Trois cimetières montréalais

Publié le 24 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute

Introduction

En remontant le boulevard du Mont-Royal (qui est une rue et non un boulevard), on accède à deux cimetières situés au nord-est du cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Le cimetière Shaar Hashomayim


Inauguré vers 1863, ce cimetière contient la dépouille d’environ six-mille Juifs, dont celle de Leonard Cohen.

Le cimetière Mont-Royal

Porte du cimetière Mont-Royal

Créé en 1852, le cimetière Mont-Royal couvre 165 acres (ou 66,8 hectares). Il accueille les 200 000 dépouilles de Montréalais anglophones, de Francophones protestants, et de Francophones qui ont refusé (ou se sont vus refuser) la sépulture catholique.

Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges





 
Avec ses 343 acres (1,4 km²), le cimetière Notre-Dame-des-Neiges est plus vaste de Montréal. Depuis sa création en 1854, il a accueilli près d’un million de dépouilles.

Complément de lecture :Les cimetières anciens de Montréal — 1re partie

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trouver chaussure à son pied

Publié le 24 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute

L’expression ‘Trouver chaussure à son pied’ signifie trouver un objet qui convient ou trouver un partenaire sexuel.

La réclame ci-contre parait quotidiennement dans le Journal de Montréal depuis des semaines.

Il y eut une époque où on se servait des femmes — ici en tenue légère et en pose suggestive — pour mousser la vente d’un banal produit de consommation.

Mais de nos jours, on s’étonne que cette réclame n’ait pas encore été retirée à la suite de protestations.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Lettre à Soraya Martinez-Ferrada — La traversée de Sherbrooke à Pie-IX

Publié le 23 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

À l’intersection de la rue Sherbrooke et du boulevard Pie-IX, seulement sept secondes sont laissées à l’usage exclusif des piétons pour franchir Sherbrooke du côté ouest de Pie-IX en direction nord.

Au-delà de ces sept secondes, on leur accorde 33 secondes supplémentaires pour compléter leur traversée. Toutefois, ils sont alors en compétition avec les automobilistes qui descendent Pie-IX en direction sud et qui tournent sur Sherbrooke vers l’ouest.

Il est à noter que les piétons qui traversent l’intersection en sens inverse (c’est-à-dire vers le sud) débutent leur traversée plus tôt. Sans qu’on sache très bien pourquoi.

À cet endroit, les trottoirs qui bordent de part et d’autre la rue Sherbrooke sont distants de 35 mètres.

Cela signifie que la seule manière pour un piéton de traverser vers le nord la rue Sherbrooke de manière sécuritaire, c’est de le faire au pas de course de 5 mètres à la seconde (ou 16,4 pieds par seconde).

Avec un bon entrainement cardiovasculaire, c’est faisable. Sinon, la sécurité des piétons est laissée entre les mains des automobilistes généralement bienveillants qui tournent vers l’ouest.

Puisque cette intersection se trouve à un jet de pierre des installations olympiques, on peut féliciter la ville pour ce moyen ingénieux de motiver les Montréalais à pratiquer la course à pied au péril de leur vie.

Toutefois, entre vous et moi, il serait peut-être plus prudent de prolonger le temps laissé à l’usage exclusif des piétons pour traverser cette rue.

Qu’en pensez-vous, madame la mairesse ?

Compléments de lecture :
Le laisser-faire de l’administration Plante face aux chauffards
Les boutons pour piétons
Les feux de circulation du XXIe siècle
L’hiver, les piétons et la police montréalaise
Pourquoi si peu de dos-d’âne dans les rues résidentielles de Montréal ?
Sécurité des piétons : réduire la vitesse ou implanter le péage ?
Traverser en dehors des clous : la gestion du risque par le piéton

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faciliter l’éradication des Palestiniens en les désarmant

Publié le 22 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Un plan de paix complice

Il y a deux jours, le représentant américain au Conseil de sécurité de l’Onu présentait le premier rapport du Conseil de la paix. Cet organisme a été mis sur pied par Donald Trump afin de vérifier la mise en œuvre de son plan dans la bande de Gaza.

La première phase de ce plan prévoyait la cessation des hostilités et un échange de prisonniers entre les belligérants.

Cet échange a bien eu lieu. Toutefois, l’armée israélienne a continué de bombarder quotidiennement la population gazaouie, mais avec moins de vigueur qu’avant.

