La pomme insecticide

19 juin 2020
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Le ruban antimouches est un long ruban englué sur lequel les mouches qui s’y collent finissent par mourir de faim.

Dans mon enfance, on en voyait suspendus dans toutes les cuisines de campagne du Québec.

Espiègle, j’imaginais ce ruban plein de mouches se détacher du plafond au moment précis où la mère de famille retirait le couvercle de la soupière, sous les yeux horrifiés de la famille affamée réunie autour de la table…

Au Jardin botanique de Montréal, le bon vieux ruban antimouches se réincarne cette année sous la forme d’une belle pomme de plastique attrayante.

Référence : Attrape-mouche

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14 — 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 210 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième échec du Canada à se faire élire au Conseil de Sécurité de l’ONU

18 juin 2020

Introduction

Pendant soixante ans, le Canada a été membre du Conseil de sécurité de l’ONU, obtenant six mandats consécutifs d’une décennie chacun.

Mais ses deux dernières tentatives ont été infructueuses.

Explications.

L’aide internationale

Lorsqu’ils étaient dans l’opposition, les libéraux fédéraux reprochaient au gouvernement conservateur d’avoir diminué l’aide humanitaire du Canada.

Au lieu d’y consacrer 0,7 % du revenu national brut, comme le recommande l’ONU, le Canada y consacrait 0,32 %.

Arrivé au pouvoir, les libéraux de Justin Trudeau ont diminué encore davantage cette contribution, la faisant passer à 0,27 %.

La politique étrangère

En raison de l’intégration économique des pays d’Amérique du Nord, la politique étrangère du Canada a toujours été proche de celle de nos voisins du sud.

Celle du gouvernement Harper a été du simple couper-coller.

Arrivé au pouvoir en novembre 2015, le gouvernement Trudeau n’a pas eu l’occasion de réorienter notre politique étrangère puisque treize mois plus tard, Donald Trump s’installait à la Maison-Blanche.

Depuis, le Canada en est rendu à exprimer ses blâmes à l’égard des États-Unis par de longs silences…

La politique étrangère du Canada est une catastrophe :
• Le Canada s’est brouillé avec la Chine avec l’affaire Huawei, perdant ainsi le vote de la majorité des pays africains à l’ONU.
• Il s’est immiscé dans les affaires intérieures de l’Ukraine, indisposant la Russie.
• Il s’est mis les pays arabes à dos avec un alignement aveugle en faveur de la guerre coloniale d’Israël en Palestine.
• Il a bombardé la Syrie, perdant ainsi le vote de ce pays à l’ONU, de même que celui de l’Iran, allié du gouvernement officiel de la Syrie.
• Il a indisposé l’Inde à l’occasion d’une visite officielle en affichant de manière ostentatoire ses ministres sikhs au sein de la délégation canadienne et en invitant à une réception un individu reconnu coupable de tentative de meurtre contre un ministre indien en visite au Canada en 1986.
• Justin Trudeau a froissé le roi belge, en visite au Canada pour une semaine à la tête d’une délégation de 200 personnalités issues du monde des affaires et du monde universitaire accompagnées de sept ministres parmi les plus influents du gouvernement belge. Trudeau a refusé de les rencontrer manquant ainsi gravement aux devoirs de sa charge. Le Canada a poussé l’insulte jusqu’à déployer à Ottawa le drapeau allemand à la place du drapeau belge pour accueillir le couple royal.
• Les reproches qu’adresse le Canada à certains pays au chapitre des doits de la personne sont perçus comme un paternalisme moral offensant compte tenu des politiques racistes qu’entretient le Canada à l’égard de ses peuples autochtones.

Conclusion

Depuis l’effondrement de l’URSS, nous sommes passés d’un monde bipolaire — caractérisé par la rivalité entre les blocs occidental et soviétique — à un monde unipolaire dominé par le pays le plus belliqueux de toute l’histoire de l’humanité (selon l’avis de l’ex-président Jimmy Carter), soit les États-Unis.

Élire le Canada au Conseil de sécurité de l’ONU, c’est donner une deuxième voix à la délégation américaine, en plus de son droit de véto.

L’échec du Canada à se faire élire au Conseil de sécurité est le reflet de sa perte d’influence dans le monde en raison de sa politique étrangère catastrophique.

Afin de protéger l’économie canadienne des mesures protectionnistes intempestives que pourrait adopter Donald Trump, le Canada a choisi de ne pas attirer son attention en faisant le mort.

C’est un choix qui se défend. Mais il y a un prix à tout. Et dans ce cas-ci, le prix de la soumission canadienne aux velléités internationales américaines, c’est son purgatoire hors du Conseil de sécurité de l’ONU.

Références :
Aide internationale : le Canada affirme être de retour, mais les chiffres indiquent une vérité alternative
Fin d’un voyage mouvementé de Trudeau en Inde
Gifle diplomatique pour Monsieur Harper
L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain
Le Canada échoue à obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU
Pas de rencontre entre le roi des Belges et Trudeau
Une visite du roi des Belges à la lueur des étoiles… et avec le mauvais drapeau

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Évolution en deux mois et demi

16 juin 2020

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million d’habitants.


Tableau comparatif des pays les plus atteints, en nombre de morts par million d’habitants

Pays 1 avr 16 avr 1 mai 16 mai 1 juin 16 juin
Belgique 73 426 676 790 834 848
Grande-Bretagne 35 207 414 519 593 631
Québec 4 74 238 410 549 621
Espagne 194 410 532 592 581 582
Italie 206 367 467 525 554 569
Suède 24 132 262 363 442 488
France 53 268 367 412 432 441
États-Unis 12 105 199 272 330 364
Pays-Bas 68 193 285 330 347 353
Irlande 15 101 262 317 343 354
Équateur ? ? 52 157 210 232
Suisse 54 150 205 219 224 228
Pérou ? ? 33 79 149 221
Brésil ? ? 29 72 149 217
Chili ? ? ? ? ? 177
Portugal 18 61 98 117 140 148
Mexique ? ? ? ? 81 142
Iran 37 60 75 86 98 112
Allemagne 10 48 81 97 105 108
Danemark 19 57 82 97 104 107
Panama ? ? ? ? ? 106
Moldavie ? ? ? ? ? 105
RoC* 3 20 51 79 94 103
             
Japon 0,4 1,5 3,6 5,7 7,1 7,3
Corée du Sud 3,2 4,4 4,8 5,0 5,3 5,4
Chine 2,4 2,4 3,4 3,4 3,4 3,3
Hong Kong 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5 0,5
Taïwan 0,2 0,3 0,3 0,3 0,3 0,3

*— ‘RoC’ signifie le Canada sans le Québec.


Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Racisme systémique : la complicité de Washington à l’égard du KKK

16 juin 2020

L’exécution publique de George Floyd a déclenché un vaste mouvement en Occident contre le racisme systémique.

Aux États-Unis, ses racines remontent aux fondements esclavagistes de la nation américaine.

Le racisme des forces policières à l’égard des ‘Noirs’ est bien documenté par des enregistrements vidéos qui alimentent la contestation actuelle.

Tout comme la marine royale anglaise comptait autrefois sur des corsaires pour attaquer de leur côté les navires de la flotte ennemie, le système répressif américain compte sur des supplétifs. Le plus important est le Ku Klux Klan.

À ce jour, le KKK n’est toujours pas classé comme organisation terroriste par le département d’État américain.

Le 31 mai 2020, des manifestations contre le meurtre de George Floyd ont eu lieu pour la première fois dans la petite ville californienne de Victorville, située à 30 km de Palmdale.

Le jour même, un ‘Noir’ de 38 ans est trouvé pendu à un arbre près d’un camp pour sans-abris à Victorville.

Le 13 juin, à Palmdale, un ‘Noir’ de 24 ans est également trouvé pendu à un arbre près de l’Hôtel de Ville. Aussitôt, le shérif du comté de Los Angeles a imputé cette mort à un suicide.

Contrairement à l’immolation par le feu, les personnes qui songent à s’enlever la vie par pendaison ne le font jamais sur la voie publique parce qu’ils ‘risquent’ qu’un bon samaritain contrecarre leur projet.

La pendaison publique est la caractéristique du terrorisme exercé par le KKK envers de la population noire américaine. C’est la signature séculaire du KKK.

