Covid-19 : diminution du taux de mortalité

12 novembre 2020


 
Au cours des premiers mois de la pandémie, les médecins avaient à leur disposition très peu d’outils pour combattre efficacement le virus chez les patients gravement atteints.

En présence d’insuffisance pulmonaire, on a cru qu’il suffisait de donner à respirer un air enrichi d’oxygène ou d’intuber.

Puis on s’est rendu compte que si les échanges gazeux ne se faisaient pas correctement, c’est que les alvéoles pulmonaires étaient engorgés de sécrétions. Or administrer des doses élevées d’oxygène, cela endommageait les alvéoles encore sains.

De nos jours, l’oxygène est administré de manière plus judicieuse.

Et on a pris l’habitude de placer certains patients sur le ventre ou sur le côté pour faciliter le grainage de leurs sécrétions.

Alors qu’il est logique de croire que plus le système immunitaire est puissant, plus il nous protège des infections, on a réalisé qu’il en était autrement chez les patients gravement atteints par le Covid-19.

Chez ces derniers, une tempête immunitaire détruisait les poumons plutôt que s’attaquer au virus. D’où les résultats spectaculaires obtenus par l’administration de dexaméthasone, ce qui modère le système immunitaire.

À cela se sont ajoutés des médicaments dont on tente encore de connaitre la place exacte dans notre arsenal thérapeutique; le remdésivir, les anticorps monoclonaux et les anticoagulants.

Le résultat, c’est que dans la ville de New York, le taux de mortalité chez les patients atteints admis aux soins intensifs a chuté de 25,6 % en mars à 7,6 % en aout.

Une partie de l’explication vient du fait que l’âge moyen de ces patients est passé de 63 à 49 ans au cours de cette période.

Malgré cela, dans tous les groupes d’âge, la mortalité a diminué sensiblement.

En Angleterre, du 24 juin au 4 aout, la mortalité du Covid-19 chez les patients testés positifs a diminué des trois quarts en six semaines.

En raison, encore une fois, de la disponibilité de nouveaux outils thérapeutiques et du fait que les personnes atteintes sont moins âgées qu’avant.

On peut donc anticiper que l’augmentation du nombre de cas au cours de la ‘seconde vague’ ne s’accompagnera pas d’une augmentation aussi grande des décès.

C’est le signe que les soins aux personnes gravement atteintes s’améliorent.

Lorsqu’on sera moins occupé à sauver des vies, il nous restera à découvrir comment soulager ceux qui survivent au Covid-19 au prix de séquelles importantes.

Références :
Compte Twitter de Patrick Déry
The Declining Case Fatality Ratio in England
Trends in COVID-19 Risk-Adjusted Mortality Rates

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ce que la défaite de Trump représente pour les ‘Noirs’ américains

8 novembre 2020

Avocat de formation, Van Jones est commentateur politique sur CNN, la chaine américaine de nouvelles en continu.

Conseiller d’Obama en matière d’environnement, il est également un ardent défenseur des droits civiques.

En direct sur les ondes de CNN, voici sa réaction hier à l’annonce de la défaite électorale de Donald Trump.

Cliquez sur l’image pour démarrer

Traduction littéraire :

C’est plus facile d’être un parent ce matin. C’est plus facile d’être un papa. C’est plus facile de dire à ses enfants : l’intégrité compte. (…) Dire la vérité compte. Être une bonne personne compte.

Et c’est plus facile pour un bon nombre de gens.

Si vous êtes musulman, vous n’avez plus à vous soucier que le président ne veut plus de vous dans ce pays.

Si vous êtes un immigrant, vous n’avez plus à craindre que le président se fasse un plaisir de vous arracher votre enfant ou d’expulser sans raison des jeunes qui vivent ici depuis des années.

C’est un soulagement pour bien des personnes qui ont vraiment souffert.

Vous vous rappelez d’I can’t breath (Je ne peux plus respirer). Vous savez, ce n’était pas seulement le cas de George Floyd. Beaucoup de gens étouffaient dans ce pays.

Chaque matin, vous vous leviez et il y avait tous ces gazouillis [présidentiels]. Et vous ne saviez pas…

Vous alliez magasiner et les gens qui [autrefois] n’osaient pas afficher leur racisme devenaient de plus en plus méchants envers vous.

Vous vous inquiétiez pour vos enfants.

Vous vous inquiétiez pour votre sœur; peut-elle simplement aller chez Walmart et revenir à son auto sans que quelqu’un lui fasse [une remarque désobligeante].

Et vous gaspilliez tellement de vos énergies à éviter que votre vie s’effondre.

C’est très important pour nous de juste vivre en paix. (…) Le climat [social] de pays compte.