La deuxième phase prévoyait le désarmement du Hamas (auquel le Hamas n’a jamais consenti) en contrepartie du retrait souhaitable de l’armée israélienne du territoire occupé.

Dans le rapport remis à l’Onu, le Conseil déclare que le Hamas est le principal obstacle à la poursuite du plan de paix de Trump.

Nature du Hamas

Dans le contexte d’une guerre coloniale, le colonisé a non seulement le droit de se défendre, mais également celui d’attaquer par les armes son colonisateur… du moment qu’il le fait en respectant le Droit de la guerre.

En pareil cas, le colonisateur ne possède pas, légalement, le droit de répliquer. Si c’était le cas, le Droit international reconnaitrait le droit de réprimer ceux qui s’opposent à leur dépossession et conséquemment, cautionnerait le droit de coloniser.

Les pays occidentaux ont choisi le contraire, soit de considérer le Hamas comme une organisation terroriste.

En réalité, le Hamas est le gouvernement de la bande de Gaza. En temps normal, c’est lui qui assure l’ordre et tous les services publics qui ne sont pas défrayés par des bienfaiteurs étrangers (Onu et pétromonarchies, notamment).

Depuis la réplique israélienne aux attaques du Hamas, ce dernier vit dans la clandestinité.

Quand le désarmement conduit au chaos

Rami Abou Jamous est un journaliste palestinien qui décrit le quotidien des personnes qui vivent dans la bande de Gaza.

Le 15 mai dernier, il écrivait :

[L’armée israélienne] cible particulièrement les policiers, afin de susciter le chaos sécuritaire à Gaza. Cela n’arrête pas. Presque chaque jour, un commissariat, un 4×4, un poste de contrôle est visé.

Un mois plus tôt, il écrivait :

[Si le Hamas] accepte de [se] désarmer, ce sera le début d’une guerre civile à Gaza. Les milices armées par les Israéliens auront le champ libre.
[…]
Le véritable objectif d’Israël, c’est la guerre civile. Il a vu que, malgré le génocide, beaucoup de Gazaouis veulent résister en restant chez eux. Mais si une guerre civile éclate, [ceux-ci] partiront.

Le massacre de Sabra et de Chatila

Les Palestiniens se souviennent de ce qui arrive lorsqu’ils sont sans défense.

Après avoir été chassée de Jordanie en 1970, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) s’était réfugiée au Liban.

Le 6 juin 1982, l’armée israélienne envahit ce pays et s’arrête aux portes de la capitale libanaise.

Afin d’éviter un affrontement meurtrier (autant pour l’OLP que pour l’armée israélienne), l’OLP signe le 20 aout 1982 un accord en vertu duquel elle quitte le Liban pour la Tunisie en contrepartie de l’engagement de l’armée israélienne de ne pas avancer davantage dans la ville.

Mais Israël ne respecte jamais sa parole.

Alors que l’OLP n’est plus là pour protéger les réfugiés palestiniens,
l’armée israélienne envahit Beyrouth-Ouest le 15 septembre 1982, contrairement à l’accord de cessez-le-feu signé un mois plus tôt.

Israël justifie ce redéploiement par la nécessité de maintenir l’ordre et de détruire l’infrastructure laissée par les terroristes.

Les 16 et 17 septembre, alors que les camps de Sabra et Chatila sont encerclés par l’armée israélienne et que celle-ci empêche les habitants de s’en échapper, elle laisse entrer les milices chrétiennes (financées secrètement par le ministère de la Défense israélienne) qui y tueront hommes, femmes et enfants pendant ces deux jours.

Le massacre fit entre 800 et 3 500 victimes.

Conclusion

Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, le gouvernement américain est — plus que jamais — à la solde d’Israël.

Ce que l’armée israélienne n’a pas réussi à faire depuis son invasion de la bande de Gaza, le 27 octobre 2023, Donald Trump croit y parvenir par des moyens ‘diplomatiques’.

Mais peut-on parler de diplomatie quand le principal intéressé (le Hamas) est exclu des discussions ?

Bref, Donald Trump voudrait que les Palestiniens oublient tout ce que l’histoire leur a appris (notamment au Liban) et n’offrent plus aucune résistance à leur dépossession violente.

