Hommage aux professeurs d’école primaire

1 novembre 2011

Tout le monde connait le rôle essentiel d’une mère aimante sur développement de ses enfants. Mais s’arrête-t-on à penser sur la contribution des professeurs d’école ?

Avant d’arriver à l’école, l’enfant n’a qu’une connaissance sensorielle du monde. Comme un chiot ou un jeune félin, il ne pense qu’à s’amuser. Son vocabulaire est rudimentaire. Il sait comment se comporter afin d’éviter les punitions et obtenir des récompenses. Il est familier avec ses parents, les voisins, ses petits amis et leurs parents. Au-delà, il ne connaît du monde que l’univers enchanté des émissions pour enfants. Plein de sujets de conversation des adultes le dépassent.

À la fin de la sixième année, il sait lire, écrire et compter. Il a tous les outils pour apprendre par lui-même et pour devenir un citoyen. Il peut découvrir les trésors de la littérature, distinguer les produits autrement que par leurs formes et leurs couleurs (il peut faire l’épicerie), s’orienter par le nom des rues, et compléter un questionnaire. Il pourrait lire les directives d’un employeur s’il avait l’âge de travailler.

En plus d’écrire (donc discuter sur l’internet et sur un téléphone portable), il connait maintenant près de trois mille mots. Il a le vocabulaire nécessaire pour exprimer sa pensée plus clairement et plus précisément.

Il sait compter jusqu’à un million, si ce n’est jusqu’à l’infini. Il sait additionner, soustraire, multiplier et diviser. Il est prêt pour la géométrie et les autres disciplines qu’il apprendra bientôt.

À tous les trois ans depuis l’an 2000, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) mène une enquête destinée à mesurer la performance des systèmes éducatifs de divers pays auprès des jeunes de quinze ans, soit un peu au-delà du primaire.

En 2009, soit la dernière fois qu’une telle enquête a été menée, le Canada était au dixième rang mondial pour les mathématiques (la France et les États-Unis étaient respectivement au 22e et au 30e rang), au 8e rang pour les sciences (la France et les États-Unis étaient respectivement au 27e et au 23e rang) et au 6e rang pour la lecture (la France et les États-Unis étaient respectivement au 22e et au 17e rang).

Alors que des voix s’élèvent au Québec pour instaurer la précarité des enseignants et une rémunération à la performance, je dis merci pour le travail extraordinaire que vous accomplissez. J’apprécie votre courage et votre ténacité en dépit des obstacles sur votre chemin.

Références :
Britain’s got a talent deficit
Programme PISA
Au primaire – Que faut-il avoir appris à la fin de la 6e année ?

Parus depuis :
Classement de l’OCDE – Le Québec, élève modèle en mathématiques (2013-12-03)
D’autorité? (2019-02-23)

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Opinion | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’âge du beige

23 août 2011

Dans l’opéra rock Notre-Dame-de-Paris, Plamondon écrivait : « Il est venu, le temps des cathédrales…»

C’était peut-être vrai il y a une décennie, mais aujourd’hui on est plutôt à l’âge du beige. Non pas du rouge, du vert ou de n’importe quelle autre couleur voyante. Non, non : du beige.

Ce qui est frappant dans l’histoire de l’Humanité, c’est qu’elle se confond avec le récit des accomplissements d’une multitude de gens passionnés. Les grands héros comme les pires tyrans, les auteurs célèbres, les champions olympiques et la très grande majorité de ceux dont l’Histoire a retenu les noms, étaient des passionnés.

Ces êtres sont exceptionnels. Ils se comportent différemment des autres. Ils dévient donc de la moyenne des gens qu’on dit ordinaires; ce sont des déviants. Or de nos jours, la moyenne, c’est la normalité : en dévier est suspect.

Autrefois, lorsqu’on adolescent occupait tous ses loisirs à construire des modèles d’avion, on disait qu’il développait des aptitudes : on le voyait déjà mécanicien chez Bombardier ou ailleurs. S’il s’intéressait plutôt à collectionner des timbres, celle-ci lui faisait découvrir de nouveaux pays et favorisait l’ouverture au Monde : c’était peut-être un futur explorateur. Si sa passion était la lecture, elle lui faisait découvrir l’univers créatif des auteurs.

Un ado qui passait tout son temps dans sa chambre à découvrir des choses extraordinaires, c’était merveilleux : au lieu de faire des mauvais coups, il était sagement à la maison. Quel bonheur pour les parents.

De nos jours, on ne dit plus que quelqu’un est passionné : on dit qu’il est accro. Accro à l’Internet. Accro à la malbouffe. Accro à ceci ou à cela. Car toutes ces passions dénotent plus ou moins un comportement asocial et une fuite de la réalité. Elles empêchent l’acquisition d’aptitudes dans les relations interpersonnelles.

Même l’abominable « womanizer » — qu’on appelait « coureur de jupons » à l’époque où on en portait — partage ce handicap dans la mesure où il ne sait pas comment se comporter autrement qu’en prédateur sexuel.

Mais heureusement, qui dit dépendance, dit remède à cette dépendance. Les magazines « People » regorgent d’articles destinés à aider à déceler la dépendance chez les autres. Ils enseignent comment se comporter devant la personne atteinte et fournissent des moyens d’aider les victimes à redécouvrir le bonheur tranquille du beige.

Et puisque la colère est un autre sentiment violent, on doit privilégier la rectitude politique afin de n’offenser personne. Car dans le royaume du beige, les rapports humains sont aussi harmonieux et lisses que superficiels. Ainsi, sourire aux inconnus qui s’approchent de vous doit devenir aussi naturel que de porter des talons hauts.

Et toujours dans le but de n’offenser personne, hommes et femmes doivent s’épiler le corps. La pillosité, c’est l’attribut des barbares et des animaux de compagnie. De plus, les odeurs corporelles et les parfums forts sont vulgaires. À éviter.

On doit éviter également la réussite ostentatoire car elle provoque l’envie et la jalousie. Le médiocre ne suscite pas l’animosité car nous nous reconnaissons tous dans ses faiblesses : voilà pourquoi il est le citoyen modèle au pays du beige.

Car le monde du beige est comme le Crisco®; sans couleur, sans saveur et sans odeur.

Mais plus on se laisse envahir par le beige, plus on est gagné par les pulsions inavouables et indomptés qui habitent les profondeurs de chacun d’entre nous. Ces pulsions que toutes les armées du monde canalisent en diabolisant l’ennemi, s’expriment aujourd’hui librement sous le masque du pseudonyme dans les forums de discussion et les médias sociaux.

Car en refoulant les sentiments excessifs de la sphère publique, ils apparaissent dans toute leur laideur dans la sphère privée. Du moins pour l’instant. Car la dernière frontière du beige, c’est la vie privée, site de toutes les passions résiduelles…

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

2 commentaires

| Opinion | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’éthique douteuse d’Air Canada

12 août 2011
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

On a tous vu ces réclames d’Air Canada, à pleine page dans certains quotidiens, qui annoncent des vols transatlantiques à des prix ridiculement bas. Toutefois, il faut lire les petits caractères au bas de la page puisque ces prix ne comprennent pas les taxes et plein d’autres frais cachés. En réalité, le prix réel d’une réservation est souvent deux à trois fois plus élevé que le prix annoncé.

Cet automne, l’Office de la protection du consommateur sommait le transporteur aérien de se conformer à la loi québécoise. Celle-ci exige que les prix affichés comprennent tous les frais applicables.

D’autres transporteurs — Porter Airlines, WestJet et Air Transat — ont signifié leur intention de se conformer à la loi québécoise mais pas Air Canada : cette dernière refuse, prétextant qu’elle n’est soumise qu’aux lois fédérales.

Selon le NPD, il existerait bien une loi fédérale à ce sujet mais le gouvernement actuel (qui était minoritaire au moment de son adoption) refuse de la mettre en application.

Air Canada devrait avoir honte. Comment une compagnie honnête peut-elle proposer publiquement de tels attrape-nigauds ? Évidemment, dès qu’on tente d’effectuer une réservation, on réalise très vite la supercherie mais tout cela est une perte de temps qui porte ombrage à l’image de respectabilité de cette entreprise.

Trop de compagnies comme Air Canada sont minées de l’intérieur par ces cadres sans scrupule, sans morale, prêts à tout (y compris la tromperie) pour parvenir à leurs fins.

Références :
Air Canada maintient une campagne publicitaire déjà jugée illégale
«Publicités trompeuses» – Le NPD veut qu’Ottawa sévisse contre Air Canada

Détails techniques de la photo : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/30 sec. — F/5,0 — ISO 320 — 23 mm

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

2 commentaires

| corruption, Opinion | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Cachez ces « fuck-friends » que je ne saurais voir…

16 juillet 2011


Avant-propos : L’édition d’aujourd’hui du Devoir publie la lettre d’un lecteur qui s’indigne de la parution d’un troisième film américain en un an sur le thème des « fuck-friends ». On trouvera ci-après la réponse que j’ai fait paraitre sur le site Web de ce quotidien.

Qu’attend-on du cinéma ? Des films qui nous renvoient une image aseptisée de ce que nous sommes (par exemple, « Papa a toujours raison — le film ») ? Ou peut-être préférons-nous fuir la réalité dans des films qui proposent l’imaginaire des romans sur lesquels ils sont basés ? Éprouvons-nous de vives émotions en voyant des films d’action qui ne sont que des hymnes à la violence et/ou à la destruction ?

Depuis deux mille ans, l’Occident est partagé entre une sexualité confiné au mariage et à la reproduction (proposée par les principales religions monothéistes) et une sexualité libre (héritée du paganisme romain).

Parallèlement, durant tout ce temps, la reproduction artistique du corps humain en Occident a oscillé entre ces deux tendances opposées. En Asie, le même phénomène existe, entre l’interdiction absolue de toute représentation humaine dans les mosquées et les Kâma-Sûtra sculptés sur la façade de temples indous.

Dans les années 1960, la perspective d’un anéantissement nucléaire et la découverte de la pilule contraceptive ont favorisé la recherche du plaisir immédiat. L’amour libre s’inscrivait dans cette tendance.

Mais depuis trois décennies, un courant conservateur tente vainement d’harnacher la sexualité populaire vers les organes reproducteurs de l’épouse bien-aimée.

Sous G. W. Bush, l’État américain refusait toute subvention fédérale aux séries télévisées qui ne reflétaient pas les « valeurs américaines » décrétées par la Droite républicaine. Par ailleurs, des mouvements féministes s’attaquaient à l’érotisme et la nudité en les qualifiant de pornographie (ce qui est différent).

Heureusement, les adolescents d’aujourd’hui vivent leur sexualité comme ils l’entendent et non comme le veut la morale hypocrite de l’Amérique bien-pensante. Conséquemment, les « fuck friends » existent aujourd’hui comme ils ont toujours existé dans l’aristocratie européenne.

L’auteur de cette lettre au Devoir s’indigne que trois films en un an soient apparus sur le thème des liaisons érotiques amicales. En supposant que ce soit trois navets, doit-on blâmer Hollywood pour avoir abordé maladroitement un tel sujet ? Si cela n’intéresse personne, il n’y en aura pas d’autres. D’ici là, je m’oppose à l’autocensure qu’on voudrait imposer à l’industrie cinématographique.

Quant à la conclusion selon laquelle « …ceux qui craignent l’engagement et les sentiments amoureux ont encore de beaux jours devant eux », je me demande en quoi cette « irresponsabilité » concerne l’auteur de la lettre au Devoir ?

Photo ©2011 — Sony Pictures

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

3 commentaires

| Opinion | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les voitures de luxe en Chine

26 juin 2011

L’époux d’une cliente me demandait hier soir :
Sais-tu pourquoi les Chinois achètent des voitures ?
Pour se transporter ?
Non, pour afficher leur statut social. C’est pourquoi la majorité des voitures en Chine sont des voitures de luxe.

J’avais des doute quant à savoir si la majorité des véhicules en Chine étaient des voitures de luxe. Toutefois, après quelques minutes de réflexion, j’ai apporté la nuance suivante.

Chez nous, la majorité des acheteurs de voitures font partie de la classe moyenne. Donc les modèles qui se vendent le plus sont ceux que peuvent se payer les acheteurs de cette classe sociale.

   En Chine, la classe moyenne est beaucoup moins importante. Il y a un immense prolétariat (paysans et ouvriers) qui n’ont les moyens que d’avoir un vélo ou d’utiliser les transports en commun. Il y a une multitude de petits commerçants : ceux-ci peuvent se payer un scooter ou une voiture compacte abordable. Et il y a les riches (un faible pourcentage de la population) qui ont les moyens de se payer une voiture, peu importe le prix.

En revenant à la maison, j’ai passé en revue rapidement mes photos : les voitures de luxe sont loin d’être la majorité mais j’avoue que lorsqu’on voyage en Chine, on est surpris d’en voir autant.

Concrètement, on peut s’en faire une idée en voyant cette vidéo, réalisée à Shanghai.

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Opinion | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Payer pour l’annuaire téléphonique

3 juin 2011


 
Contrairement aux Pages jaunes, les annuaires téléphoniques ordinaires ne comportent que très peu de publicité. Conséquemment, ils ne sont pas rentables.

Il est beaucoup plus simple de taper « XYZ est, rue Sherbrooke Montréal » dans le moteur de recherche de Google que d’avoir à tourner les pages d’un annuaire. Conséquemment, ils sont de moins en moins utilisés. La dernière fois que j’ai consulté les Pages blanches, c’était il y a plusieurs années.

Ils ne sont utiles qu’aux personnes qui n’ont pas d’ordinateur ou qui n’ont pas encore découvert les bénéfices de l’internet. Mais d’une manière ou d’une autre, c’est nous tous qui payons pour l’impression de ces bouquins généralement inutiles.

Or ceux-ci représentent des tonnes de papier. Dans le meilleur des cas, ces annuaires finiront dans des bacs de recyclage. Mais il y a une solution encore plus respectueuse de l’environnement : c’est d’en imprimer moins.

C’est pourquoi il serait sage de cesser la distribution systématique des Pages blanches et de réserver ces imprimés qu’à ceux qui voudront payer pour en obtenir un exemplaire.

Référence :
Phone-book delivery disappearing

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Opinion | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Foires de l’auto : New York ou Shanghai ?

29 avril 2011


Dix principaux marchés de l’automobile en 2010
(en millions de voitures neuves) :


 
Le Salon international de l’automobile de New York est le plus important des États-Unis ; il attire habituellement plus d’un million de visiteurs. L’événement avait lieu cette année du 22 avril au 1er mai. Toutefois, presque simultanément, celui de Shanghai se tenait du 21 au 28 avril.

En se forçant un peu, n’importe quel dirigeant d’un constructeur automobile aurait pu honorer de sa présence une de ces foires commerciales, puis l’autre quelques jours plus tard. Mais cela ne fut pas le cas. Le Président-directeur général de General Motors était à New York tandis que ses homologues de Volkswagen, de Toyota et de Renault-Nissan ont préféré visiter celui de Shanghai.

Références :
Chimits X, Le Sud accélère, La Revue, 2011; 9: 57.
Les grands bonzes de l’auto préfèrent Shanghai à New York

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Opinion | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Montréalais sont-ils casaniers ?

27 avril 2011

Sous la manchette « Montréal casanier », le quotidien Métro dévoilait ce matin le résultat d’un sondage effectué sur l’Internet auprès de 15,000 personnes âgées de 18 à 49 ans dans trente villes du monde, dont 500 personnes à Montréal.

Ce sondage révélerait que les jeunes Montréalais visitent peu leurs institutions culturelles, comparativement aux citoyens d’autres grandes villes.

Par exemple, la proportion des jeunes qui visitent un musée, une galerie d’Art ou un théâtre au moins une fois par mois est de :
   • Stockholm : 9%
   • Copenhague : 11%
   • Montréal : 12%
   • Londres : 29%
   • Mexico : 30%
   • Santiago : 30%
   • Beijing : 32%
   • São Paulo : 33%

Ce qui a attiré mon attention, c’est que ce sondage en ligne a été effectué entre le 15 janvier et le 15 février 2011.

Si on s’informe de la fréquence de mes sorties culturelles, ma réponse sera influencée par le temps de l’année où la question m’est posée. L’été, en pleine saison des festivals, j’aurai tendance à surévaluer cette fréquence et à oublier un peu les rigueurs du climat qui modéraient mes envies de sortie six mois plus tôt.

Effectivement, lorsqu’on analyse les résultats, on voit que les citoyens les plus casaniers habitent des villes nordiques (Stockholm, Copenhague et Montréal) alors que ceux qui vivent sous des climats plus chauds, sortent d’avantage. Une exception est Beijing qui possède un climat tempéré.

Si on effectue un sondage sur l’Internet dans un pays où les domiciles sont moins reliés à l’Internet, on risque que les répondants soient plus fréquemment des gens qui répondent à partir d’un lieu public. On sur-représente donc ceux qui sortent davantage que la moyenne. C’est comme effectuer ce sondage sous la marquise de la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, auprès de ceux qui viennent justement d’assister à un spectacle.

On doit donc regarder avec beaucoup de circonspection les résultats de ce sondage puisque le journaliste n’a pas cru bon préciser le texte exact des questions et que les données y sont présentées de manière très sommaire.

Il s’agit donc de données possiblement intéressantes, mais analysées de manière superficielle. Jamais l’explication du climat — pourtant évidente — ne semble avoir traversé l’esprit de l’auteur. On lit le texte avec l’impression que les jeunes Montréalais sont des incultes comparés aux autres jeunes autour du globe.

Le journaliste y aurait pensé qu’il aurait eu honte de publier une lapalissade à l’effet que plus il fait froid, moins les gens ont le goût de sortir. Car on ne fait pas les manchettes avec des lieux communs.

Référence
Casaniers, les Montréalais

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

3 commentaires

| Opinion | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


L’affaire Cantat : quand trop est assez

5 avril 2011

Préambule

Bertrand Cantat est l’ex-leader de « Noir désir », un groupe rock aujourd’hui dissout. En juillet 2003, à Vilnius, en Europe de l’Est, Cantat a battu à mort sa conjointe — l’actrice Marie Trintignant — au cours d’une violente dispute.

Pendant son incarcération en Lituanie, plus précisément dans la nuit du 10 au 11 septembre 2003, la maison familiale du chanteur à Moustey a été incendiée.

Entre le meurtre de Trintignant et la dissolution du groupe en novembre dernier, les autres membres de Noir désir ont reçu d’innombrables menaces de mort, eux qui pourtant sont totalement étrangers au décès de Mme Trintignant.

En absence du chanteur emprisonné, la famille de Cantat vivait protégée par des agents de sécurité payés par la maison de disque Universal.

Krisztina Rády, son ex-femme et la mère de ses deux enfants, s’est suicidée chez elle à Bordeaux, le 10 janvier 2010. Elle avait soutenu Cantat lors du procès relatif à l’homicide de Marie Trintignant.

Condamné à huit ans d’emprisonnement, Cantat est finalement libéré le 29 juillet 2010.

Le dramaturge Wajdi Mouawad, ami de Cantat, lui a offert de créer live les chœurs du spectacle « Le Cycle des femmes » qui sera créé en juin à Athènes, repris le mois suivant à Avignon, pour enfin prendre l’affiche à Ottawa, et finalement au TNM en mai 2012. Cette annonce ne semble pas avoir créé de vague en Grèce, ni en France, mais a soulevé une violente controverse au Québec.

La controverse

Avant d’aborder cette question, soyons clair ; dans toute cette affaire, il y a plusieurs victimes mais la principale est Marie Trintignant.

Ce qui est moins clair, c’est ce que veulent exactement ceux qui s’indignent de la venue de Bertrand Cantat au Québec. Oui, je sais, ils voudraient que le TNM congédie Cantat de ce spectacle. Mais est-ce suffisant ?

Les protestataires, seraient-ils satisfaits d’apprendre que Cantat a été limogé de cette production du TNM mais pour être embauché dans celle suivante ? Évidemment pas ; ce serait de la provocation si ce n’est pas carrément rire d’eux.

Voudraient-ils voir Cantat être embauché par une autre compagnie théâtrale ? Non, cela ne ferait que déplacer « le problème ». Et si Cantat prenait l’affiche d’une salle de spectacle, serait-ce satisfaisant ? Non, ce serait inacceptable.

Devrait-il changer de métier ? Voilà une bonne idée. Mais imaginez que le livreur de pizza qui sonne à votre porte soit un assassin ? Qui aimerait que ses enfants fréquentent une école où le laveur de plancher a tué une femme ? Etc., etc.

En somme, les justiciers croient que Cantat n’a pas suffisamment payé pour son crime et qu’ils ont le devoir de faire en sorte qu’on lui impose une punition extra-judiciaire pour le meurtre de Mme Trintignant.

Ce n’est pas mon avis, mais je reconnais que c’est un point de vue défendable. En effet, beaucoup de personnes croient que le pouvoir judiciaire est trop sensible aux droits des détenus et pas suffisamment préoccupé par le sort des victimes.

Alors supposons que Cantat s’en est bien tiré et que son crime aurait mérité un châtiment plus sévère. Doit-on faire en sorte que Cantat ne puisse plus jamais gagner sa vie honorablement et — parlons franchement — qu’il soit acculé au suicide ?

Parmi les justiciers, la majorité se sentiraient probablement inconfortables à l’idée d’avoir participé à une campagne haineuse ayant eu pour résultat le suicide du chanteur.

Alors que veut-on exactement ? Un boycott populaire ? Oui, mais pendant combien de temps ? Si on effectuait un sondage parmi les protestataires, on en arriverait probablement à une punition extra-judiciaire dont la durée varierait autant qu’il y aurait de répondants au sondage.

En d’autres mots, chacun a sa petite idée en tête. Si bien que si on devait chercher un consensus, on en arriverait, après d’interminables débats, à la conclusion que le système judicaire, aussi imparfait soit-il, est le reflet de notre propre imperfection et que toute punition supplémentaire imposée à Cantat ne ramènerait pas en vie Marie Trintignant.

Sans vouloir minimiser le drame vécu par la famille Trintignant, a-t-on pensé à ce qu’ont vécu les enfants de Cantat ? Méritaient-ils le suicide de leur mère et l’emprisonnement de leur père pendant presque toute leur enfance ? Aujourd’hui, qui paie pour les nourrir, les habiller, les loger et les instruire ? Est-on bien certain qu’en punissant Cantat, il n’y a pas de victimes collatérales ?

Autrefois, les aventuriers recherchés en Europe pouvaient refaire leur vie à l’autre bout du monde. Avec la mondialisation, il ne reste plus d’endroits secrets où les êtres ostracisés — même à juste titre — ont une dernière chance d’accomplir quelque chose de positif autour d’eux.

Références :
Bègles. Sécurité maximale pour le retour de Bertrand Cantat sur scène
Bertrand Cantat
Bertrand Cantat
Les proches de Kristina ne comprennent pas

Complément de lecture :
Cantat, après coup (2012-05-09)

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

4 commentaires

| Opinion | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


La déchéance de Dr Quichotte

2 avril 2011

À moins que sa condamnation ne soit cassée en appel (ce qui est très improbable), Pierre Mailloux — surnommée Docteur Mailloux — ne pourra plus exercer la profession de psychiatre pour les deux prochaines années.

Ce personnage m’a toujours fasciné. D’abord pour son franc parler. À la radio, le Doc Mailloux entretenait une relation paternaliste avec ses patients, osant leur dire publiquement ses quatre vérités comme probablement aucun autre « psy » n’oserait le faire.

Habitué de faire face à l’adversité, l’ex-psychiatre Mailloux s’est entêté à pratiquer de manière « déviante » en prescrivant des doses élevées de médicaments, des doses qui ont déjà été à la mode il y a quelques années mais qui sont aujourd’hui jugées imprudentes aux yeux de la majorité de ses collègues, et surtout aux yeux de sa Corporation professionnelle.

J’ai développé pour Pierre Mailloux une profonde antipathie depuis le jour où celui-ci a prétendu, en tant que professionnel, qu’il était prouvé que les Noirs étaient moins intelligents que les Blancs.

Dans une lettre adressée en octobre 2005 à l’animateur Guy-A. Lepage, j’ai eu l’occasion de donner mon opinion à ce sujet. Je profite de la déchéance de M. Mailloux pour répéter mon opinion à ce sujet parce je crois que la lutte contre les préjugés et le racisme est un combat perpétuel.

La théorie selon laquelle l’esclavage aurait sélectionné des Noirs forts mais abrutis est une théorie séduisante mais qui ne repose sur aucun fondement scientifique.

En effet, les « études » prouvant la supériorité aryenne n’ont pas plus de valeur que celles concluant que la taille moyenne plus petite du cerveau des femmes prouve quoi que ce soit.

Les publications tendant à prouver l’infériorité des Noirs et des Indiens, sont propagées par la Droite américaine et servent de justification au racisme larvé toujours présent dans le « Jesus Land » où Blancs, Noirs et Indiens forment généralement des collectivités territorialement séparées.

On a tendance à croire que l’intelligence humaine est héréditaire : cela n’est pas prouvé. D’abord, précisons que les tests de Quotient intellectuel ne mesurent pas l’intelligence mais sont, strictement parlant, des indices de réussite scolaire.

Les études prouvent que, de manière générale, lorsque les deux parents ont des Indices de Réussite Scolaire (IRS) sous la moyenne, leurs enfants sont généralement eux-aussi sous cette moyenne, mais dans une moindre mesure. En d’autres mots, ils se rapprochent de cette moyenne.

À l’opposé, lorsque les deux parents dont les Indices de Réussite Scolaire (IRS) au-dessus de la moyenne, leur progéniture a généralement tendance à être au-dessus de la moyenne, mais dans une moindre mesure. Eux aussi se rapprochent donc de cette moyenne.

Appliqué aux collectivités, cela signifie concrètement qu’après quelques générations, tout déficit sans cause biochimique (c’est-à-dire non basé sur une maladie héréditaire) ou tout avantage aura disparu.

Voilà ce que prouve la science. Le Doc Mailloux s’est entêté à soutenir le contraire. Il recueille aujourd’hui ce qu’il a semé.

Parus depuis :
Le «Doc Mailloux» radié pour cinq ans (2012-10-20)
Pierre Mailloux frappe un mur en Cour supérieure (2013-05-30)

Votre évaluation :
Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Opinion | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :