Gratuité de 80 musées québécois, le premier dimanche du mois

8 juin 2018


 
Lorsque j’ai visité Glasgow en 2006, tous les musées y étaient gratuits à longueur d’année. Cette mesure visait à favoriser le tourisme dans cette ville écossaise.

À Paris, c’est le cas des quatorze musées qui appartiennent à la ville.

Parmi les plus importants qui n’appartiennent pas à la ville, beaucoup sont toutefois ouverts gratuitement le premier dimanche du mois : entre autres, le Centre Pompidou, la Cité de l’Architecture et du patrimoine, le musée de Cluny, le musée d’Orsay, le musée des Arts asiatiques Guimet, le musée du quai Branly, et l’Orangerie.

C’est cette dernière idée qui vient d’être implantée au Québec.

Depuis le 3 juin dernier, et ce pour les cinq prochaines années, quatre-vingts musées seront ouverts le premier dimanche de chaque mois.

La prochaine journée sera le 1er juillet prochain, même s’il s’agit d’une fête légale.

À Montréal, les huit musées participants sont :
• le Centre canadien d’architecture
• l’Écomusée du fier monde
• le Musée d’art contemporain de Montréal
• le Musée de l’Holocauste de Montréal
• le Musée des Beaux-Arts de Montréal
• le Musée des maitres et artisans du Québec
• le Musée McCord
• le Musée Stewart

Références :
Un premier dimanche gratuit pour les musées
Musées et monuments gratuits à Paris

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 12 mm

Gratuité de 80 musées québécois, le premier dimanche du mois
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le derrière miraculeux de la ministre

7 juin 2018

 

 
Dans un texte publié le 7 mars dernier, je suggérais que la meilleure manière de lutter contre le protectionnisme américain, c’est d’en tirer parti.

Par exemple, lorsque l’administration Trump impose une surtaxe de 10% sur notre aluminium, il suffit d’aller voir nos alumineries, d’obtenir les noms de leurs meilleurs clients américains et de proposer à ces derniers de délocaliser une partie de leur production au Québec, celle destinée au marché international.

Ils jouiront ici de tous les avantages qu’ils ont déjà aux États-Unis mais, en plus, d’une matière première —  l’aluminium — 10% moins chère qu’aux États-Unis, d’un tarif d’électricité probablement le plus économique en Amérique du Nord, d’une main-d’œuvre qualifiée qu’ils peuvent compléter, si nécessaire, de l’Étranger (alors que les frontières américaines se ferment à l’immigration).

Le 31 mai dernier, à l’Assemblée nationale du Québec, le député péquiste Nicolas Marceau interrogeait Dominique Anglade, ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation.

Le député cherchait à savoir les mesures concrètes qu’entendait employer le gouvernement Couillard pour contrer les effets du protectionnisme de Donald Trump.

Dans la première de ses trois réponses, la ministre parle des nombreuses rencontres auxquelles elle a assisté et proclame son intention de défendre bec et ongles les intérêts des travailleurs des secteurs de l’acier et de l’aluminium.

Sans douter des intentions de la ministre, le député veut connaitre les mesures concrètes qu’entend adopter le gouvernement.

Dans sa deuxième réponse, la ministre réaffirme sa volonté de tout mettre en œuvre pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de perte d’emplois.

Revenant à la charge, le député insiste pour aller au-delà des bonnes intentions et demande de savoir précisément ce que la ministre compte faire.

C’est alors que la ministre révèle l’arme secrète qu’elle hésitait à divulguer jusque là; elle va s’assoir avec les travailleurs.

Parce qu’il faut le dire : la ministre Anglade règle les problèmes en s’assoyant.

Les Américains voulaient taxer notre bois d’œuvre. La ministre s’est assisse et cette intention est devenue réalité. Sans qu’elle n’ait eu besoin d’intervenir. Comme par magie.

Une chaine américaine de matériaux de construction voulait acheter Rona, un fleuron de l’économie québécoise. La ministre s’est assise et contre toute attente, c’est plutôt Rona qui a été vendu à cette chaine américaine.

De la même manière, Loblaws voulait acheter les épiceries Provigo. La ministre est demeurée assise et miraculeusement c’est Provigo qui a été vendu à Loblaws.

Une entreprise ontarienne voulait acheter les Rôtisseries St-Hubert. La ministre n’a pas hésité à s’assoir et c’est au contraire St-Hubert qui a été vendu à cette entreprise ontarienne. Qui l’eut cru ?

Contrairement à la volaille des rôtisseries, la ministre a une réputation de dure à cuire.

Après de tels succès, celle-ci aurait pu se reposer sur ses deux lauriers. Mais le meilleur s’en venait.

Après que le gouvernement Couillard ait investi 1,3 milliard$ dans la CSeries de Bombardier, celle-ci a été acquise gratuitement par Airbus sans que la ministre ait eu besoin de se lever de son siège.

Dans toute l’histoire du Québec, jamais personne n’a fait autant avec si peu d’effort.

Et de triomphe en triomphe, la ministre passe pour invulnérable.

Même Donald Trump en personne ne pourrait pas la graber par le poucis puisqu’assise, cela est impossible. Il s’agit donc d’une stratégie défensive réfléchie, soigneusement adaptée au protectionnisme américain.

En conséquence, les travailleurs de l’acier et de l’aluminium peuvent être rassurés; la ministre défendra leurs intérêts jusqu’au bout et n’hésitera pas à s’assoir pour eux s’il le faut.


Annexe : Transcription des réponses de la ministre
Note : Les caractères gras sont de nous.

• Première réponse :

Nous n’avons pas évidemment attendu aujourd’hui pour agir sur le dossier de l’aluminium et de l’acier.

Il y a déjà plusieurs semaines que nous avons rencontré les présidents d’entreprises, les représentants, pour nous assurer d’avoir une cohérence dans la manière de défendre les intérêts du Québec.

On parle de quoi ? On parle de plus de 30 000 travailleurs dans ce domaine. Tant dans l’acier que dans l’aluminium. 30 000 travailleurs. Et nous avons dit dès le départ que nous allions défendre leurs intérêts bec et ongles.

Nous avons rencontré les leadeurs du secteur. Lundi de cette semaine, lundi qui s’en vient, nous avons à nouveau une rencontre en marge du G7 pour discuter des enjeux.

Et nous avons dit dès le départ que nous allions (…) défendre les intérêts avec les Américains et présenter notre position.

Il faut se rappeler la chose suivante : la décision, qui est prise par les Américains, ne dessert ni les intérêts américains ni les intérêts québécois.

Il fait le rappeler systématiquement et c’est ce que nous allons continuer à faire.

D’autre part, Raymond Chrétien [ex-ambassadeur du Canada aux États-Unis] a été nommé sur ce dossier particulier. À partir du moment où nous avons su qu’il y avait un enjeu, Raymond Chrétien a été nommé pour nous assurer de développer en détail l’argumentaire que nous allons avoir auprès des Américains pour la suite des choses.

• Deuxième réponse :

Dans les dossiers concernant les négociations avec les États-Unis, jamais nous n’avons laissé les travailleurs québécois tomber. Jamais. Au contraire.

Tant dans le bois d’œuvre, tant dans le dossier de l’aérospatiale, nous avons défendu les intérêts des travailleurs.

Alors, nous allons tout mettre en œuvre pour faire en sorte qu’il n’y ait d’emplois qui soient perdus. Au contraire, qu’on continue d’exporter.

Je vous rappelle que malgré les situations aujourd’hui qui varient aux États-Unis, on constate que les exportations continuent d’augmenter sur le marché américain.

Donc nous allons continuer à utiliser la technique qui fait en sorte que, jusqu’à présent, l’économie du Québec se porte bien.

• Troisième réponse :

Lorsque l’on dit qu’on fait des choses concrètes, on l’a fait encore une fois dans les dossiers du bois d’œuvre. On l’a fait dans les dossiers de l’aérospatiale.

Nous allons nous assoir avec les travailleurs et nous assurer de représenter les intérêts avec… Premièrement, les représenter auprès des Américains. Mais deuxièmement de nous assoir et de faire en sorte qu’il n’y ait pas de perte d’emplois, qu’il y ait quoi que ce soit qu’on soit capable de protéger. D’avoir un plan de match qui va faire en sorte qu’on va défendre les intérêts des travailleurs jusqu’au bout.


 

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Un oiseau et des pivoines

6 juin 2018
Pivoine herbacée hybride ‘Avant Garde’
Pivoine à feuilles fines ‘Plena’
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Abeille butinant une pivoine herbacée hybride ‘Sanctus x Silver Dawn’
Pivoine arbustive de nom inconnu

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
4e  photo : 1/2000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 102 mm
5e  photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm

Un oiseau et des pivoines
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Comment ajouter l’attribut hreflang à un blogue sous WordPress ?

5 juin 2018

En 2010, l’Internet Engineering Task Force créait l’attribut facultatif hreflang, destiné à faciliter la tâche des moteurs de recherche en leur précisant la langue dans laquelle une page Web est écrite.

Afin de dresser la liste de ses suggestions en fonction de la langue de l’internaute, le moteur de recherche de Google peut déterminer automatiquement la langue d’un document. Mais il arrive que celui-ci renferme des citations dans une autre langue, ce qui complique la tâche du moteur de recherche.

