Au premier jour de la Troisième guerre du Golfe, l’assassinat par Israël d’une partie des dirigeants iraniens impliqués dans les négociations américano-iraniennes, combiné au fait qu’il n’existe pas d’ambassade d’Iran aux États-Unis (et vice-versa) ont créé un vide diplomatique entre les deux pays.
De nos jours, ils se parlent par l’intermédiaire du Pakistan et par médias interposés.
Les divergences américano-iraniennes portent actuellement sur cinq sujets principaux :
• un cessez-le-feu,
• la libre circulation maritime au détroit d’Ormuz,
• le programme nucléaire iranien,
• les réparations de guerre, et
• les sanctions économiques contre l’Iran.
Pour Téhéran, un cessez-le-feu est un prérequis à toute négociation portant sur le reste.
Cela signifie l’arrêt des bombardements américains et israéliens contre l’Iran et contre les intérêts iraniens dans la région (dont ceux au Liban).
Réciproquement, l’Iran cesserait ses frappes contre les bases militaires américaines et contre les alliés américains dans la région (Israël et les pétromonarchies).
Bref, ce cessez-le-feu équivaudrait à la suspension complète des hostilités militaires. Ce qui est la définition même d’un cessez-le-feu.
Les attentes iraniennes à ce sujet divergent entre ceux qui veulent simplement la fin des hostilités et ceux qui veulent une paix définitive.
Par contre, Washington exigeait la réouverture complète du détroit d’Ormuz comme condition préalable à l’arrêt des frappes en Iran. En d’autres mots, l’administration désirait le retour à la situation qui prévalait avant le début de la guerre. Comme si on pouvait remettre la pâte dentifrice dans le tube.
Après des frappes qui ont endommagé ou détruit 500 écoles iraniennes, de plus de 200 centres de santé et, de manière générale, de 67 000 cibles civiles, l’Iran n’est pas disposé à faire comme si rien ne s’était passé.
D’autant plus que ce pays est en position de force.
Premièrement, il a imposé la présence du vice-président américain aux négociations qui s’ouvrent aujourd’hui au Pakistan. Or c’est aux États-Unis de choisir ses propres négociateurs, pas à l’Iran.
Deuxièmement, les négociations s’ouvrent alors l’Iran empêche toujours la libre-circulation maritime au détroit d’Ormuz. Cela signifie que les exigences iraniennes ont prévalu quant au cessez-le-feu.
De manière générale, lorsqu’on regarde l’ensemble du contentieux américano-iranien, il est clair qu’il ne peut pas être résolu en une ou deux séances de négociation. Tout cela pourrait prendre des mois.
Or le temps joue en faveur de l’Iran puisque les conséquences économiques et politiques du blocage presque complet du détroit d’Ormuz exercent une pression insoutenable sur l’administration Trump.
Devant l’impatience de Donald Trump, ces négociations devraient rapidement tourner au vinaigre.
Références :
Comment le Pakistan a réussi à négocier une trêve entre l’Iran et les États-Unis
Iran war: is the US shifting away from its strategy of precision strikes?
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Postscriptum du 13 avril 2026 : Au matin du 12 avril, à l’issue des pourparlers américano-iraniens, les deux parties se sont séparées sur un profond désaccord.
La vidéo suivante donne un excellent résumé du déroulement des discussions :
Iran-USA : 21 heures de négociations. zéro accord. Le dossier complet (vidéo générée par IA)
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Écrit par Jean-Pierre Martel





































