Le pouvoir de l’uniforme

14 décembre 2018

 

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On oblige le policier ou le soldat à porter un uniforme qui l’identifie comme détenteur des pouvoirs répressifs de l’État. Ce qui, évidemment, facilite sa tâche en imposant le respect.

Dans beaucoup de pays, l’uniforme permet au citoyen de savoir à quel type d’agent de la paix il a affaire : responsables de la circulation, policiers, gendarmes, gardien de prison, etc. Cela révèle l’étendue des pouvoirs dont cette personne est investie.

Et dans une mêlée sur le champ de bataille, l’uniforme permet au soldat de distinguer instantanément l’ami de l’ennemi.

Une des raisons qui expliquent que la moitié des diplômés universitaires en Iran soient des femmes, c’est que depuis la Révolution dans ce pays (à forte tradition patriarcale), les pères acceptent volontiers que leurs enfants partent étudier au loin à Téhéran, convaincus que le port du voile protègera la virginité de leurs filles.

Au Québec, il y a à peine quelques décennies, les femmes arrivaient à la messe du dimanche la tête voilée et leurs maris, tout endimanchés. De nos jours, les prêtres sont heureux de dire la messe devant n’importe qui.

Le pourvoir du vêtement est indéniable lorsqu’on observe le déchainement des opinions dès qu’il est question du port du voile islamique en Occident.

Le clip vidéo ci-dessus, réalisé par le quotidien Le Monde explique comment le gilet jaune — ce vêtement peu couteux que tout automobiliste français doit avoir dans son véhicule — est devenu un symbole de ralliement et un symbole identitaire. Comme le port du carré rouge l’était lors de la grève étudiante de 2012 au Québec.

Jusqu’à ce que la France se sépare de ses colonies du Maghreb, au début des années 1960, leurs représentants au Parlement français n’hésitaient pas à porter des tuniques berbères et des turbans blancs.

L’abbé Félix-Adrien Kir — qui donna son nom à une boisson célèbre — fut le dernier prêtre élu à l’Assemblée nationale française. De 1945 à 1967, il siégeait en portant la soutane catholique.

Il en est autrement au Québec. En 1961, Claire Kirkland-Casgrain fut la première femme élue au parlement québécois. Avant cette date, les parlementaires étaient des hommes, tous habillés comme des avocats puisque dans l’immense majorité des cas, c’étaient précisément des avocats.

Quant à ceux qui ne l’étaient pas, s’habiller comme eux était une manière de les rassurer et de signifier l’intention de prêter implicitement allégeance à leur clan. Parce que si l’habit ne fait pas le moine, il indique la classe sociale ou la tribu à laquelle on voudrait appartenir.

En quête de crédibilité, les femmes qui ont été élues depuis ont adopté le tailleur sobre puisque le port d’un vêtement criard est jugé signe de vulgarité et de mauvais gout.

Tout cela a dernièrement été remis en question par deux députés de Québec Solidaire.

La députée Catherine Dorion s’est présentée en gaminet, chaussée de bottes Doc Martens. Précisons que ce gaminet a été conçu et réalisé au Québec.

Cela contraste avec ces complets de couturiers italiens portés par la presque totalité de leurs adversaires politiques. Des complets assemblés par des ouvrières recevant un salaire de misère quelque part au Tiers-Monde. Comme quoi les plus belles roses poussent dans le fumier.

Quant à son collègue, Sol Zanetti, il s’est présenté vêtu sobrement, mais chaussé d’espadrilles blanches. Quel scandale !

Pour moi, le vrai scandale, c’est quand un ministre des Finances se procure inutilement des souliers neufs — comme le veut la tradition britannique — pour présenter un budget décrétant… des mesures d’austérité.

Pendant des années, les politiciens ont cru ce président de firme de sondage Léger qui ne cesse de répéter que les Québécois ‘haïssent la chicane’. Au contraire, on réalise maintenant qu’on ne peut attirer l’attention médiatique qu’en suscitant la controverse.

Donald Trump aux États-Unis, Berlusconi en Italie, Maxime Bernier au Québec, carburent à la controverse. Et leurs succès politiques ont pour assise l’audience qu’ils se sont créée par les énormités qu’ils ont écrites.

La controverse relative au gaminet de Mme Dorion et aux espadrilles blanches de M. Zanetti est une controverse futile. Tout comme le refus de prêter publiquement allégeance à la reine d’Angleterre, cette controverse ‘abonne’ les journalistes aux polémiques suscitées par QS; ils savent dorénavant où le scandale nait.

Ces controverses donnent à QS une visibilité que le PQ n’a jamais pu obtenir en dépit d’un programme électoral à des années-lumière de celui, médiocre et simpliste, de n’importe quelle autre formation politique québécoise.

On ne peut faire l’indépendance d’un peuple sans créer de controverse. Les appels à éviter la chicane sont des appels au conformisme; ils ont réussi à étouffer la voix du PQ. Mais QS est plus sauvage. Comme un poulain qu’on n’a pas encore dompté.

QS semble avoir compris que ni le port de la cravate par le député ni le port du tailleur Armani par l’élue ne sont des signes de respect pour le peuple. Ce n’est pas en se déguisant comme des avocats que les députés de QS ‘prouvent’ leur allégeance aux gens qu’ils représentent; ils le prouvent par les idées qu’ils défendent.

On pourra épiloguer longuement sur cette stratégie de provocation. Mais un jour, il faudra bien revenir à l’essentiel, tant chez les personnes scandalisées que chez ceux qui suscitent leur indignation…

Références :
Le corps d’une femme
Le paravent des vêtements
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Marie-Claire Kirkland-Casgrain

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les premiers pas du gouvernement Legault

13 décembre 2018

Depuis son élection, le 1er octobre dernier, le gouvernement Legault a annoncé quelques mesures dont la réduction du nombre d’immigrants, l’uniformisation des taxes scolaires, le resserrement de l’encadrement de la vente du cannabis, et le bannissement des signes religieux portés par les personnes dotés des pouvoirs coercitifs de l’État de même que par les enseignants.

Ces mesures réalisent certaines de ses promesses électorales.

Plusieurs journalistes rappellent au premier ministre que son gouvernement majoritaire a été porté au pouvoir par une minorité des électeurs et lui conseillent de revenir sur ces décisions avec lesquelles ils ne sont pas d’accord.

Si le premier ministre les écoutait, ces mêmes journalistes seraient peut-être les premiers à reprocher à sa formation politique d’être comme ces ‘vieux partis’ qui sont prompts à revenir sur leurs promesses une fois élus.

Donc, le premier ministre a raison d’être inflexible. D’autant plus que toutes ses mesures jouissent d’un large appui populaire.

À titre d’exemple, les deux tiers des Québécois — sympathisants de la CAQ ou non — veulent hausser l’âge minimal pour acheter du cannabis.

On peut être contre cette décision, mais on doit reconnaitre que ce n’est pas la fin du monde; les jeunes adultes devaient s’approvisionner jusqu’ici auprès de la pègre et ils continueront de le faire tant que le gouvernement ne changera pas d’idée.

De plus, on doit se rappeler la nature de la Démocratie; c’est le pouvoir du peuple. Pas le pouvoir des experts. Pas le pouvoir des intellectuels. Même pas le pouvoir de la logique.

La majorité du peuple veut que l’âge minimal soit haussé. Et la CAQ réalise sa volonté. Où est le problème ?

Ceux qui estiment qu’il s’agit-là d’une mauvaise décision — je suis du nombre — n’ont qu’à convaincre le peuple et la CAQ suivra.

Il n’y a pas de mal à ce que le gouvernement Legault soit à l’image du peuple (épousant même ses contradictions), et en accomplissant sa volonté.

Je préfère de beaucoup un gouvernement qui prend des décisions imparfaites, voire qui commet des erreurs sans importance, plutôt qu’un gouvernement qui laisse trainer les dossiers comme ce fut le cas sous les Libéraux.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Québec, patrie continentale des Francophones

26 novembre 2018

Précarité du français dans les provinces anglophones du Canada

Le 15 novembre dernier, le gouvernement ontarien décidait d’éliminer le poste de Commissaire aux services en français — une mesure atténuée depuis — et rompait sa promesse de financer la création d’une université française en Ontario.

De plus, il annulait la subvention de 2,9 millions$ que devait recevoir une nouvelle salle dédiée au théâtre francophone à Ottawa.

Au Nouveau-Brunswick, le nouveau gouvernement conservateur songe sérieusement à abolir le bureau du Commissariat aux langues officielles de cette province.

Au Manitoba, l’éducation en français dans cette province relève dorénavant d’un unilingue anglais, alors que cela relevait autrefois d’un sous-ministre adjoint francophone.

Dans une cause au sujet du sous-financement d’une commission francophone en Colombie-Britannique, le gouvernement de cette province invoque présentement que l’obliger à respecter l’article 23 de la Canadian Constitution serait un gaspillage des fonds publics en raison de l’assimilation inéluctable de la communauté francophone de cette province.

Le prix de l’unité canadienne

Dans les années 1960 et 1970, la force du mouvement indépendantiste était une menace sérieuse à l’unité canadienne.

Lors du référendum québécois de 1980, le vote favorable à ‘souveraineté’ a recueilli 40,44% des suffrages. Au référendum de 1995, cet appui avait grimpé à 49,42%.

Pour contrer le désir de nombreux Québécois de faire du Québec un pays indépendant, on a investi des sommes considérables afin que les Francophones québécois se sentent chez eux partout au Canada.

Cet investissement était jugé comme étant le prix à payer pour l’unité canadienne.

Mais les politiques à ce sujet se sont limitées à un bilinguisme de façade, plus précisément, au service à la clientèle du gouvernement fédéral.

Ce bilinguisme superficiel a été accepté au Canada anglais dans la mesure où il ne faisait pas obstacle à la volonté assimilatrice des provinces anglophones et qu’il ne nuisait pas aux chances de réussite d’un unilingue anglais dans la fonction publique fédérale.

Dans les faits, la machine interne de tous les gouvernements du pays est unilingue.

Autrement dit, à l’exclusion de l’interface qui interagit avec le citoyen, la machine étatique fonctionne presque exclusivement en français à Québec et presque exclusivement en anglais partout ailleurs.

C’est ainsi qu’à Ottawa, on exerce une discrimination à l’embauche à l’égard des unilingues francophones — ils sont plus d’un million au Québec — alors que n’importe quel unilingue anglophone peut y faire carrière.

Les postes destinés aux fonctionnaires bilingues sont fréquemment attribués à des fonctionnaires unilingues anglophones sous promesse d’apprendre le français… un jour.

Et il n’est pas rare qu’un Anglophone quitte le poste ‘bilingue’ qu’il occupait depuis des années sans jamais avoir appris notre langue ni fait d’efforts sérieux pour l’apprendre.

En mars dernier, un fonctionnaire fédéral au bureau montréalais du Bureau du surintendant des institutions financières a intenté une poursuite contre son employeur en raison du fait que tous les rapports destinés à Ottawa — où la fonction publique est à 92% unilingue anglaise — devraient obligatoirement être rédigés en anglais brimant ainsi son droit de travailler en français.

Les politiques canadiennes en matière de bilinguisme sont un succès dans la mesure où les francoCanadiens n’y voient que du feu. Mais dans les faits, il s’agit d’un façadisme destiné à faire illusion.

L’importance de la mobilisation francoOntarienne

À l’émission Tout le monde en parle d’hier soir, il était édifiant de voir le militantisme de cette délégation francoOntarienne vouée à la défense de ses institutions et ses droits.

Cette vaillance contraste avec l’apathie de très nombreux Québécois qui jugent normal qu’on exige à l’embauche la connaissance de l’anglais même lorsque cela n’est pas strictement nécessaire.

Conséquemment, le million de Québécois unilingues français sont des citoyens de seconde zone, ici même au Québec, alors que l’unilingue anglais est maitre chez lui partout au Canada.

Même les partis indépendantistes (le PQ et la CAQ) n’osent pas défendre le droit des Francophones de travailler dans leur langue. Imaginez qu’on refuse ce droit à l’Allemand unilingue dans son pays, ou à l’Italien unilingue dans le sien…

Le fait qu’une partie importante du peuple francoQuébécois soit stigmatisé chez lui est la preuve la plus éloquente de ce colonialisme canadian qui fait en sorte que les Québécois ont honte d’être ce qu’ils sont.

Les francoOntariens sont donc un exemple pour nous tous.

Conclusion

Le Québec est le seul endroit sur le continent américain où un Francophone devrait se sentir chez lui.

Partout ailleurs, il est en milieu hostile.

Maintenant que les Québécois veulent être Canadiens à n’importe quel prix — même au prix de politiques et de dépenses fédérales ouvertement discriminatoires pour le Québec — qu’est-ce qui justifie les couts supplémentaires et l’inefficacité du bilinguisme ?

Le retour des politiques ouvertement assimilatrices est la conséquence directe de cette perception au Canada anglais selon laquelle le mouvement indépendantiste est à l’agonie et que tout gouvernement fiscalement responsable doit mettre fin à des dépenses devenues superflues.

Références :
Front commun pour la pérennité des communautés de langues officielles
La Colombie-Britannique inquiète les francophones hors Québec
La restructuration au Bureau de l’éducation française inquiète la communauté francophone
Les concessions de Doug Ford visent-elles vraiment à calmer les Franco-Ontariens?
L’orangisme est de retour
Une autre coupe francophone: la Nouvelle Scène en danger
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Bombardier coupe de 2 500 postes au Québec

14 novembre 2018

Introduction

Des cinq-mille emplois que Bombardier abolira à travers le monde d’ici un an et demi, la moitié seront éliminés au Québec.

En raison de l’importante pénurie actuelle de main-d’œuvre au sein de l’industrie aéronautique québécoise, les analystes prédisent que les employés licenciés devraient trouver facilement un emploi ailleurs.

Bref, ce n’est pas une catastrophe. Toutefois, il y a quelque chose d’anormal dans tout cela.

À la fin de 2015, le gouvernement Couillard a investi 1,3 milliard$ dans Bombardier.

Depuis, Airbus a mis la main gratuitement sur la CSeries et la moitié des employés remerciés par Bombardier à travers le monde sont au Québec.

Les contribuables, en ont-il eu pour leur argent ?

La survivance ou le progrès

En 2015, après avoir investi cinq-milliards$ en recherche et développement, Bombardier s’est retrouvé à court de liquidités. En d’autres mots, au bord de la faillite.

En raison de l’importance primordiale de l’industrie aéronautique dans l’économie du Québec, le gouvernement Couillard n’avait pas d’autre choix que de soutenir ce constructeur.

Toutefois, lorsqu’il est nécessaire d’aider une compagnie à genoux, on peut se permettre d’être exigeant.

Dans le texte Le derrière miraculeux de la ministre, j’ai eu l’occasion de ridiculiser l’incompétence de l’ex-ministre de l’Économie du Québec.

Son ‘sauvetage’ de Bombardier en est un exemple supplémentaire.

Le seul objectif du gouvernement Couillard fut de se protéger de l’accusation de ne rien faire.

Au lieu d’être un moyen de consolider une stratégie industrielle, le but de l’investissement de 1,3 milliard$ était politique, voire bassement électoral; perpétuer le présent le plus longtemps possible.

Est-ce que cet investissement protégeait les emplois chez Bombardier en 2015 ? Oui, en 2015. Les protégeaient-ils à l’avenir ? Non, comme on peut le voir aujourd’hui. Empêchait-il les dirigeants de Bombardier de se graisser la patte aux frais des contribuables ? Pas vraiment.

À l’époque, l’État se trouvait en position de force. On aurait pu exiger de Bombardier que la majorité des emplois créés à l’avenir par la CSeries le soient au Québec. Il n’a pas osé le faire. Trop peureux.

En raison de pressions de l’administration Trump, Bombardier investira environ 300 millions$US pour la construction d’une chaine de montage de la CSeries à Alabama, aux États-Unis, où devraient travailler entre 400 et 500 personnes.

De plus, rien n’empêche Bombardier de faire construire une partie de ses avions de l’autre côté de l’Atlantique si la demande européenne le justifie.

Conclusion

Pour que se développe l’économie du Québec, il ne suffit pas de vouloir conserver les emplois actuels; il faut en développer de nouveaux.

Évidemment, on peut se demander pourquoi créer de nouveaux emplois alors que présentement, les entreprises peinent à combler les milliers d’emplois vacants.

L’économie de tout pays est perpétuellement en mouvement. Il faut savoir délaisser les occupations anciennes pour embrasser des secteurs industriels novateurs qui font appel à une plus grande expertise.

Pendant des années, le Parti libéral du Québec a prétendu être un bon gestionnaire économique alors que la croissance du Québec à été en deçà de la moyenne canadienne douze des seize ans au cours desquelles il a été au pouvoir.

Le cas de Bombardier est une illustration parfaite de son incompétence. Au lieu que les investissements majeurs de Bombardier en R&D soient un prélude à l’essor fulgurant de ce fleuron qu’est l’industrie aéronautique, tout au plus serons-nous heureux qu’elle ne périclite pas.

Références :
Bombardier abolit 5000 postes et vend son programme d’avions Q Series
C Series: Bombardier réalise des progrès pour sa ligne d’assemblage en Alabama
Québec investit 1 milliard $US dans Bombardier

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La droite et la laïcité

3 novembre 2018

Nature de la droite

En gros, un parti de droite est celui qui promet la prospérité économique et/ou l’amélioration de la société par le biais de l’enrichissement des riches.

Ces partis profitent des périodes de surplus budgétaire pour accorder des réductions de taxes aux riches et/ou abaisser le taux d’imposition des entreprises.

Cette réduction de la marge de manœuvre de l’État fait en sorte que, par la suite, le moindre ralentissement économique obligera tout gouvernement à réduire ses dépenses, ce qui signifie imposer des frais pour les services qui étaient gratuits ou obliger la population à aller au privé afin de les obtenir.

C’est par ce jeu de bascule cyclique qu’on déplace la richesse de la poche des pauvres vers celle des riches.

En somme, pour distinguer les partis de droite des partis de gauche, il suffit de se poser la question : où va l’argent ?

Mais puisque les partis de droite sont toujours ceux qui enrichissent le 1% au dépens du 99%, comment peuvent-ils convaincre les citoyens ordinaires de voter pour eux ?

Le moyen utilisé est la guerre interne du peuple.

Celle-ci consiste à dresser les citoyens les uns contre les autres :
• les travailleurs contre les assistés sociaux (ces derniers, lorsqu’ils ne sont pas des fraudeurs, seraient néanmoins des boulets économiques)
• les Chrétiens contre les Musulmans (ceux-ci soupçonnés de sympathies terroristes)
• les féministes de chiffon contre les femmes musulmanes (accusées d’être les porte-étendards de l’Islam politique)
• les citoyens contre les immigrants (accusés de nous envahir et pervertir nos valeurs fondamentales)
• et, de manière générale, les contribuables contre tous ceux qui crèveraient de faim (au sens propre ou figuré) sans le secours de l’État.

Les gens qui adhèrent à leur cause ne sont pas nécessairement de droite. Mais en jouant sur l’égoïsme inné dans chacun d’entre nous, sur les préjugés et une méfiance naturelle à l’égard de ce qui ne nous est pas familier, ces partis peuvent susciter l’adhésion d’une proportion suffisante de la population pour être portés au pouvoir.

Le cas du voile islamique

Un des thèmes les plus ‘payants’ de la droite au Québec est la crainte que le fondamentalisme musulman, symbolisé dit-on par le voile islamique, fasse reculer chez nous les acquis du féminisme et de la laïcité.

Voile_islamique
 
On connaît le pourcentage de Canadiennes musulmanes qui portent l’une ou l’autre des tenues vestimentaires associée à l’Islam. Toutefois, ces données ne sont pas valables pour le Québec.

Les Musulmans qui s’installent au Québec proviennent essentiellement de pays limitrophes de la Méditerranée. Ce sont des pays où le français est une langue seconde ou tierce (après le berbère et/ou l’arabe).

Lorsqu’elles sont voilées, les Musulmanes de ces pays revêtent généralement le hijab et le chador. Il est à noter les Musulmanes qui y sont vêtues à la manière occidentale sont beaucoup moins nombreuses qu’elles l’étaient il y a quelques décennies essentiellement en raison de l’influence saoudienne sur le clergé sunnite.

Par contre, les provinces anglophones accueillent davantage de gens provenant de pays du Moyen-Orient — au sens français du terme — où le voile islamique intégral est porté fréquemment.

Cas extrême, la banlieue torontoise de Peace Village est un ghetto pakistanais où vivent plus de cinq-mille femmes portant le niqab.

Au Québec, les personnes les plus hostiles au port du voile sont originaires de pays où elles ont assisté à la montée de l’intégrisme religieux. Le recul important des droits des femmes a accompagné la généralisation du port du voile, devenu nécessité sociale même pour celles qui ne sont pas musulmanes.

Ces personnes angoissent à la vue des Québécoises musulmanes qui portent le voile et y voient les signes précurseurs de ce qu’elles ont vécu dans leur pays d’origine.

Dans ces pays, les Musulmans forment l’immense majorité de la population. De ce fait, ces pays constituent un terreau immensément plus fertile à la généralisation des formes les plus rigoureuses de l’Islam qu’ici, où ils ne forment qu’une infime minorité.

Les Cassandre du recul de la laïcité sous les assauts du wahhabisme répandent une crainte excessive qui fait le jeu de la droite québécoise en dépit du fait que les plus célèbres d’entre elles — Fatima Houda-Pepin, Djemila Benhabib et Nadia Alexan — n’en font pas partie.

En réalité, dans un pays démocratique, il est impossible qu’une minorité impose sa volonté à la majorité.

Tout au plus, cette minorité peut-elle imposer le respect et obtenir des accommodements dits raisonnables.

Loin de correspondre à une ‘musulmanisation’ de la société québécoise, les accommodements accordés aux Québécois musulmans ne sont que des exceptions à des règles qui empêchent leur pratique religieuse ou l’expression de leur foi. En somme, ils se résument à vivre et laisser vivre.

Laïcité : la France vs l’Autriche

La laïcité républicaine

On dit souvent que la loi française de 1905 bannissait le port de signes religieux au sein des institutions publiques du pays. Cela est inexact.

C’est la Loi sur l’interdiction de signes religieux à l’école, adoptée en 2004 par un gouvernement de droite, qui interdit le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles, les collèges et les lycées publics.

Le qualificatif ostentatoire est important parce qu’il permet d’interdire sélectivement le voile musulman sans affecter, par exemple, les pendentifs chrétiens, plus discrets.

En 2010, la Loi sur la dissimulation du visage, adoptée par un autre gouvernement de droite, interdit le niqab et la burka dans l’espace public mais permet le foulard islamique et le chador. Cette loi, toujours en vigueur, est très peu appliquée.

Cette portée nouvelle donnée à la laïcité républicaine fut étendue en 2016 à la tenue musulmane de plage (le burkini), interdite par les villes de Nice, de Cannes et d’une trentaine d’autres villes dirigées par des mairies de droite avant que cette mesure ne soit invalidée par les tribunaux français.

Ces mesures antimusulmanes ont séduit de nombreux électeurs, tant à droite qu’à gauche.

Mais les penseurs de gauche n’ont pas cessé de critiquer ces mesures pour deux raisons.

Premièrement, en raison de leur caractère discriminatoire et xénophobe.

Et deuxièmement, parce qu’une loi qui s’attaque aux victimes présumées — et non à leurs agresseurs — est une loi mal faite.

En retour, ce qui explique l’accusation récurrente adressée par la droite aux idéologues de gauche d’être complices de l’Islam politique.

L’exemple autrichien

En février 2015, l’Autriche a adopté une loi destinée à éviter des dérives islamistes en réduisant notamment l’influence étrangère sur les mosquées et sur l’enseignement religieux dans ce pays.

D’un côté, cette loi élargit les droits des pratiquants de religion musulmane. Mais d’autre part, les imams devront être formés en Autriche grâce à un cursus théologique à l’université. Il leur faudra également maîtriser la langue du pays.

De plus, les frais de fonctionnement des institutions confessionnelles, y compris les salaires, ne pourront plus être financés depuis l’Étranger.

Dans la mesure où cette loi ne concerne que l’Islam, elle est évidemment discriminatoire.

Mais à la différence des lois françaises, la loi autrichienne ne s’attaque pas aux femmes, mais plutôt au financement de la prédication des formes les plus rigoureuses de l’Islam, dont le wahhabisme, qui sont précisément celles qui ordonnent aux femmes de revêtir le voile intégral.

Conclusion

Peut-on croire sérieusement qu’il suffit de bannir le voile islamique (intégral ou non) pour faire obstacle à l’intégrisme islamique ?

C’est en libérant l’imanat sunnite de l’emprise saoudienne et en bloquant les sites web étrangers qui en font la promotion qu’on s’attaque au port du voile intégral.

Quant aux formes anodines du voile islamique (hijab et chador), ceux qui veulent fermer le marché de l’emploi aux Québécoises musulmanes qui les portent font le jeu des islamistes qui, eux-mêmes, estiment que la place d’une femme est dans la cuisine ou à changer des couches.

Rien n’est plus contraire à l’interprétation rigoureuse de l’Islam que de travailler dans un environnement mixte — c’est-a-dire où se côtoient des hommes et des femmes — comme c’est le cas du marché de l’emploi au Québec.

C’est précisément en donnant à ces femmes l’opportunité de travailler qu’on leur accorde l’autonomie financière qui leur permet de se libérer d’un conjoint dominateur, si c’est le cas.

Qu’elles soient vêtues à l’occidental ou non, les Québécoises musulmanes sont des pionnières en train d’inventer leur manière bien à elles de concilier leur foi avec la vie en Occident.

Elles ont tout mon respect.

Et si ce regard bienveillant est intolérable aux yeux d’une poignée d’idéologues de la droite québécoise, ceux-ci doivent savoir que les gens comme moi feront toujours obstacle à leurs entreprises de dresser le peuple contre lui-même.

Références :
La gauche se trompe lourdement sur la laïcité
La laïcité républicaine
L’Autriche adopte une nouvelle loi pour encadrer l’islam
Les services à visage découvert et les droits constitutionnels
L’uniforme laïque des forces de l’ordre
Pascal Bruckner ou la victimisation illusoire
Port du voile en hausse parmi les musulmanes au Canada
Résumé de géopolitique mondiale (2e partie et fin)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Laïcité et droits constitutionnels

21 octobre 2018

Introduction

Les moyens répressifs de l’État sont la police, l’armée, les tribunaux et les prisons.

Leur but est de faire en sorte que les citoyens respectent l’ordre établi, un ordre protégé par un encadrement législatif dont le socle est la constitution du pays.

En défendant le respect des lois, la profession juridique est donc le gardien de l’ordre établi.

Aussi n’est-on pas surpris de voir plus de soixante-dix juristes s’indigner de l’intention du nouveau gouvernement québécois d’invoquer la clause dérogatoire de la constitution afin d’instituer une laïcité à la québécoise. Une laïcité qui, autrement, serait anticonstitutionnelle.

Pour les protestataires, les droits constitutionnels sont sacrés. Conséquemment, le recours à la clause dérogatoire pour les suspendre est un abus de pouvoir intolérable.

Les droits fondamentaux

Les avocats ne sont pas les seuls à croire que rien n’est plus sacré qu’un droit constitutionnel.

Pourtant, grâce à l’internet, chaque citoyen peut découvrir que certains droits constitutionnels au Canada ne le sont pas dans d’autres pays démocratiques.

Pour prendre un exemple précis, le port du niqab est un droit fondamental au Canada. Pourtant, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, le Danemark, et la France ont adopté des législations bannissant le port du niqab. Des législations qui furent validées par les plus hautes instances juridiques européennes.

Dans ces pays, la pratique religieuse est un droit fondamental lorsqu’il s’exerce dans la sphère domestique. Dans ce sens, ces pays respectent leurs obligations internationales.

Voile_islamique
 
Il y a moins d’une semaine, l’Algérie interdisait le port du niqab aux employés de sa fonction publique. Le Maroc interdit déjà la vente de la burka.

Pourquoi le Canada fait-il bande à part ?

La Canadian Constitution de 1982 a été adoptée par les provinces anglophones du Canada à l’issue d’une séance ultime de négociation à laquelle le Québec n’a pas été invité.

Les idéologues qui l’ont rédigée voulaient consacrer la suprématie absolue des droits individuels afin de bloquer les dispositions les plus importantes de la Loi 101. En effet, cette dernière proclamait la préséance de certains droits collectifs — ceux nécessaires à la pérennité de la langue française au Québec — sur certains droits individuels, notamment celui de s’assimiler au groupe linguistique de son choix.

En vertu de cette constitution illégitime, toutes les formes de laïcité préconisées par les partis politiques du Québec sont anticonstitutionnelles. Même le parti le moins exigeant à ce sujet (le Parti libéral du Québec) doit céder devant l’ordre constitutionnel canadian.

L’accommodement raisonnable le plus pernicieux exigé du peuple francoQuébécois, c’est d’être constamment en deçà de ce qu’il aspire à être dans le but de se soumettre à l’idéologie de l’ethnie dominante du pays, imposée par le biais d’une camisole de force constitutionnelle.

Voilà le prix du fédéralisme.

En matière de laïcité, la question à se poser est simple : voulons-nous capituler devant un ordre constitutionnel étranger ou invoquer une clause dérogatoire qui nous donne une idée de la liberté dont nous jouirions en nous affranchissant de l’État pétrolier canadien…

Références :
Algérie : Le niqab “interdit” sur les lieux de travail
Denmark passes law banning burqa and niqab
La CEDH juge «nécessaire» l’interdiction du voile intégral dans l’espace public
La laïcité républicaine
L’Allemagne interdit le voile intégral dans la fonction publique
Le Danemark veut interdire le voile intégral dans les lieux publics
Le Maroc interdit la fabrication et la vente de la burqa
Neutralité religieuse : un juge suspend l’application de l’article clé de la loi
Signes religieux et neutralité de l’État
Sondage: les Canadiens et les Québécois favorables au projet de loi 62
Zunera Ishaq, who challenged ban on niqab, takes citizenship oath wearing it

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’allégeance à la reine et les périls du PQ

18 octobre 2018

Pour tout peuple conquis, rien n’est plus révélateur de son assujettissement que d’être obligé de prêter allégeance à ses conquérants ou à leurs descendants.

Dans un commentaire publié par Le Devoir en 2015, j’avais déclaré que je n’hésiterais pas à revêtir le niqab — ce vêtement féminin qui ne laisse visibles que les yeux de celle qui le porte — si j’avais l’obligation de prêter serment à la reine d’Angleterre.

C’est un peu ce qu’ont fait hier les nouveaux députés de Québec Solidaire (QS).

En vertu de la Canadian Constitution, tout nouvel élu doit prononcer le serment suivant afin de pouvoir siéger à l’Assemblée nationale :

Je, (nom du député), jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II.

À cela, une loi adoptée en 1982 sous le gouvernement de René Lévesque a fait ajouter :

Je, (nom du député), déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec.

Après s’être entendus avec le secrétaire général de l’Assemblée nationale (devant qui le serment doit être prêté), les députés de QS ont juré fidélité à la reine, en privé, dans une salle adjacente au Salon rouge.

Puis, en public dans le Salon rouge, ils ont déclaré leur loyauté à la population du Québec.

Autrefois, les députés péquistes avaient l’habitude de compléter le texte du serment par des ajouts qui en ridiculisaient la teneur. On ignore ce qu’ils ont fait cette fois-ci.

Dans un texte récent, je me réjouissais d’avance de la surenchère que se livreraient QS et le PQ pour rallier les Québécois à la cause indépendantiste.

La séance d’assermentation d’hier a donné une idée — anodine, il est vrai — de cette nouvelle rivalité.

Non seulement le PQ doit-il craindre que QS lui glisse le tapis sous les pieds mais il aurait bien tort de présumer qu’un gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) sera aussi servile à l’égard du gouvernement fédéral que le gouvernement invertébré de Philippe Couillard.

On doit se rappeler que le méfiance à l’égard d’Ottawa — sous forme d’une vague hostilité à l’égard des ‘Anglais’ — fait partie de l’ADN du peuple francoQuébécois.

Or le Québec profond a voté caquiste. Il serait raisonnable de penser que la députation caquiste se fasse l’écho de ce ressentiment, ce qui compliquera les efforts péquistes de se faire une nouvelle clientèle électorale.

Au-delà de cette compétition à trois, on doit réaliser que la défaite cuisante du PQ aux dernières élections, loin d’annoncer la fin du mouvement indépendantiste, dresse la table pour son renouveau.

Références :
Le serment d’allégeance selon les députés péquistes
Québec solidaire prête serment à la reine en cachette

Sur le même sujet :
Un conseiller municipal autochtone refuse de prêter serment à la reine et abandonne son siège (2018-12-03)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Québec Solidaire est là pour rester

5 octobre 2018

Tourner la page de la convergence souverainiste

Ils sont nombreux les sympathisants du Parti Québécois (PQ) qui imputent la déconfiture électorale de leur parti au refus de Québec Solidaire (QS) de créer des alliances électorales destinées à éviter la division du vote indépendantiste.

La question de savoir si ce reproche est justifié ou non est sans importance; la sagesse est l’art d’accepter ce qu’on ne peut pas changer.

À l’époque où le PQ entamait cette tentative de rapprochement, les intentions de vote au Québec se répartissaient comme suit : Parti libéral (31%), PQ (30%), Coalition Avenir Québec (25%), et QS (10%).

Le 26 avril 2016, j’écrivais sur le site du quotidien Le Devoir :

Le vote fédéraliste est beaucoup plus éparpillé (entre le PLQ et la CAQ) que le vote indépendantiste (monopolisée par le PQ).


L’idée derrière cette obsession à vouloir fusionner les partis indépendantistes, c’est cette présomption voulant que le PLQ serait invincible et qu’il gouvernera un Québec à perpétuité à moins (qu’on aille) gratter les fonds de tiroir indépendantistes au profit du PQ.

En somme, au lieu de se cannibaliser, j’étais d’avis que les partis indépendantistes devaient se lancer à la conquête beaucoup plus payante du vote fédéraliste.

Plutôt que d’y travailler, le PQ a poursuivi ses pourparlers diplomatiques qui se sont soldés par un échec en mai 2017, à peine un an et demi avant le scrutin.

Et cette suggestion de partir à la conquête des fédéralistes, c’est ce qu’a fait la CAQ avec le résultat qu’on sait.

QS et les Millénariaux

Depuis des années, les sondages révèlent que les jeunes adultes québécois sont fédéralistes. Au point que certains analystes n’hésitent pas à conclure que l’indépendance du Québec est un rêve limité à la génération vieillissante des babyboumeurs.

En réalité, les Millénariaux sont des fédéralistes mous. En tablant sur leurs préoccupations environnementales, QS est passé d’un appui populaire de 10% à 16%.

Il était frappant de constater à quel point la salle dans laquelle les partisans de QS s’étaient réunis pour entendre les résultats du scrutin était presque exclusivement peuplée de Millénariaux.

Au cours du porte-à-porte dans ma circonscription (Hochelaga-Maisonneuve), j’avais effectivement constaté la très grande popularité de QS parmi les jeunes adultes de mon quartier.

Il serait présomptueux de croire que QS a converti tous ces jeunes à la cause indépendantiste. Mais ce parti a leur oreille. C’est déjà ça.

Exposés aux arguments de QS en faveur de l’indépendance, je crois que ces jeunes seront à l’origine d’un renouveau du mouvement indépendantiste au Québec.

Et le jour où la nation québécoise aura de nouveau à se prononcer sur son avenir, il sera facile de conclure un mariage de raison entre les partis indépendantistes, unis à travailler à faire triompher la liberté.

Suivre l’exemple de QS

Manon Massé ne craint pas d’affirmer que si jamais le prix du pétrole rendait rentable la construction d’un pipeline traversant le Québec, seule l’indépendance permettrait d’empêcher un tel projet.

Au dernier congrès du PQ, j’ai créé un malaise en déclarant publiquement que le PQ se tirait dans le pied en faisant croire qu’on pouvait avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.

Je faisais alors référence au bluff d’une résolution du programme du PQ qui laissait croire qu’un gouvernement péquiste disposerait des moyens d’empêcher la construction d’un pipeline destiné à traverser le Québec.

Le PQ doit donc réviser son programme et présenter aux Québécois deux choses : ce qu’il peut faire en dirigeant un gouvernement provincial compétent et, en parallèle, le projet de société beaucoup plus ambitieux qu’il compte réaliser une fois le Québec indépendant.

Le pouvoir ou ‘la cause’

Au sein du PQ, décider l’ordre des priorités entre prendre le pouvoir ou promouvoir ‘la cause’, c’est comme décider de ce qui est arrivé en premier : la poule ou l’œuf.

En faisant du porte-à-porte au cours de la campagne électorale, j’ai rencontré de nombreux indépendantistes désabusés.

Lorsqu’on s’attarde à discuter avec eux, on réalise que lorsqu’ils disent ne plus croire à ‘la cause’ indépendantiste, ce qu’ils veulent réellement dire c’est qu’ils ont cessé de croire que l’indépendance du Québec puisse être réalisée par le PQ.

La source de cette désespérance (et non de ce désespoir), c’est qu’ils jugent que le PQ a souvent oublié sa raison d’être une fois arrivé au pouvoir, alors qu’il était accaparé par les tâches reliées à la gestion de l’État.

Dans le quartier populaire d’Hochelaga-Maisonneuve, le PQ puise sa force dans les familles ouvrières, dans les petits salariés d’âge mûr et dans les assistés sociaux.

Ce n’est qu’une question de temps pour que l’idéologie anticapitaliste de QS vienne gruger l’électorat du PQ, ce que QS n’a pas fait réellement jusqu’ici.

Le plus grave péril qui guette le PQ, c’est que QS pille le programme du PQ en matière d’immigration, de défense du français et de transport collectif. Trois domaines où le programme de QS est faible et où les propositions du PQ, très supérieures, peuvent facilement s’intégrer au programme politique de QS.

Chassé de ses terres, le PQ doit partir à la conquête des fédéralistes mous tout en affermissant la virulence de sa critique à l’égard du régime colonial canadian. Cela aura pour effet de d’attire au PQ de nouveaux adeptes tout en ramenant au bercail ceux qui l’ont abandonné.

Conclusion

Depuis sa création, le Parti Québécois a révolutionné le Québec en adoptant les mesures suivantes :
• la loi 101,
• les garderies publiques,
• la loi de protection des consommateurs,
• le zonage des terres agricoles,
et bien d’autres mesures dont on ne pourrait plus se passer aujourd’hui.

Si le PQ a pu faire tout cela en disposant des pouvoirs limités que lui laisse la Canadien Constitution, peut-on imaginer ce qu’il pourrait accomplir en disposant de tous les pouvoirs d’un État souverain et en récupérant les dizaines de milliards$ d’impôts que nous versons plutôt inutilement au fédéral ?

Toutefois, il ne suffit pas de proposer le rêve pour qu’une nation choisisse de s’assumer à titre de pays.

Le moteur des révolutions, c’est le sentiment d’injustice.

Voilà pourquoi le PQ ne doit pas craindre d’affronter la controverse en faisant inlassablement le procès du gouvernement colonial canadien.

Et c’est en semant le ressentiment au sein du peuple francoQuébécois tout en lui offrant un moyen de s’en sortir que le PQ guidera la nation québécoise vers l’indépendance.

D’ici là, le PQ doit cesser de voir QS comme un parti ennemi.

À trop entendre la propagande fédéraliste répéter que la cause indépendantiste est perdue, certains Péquistes en sont venus à croire que du fait même de son existence, QS leur dérobe les rares Indépendantistes encore en vie.

Au contraire, si on considère les millions de Québécois fédéralistes comme un vaste domaine à conquérir, il est heureux que deux partis rivaux tentent, chacun à sa manière, de les rallier à la même cause.

Références :
Convergence : Un échec cuisant pour Jean-François Lisée
Élections générales québécoises de 2018
La sainte citation
Le PQ évoque «l’urgence» de s’unir contre les libéraux
Les textes de la série ‘Le prix du fédéralisme’
Pétrole et élections : un rendez-vous manqué avec le destin
Sondage de novembre 2016

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une députée modèle

4 octobre 2018

Introduction

Carole Poirier, ex-députée

Jusqu’à ce que je m’implique à titre de bénévole pour la réélection de notre députée sortante, j’avais une opinion assez sommaire du rôle du représentant de notre circonscription à l’Assemblée nationale.

Pour moi, le devoir d’un député, c’était d’aider des citoyens à remplir des formulaires gouvernementaux ou à s’y retrouver dans les dédales administratifs de l’État québécois.

Il s’agissait aussi de mettre en contact des nécessiteux avec les organismes qui ont pour mission de leur venir en aide.

C’était aider des chômeurs à trouver un emploi en leur signant une lettre de recommandation si appropriée.

Et c’était enfin d’offrir une oreille compatissante à tout ceux qui ne savent plus à qui se confier.

Bref, c’était là des tâches exercées souvent par une secrétaire pendant que le député faisait tapisserie à l’Assemblée nationale.

Dans mon esprit, quand un député n’accède jamais au Conseil des ministres, c’était la preuve d’un manque d’envergure qui le confinait au rang de personnalité politique mineure, voir de simple béni-oui-oui.

J’ai véritablement appris le rôle de ma députée à l’occasion des différents breffages qui avaient pour but de donner aux bénévoles des arguments en vue de convaincre les citoyens indécis lors des porte-à-porte.

En voici trois exemples.

L’école Baril

Lorsque le gouvernement Marois entreprit de s’attaquer aux écoles insalubres du Québec, l’école Baril — construite dans le premier quart du XXe siècle — n’était pas dans les priorités gouvernementales.

Pourtant, la députée recevait de très nombreuses plaintes de parents dont des enfants souffraient de bronchites à répétition et de maladies respiratoires chroniques.

Incapable de convaincre son propre gouvernement, la députée se résolut à utiliser l’arme ultime; elle menaça la première ministre Pauline Marois de démissionner si on ne décontaminait pas l’École Baril.

Or Carole Poirier, qui ne fut jamais ministre, était néanmoins considérée comme un pilier du PQ en raison de son expérience, comme en témoigne la liste des tâches qui lui furent confiées au fil du temps (voir à la fin du texte).

Les tests effectués révélèrent qu’effectivement, l’école Baril était à ce point atteinte de moisissures qu’il était impossible de la décontaminer. Conséquemment, le gouvernement décida de raser l’édifice et d’en construire un neuf.

Le couvent des sœurs du Saint-Nom-de-Jésus

Il y a plusieurs années, les sœurs du Saint-Nom-de-Jésus, décimées par l’âge, avaient été approchées par un promoteur immobilier en vue de la transformation de leur couvent en condominiums.

Prévenue, Carole Poirier s’était empressée de rencontrer les sœurs et de leur proposer plutôt de céder gratuitement leur couvent à la collectivité.

La députée leur proposa de transformer les étages supérieurs en une quarantaine de logements sociaux, tandis que le rez-de-chaussée devenait un CPE (c’est-à-dire une garderie publique) d’environ 80 places.

Le tout devait se réaliser lorsque les dernières religieuses, en perte d’autonomie, auraient quitté leur couvent pour un hospice.

Entretemps, lorsque le gouvernement libéral prit le pouvoir, celui-ci a voulu mettre fin à tout projet de CPE afin de privilégier les garderies privées subventionnées par l’État.

Carole Poirier, maintenant dans l’opposition, a fait valoir qu’une fois placées dans un CHSLD, il était impossible pour les sœurs de gérer la location d’un local utilisé par une garderie privée et que leur volonté devait être respectée intégralement.

C’est ce qui fit reculer le gouvernement Couillard.

Il y a quelques semaines, les dernières sœurs ont quitté leur couvent. D’ici peu, on commencera à briser les cloisons des chambrettes des religieuses pour créer des logements susceptibles d’accueillir des familles à bas revenus.

La pénurie de médecins dans le quartier

Tout l’Est de l’ile de Montréal possède le plus faible taux de médecins de famille au Québec. Le creux du creux est dans le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve (HoMa) où il n’y en avait aucun jusqu’au mois dernier.

Le ministère de la Santé était sourd aux demandes de la députée. La raison était que le quartier faisait partie de la zone administrative de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Or le ministre Barrette prétendait qu’HoMa n’avait pas de problème puisqu’un vingtaine de médecins s’étaient installés dans une superclinique située sur la rue Langelier (dans Mercier).

En réalité, cela ne donnait pas un médecin de plus puisqu’il s’agissait d’une clinique privée d’une vingtaine de médecins qui s’était transformée en superclinique.

De plus, celle-ci était située à deux kilomètres du domicile de certains patients d’HoMa en déambulateur ou incapables de se déplacer autrement qu’en transport adapté.

La députée connaissait la mentalité de la machine de l’État. La seule manière de faire bouger les choses était de faire en sorte qu’HoMa soit désigné comme une zone administrative autonome, ce qui révélait officiellement qu’aucun médecin ne s’occupait des 56 000 citoyens qui y habitaient.

À cette fin, la députée a organisé mensuellement des protestations regroupant quelques dizaines de citoyens un peu partout dans le quartier pendant plus d’un an.

De plus, elle a fait circuler une pétition signée par des milliers de résidents. Cette pétition, sur des cartons individuels, était remise de main à main au ministre Barrette, à sa plus grande exaspération.

Si bien que le ministère a finalement accepté de faire en sorte qu’HoMa devienne une zone administrative autonome.

Les effets de cette décision furent immédiats; cinq nouveaux médecins à temps partiel — l’équivalent de deux médecins à plein temps — se sont établis dans HoMa au cours du mois dernier.

Un nouveau député

Alexandre Leduc, nouveau député

Historien et syndicaliste au sein de la FTQ, Alexandre Leduc a été élu député d’HoMa à l’élection du 1er octobre 2018 avec 50,4% des voix exprimées.

À l’occasion de deux débats, j’ai pu constater qu’il s’agit d’un homme brillant, excellent communicateur, et de loin le meilleur rival de Carole Poirier parmi une kyrielle d’opposants dont certains étaient d’une médiocrité inimaginable.

Bref, Alexandre Leduc possède toutes les qualités nécessaires pour bien représenter HoMa.

Pour l’instant, je doute qu’il ait l’efficacité de la députée sortante. Mais tout s’apprend et je présume qu’il fera éventuellement un bon travail.

Conclusion

Carole Poirier est une des femmes les plus remarquables que j’ai rencontrées.

Simple députée, elle a profité de sa profonde connaissance de la machine de l’État québécois pour mener dans le quartier des projets qui, sans elle, n’auraient jamais vu le jour.

À l’école Baril, des milliers d’enfants auraient continué à être malades pendant des années.

À l’ancien couvent des sœurs du Saint-Nom-de-Jésus, 46 logements sociaux s’ajouteront aux 1 200 créés dans le quartier depuis que Carole Poirier y a été élue députée.

Oubliés par la profession médicale depuis des années, des citoyens du quartier pourront être pris en charge par un médecin qui sera horrifié de voir l’état de ces personnes à l’issue d’un si long abandon.

Ces trois exemples ont été choisis pour donner un indice des différents moyens auxquels un député doit recourir pour s’acquitter de son mandat. Celui de défendre ses commettants.

Durant son mandat, Carole Poirier a changé la vie de centaines de personnes dans mon quartier. C’est en ce sens qu’elle est une députée modèle.

J’ai été honoré d’avoir fait sa connaissance et je crois qu’il était de mon devoir de lui rendre hommage.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8
1re photo : 1/2000 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 2000 — 75 mm


Qualifications, fonctions politiques et parlementaires de Carole Poirier

• Détentrice d’un baccalauréat multidisciplinaire en administration, en gestion des services municipaux et en administration des services publics décerné par l’UQÀM en 2005
• Détentrice d’une maitrise de gestionnaire en administration publique décerné par l’École nationale d’administration publique en 2008
• Directrice de cabinet de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale en 1997-1998
• Directrice de cabinet de la ministre des Affaires municipales et de la Métropole en 1998-2002
• Directrice de cabinet de la Présidence de l’Assemblée nationale en 2002-2003
• Directrice de cabinet de la cheffe de l’opposition officielle en. 2005-2006
• Première vice-présidente de l’Assemblée nationale du 30 octobre 2012 au 20 mai 2014
• Whip en chef de l’opposition officielle du 14 octobre 2016 au 2 février 2018
• Leader parlementaire de l’opposition officielle du 8 avril 2018 au 15 mai 2018
• Leader parlementaire adjointe de l’opposition officielle du 2 février 2018 au 8 avril 2018 et du 15 mai 2018 au 23 aout 2018
• Membre suppléante du Bureau de l’Assemblée nationale du 1er novembre 2016 au 6 février 2018
• Membre du Bureau de l’Assemblée nationale du 27 mai 2014 au 15 septembre 2015
• Membre de la Commission de l’Assemblée nationale du 30 octobre 2012 au 5 mars 2014, du 17 mai 2016 au 2 février 2018 et du 8 avril 2018 au 15 mai 2018
• Membre de la Commission de la culture et de l’éducation du 6 février 2018 au 23 aout 2018
• Membre de la Commission de l’administration publique du 21 mai 2015 au 17 mai 2016
• Membre de la Commission de la santé et des services sociaux du 15 septembre 2009 au 22 septembre 2010 et du 20 septembre 2011 au 1er août 2012
• Membre de la Commission des affaires sociales du 14 janvier 2009 au 14 septembre 2009
• Membre de la Commission des institutions du 2 juin 2014 au 21 mai 2015
• Membre de la Commission des relations avec les citoyens du 22 septembre 2010 au 20 septembre 2011, du 21 mai 2015 au 27 octobre 2016 et du 19 septembre 2017 au 23 aout 2018
• Membre de la Sous-commission de la réforme parlementaire du 30 octobre 2012 au 5 mars 2014, du 14 octobre 2016 au 2 février 2018 et du 8 avril 2018 au 15 mai 2018
• Membre de la Section du Québec, Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 27 mai 2009 au 8 mars 2012
• Membre de la Section du Québec, Association parlementaire Ontario-Québec (APOQ) du 27 mai 2009 au 1er aout 2012
• Membre de la Section du Québec de la Confédération parlementaire des Amériques (COPA) du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014 et du 20 juin 2014 au 23 aout 2018
• Membre de la Délégation de l’Assemblée nationale pour les relations avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région wallonne (DANRWB) du 27 mai 2009 au 1er aout 2012 et du 20 juin 2014 au 23 aout 2018
• Membre de la Délégation de l’Assemblée nationale pour les relations avec la Catalogne (DANRC) du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de condition féminine du 9 janvier 2009 au 26 aout 2010 et du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation primaire et secondaire du 2 février 2018 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’éducation des adultes du 2 février 2018 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille du 27 août 2010 au 18 aout 2011
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de francophonie du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de laïcité du 19 aout 2011 au 1er aout 2012
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration et de communautés culturelles du 14 octobre 2016 au 2 février 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’habitation du 9 janvier 2009 au 26 aout 2010 et du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de persévérance scolaire du 2 février 2018 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle en matière de relations internationales du 25 avril 2014 au 14 octobre 2016
• Porte-parole de l’opposition officielle pour la Métropole du 14 octobre 2016 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle responsable de l’ile de Montréal du 14 octobre 2016 au 23 aout 2018
• Porte-parole de l’opposition officielle pour les ainés du 19 août 2011 au 1er aout 2012
• Présidente de la Commission de l’administration publique du 17 mai 2016 au 27 octobre 2016
• Rapporteure de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires culturelles (et Réseau parlementaire de lutte contre le VIH/SIDA) de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 18 juin 2014 au 23 aout 2018
• Rapporteure de la Commission des affaires parlementaires de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 8 mars 2012 au 1er aout 2012 et du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014
• Vice-présidente de la Section du Québec de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) du 6 décembre 2012 au 5 mars 2014 et du 18 juin 2014 au 23 aout 2018

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La démission du commissaire de l’UPAC et la soupe chaude

2 octobre 2018

À l’époque de l’arrestation cavalière de Guy Ouellette par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), cette dernière avait déclaré que ses méthodes s’appuyaient sur une validation par un juge de la Cour supérieure (dont le nom est demeuré secret).

Si beaucoup d’observateurs ont pris cela pour du cash, j’en ai toujours douté.

La décision de la poursuite de ne pas contester devant le juge Raymond Pronovost la requête en cassation intentée par l’avocat du député Guy Ouellette est l’indice que les méthodes de l’UPAC sous la direction de Robert Lafrenière étaient au moins occasionnellement illégales, voire anticonstitutionnelles.

On n’a jamais su qui était le ‘verrou libéral’ qui a fait en sorte que l’UPAC a été totalement inefficace dans sa lutte contre la corruption au niveau de l’État québécois, contrairement à son bilan remarquable contre la corruption municipale.

Le fiasco de l’affaire Ouellette doit nous faire soupçonner que ce ‘verrou’ a pris soin d’insérer une fêlure qui plombera toutes les enquêtes intentées contre le couple Bibeau-Charest, c’est-à-dire celles qui visent le sommet de l’État québécois.

Je m’attends donc à ce que tous les dossiers qui traînent à l’UPAC depuis des années connaissent dans les prochains mois un grand déblocage en raison du changement de gouvernement. Un déblocage qui sera stoppé net quand toutes ces causes seront abandonnées pour vice de forme.

C’est alors qu’on prendra conscience du génie machiavélique du ‘verrou libéral’.

Références :
Corruption : le ‘verrou’ libéral
Décision du DPCP
Le grand patron de l’UPAC, Robert Lafrenière, démissionne
Les abus de pouvoir de l’UPAC
Le verrou libéral

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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