Voilà pourquoi Google insiste de plus en plus pour que les pages Web contiennent l’attribut hreflang.

Normalement, l’auteur d’un blogue choisit de publier sous WordPress parce que cela est extrêmement facile; il lui suffit d’écrire son texte et WordPress s’occupe de créer les pages Web demandées par les internautes.

Malheureusement, WordPress n’a pas cru bon jusqu’ici de modifier son logiciel d’édition de manière à ce que cet attribut soit automatiquement ajouté au code HTML des pages qu’il crée.

Il existe des modules d’appoint qui permettent d’ajouter cet attribut à chaque document, y compris rétroactivement, mais seules leurs versions payantes le font par défaut pour n’importe quel page Web.

Sur son site, l’auteur Anthony Degrange propose le moyen ci-dessous.


 
Après avoir accédé à votre blogue à titre d’administrateur, cliquez sur Apparence/Éditeur…


 
Au côté droit de l’écran, cliquez sur En-tête du thème (ici en rouge) afin d’afficher le code HTML que WordPress ajoute secrètement à l’entête de toutes les pages Web qui lui sont réclamées par vos visiteurs.

N’importe où entre la balise <head> (à la ligne 6) et la balise </head> (ci-dessus à la ligne 14), il faut ajouter une ligne qui contient le code suivant :

<link rel="alternate" href="http://www.mon_blogue.wordpress.com<?php echo parse_url($_SERVER['REQUEST_URI'],PHP_URL_PATH); ?>" hreflang="fr" />

On remplacera ici http://www.mon_blogue.wordpress.com par l’hyperlien de votre blogue.

Prenez soin de bien vérifier que les guillemets et les apostrophes soient bien droits (comme en anglais) et qu’ils n’aient pas été remplacés par des guillemets et apostrophes courbes ou inclinés.

Revérifiez attentivement et sauvegardez.

Dorénavant, WordPress ajoutera à la volée cet attribut à toutes les pages Web qui lui seront demandées.


 
Afin de vérifier que tout ait été fait correctement, copiez l’hyperlien d’une de vos pages Web et allez sur le site app.hreflang.org.

Cliquez sur le bouton de droite.


 
Dans la boite de saisie, collez-y l’hyperlien déjà copié, cochez ‘Je ne suis pas un robot’ et cliquez le bouton du bas.


 
À droite, cliquez sur Show Details (en bleu) et notez si, dans la colonne Lang, la langue trouvée est bien le français.

Si tel est le cas, vous avez parfaitement bien procédé.

Lorsque la valeur de l’attribut hreflang est ‘fr’, vos textes auront préséance dans la liste des documents suggérés par tous les sites francophones de Google : google.ca (au Canada), google.fr (en France), google.be (en Belgique) et google.ch (en Suisse). Cette préséance s’exerce à l’encontre des pages Web sans attribut hreflang ou dont la valeur n’est par ‘fr’.

Mais si votre blogue s’adresse spécifiquement aux Francophones d’un de ces pays, il est possible de le préciser.

Si la valeur de l’attribut hreflang est ‘fr-ca’ (au lieu de ‘fr’ tout court), vos textes auront une préséance encore plus grande dans la liste des recommandations de google.ca, mais en n’auront que le privilège accordé par ‘fr’ sur les autres sites nationaux de ce moteur de recherche.

Pour créer une spécificité sur le site de google.fr, la valeur de l’attribut sera ‘fr-fr’. Sur google.be, ce sera ‘fr-be’. Et sur google.ch, ce sera ‘fr-ch’.

Comment ajouter l’attribut hreflang à un blogue sous WordPress ?
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois petites fleurs

4 juin 2018
Doronic du Caucase ‘Magnificum’
Géranium sanguin ‘Max Frei’
Trolle d’Europe

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14
1re photo : 1/400 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 210 mm
3e  photo : 1/640 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 210 mm

Trois petites fleurs
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trans-Mountain vs Énergie-Est

3 juin 2018

Introduction

Trans-Mountain est le nom de ce pipeline que la pétrolière américaine Kinder Morgan veut construire pour acheminer le pétrole albertain vers l’océan Pacifique.

Afin de désenclaver ce pétrole — dont le seul débouché actuel se trouve vers les États-Unis — le gouvernement canadien veut lui permettre l’accès à d’autres marchés d’exportation, notamment en Asie.

Cet objectif est évidemment partagé par les provinces de l’Ouest (où l’industrie pétrolière canadienne est installée). Il est également appuyé par les institutions financières ontariennes; celles-ci ont massivement investi dans les sables bitumineux et sont impatientes d’obtenir un retour maximal de leurs investissements.

La Colombie-Britannique et les pipelines

Le projet de Trans-Mountain soulève beaucoup d’opposition parmi les citoyens de Colombie-Britannique.

Ce combat suscite de la sympathie chez nous, particulièrement auprès des Québécois qui ignorent que nos amis britannocolombiens étaient majoritairement d’accord avec les pipelines jusqu’au jour où il a été question qu’ils passent chez eux.

Le projet concurrent d’Énergie-Est devait traverser tout le Québec sans y créer d’emplois permanents et soumettait des centaines de plans d’eau québécois à un risque environnemental considérable.

Jusqu’à ce que ce projet soit abandonné parce que trop couteux, 54% des citoyens de Colombie britannique étaient d’accord avec la construction de ce pipeline.

De la même manière, l’opposition des maires de la région montréalaise au passage d’Énergie-Est ne recueillait la sympathie que de 48% des gens de Colombie-Britannique.

Il faut toutefois préciser que si Énergie-Est était supporté par toutes les provinces anglophones du pays, c’est en Colombie-Britannique que cet appui était le moins enthousiaste. On peut même dire que c’était un appui mou.

Il serait donc injuste de leur porter rancune pour si peu. Mais on doit avoir tout cela à l’esprit, sinon la devise du Québec ne serait pas ‘Je me souviens’.

Le spectre d’Énergie-Est

Puisque le pipeline Trans-Mountain dresse entre elles les provinces de l’Alberta et de la Colombie-Britannique, le fédéral a décidé de trancher la question et d’investir dans ce projet.

Déjà, le maire de Moncton et les dirigeants de la raffinerie d’Irwing au Nouveau-Brunswick crient à l’injustice et réclament que le fédéral ressuscite également le projet Énergie-Est.

Malheureusement pour eux, une fois Trans-Mountain construit, on n’aura pas besoin d’un pipeline semblable à Énergie-Est avant 2030.

En somme, au risque de manquer de rectitude politique, on peut affirmer que Trans-Mountain est, dans l’immédiat, une protection pour le Québec.

Par ailleurs, le combat des Britannocolombiens est de nature à révéler ce qui nous attend en 2030 si la consommation mondiale de pétrole justifie qu’on ressuscite Énergie-Est.

Les pouvoirs constitutionnels d’Ottawa

Selon la Canadian Constitution de 1982, les gouvernements provinciaux sont les intendants régionaux du gouvernement central canadien.

Ottawa possède les pouvoirs économiques les plus importants tandis que les provinces assurent des services de proximité (santé, éducation, réseau routier provincial, etc.).

Par le biais de leurs représentants provinciaux aux discussions constitutionnelles de 1982, les citoyens de la Colombie-Britannique ont consenti à cette concentration inouïe de pouvoirs à Ottawa. Voilà que maintenant cela se retourne contre eux.

Le transport interprovincial de marchandise (dont celui du pétrole) est un domaine de compétence exclusif du gouvernement canadien.

Ce dernier possède donc tous les pouvoirs constitutionnels qui lui sont nécessaires pour imposer le passage de Trans-Mountain en Colombie-Britannique.

De plus, le gouvernement Harper a modifié la loi de manière à ce que toute action citoyenne qui aurait pour effet de nuire à la construction d’infrastructure pétrolière réponde dorénavant à la définition d’un acte terroriste.

Le gouvernement Trudeau invoque l’intérêt national pour accroitre l’acceptabilité sociale à ce projet. Mais cela n’est pas nécessaire. Intérêt national ou non, la Colombie-Britannique devra capituler devant Ottawa.

Une leçon pour le Québec

Le sort qui attend les Britannocolombiens, c’est qui attend les Québécois à l’avenir. Selon les prévisions, le pipeline Trans-Mountain ne suffira plus au-delà de 2030.

Beaucoup de Québécois — notamment parmi nos amis fédéralistes — surestiment les pouvoirs des provinces au sein de la fédération canadienne. Même si la jurisprudence à ce sujet est déjà éloquente, une confrontation très médiatisée entre la Colombie-Britannique et Ottawa permettra d’ouvrir bien des yeux.

De plus, très peu de Québécois se rappellent de la violence des expropriations de Mirabel et du parc national de Forillon, dans les années 1970.

Dans ce dernier cas, l’État a donné aux 225 familles expropriées — presque tous fermiers qui vivaient en parfaite autarcie — une somme moyenne équivalente à 30 000$ d’aujourd’hui en échange pour leur maison, leurs bâtiments et leur terre.

Dans le cas de l’expropriation qui sera nécessaire au passage de Trans-Mountain, on ignore qui procèdera aux expropriations.

L’évaluation pourrait être faite par des fonctionnaires et cela prendra une éternité. Non pas parce que les fonctionnaires sont lents de nature, mais parce que le néolibéralisme a entrainé l’atrophie de la fonction publique des États.

Sinon, l’évaluation pourrait être faite par les pétrolières elles-mêmes. Dans ce cas, celles-ci offriront une bouchée de pain aux expropriés afin de maximiser leurs profits.

Des histoires déchirantes inonderont nos écrans de télévision et les médias sociaux.

La seule manière de nous soustraire à la répétition éventuelle de ce drame au Québec, c’est de faire l’indépendance d’ici là et de nous séparer du pétro-État canadien.

Le référendum de 2022 sera notre dernière chance. Et cette dernière chance ne nous sera pas offerte si le PQ n’est pas porté au pouvoir en octobre prochain.

Conclusion

S’il est vrai que la production de pétrole influence sa consommation par son effet indirect sur les prix, il faut réaliser que les gaz à effet de serre sont essentiellement causés par la consommation d’hydrocarbures et non leur production.

Quand la production d’une ressource est à l’origine de quelques unes des plus grandes fortunes du monde et que cette ressource est un enjeu géostratégique de première importance, il est enfantin de penser qu’on peut s’y opposer par des pétitions…

La seule manière de combattre l’industrie pétrolière, c’est en changeant nos habitudes de vie.

Le pouvoir des pétrolières, on l’accroit chaque fois qu’on fait le plein d’essence ou qu’on préfère acheter des aliments qui viennent de l’autre bout du monde.

Références :
Expropriation de Forillon: 45 ans plus tard
Most say governments will agree to new emissions targets, less convinced Canada will meet them
Réseau d’oléoducs Trans Mountain
2 inconvenient facts make Energy East pipeline revival unlikely

Trans-Mountain vs Énergie-Est
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois rhododendrons

1 juin 2018
Variété inconnue
Azalée ‘Spicy Lights’
Rhododendron ‘Weston’s Pink Diamond’

Au cours du mois de mai (qui s’achevait hier), on célèbre bien des choses, dont ces rhododendrons, en vedette au Jardin Leslie-Hancock du Jardin botanique de Montréal.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif Lumix Leica 42,5mm F/1,2 + filtre Hoya à densité neutre ND8
1re photo : 1/80 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
2e  photo : 1/1000 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
3e  photo : 1/200 sec. — F/2,5 — ISO 200 — 42,5 mm

Trois rhododendrons
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bilan économique du gouvernement Couillard

31 mai 2018
Le Petit pain de Gérard Sénécal (1940)

Le produit intérieur brut

En 2014 — la première année où Philippe Couillard est devenu premier ministre — la croissance du Produit intérieur brut (PIB) a été de 1,3% au Québec, comparativement à 2,5% pour l’ensemble du Canada.

En 2015, ce fut respectivement 1,1% et 1,2%.

En 2016, ce fut encore sous la moyenne canadienne, soit 2,2% vs 2,6%.

Mais en 2017, la croissance du Québec fut des poussières au-dessus de celle du Canada; 3,1% vs 3,0%.

Bref, depuis l’accession au pouvoir de Philippe Couillard, l’économie québécoise s’est accrue sous la moyenne canadienne; 7,7% vs 9,3%.

Cette différence de 1,6%, rapportée à notre croissance de 7,7%, cela signifie que l’économie du Canada s’est accrue 20,8% plus rapidement que celle du Québec.

Cela n’est-t-il pas le cas depuis des décennies ?

En fait, au cours des seize ans de régime libéral, la croissance économique du Québec n’a dépassé la moyenne canadienne que quatre fois, toujours par une marge minime de 0,1%.

Voilà pourquoi on pense que cela est normal.

Toutefois, au cours de neuf des dix années qui ont précédé l’arrivée au pouvoir du premier ministre Jean Charest — en d’autres mots, sous les gouvernements péquistes de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry — c’était le contraire; la croissance économique du Québec était supérieure à la moyenne canadienne.

Conséquemment, le gouvernement fédéral avait réduit le montant de la péréquation auquel le Québec avait droit.

La richesse individuelle

Le revenu disponible par personne (RDPP) est le salaire moins l’impôt.

Sous le gouvernement péquiste de Bernard Landry, le RDPP au Québec était au 4e rang canadien. Sous Jean Charest, il est tombé au 7e rang vers 2005. Et à la fin de son régime, nous étions rendus au 9e rang.

Peut-on faire pire ? Évidemment.

Sous Philippe Couillard, on est tombé au dernier rang canadien. Seuls les peuples autochtones du Canada sont plus pauvres que nous.

En montants absolus, le RDPP s’est accru sous le gouvernement Couillard. Mais il a augmenté davantage partout ailleurs au Canada. Voilà pourquoi nous sommes tombés au dernier rang.

Ceci étant dit, on doit préciser que le RDPP ne comprend pas les tarifs. Lorsqu’un gouvernement n’augmente pas les impôts mais augmente une multitude de tarifs (permis de conduire, garderies, électricité, etc.), cela appauvrit les citoyens sans que cet appauvrissement ne se reflète sur le RDPP.

Le taux de chômage

Ces jours-ci, le taux de chômage au Québec est le plus bas depuis trente ans. Il est même inférieur à celui de l’Ontario.

Pourtant, le gouvernement Couillard n’a pas créé un nombre record d’emplois; d’autres firent mieux.

Entre mars 1999 et juin 2002, le gouvernement péquiste a créé 311 600 emplois, soit une moyenne de plus de 100 000 par année.

La promesse de Philippe Couillard d’en créer 250 000 en quatre ans — promesse qui sera probablement réalisée de justesse — n’était donc pas extravagante.

Alors comment se fait-il qu’avec une création ‘normale’ d’emplois, le taux de chômage soit aussi bas ?

Il a baissé pour deux raisons. Premièrement en raison de la mise à la retraite des babyboumeurs. Ceux-ci forment la plus importante tranche démographique de la population québécoise.

En prenant leur retraite, non seulement laissent-ils leurs emplois à d’autres, mais ces personnes exercent une pression sur la fourniture de soins de santé en raison de leur vieillissement.

L’immigration soutenue en Ontario depuis des décennies a fait en sorte que l’importance démographique des citoyens de plus de 65 ans y est moindre. L’écart avec le Québec est inversement proportionnel à celui des taux de chômage entre les deux provinces.

La deuxième raison qui explique le bas taux de chômage au Québec en comparaison avec celui de la province voisine, c’est que les gouvernements libéraux ont transformé le Québec en paradis du cheap Labor.

Normalement, dans un marché libre, lorsqu’une ressource devient rare, son prix augmente. Or au Québec, nous avons une rareté de la main-d’œuvre associée au RDPP le plus faible au pays. Ce paradoxe ne peut s’expliquer que par le fait que les emplois créés ont principalement été des emplois près du salaire minimum.

Le laisser-faire économique

La fuite des sièges sociaux

À l’époque où le dollar canadien valait plus que la devise américaine, certaines entreprises québécoises ont fait l’acquisition de compagnies étrangères, notamment américaines.

Mais depuis le retour à la normale, plusieurs fleurons de l’économie québécoise sont devenus propriétés étrangères : Rona, Rôtisseries Saint-Hubert, Provigo, etc. Tout cela dans l’indifférence totale du gouvernement Couillard, se réjouissant de l’ouverture du marché québécois au grand capital international.

La délocalisation de la construction navale canadienne

À l’époque du gouvernement Charest, lorsque la marine canadienne a décidé d’accorder des contrats qui attendront soixante-milliards$, ceux-ci avaient pour effet (sinon pour but) de délocaliser la construction navale canadienne du Québec vers deux autres provinces.

Les gouvernements Charest et Couillard n’ont pas protesté, se contentant d’accorder quelques contrats de traversiers afin de soutenir minimalement l’emploi de ce chantier maritime.

Secteur automobile ontarien vs Bombardier

Passons sous silence les 13,7 milliards$ qu’a couté le sauvetage de l’industrie automobile au cours de la Grande récession puisqu’il est antérieur au gouvernement Couillard.

En juillet 2015, Ottawa annonçait un investissement de 58 millions$ dans Toyota Canada.

En mars 2017, Ottawa accordait un don de 100 millions$ à un centre de recherche de Ford Canada.

Mais Bombardier se contentera d’un prêt remboursable de 372,5 millions$, dont les 248 millions$ — les deux tiers — iront au programme d’avions d’affaires Global 7000, construit en Ontario.

Un prêt remboursable signifie qu’au final, après remboursement, le fédéral n’aura rien déboursé.

Au lieu de blâmer le fédéral pour sa tiédeur à soutenir le projet industriel canadien le plus important des vingt dernières années (la CSeries), Philippe Couillard s’est contenté de prétendre que Bombardier n’avait pas besoin de l’argent d’Ottawa puisque l’aide de 1,3 milliard$ de Québec suffisait.

Depuis ce temps, la part majoritaire qu’Airbus a obtenue de la CSeries sans rien débourser a fait en sorte que le pourcentage détenu par l’État a été dilué d’autant. Si bien que l’investissement du gouvernement Couillard a perdu les deux tiers de sa valeur et la CSeries est passée sous contrôle européen.

Conséquemment, la technologie acquise par ce constructeur ne sera pas appliquée à l’avenir sur des modèles de plus en plus gros construits au Québec, mais sera probablement incorporée aux modèles européens d’Airbus. En d’autres mots, sans créer d’emplois au Québec.

L’intention d’aider Bombardier était bonne. Le moyen d’y parvenir — résultant en une perte de près de 900 millions$ pour les contribuables — est évidemment de l’amateurisme économique.

Bell Helicopter : des milliards$ de retombées perdues

En février 2018, Ottawa a saboté le contrat de vente d’hélicoptères civils québécois au gouvernement philippin. En réaction, la ministre de l’Économie du Québec n’a rien trouvé de mieux à dire que le Québec veut bien exporter, mais pas à n’importe quel prix…

Précisons que ce contrat devait rapporter des retombées économiques de l’ordre de deux à cinq-milliards$ pour l’économie québécoise.

Le dédommagement des pétrolières à Anticosti

En 2008, le gouvernement Charest oblige Hydro-Québec à céder ses droits d’exploration pétrolière à des compagnies privées pour une bouchée de pain.

Deux ans plus tard, Pétrolia annonce la découverte de l’équivalent de quarante-milliards de barils de pétrole à Anticosti.

On accuse le gouvernement libéral d’avoir vendu la poule aux œufs d’or.

Pour en avoir le cœur net, le gouvernement Marois s’engage à investir 56,7 millions$ afin de fixer une fois pour toutes le potentiel pétrolier de l’ile. En contrepartie, les Québécois obtenaient une part appréciable des profits d’une éventuelle exploitation si celle-ci devait s’avérer rentable.

Mais Philippe Couillard a préféré déchirer cette entente, exposant l’État à des poursuites pour rupture de contrat.

C’était la main tendue aux pétrolières amies pour qu’elles se sortent du marécage financier d’Anticosti avec des dizaines de millions$ en poche.

Effectivement, le gouvernement Couillard a versé à certaines pétrolières davantage que leur valeur capitalisée. En d’autres mots, il aurait été plus économique d’acheter la compagnie…

Ces millions$ ont servi à nous faire croire que le Parti libéral avait ‘sauvé’ Anticosti de la méchante sorcière péquiste alors qu’en réalité, l’aventure pétrolière de l’ile débute avec Jean Charest.

Comme quoi la propagande n’a pas de prix quand c’est les autres qui la paient.

Conclusion

À l’arrivée au pouvoir des Libéraux, il y a seize ans, le budget du Québec était équilibré, la croissance économique était supérieure à la moyenne canadienne et la balance commerciale du Québec était excédentaire.

Depuis, le budget de l’État est redevenu équilibré (après avoir cessé de l’être sous Charest). Cela est bien.

Toutefois, le déficit de la balance commerciale du Québec est catastrophique (proportionnellement le triple de celui des États-Unis), la croissance économique est insatisfaisante (en moyenne, 20,8% plus élevée au Canada) et le Québec est devenu la province la plus pauvre du pays.

En dépit de cet appauvrissement relatif, le gouvernement Couillard se contente sans rechigner de la péréquation qu’Ottawa a la bonté de lui verser.

En 2016-2017, le fédéral a donc donné 2 573$ à chaque citoyen de l’Ile-du-Prince-Édouard, 2 259$ à celui du Nouveau-Brunswick, 1 822$ à chaque Néoécossais, 1 328$ à chaque Manitobain, et 1 206$ à chaque Québécois, ce qui est mieux que rien…

Bref, avec un tel bilan, il est évident que le Parti libéral du Québec est un gestionnaire incompétent de l’économie québécoise.

Références :
Bilan économique de Jean Charest
CSeries: l’aide d’Ottawa pas nécessaire dans l’immédiat, dit Couillard
La Vérif : Couillard avait promis 250 000 emplois, où en sommes-nous?
Croissance économique du Québec en 2014
Croissance économique du Québec en 2015
Croissance économique du Québec en 2016
Croissance économique du Québec en 2016
La Davie et le petit pain fédéraliste
Le Québec, paradis de l’exploration pétrolière
Le sabotage de la vente d’hélicoptères québécois par le ministre fédéral François-Philippe Champagne
Les miettes fédérales à Bombardier
Les usines de Toyota Canada obtiendront une mise à niveau de 1,4 milliard de dollars
Le vieillissement s’accélère au pays, voyez comment en graphiques
Notre investissement de 1,3 G$ dans la C Series en chute libre
Ottawa accorde 100 millions en subventions au secteur automobile ontarien
Péréquation : le Québec a-t-il une obligation morale d’approuver Énergie Est?
Une aide de 100 millions pour Toyota d’Ottawa et de l’Ontario

Bilan économique du gouvernement Couillard
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois arbres fruitiers

30 mai 2018
Nashi (Poirier asiatique) ‘Ming’
Pommetier ‘Brandywine’
Pommier ‘Richelieu’

Le temps passe vite; déjà la floraison des arbres fruitiers tire à sa fin.

Au Jardin botanique, les branches d’un poirier précoce sont déjà garnies de fruits de la taille de gros œufs.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs Lumix Leica 42,5 mm F/1,2 + filtre Hoya à densité neutre ND8 (1re et 3e photos) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (2e photo)
1re photo : 1/1600 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm
2e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 210 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 42,5 mm

Trois arbres fruitiers
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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire de chenille (épilogue)

29 mai 2018

J’avais pourtant décidé que c’était fini.

Mais à 22h hier soir, il a plu.

Si dans la nature, les papillons trouvent facilement des abris pour se protéger, l’endroit où j’ai libéré mon papillon quelques heures plus tôt était plutôt à découvert.

Dans le noir, a-t-il réussi à trouver refuge ?

Dans le pire des cas, il devrait être encore vivant ce matin, à se débattre dans la boue.

Et dans le meilleur des cas, il devrait être perché quelque part, immobile au soleil à réchauffer ses muscles afin les préparer à battre des ailes.

Au parterre de fleurs jaunes où j’ai vu mon papillon pour la dernière fois, il n’y était plus ce matin. J’ai soigneusement scruté le sol pour le trouver. En vain.

Mais à deux pas, un scintillement perçu du coin de l’œil attire mon attention : c’est lui !

C’est quand même incroyable; quelles sont les probabilités de retrouver un papillon en liberté une vingtaine d’heures plus tard à peu près au même endroit ? Une chance sur un million, peut-être.

De ces temps-ci, les seules choses qui volent au Québec sont les libellules et les oiseaux; aucun papillon ‘autochtone’ n’a eu le temps de se former. Et à le voir de près, il n’y a aucun doute; c’est bien lui.

À 9h45, ce matin

J’en prends trois photos, dont celle-ci, que je trouve banales. Alors que je j’approche dans le but d’en prendre une meilleure, le voilà qui prend peur et s’envole.

Mais qu’est-ce qu’il lui prend ? Un papillon que j’ai nourri et protégé depuis sa ponte. Et voilà qu’il ne me reconnait plus. Après tout, j’ai presque changé ses couches.

D’un autre côté, c’est bon signe; son caractère sauvage le protègera des prédateurs.

Comme il s’est envolé au loin alors qu’il n’avait pas vraiment quitté les lieux depuis hier après-midi, je présume qu’il reviendra.

Je m’assois dans une de ces chaises de bois si confortables que le Jardin botanique a placé çà et là à la disposition des visiteurs.

Après une dizaine de minutes à l’attendre, je décide plutôt d’aller voir ce qu’il y a de neuf au Jardin botanique. Or justement, il y a toujours du neuf puisque c’est dans un endroit pareil qu’on met en scène le spectacle changeant de la nature.

Après avoir fait le tour, je reviens à mon point de départ non sans avoir scruté les lieux en m’approchant. Toujours rien.

Je reste planté là un court moment en balayant du regard l’horizon tout autour de moi. Puis à regret, je mets lentement en marche pour rentrer à la maison… tout en me retournant à plusieurs reprises dans l’espoir de l’apercevoir une dernière fois.

Cette silhouette sombre que j’ai vue voler au loin à la cime d’un arbre et disparaitre derrière une serre, était-ce un oiseau ou mon papillon ? Je ne le saurai jamais.

Dès que je traverse les grilles du Jardin botanique, la page est définitivement tournée.

Puisqu’il ne trouvera jamais une femelle de son espèce, son histoire s’arrêtera dans quelques semaines. Son sort est maintenant entre les mains de Dieu.

Ceci étant dit, envisageons le pire.

S’il devait être dévoré par le premier oiseau venu, il contribuera à la survie de son prédateur.

Et cet été, lorsque j’entendrai le chant d’un oiseau, je penserai que peut-être cet oiseau a le cœur à la fête parce qu’il y a quelques semaines, les rayons du soleil ont permis à mon oranger de développer ses feuilles et de nourrir une petite chenille devenue papillon devenue sa proie, permettant à cet oiseau de grandir et d’enjoliver ce jour-là le murmure du vent.

Quelles sont les probabilités qu’une telle coïncidence se produise ? Elles sont très minces. Tout comme les chances de retrouver en liberté un papillon là où on l’a quitté vingt heures plus tôt.

Et pourtant…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 — 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 210 mm


Pour lire tous les textes de la série ‘Histoire de chenille’ — classés dans l’ordre inverse de leur parution — veuillez cliquer sur ceci.

Histoire de chenille (épilogue)
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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