Et parce qu’il s’agit d’une organisation parfaitement légale, tout journaliste qui oserait émettre l’hypothèse que ces pendaisons seraient l’œuvre de cette organisation est assuré de recevoir une mise en demeure des avocats du KKK — exigeant une rétraction immédiate — en plus de recevoir des menaces de mort sur les médias sociaux.

Seuls des quotidiens de la taille du New York Times ou du Washington Post sont en mesure de braver le KKK, une organisation terroriste dont l’existence n’est encore possible que grâce à la complicité des plus hautes autorités américaines.

Voilà un exemple parfait de racisme systémique.

Références :
Black man found hanging from tree is 2nd in California over 2-week span
En marge du meurtre de George Floyd
Families Challenge Suicide in Deaths of Black Men Found Hanging From Trees
George Floyd protests in California
Ku Klux Klan

Paru depuis :
California: half-brother of black man found hanged killed in police shooting (2020-06-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le meurtre de Rayshard Brooks

15 juin 2020

Introduction

Vendredi soir dernier, à Atlanta, des clients se plaignent qu’une voiture bloque la file des commandes à l’auto d’un Wendy’s.

Un policier arrive sur les lieux. Effectivement, un jeune ‘Noir’ est endormi au volant de sa voiture. Un deuxième policier le rejoint au bout de dix minutes.

Un peu plus d’une heure plus tard, le suspect est abattu par les policiers.

Que s’est-il passé entre les deux ?

Du réveil à la tentative d’arrestation

Lorsque le premier policier cogne à la vitre de l’automobile blanche, le conducteur dort d’un sommeil profond.

Même après que le policier ait ouvert sa portière et s’être adressé à lui à plusieurs reprises, le conducteur mettra plus d’une minute à se réveiller.

Encore confus, le conducteur se rendort et doit être réveillé de nouveau.

Mais après s’être garé à la demande du policier, le voilà réveillé pour de bon. Il déclare ne pas être armé et consent à la fouille corporelle.

Son haleine sent l’alcool. Pourtant son élocution est normale. Il ne montre pas de signe évident d’ébriété et la discussion est respectueuse.

Il a 27 ans. Il s’appelle Rayshard Brooks. Il est propriétaire du véhicule.

Il revient de la fête célébrant le 8e anniversaire de naissance d’une de ses trois fillettes, fête à l’occasion de laquelle il a consommé de l’alcool. Et il vient ici acheter la bouffe du repas du soir pour toute la famille.

À son arrivée, un deuxième policier, Garrett Rolfe, procède au test d’alcoolémie.

L’ivressomètre révèle qu’il a une alcoolémie de 108 mg %, ce qui est au-delà de la limite légale de 80 mg %.

À Montréal, les policiers auraient appelé un taxi, lui aurait demandé de rentrer à la maison et de revenir chercher son auto une fois sobre. Peut-être lui auraient-ils expédié une contravention par la poste.

Mais les deux policiers d’Atlanta voient les choses autrement; ils décident d’arrêter Rayshard Brooks pour ivresse au volant.

Strictement parlant, les policiers n’en ont pas la preuve.

Le suspect a bien une alcoolémie excessive. Mais alors qu’il ne circule plus sur la voie publique. Tout au plus, les policiers l’ont vu se garer tout près, à leur demande, dans un stationnement privé.

Avait-il une alcoolémie excessive en route vers le Wendy’s ? C’est possible, mais ce n’est pas certain.

Le seul devoir des policiers, c’est de s’assurer que le suspect ne prend pas la route dans l’état où il est. Ce n’est pas nécessairement de le placer en état d’arrestation.

Une tentative d’arrestation qui tourne au vinaigre

Au moment où les policiers allaient lui passer les menottes, nous sommes deux semaines après le décès de George Floyd, coopératif au moment de son interpellation, mais étranglé quand même après être devenu, une fois menotté, à la merci de ses bourreaux.

Rayshard Brooks panique alors et résiste à son arrestation.

Pendant que les deux policiers et lui sont tombés au sol et luttent au corps-à-corps, un des policiers tente d’activer son pistolet à impulsion électrique.

Rayshard Brooks frappe un des deux policiers, s’empare du Taser du premier policier arrivé sur les lieux et réussit à s’échapper.

L’agent Garrett Rolfe décharge son Taser sur Brooks, sans résultat apparent.

Dans sa fuite, Rayshard Brooks pointe le Taser quelque part derrière lui.

Voyant le suspect courir plus vite qu’eux, Garrett Rolfe sort son arme à feu et tire trois coups consécutifs dont deux atteignent mortellement le fuyard dans le dos.

Coup de pied de Garrett Rolfe à Rayshard Brooks agonisant

Encore sous l’effet de l’adrénaline, Garrett Rolfe déclare fièrement : « Je l’ai eu », puis frappe violemment du pied Rayshard Brooks, aggravant volontairement les dommages internes causés par ses deux coups de feu alors que Brooks est allongé au sol, agonisant.

Une aggravation des dommages internes qui a probablement contribué à rendre irréversible la descente de Rayshard Brooks vers la mort.

Analyse

L’incident a duré 75 minutes : 40 avant la tentative d’arrestation et 35 minutes après.

Rayshard Brooks a commis trois délits, tous trois survenus dans la seconde partie de cette affaire : il a volé un Taser, il a frappé un policier et il a résisté à son arrestation.

Trois délits qui ne sont pas punissables de la peine de mort.

Il s’agit également de trois délits qui n’auraient pas été commis si le suspect avait été traité à la manière montréalaise plutôt qu’américaine.

En vertu de la jurisprudence des États-Unis, le Taser n’est pas une arme létale.

Donc, à aucun moment, Rayshard Brooks ne représentait une menace mortelle pour les policiers. Conséquemment, il n’existe pas de justification légale pour son exécution.

S’il avait réussi à leur échapper, les policiers auraient pu demander des renforts, faire établir un périmètre dans les environs, utiliser des chiens renifleurs et effectuer une recherche assistée d’un hélicoptère…

Mais pourquoi faire appel à tous ces moyens ‘hollywoodiens’ ? Ils ont sa voiture blanche. Ils ont le numéro de sa plaque d’immatriculation. Ils connaissent son nom. Ils savent où il demeure.

Quelle était l’importance de tuer Rayshard Brooks avant qu’il leur échappe ?

Conclusion

Jusqu’à la fin de sa vie, une des trois fillettes de Rayshard Brooks pensera à la mort de son papa à chacun de ses anniversaires de naissance.

Un papa qui rêvait peut-être à elle, endormi paisiblement au volant de sa voiture, moins d’une heure avant de mourir.

Référence : What do we know about Rayshard Brooks?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Covid-19 aux aéroports : la passoire canadienne

14 juin 2020

Dès l’annonce des tout premiers décès canadiens au Covid-19, je critiquais le gouvernement du pays pour n’avoir retenu aucune leçon de la pandémie du SRAS de 2003.

En particulier, je le blâmais de ne pas s’être équipé de scanneurs thermiques et de ne pas avoir institué de suivi des voyageurs symptomatiques qui entraient au pays comme le faisaient déjà les pays d’Extrême-Orient.

Depuis, rien n’a véritablement changé.

Finalement, la prise de température à l’aide de scanneurs thermiques débutera à la fin de ce mois-ci pour les voyageurs internationaux.

Ils ne seront pas testés à leur arrivée au pays. On compte sur les compagnies aériennes pour qu’elles testent les voyageurs à l’Étranger, en partance pour le Canada.

Dans la mesure où c’est ce même ministère qui a adopté en décembre dernier une Charte des voyageurs qui soustrait les transporteurs aériens des dispositions de la Loi québécoise de protection des consommateurs et qui leur permet de dérober des milliards$ aux voyageurs canadiens concernés par des vols annulés, on ne s’attend pas à ce que ce ministère sévisse si les compagnies devaient s’arranger pour ne pas respecter les mesures de sécurité fédérales. D’autant plus que les infractions surviendront hors du territoire national.

Ottawa ne fera pas de tests aléatoires à l’arrivée et on ne prévoit pas de pénalités pour les compagnies qui manqueront à leurs obligations.

Le ministère fédéral des Transports mettra donc de nouveau en application sa politique d’autorèglementation, celle déjà en vigueur dans le transport ferroviaire et qui a donné d’excellents résultats à Lac-Mégantic…

En réalité, les scanneurs thermiques étaient utiles pour déceler les voyageurs symptomatiques il y a des mois, à l’époque où on n’avait pas encore mis au point des tests qui permettent de vérifier la charge virale dans le nez et la gorge.

Ces tests permettent de déceler non seulement les personnes symptomatiques (comme le font les scanneurs) mais également les porteurs asymptomatiques et ceux qui le deviendront dès le lendemain.

Depuis le début de cette pandémie, on cite l’exemple des pays d’Extrême-Orient, celui de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, et celui de la Suède et de l’Allemagne.

Mais on ne parle jamais de la Grèce. Savez-vous combien il a eu de morts par million (mpm) d’habitants dans ce pays ?

Non pas 483 mpm comme en Suède ni 106 mpm comme en Allemagne, mais à peine 18 mpm. Vous avez bien lu; dix-huit.

Ce n’est pas aussi bien qu’en Océanie ou qu’en Extrême-Orient. Mais pour un pays d’Europe occidentale, c’est remarquable.

Alors c’est quoi la recette de la Grèce à ses aéroports ?

Depuis un mois, on fait des prélèvements dans le nez ou la gorge de tous les voyageurs. Pendant 24h, ils sont mis en quarantaine et deviennent libres dès le lendemain, à l’annonce de leurs résultats si négatifs.

Les autres, positifs, sont alors mis en quarantaine forcée pour quatorze jours.

Dans une entrevue à CNN, le président du pays, Kyriakos Mitsotakis, déclarait que depuis quatre jours, on a testé près de quatre-mille voyageurs (mille par jour) à l’aéroport d’Athènes et on a trouvé deux cas positifs, tous deux asymptomatiques.

Au Canada, ces deux voyageurs auraient passé au travers du filet de protection basé sur des scanneurs thermiques.

Pauvre passoire canadienne…

Références :
COVID-19 : un premier mort au Canada
Covid-19 : les prix citron à Ottawa et à la STM
En Grèce, les touristes à nouveau bienvenus à partir de lundi
L’armée restera au Québec et les thermomètres arrivent dans les aéroports
On GPS: Greece’s success with containing Covid-19 (vidéo)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand la pègre combat le Covid-19

13 juin 2020

M le maudit

Un de mes films favoris est ‘M le maudit’, le premier film parlant (et le préféré) du réalisateur allemand Fritz Lang, tourné en 1931.

Basé sur des faits réels, ce long-métrage raconte l’histoire d’un meurtrier d’enfants qui sème la terreur dans une ville allemande.

Sous la pression populaire, la police municipale décide d’effectuer toute une série de rafles qui perturbent les activités de la pègre.

Celle-ci se met donc également à la recherche du meurtrier (qu’elle finit par trouver) dans l’espoir de pouvoir de reprendre ses activités normalement.

Dans les favélas de Rio

Le Brésil est actuellement le deuxième pays le plus touché au monde par le Covid-19, derrière les États-Unis; la pandémie y a fait plus de quarante-mille morts.

Contrairement au Québec — où ce sont les ghettos de vieux qui ont été particulièrement touchés — au Brésil ce sont les milieux défavorisés qui ont été la cible de la pandémie.

Dans les favélas surpeuplées de Rio de Janeiro, tout le monde connait un parent ou un voisin qui a été atteint par le virus.

Si la mortalité du Covid-19 affecte surtout les personnes de plus de soixante ans, il frappe durement une partie des autres adultes.

Tout cela perturbe les activités des cartels de la drogue qui dictent leur loi dans les faubourgs de Rio.

Plusieurs des chefs et des hommes de main les plus expérimentés de la pègre ont été tués par la pandémie.

De plus, parmi la clientèle des revendeurs de drogue, quand un chef de famille perd son emploi ou décède du virus, toute la famille est réduite à la misère et devient incapable de se payer de la drogue.

Tout comme dans le film de Fritz Lang, la pègre a donc pris les choses en main.

Elle a d’abord imposé un couvre-feu sur tout le territoire qu’elle contrôle.

Puis elle a encouragé la fabrication artisanale de masques qu’elle paie au-delà du prix demandé afin de subventionner leur fabrication.

Sous la menace des armes, elle a réduit l’activité clandestine des petits débits de boissons, des maisons de jeux et de tous les lieux d’attroupement qui favoriseraient la propagation de l’épidémie.

Et elle distribue de la nourriture aux familles ruinées par le décès du pourvoyeur (habituellement le père).

Si bien que dans les favélas de Rio, les habitants sont majoritairement reconnaissants à la pègre d’avoir comblé le vide laissé par l’État brésilien.

Conclusion

Les êtres humains dépendent tous les uns des autres.

Même quand des collectivités sont laissées à elles-mêmes, une solidarité s’installe spontanément — motivée par de bonnes ou de mauvaises raisons — dont le résultat final est une amélioration des chances collectives de survie.

Références :
M le maudit
Rio cartels go from running drugs to pushing medication

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Annexions : Crimée vs Palestine

12 juin 2020

L’annexion de la Crimée

La Crimée est une péninsule russe que Nikita Khrouchtchev donna à l’Ukraine en 1954. Pour les Russophones qui la peuplaient majoritairement, ce transfert administratif avait peu d’importance puisque l’ensemble de l’URSS était sous domination russe.

À la dislocation de l’URSS, la Crimée s’est proclamée indépendante en 1992. Mais six ans plus tard, elle acceptait de redevenir une région ukrainienne en contrepartie d’une large autonomie politique.

Dans les années 2000, l’Ukraine est le théâtre d’un affrontement entre des forces pro-russes (soutenues par la Russie) et pro-occidentales (soutenues par les États-Unis).

L’envenimement des relations entre l’Ukraine et la Russie fait en sorte que la majorité russophone de Crimée, sympathique à la mère patrie, est bientôt perçue comme traitre.

À l’époque, 65,3 % des habitants de Crimée sont russophones, 12,1 % sont turcophones et seulement 15,1 % parlent ukrainien.

Les sanctions économiques russes provoquent la chute de l’économie ukrainienne et exacerbent les tendances séparatistes en Crimée.

En 2014, l’annonce par l’Ukraine de son intention (qui ne se réalisera jamais) de retirer au russe son statut de langue officielle dans 13 des 27 régions du pays (dont la Crimée) met le feu aux poudres.

Le 11 mars 2014, le parlement régional de Crimée proclame son indépendance. À la suite du référendum du 16 mars 2014, la Crimée annonce son rattachement à la Russie deux jours plus tard.

Afin d’empêcher l’Ukraine d’écraser cette sécession, la Russie envahit aussitôt la Crimée par le biais de ‘milices’ pro-russes.

Au total, cette annexion s’est faite avec très peu de pertes matérielles et seulement six morts. Ce bilan s’explique par l’assentiment de la population concernée.

Unanimement, les pays occidentaux ont accusé la Russie de violer le Droit international.

Les États-Unis et le Droit international

Depuis qu’ils sont devenus l’unique superpuissance mondiale, les États-Unis se sont métamorphosés en pays le plus belliqueux de toute l’histoire de l’Humanité. C’est du moins l’opinion de l’ex-président Jimmy Carter.

Cette agressivité n’aurait pas été aussi intense si elle était harnachée par le Droit international dont le but est précisément de civiliser le rapport entre les nations.

En 2003, quand les États-Unis échouent à convaincre l’ONU de leur permettre d’envahir l’Irak, ils le font quand même.

Quand les États-Unis décident de renier leur signature d’un traité international, ils ne demandent la permission à personne; ils adoptent une loi américaine qui l’autorise et c’est ça qui est ça.

Quand ils jugent approprié de torturer à mort des prisonniers, ils passent outre le traité international qui l’interdit.

Quand les États-Unis décident de séparer 2 300 enfants de leurs parents après que ces derniers aient illégalement traversé les frontières américaines et que certains de ces enfants meurent en captivité par manque de soins, ils ne se demandent pas si cela est contraire à la Convention internationale relative aux droits de l’enfant. Ils blâment les parents qui n’avaient qu’à rester chez eux.

Depuis 2002, les États-Unis coupent l’aide militaire de tout pays (sauf quelques exceptions) qui ose extrader des citoyens américains vers la Cour pénale internationale.

Le 5 mars 2020, cette Cour a décidé d’ouvrir une enquête pour crimes de guerre à l’encontre des soldats américains impliqués dans la guerre en Afghanistan.

La réaction américaine ne s’est pas fait attendre; Donald Trump a autorisé des sanctions économiques visant personnellement chaque magistrat de la Cour pénale internationale qui prendrait part à tout effort pour enquêter sur des militaires américains.

En réalité, aucune puissance militaire ne respecte le Droit international lorsqu’elle le juge contraire à ses intérêts.

Un prétexte à une course aux armements

Depuis le démantèlement de l’Union soviétique, l’OTAN se cherche une vocation.

À l’heure actuelle, la puissance militaire américaine est 5 à 10 fois supérieure à celle de la Russie. C’est donc à dire que le risque de guerre mondiale est nul.

Pourtant, lorsque la Russie a annexé la Crimée en 2014, les pays occidentaux ont comparé cette annexion à l’envahissement de la Pologne par l’Allemagne en 1939, un évènement qui a déclenché la Deuxième Guerre mondiale.

Afin de se prémunir contre ce qu’ils qualifient ‘d’expansionnisme russe’, les pays membres de l’OTAN ont déclenché cette année-là une nouvelle course aux armements, décidant de faire passer leurs dépenses militaires d’un pour cent du PIB en 2014 au double dix ans plus tard.

L’annexion de la Palestine par Israël

Depuis la guerre des Six Jours gagnée par Israël en 1967, ce pays a implanté 650 000 colons en territoire palestinien.

Grâce à une crise du logement provoquée artificiellement, les jeunes couples qui veulent fonder une famille n’ont pas d’autre choix que de s’installer en Cisjordanie, même s’ils sont opposés à la guerre coloniale qu’Israël y livre.

Selon le Droit international, l’établissement des colonies israéliennes dans les territoires occupés par Israël depuis 1967 est illégal.

En novembre 2019, l’administration Trump annonce que les États-Unis ne reconnaissent plus la colonisation israélienne en Cisjordanie comme contraire au Droit international. Ils ont décidé cela comme si le Droit international leur appartenait.

Quelques mois plus, tard, le 28 janvier 2020, Donald Trump présente un ‘plan de paix’ qui prévoit l’annexion de la vallée du Jourdain et de 30 % de la Cisjordanie par Israël.

Conclusion

Le Droit des peuples à l’autodétermination fait partie du ‘vrai’ Droit international. Pas du ‘droit international’ à la sauce américaine dicté par Washington.

Or en vertu de ce droit, deux critères accordent à un peuple le droit à l’indépendance; un territoire reconnu internationalement et des caractéristiques ethniques qui lui sont propres, comme c’est le cas à la fois pour le Québec et la Crimée.

Les colonies israéliennes en Cisjordanie ne rencontrent qu’un seul des deux critères essentiels pour justifier leur droit à l’indépendance et leur annexion librement consentie à l’État d’Israël.

L’opposition des États-Unis à l’annexion de la Crimée par la Russie et leur assentiment à l’annexion des colonies israéliennes par Israël est le parfait exemple de l’hypocrisie américaine en matière de Droit international.

Références :
Carter, Trump, Trudeau et les armes
Colonies israéliennes
Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants
Cour pénale internationale
Cour pénale internationale : les Etats-Unis passent à l’acte !
Crimée
Crise de Crimée
Crise ukrainienne
Guerre d’Irak
La communauté internationale va-t-elle sanctionner le projet d’annexion d’Israël?
Oblast de Crimée
Révolution orange
Trump menace de sanctionner des magistrats de la Cour pénale internationale
Un cinquième enfant migrant est mort aux États-Unis depuis décembre
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Résumé des mesures à prendre contre le Covid-19

11 juin 2020

En ordre décroissant d’efficacité, les meilleures mesures à prendre contre le Covid-19, sont :
• le confinement
• l’immunité grégaire (60 % de la population)
• le port du masque généralisé (80 % de la population) accompagné de la distanciation sociale
• le port du masque seul
• la distanciation sociale seule
• le lavage des mains.


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le néo-racisme multiculturel du NPD

10 juin 2020

C’est en 2004 qu’on a fait la preuve scientifique que les races n’existent pas.

Depuis le séquençage du génome humain cette année-là, on sait qu’un ‘Blanc’ typique et un Noir ‘pure race’ ont en commun entre 99,5% et 99,9% de leurs chromosomes. Or cette proportion est la même entre deux membres d’une même ‘race’.

Le racisme ne consiste pas à distinguer des différences de pigmentation de la peau entre deux personnes, mais à y attacher une importance démesurée.

Les États-Unis trainent un lourd passé de ségrégation raciale dont ils n’arrivent pas à se libérer. Même quand ses citoyens croient lutter contre le racisme, ils perpétuent involontairement cette importance démesurée.

Alors on ne parle pas de race, mais de personnes ‘racisées’, ce qui revient au même.

Dans ce pays, il n’est pas étonnant qu’on ait senti le besoin de colliger des données relatives aux taux d’infection et de mortalité au Covid-19 selon la ‘race’. Ces données ont révélé, sans surprise, que les personnes considérées comme ‘Noires’ étaient davantage victimes du Covid-19.

Lorsqu’on est persuadé que la vulnérabilité aux infections dépend de caractéristiques physiques inhérentes à l’individu, on est probablement moins motivé à entreprendre la lutte contre les inégalités sociales, cause véritable des taux d’infection différents.

Au Québec, l’Institut national de Santé publique ne compile pas de données en fonction des ‘races’ ni des origines ethniques.

Lorsqu’on lance une campagne de sensibilisation dans l’arrondissement de Montréal-Nord, on ne le fait pas parce qu’on y trouve des ‘Noirs’, mais parce que le nombre de cas y est plus élevé qu’ailleurs.

Et les masques qu’on y distribue gratuitement ne sont pas donnés exclusivement aux minorités ‘visibles’, mais à tous puisque la contagion affecte tous les pauvres du quartier, peu importe la pigmentation de leur peau.

Certains ne le voient pas ainsi. Le député néo-démocrate Matthew Green souhaite que le gouvernement fédéral force les provinces à colliger des données au sujet des décès au Covid-19 dans les ‘communautés racialisées’ (sic).

Concrètement, en remplissant le questionnaire, l’employé de la Santé publique devrait évaluer quel choix de réponses raciales définit le mieux la personne devant lui ou, si c’est cette denière qui répond elle-même, elle devra préciser à quelle race elle appartient.

Bref, on entretient le concept de la race.

Le député Matthew Green devrait se mêler de ses affaires et éviter de nous forcer à adhérer au néo-racisme multiculturel de sa formation politique.

Dans les milieux défavorisés, la promiscuité est plus grande que dans des milieux aisés.

La raison en est simple; les personnes riches ont les moyens d’habiter une résidence spacieuse alors que les gens pauvres ont tendance à louer des appartements trop petits parce qu’ils n’ont pas les moyens d’en louer de plus grands.

Si on devait colliger des données au sujet du taux d’infection au Covid-19 selon les milieux socio-économiques, on découvrirait que la pandémie fait davantage de victimes au sein des milieux défavorisés.

Peut-on croire sérieusement qu’une personne à la peau foncée qui habite une luxueuse maison à Outremont est plus à risque d’attraper le Covid-19 que son voisin à la peau claire ? Ou à l’inverse, que deux mendiants au centre-ville de Montréal ont des risques différents d’être atteints de la pandémie selon la couleur de leur peau ?

Colliger des données selon les ‘communautés racialisées’ favorise les stéréotypes. Par exemple, que les ‘Noirs’ ou les ‘Latinos’ sont plus contagieux (donc plus dangereux) que les autres.

Je n’arrive pas à comprendre comment les milieux qui se disent de gauche peuvent être à ce point aveugles pour ne pas réaliser que le multiculturalisme est le nouveau visage du racisme anglo-saxon.

Références :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
COVID-19 : les provinces devraient-elles colliger des données sur l’ethnicité?
L’invention des races humaines
Plaidoyer pour recueillir les données sur la COVID-19 liées à l’ethnicité

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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