Références :
Conseil de la paix
Gaza : le Conseil de la paix de Donald Trump étale son impuissance devant l’ONU
Gaza : les mots qui comptent
« Il n’y a pas de cessez-le-feu à Gaza »
Le Hamas est le « principal obstacle » au plan de paix, selon le Conseil de paix créé par Trump
Mouawad et la guerre civile libanaise
Plan de paix pour Gaza
« Si le Hamas est désarmé, c’est la guerre civile à Gaza »

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’empreinte environnementale des centres de données est un secret protégé par le droit européen

Publié le 20 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Le fonctionnement de l’intelligence artificielle repose sur des centres de données qui sont de colossaux consommateurs d’énergie et d’eau.

Avant d’autoriser l’implantation d’un tel centre sur son territoire, une municipalité doit connaitre son empreinte environnementale, notamment ses besoins en ressources aquifères.

Depuis 2023, l’Union européenne obligeait ces centres à divulguer un certain nombre d’indicateurs : consommation d’énergie, usage de l’eau, efficacité énergétique ou encore performances techniques.

À la suite des pressions de Microsoft et de Digital Europe (qui défend à Bruxelles les intérêts des géants de l’informatique), la Commission européenne a décidé que cette empreinte environnementale relevait du secret industriel.

Le mois dernier, le quotidien Le Monde révélait que la Commission a ajouté une clause de confidentialité dans la règlementation européenne sur les centres de données.

Avant d’autoriser la construction d’un centre de données, il sera dorénavant illégal pour une municipalité d’exiger connaitre combien d’eau sera nécessaire à son fonctionnement.

On ignore les raisons qui justifient cette décision. C’est donc dans le secret le plus total que la Commission a accordé cette faveur aux géants américains de la tech.

Ce qui contribue aux soupçons de corruption qui planent déjà sur les diverses instances de l’Union européenne.

Références :
Comment Microsoft et le lobby de la tech ont fait entrer le secret dans le droit de l’UE sur les centres de données
La corruption au parlement européen
Stratégie industrielle du Québec : la panne d’idée de François Legault

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les prérequis iraniens à la paix

Publié le 18 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Aux discussions américano-iraniennes qui servent de préalable à l’ouverture de négociations de paix, la position iranienne nous parvient au travers du filtre de l’administration Trump.

Or ce que celle-ci nous transmet, c’est une liste où les demandes iraniennes sont présentées pêlemêle alors qu’il est clair qu’elles ne peuvent pas avoir toutes la même importance aux yeux de Téhéran.

Le 12 mai dernier, sur son compte X, Ali Hashem (qui œuvre pour Alzajeera) fournissait des précisions indispensables pour bien comprendre la position iranienne. Selon ce journaliste…

Les prérequis iraniens à l’ouverture de négociations de paix avec les États-Unis sont :
• la fin de la guerre sur tous les fronts,
• la levée de toutes les sanctions économiques contre l’Iran,
• le déblocage des avoirs iraniens gelés,
• l’indemnisation des dommages et pertes de guerre, et
• la reconnaissance de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz.

C’est seulement après l’acceptation de ces prérequis par Washington que Téhéran décidera de participer à des négociations de paix au sujet de son programme nucléaire.

Par expérience, les dirigeants iraniens savent qu’on ne doit jamais faire confiance à la parole des États-Unis. En obligeant, par exemple, ces derniers à débloquer préalablement les avoirs iraniens gelés, il suffit à l’Iran de les encaisser pour que cela soit irréversible. Même si Donald Trump voudrait revenir en arrière, il ne le pourra pas. Voilà pourquoi c’est un prérequis.

D’autre part, contrairement à ce que laisse entendre l’Iran, ces prérequis sont négociables à la marge.

À titre d’exemple, au cours de leur histoire, les États-Unis n’ont jamais accepté de payer pour des réparations de guerre. Mais dans ce cas-ci, ils pourraient accepter que la reconstruction de l’Iran soit financée par une taxe iranienne sur le pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz. Pour l’instant, Washington considère cela comme inacceptable. La montée inexorable du prix de l’essence devrait les amener à changer d’idée.

Bref, il y a toujours moyen de moyenner.

Parallèlement, les dirigeants iraniens répètent à tous ceux qui veulent les entendre que l’utilisation civile (c’est-à-dire pacifique) de l’énergie nucléaire est un droit inaliénable et que son programme nucléaire actuel jouit de l’assentiment de la vaste majorité des Iraniens.

Déjà, dans des négociations antérieures, l’Iran a déjà consenti à renoncer à l’enrichissement de l’uranium, à confier ses stocks d’uranium à une puissance amie — la Russie, qui l’approvisionnerait au fur et à mesure de ses besoins civils — et à ce que les inspecteurs de l’Onu visitent ses installations.

De nombreuses voix en Iran soutiennent que si l’Iran possédait déjà l’arme nucléaire, Washington et Tel-Aviv n’auraient pas osé l’attaquer.

Pourtant, l’Inde n’hésite pas à riposter militairement au Pakistan en dépit du fait que ce dernier est une puissance nucléaire. L’Ukraine s’attaque à des cibles situées en Russie, puissance nucléaire. Et l’Iran bombarde Israël, autre puissance nucléaire.

Bref, une arme de dernier recours que personne n’ose utiliser est moins utile qu’on pense.

En réalité, l’Iran n’a pas intérêt à posséder l’arme nucléaire. Grâce à ses drones, ses missiles et le blocage du détroit d’Ormuz, l’Iran exerce depuis peu une puissance hégémonique incontestable sur l’ensemble du Moyen-Orient.

Si ce pays se dote de l’arme nucléaire, l’Arabie saoudite, à portée de tir d’Israël et d’Iran, voudra faire pareil. Elle obtiendra l’arme nucléaire de son allié, le Pakistan.

Et les Émirats, coincés entre l’Arabie saoudite et l’Iran, voudront eux aussi appartenir au ‘club’ des puissances nucléaires. Dans ce contexte, son allié israélien pourrait soutenir cette démarche.

Quand plusieurs pays du Golfe rejoindront ce club, l’Iran perdra l’effet dissuasif de la possession de la bombe nucléaire.

Toutefois, plus les Américains croiront dur comme fer que l’Iran tient absolument à se doter de l’arme nucléaire, plus grande sera la victoire apparente de Donald Trump quand l’Iran renoncera à ce qui n’a jamais été son intention.

Quant au programme balistique iranien, on ne doit pas se surprendre de son absence de la discussion; il n’est pas négociable. L’Iran a acquis une expertise mondiale dans la fabrication de ses missiles. C’est ce qu’Israël a appris à ses dépens.

Il est maintenant évident pour tous que les missiles de l’Iran confèrent à ce pays une puissance dissuasive plus grande que l’arme nucléaire possédée par Israël.

Voilà pourquoi l’Iran n’y renoncera jamais.

Références :
Al Jazeera Insider reveals Iran’s actual demnds – w/ Journalist Ali Hashem (vidéo en anglais)
Iran Specifies 5 Demands To Restart Peace Talks With US
Message d’Ali Hashem sur X

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Suggestions pour madame Polony

Publié le 17 mai 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Natacha Polony est la directrice de l’hebdomadaire Marianne.

Sur Facebook, elle a publié hier un exposé de géopolitique soulignant la voix inaudible de l’Europe dans les affaires du monde et plaidant pour une réindustrialisation du continent, notamment de la France.

Toutefois, si l’éditorialiste excelle dans le diagnostic, elle ne propose pas de remède.

Puisque mon commentaire a été censuré (par elle ou Facebook), je me permets de le reproduire ici.

Votre exposé est brillant. Mais il passe sous silence trois choses fondamentales.

Premièrement, l’Europe ne peut pas se réindustrialiser si elle ne retrouve pas l’accès fiable à des sources d’énergie qui lui donnent un avantage compétitif.

Soit, entre autres, l’accès au gaz fossile russe et conséquemment l’abandon du gaz fossile liquéfié américain (qui coutera toujours moins cher aux USA qu’une fois exporté en Europe).

Deuxièmement, les dettes nationales et la priorité budgétaire à l’armement (en vue d’une guerre prédatrice et ruineuse avec la Russie), ne laissent aucune marge de manœuvre aux gouvernements pour qu’ils puissent se doter d’une véritable politique industrielle.

Troisièmement, l’Europe doit se débarrasser (par des moyens révolutionnaires, si nécessaire) de ses élites politiques corrompues, tant au niveau national qu’européen.

Vos dirigeants doivent accéder au pouvoir exclusivement grâce à l’argent du peuple. Au Québec, seuls les citoyens d’ici peuvent contribuer à la caisse électorale d’un parti ou d’un politicien. Et ce, à hauteur maximale de 100$ (environ 75 euros) par année. Un maximum doublé les années électorales.

