Le protectionnisme se joue à deux

3 septembre 2018
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Le Canada achète plus de biens et de services américains que n’importe quel autre pays au monde, et ce sans tenir compte de son poids démographique.

En d’autres mots, les États-Unis vendent plus aux trente-six millions de Canadiens qu’aux 1,3 milliard de Chinois.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 39

2 septembre 2018
Vélo-partage montréalais

Depuis l’été 2017, la ville de Montréal offre la possibilité aux cyclistes ayant enfreint ses règles de circulation d’être pardonnés s’ils suivent une séance d’information qui rappelle les principes de base de la circulation en vélo.

Créé à Longueuil un an plus tôt, ce programme est appelé ‘Troque ton ticket’. Il n’est offert qu’à ceux qui en sont à leur première infraction.

Ceux qui acceptent de suivre cette formation voient non seulement leur contravention annulée, mais également les points d’inaptitude qui l’accompagnent.

Environ six-cents cyclistes montréalais (sur 1 390 contrevenants) ont ainsi été pardonnés.

À la suite de cette initiative, on a constaté à Longueuil une baisse de 37% du nombre d’accidents impliquant des cyclistes.

Référence :
La police qui pardonne


 
Le classement mondial des cinq personnalités qui ont échappé au plus grand nombre de tentatives d’assassinats sont :
• Fidel Castro (1926-2016) : 700 tentatives,
• Zog Ier d’Albanie (1895-1961) : 55 tentatives,
• Aldolf Hitler (1889-1945) : 50 tentatives,
• Charles de Gaulle (1890-1970) : 31 tentatives, et
• Henri IV (1553-1610) : 25 tentatives (la dernière réussie).

Référence :
Anonyme. Test suisse. La Revue 2017; no 73: 130.


 
En ordre décroissant, les pommes les plus populaires au Québec sont :
• la McIntosh (19%),
• la Gala (16%),
• la Granny Smith (13%),
• la Cotland (11%),
• la Spartan (10%),
• l’Empire (6%), et
• la Rouge Délicieuse (6%)
• autres (19%).

Référence :
Quelle pomme croquez-vous ?


 
Au milieu du XXe siècle, les habitants de la Chine et de l’Inde avaient la même espérance de vie.

À la suite de la Révolution maoïste, l’écart entre les deux pays s’est creusé. Si bien que dès 1979, cette espérance de vie était de 68 ans dans la Chine communiste et de 54 ans dans l’Inde capitaliste.

Selon la CIA World FactBook, de nos jours, l’écart n’est plus que sept ans (75,7 ans en Chine vs de 68,8 ans en Inde).

L’excès de mortalité en Inde en comparaison avec la Chine correspond à quatre-millions de morts de plus par année.

Référence :
Condemn communists’ cruelties, but capitalism has its own terrible record


 
En 2017, neuf entreprises ont puisé plus de deux-millions de litres d’eau potable au Québec en contrepartie du versement de redevances de 145 899,92$ au gouvernement québécois.

Cela représente des redevances de sept-millièmes de cent par litre d’eau embouteillée.

Référence :
2 milliards de litres d’eau embouteillée pour moins de 150 000 $ en redevances au gouvernement


 
À la suite des mesures protectionnistes américaines, le gouvernement ontarien a annoncé en avril 2018 un investissement de près de huit-millions$ pour favoriser l’utilisation du bois (au lieu de l’acier) en tant que matériau structurant dans les immeubles de huit à quatorze étages.

Cette mesure fait partie d’une tendance mondiale qui vise à réduire l’empreinte écologique des immeubles puisque le bois est un capteur de gaz à effet de serre, au contraire de l’acier dont la fabrication nécessite de grandes dépenses d’énergie.

Références :
L’Ontario mise sur le bois dans l’industrie de la construction
Les architectes retournent au bois


 
Selon l’ONU, les angloQuébécois ne peuvent plaider en faveur d’une protection spéciale à titre de minorité puisqu’ils font partie de la majorité anglophone du Canada.

L’ONU déclare : « Quebec’s English community does not qualify for protection as a minority language group, because it forms part of the Canadian English-speaking majority.»

Référence :
Décision de l’ONU sur la Loi 178


 
À partir du XVIIe siècle, les trois principaux ports impliqués dans la traite des Noirs ont été les ports anglais de Londres, de Bristol et de Liverpool.

Référence :
Condemn communists’ cruelties, but capitalism has its own terrible record


 
Le gouvernement d’Écosse est le premier au monde à offrir gratuitement des serviettes hygiéniques et des tampons aux 395 000 adolescentes qui fréquentent ses institutions scolaires.

Cette mesure sera étendue à l’ensemble des femmes en situation de précarité dans quatre villes écossaises.

Cela devrait couter annuellement 6,4 millions d’euros.

Référence :
Avoir ses règles en Ecosse sera bientôt gratuit


 
Dans sa rivalité culturelle avec Paris, Berlin se veut la capitale européenne de l’art contemporain.

Même si elle est considérée comme ingrate, voire pénible aux oreilles de nombreux mélomanes, la musique atonale est beaucoup plus jouée dans les salles de concert de Berlin qu’ailleurs dans le monde.

En raison de ce caractère rébarbatif, la Deutsche Bahn — le transporteur ferroviaire national allemand — a décidé de diffuser cet automne de la musique atonale dans une de ses stations dans le but d’en chasser les vendeurs de drogue qui la fréquentent.

Référence :
Will Jarring Music Drive Drug Users From a German Train Station?


 
Moins du tiers des Iraniens sont pratiquants et à peine un pour cent se rend à la mosquée le vendredi (jour de la prière).

Référence :
Anonyme. L’Iran compliqué. La Revue 2017; no 73: 117.


 
Dans le dernier quart du XIXe siècle, une série de sècheresses en Inde se sont accompagnées de famines qui ont tué des millions de personnes.

Seulement pour les années entre 1876 et 1878, six-millions d’Indiens sont morts de faim.

En réalité, leur mort n’a pas été strictement causée par le climat mais par la préférence des propriétaires terriens anglais d’exporter vers l’Angleterre des millions de tonnes de vivres tirés leurs maigres récoltes (afin de respecter leurs obligations contractuelles), plutôt que de l’écouler sur le marché local.

Le même phénomène s’est produit en Irlande lors de la Grande famine.

Références :
Grande Famine en Irlande
Hunger strike


 
Ex aequo avec la Suisse, le Québec est l’endroit au monde au plus haut taux féminin d’activité sur le marché du travail; 85% des Québécoises âgées de 20 à 44 ans occupent un emploi ou s’en cherchent un.

Aux États-Unis, ce taux est de 73%. Le taux canadien est de 80%, mais il se rapprocherait du taux américain sans le Québec.

On doit ce résultat au système de garderies du Québec créé par Mme Pauline Marois en 1997. Un an plus tôt, le taux québécois n’était que de 75%.

Ce système permet plus rapidement le retour au travail des femmes et minimise l’impact de la grossesse dans la carrière professionnelle des femmes. Celles-ci gravissent ainsi plus rapidement l’échelle des salaires au cours de leur vie active.

En vingt ans, cela a permis de sortir 65 000 mères monoparentales de la pauvreté.

Le cout de financement de cette mesure est plus que compensé par les revenus fiscaux que les nombreuses mères nouvellement attirées dans la population active versent à l’État. En d’autres mots, cette mesure sociale ne coute rien à l’État.

Référence :
Vive les services de garde !


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/125 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 21 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


C’est quoi un parti de droite ou un parti de gauche ?

1 septembre 2018

Introduction

À l’époque de la Guerre froide, deux groupes de pays se menaçaient d’anéantissement nucléaire; d’une part les États-Unis et leurs alliés, et d’autre part l’URSS et les siens.

Les gouvernements alliés de Washington étaient dits de droite. Tandis que les alliés de Moscou étaient qualifiés de gauche.

L’appartenance à l’un ou l’autre des deux clans rivaux avait un prix. Et ce prix était l’adoption obligatoire du modèle économique promu par Washington ou celui promu par Moscou.

Être l’alliée de Washington, cela voulait dire diriger un État qui favorisait l’entrepreneuriat privé et imposait le moins possible de contraintes à l’enrichissement individuel.

L’allié de Moscou était soit communiste ou socialiste.

S’il était communiste, cela voulait dire que ce gouvernement interdisait la propriété privée et dirigeait un pays où tous les moyens de production et d’échange étaient la propriété exclusive de l’État.

S’il était socialiste, cela voulait dire qu’il attachait une grande importance à limiter l’enrichissement privé afin de redistribuer la richesse de manière qu’il juge équitable, toujours au profit des moins bien nantis.

Établir une telle distinction est simple dans le cas des gouvernements nationaux et des partis qui aspirent à les diriger.

Mais au niveau provincial, comment peut-on dire que la Coalition Avenir Québec est un parti de droite et que Québec Solidaire est un parti de gauche ?

L’idéologie de droite

En gros, un parti de droite est celui qui promet la prospérité économique et/ou l’amélioration de la société par le biais de l’enrichissement des riches.

Le but avoué d’un parti de droite n’est jamais d’appauvrir l’ensemble de la population aux dépens des riches. Si cela était le cas, pourquoi le peuple élirait-il des partis de droite ?

Ce qu’il promet, c’est qu’en diminuant les taxes et les impôts des compagnies et des entrepreneurs, ceux-ci se serviront de l’argent économisé pour créer de nouvelles entreprises. Ce qui créera des emplois et favorisera l’augmentation des salaires dont tous profiteront.

En réalité, l’argent ne ruissèle pas des riches aux pauvres, mais l’inverse. C’est lorsque les consommateurs ont plus d’argent disponible qu’ils dépensent davantage. Et c’est cette augmentation de la consommation qui provoque la naissance des entreprises ou la croissance des profits des entreprises existantes.

À défaut d’une augmentation de la consommation, l’argent économisé par les riches est utilisé futilement à la spéculation boursière, c’est-à-dire à acheter des actions déjà émises. Ce qui ne crée aucun emploi et n’enrichit que ceux qui vendent les actions qu’ils possèdent.

L’idéologie de gauche

Déposséder les riches au profit du reste de la société n’est possible que lorsque les riches y consentent (à contrecœur) ou qu’ils n’aient pas le choix de s’enfuir.

Dans les faits, les mesures sociales les plus populaires sont celles qui profitent à tous.

Par exemple, l’assurance maladie est avantageuse pour tous, y compris pour ceux qui pourraient être victimes d’un revers de fortune. C’est une assurance qui, comme toutes les autres, répartit le risque entre les souscripteurs. Elle n’avantage que ceux qui ont la mauvaise fortune d’en avoir besoin.

Le taux de mortalité enfantine est plus faible et l’espérance de vie est plus grande au Canada qu’aux États-Unis en raison de notre régime universel d’assurance maladie.

Les garderies publiques québécoises sont à cout nul puisque l’impôt payé par le plus grand nombre des femmes sur le marché du travail compense le cout de cette mesure sociale.

Au sujet de l’imposition des fortunes, l’idéologie de gauche ne pouvait être mieux résumée que par le philosophe Alain Deneault sur ce blogue.

Conclusion

Les politiciens se jugent non pas à ce qu’ils disent, non pas aux espoirs qu’ils suscitent, ni à l’empathie que leur image publique suggère, mais aux décisions qu’ils prennent.

C’est ainsi qu’on jugera qu’un parti est de droite ou de gauche en se posant la question suivante : où va l’argent ?

Si un gouvernement fait en sorte qu’une proportion plus grande des revenus de l’État est dépensée au profit des grandes fortunes du pays, c’est un gouvernement de droite. S’il fait l’inverse, c’est un gouvernement de gauche.

De manière analogue, s’il accorde plus de déductions fiscales au profit des entreprises — ce qui a pour effet de transférer le poids de l’État sur le dos des simples citoyens — c’est également un gouvernement de droite. S’il fait le contraire, c’est un gouvernement de gauche.

Au Québec, aucun des partis susceptibles de former un gouvernement ou de détenir la balance du pouvoir n’est un parti d’extrême droite ou d’extrême gauche.

Leur idéologie est même légèrement fluctuante selon le contexte.

En dépit de cette fluctuation, ils se répartissent dans l’éventail des idéologies politiques de la Coalition Avenir Québec (le parti le plus à droite) à Québec Solidaire (le parti le plus à gauche), tandis que le Parti libéral et le Parti Québécois logent entre les deux.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les drones

31 août 2018

Utilisation militaire des drones

Un drone est un objet volant inhabité capable de revenir se poser sur son lieu de départ. Cette dernière caractéristique, entre autres, le distingue du missile de croisière.

L’industrie de l’armement investit des sommes considérables afin de développer des drones capables d’espionner les lignes ennemies ou de procéder à des frappes sans risquer la vie de pilotes.

Appelés à remplacer les avions de combat, les drones souffrent actuellement d’une lacune importante.

Leurs capteurs doivent transmettre des quantités importantes d’informations — interprétés par un humain à bord lorsqu’il s’agit d’un avion de chasse — mais qui, dans le cas des drones, doivent être interprétées à distance. Ils sont donc très sensibles au brouillage.

C’est là le talon d’Achille des drones militaires; on ne peut les utiliser que contre des ennemis sans support technologique.

Tant qu’on n’aura trouvé le moyen de pallier cette lacune, l’avenir des drones est principalement lié à leur utilisation civile et notamment commerciale.

Drones vs hélicoptères

Les hélicoptères se déplacent à l’aide d’une hélice principale alimentée par un moteur puissant d’une grande précision puisque toute la stabilité de l’appareil en dépend.

Les drones sont équipés de plusieurs hélices actionnées par des moteurs rudimentaires. Par tâtonnement, ceux-ci sont coordonnés par un système informatique qui analyse les données d’un gyroscope interne.

Le rapport entre leur charge utile (souvent une caméra de quelques grammes seulement) et leur empattement est beaucoup plus grand que celui d’un hélicoptère.

Mais ils sont faciles à fabriquer et peu couteux. De plus, ils possèdent une grande autonomie de vol (jusqu’à quarante-cinq heures) et leur écrasement ne cause pas la mort d’un pilote.

Utilité civile des drones

Nuisances à proximité des aéroports et des sites militaires, les drones sont utiles dans les domaines suivants :
• la télésurveillance (qu’il s’agisse de sécurité ou de surveiller l’avancement d’un chantier),
• la localisation de casseurs au cours d’une manifestation violente,
• l’évaluation des dommages, le repérage des victimes et la détermination des priorités à la suite d’un désastre naturel,
• la recherche des personnes disparues (en mer ou en montagne, par exemple),
• l’exploration de territoires difficilement accessibles (canopée, crevasses, cratères volcaniques, œil d’une tornade, etc.),
• la livraison de petits colis (particulièrement lorsque les voies terrestres sont inutilisables) ou l’acheminement du courrier dans les localités isolées.

Références :
Copel É. Drones à tout faire. La Revue 2017; no 73: 89-91.
Drone

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sauna finlandais

30 août 2018

L’hygiène corporelle en Europe

Beaucoup de peuples ont intégré la fréquentation du bain public dans leur culture.

En plus d’un amphithéâtre et d’une arène, toute ville romaine de taille importante aspirait à posséder des bains publics (appelés thermes), à l’image de ceux de Rome.

Après la chute de l’Empire, les ‘étuves’ médiévales ont succédé aux bains romains.

Mais ces établissements étaient un croisement entre le bain public et la maison close. De plus, l’eau de leurs bassins était une soupe à microbes puisque la chlorination de l’eau n’avait pas encore été inventée.

Lieux de perdition, les étuves seront fermées en grand nombre au cours de la Contreréforme.

Au XVIe et XVIIe siècle, la médecine croit que la leçon à retenir des grandes épidémies de choléra des siècles antérieurs, c’est que l’eau est néfaste à la santé.

L’hygiène corporelle se limite alors au lavage du visage et du torse. On soutient même qu’une odeur corporelle forte est un signe de vigueur physique et de santé.

Il vaudra attendre le XVIIIe siècle pour que des médecins associent le bain froid à l’hygiène.

Dans les villes où les immeubles n’ont pas l’eau courante, on se remettra à construire des fontaines publiques (pour l’approvisionnement en eau potable), mais aussi des bains publics.

Le sauna unifamilial

Durant tout ce temps, les Finlandais étaient demeurés le peuple le plus propre d’Europe, grâce à la fréquentation du sauna.

Dès le XIIe siècle, les saunas ont pris la forme de petits chalets à l’écart de la résidence où les baigneurs nus se frappaient de manière intermittente avec des branches de bouleau et finissaient par se verser de l’eau tiède.

Le culte luthérien s’est répandu en Finlande parce qu’il ne s’est jamais opposé à l’habitude séculaire du sauna, contrairement à d’autres confessions chrétiennes qui ont toujours eu une relation conflictuelle avec la nudité.

Selon les saisons et les préférences personnelles, la fréquentation du sauna pouvait varier. Toutefois, le samedi soir était traditionnellement le jour du sauna, celui où tous les Finlandais se baignaient, et ce afin de se présenter propres et bien-vêtus aux offices religieux du lendemain.

À travers les siècles, la principale évolution des saunas a concerné la chaudière, originellement en pierre, remplacée par le poêle à bois en fonte, puis par le poêle électrique, le plus sécuritaire de tous.

La popularité du sauna a même influencé le développement urbain à Helsinki. Au XIXe siècle, le service des incendies a imposé une largeur minimale des nouvelles rues de manière à limiter la propagation des incendies, à une époque où presque toutes les maisons de la ville étaient en bois.

La nécessité du sauna

On estime que 99% des Finlandais fréquentent régulièrement des saunas. Dans une collectivité, lorsqu’une pratique est généralisée, c’est toujours parce qu’elle correspond à une nécessité.

La maison traditionnelle finlandaise était sombre, peu fenestrée, surpeuplée, et fréquentée par des animaux de compagnie, voire des petits animaux de la ferme.

‘Pasteurisé’ ou stérilisé en raison de sa température, le sauna était le seul édifice hygiénique de l’habitat finlandais. Voilà pourquoi les accouchements s’y déroulaient. Les femmes y trouvaient de l’eau propre, la tranquillité et l’intimité qui leur était nécessaire.

Lieu sacré rituel, c’est également là où on lavait les morts avant leur enterrement.

Le bienêtre physique et la détente ressentis à l’issue d’une séance au sauna procuraient le plus grand bien aux paysans qui revenaient accablés par le labeur aux champs ou par le travail en forêt.

Mais il serait réducteur de ne voir dans le sauna finlandais qu’un lieu de détente. Par-dessous tout, le sauna est le lieu par excellence pour tisser des liens sociaux.

Le Finlandais qui vous invite à partager sa table ou mieux, qui vous invite à son sauna, vous fait une grande faveur.

Dans les années 1950, certaines des négociations en vue de la signature d’un traité de coopération entre la Finlande et la Russie se sont déroulées dans le sauna personnel du président finlandais Urha Kekkonen.

On peut facilement imaginer le président russe Nikita Khrouchtchev, nu devant son homologie finlandais, utiliser un ton moins autoritaire que celui qu’il aurait employé s’il était revêtu de sa tunique militaire bardée de médailles. D’autant plus que dans un sauna exigu, tout haussement de ton est désagréable même pour celui qui perd patience.

L’accession des femmes aux postes décisionnels a toutefois rendu caduque l’habitude finlandaise de mener des négociations commerciales, industrielles ou politiques dans des saunas.

Le sauna public

Au début de l’urbanisation du pays, il était possible de construire un sauna dans la cour de la maison unifamiliale. Mais au tournant du XXe siècle, l’apparition d’immeubles à logements a entrainé la création des saunas publics.

Sauna Kotiharjun
Sauna Arla

C’est ainsi que s’est développée l’habitude des ouvriers d’aller au sauna le vendredi soir après le travail ou de se donner rendez-vous le jour du sauna (encore plus fréquenté). Comme ici, au Québec, on pouvait se retrouver à la taverne le jour de la paie (soit le jeudi).

C’est ce phénomène auquel on peut encore assister dans les derniers saunas publics d’Helsinki.

Dans les saunas finlandais, les baigneurs sont nus. Voilà pourquoi femmes et hommes se baignent séparément. Contrairement aux saunas unifamiliaux, à l’intérieur desquels parents et enfants prennent place ensemble.

La multiplication des saunas électriques, parfaitement sécuritaires, et adaptables aux appartements des immeubles locatifs modernes, a toutefois diminué d’autant la fréquentation des saunas publics.

Sauna Kulttuuri

Le sauna Kulttuuri échappe à ce phénomène parce qu’il est situé à quelques pas d’une résidence étudiante à l’intérieur de laquelle les chambrettes sont trop petites pour qu’on puisse y installer des saunas individuels.

Fermés les lundis et parfois les mardis, les saunas publics ouvrent en milieu d’après-midi et ferment entre 20h et 21h30. Leur pic de fréquentation se situe entre 18h et 19h.

Ils se distinguent facilement des très rares saunas de débauche qui n’ouvrent qu’en fin de soirée pour la nuit.

Le sauna pour touristes

Décimés par la mode des saunas unifamiliaux, les derniers saunas publics d’Helsinki sont menacés par l’industrie touristique.

On voit mal comment la convivialité qui règne dans un sauna public pourrait résister à des vagues de touristes venus en autocar pour prendre leur autoportrait devant des travailleurs à moitié nus en train de se rafraichir à l’extérieur de l’établissement.

Allas Sea Pool

À des fins touristiques, on a créé à Helsinki des complexes aquatiques, propres et modernes, à l’intérieur desquels les saunas n’exigent pas la nudité, rébarbative à de nombreux touristes qui n’y sont pas habitués.

Ces saunas offrent le pittoresque des saunas finlandais sans l’essentiel; l’interaction sociale puisque fréquentée par des gens qui ne se connaissent pas et qui n’ont souvent aucune intention de faire connaissance.

Tout comme le Grand Prix de la Formule 1 attire son lot de prostitués, il n’est pas exclu de penser que les saunas pour touristes puissent attirer une clientèle indésirable.

L’industrie du sauna en Finlande

De nos jours, on compte plus de deux-millions de saunas en Finlande, un pays de 5,4 millions d’habitants.

Exemple de boutique d’accessoires de sauna

En raison de leur popularité, les saunas ont permis le développement d’une véritable industrie, offrant différents types de saunas (sec, humide, à la vapeur), des accessoires (seau d’eau en bois, louche, thermomètre, hygromètre, sablier, pierres de poêle, luminaires, etc.), et des cosmétiques dédiés aux soins de la peau.

Sauna Alvarin

Afin d’offrir le sauna aux invités à une réunion sociale qui se tient dans un lieu dépourvu de sauna, Sauna Alvarin est un sauna ambulant construit dans une caravane en bois.

Le forfait de location comprend le transport de la caravane, les serviettes, le bois de combustion, l’eau, et la présence d’un maitre de sauna. Celui-ci est responsable du chauffage et du bon fonctionnement du sauna.

SaunaShip

SaunaShip est un sauna maritime que des groupes peuvent louer pour effectuer des excursions dans l’archipel d’Helsinki. Facultatives sont la restauration à bord et les escales sur les iles dotées d’équipements sportifs.

Conclusion

Les saunas finlandais sont des lieux privilégiés d’interaction sociale.

Dans certains sociétés, la cohésion sociale est obtenue par la crainte ou la haine d’un ennemi commun. Dans d’autres sociétés, cette cohésion est obtenue par un patriotisme exacerbé.

Jusqu’ici en Finlande, c’est la fréquentation du sauna — à l’instar de la fréquentation des thermes romains — qui permet de tisser un vaste réseau de liens sociaux et de nourrir l’identité nationale.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 (sauf la première photo)
1re photo : inconnu
2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
3e  photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm
5e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 29 mm
6e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
7e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le transport en commun finlandais : les titres de transport

28 août 2018

À Helsinki, il y a trois moyens d’acheter des titres de transport :
• auprès de machines distributrices dans les gares,
• au dépanneur (appelé supérette en France) et
• sur l’internet.

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Les titres de transport vendus par des distributrices dans les gares s’apparentent aux correspondances utilisées autrefois à Montréal.

Ce sont des billets de papier. Leur période de validité débute au moment de l’émission.

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Par contre, les titres de transport disponibles au dépanneur sont en carton plastifié.

Leur couleur varie selon qu’ils sont à usage unique (bleu) ou à usage multiple d’une durée déterminée (jaune banane pour une carte valide pour une semaine).

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Ils contiennent un circuit électronique en sandwich entre deux couches de papier plastifié. Ce circuit électronique permet de les programmer.

C’est ainsi que l’émetteur de la carte vous demandera l’étendue de la zone à l’intérieur de laquelle s’effectueront vos déplacements.

Pour Helsinki et sa banlieue, la carte unique coute 2,9€. Pour aller de la capitale à l’aéroport (ou l’inverse), c’est 5€. Et le prix sera plus important si on veut se rendre dans les régions éloignées du pays.

Pourtant, extérieurement, la carte à usage unique est toujours la même (c’est-à-dire bleue).

Quant à la carte valide pour une semaine, elle coute 36€ lorsqu’on compte l’utiliser dans Helsinki et sa région immédiate.

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Contrairement au billet sur papier, on peut différer le début d’utilisation d’une carte à circuit électronique. C’est au moment où cette carte est initialisée ou ‘compostée’ par un lecteur que débute sa période de validité.

Les passagers n’ont pas à présenter leur carte à un lecteur pour utiliser le transport en commun. Seul celui qui utilise la sienne pour la première fois doit le faire : toute négligence de sa part est l’équivalent d’emprunter le transport en commun sans payer.

Cette obligation est la même pour la personne qui a acheté son titre de transport à l’aide d’une application pour appareil mobile.

L’initialisation se fait en présentant son téléphone multifonctionnel à un lecteur, comme on le fait avec une carte à circuit électronique.

À Montréal, on a installé des tourniquets qui bloquent l’accès au métro à moins de présenter un titre de transport valide.

Ce n’est pas le cas à Helsinki. On entre librement dans les stations de métro et dans les gares ferroviaires.

En raison de cette absence de tourniquets, il n’y a jamais de congestion à l’entrée du métro ou des gares.

Un certain nombre de patrouilleurs assurent la sécurité. Dans le cas du métro, ils ne sont pas attitrés à une station en particulier, mais vont de station en station en empruntant le métro.

Quant aux contrôleurs, dès que les portes d’un train se ferment, ils vérifient (à l’aide d’un lecteur mobile) si tous les passagers sont détenteurs d’un titre valide. Puis ils débarquent à la gare suivante et vont de train en train pour effectuer leur travail.

En présence d’un utilisateur fautif, les contrôleurs ont le pouvoir discrétionnaire d’imposer l’amende (80€) ou l’achat du titre que le passager aurait dû se procurer. Le paiement se fait alors à l’aide du téléphone multifonctionnel du passager pris en défaut.

Si on exclut le personnel nécessaire au bon fonctionnement du matériel roulant, le système de transport en commun de Finlande repose sur un personnel réduit d’une très grande efficacité.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 19 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,0 — ISO 200 — 40 mm
3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le transport en commun finlandais : le matériel roulant

27 août 2018

Introduction

Avec sa population de 5,4 millions d’habitants et un rude climat hivernal, la Finlande est un ‘petit’ pays qui a de nombreux points en commun avec le Québec.

Le texte qui suit vise à présenter les moyens retenus par la Finlande pour desservir sa population en matière de transport. Et ce, en attachant une importance particulière à l’électrification des transports, un domaine où le Québec accuse un retard certain après des années d’immobilisme.

Le réseau routier finlandais

Allongé du nord au sud, le territoire finlandais occupe 338 424 km² soit 22% de la surface du Québec.

Située à l’extrémité sud du pays, Helsinki possède une latitude de 60°10, à mi-chemin entre celle de Montréal (45°37) et le Pôle Nord (90°).

En dépit de ce caractère septentrional, la Finlande s’est dotée d’un réseau routier de 78 162 km qui couvre l’ensemble du pays, toutefois de manière moins dense au nord du pays.

Le Québec a fait un choix différent qui tient compte du fait de sa population concentrée dans la vallée du Saint-Laurent. C’est donc là que se trouve la majorité de nos 185 000 km de routes. Quant à lui, le Grand-Nord est desservi par voie aérienne.

La circulation à Helsinki

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La coexistence des différents moyens de locomotion dans la capitale finlandaise nécessite un aménagement précis du territoire.

Dans les rues les plus importantes, piétons et cyclistes voyagent en périphérie, les tramways circulent au centre (encadrés par des embarcadères surélevés), alors que voitures, camions et autobus circulent entre les deux.

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Lorsque les tramways empruntent des rues plus étroites, ils perdent leurs voies réservées et se déplacent là où circulent les voitures.

Les tramways

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Helsinki possède deux modèles de tramways. Le vieux modèle ci-dessus et un modèle plus récent, aux mêmes couleurs, présenté sur la photo précédente.

Les uns et les autres ont le même empattement puisqu’ils sont susceptibles d’emprunter les mêmes voies ferrées.

Dans tous les cas, les passagers peuvent accéder aux tramways par n’importe quelle de leurs portes.

Les autobus

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Les autobus d’Helsinki ressemblent à ceux de Montréal. Dans certains cas, on n’y accède que par la porte située près du chauffeur.

Ils sont climatisés. Toutefois, cette climatisation n’est pas prévue pour le simple confort des passagers mais pour éviter les coups de chaleur. Par temps chauds, elle est donc mise en marche que pour ramener la température intérieure au niveau de la température extérieure, sauf en cas de canicule où là, la climatisation plus intense.

Le vélo-partage

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Tout comme Montréal, Helsinki a son système de vélo-partage.

Inauguré en 2016, il se compose de 1 500 vélos répartis dans 150 stations.

Le tarif est de 5€ par jour pour un nombre illimité de trajets qui ne doivent pas excéder trente minutes chacun.

Le métro

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Inauguré en 1982 et prolongé une vingtaine d’années plus tard, le métro d’Helsinki est le plus nordique au monde.

À l’origine, son but était principalement économique. Il coutait moins cher de faire face à la croissance rapide de la population en enfouissant sous terre l’augmentation prévue des déplacements.

En somme, pour éviter d’augmenter le nombre de tramways et d’autobus en surface — ce qui aurait congestionné la circulation automobile et nécessité la construction de plus de routes et d’autoroutes — on a fait un métro.

Or le réseau initial reliait le centre-ville à l’université d’Helsinki et à des quartiers où demeuraient de fortes concentrations de retraités et de salariés à faible revenu. Bref, on ciblait les utilisateurs des transports publics.

Les stations du métro originel ont l’air un peu datées. Les stations nées de son prolongement sont plus modernes (voir photo ci-dessus).

Les trains

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Afin de relier Helsinki à sa banlieue et aux autres villes du pays, la Finlande a développé un réseau de trains.

À l’époque de la création du réseau, en 1862, la Finlande était un duché russe. L’écartement des rails obéit donc au standard russe (1,542m). Celui-ci est plus large que l’écartement du standard de l’Union internationale des chemins de fer (1,435m).

Pour desservir un territoire qui représente 22% de la taille du Québec, le réseau finlandais est de 5 865 km de voies ferrées, soit à peine moins qu’au Québec (6 678 km).

Contrairement au réseau routier — qui dessert assez bien l’ensemble du territoire national — le réseau ferroviaire dessert très peu le nord du pays.

L’efficacité du réseau est telle que le nombre de véhicules en Finlande est de 4,95 millions d’unités (dont 2,85 millions de voitures), alors qu’au Québec, il est de 8,49 millions d’unités (dont 5,59 millions de voitures).

C’est 627 véhicules en Finlande par mille personnes, comparativement à mille véhicules par mille personnes au Québec (soit un véhicule par personne).

C’est en 1968 que la Finlande a débuté l’électrification de son système ferroviaire. Un demi-siècle plus tard, c’est le cas de près de la moitié du réseau. Mais c’est la partie la plus utilisée. Si bien que la traction électrique est responsable de 65% des déplacements par chemin de fer.

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Une bonne partie des tablettes situées près des fenêtres portent un symbole qui indique aux passagers que des prises de 230 volts se trouvent sous ces tablettes afin de permettre la recharge ou la connexion électrique d’appareils mobiles.

Discussion

Depuis des décennies, la Finlande a investi des sommes considérables afin de se doter d’un vaste réseau de transport en commun, viable et efficace.

La création du métro d’Helsinki visait à enfouir sous terre l’augmentation prévue des déplacements de la circulation en surface dans la capitale finlandaise.

De la même manière, la création de son important réseau ferroviaire visait à prévenir une augmentation de la circulation automobile qui aurait nécessité des investissements encore plus importants dans la croissance du réseau routier.

Cette stratégie a fonctionné. Pour chaque tranche de mille citoyens, il y a 373 véhicules de moins sur les routes et autoroutes finlandaises en comparaison avec celles du Québec.

Cela équivaut, par exemple, à faire disparaitre 694 000 véhicules qui encombrent les voies de circulation sur l’ile de Montréal.

Pour l’ensemble du Québec, c’est comme enlever 3,1 millions de véhicules de nos routes.

Depuis toujours, des politiciens québécois cherchent à se faire élire ou réélire en promettant de créer plus de routes, plus d’autoroutes, et plus de ponts pour pallier aux problèmes survenus en dépit des kilomètres de routes, d’autoroutes et de ponts que d’année et année on ajoute au système routier québécois.

L’exemple finlandais devrait nous inciter à nous demander si cela est la meilleure solution…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
 1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm
 2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
 3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
 4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
 5e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
 6e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 15 mm
 7e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
 8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 15 mm
 9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm
10e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 19 mm
11e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm
12e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Nettoyer la statue de Macdonald, un gaspillage des fonds publics

23 août 2018

Introduction

La statue montréalaise de l’ex-premier ministre John-A. Macdonald a récemment été éclaboussée de peinture rouge par des manifestants qui l’accusent d’être un suprémaciste blanc.

À plusieurs reprises, cette statue a été la cible de vandales. Elle a même été décapitée en 1992, à l’occasion du centième anniversaire de la pendaison de Louis Riel (que Macdonald avait ordonnée).

Gloire et déchéance de Macdonald

Avant de devenir premier ministre du Canada (de 1867 à 1873, puis de 1878 à 1891), John-A. Macdonald fut l’un des principaux artisans de l’adoption du British North America Act, cette loi britannique qui servit de constitution à la Confédération canadienne de 1867 à 1982.

Durant ses mandats à la tête du pays, le territoire canadien se prolongea vers l’Ouest pour s’étendre finalement d’un océan à l’autre.

En raison de l’éclat indéniable de ses réalisations, il fut longtemps considéré comme le ‘père de la Confédération canadienne’.

Pourtant, depuis quelques années, ses statues sont vandalisées d’un bout à l’autre du pays. De plus, le gouvernement canadien cessera, en 2018, d’imprimer des billets de banque à son effigie.

Qu’est-ce qui lui vaut aujourd’hui un tel discrédit ?

C’est que Macdonald est devenu infréquentable parce qu’il fut responsable de la plus grande entreprise génocidaire de l’histoire canadienne.

Le travail génocidaire de Macdonald

En 1649, Oliver Cromwell envahit l’Irlande dans le but de déposséder les Irlandais de leurs terres et de les confier à des colons anglais. À cette occasion, les soldats anglais exterminèrent entre le tiers et la moitié des habitants de l’ile.

De manière analogue, le gouvernement colonial de Macdonald entreprit de déposséder les Métis des territoires qu’ils occupaient depuis des siècles. Après avoir exigé d’eux qu’ils présentent des titres de propriété — ce qu’aucun autochtone en Amérique du Nord n’était en mesure de faire — les Métis étaient forcés de quitter leurs terres.

Parallèlement, John-A. Macdonald créait au Canada — à l’image de ce que faisaient les États-Unis depuis 1851 — des réserves à l’intérieur desquels les Indiens dépossédés étaient forcés de vivre en vertu d’un apartheid juridique.

Le gouvernement colonial canadien forçait les Premières Nations à abandonner des terres ayant un bon potentiel agricole ou riches en ressources naturelles, pour se retrouver finalement sur des réserves éloignées et marginales du point de vue économique.

Ce n’est pas le colonialisme anglo-saxon qui a créé les ghettos mais ceux-ci en sont une caractéristique essentielle. Qu’il s’agisse des ghettos sur scène créés pour éviter les reproches d’appropriation culturelle ou les ghettos urbains créés par l’aménagement du territoire sous un régime colonial de type britannique.

En 2013, le professeur James Daschuk de l’Université du Manitoba publiait la thèse universitaire intitulée ‘La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone’.

Cette publication de 366 pages s’est mérité le prix attribué par le Gouverneur général du Canada au meilleur livre savant en histoire canadienne. Ironiquement, ce prix s’appelle ‘Prix Sir-John-A.-Macdonald’.

Ce livre est un accablant réquisitoire qui accuse John-A. Macdonald d’avoir voulu exterminer par la famine les Amérindiens des Prairies. C’est depuis la publication de ce livre que l’opinion publique canadienne s’est retournée contre Macdonald.

Les pensionnats autochtones

Le 9 mai 1883, pour faire adopter sa politique des pensionnats, Macdonald déclarait à la Chambre des communes :

« Lorsque l’école est sur la réserve, l’enfant vit avec ses parents, qui sont sauvages; il est entouré de Sauvages, et bien qu’il puisse apprendre à lire et écrire, ses habitudes, son éducation domestique, et ses façons de penser restent celles des Sauvages. En un mot, c’est un Sauvage capable de lire et d’écrire.

On a fortement insisté auprès de moi (…) pour soustraire autant que possible les enfants sauvages à l’influence de leurs parents. Or, le seul moyen d’y réussir serait de placer ces enfants dans des écoles industrielles centrales, où ils adopteraient les habitudes et les façons de penser des Blancs.

En 1883, le gouvernement fédéral établit trois grands pensionnats pour les enfants des Premières Nations dans l’ouest du Canada. Au cours des années qui suivirent, le système connut une croissance considérable.

Selon le rapport annuel du ministère des Affaires indiennes de 1930, il y avait quatre-vingt pensionnats en activité partout au pays.

Les derniers pensionnats financés par le gouvernement colonial canadien sont demeurés en activité jusqu’à la fin des années 1990. Au total, environ 150 000 enfants autochtones y furent admis. On estime qu’environ six-mille d’entre eux y sont morts de maltraitance, de maladie ou par suicide.

Leur but était d’assimiler de force les Autochtones. La police venait littéralement arracher les enfants des bras de leur mère. On interdisait aux pensionnaires de parler autre chose que l’anglais. Et on séparait les membres d’une même famille en différents pensionnats pour qu’ils n’aient plus personne sur lequel s’accrocher.

Puis, à la fin de leurs études, on les renvoyait dans leurs communautés alors que tout ce qu’on leur avait enseigné (religion, lecture, écriture, notamment) n’avait aucun rapport avec la lutte pour leur survivance dans leur réserve. Selon le témoignage des chefs autochtones de l’époque, ils éraient des bons à rien.

Loin de leur famille et de leur communauté, sept générations d’enfants autochtones ont été privés de leur identité à la suite d’efforts systématiques et concertés visant à anéantir leur culture, leur langue et leur esprit.

Et ce, sans compter les dizaines de milliers d’abus sexuels qui laissèrent aux victimes la marque indélébile de la honte et de la culpabilité.

En somme, les pensionnats complétaient les réserves. Les réserves visaient à réduire le nombre d’Autochtones; les pensionnats visaient au génocide culturel de ceux qui y survivraient.

Conclusion

Revenons au cas de cette statue montréalaise éclaboussée de peinture.

Lorsque l’État dresse un monument à la gloire d’un personnage ayant réellement existé, il rend un hommage collectif à un bâtisseur de la nation où à un héros qui l’a protégé d’un péril.

Cette commémoration est à la fois un acte de reconnaissance rendu au nom du peuple et un appel au dépassement. Comme si on affirmait implicitement : « Voyez comment des gens issus de cette nation peuvent être grands.»

D’autre part, les mentalités changent. À la suite des Révolutions, les statues aux noms des héros de l’ancien régime sont souvent déboulonnées.

De la même manière, il arrive que les citoyens en viennent à trouver inacceptable qu’on leur propose comme édifiants des modèles qui méritent le mépris.

C’est le cas de John-A. Macdonald. Voilà pourquoi, partout à travers le Canada, les voix s’élèvent pour qu’on détruise les monuments indécents élevés à sa gloire.

Éclabousser cette statue de peinture est un vandalisme mineur puisqu’il n’abime pas l’œuvre. Cela se justifie lorsque les pouvoirs publics demeurent sourds au gros bon sens; on ne rend pas hommage à un chef d’État génocidaire. Les Allemands l’ont bien compris. Je ne vois pas pourquoi on devrait agir autrement au Canada.

Au contraire d’un méfait, éclabousser cette statue de peinture est une manière économique de transformer un hommage en acte de réprobation populaire. C’est une manière de dire « Honte à toi, John-A. Macdonald, pour ce que tu as fait.»

Rares sont les fois où le vandalisme se justifie : c’est le cas cette fois-ci.

Au fond, ce que les vandales ont fait, c’est ce que la ville n’a pas eu l’idée de faire elle-même par manque d’imagination; transformer un hommage en acte de désapprobation à l’aide d’un peu de peinture.

Voilà pourquoi la ville devrait s’abstenir de nettoyer cette statue. Procéder à son nettoyage n’est rien d’autre qu’un gaspillage des fonds publics.

Références :
Aboriginal nutritional experiments had Ottawa’s approval
À quand le limogeage de John A. Macdonald?
Cartes : 1667-1999
Déboulonner Macdonald au nom de la réconciliation
Des vandales couvrent de peinture sur la statue de John A. Macdonald à Montréal
John A. Macdonald
La destruction des Indiens des Plaines. Maladies, famines organisées, disparition du mode de vie autochtone

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Helsinki : mes petits amis d’Huopalahti

21 août 2018

Huopalahti est une banlieue située à 5,5km au nord de la gare Centrale d’Helsinki.

C’est là où se trouvait l’appartement que j’avais loué pour ce voyage.

Fenêtre de la cuisine, vue de l’extérieur

Sa cuisine était éclairée par une minuscule fenêtre près de laquelle poussait un if.

La Finlande étant le pays le plus boisé d’Europe — elle est boisée à 86% — il est usuel que des arbres y poussent à proximité des maisons. Ma cuisine n’avait donc rien d’exceptionnel.

Arille rouge de l’if

L’arbre dont il est question (l’if) est un conifère qui possède la caractéristique de donner naissance à des graines qui ne sont pas contenues dans des cônes rigides, mais simplement enveloppées d’une gaine charnue, sucrée et mucilagineuse qu’on appelle arille.

L’arille est la seule partie de l’arbre qui ne soit pas toxique.

Fenêtre de la cuisine

En raison de la proximité de l’if, ma cuisine pouvait servir de poste d’observation ornithologique, comme s’il s’agissait d’une cabane construite à la cime des arbres.

Le conifère attirait les oiseaux tout au cours de la journée. Mais ils étaient plus nombreux vers 7h30.

Comme si, après la levée du jour, les oiseaux partaient déjeuner selon un circuit qui les amenait à mon arbre à cette heure-là.

Dans la deuxième moitié de ce voyage, j’avais pris l’habitude de prendre mon appareil-photo et de me placer à l’affut des petites bêtes qui me rendraient visite.

Voici quelques-unes d’entre elles.

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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (3e photo), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re et 2e photos), M.Zuiko 75 mm F/1,8 (les autres photos)
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 40 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 9 mm
4e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 75 mm
5e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
6e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 3200 — 75 mm
7e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 75 mm

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| Récit du voyage à Helsinki, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Helsinki : jour 18

18 août 2018

Aujourd’hui, c’est le dernier jour de ce voyage.

J’ai décidé de me faire plaisir. Mon programme est simple : aller prendre quelques photos qui me manquent du centre-ville et aller me baigner à l’Allas Sea Pool.

À la place Narinkkatori

Parmi les endroits que je n’avais pas photographiés jusqu’ici, il y a cette structure dont j’ignore l’utilité et qui vient à peine d’être achevée.

J’emprunte ensuite la rue Aleksanterinkatu vers l’est et arrive à l’Allas Sea Pool vers 14h30. Le prix d’entrée est de 14€ pour un adulte et de 7€ pour un enfant de 3 à 12 ans. Le prix de location d’une serviette est de huit euros. J’ai donc apporté la mienne.

Après avoir acquitté le prix d’entrée, on vous remet un bracelet électronique qui déverrouille les entrées et les sorties du site, de même que le casier que vous choisirez.

Bracelet électronique de l’Allas Sea Pool

Dans ce dernier cas, en enfonçant le verrou d’un casier à l’aide du bracelet, celui-ci retient son code et ne permettra qu’on accède à son contenu qu’en se servant du même bracelet.

Dans les saunas, le port du costume de bain est facultatif. Voilà pourquoi hommes et femmes ont des saunas séparés.

Cet après-midi-là, la majorité des hommes ont porté le maillot au sauna, de même que tous les enfants.

Sur le site extérieur, le maillot est obligatoire. Si vous désirez vous rendre au bistro du complexe récréatif, il est recommandé de porter des sandales ou des souliers parce qu’il pourrait y avoir des débris de verre au sol, ce qui n’est pas le cas ailleurs.

Complexe récréatif Allas Sea Pool

Il y a trois piscines à l’Allas Sea Pool. Sur la photo ci-dessus, la piscine à gauche et la barboteuse au centre sont chauffées à 27 degrés Celsius alors que celle à droite offre l’expérience unique de vous baigner dans de l’eau de la mer Baltique à 15 ou 16 degrés.

Vous noterez sur la photo ci-dessus que cette dernière est moins fréquentée.

Entre les piscines et l’édifice au premier plan — qui abrite les salles de déshabillage, les douches et les saunas — une terrasse permet aux clients de sa prélasser au soleil.

Exposées au vent, ces trois piscines sont un peu distantes du sauna. Par une journée moins chaude qu’aujourd’hui, apporter son peignoir est le luxe ultime.

Cathédrale luthérienne, vue du SkyWheel Helsinki

Vers 17h, j’ai quitté le complexe récréatif pour le SkyWheel Helsinki. Le tout dure environ douze minutes et vous effectuerez trois ou quatre lentes révolutions.

La soirée sera passée à nettoyer l’appartement et à préparer mes valises.

Sur mon iPad, j’ai mis l’alarme à 2h45 de manière à arriver à l’aéroport plus de deux heures avant le décollage.

Mais arrivé à la gare de Huopalahti (près de laquelle j’habite), je découvre qu’il n’y a pas de train pour l’aéroport entre 1h27 et 5h27. Or l’heure ultime pour confier mes bagages à ma compagnie aérienne est 6h19.

Je me dis que j’arriverai donc un peu juste aux comptoirs de KLM. Mais la compagnie en a probablement vu d’autres en décidant d’un vol qui quitte Helsinki à 7h.

Le train de 5h27 arrive à l’aéroport à 5h52. Au comptoir de KLM, il n’y a pas d’attente. L’enregistrement de mes bagages est complété à 6h03. Il ne reste un peu moins de trente minutes pour passer la sécurité et me rendre à la porte où je prendrai l’avion pour Amsterdam, puis un autre pour Montréal.

Sur le vol à destination de Montréal, j’achète au prix de 5€ un forfait pour 20 Mo de téléversement sur l’internet. Cela est suffisant pour téléverser ce dernier récit de voyage, de même que les quatre photos qui l’accompagnent.

En d’autres mots, le texte que vous lisez a été publié à douze kilomètres d’altitude. Il a toutefois été modifié à postériori pour relater ce qui suit et qui est survenu depuis.

À l’aéroport de Montréal, afin d’éviter le service pourri de la ligne d’autobus No 747, j’ai voulu prendre un taxi Théo.

Mais la réservation se fait à l’aide d’un téléphone multifonctionnel. Or je n’apporte jamais le mien en vacances et je ne l’ai donc pas à mon retour de voyage.

Au poste des taxis Théo, un jeune Montréalais originaire de Toulouse attend l’arrivée du taxi qu’il a réservé. Je lui offre de partager la course. Ce qu’il a aimablement accepté.

Comme convenu, on me débarque à une station de métro. Et me voilà rendu chez moi.

C’est ainsi que s’achève mon séjour dans la capitale finlandaise.

Dans les jours qui viennent, je vous parlerai de la planification de ce voyage et de la vie à l’appartement. Puis je terminerai en vous parlant de la place des saunas dans la vie des Finlandais.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 16 mm (à gauche)
2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 15 mm (à droite)
3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 22 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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