Être une bonne personne compte. Vous savez, je veux pouvoir dire à mes fils : « Regarde, c’est facile d’être minable et de s’en tirer. Mais cela finit toujours par se retourner contre toi.»

(…)

Je suis désolé pour ceux qui ont perdu; pour eux, c’est un mauvais jour. Mais pour bien du monde, c’est un bon jour.

Référence : Van Jones

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les lois asymétriques du marché

7 novembre 2020

En raison de la pandémie, des centaines de milliers d’emplois ont été supprimés temporairement ou de manière permanente dans les industries du tourisme, de la restauration, des arts vivants, etc.

Pourtant, on peine à trouver des préposés pour aider les travailleurs en établissement de Santé.

Le gouvernement québécois a imputé ces difficultés à la générosité ‘excessive’ des mesures fédérales d’aide aux travailleurs affectés par la pandémie.

Même en offrant un salaire horaire de 20 $, pas assez de personnes ont offert leurs services.

Toutefois, une chose m’intrigue.

Que fait le gouvernement lorsque le prix de l’essence augmente à la pompe ? Il répond que c’est la loi du marché; lorsque la demande dépasse l’offre, il est normal que le prix de l’essence augmente.

Parce que les lois du marché sont indiscutables; elles sont comme les Dix commandements du Capitalisme qu’un Moïse aurait rapporté voilà longtemps de la Montagne sacrée des investisseurs.

Ça, je comprends.

Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est pourquoi c’est différent quand il s’agit du ‘jus de bras’ des travailleurs.

C’est quoi la différence entre l’essence de pétrole et le jus de bras ?

Pourquoi un travailleur en hospice, ça ne vaut pas plus de 20 $ de l’heure, mais que pour le pétrole, il faut débourser autant d’argent que les pétrolières peuvent en obtenir ?

Si les préposés en hospice étaient des automates qui fonctionnaient à l’essence, est-ce que l’État se dirait « C’est assez; je ferai le plein de mes préposés quand le prix de l’essence redescendra à un niveau ‘raisonnable’.»

Non, il paierait le prix demandé parce que c’est la loi du marché. La loi du marché n’a pas de clause dérogatoire; on débourse ce qui est exigé.

Si insuffisamment de gens veulent travailler à 20 $, la loi du marché exige qu’on offre plus. Et si ce n’est pas assez, on offre davantage. Et on fait cela jusqu’à ce que la demande rencontre l’offre. C’est ça, la loi du marché.

Évidemment, on peut offrir davantage en spécifiant que ce taux horaire généreux est valable tant que dureront les mesures d’aide du fédéral, mais qu’il retombera à XX $ de l’heure par la suite.

Quand viendra le temps de porter secours à la grande industrie, pensez-vous sérieusement qu’on va dire qu’un patron de compagnie, ça ne vaut pas plus que ‘tant’ de l’heure ?

Faisons pareil pour le labeur de nos travailleurs.

Pour lutter adéquatement contre cette pandémie, on a besoin de bras. Donc payons ce qui est nécessaire. Nos vies en dépendent… bien plus que du pétrole.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les deux États-Unis d’Amérique

5 novembre 2020

Introduction

Cette semaine, Edison Media Research effectuait un sondage auprès de 15 590 électeurs américains.

Le but de l’exercice était de découvrir, selon l’allégeance politique, les critères déterminants dans leur choix à la présidence des États-Unis.

Critères d’appréciation

Pour les électeurs démocrates, ce qui compte ce sont :
• 91 % : les inégalités raciales
• 82 % : la pandémie au coronavirus
• 63 % : la couverture d’assurance maladie
• 28 % : la criminalité et la sécurité
• 17 % : l’économie.

Pour les électeurs républicains, les critères d’appréciation sont :
• 82 % : l’économie
• 71 % : la criminalité et la sécurité
• 36 % : la couverture d’assurance maladie
• 14 % : la pandémie au coronavirus
•   8 % : les inégalités raciales.

Précisons que 78 % des électeurs démocrates sont favorables au mouvement Black Lives Matter alors que 85 % des électeurs républicains en ont une opinion défavorable. C’est donc presque la moitié du peuple américain qui s’oppose à ce mouvement.

En tenant compte de la possibilité d’une obstruction systématique des sénateurs républicains, la tâche de s’attaquer au racisme systémique aux États-Unis s’annonce titanesque.

Parmi les caractéristiques du candidat à la présidence, les électeurs démocrates jugeaient primordiales l’habilité à unir le pays (76 %), le bon jugement (68 %) et l’empathie (50 %).

De loin, les deux critères les plus importants chez électeurs républicains étaient d’avoir un chef fort (71 %) et quelqu’un capable d’empathie (49 %).

Villes et campagnes

Dans les villes d’au moins cinquante-mille habitants, 60 % des gens se disent démocrates et 37 % se disent républicains.

Les banlieues se répartissent également entre démocrates (51 %) et républicains (48 %).

Dans les petites villes et les régions rurales, 45 % des gens sont démocrates alors qu’une faible majorité (54 %) serait républicaine.

Il est à noter que le résultat du scrutin (connu depuis ce sondage) monte un clivage beaucoup plus grand entre les grandes métropoles américaines (très acquises à Biden) et les régions rurales du pays (très favorables à Trump).

Ce qui se reflète dans la répartition territoriale des États pro-Biden vs des États pro-Trump.

Le sondage de Pew

La campagne électorale a sans doute exacerbé les différences d’opinions entre démocrates et républicains.

Qu’en est-il avec plus de recul ?

En aout dernier, le Pew Research Center avait procédé à un sondage analogue. Avec cette différence que les choix de réponses était plus varié.

Chez les démocrates, les sujets qui les intéressaient le plus et qui pouvaient déterminer leur vote étaient :
• 84 % : l’assurance maladie
• 82 % : la pandémie
• 76 % : les inégalités raciales et ethniques
• 72 % : l’économie
• 68 % : les changements climatiques
• 66 % : les nominations à la Cour Suprême
• 65 % : les inégalités économiques
• 57 % : la politique étrangère
• 50 % : le contrôle des armes à feu.

Chez les républicains, c’était plutôt :
• 88 % : l’économie
• 74 % : la criminalité violente
• 61 % : l’immigration
• 61 % : les nominations à la Cour Suprême
• 60 % : le contrôle des armes à feu
• 57 % : la politique étrangère
• 48 % : l’assurance maladie
• 46 % : l’avortement.

Références :
Important issues in the 2020 election
Les États-Unis : sur la voie d’une guerre civile ?
National Exit Polls: How Different Groups Voted

Parus depuis :
How Joe Biden won the presidency – a visual guide (2020-11-09)
Donald Trump has lost the election – yet Trumpland is here to stay (2020-11-12)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’ABC des Grands électeurs américains

5 novembre 2020

Les États-Unis sont une semi-démocratie.

La Révolution américaine est antérieure à la Révolution française. La première est née du refus de marchands américains de payer une taxe anglaise sur le thé destinée à amortir les couts de la guerre de Sept Ans.

Même si le préambule de la Constitution américaine débute par les mots ‘We the People…’, ce ‘We’, ce sont ces bourgeois (dont faisaient partie les signataires de la constitution).

Ce sont eux qui se proclament comme étant le peuple; ni les femmes ni les esclaves n’en font partie. Ceux-ci n’avaient aucun droit de participer à la vie politique ou à l’exercice du pouvoir.

Selon le texte de la Constitution américaine, ce peuple (de bourgeois) n’a le droit de voter que pour ses dirigeants locaux.

Constitutionnellement, le pouvoir de choisir le président appartient aux parlements des États. Ils le font par l’intermédiaire de représentants (appelés Grands électeurs) qui sont obligés de voter selon l’ordre reçu.

Au cours des siècles, les États ont adopté des lois qui délèguent ce pouvoir à leurs citoyens. Voilà pourquoi, de nos jours, les citoyens américains votent indirectement pour leur président.

Contrairement à d’autres pays, ce pouvoir populaire n’a donc pas d’assise constitutionnelle; il ne fait que découler d’anciennes lois locales qu’on peut abroger sans préavis si on jugeait que la situation l’exige.

Par exemple, il suffirait de prétexter une fraude généralisée, même si c’est faux. Dans un tel cas, le gouverneur d’un État pourrait ordonner à ses Grands électeurs de voter sans tenir compte de la préférence populaire.

Au XXe siècle, par des amendements constitutionnels, on a étendu à l’ensemble de la population le droit d’élire des officiers locaux.

Dans les faits, les suprémacistes blancs ont infiltré toutes les couches du pouvoir et s’activent lors de chaque scrutin à décourager le vote des ‘Noirs’ par l’intimidation et par différentes mesures discriminatoires.

Un nombre déterminé de Grands électeurs est attribué à chaque État selon son poids démographique. Au total, le nombre de Grands électeurs est fixé à 538.

Pour être élu président, il en faut au moins 270 (sur ces 538) car à 269, les deux candidats seraient à égalité. Ce qui déclencherait une crise politique exacerbée, on s’en doute, par la rhétorique outrancière de Trump.

Le système électoral tarabiscoté des États-Unis fait en sorte que depuis presque trente ans, il n’est arrivé qu’une seule fois qu’un candidat républicain a été porté à la présidence grâce à une majorité des voix exprimées; c’est lors de la réélection de George-W. Bush.

Mais à son élection, de même qu’à celle de Trump, ces deux candidats républicains ont pris le pouvoir contre la volonté du peuple américain.

Voilà pourquoi ce pays est une semi-démocratie.

Références :
America Is Not a Democracy
Article Two of the United States Constitution
Trump could stay in power even if he doesn’t win the election. The Constitution allows it.
We’ve been fighting over who gets to vote since 1787
Why the Right Keeps Saying That the United States Isn’t a Democracy

Paru depuis :
Counted out: Trump’s desperate fight to stop the minority vote (2020-11-17)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : ‘aplatir la courbe’ ne suffit pas

4 novembre 2020

Un objectif voué à l’échec

Dès le début de la pandémie, les autorités sanitaires du Québec se sont donné comme but d’aplatir la courbe de la contagion au Covid-19.

À Paris et à Genève (à l’Organisation mondiale de la Santé), on utilisait la même expression. Aux États-Unis le célèbre Dr Fauci disait la même chose en anglais. Bref, toutes les autorités sanitaires d’Occident se sont passé le mot.

Mais voyez ce qui se passe en Europe ces temps-ci. Partout où on s’est contenté d’aplatir la courbe — c’est-à-dire de la réduire à un plateau qu’on croit gérable — la pandémie fait rage et les autorités sanitaires ne savent plus où donner de la tête.

En Extrême-Orient et en Océanie, on a plutôt cherché à éradiquer le virus du territoire national. Évidemment, cela est plus facile lorsqu’on est une ile ou un archipel comme c’est le cas du Japon, de Taïwan ou de la Nouvelle-Zélande.

Mais même dans les pays entourés de voisins (comme le Vietnam et la Chine), on ne s’est pas contenté d’aplatir la courbe. On a fait disparaitre complètement la pandémie, quitte à reconfiner sélectivement une ville ou une région si le mal y réapparaissait.

En réalité, dès qu’il ferme ses frontières, tout pays devient comparable à une ile.

Là où on a éradiqué le virus ce printemps, les restaurants sont maintenant pleins, les clients affluent dans les boutiques, les rues sont envahies de flâneurs et l’économie roule allègrement. Et les petits commerçants ne vivent pas dans la crainte continuelle qu’une tuile pourrait leur tomber sur la tête.

Le Covid-19 est comme un feu de broussaille. Si l’objectif des pompiers n’est que de réduire la taille des flammes, ils échoueront. Même s’ils réussissent à étouffer le brasier à l’état de tisons, ce n’est pas assez; l’incendie reprendra dès qu’ils auront le dos tourné.

Les pays riches d’Occident sont condamnés à fermer et à rouvrir leur économie de manière cyclique d’ici un an ou deux, tant qu’ils n’auront pas compris le message.

Les clés de la réussite

Le confinement total — comme celui imposé partout le printemps dernier — est extrêmement efficace. Les raisons sont évidentes; il est impossible d’attraper un microbe auquel on n’est pas exposé.

Toutefois, en lui-même, le confinement est un exercice d’utilité restreinte si on ne se prépare pas au déconfinement. Sinon, tout est rapidement à recommencer. Comme ces pompiers qui abandonnent leur combat prématurément.

Or un déconfinement, cela se prépare. Pour ce faire, il faut des millions de tests et des milliers de préposés pour tester la population et trouver les foyers d’infection.

Les pays qui ont réussi ce combat sont connus.

Toutefois, leur faible nombre de morts par million d’habitants ne signifie pas que ces pays ont sauvé des vies; ils ont plutôt différé des morts.

Le principe est de pelleter les morts vers l’avant jusqu’à ce que la pandémie disparaisse. Parce que toutes les pandémies ont une fin. C’est alors que les mortalités différées deviennent des vies sauvées.

Les autorités sanitaires qui déclarent que nous devrons apprendre à vivre avec le virus ne font qu’avouer leur échec à contenir la pandémie. Laisser se développer l’immunité grégaire n’est pas une stratégie; c’est la résignation de l’impotent.

Tous les pays qui ont excellé dans leur lutte contre la pandémie ont suivi la même stratégie.

Pendant à peine quelques semaines, ils ont confiné leur population.

Ce confinement n’est indiqué que lorsque la pandémie fait rage de partout. Si on s’y prend tôt (comme ces jours-ci en Slovaquie), on peut passer directement à l’étape suivante.

L’étape suivante est le déconfinement.

Vers la fin du confinement ou dès que le déconfinement est proclamé, on doit se lancer à la recherche généralisée des ‘tisons’, c’est-à-dire des foyers résiduels d’infection.

Les pays qui ont excellé au printemps dernier l’ont tous fait avec des moyens rudimentaires; à l’époque, les tests salivaires ou sanguins n’existaient pas encore.

Puis ils ont imposé une quatorzaine draconienne aux personnes atteintes et utilisé une multitude d’enquêteurs pour trouver les personnes qu’elles auraient pu contaminer.

En somme, on a tout mis en œuvre pour déceler et éteindre les foyers d’infection.

S’inspirant de la ‘recette asiatique’, la Slovaquie a dernièrement testé ses 5,5 millions d’habitants en deux (2) jours.

À cette fin, plus de quarante-mille testeurs — travailleurs de la Santé, forces de l’ordre et volontaires — œuvrant dans cinq-mille sites de prélèvement, ont trouvé 25 850 foyers d’infection, aussitôt confinés.

Puisque les tests utilisés en Slovaquie possèdent une efficacité située entre 70 et 90 %, on testera toute la population de nouveau dans quelques jours.

La lutte ‘broche à foin’ du Québec

Ici au Québec, on effectue quotidiennement 28 000 tests. Cela correspond à tester 0,5 % de la population par jour (cent fois moins qu’en Slovaquie).

On ne teste que les personnes symptomatiques, laissant les autres personnes contagieuses libres de propager le virus.

Qui s’étonnera du fiasco prévisible ?

Pour prévenir les contacts, les préposés sont tellement débordés qu’ils suggèrent aux personnes atteintes de le faire elles-mêmes…

Alors qu’il faut un millier de préposés dédiés à la recherche de contacts par million d’habitants (soit 8 500 pour le Québec), on n’en a que 750.

Et les délais pour obtenir le résultat des tests sont tellement longs que ces préposés sont découragés, ayant à contacter en moyenne 73 contacts pour chaque cas.

La majorité du temps, les personnes contactées peinent à se souvenir des personnes rencontrées il y a plus de trois jours.

Alors on compte sur des applications téléphoniques (vouées à l’échec) pour prévenir les utilisateurs qui ont été en contact avec des personnes contagieuses et on prie le Ciel pour qu’apparaisse miraculeusement un vaccin efficace à 100 % (ce qui est impossible avec les coronavirus).

Entretemps, on ferme des pans entiers de l’économie — des bars, des restaurants, des salles d’entrainement, des salles de spectacles, des cinémas, des auberges, des hôtels, etc.— sans que ces établissements soient en cause dans la recrudescence des cas.

En adoptant cette stratégie grossière de lutte contre la pandémie, le gouvernement québécois accule à la faillite des centaines de petites ou moyennes entreprises (PME), alors que les PME emploient la grande majorité de la population du Québec.

Puisque les autorités sanitaires du Québec s’entêtent à s’inspirer des pays qui ont foiré dans leur lutte contre la pandémie (les pays riches d’Occident), on devrait peut-être songer à confier cette lutte à des gens désireux de s’inspirer des pays gagnants, soit ceux d’Extrême-Orient et d’Océanie.

Références :
China is winning the global economic recovery
Covid-19 : évolution en sept mois
Covid-19 : les outils de recherche de contacts
Half of Slovakia’s population tested for coronavirus in one day
Mythes et réalités des vaccins contre le Covid-19

Paru depuis :
Raccourcir à 72 heures le temps entre le dépistage et l’isolement des contacts (2020-11-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une publicité déplorable

3 novembre 2020

Je viens de voir une nouvelle publicité gouvernementale destinée à favoriser le respect des mesures sanitaires.

Elle met en vedette un commentateur sportif qui n’est pas en cause dans la critique qui va suivre.

Sous le thème ‘Évitons les rassemblements’, on y entend :

En ce moment, il faut se serrer les coudes. Il faut juste être discipliné. Et ça, je sais qu’on est capable.

Il suffit juste de suivre les mesures en place :
• éviter les rassemblements en famille ou entre amis,
• respecter le deux mètres.

Plus on va le faire, plus vite on pourra remplir des estrades comme ici.

Pas un mot sur le port du masque. Je n’en reviens pas. En fait, je suis furieux.

Personnellement, je passerai la période des fêtes chez moi. C’est mon choix.

Mais nous savons tous qu’un grand nombre de personnes assisteront quand même à des réunions de famille et que d’ici là, des jeunes se réuniront plus nombreux qu’ils ne devraient l’être.

Évidemment, il serait inapproprié pour l’État de conseiller ceux qui enfreignent ses directives.

D’où l’importance de cacher le message dans une publicité qui ne leur est pas adressée : portez un masque à moins que cela soit tout simplement impossible.

Dans une réunion de famille, il suffit de ne pas servir de boissons ni d’amuse-gueules avant le repas, pour que la plupart des invités soient capables de s’apprécier mutuellement même masqués.

À table, ce sera différent. Au mieux, les invités mangeront dispersés.

Imaginez que chaque personne contagieuse soit une fontaine à Covid. En mangeant et en parlant — donc sans masque — elle ne contaminera que ses voisins. Mais si cette personne avait passé la soirée à visage découvert, elle aurait peu à peu contaminé tout le monde qu’elle aurait croisé.

Plus le nombre d’invités est grand, plus cela est vrai.

Voilà comment le masque, en dépit de ses limites, sauve des vies; il peut faire la différence entre contaminer quelques voisins de table ou un grand nombre d’invités.

Pour les irréductibles qui veulent absolument boire une bière et discuter entre amis, on doit faire comme les fumeurs; on met son manteau et on va discuter et boire dehors à bonne distance les uns des autres.

Pendant des mois, les autorités sanitaires du Québec ont mené une campagne rétrograde contre le port du masque. Encore de nos jours, elles préfèrent recommander la distance sanitaire, une mesure bonne mais insuffisante en elle-même pour lutter contre la pandémie.

Au cours du mois dernier (soit octobre), le nombre de morts par million d’habitants a été exactement le triple au Québec que dans le reste du pays.

Dans la lutte contre la pandémie, le Québec est la honte du Canada. On se demande pourquoi…

Je ne connais pas l’identité de celui qui a conçu cette publicité. À mon avis, ce petit génie ne mérite pas de félicitations; son ‘chef-d’œuvre’ devrait être retiré des ondes.

Tout de suite.


Postscriptum du 6 novembre : Je viens de prendre connaissance d’une autre publicité toute aussi navrante, mettant en vedette cette fois une comédienne québécoise.

De nouveau sous le thème ‘Évitons les rassemblements’, on y entend à-peu-près le même message et les deux mêmes recommandations.

Il est clair que si on évite les rassemblements, le respect de la distance sanitaire est hors sujet.

En réalité, si on veut rappeler son importance surfaite à ceux qui décideraient de se réunir quand même, il est incompréhensible qu’on passe sous silence la nécessité de porter le masque.

À toujours voir les autorités sanitaires du Québec promouvoir les mesures les moins efficaces contre le Covid-19, on en vient à penser que leur objectif véritable, c’est celui annoncé en avril dernier; laisser se développer l’immunité grégaire.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mot en ‘n’ dans la littérature anglo-américaine

2 novembre 2020

Introduction

Vendredi dernier, le ministre de l’Éducation du Québec a vivement réagi à la décision de deux commissions scolaires anglophones de bannir le manuel scolaire Journeys Through the History of Quebec and Canada.

Pourquoi cette mise à l’index ? Parce que ce manuel mentionne le titre jugé offensant d’un essai écrit en 1968 par Pierre Vallières.

Cette mention ne visait pas à inciter les élèves à lire cet essai. Jamais celui-ci n’a fait partie des lectures obligatoires ou recommandées par ces deux institutions scolaires.

La simple mention du titre N… blancs d’Amérique servait à illustrer comment se sentaient de nombreux Canadiens français à l’époque face à l’exploitation dont ils étaient victimes et à tracer un parallèle entre leur condition et celle des ‘Noirs’ américains.

À l’adolescence, si on m’avait laissé le choix entre lire ce livre et Les Trois mousquetaires d’Alexandre Dumas, devinez ce que j’aurais préféré…

Effectivement, le livre ‘scandaleux’ de Pierre Vallières est une œuvre qui a été lue par moins d’un pour cent des étudiants, qu’ils soient francophones ou anglophones.

Toute cette controverse est donc une tempête dans un verre d’eau… ou dans une tasse de thé, selon les gouts.

Mais si on estime raisonnable de bannir un livre québécois dont le titre est jugé offensant, ne devrait-on pas faire de même à l’égard des nombreux ouvrages tirés de la littérature anglo-américaine qui utilisent le mot en ‘n’ et que ces élèves ont beaucoup plus de chance de consulter parce qu’écrits dans leur langue ?

Les titres romanesques contenant le mot en ‘n’

Our n…: Sketches from the Life of a Free Black

En 1859 paraissait ce roman, écrit par Harriet-E. Wilson. Selon les historiens, ce serait la première œuvre littéraire écrite par une femme à la peau très pigmentée aux États-Unis.

De nos jours, ce livre est complètement oublié. Toutefois, il serait important que les bouquins consacrés à l’histoire de la littérature américaine qui mentionnent son titre soient retirés des étagères des bibliothèques de ces commissions scolaires afin de n’offenser personne.

Tout comme les romans suivants, qu’on prendra soin de retirer des étagères :
The N… of the Narcissus de Joseph Conrad (1897),
N… Heaven de Carl von Vechten (1926),
The Artificial N… de Flannery O’Connor (1955),
N…: An Autobiography by Dick Gregory (1964),
Up from N… de Dick Gregory (1976),
N… de Labi Siffre (1993).

Prancing N…

On fera de même pour le roman britannique Sorrow in Sunlight, un navet écrit par Carl von Vechten en 1924 et renommé aux États-Unis Prancing N…, un titre jugé plus vendeur.

Ten Little N…

Ce célèbre roman-policier d’Agatha Christie échappera à cet opprobre puisque son titre a été modifié dans les années 1980 à And Then There Were None.

Si les bibliothèques scolaires en ont de très vieux exemplaires (notamment de la rare et précieuse édition originale), on verra à les détruire.

Les romans dont le texte renferme le mot en ‘n’

Ce mot offensant est très prévalent dans la culture anglo-américaine. Des milliers d’œuvres l’utilisent ; des opérettes, des comédies musicales, des chansons populaires, des films, des pièces de théâtre, des contes pour enfants et évidemment, des romans.

Parmi ces derniers, le plus connu est Adventures of Huckleberry Finn, chef-d’œuvre de la littérature américaine écrit par Mark Twain en 1885.

Ce roman utilise le mot en ‘n’ plus de deux-cents fois.

On trouve également ce mot dans des œuvres de Wilbert Awdry, Graham Green, Carson McCullers, Rudyard Kipling, Arthur Ransome, et Virginia Wolf, entre autres.

Conclusion

Lorsqu’une personne se dit offensée par l’utilisation d’un mot, on peut soit la désensibiliser à ce mot ou la protéger de cette microagression.

La désensibiliser signifie lui faire réaliser que le mot en ‘n’ n’a pas toujours été une insulte raciste.

Mais si on préfère la protéger, il faut le faire non seulement à l’égard d’œuvres en français — qu’elle est peut-être incapable de lire de toute manière — mais surtout de la multitude des produits culturels anglo-américains.

Nous, francoQuébécois, devons accepter le fait que nos concitoyens anglophones ont le droit à l’autonomie interne. Cela signifie le droit de posséder leurs propres institutions et de prendre les décisions qui les concernent.

En contrepartie, la paix sociale au Québec exige qu’ils le fassent de manière respectueuse à l’égard du peuple francoQuébécois.

En d’autres mots, si des commissions scolaires anglophones veulent bannir un essai québécois en raison de son titre jugé offensant, ils devront bannir également la multitude d’œuvres tirées la littérature anglo-américaine dont le titre ou le texte sont susceptibles d’offenser leurs élèves sensibles.

Sinon, l’exercice n’a pour but véritable que de contribuer à la propagande angloCanadienne qui se plait à nous décrire comme des arriérés et des racistes.

Ce matin même, j’ai commandé N… blancs d’Amérique afin de voir dans quelle mesure on devrait le juger plus offensant qu’Adventures of Huckleberry Finn.

Sans cette controverse, je n’aurais sans doute pas cru bon me procurer cet essai. Je remercie donc les commissions scolaires Lester-B. Pearson et English-Montréal d’avoir suscité ma curiosité et d’avoir sans doute incité de nombreux Québécois à lire les écrits révolutionnaires de Pierre Vallières…

Références :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
L’époque troublée du premier Irlandais au Canada
Roberge dénonce la censure à l’école
Use of n… in the arts

Sur le même sujet : Le mot en haine

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : évolution en sept mois

1 novembre 2020

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints au premier jour de chaque mois, en nombre de morts par million d’habitants

Pays Avr. Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov.
Pérou 2 33 149 299 588 880 983 1042
Belgique 73 676 834 842 849 853 863 1002
Espagne 194 532 581 607 608 623 684 767
Brésil 1 29 149 286 440 576 680 751
Bolivie 1 5 27 96 255 430 680 744
Chili 1 14 66 301 498 591 669 743
Québec 4 238 549 651 669 679 689 734
Équateur 6 52 210 259 325 372 646 715
États-Unis 12 199 330 395 477 570 642 713
Mexique 0 37 81 215 362 499 601 709
Argentine 1 5 12 35 79 193 448 687
Grande-Bretagne 35 414 593 647 680 611 621 687
Italie 206 467 554 575 581 587 594 642
Panama 7 44 80 149 335 463 551 624
Colombie 0 6 19 68 203 393 513 617
Suède 24 262 442 532 568 575 583 587
France 53 367 432 457 464 470 490 567
Macédoine du Nord 6 41 70 147 237 290 357 482
Arménie 1 11 46 153 253 297 325 460
Moldavie 1 31 76 136 195 250 331 447
Pays-Bas 68 285 347 357 359 363 374 434
Iran 37 75 98 130 202 257 313 418
Irlande 15 262 343 352 357 359 365 386
Bosnie-Herzégovine 1 21 47 57 100 189 263 381
Roumanie 5 39 66 87 124 192 253 368
Afrique du Sud 0 2 12 46 137 240 283 326
Rép. Tchèque 4 22 30 33 36 40 63 312
Israel 3 24 31 35 57 104 176 278
Costa Rica 0 1 2 3 30 87 180 271
Irak 1 2 5 51 119 176 228 271
Suisse 54 205 224 227 229 232 239 268
Honduras 1 8 21 50 135 189 237 268
Portugal 18 98 140 155 170 179 194 250
Oman 0 2 10 36 88 135 182 242
Rép. Dominicaine 5 28 46 69 106 160 194 207
Guatemala 0 1 6 43 109 155 181 207
Paraguay 0 1 2 3 7 48 121 196
Russie 0 8 33 65 96 119 143 193
Hongrie 2 33 55 61 62 64 81 188
Bahreïn 2 5 11 54 86 112 148 187
Bulgarie 1 10 20 34 56 93 121 187
Koweït 0 7 51 83 105 125 143 182
Albanie 5 11 11 22 56 100 135 180
Slovénie 2 46 54 56 60 67 76 175
Kirgistan 0 5 9 35 151 162 163 174
Ukraine 1 6 16 27 39 60 96 167
Arabie saoudite 0 5 15 49 82 112 137 155
Pologne 1 17 28 39 46 54 67 153
El Salvador 0 2 7 28 71 111 131 151
Croatie 1 18 25 26 35 46 69 137
RoC* 3 51 94 106 113 117 120 135
               
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,9 4,5 12,0 14,0 14,0
Japon 0,4 3,6 7,1 7,7 8,0 10,0 12,4 14,0
Corée du Sud 3,2 4,8 5,3 5,5 5,8 6,4 8,1 9,1
Singapour 0,5 2,7 4,1 4,4 4,5 4,5 4,6 4,7
Chine 2,4 3,4 3,4 3,2 3,3 3,2 3,2 3,2
Vietnam 0,0 0,0 0,0 0,0 0,0 0,4 0,4 0,4
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Références :
Covid-19 : le nombre de cas en temps réel
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Données COVID-19 au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : le cas de la République tchèque

1 novembre 2020
Vue de Prague

Le 23 mars 2020, dès l’apparition du premier mort causé par la pandémie en République tchèque, ce pays devenait le premier en Europe à imposer le port du masque.

Le 23 mai, le nombre de morts par million d’habitants (mpm) atteignait 29, soit le cinquième de ce qu’on comptait au Québec après deux mois de pandémie, deux mois au cours desquels nos autorités sanitaires à nous déconseillaient le port du masque afin de laisser se développer l’immunité ‘naturelle’.

Le pont Charles

Le 1er juillet, dans la capitale tchèque, on organisait tout le long du pont Charles un immense banquet pour célébrer la fin de la crise du coronavirus.

Le 23 septembre, la République tchèque en était à 52 mpm, soit environ le douzième du bilan meurtrier au Québec.

Mais il aura suffi de cinq semaines supplémentaires pour que l’avance tchèque s’estompe en bonne partie; du 23 septembre au 29 octobre, le nombre de mpm sautait de 52 à 267 alors qu’il progressait lentement au Québec.

Actuellement, la République tchèque est, de loin, le pays européen le plus atteint par la pandémie.

Le nombre de cas actifs y est de 178 578 personnes sur une population de 10,7 millions d’habitants. Concrètement, une personne sur 69 dans tout le pays est présentement contagieuse.

Si vous preniez le métro de Prague, dites-vous que pour chaque tranche de 69 passagers, il y a une personne qui se transforme en ‘fontaine à Covid’ dès qu’elle se met à parler.

Mais que s’est-il passé entre le 23 septembre et le 29 octobre ?

Des élections.

À la fin de l’été, alors que de nombreux Tchèques revenaient de leurs vacances à l’Étranger, rapportant ainsi le virus, le parti populiste au pouvoir a hésité à prendre les mesures parce que des élections approchaient.

En effet, les 9 et 10 octobre se tenaient les élections régionales et le premier tour des élections sénatoriales.

Pour éviter que des mesures sanitaires impopulaires nuisent à l’élection d’alliés régionaux du parti au pouvoir, on a laissé faire la pandémie quelques semaines en se disant qu’on se reprendrait lorsque le scrutin serait terminé.

Les mains liés par la stratégie gouvernementale, Adam Vojtěch, ministre de la Santé, a démissionné le 21 septembre.

La suite était prévisible. La pandémie est comme un feu de broussaille; un moment d’inattention et la première chose qu’on voit, c’est que le brasier fait rage partout.

Références :
Covid-19 : évolution en six mois
La République tchèque, rattrapée par l’épidémie de Covid-19, prend des mesures drastiques
Legault mise sur l’«immunité naturelle» des Québécois

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