Tant que vos élus seront des pourris, vous serez dirigés par des traitres.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canon français et la politisation de la cochonnaille

Publié le 17 mai 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

En 2021, afin d’encourager les producteurs agricoles durement éprouvés par les mesures sanitaires, deux entrepreneurs ont organisé aux quatre coins de la France d’immenses banquets où sont consommés des produits du terroir.

Contre la promesse d’un kilo de nourriture par convive, le prix d’entrée est de 80 euros.

À l’occasion de ces évènements, on fait rôtir à la broche des porcs entiers. Et on sert de la charcuterie, des légumes et des fruits produits localement. Évidemment, le vin (français) y coule à flots.

Depuis cinq ans, ces banquets gargantuesques obtiennent un immense succès.

Toutefois, l’entreprise qui les organise a récemment été partiellement vendue au fonds d’investissement Odyssée Impact, dirigé par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, soutient financier du Ralliement national, un parti français de droite.

Dès lors, les mêmes banquets, avec les mêmes menus, sont soudainement critiqués pour leur manque d’inclusivité. En effet, les fidèles dont la religion interdit la consommation de porc ne peuvent y assister à moins d’enfreindre leurs interdits religieux.

Conséquemment, au nom du vivre-ensemble et/ou de la lutte contre l’extrémisme politique, des centaines de personnes tentent de faire interdire dans leur patelin la tenue de ces banquets.

Ajouter du poulet, du bœuf ou de l’agneau au menu ne changerait rien puisque pour les Juifs orthodoxes, un aliment ne peut être cachère lorsqu’il est cuit dans un récipient où du porc a été préparé.

De plus, ils ne peuvent utiliser un ustensile qui a servi à manger un mets contenant du porc. Même s’il a soigneusement été nettoyé depuis.

Quant à elle, la religion musulmane permet la consommation de bœuf ou d’agneau, mais à la condition que l’animal a été égorgé alors qu’il regardait en direction de La Mecque.

Bref les banquets du Canon français devraient utiliser une coutellerie et des instruments de cuisine séparés pour les uns et les autres, Et s’assurer qu’on dispose séparément des objets ‘impurs’.

Et même s’ils devaient faire tout cela, ces banquets seraient boycottés quand même parce que tout cela n’est qu’un prétexte.

La véritable raison est qu’on veut faire croire que les profits réalisés par ces banquets servent à financer le Ralliement national.

Il est illusoire de vouloir tarir le financement d’un parti qualifié ‘d’extrême droite’ dans un pays (comme la France) où le financement politique est de la corruption légalisée.

Amis Français, faites en sorte que seuls les citoyens de votre pays puissent verser de l’argent à un politique ou à son parti (comme au Québec) et limitez cette contribution annuelle à 100$ (le double les années électorales) et il deviendra stupide d’empêcher vos concitoyens de se réunir paisiblement afin d’encourager vos producteurs.

Pour revenir au menu des banquets du Canon français, signalons qu’on pourrait dire la même chose de celui de nos cabanes à sucre puisqu’elles proposent des tranches de jambon nappées de sirop d’érable, des filets de porc glacés à l’érable, des oreilles de crisse, des salades parfumées au bacon, de la soupe aux pois (contenant du lard) et des fèves au lard.

Et puisque les cabanes à sucre font partie de l’identité québécoise, on s’étonne que les juges d’Ottawa ne les aient pas encore interdites au nom du multiculturalisme canadian.

Références :
C’est quoi les « Banquets du Canon » qui font polémique ?
Le succès des banquets géants du Canon français ou la bataille culturelle du terroir
Menu pour une cabane à sucre à la maison

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Dans le Vieux

Publié le 15 mai 2026 | Temps de lecture : 1 minute
Cours Le Royer
Au Vieux-Port
Écluse

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectifs M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le dilemme iranien : gagner la guerre sans perdre la paix

Publié le 13 mai 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

On ne sait pas dans quel pays asiatique est né le jeu d’échecs. Mais avec certitude, on le retrouve en Perse — l’Iran d’aujourd’hui — au VIe siècle.

Et de la Perse, ce jeu — dont le nom vient justement du perse — s’est répandu à travers le monde, notamment en Europe à la faveur de l’expansion ibérique de l’Islam.

Lorsqu’on analyse le jeu d’échecs auquel se livrent les belligérants de la Troisième guerre du Golfe, on a l’impression que Téhéran a continuellement plusieurs coups d’avance sur Washington.

La raison est simple; les Iraniens se préparent à cette guerre depuis des décennies.

David contre Goliath

De loin, l’armée américaine est la plus puissante au monde. Chacun des éléments de son arsenal militaire est une merveille technologique, conçue pour affronter brillamment n’importe quelle guerre du siècle passé.

Mais nous ne sommes plus en 1945.

De nos jours, la maitrise des airs, par exemple, ne donne rien quand on ignore où se trouve l’essentiel du matériel militaire ennemi, enfoui ou caché dans des montagnes. Donc invisible aux radars et aux satellites-espions.

Depuis la guerre en Ukraine, les affrontements militaires se gagnent à l’aide de missiles, de drones, et d’intercepteurs. Le tout guidé par des radars ou des données de géolocalisation.

Ce que l’Iran possède amplement. Mais ce dont les États-Unis commencent à manquer après avoir donné généreusement les leurs à l’Ukraine et à Israël.

La stratégie iranienne

Au cours des dernières semaines, un petit nombre de navires américains ont tenté de traverser le détroit d’Ormuz — en mission de déminage ou pour sécuriser la traversée de pétroliers — mais ont dû rebrousser chemin après avoir été menacés par l’armée iranienne.

Puisque ces navires étaient à portée des missiles ennemis, pourquoi n’ont-ils pas été détruits ?

Parmi la multitude d’hypothèses qu’on peut émettre à ce sujet, celle qui m’apparait la plus plausible est celle qui soutient que le but de l’Iran n’est pas simplement de gagner la guerre.

Retournons en arrière.

En Irak, pays voisin de l’Iran, les États-Unis ont remporté la guerre contre Saddam Hussein en 2003. Mais en raison de l’incompétence de Paul Bremer III, chef du protectorat mis en place pour gérer le pays, Washington a perdu la paix; l’Irak est entré en guerre civile. Et de ce chaos est né l’organisation terroriste Daech.

Revenons au présent.

La stratégie de l’Iran n’est pas seulement de remporter cette guerre, mais surtout d’éviter de perdre la paix.

Si l’Iran avait anéanti le petit nombre de navires américains qui ont tenté de défier son autorité sur le détroit d’Ormuz ou si, lors d’une invasion militaire future, des dizaines de milliers de soldats américains devaient perdre la vie, l’Iran risque que les États-Unis se braquent contre lui pour des décennies.

Ce que veut l’Iran, c’est de crever l’abcès.

Et l’abcès, ce sont des décennies de sanctions économiques, des attaques aériennes israéliennes à répétition, des assassinats ciblés (contre un général iranien, tué par décision de Trump) ou contre des scientifiques œuvrant au programme nucléaire iranien (tués par Israël).

L’Iran en a assez. Ce pays veut créer des conditions qui forcent les États-Unis à pacifier le Proche et le Moyen-Orient.

Or ce n’est pas en transformant une invasion militaire américaine en bain de sang que l’Iran y parviendra.

Les dirigeants iraniens savent qu’on ne gagne pas aux échecs en éliminant au maximum les pièces de l’adversaire ou en tuant son roi, mais plutôt en faisant en sorte que ce dernier est menacé de capture au prochain coup sans qu’il puisse se sortir de cette impasse.

Mon hypothèse est qu’en capturant un très grand nombre de prisonniers américains et en faisant en sorte que toute tentative de les délivrer tourne à la catastrophe, ce butin — considéré comme un tout — acquerrait la même importance que celle d’un roi mis échec et mat.

Références :
Assassinat de Qassem Soleimani
Chinese military experts take stock of US munitions weak spot exposed by Iran war
Débarquement de la baie des Cochons
Échec et mat
Histoire du jeu d’échecs
Paul Bremer
Programme nucléaire iranien : ça joue dur
Ukraine’s US air defenses are at risk in Iran war

Paru depuis : Patriot missile shortage has created ‘window of vulnerability’ Russia is exploiting in Ukraine (2026-06-02)

Complément de lecture : Trump pourrait gagner la guerre en Iran

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la Troisième guerre du Golfe, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel