L’excellence allemande déployée au Louvre

Publié le 24 octobre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes

Böcker est une entreprise familiale qui fabrique en Allemagne des grues, des tapis roulants inclinés et des monte-meubles.

Ces derniers permettent, de l’extérieur d’un édifice, de monter au bon étage des meubles lourds et difficiles à manipuler.

Parmi les modèles offerts se trouve le monte-meuble Agilo.

Celui-ci peut soulever un meuble à une hauteur de 55 mètres grâce à un plateau horizontal ou une nacelle qui glisse le long d’une échelle télescopique.

Jusqu’ici, les produits Böcker étaient limités aux entreprises en construction ou en déménagement.

Afin de diversifier ses marchés d’exportation, Böcker fait paraitre ces jours-ci une réclame intitulée « QUAND LES CHOSES DOIVENT ALLER VITE ». On y voit le monte-meuble utilisé par les cambrioleurs du Louvre.

Dans le coin supérieur droit, on peut lire le slogan ’Böcker – Le chemin vers les sommets’. Et sous ce titre, le texte :

Le modèle Agilo de Böcker transporte vos trésors pesant jusqu’à 400 kg à la vitesse de 42 mètres par minute, silencieusement, grâce à son moteur électrique de 230 volts.

Il s’agit-là d’un très bel exemple de coopération franco-allemande où le plus grand musée du monde met en valeur la technologie allemande…

Référence : ‘Quiet as a whisper’: German firm launches ad campaign after lift used in Louvre heist

Paru depuis : Cambriolage du Louvre : le document oublié qui accable le musée (2025-11-25)

Laissez un commentaire »

| Humour | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’inéligibilité de Sarkozy : les juges vs la souveraineté du peuple

Publié le 22 octobre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Les tribunaux, les prisons, la police et l’armée constituent les quatre moyens répressifs de l’État.

Dans le cas des magistrats, c’est l’État qui les nomme, qui les paie, qui construit et entretient leurs lieux de travail (les palais de Justice), qui leur fournit tout le personnel de soutien dont ils ont besoin dans l’accomplissement de leurs tâches, et qui rend exécutoires leurs décisions.

À la lumière de l’affaire Sarkozy, on doit se demander jusqu’où peuvent aller les tribunaux lorsqu’ils sanctionnent les délits ou les crimes commis par des politiciens. Et ce, sans devenir des complices du pouvoir.

L’égalité de tous devant la loi

Lorsqu’un politicien commet un crime (un homicide, par exemple) ou un délit (ex.: un excès de vitesse), il devrait être puni comme n’importe quel citoyen.

L’application de ce principe pose problème lorsqu’une législation vise à sanctionner des actes qui ne peuvent être commis que par des politiciens, comme la fraude électorale (qui est beaucoup plus large que la fraude financière).

De plus, parmi les sanctions que peut imposer une Cour constitutionnelle, il y a la peine d’inéligibilité. Priver un politicien du droit de se présenter à une élection correspond à une peine de mort politique.

Tout comme la peine capitale, elle ne devrait être prononcée que dans des cas gravissimes, à partir de preuves hors de tout doute raisonnable. Malheureusement, ce n’est pas le cas.

Ce qu’on voit plutôt, particulièrement en Europe de l’Est, ce sont des tribunaux qui prononcent des peines d’inéligibilité à partir de simples soupçons qui, une fois l’élection passée, se révèlent faux.

Et pour justifier l’arbitraire des magistrats, la Cour européenne des droits de la personne rendait le 6 mars 2025 un jugement dans lequel elle affirme que le droit à des élections libres et démocratiques n’est pas garanti dans le cas d’une élection présidentielle.

En d’autres mots, les juges ont parfaitement le droit de priver le peuple de son droit de choisir leur président.

De plus, il suffit que les détenteurs du pouvoir discrétionnaire d’intenter des poursuites reçoivent l’ordre de s’en abstenir dans le cas du chef de l’État ou de ses ministres, pour faire en sorte que le bras vengeur de la Justice ne s’abatte que sur ceux qui menacent le pouvoir établi.

En 1997, à l’époque où Roland Dumas était président du Conseil constitutionnel de France, celui-ci a interdit à tout juge d’instruction de se mêler des affaires pénales d’un président en exercice.

Conclusion

Lorsqu’on confie à la magistrature le pouvoir de condamner quelqu’un à une peine d’inéligibilité, cela correspond au pouvoir des juges de priver le peuple de son droit de choisir ses dirigeants.

Ce pouvoir exceptionnel se justifie exclusivement dans un cas très précis : lorsqu’on est condamné pour tentative de coup d’État.

Par définition, un coup d’État a pour but de s’emparer du pouvoir indépendamment de la volonté populaire. C’est une négation de la souveraineté du peuple et conséquemment, un crime contre la Démocratie qui mérite l’emprisonnement et la peine de mort politique, soit l’inéligibilité.

Les peines d’inéligibilité prononcées ou confirmées cette année contre François Filion, Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy — et celles prononcées antérieurement contre Henri Emmanuelli (en 1996), Alain Juppé (en 2004), Jean Tiberi (en 2013), Yamina Benguigui (en 2016), Serge Dassault (en 2017), Thomas Thévenoud (en 2017), Léon Bertrand (en 2018), Jérôme Cahuzac (en 2018), et Patrick Balkany (en 1997 et en 2023) — sont autant d’abus de pouvoir de la part de la magistrature française.

L’idée que les magistrats seraient dotés d’une supériorité morale qui justifierait leur pouvoir de régenter la démocratie est l’expression du mépris d’une caste sociale richissime qui cache ses propres turpitudes derrière le secret dont elle s’entoure.

Paru depuis : Chantage à la sextape : Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne, condamné à quatre ans de prison ferme et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate (2025-12-01)
Des peines d’inéligibilité requises contre le maire d’Orange, Yann Bompard, et la députée RN Marie-France Lorho (2025-12-18)

Laissez un commentaire »

| Justice, Politique internationale | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Drones : quand la russophobie tourne à la névrose

Publié le 20 octobre 2025 | Temps de lecture : 5 minutes

La semaine dernière, un quotidien montréalais publiait un texte visant à souligner la vulnérabilité du Canada aux drones.

On comprend que le survol d’un aéroport danois par un drone d’origine inconnue puisse paralyser temporairement ses opérations. Ou que le survol d’une base militaire ou d’un site ultrasecret européen puisse compromettre la sécurité nationale d’un pays.

Toutefois, on peut se demander quel serait l’intérêt d’un pays ennemi (dirons la Russie) à survoler l’Arctique canadien. Nuire à la chasse aux phoques ? Perturber la migration des troupeaux de caribous ?

Il est indéniable que dans le cadre d’une Troisième Guerre mondiale, la Russie chercherait à détruire, par des missiles, nos barrages hydroélectriques puisque cela perturberait non seulement l’alimentation électrique du Québec, mais également celle des États américains qui dépendent partiellement de notre électricité.

Mais le survol de notre territoire par des drones est d’une importance militaire très limitée.

Drones domestiques vs drones militaires

Il faut distinguer les petits drones domestiques (qui fonctionnent à pile) des drones militaires (qui fonctionnent au carburant).

Lorsqu’on allume une voiture électrique dans des conditions hivernales, la première chose qu’elle fait est de réchauffer les cellules de sa batterie puisque ses performances chutent à basse température. Ce que ne font pas les drones domestiques.

De plus, la distance minimale séparant les côtes russes des côtes québécoises dépasse 3 600 km, soit la distance entre Montréal et Vancouver.

Aucun drone domestique n’est capable d’une telle autonomie. En clair, dans l’Arctique, leur dangerosité pour le Canada est nulle.

C’est ce que Norad a tenté de faire comprendre à la journaliste.

Après s’est fait dire que pour que Norad intervienne contre un drone, l’incident doit être d’une ampleur telle qu’il nécessite une réponse de défense nationale, l’expert Éric Sauvé va plus loin et lui précise subtilement : « En bas d’un certain seuil [de dangerosité], ce n’est pas une préoccupation pour le Norad

Un autre expert consulté ajoute que le fait que faire voler des drones dans le froid polaire représente un défi, en raison de la faible autonomie des batteries et de la glace qui peut se former sur les ailes.

Interrogé quant à savoir si le Canada était capable de détecter la présence de drones sur l’ensemble du territoire canadien, particulièrement en Arctique, le ministère de la Défense ne s’est même pas donné la peine de répondre.

Quant aux drones militaires, un des experts déclare : « un drone de 1,5 mètre, quels dommages ça peut faire ? Pratiquement rien. […] En termes de capacité de collecte [d’informations], c’est très limité aussi

Ce qui est amusant à la lecture de cet article, c’est à quel point la journaliste est sourde à ceux qui tentent de lui faire comprendre la futilité de sa quête.

Elle se laisse donc convaincre par une entrepreneur qui travaille à développer une technologie capable de détecter les drones dans l’Arctique.

Quand celui-ci lui déclare que si un brise-glace hostile naviguant dans les eaux internationales envoyait un drone dans l’espace aérien canadien, il est plus que probable qu’on n’en saurait rien, il ne vient pas à l’esprit de la journaliste que les eaux internationales dans l’Arctique, cela n’existe pas.

En effet, depuis 1986, le Canada estime que les eaux de l’archipel arctique constituent des eaux intérieures, sous souveraineté du Canada. Ce que la Russie ne conteste pas, mais que refusent de reconnaitre les États-Unis.

D’autre part, tous les brise-glaces russes et tous les navires chinois qui naviguent au-delà du cercle polaire le font dans l’Arctique russe, navigable une bonne partie de l’année, et non dans l’Arctique canadien, bloqué onze mois par année.

Conclusion

Depuis 2014, l’Otan, les chefs d’État atlantistes, et les agences de presse occidentales (financées secrètement par Washington) font valoir la nécessité d’augmenter substantiellement nos dépenses militaires.

Déjà, cette fabrication du consentement a rallié une bonne partie des journalistes canadiens.

Le texte du Devoir en est un exemple.

Il est coiffé d’un titre qui ressemble beaucoup plus à une hypothèse de départ qu’à la conclusion d’une démonstration irréfutable. Son plus grand défaut est d’escamoter les couts nécessaires à pallier la menace, mineure selon le Norad, des drones russes.

Parce fondamentalement, nous sommes en présence d’un choix politique; voulons-nous consacrer des sommes colossales à nous protéger d’une invasion militaire russe qui, du moins au Québec, n’arrivera pas ou voulons-nous consacrer cet argent à des fins plus utiles ?

Références :
En Arctique, le Canada vulnérable aux drones
Hausse des dépenses militaires : la fabrication du consentement
La géopolitique de l’Arctique

Laissez un commentaire »

| Géopolitique, Guerre russo-ukrainienne | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Dure semaine pour la cryptomonnaie

Publié le 20 octobre 2025 | Temps de lecture : 5 minutes

Le mini-crash du 10 octobre

En 4 avril 2025, à la suite de l’annonce de tarifs douaniers de 34 % frappant toutes les importations chinoises aux États-Unis, l’indice des bourses occidentales avait piqué du nez. À titre d’exemple, le Nasdaq avait perdu près de cinq pour cent.

Sur le coup, la valeur des cryptomonnaies avait chuté de 13 %.

Par ailleurs, le 7 avril 2025, le ministère américain de la Justice annonçait qu’il renonçait à lutter contre les délits d’initiés concernant les cryptomonnaies, estimant que c’est là une responsabilité des régulateurs financiers. Ce qui mettait la table pour ce qui va suivre.

Le 10 octobre dernier à 22h, le président américain annonçait une taxe supplémentaire de 100 % frappant les importations chinoises. Il ne fallait pas être devin pour présumer que cette annonce allait se répercuter sur le marché des cryptomonnaies comme ce fut le cas six jours plus tôt.

Dans le monde de la finance, on appelle ‘vente à découvert’ toute vente d’un actif qu’on ne possède pas. C’est une manière de parier sur la baisse de sa valeur.

Voici comment s’opère une vente à découvert.

L’acheteur et le vendeur s’entendent sur un prix de vente. Dès la conclusion de cette entente, l’acheteur — qui ne possède pas encore ce bien — s’empresse de l’acquérir. Si, entretemps, le prix a augmenté, le vendeur subit une perte en respectant ses engagements. Mais si, au contraire, le prix de l’actif s’est effondré, le vendeur l’achète à bas prix et encaisse le profit réalisé.

Moins d’une heure avant l’annonce des tarifs supplémentaires de 100 % contre la Chine, l’investisseur Garrett Jin a procédé à une vente à découvert qui lui a permis de réaliser, dès l’annonce faite, un profit de 140 millions$ (dont 88 millions sur la vente de Bitcoin).

Ce qui lui a valu des accusations (fondées ou non) de délit d’initiés.

Les États-Unis saisissent quinze-milliards$ de Bitcoins

On croit généralement qu’un placement en Bitcoins permet de cacher de l’argent à l’abri du fisc; l’argent est, croit-on, quelque part dans le cyberespace, hors de portée du gouvernement.

Que ce soit le mot de passe qui permet l’accès aux messages stockés sur votre téléphone ou des informations qui donnent accès à votre portefeuille de Bitcoins, le ministère américain de la Justice obtient toujours ce qu’il veut.

Si vous êtes arrêté aux États-Unis pour des accusations de fraude, on vous placera dans une prison à sécurité maximale — c’est-à-dire là où on emprisonne les plus dangereux criminels du pays — alors qu’on retardera volontairement votre audition devant ce juge qui devrait prononcer votre libération en attente d’une comparution.

Entretemps, l’intimidation et les viols répétés commis par d’autres prisonniers devaient vous convaincre de collaborer avec les autorités.

Mais il y a parfois un moyen plus simple.

Chen Zhi est un financier cambodgien de 37 ans qui dirige Prince Holding Group, un des conglomérats les plus puissants du Cambodge.

Sur les médias sociaux, son empire financier offrait des placements qui garantissaient des rendements élevés. Puisque la transaction s’effectuait en Bitcoins, seuls les détenteurs de cette cryptomonnaie pouvaient y participer.

En réalité, tout cela était une vaste escroquerie.

Dans les articles publiés sur l’internet, on donne peu de détails quant à la manière utilisée par les autorités britanno-américaines pour saisir ce quinze milliards en Bitcoins.

L’explication la plus probable est qu’on ait mis la main sur un des nombreux ordinateurs utilisés par les ‘courtiers’ de l’entreprise.

Après avoir obtenu une copie du logiciel utilisé, il suffit d’utiliser de la rétro-ingénierie (Reverse Ingineering) pour accéder au code source.

Normalement, cette opération est de l’espionnage industriel et donc, est totalement interdite par la loi… sauf aux forces policières après avoir obtenu un mandat habilitant émis par un juge.

Or ce code source révèle le code qui s’exécute lorsqu’on clique sur le bouton transférant les Bitcoins dans le compte du conglomérat. On obtient donc le numéro de ce compte, ses mots de passe, les noms d’utilisateurs, etc.

Saisir le contenu du compte devient alors un jeu d’enfants.

Références :
Comment le revirement tarifaire de Trump a ébranlé le marché des crypto-monnaies
Droits de douane de Trump: la Chine réplique avec des tarifs de 34% sur les produits américains
Feds seize $15 billion in bitcoin after busting alleged global crypto scam
Jin rejette les allégations concernant la vente à découvert de Bitcoin
Trump annonce des droits de douane supplémentaires de 100 % contre la Chine
Who is Cambodia’s Chen Zhi, the ‘untouchable’ tycoon linked to scam hubs?

Laissez un commentaire »

| Économie, Informatique, Justice | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Mark Carney et le colonialisme canadian

Publié le 19 octobre 2025 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Lorsque j’ai lu la nouvelle ce matin sur Facebook, j’ai cru à un canular. Selon celle-ci, le fédéral aurait annoncé une subvention de dizaines de millions de dollars afin de favoriser l’accès des angloMontréalais aux services de santé dans leur langue.

Comme si la santé était un domaine de compétence constitutionnelle fédérale.

Lorsque j’ai retrouvé la source journalistique de cette nouvelle — Henri-Paul Raymond, de la station de radio FM103,3 — je n’y croyais toujours pas.

C’est seulement après avoir trouvé le communiqué émis mercredi dernier par Santé Canada que je me suis rendu à l’évidence; le fédéral donnera 52 millions sur cinq ans pour améliorer les services de santé dispensés en anglais au Québec.

Cette somme sera versée au Community Health and Social Services Network (CHSSN) et à l’université McGill.

L’accès linguistique aux soins de santé au Canada

En 2022, une étude de l’université d’Ottawa rapportait que des communautés francophones hors Québec se plaignaient que l’offre de services de santé en français y était minime, voire inexistante.

L’inverse — la difficulté des angloQuébécois d’être servis dans leur langue — ne se rencontrait que dans des régions rurales et éloignées des centres urbains québécois, là où presque personne ne parle anglais.

En février 2023, une directive mal écrite du ministère de la Santé du Québec (aussitôt corrigée) avait soulevé des inquiétudes infondées quant au droit des angloQuébécois de recevoir des soins de santé dans leur langue.

Un quiproquo qu’une députée fédérale s’est empressée d’utiliser à des fins démagogiques.

Cette controverse avait été l’occasion pour de nombreux francoMontréalais de témoigner de leur difficulté à se faire servir en français dans les hôpitaux anglophones de la métropole.

D’autre part, depuis la pandémie, Ottawa a fait entrer au Québec plus d’un demi-million d’immigrants dont la majorité ne parle pas français.

Cette immigration massive aggrave la crise du logement, la pénurie de places dans les écoles et, dans le cas qui nous intéresse, l’attente de soins dans nos hôpitaux. Si cette immigration s’avère généralement positive en région pour y soulager les pénuries de main-d’œuvre, les inconvénients à Montréal l’emportent amplement sur les avantages.

Les millions que versera Ottawa à Montréal ont pour but de favoriser l’accès aux soins en santé de tous les locuteurs anglophones, dont cette majorité de néoQuébécois qui ne parle pas français.

Ces derniers seront à même de comparer la bienveillance dont ils seront l’objet lorsqu’ils iront dans les hôpitaux anglophones (dont le CUSM, tout neuf) avec la désorganisation qui règne dans les hôpitaux francophones en raison de leur sous-financement et qui, dans certains cas, tombent littéralement en ruine.

Ce qui devrait les disposer favorablement à l’assimilation à l’anglais, langue de l’excellence à leurs yeux.

La Loi fédérale sur les langues officielles, instrument du colonialisme canadian

Selon le point de vue, il y a deux manières de considérer les angloQuébécois.

La première consiste à les voir comme la plus importante minorité ethnique du Québec. La deuxième les voit plutôt comme l’annexe québécoise de la majorité anglo-canadienne.

Appelé à se prononcer à ce sujet, le Comite des droits de la Personne de l’ONU statuait en 1993 :

To summarize, the United Nations Human Rights Committee ruled […] that Quebec’s English community does not qualify for protection as a minority language group, because it forms part of the Canadian English-speaking majority.

En d’autres mots, les Québécois anglophones ne peuvent pas être considérés comme une minorité linguistique dans le contexte canadien où ils sont majoritaires.

Depuis toujours, Ottawa soutient le contraire. Sa loi sur les langues officielles trace un parallèle artificiel entre, d’une part, les minorités francophones hors Québec et d’autre part, la minorité anglophone au Québec.

Ottawa feint d’ignorer que la plus importante minorité du Canada, c’est nous, les francoQuébécois et que la langue menacée au Canada, c’est le français et non l’anglais.


 
Les recensements de Statistique Canada sont formels; l’anglais progresse inexorablement au Québec depuis plus de deux décennies.

En dépit de cela, c’est l’anglais qu’Ottawa protège au Québec.

Combattre les efforts de francisation du Québec

Le moteur qui a justifié l’adoption de la Canadian constitution de 1982, c’est l’adoption de la Loi 101 cinq ans plus tôt par le Québec.

Cette dernière proclamait la préséance de certains droits collectifs — notamment, ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, dont celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

Pour contrer cela, les idéologues fédéraux ont rédigé une constitution qui consacre, au contraire, la suprématie absolue des droits individuels.

De la même manière, Ottawa a adopté la loi C-13 peu de temps après l’adoption de la loi 96, une loi québécoise destinée à renforcer (mollement) la Loi 101.

Alors que la loi 96 exige que les entreprises opérant dans les champs de compétence fédérale soient soumises à l’obligation d’obtenir un certificat de francisation, la loi fédérale sabote cette obligation en leur laisser le choix entre l’assujettissement à la législation québécoise ou à la législation fédérale.

Au premier coup d’œil, ce choix est anodin puisque les principes de la loi 96 se retrouvent, identiques, dans la loi C-13. La différence est dans leur application.

À Ottawa, les fonctionnaires sont majoritairement unilingues anglais. En effet, la fonction publique s’y divise en trois groupes ethniques; les Anglophones unilingues et, secondairement, les Francophones bilingues et les Anglophones bilingues.

Bref, ce sont des gens qui ont en commun la connaissance de l’anglais et conséquemment, qui travaillent en anglais. Voilà pourquoi aucun des quatre millions de Québécois francophones unilingues n’a la moindre chance d’être embauché par le plus important employeur du pays. Cette discrimination existe depuis toujours et constitue un tabou dont personne ne parle.

Pour donner l’impression du contraire, l’État canadien se dote d’une façade ministérielle où les Francophones occupent une place bien évidente.

Revenons à la loi C-13.

Lorsqu’une entreprise choisit de se soumettre à la loi fédérale, les plaintes formulées à son endroit seront traitées par cette fonction publique majoritairement anglophone. Comment peut-on s’imaginer sérieusement qu’elle fera preuve de zèle dans la défense du français au Québec ?

Parallèlement à l’adoption de ces lois dont le but est de contrer les efforts à assurer la pérennité du français au Québec, Ottawa finance, par le biais de son Programme de contestation judiciaire, la contestation juridique de toutes lois québécoises visant à défendre le français.

Conclusion

L’adoption d’une nouvelle constitution en 1982 par l’ethnique dominante du pays — à la suite d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité — est l’expression ultime de l’assujettissement colonial du Québec à l’ethnie dominante du pays.

Dans peu de temps, les Québec auront à décider s’ils remettent de nouveau leur sort entre les mains d’une machine étatique opérée majoritairement par des unilingues anglais.

C’est-à-dire par des gens qui jugent le Québec au travers du prisme de leurs préjugés nourris par des quotidiens qui ne manquent jamais une occasion de nous dénigrer.

Puissent les Québécois faire cette fois-ci le bon choix…

Références :
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
Décision de l’Onu
Incapables d’être soignés en français : peu de patients portent plainte
L’accès aux soins de santé des communautés de langue officielle en situation minoritaire (CLOSM) au Canada : une recension des écrits
La députée Romanado annonce des millions en services santé
La façade ministérielle de l’État canadien
Le gouvernement du Canada améliore l’accès aux
services de santé pour les communautés
anglophones en situation minoritaire du Québec

Le témoignage de Mme Lambropoulos justifie une enquête policière
Un premier ministre indigne

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au prix que nous payons pour appartenir au Canada, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| le prix du fédéralisme, Politique canadienne | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Petite visite au parc Westmount

Publié le 16 octobre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes
Église Saint-Léon de Westmount

Il y a un mois, je me suis rendu au parc Westmount en vélo.

Puisque les arbres devant l’église Saint-Léon de Westmount avaient commencé à perdre leur feuillage, je n’ai pas résisté à la tentation de photographier sa façade, un peu plus visible qu’au cours de la belle saison.




Parc Westmount

C’est en 1898 que la vile de Westmount acheta un terrain de huit hectares afin d’en faire un parc. Quelques années plus tard, la ville se procura un terrain adjacent afin de porter la surface du parc à 10,6 hectares.

En 1899, le parc devint l’écrin verdoyant de la première bibliothèque municipale du Québec.

De nos jours, on y trouve une pataugeuse, une aire de jeux, un parc canin, des tables de pingpong, une zone d’exercice, trois terrains de baseball et des courts de tennis.

Les photos ci-dessus nous présentent sa partie arborée à travers de laquelle coule un cours d’eau et où sont disposés des bancs le long de ses sentiers.

Près du coin nord-est du parc, un monument célèbre le centième anniversaire de la Confédération canadienne. On y voit douze panneaux disposés en arc de cercle, portant les armoiries des dix provinces canadiennes et des deux territoires qui formaient le Canada au moment de la construction du monument.

Maisons J.-H. Wallace et Ransom-Howard (16-18 av. Melbourne)

Ces deux maisons côte à côte sont situées à deux pas du parc.

Celle de droite fut construite en 1902 pour le marchand Ransom-H. Howard. Elle fut suivie, trois ans plus tard, par celle de gauche, construite pour J.-H. Wallace, de la R. Moat & Company.

Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Infrarouge couleur, Photo infrarouge, Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Une solution outrageuse à l’itinérance ?

Publié le 15 octobre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

L’approche de la réduction des méfaits consiste à réduire les conséquences négatives d’un comportement, plutôt que d’exiger l’arrêt immédiat de ce comportement.

Selon une étude commandée en 2023 par l’Union des municipalités du Québec, chaque personne qui vit dans la rue coute annuellement plus de 70 000$ à l’État en prestations de soins et en ressources diverses.

Plus tôt aujourd’hui, j’ai exprimé une suggestion peu couteuse et facile à mettre en application afin de réduire en partie les ‘nuisances’ relatives à l’itinérance.

Je n’ai pas très bien compris ce qui justifie que cette suggestion ait été censurée sur le site de Radio-Canada.

À vous d’en juger :

Référence : Chaque itinérant coûte 70 000$ à l’État

Un commentaire

| Sociologie | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Comprendre la politique française en quatre minutes

Publié le 15 octobre 2025 | Temps de lecture : 1 minute

Cliquez pour démarrer


 

Un commentaire

| Humour | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu de l’idéologie de Juan Branco

Publié le 14 octobre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes
Cliquez pour démarrer

Présentation

Juan Branco est un des plus brillants intellectuels français. Les 90 premières minutes de cette entrevue exposent ses vues d’une extrême lucidité sur différents sujets.

Dans le reste de l’entretien, M. Branco aborde ses problèmes juridiques, ce qui en diminue l’intérêt.

Pour ceux qui ne voudraient pas se donner la peine d’écouter l’intégralité de cette vidéo, voici la transcription de deux extraits importants.

La démocratie parlementaire (à partir de 57:32)

La démocratie représentative consiste à créer une caste qui peut être héritière de la bourgeoisie ou, si elle ne l’est pas, qui va, par nature, s’embourgeoiser.

Quand vous gagnez 6 000 euros par mois en tant que député, vous n’appartenez plus au corps du peuple dont vous êtes issu, y compris si vous étiez ouvrier.

Et le passage des années va nécessairement éroder votre capacité à représenter et à ressentir ce que ressentent ceux qui vous ont élu.

Il est évident que la démocratie représentative porte en elle l’embourgeoisement et donc, quelque part, l’effacement du peuple qui est censé la constituer.

Le déclin des partis de gauche (à partir de 1:08:24)

La gauche sociale-démocrate que l’on connait aujourd’hui est en train de s’effondrer en Occident pour des raisons qui sont parfaitement compréhensibles; parce qu’elle n’arrive pas à substituer [l’abandon de l’espoir émancipateur de la redistribution de la richesse par] autre chose.

Elle essaie de le faire par une extension toujours plus infinie de la perspective égalitariste, notamment avec les grands combats pour l’égalité sexuelle, mais jusqu’à des niveaux qui deviennent aberrants.

Jusqu’à […] normaliser des faits de société parfaitement minoritaires, voire marginaux. Et les rendre centraux — comme la transsexualité […] — dans l’espace public et en faire les points de clivage avec les autres forces politiques.

Alors que ce sont des questions fondamentales pour ceux qui sont concernés — [les personnes atteintes de] troubles d’identité [sexuelle] qu’il faut évidemment protéger — mais on ne peut pas en faire des instruments d’un clivage politique.

Parce que, ce faisant, non seulement on les instrumentalise et […] on accroit la violence [politique] qui va s’appliquer sur eux, mais en plus, on leur donne un rôle qu’ils ne peuvent pas occuper parce qu’ils sont justement dans un phénomène qui […] ne concerne pas la majorité de la population. […]

C’est très intéressant parce que la gauche, tout d’un coup, quand on la met face à cet abandon de son logiciel idéologique, […] essaie de contre-attaquer en disant : “Ah, vous êtes confusionistes. Vous essayez de…

Au-delà du fait qu’il faille se méfier des ‘—ismes’, en général, qui sont des catégories appauvrissantes de la pensée, on voit bien que c’est une sorte [de moyen] de la dernière chance pour essayer de s’aveugler face à ses propres insuffisances et son incapacité à faire corps à nouveau [avec] la société.

2 commentaires

| Géopolitique, Opinion | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le parc Charles-S.-Campbell

Publié le 13 octobre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Né en Ontario, Charles Sandwich-Campbell (1858-1923) est un avocat qui, après avoir été diplômé en Droit aux universités Laval et Cambridge, revint à Montréal pour y exercer le droit commercial.

Fait à noter, il est le fils d’Alexander Campbell, un des Pères de la Confédération canadienne.

Toujours célibataire, Charles Sandwich-Campbell légua les deux tiers de sa fortune à la ville de Montréal à deux conditions.

Premièrement, pour qu’elle crée des terrains de jeux pour les enfants dans les quartiers ‘congestionnés’ de la ville.

Et deuxièmement, pour qu’elle mette sur pieds une fondation mandatée d’organiser, au cours de la belle saison, des concerts publics dans ces quartiers.

Le premier parc fut aménagé dans le ‘Faubourg à m’lasse’, à côté de la brasserie Molson, plus précisément sur le site d’un ancien parc d’attractions (le parc Sohmer) qui avait cessé ses opérations à la suite d’un incendie.

Un autre parc fut aménagé dans l’ancien quartier de Côte-Saint-Paul, à proximité du parc Angrignon actuel. Appelé parc Campbell-Ouest, il est encore là, à la rencontre des rues Eadie et de Maricourt.

Quand le sud du ‘Faubourg à m’lasse’ fut rasé pour faire place au site montréalais de Radio-Canada, la clientèle du premier des deux disparut.

Pour les familles qui demeuraient plus au nord, se rendre au parc signifiait non seulement contourner l’immense site de Radio-Canada, mais également traverser avec les enfants deux autoroutes urbaines; le boulevard René-Lévesque et la rue Notre-Dame.

Pour réaliser la volonté de Charles Sandwich-Campbell, la ville se procura un terrain de 0,8 hectare dans le ‘Village’ — légèrement à l’ouest de la rue Papineau, et un peu au sud de la rue Sainte-Catherine — et y transféra le parc Campbell.

De nos jours, on y trouve une aire de piquenique, des jeux pour les enfants, une toilette automatisée (qui fonctionne !), le tout agrémenté d’une fontaine. Et cerise sur le gâteau; le wifi y est gratuit.

Le 8 aout dernier, je m’y suis rendu pour en ramener les photos suivantes.




 
Détails techniques : Appareil Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet + objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 + les filtres de l’infrarouge Jaune 3629.

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’infrarouge couleur, veuillez cliquer sur ceci.

2 commentaires

| Infrarouge couleur, Photo infrarouge, Photos de Montréal, Photos de voyage, Photos du Canada | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel