Le transport en commun finlandais : le matériel roulant

27 août 2018

Introduction

Avec sa population de 5,4 millions d’habitants et un rude climat hivernal, la Finlande est un ‘petit’ pays qui a de nombreux points en commun avec le Québec.

Le texte qui suit vise à présenter les moyens retenus par la Finlande pour desservir sa population en matière de transport. Et ce, en attachant une importance particulière à l’électrification des transports, un domaine où le Québec accuse un retard certain après des années d’immobilisme.

Le réseau routier finlandais

Allongé du nord au sud, le territoire finlandais occupe 338 424 km² soit 22% de la surface du Québec.

Située à l’extrémité sud du pays, Helsinki possède une latitude de 60°10, à mi-chemin entre celle de Montréal (45°37) et le Pôle Nord (90°).

En dépit de ce caractère septentrional, la Finlande s’est dotée d’un réseau routier de 78 162 km qui couvre l’ensemble du pays, toutefois de manière moins dense au nord du pays.

Le Québec a fait un choix différent qui tient compte du fait de sa population concentrée dans la vallée du Saint-Laurent. C’est donc là que se trouve la majorité de nos 185 000 km de routes. Quant à lui, le Grand-Nord est desservi par voie aérienne.

La circulation à Helsinki

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La coexistence des différents moyens de locomotion dans la capitale finlandaise nécessite un aménagement précis du territoire.

Dans les rues les plus importantes, piétons et cyclistes voyagent en périphérie, les tramways circulent au centre (encadrés par des embarcadères surélevés), alors que voitures, camions et autobus circulent entre les deux.

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Lorsque les tramways empruntent des rues plus étroites, ils perdent leurs voies réservées et se déplacent là où circulent les voitures.

Les tramways

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Helsinki possède deux modèles de tramways. Le vieux modèle ci-dessus et un modèle plus récent, aux mêmes couleurs, présenté sur la photo précédente.

Les uns et les autres ont le même empattement puisqu’ils sont susceptibles d’emprunter les mêmes voies ferrées.

Dans tous les cas, les passagers peuvent accéder aux tramways par n’importe quelle de leurs portes.

Les autobus

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Les autobus d’Helsinki ressemblent à ceux de Montréal. Dans certains cas, on n’y accède que par la porte située près du chauffeur.

Ils sont climatisés. Toutefois, cette climatisation n’est pas prévue pour le simple confort des passagers mais pour éviter les coups de chaleur. Par temps chauds, elle est donc mise en marche que pour ramener la température intérieure au niveau de la température extérieure, sauf en cas de canicule où là, la climatisation plus intense.

Le vélo-partage

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Tout comme Montréal, Helsinki a son système de vélo-partage.

Inauguré en 2016, il se compose de 1 500 vélos répartis dans 150 stations.

Le tarif est de 5€ par jour pour un nombre illimité de trajets qui ne doivent pas excéder trente minutes chacun.

Le métro

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Inauguré en 1982 et prolongé une vingtaine d’années plus tard, le métro d’Helsinki est le plus nordique au monde.

À l’origine, son but était principalement économique. Il coutait moins cher de faire face à la croissance rapide de la population en enfouissant sous terre l’augmentation prévue des déplacements.

En somme, pour éviter d’augmenter le nombre de tramways et d’autobus en surface — ce qui aurait congestionné la circulation automobile et nécessité la construction de plus de routes et d’autoroutes — on a fait un métro.

Or le réseau initial reliait le centre-ville à l’université d’Helsinki et à des quartiers où demeuraient de fortes concentrations de retraités et de salariés à faible revenu. Bref, on ciblait les utilisateurs des transports publics.

Les stations du métro originel ont l’air un peu datées. Les stations nées de son prolongement sont plus modernes (voir photo ci-dessus).

Les trains

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Afin de relier Helsinki à sa banlieue et aux autres villes du pays, la Finlande a développé un réseau de trains.

