunis, les enfants abandonnés, les esclaves noirs et les Amérindiens convertis y étaient inhumés.

D’une superficie d’environ trois-cents mètres carrés, ce dernier était situé près du coin nord-ouest des fortifications (en E2).

Construit sur la Pointe-à-Callière, l’Hôpital général de Montréal (appelé aussi hôpital des frères Charron) soignait les plus démunis de la société. Ceux qui y décédaient étaient ensevelis dans le minuscule cimetière de l’hôpital (en E3).

Dans les faubourgs, de 1776 à 1854

Au moment de la conquête anglaise, Montréal était essentiellement peuplée de Catholiques.

Mais bientôt, on dut créer des cimetières pour chacune des religions pratiquées par les Montréalais.

C’est ainsi que fut aménagé dans le faubourg Saint-Antoine, situé à l’ouest des fortifications, le premier cimetière juif en Amérique. Il se trouvait à l’intersection (de nos jours) des rues Peel et De La Gauchetière.

Le 22 octobre 1776, David Lazarus y fut la première personne enterrée.

Puis, de 1797 à 1854, dans le faubourg Saint-Laurent (au nord de la ville), le St. Lawrence Burial Ground desservait la communauté protestante de Montréal. Ce cimetière était situé là où se trouve aujourd’hui la Place Guy-Favreau.

De 1815 à 1854, dans le faubourg Québec (à l’est de la ville), le St. Mary’s Protestant Burial Ground était situé là où se trouve de nos jours l’entrée du pont Jacques-Cartier. Il était constitué de deux cimetières-jumeaux, l’un pour les civils, l’autre pour les militaires.

(à suivre)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les origines honteuses de la Confédération canadienne

4 septembre 2020

Prétendre que le Canada soit né en 1867, c’est chercher à faire oublier que l’histoire du Canada remonte à la Renaissance.

À cette époque, la Nouvelle-France comprenait trois parties  l’Acadie, le Canada et la Louisiane.

En gros, ce Canada originel correspondait à la vallée du Saint-Laurent.

Se développant vers l’ouest et vers l’est au cours des siècles, le Canada en est venu à s’étendre d’un océan à l’autre et correspondre au Canada d’aujourd’hui, définitif depuis l’annexion volontaire de Terre-Neuve en 1949.

Voilà donc comment s’explique l’expansion territoriale du Canada.

« Retournez-donc en France si vous n’êtes pas contents » m’a-t-on dit un jour en anglais alors que je critiquais le pays.

Ce à quoi j’ai répondu que mon ancêtre (Honoré Martel) est arrivé au Canada en 1665 et que mes racines dans ce coin-ci du monde sont plus profondes que n’importe quel Anglophone canadien à l’exception des Autochtones.

Mais si on coupe à la profondeur de 1867 les racines des Canadiens dont les ancêtres sont au pays depuis des siècles, on supprime toute légitimité particulière à la présence autochtone, française et celte (irlandaise) au Canada.

Le mythe de la naissance du pays en 1867 s’accompagne de la glorification des pères de la Confédération canadienne, au premier rang desquels John-A. Macdonald.

Depuis deux semaines, je n’en reviens pas d’entendre des bouffons prêcher la nécessité de dépenser un demi-million de dollars pour restaurer l’hommage rendu à ce tyran.

Les Autochtones d’ici sont des Canadiens. Lorsqu’ils prennent l’avion, leur passeport indique qu’ils sont de citoyenneté canadienne. C’est ce qu’Ottawa reconnait officiellement.

Conséquemment, John-A. Macdonald est le seul premier ministre qui ait travaillé à l’extermination de centaines de milliers de Canadiens.

Et on devrait lui élever un monument ? Mais pourquoi pas lui donner une médaille avec ça…

Voici ce qu’en dit plutôt l’historien Serge Bouchard :

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en cinq mois

1 septembre 2020
Contagion actuelle par le Covid-19

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 1 avr. 1 mai 1 juin 1 juil. 1 aout 1 sept.
Pérou 2 33 149 299 588 880
Belgique 73 676 834 842 849 853
Québec 4 238 549 651 669 679
Espagne 194 532 581 607 608 623
Grande-Bretagne 35 414 593 647 680 611
Chili 1 14 66 301 498 591
Italie 206 467 554 575 581 587
Brésil 1 29 149 286 440 576
Suède 24 262 442 532 568 575
États-Unis 12 199 330 395 477 570
Mexique 0 37 81 215 362 499
France 53 367 432 457 464 470
Panama 7 44 80 149 335 463
Bolivie 1 5 27 96 255 430
Colombie 0 6 19 68 203 393
Équateur 6 52 210 259 325 372
Pays-Bas 68 285 347 357 359 363
Irlande 15 262 343 352 357 359
Arménie 1 11 46 153 253 297
Macédoine du Nord 6 41 70 147 237 290
Iran 37 75 98 130 202 257
Moldavie 1 31 76 136 195 250
Afrique du Sud 0 2 12 46 137 240
Suisse 54 205 224 227 229 232
Argentine 1 5 12 35 79 193
Roumanie 5 39 66 87 124 192
Bosnie-Herzégovine 1 21 47 57 100 189
Honduras 1 8 21 50 135 189
Portugal 18 98 140 155 170 179
Irak 1 2 5 51 119 176
Kirgistan 0 5 9 35 151 162
Rép. Dominicaine 5 28 46 69 106 160
Guatemala 0 1 6 43 109 155
Koweït 0 7 51 83 105 125
Russie 0 8 33 65 96 119
RoC* 3 51 94 106 113 117
             
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,9 4,5 12,0
Japon 0,4 3,6 7,1 7,7 8,0 10,0
Corée du Sud 3,2 4,8 5,3 5,5 5,8 6,4
Chine 2,4 3,4 3,4 3,2 3,3 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La verrue du cimetière Saint-Antoine

31 août 2020
Statue de John-A. Macdonald avant sa destruction

Introduction

Une des nombreuses formes gouvernementales adoptées par le Canada au cours de son histoire fut le Dominion du Canada, créé en 1867 par une loi britannique.

Le tout premier de ses premiers ministres fut John-A. Macdonald. C’est principalement sous sa gouverne que s’est accomplie l’expansion territoriale du pays d’un océan à l’autre.

Voilà pourquoi on lui a longtemps voué un culte — à titre de ‘père’ de la Confédération — qui justifiait l’érection de monuments à son honneur d’un bout à l’autre du pays.

Père pour les uns, tyran pour les autres

Le ‘nouveau’ Canada qu’a édifié Macdonald est né du vol par Ottawa des territoires occupés par les Autochtones, le don des terres confisquées à des colons européens, le confinement des Autochtones dépossédés dans de vastes camps de concentration (régis par un apartheid juridique), et l’adoption de politiques génocidaires qui visaient leur extermination physique ou culturelle.

En 2013, le professeur James Daschuk de l’Université du Manitoba publiait la thèse universitaire intitulée ‘La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone’.

Faisant aujourd’hui école, ce livre est un accablant réquisitoire qui accuse John-A. Macdonald d’avoir voulu exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies.

Corriger les erreurs du passé

Les monuments ne racontent pas l’histoire; c’est le rôle des livres d’histoire.

Les monuments qui représentent quelqu’un lui rendent hommage. Or il est normal qu’un hommage injustifié soit remis en question. En pareil cas, détruire un monument, ce n’est pas détruire l’histoire; c’est retirer un hommage non mérité.

L’histoire, elle, est irrévocable.

Dans la foulée du mouvement Black Lives Matter, la statue montréalaise dédiée à Macdonald a été détruite il y a deux jours.

Les réactions

Les touristes

Ce monument ne portait pas de plaque explicative. Seulement le nom ‘MACDONALD’.

Sa destruction attristera sans doute les nombreux touristes américains qui croyaient que les Canadiens honoraient ainsi la mémoire du fondateur d’une chaine de restauration rapide, persuadés que la trainée de peinture rouge qui éclaboussait sa statue faisait allusion à l’excellent ketchup qui garnit ses hamburgers…

Au Québec

La mairesse de Montréal a déploré cet acte de vandalisme. Quant au premier ministre du Québec, il a déclaré : « Il faut combattre le racisme, mais saccager des pans de notre histoire n’est pas la solution.»

Mme Plante et M. Legault ignorent sans doute que l’aménagement de ce monument (et de la place tout autour) a nécessité la profanation du cimetière Saint-Antoine.

C’est sous le sol de cette place qu’on trouve les sépultures de cinquante-mille Montréalais francophones, enterrés là de 1799 à 1854.

En 1854, l’actuel cimetière sur le mont Royal lui a succédé comme cimetière municipal. On avait débuté le transfert de dépouilles lorsqu’on s’est rappelé que parmi celles-ci, il y avait les morts de l’épidémie de choléra de 1832.

Pour des raisons sanitaires, on a interrompu ce transfert, laissant là des dizaines de milliers de dépouilles, alors qu’on poursuivait l’aménagement du parc urbain qu’on avait projeté de faire pour célébrer le Dominion du Canada.

Dès lors, plus aucun de leurs descendants ne pouvait se faire ensevelir à côté de leurs ancêtres ni se recueillir sur leurs tombes.

C’est donc l’aménagement du Square Dominion (devenu Place du Canada) et l’érection du monument à Macdonald qui correspond à l’oblitération d’un pan de notre histoire puisque presque plus personne ne se souvient de ce cimetière.

Au Canada

De son côté, le nouveau chef du Parti conservateur du Canada a déclaré que notre pays n’existerait pas sans Macdonald.

C’est probablement ce qu’il a appris à l’école.

En réalité, le Canada est né à la Renaissance. La Nouvelle-France comprenait alors trois parties : l’Acadie, le Canada — qui correspondait, en gros, à la vallée du Saint-Laurent — et la Louisiane.

Au fil des siècles, s’étendant vers l’ouest et vers l’est, le Canada en est venu à couvrir son territoire actuel (définitif depuis l’annexion volontaire de Terre-Neuve en 1949).

Mais il est vrai que l’expansion territoriale du Canada s’est opérée principalement sous Macdonald, grâce à la dépossession sanglante des Autochtones par ce tyran.

Conclusion

Il arrive que des peuples soient plus sages que leurs dirigeants.

On ne rend pas hommage à un chef d’État génocidaire. Les Allemands l’ont bien compris. Je ne vois pas pourquoi on devrait agir autrement au Canada.

Lorsque les pouvoirs publics demeurent sourds au gros bon sens, il est acceptable que les citoyens se substituent à eux.

Je remercie donc ceux qui ont supprimé la verrue du cimetière Saint-Antoine et j’espère qu’on en profitera pour s’excuser du manque de jugement des élus municipaux colonisés qui ont choisi au XIXe siècle de profaner les tombes de cinquante-mille de nos ancêtres pour glorifier ce gars-là.

Références :
Ce cimetière sur lequel les Montréalais marchent tous les jours
Épidémie de choléra à Québec en 1832
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone
Nettoyer la statue de Macdonald, un gaspillage des fonds publics
Place du Canada (Montréal)
Une statue déboulonnée, des divisions ravivées


Postscriptum : Après les avoir avisés de la parution d’un texte, je ne publie jamais les réponses automatisées que je reçois de décideurs publics.

Toutefois, lorsqu’il s’agit d’une réponse personnalisée, je me fais un devoir de la publier.

En réponse à mon texte, voici le message reçu de M.  Kargougou au nom de la mairesse de Montréal.

 
Bonjour Monsieur Martel,

Au nom de la mairesse de Montréal, madame Valérie Plante, nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous écrire concernant le déboulonnement de la statue de John A. Macdonald.

Comme vous le mentionnez dans votre billet, la mairesse déplore fermement les actes de vandalisme sur la statue de John A. Macdonald. De tels gestes ne peuvent en effet être acceptés ni tolérés. Cela étant dit, nous tenons à préciser que nous entendons vos revendications. Comme vous, nous souhaitons réfléchir au rôle de mémoire collectif des monuments et des statues. Sachez que la Ville de Montréal a amorcé une réflexion pour mieux nous outiller et nous guider sur ces questions. Un cadre de reconnaissance/commémoration, qui prendra en compte les divers points de vue qui ont jalonné notre histoire, est en voie de réalisation afin de favoriser la commémoration de valeurs plus universelles.

En ce qui a trait plus précisément à l’avenir de la statue de l’ancien premier ministre du Canada, le bureau d’art public s’occupe actuellement de sa conservation. Il est de notre responsabilité comme administration publique de prendre soin de tous les éléments constitutifs de notre collection d’art, par égard pour les artistes qui les ont créés. En consultation avec les experts en patrimoine à la Ville, nous prendrons le temps d’analyser la suite à donner pour le monument.

Nous vous prions de recevoir, Monsieur Martel, nos meilleures salutations.

Régis Kargougou pour :

Katherine Fortier
Responsable du soutien aux élus

Bureau de la correspondance de la mairesse de Montréal
mairesse.montreal.ca

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

29 août 2020

Introduction

Plus tôt ce mois-ci, l’Office québécois de la langue française révélait qu’au sein des entreprises montréalaises, 41 % des communications internes se faisaient en anglais.

De plus, on append également que dans 63 % des entreprises de la métropole, tout candidat à l’embauche est refusé s’il ne parle pas l’anglais.

Cela est illustré par le cas des trottinettes Lime qui, l’an dernier, ne publiaient leurs offres d’emplois qu’en anglais et dont l’immense majorité du personnel ne parlait pas français.

Démographie linguistique au Québec

Selon le recensement de 2016, sur les 8 066 560 de Québécois, 4 032 640 étaient unilingues français. En somme, c’est un Québécois sur deux.

Beaucoup d’entre eux peuvent baragouiner quelques mots d’anglais. Mais ils ne sont pas qualifiés pour un emploi où l’anglais est exigé.

Conséquemment, exiger la connaissance de l’anglais lorsque cela n’est pas nécessaire, cela constitue une discrimination à l’embauche exercée contre la moitié des Québécois.

Après quinze ans de Grande noirceur libérale, on en est venu à considérer les francoQuébécois unilingues comme des dinosaures dont l’extinction est le prix à payer pour accéder à un monde moderne où tout se fait en anglais.

Quels que soient les avantages indéniables de la connaissance de l’anglais, cette discrimination à l’embauche exercée contre la moitié du Québec est un scandale.

Les Francophones unilingues sont chez eux partout au Québec. Comme les Italiens unilingues sont chez eux en Italie et les Allemands unilingues sont chez eux en Allemagne.

L’unilinguisme français exigé par la Loi 101

Dans une économie tournée vers l’exportation comme la nôtre, il est normal que le service à la clientèle de nombreuses entreprises comprenne suffisamment d’employés parlant anglais pour servir adéquatement les clients anglophones.

Toutefois, depuis son adoption en 1977 par le gouvernement de René Lévesque, la Loi 101 exige que la langue de travail au Québec soit le français. Ce qui signifie que toutes les communications internes (entre employés) doivent se faire obligatoirement en français.

L’intégration au travail des angloQuébécois et des néoQuébécois

En exigeant la maitrise de l’anglais alors que cela n’est pas nécessaire, cela favorise l’intégration au travail des angloQuébécois unilingues. En contrepartie, cela nuit à l’intégration des néoQuébécois.

Depuis plusieurs années, la politique migratoire du Québec fait une place de choix aux locuteurs francophones.

Pour une bonne partie de ces immigrants, le français n’est pas la première langue apprise. À titre d’exemple, la langue maternelle de la majorité des Algériens est le berbère. À l’école, ils ont appris l’arabe. Pour ceux qui, en plus, parlent français, notre langue est donc la troisième apprise. Et voilà qu’accueillis au Québec, de nombreuses entreprises exigent d’eux la connaissance d’une quatrième langue, l’anglais. Cela n’a pas de bon sens.

L’intégration au travail des néoQuébécois est un problème économique et social beaucoup plus important que l’intégration des angloQuébécois unilingues.

En effet, dans ce dernier cas, il suffit que la réussite d’un examen en français soit une condition sine qua non à l’obtention d’un diplôme collégial pour régler ce problème.

Par contre, pour faciliter l’intégration des locuteurs francophones que le Québec accueille, il faut absolument faire respecter la Loi 101.

Une partie des problèmes de recrutement dont se plaignent les milieux d’affaires montréalais sont causés par leurs politiques d’embauche stupides.

Conclusion

La défense du français est un problème existentiel pour le peuple francoQuébécois puisque sa survie en dépend.

Considérer que les révélations récentes de l’Office québécois de la langue française ne font qu’illustrer la nécessité de mieux défendre notre langue est un euphémisme.

En réalité, ces révélations prouvent l’ampleur de la discrimination à l’embauche dont les Québécois sont victimes illégalement.

À l’époque où la Loi 101 a été adoptée, certaines entreprises montréalaises exerçaient une discrimination à l’égard de tout le peuple francoQuébécois.

Par exemple, lorsque la Sun Life avait son siège social à Montréal, 85 % des employés étaient des Anglophones unilingues. On ne voulait pas embaucher de Canadiens français, même bilingues.

De nos jours, la situation s’est améliorée. De manière générale, il n’y a plus de discrimination contre tous les francoQuébécois, mais seulement contre la moitié d’entre eux, soit ceux qui ne sont pas bilingues.

Il faut se contenter de peu pour juger ce progrès satisfaisant en 43 ans.

Nous sommes tous chez nous au Québec. Pas seulement ceux qui, comme moi, sont bilingues, mais également les quatre-millions de francoQuébécois unilingues.

Et ce n’est pas vrai que nous allons tolérer plus longtemps d’être des étrangers dans notre propre pays.

Notre survie collective dépend donc des moyens que l’État québécois utilisera pour mettre au pas les grandes entreprises montréalaises qui sont — depuis trop longtemps — les complices du colonialisme canadian.

Références :
Dans les entreprises montréalaises, 41 % des communications à l’interne se font en anglais
Données linguistiques du recensement de 2016
Entretien avec Frédéric Lacroix sur la situation du français

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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