À l’époque de la création du réseau, en 1862, la Finlande était un duché russe. L’écartement des rails obéit donc au standard russe (1,542m). Celui-ci est plus large que l’écartement du standard de l’Union internationale des chemins de fer (1,435m).

Pour desservir un territoire qui représente 22% de la taille du Québec, le réseau finlandais est de 5 865 km de voies ferrées, soit à peine moins qu’au Québec (6 678 km).

Contrairement au réseau routier — qui dessert assez bien l’ensemble du territoire national — le réseau ferroviaire dessert très peu le nord du pays.

L’efficacité du réseau est telle que le nombre de véhicules en Finlande est de 4,95 millions d’unités (dont 2,85 millions de voitures), alors qu’au Québec, il est de 8,49 millions d’unités (dont 5,59 millions de voitures).

C’est 627 véhicules en Finlande par mille personnes, comparativement à mille véhicules par mille personnes au Québec (soit un véhicule par personne).

C’est en 1968 que la Finlande a débuté l’électrification de son système ferroviaire. Un demi-siècle plus tard, c’est le cas de près de la moitié du réseau. Mais c’est la partie la plus utilisée. Si bien que la traction électrique est responsable de 65% des déplacements par chemin de fer.

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Une bonne partie des tablettes situées près des fenêtres portent un symbole qui indique aux passagers que des prises de 230 volts se trouvent sous ces tablettes afin de permettre la recharge ou la connexion électrique d’appareils mobiles.

Discussion

Depuis des décennies, la Finlande a investi des sommes considérables afin de se doter d’un vaste réseau de transport en commun, viable et efficace.

La création du métro d’Helsinki visait à enfouir sous terre l’augmentation prévue des déplacements de la circulation en surface dans la capitale finlandaise.

De la même manière, la création de son important réseau ferroviaire visait à prévenir une augmentation de la circulation automobile qui aurait nécessité des investissements encore plus importants dans la croissance du réseau routier.

Cette stratégie a fonctionné. Pour chaque tranche de mille citoyens, il y a 373 véhicules de moins sur les routes et autoroutes finlandaises en comparaison avec celles du Québec.

Cela équivaut, par exemple, à faire disparaitre 694 000 véhicules qui encombrent les voies de circulation sur l’ile de Montréal.

Pour l’ensemble du Québec, c’est comme enlever 3,1 millions de véhicules de nos routes.

Depuis toujours, des politiciens québécois cherchent à se faire élire ou réélire en promettant de créer plus de routes, plus d’autoroutes, et plus de ponts pour pallier aux problèmes survenus en dépit des kilomètres de routes, d’autoroutes et de ponts que d’année et année on ajoute au système routier québécois.

L’exemple finlandais devrait nous inciter à nous demander si cela est la meilleure solution…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
 1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 27 mm
 2e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
 3e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
 4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
 5e  photo : 1/1000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
 6e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 15 mm
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 8e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 15 mm
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11e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm
12e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Montréal, co-capitale du Québec

20 novembre 2016

Au cours des derniers mois, neuf des vingt-deux rencontres entre des représentants de l’État québécois et des dignitaires étrangers se sont déroulées à Montréal.

Plus tôt cette semaine, le maire de Québec déplorait cette situation. En commission parlementaire, celui-ci s’est fait menaçant : « Là, on est bien patients, mais on peut devenir un peu impatients. Par exemple, une fois la loi sur la capitale nationale adoptée, si on entend parler qu’un dignitaire étranger a été accueilli à Montréal, là on va être moins patients.»

Au Canada, toutes les ambassades sont situées à Ottawa. Toutefois, un certain nombre de pays maintiennent des consulats dans les grandes métropoles du pays comme Montréal, Toronto, Calgary et Vancouver.

Cette présence diplomatique permet la délivrance d’urgence d’un passeport à un ressortissant qui aurait perdu le sien, permet d’aider les familles étrangères qui doivent rapatrier la dépouille d’un parent, ou sert à répondre à toute autre situation d’urgence.

Or il y beaucoup plus d’étrangers qui visitent ou travaillent dans une grande ville internationale et multiethnique comme Montréal comparativement à Québec.

Lorsqu’un chef d’État étranger est de passage à Montréal afin de visiter une entreprise de haute technologie, il serait stupide pour le premier ministre du Québec de refuser de le rencontrer sous le prétexte qu’une rencontre dans la métropole risquerait de susciter la jalousie d’un roitelet de campagne.

Les citoyens de la région de Québec votent majoritairement pour la CAQ, un parti qui prône la diminution du rôle de l’État. De plus, les radios de la vieille capitale passent leurs journées à déblatérer contre les gouvernements, responsables apparemment de tous nos problèmes.

Pourquoi ne pas respecter la volonté populaire des gens de Québec et diminuer cette présence offensante de l’État dans la Vieille capitale au profit de la Nouvelle, c’est-à-dire Montréal ?

Selon un vieux proverbe, Il ne faut pas mordre la main qui nous nourrit. Peut-être y a-t-il là matière à réflexion pour le maire de Québec…

Référence :
La diplomatie à Montréal près de la moitié du temps

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Au premier coup d’œil

23 juin 2016

Lasik MD Vision est une entreprise de correction au laser de la vue

En apercevant la photo d’un de ses messages publicitaires, la première chose que j’y ai vue c’est une femme qui choisit de ne s’agripper à rien alors que le conducteur du scooteur emprunte une courbe surplombant une falaise.

Je comprends qu’on veuille ainsi illustrer la joie et le sentiment de liberté qui envahissent la personne qui retrouve la vue après l’avoir perdue en partie ou en totalité.

Mais je ne peux pas m’empêcher de trouver déplorable qu’on fasse indirectement la promotion d’un comportement routier dangereux.

Est-ce qu’un professionnel de la vue est justifié d’utiliser n’importe quel moyen pour promouvoir ses services ?


Image ci-dessus : © — Publicité de Lasik MD Vision

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La commémoration du jour du Souvenir et la promotion du militarisme canadien

12 novembre 2014

Le jour du Souvenir (ou jour de l’Armistice) commémore annuellement le sacrifice des soldats tués au combat. Le 11 novembre de chaque année, on commémore la signature de l’armistice en 1918 — c’est-à-dire le cessez-le-feu — mettant fin aux combats de la Première Guerre mondiale. Précisons que le Traité de Versailles, mettant officiellement fin à cette guerre, n’a été signé qu’un an plus tard.

Dans les pays européens qui ont été le théâtre des deux guerres mondiales, ces célébrations prennent tout naturellement une importance particulière alors que toutes les familles de ces pays ont souffert de ces conflits qui ont fait des millions de victimes.

En Amérique du Nord, ces célébrations se déroulent avec une ferveur variable selon les époques. Presque clandestines à l’issue de la guerre du Vietnam, elles sont l’objet d’une ferveur renouvelée au Canada depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Harper. En effet, le jour du Souvenir est une occasion pour lui de promouvoir le militarisme auquel il est dévoué.

Les politiques du gouvernement Harper peuvent se résumer de manière sommaire à affamer les pauvres afin d’enrichir davantage le complexe militaro-industriel. Comme tous les gouvernements de droite, le gouvernement Harper coupe dans les mesures sociales, dans les fonds alloués aux organismes qui ne partagent pas son idéologie, construit de nouvelles prisons — en dépit du fait que la criminalité violente est en baisse au Canada depuis vingt ans — fait voter des peines minimales plus élevées pour divers délits (dont la simple possession de drogue), augmente sensiblement les budgets militaires, et adopte une politique étrangère agressive qui, dans le cas de tous les conflits armés, expose le pays au ressentiment d’une partie des belligérants.

À une époque où l’économie réelle stagne, le gouvernement Harper procède donc à des coupes budgétaires destinées principalement à financer l’accroissement de ses dépenses militaires (45 milliards$ pour l’achat de 65 chasseurs F-35) et très secondairement (3 milliards$ annuellement) à des réductions d’impôt qui servent de leurre afin de faire accepter la militarisation du pays et l’amincissement du filet de protection sociale.

Cela nous amène à nous demander quelle importance on doit attacher à la célébration du jour du Souvenir. La mère qui élève ses enfants, l’ouvrier à l’œuvre, l’entrepreneur qui crée de l’emploi, ne travaillent-ils pas eux aussi à la construction du pays, chacun à sa manière ? Alors pourquoi le jour du Souvenir devrait-il être l’objet d’un rituel officiel plus important que la fête du Travail ou la fête des Mères ? En somme, pourquoi le décès d’un militaire serait plus regrettable que la perte d’un ouvrier ?

En protégeant le monde du nazisme, les militaires qui ont participé à la Deuxième Guerre mondiale — qu’ils en soient morts ou qu’ils en aient survécu — ont accompli une tâche hors de l’ordinaire qui justifie notre reconnaissance et conséquemment, mérite une célébration particulière.

Mais on ne peut pas en dire autant de l’implication du Canada lors de la Première Guerre mondiale, lors de la guerre de Corée, au sujet de la mission de paix désastreuse dans les Balkans et de l’occupation militaire de l’Afghanistan. Tous les soldats morts à ces occasions ont subi les risques du métier sans que leur implication ait changé quoi que ce soit à ce qu’est devenu le Canada depuis.

Le jour du Souvenir possède une portée vaste qui dilue sa pertinence en valorisant l’implication du pays dans toutes les guerres auxquelles il a participé. Or ceux qui décident des guerres sont des êtres humains, sujets à l’erreur. La célébration aveugle de toutes leurs décisions est non seulement une valorisation de l’esprit guerrier (justifié ou stupide) mais des occasions de promouvoir des notions aussi dépassées que la Gloire de la nation ou l’Honneur de la Patrie.

Dans un monde où les frontières s’estompent et où les communications entre les peuples contribuent à leur compréhension mutuelle, le jour du Souvenir doit demeurer une commémoration privée, offerte à ceux qui le souhaitent, d’honorer le travail de nos militaires et non servir de propagande politique, ce à quoi les célébrations officielles sont malheureusement devenues au Canada.

Références :
Les miettes dorées du F-35
Ottawa va de l’avant avec le fractionnement du revenu

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Le mépris du Canadien Pacifique

4 octobre 2014

Monsieur Hunter Harrison, président
Canadien Pacifique
7550 Ogden Dale Road S.E.
Calgary, AB T2C 4X9

Monsieur le Président,

Je suis outré d’apprendre qu’au nom de votre transporteur ferroviaire, vous estimez démesurée la réaction des autorités fédérales à la tragédie de Lac-Mégantic, dont vous imputez la responsabilité à une seule personne, soit le conducteur de la locomotive.

Les gestionnaires qui élaborent des politiques parfaites sur papier mais qui ne tiennent pas compte de l’imperfection de la nature humaine, sont responsables de négligence.

Il ne suffit pas de dire : « Nous avions adopté des procédures parfaites. Elles n’ont pas été suivies à la lettre. Nous nous en lavons les mains; c’est la faute de nos employés.»

D’après le Code civil, toute entreprise est responsable des dommages causés par ses employés, à moins que leurs actes aient été commis malicieusement.

Dans le cas précis de la MMA, il s’agit d’une entreprise qui a abusé du cadre réglementaire déficient du gouvernement Harper pour ne pas entretenir son réseau, pour effectuer des réparations inacceptables de son matériel roulant, pour ne pas s’assurer suffisamment et pour exiger de ses conducteurs qu’ils risquent leur vie à tout moment en acheminant des matières explosives sur un réseau en ruine.

Et vous avez l’audace de qualifier de démesurée la réaction à 48 morts et à la pire catastrophe environnementale du Canada ?

Auriez-vous oublié que le déraillement de Lac-Mégantic est le deuxième d’une série de trois déraillements de la MMA : celui de Frontenac (le 10 juin 2013), celui de Lac-Mégantic (le 6 juillet 2013) et celui de Nantes (le 9 janvier 2014) ?

Monsieur le Président, je ne crois pas que vous ayez le jugement nécessaire à diriger une entreprise de la taille du Canadien Pacifique.

Conséquemment, je crois que vous devez des excuses à la population de Lac-Mégantic ou, à défaut, vous devriez remettre votre démission à titre de président de cette entreprise.

Pour l’instant, j’ai donné l’ordre à mon courtier de vendre tous les fonds mutuels dont le portefeuille contient des actions ou des obligations de votre compagnie.

Jean-Pierre Martel

Référence : Lac-Mégantic: Ottawa récuse l’analyse du patron du CP

Paru depuis :
Tragédie de Lac-Mégantic: Québec poursuit le CP pour 409 M$ (2015-11-27)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Arithmétique et géométrie médiévales

7 juin 2014

 

 
Je remercie monsieur Pierre Pinsonnault de m’avoir fait connaître cette vidéo intéressante que je m’empresse de partager avec vous.

Entre autres, on y apprend le sens originel du verbe multiplier (ou multi-plier)…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tenir bon…

12 mai 2014
Au travers la porte vitrée d’une église

Il n’y a pas de bonheur sans espoir…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le projet de loi Chong est antidémocratique

7 décembre 2013

Le député conservateur Michael Chong vient de déposer à la Chambre des communes du gouvernement canadien, un projet de loi privé visant à établir un mécanisme de destitution du Premier ministre en fonction, comme c’est le cas en Australie et en Grande-Bretagne.

Selon ce projet de loi, le caucus d’un parti pourrait, si 15% de ses membres en font la demande, tenir un vote de confiance — par vote secret — sur un collègue député ou le chef du parti. Si la majorité vote contre ce dernier, celui-ci est démis et conséquemment, une course à la direction est déclenchée.

En mai 2011, M. Harper a été réélu à la tête d’un gouvernement majoritaire avec seulement 39,6% des votes. Fort de sa suprématie parlementaire, il a agi comme s’il jouissait de la confiance de la majorité de la population canadienne.

Pour faire simple, imaginons que toutes les circonscriptions électorales aient le même nombre d’électeurs. Faites le calcul, si 51% de députés conservateurs décidaient d’un putsch, ils ne représenteraient que 20% de l’électorat.

D’où la question : doit-on déléguer le pouvoir du peuple de choisir ses dirigeants à une poignée d’invertébrés qui n’ont pas eu le courage de s’opposer au despotisme de leur chef mais qui, lâchement, dans l’anonymat d’un vote secret, pourraient le destituer ?

La Démocratie donne souvent de très mauvais résultats. Mais on ne corrige pas ses défauts par des mesures boiteuses qui ont pour effet de donner à quelques dizaines d’élus les pouvoirs de tout un peuple.

Références :
Le despotisme de Stiveniev Harperoff
Michael Chong: la revanche du «backbencher»
Un député conservateur veut donner plus de pouvoirs aux caucus

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Écrit par Jean-Pierre Martel


De la commission Bastarache à la prière au Conseil municipal de Saguenay

31 mai 2013

Avec l’armée et les corps policiers, les tribunaux font partie des moyens répressifs de l’État. Toutefois, au lieu d’en faire de serviles valets d’un pouvoir totalitaire, il est coutumier dans nos démocraties de laisser une indépendance relative au pouvoir judiciaire.

Aux tribunaux de compétence provinciale, les avocats accèdent à la magistrature par décision du Conseil des ministres sur recommandation du ministre de la Justice. En général, les recommandations du ministre sont acceptées sans discussion.

Et les recommandations du ministre sont elles-mêmes faites à la suite d’un long processus qui vise à évaluer le dossier des avocats candidats selon leur expérience, les causes qu’ils ont plaidées et le respect acquis au sein de leur profession. La rigueur et le sérieux de ce processus garantissent l’excellence des candidats retenus et contribuent au prestige du pouvoir judiciaire.

Mais ce processus fut mis en veilleuse sous le gouvernement Charest.

La Commission Bastarache nous a appris qu’à cette époque, seuls les avocats dont le dossier transmis au Conseil des ministres portait un auto-collant jaune (en fait, un Post-it note) pouvaient espérer être nommés juges.

Or seuls les candidats qui avaient fait du bénévolat pour le Parti libéral, qui avaient contribué à la caisse électorale de ce parti ou qui étaient des parents de collecteurs de fonds du parti, bénéficiaient du précieux collant jaune apposé par Mme Chantal Landry (la Directrice-adjointe du cabinet de l’ex-Premier ministre Charest).

En somme, tous les candidats plus compétents étaient exclus — y compris ceux recommandés par le ministre de la Justice — s’ils ne faisaient pas partie de la bande libérale.

Dernièrement, la Cour d’appel du Québec a rendu jugement dans la célèbre cause relative à la prière récitée au début des réunions du Conseil de ville de la municipalité de Saguenay.

Cette décision a été rendue par les juges suivants :
•  Me Guy Gagnon, un avocat nommé juge à la Cour d’appel en 2009 par le gouvernement Charest
•  Me Allan R. Hilton, un avocat nommé lui aussi à la Cour d’appel en 2003 par le gouvernement Charest, et
•  Me Benoit Morin, un avocat qui, en dépit de ses allégeances politiques — il a été chef de cabinet du Premier ministre libéral Robert Bourassa — a été nommé à la Cour d’appel par le gouvernement péquiste de Bernard Landry en 2001, à une époque où l’allégeance politique n’était pas un critère absolu d’embauche ou d’exclusion.

Écoutons le juge Gagnon dans son jugement :

« la Croix et la statue du Sacré-Cœur sont, pour une partie importante de la population, dépouillés de leur connotation religieuse et (…) leur présence relève essentiellement d’un patrimoine culturel historique n’interférant nullement avec la neutralité de la Ville.» (paragraphe 125).

« la prière récitée par M. le maire et les deux signes religieux en cause, lorsque replacés dans leur contexte, ne démontrent pas que le conseil municipal (…) est sous l’influence d’une religion ou qu’il tente d’en imposer une. » (paragraphe 128).

« M. le maire (…) a réitéré devant le Tribunal (…) : Ce combat (juridique) là, je le fais parce que j’adore le Christ. (…) Quand je vais arriver de l’autre bord, je vais pouvoir être un peu orgueilleux. Je vais pouvoir lui dire : “Je me suis battu pour vous”.» (paragraphe 151).

En somme, les trois juges estiment que les représentants de l’État peuvent, dans l’exercice de leurs fonctions, s’adonner à une foi, sinon militante, du moins très démonstrative, sans compromettre le principe de la laïcité de l’État.

Je serais très surpris que la Cour suprême du Canada en vienne à la même conclusion.

Il est donc regrettable qu’on en soit rendu à compter sur des tribunaux fédéraux pour compenser pour la médiocrité d’une partie de la magistrature québécoise, souillée par presque dix ans de nominations où l’excellence était un critère secondaire d’embauche. On en voit aujourd’hui le résultat.

Références :
Jugement de la Cour d’appel du Québec
Le parti de l’exclusion


Post-Scriptum du 2015-04-15 : Tel qu’anticipé, dans une décision unanime, la Cour suprême du Canada a ordonné aujourd’hui que cesse la récitation de la prière avant les réunions du Conseil municipal de Saguenay. De plus, la ville est condamnée à payer 30 000$ en dommages aux plaignants.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Petite histoire de l’État moderne

8 mai 2013

La naissance de l’État

MésopotamieTant que l’Humanité était nomade, elle pouvait s’organiser en tribus mais seule la sédentarisation permettra la naissance de l’État.

Bien avant la Chine, c’est en Mésopotamie (dans l’Irak actuel) qu’est née l’agriculture, il y a environ 11 500 ans. L’agriculture y est née parce que le climat de l’époque s’y prêtait et parce que cela était plus commode; au lieu de marcher des dizaines de kilomètres afin de trouver les aliments dont ils avaient besoin, les chasseurs-cueilleurs ont rapproché ces plantes d’eux et les ont cultivées. Précisons que les premiers agriculteurs étaient des femmes : les hommes se réservant la chasse comme chasse gardée.

Mille ans plus tard, entre la Perse et la Mésopotamie, la domestication de la chèvre, du mouflon (ancêtre du mouton), du sanglier et de l’aurochs (ancêtre du bœuf) achève la sédentarisation des anciens peuples nomades de la région. Ces ongulés sont parqués, nourris et soignés dans le but d’obtenir leur lait, leur fourrure, leur cuir et leur viande.

Deux milles ans plus tard, on y invente l’irrigation. Or jusque là, seule une tout petite partie de la Mésopotamie recevait les 25 cm de pluie annuelle nécessaires à l’agriculture sèche (sans irrigation). Avec la construction de canaux d’irrigation, l’agriculture s’étendra à toute la région.

Au départ, seules les terres bordant les rivières (le Tigre et l’Euphrate) en profitent. Mais avec la diminution de la famine et l’explosion de la population, un nouveau phénomène apparait.

Jusque là, lorsqu’une colonie devenait trop importance, le sol devenait incapable de nourrir tout le monde. Le clan se brisait; un groupe essaimait vers un territoire situé plus loin. En Mésopotamie, il suffisait d’étendre le réseau d’irrigation pour que la capacité nourricière du sol augmente. Pour la première fois, la nécessité de collaborer — afin d’accroitre l’irrigation — finit par dominer.

Le village bordant la rivière se transforme en une ville traversée par elle. Déjà on voit apparaitre des métiers spécialisés (forgerons, menuisiers, ébénistes, tailleur de pierre, etc.).

Puis nait la cité-État lorsque l’étendue du territoire à irriguer nécessite une autorité apte à coordonner la construction de réseaux de digues et de barrages amenant l’eau sur de très longues distances, et lorsque la vulnérabilité de tout le réseau aux envahisseurs en font un enjeu stratégique.

Il y a 5 000 ans, les grands ouvrages collectifs apparaissent. Il y a 3 000 ans, ces ouvrages deviennent colossaux. Le roi assyrien Sennacherib fait construire un canal de 80km de long et 20m de large pour alimenter en eau la capitale de son royaume.

Évidemment, chaque royaume possède son armée. Puisqu’un peuple doté de soldats entrainés est avantagé par comparaison avec les populations laissées à leur sort, tous les autres peuples sont forcés de suivre l’exemple des premières cités-États. Au fil des conquêtes et des alliances féodales, les Nations se construisent. Et ce que les guerres échouent à accomplir, les alliances matrimoniales entre dynasties font le reste…

La guerre et la naissance de la finance

Au VIIIe siècle, pour financer la guerre aux Musulmans qui avaient envahi le Sud de la France, Charles Martel avait confisqué les avoirs des églises de France et avait fait fondre le métal précieux des objets liturgiques. Mais quelques siècles plus tard, les armes lourdes et l’obligation d’engager des mercenaires rendent les guerres trop onéreuses pour les États.

On doit alors solliciter des emprunts auprès de marchands fortunés établis hors des frontières du royaume. Mais ces prêts sont risqués et leurs taux d’intérêts prohibitifs. Peu à peu, ces prêteurs délaissent le négoce de biens (responsable jusque-là de leur fortune), au profit du prêt usuraire. C’est la naissance de la finance.

Au cours des siècles qui suivront, finance et noblesse feront bon ménage. Attiré par la perspective d’anoblissement (et les privilèges qui en découlent), les marchands fortunés prêteront aux nobles qui vivent au-dessus de leurs moyens.

Et quand Bonaparte envahira l’Europe et ce faisant, menacera la solvabilité d’une multitude de princes allemands endettés, les grands financiers autrichiens donneront à Wellington les moyens de battre Napoléon à Waterloo.

Puis tout au cours du XIXe siècle, c’est autour de la table de grands financiers que se règleront les petits conflits dynastiques susceptibles de dégénérer en effusion de sang.

La naissance de l’État-providence

De garant de l’intégralité du territoire et de protecteur de sa population contre les envahisseurs, l’État le transforme peu à peu en dispensateur de services.

Dès l’antiquité, il est le seul suffisamment puissant pour arbitrer les différents. La Justice devient sa prérogative. Il fait les lois qui régissent la vie collective.

Et pour faciliter les échanges au sein du royaume et conséquemment, sa prospérité, les États construisent des routes (et beaucoup plus tard, des voies ferrées, et des aéroports).

Dès Henri IV, on installe à Paris quelques fontaines publiques dans le but de faciliter l’approvisionnement en eau potable de la population.

Depuis la Réforme luthérienne, la nécessité de lire la Bible dans le texte est un puissant motivateur pour l’apprentissage de l’écriture et de la lecture chez les peuples protestants. Cette motivation n’existe pas alors dans les pays catholiques. Or, lorsqu’arrive la révolution industrielle, une main d’œuvre qualifiée est un avantage concurrentiel pour n’importe quel pays.

Les États mettent alors sur pied l’instruction publique qui, par le biais de l’enseignement de l’histoire, contribuent également au sentiment d’appartenance à la Nation. Quelques siècles plus tard, l’instruction publique est gratuite au niveau primaire et secondaire, et est très largement subventionnée (ou est gratuite, selon les pays) au niveau universitaire.

Dans le but de réduire l’insalubrité séculaire des grandes villes européennes, on repoussera vers la périphérie l’abattage des animaux de boucherie, on mettra sur pied la collecte des ordures domestiques, et l’approvisionnement en eau potable.

Dès la fin du XIXe siècle en Amérique du Nord, les bénévoles responsables du combat des incendies sont remplacés par des pompiers payés et équipés par les gouvernements municipaux.

Pendant la Grande dépression des années 1920, l’État américain met en place une politique de grands travaux pour relancer l’activité économique.

Au XXe siècle, l’État prend la relève des sociétés de secours et crée l’assurance-chômage et la pension de vieillesse. Puis, afin que les entrepreneurs disposent d’une main-d’œuvre saine et vigoureuse, on crée l’assurance-maladie et dans certains pays, l’assurance-médicaments.

Depuis quelques années au Québec, les mères désirant retourner au travail bénéficient d’un réseau de garderies publiques.

Les familles sont également soulagées du fardeau de soutenir leurs aïeux grâce à un réseau d’hospices et de résidences publiques pour personnes âgées.

Toutes ces mesures sociales sont financées par les taxes et les impôts payés par les citoyens et gérés par l’État. Et pour assumer ces services, les gouvernements doivent faire construire des édifices, payer des employés, acheter des fournitures, etc.

Et plus ces mesures sont coûteuses, plus grande est la place de l’État dans l’économie. Donc, plus les citoyens sont taxés. Parce que tout se paie.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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