Mon pays

24 juin 2021

© 2015 — Michel Rivard, auteur-compositeur

Mon pays n’est pas un rêve.
Mon pays est ici et maintenant.
C’est le Québec de ce matin.
Ce sera le Québec de ce soir.

Et demain,
si nous faisons tomber nos peurs,
si nous acceptons nos différences,
si nous relevons les manches,
ce sera le Québec (tout court).

Un pays.
Un vrai de vrai.
Pas mieux, pas pire.
Mais un pays qui nous ressemble déjà,
et nous rassemble encore plus.

Un pays avec des souches,
des racines,
et des ancêtres dont on se souvient des noms et des actions.

Un pays avec des branches solides
pour accueillir les oiseaux venus d’ailleurs
et apprendre leurs chansons,
écouter leurs histoires,
et leur apprendre la nôtre.

Mon pays est ici et maintenant.
Et demain, nous y entrerons la tête haute,
même si,
comme dit Gaston (Miron),
nous y sommes déjà.

Ce sera le Québec tout grand.
Fier de son eau et de son air.
Fier de ses Premières nations.
Assumé dans son passé
et fébrile de son avenir.

Un pays.
Un vrai de vrai.

Où tout le monde mange.
Où tout le monde parle.
Où tout le monde écoute.
Où les problèmes se règlent.
Où les grands se penchent
pour aider les petits à grandir.

Un pays.
Un vrai de vrai.

Pour pouvoir dire aux autres pays :
« Vous voyez cette rivière, cette ville, cette montagne,
ce fleuve qui devient la mer.
Vous voyez cette neige,
cette forêt rouge.

Vous sentez ce vent qui chante comme une guitare,
ce cœur qui bat comme un beat de drum.
Vous goutez ces fruits et ces légumes.

Vous voyez ces enfants qui font danser leur langue
et apprennent en souriant les mots du voisin.

Vous voyez ce pays qui s’ouvre et qui respire.
Bien c’est chez nous.
C’est le Québec.
C’est mon pays.

Bienvenue ! »


(Note : ce texte était autrefois disponible sur le site de tagtélé, aujourd’hui fermé).

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La montée variable du nationalisme culturel

21 juin 2021

La culture anglaise en Europe continentale

Le Royaume-Uni est le principal producteur européen de films et de séries télévisées. Annuellement, cela lui rapporte 2,4 milliards de dollars canadiens en redevances à travers le monde, dont le tiers en Europe continentale.

On apprend dans l’édition d’aujourd’hui du quotidien The Guardian que l’Union européenne se prépare à limiter la quantité de films et de séries télévisées britanniques programmées à la télévision des pays membres.

Les talents existent partout. Mais le Royaume-Uni a pu compter sur l’abondante littérature anglo-américaine et sur ses riches producteurs pour proposer des séries et des films attrayants et très bien faits qui font de l’ombre aux productions de petits pays dotés de moyens plus modestes.

C’est donc au nom de la menace à la diversité culturelle qu’on songe en Europe à contrer l’invasion culturelle britannique. Une préoccupation qui, toutefois, n’était venue à l’esprit de personne avant le Brexit…

Mais mieux vaut tard que jamais.

Les bonbons de la CAQ

Depuis plus de 150 ans, le gouvernement canadien finance la colonisation anglaise du Québec sous le prétexte de soutenir la minorité anglophone du Québec. Dans les faits, celle-ci est plutôt l’annexe québécoise de la majorité anglophone canadienne.

Il y a une décennie, l’anglicisation de Montréal était un des thèmes récurrents sur ce blogue.

Mais depuis, celle-ci a tellement progressé que même le principal artisan de cette colonisation — le Parti libéral du Canada — s’en inquiète.

Comme quoi l’approche des élections, comme le Brexit, ouvre les esprits…

La bilinguisation à outrance de Montréal est l’étape intermédiaire vers l’assimilation du peuple francoQuébécois.

On la voit partout et notamment dans les chansons hip-hop où les vedettes admirées par nos jeunes contribuent à la croyance selon laquelle mélanger le français et l’anglais dans une même phrase fait ‘cool’ et moderne.

Il y a un prix à tout, dont celui d’être ce que nous sommes. Or même un parti nationaliste comme la CAQ n’est pas prêt à payer ce prix. Si bien que la réforme ‘costaude’ des lois linguistiques promise par le ministre Jolin-Barrette s’est avérée très décevante.

Défendre le français est un combat contre nature; perdu dans l’océan anglophone nord-américain, il est beaucoup plus simple (donc plus économique) de laisser l’érosion des vagues faire disparaitre l’ilot francophone que nous sommes.

À défaut d’une réelle défense du peuple francoQuébécois, on saluera néanmoins les petites mesures qui sont les bienvenues comme cette décision de la ministre de la Culture de faire en sorte que seule de la musique québécoise jouera dans les établissements et les lignes téléphoniques gouvernementaux.

Encore un peu et on n’aura plus qu’à réduire le nombre des téléphonistes — et donc de prolonger notre attente en ligne — pour que cela soit une manière économique (dans tous les sens du mot) de promouvoir la culture québécoise.

Selon l’annonce gouvernementale, 90 % de la musique utilisée contiendra des paroles en français. Les langues autochtones et l’anglais occuperont les 10 % restants.

Or les chansons bilingues sont des chansons québécoises qui contiennent des paroles en français. Elles feront donc partie du quota majoritaire.

Ce qui fait qu’on ignore la proportion des chansons québécoises réellement en français qui seront diffusées en vertu de cette politique.

La ministre de la Culture pourrait décider que dès qu’une phrase contient un mot en anglais, sa compréhension exige la connaissance de cette langue. Et que dès que cette connaissance est nécessaire dans plus de 10 % des phrases (et non des mots), la chanson cesse de faire partie du quota majoritaire.

Mais cette décision réduirait la proportion de chansons authentiquement écrites dans la langue de Shakespeare dans le quota qui leur est réservé.

Conséquemment, le plus simple serait peut-être que toute chanson dite francophone qui contient plus de 10 % de phrases dont la compréhension exige la connaissance de l’anglais n’entre plus dans aucune catégorie et du coup, est bannie des ‘ondes’ gouvernementales.

De quoi faire réfléchir les chantres de la modernité du bilinguisme musical.

Références :
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
EU prepares to cut amount of British TV and film shown post-Brexit
Seule de la musique québécoise pourra jouer dans les établissements gouvernementaux

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le dynamisme de la publication électronique

30 mai 2021

Entre autres choses, l’internet est un mode de communication.

On avait déjà l’écrit, l’imprimé, la radio et la télévision. Et maintenant s’ajoute l’internet.

Sa principale différence est qu’il s’agit d’un mode de communication dynamique.

On ne peut pas reprendre une parole malheureuse : on peut simplement s’en excuser.

De la même manière, il est impossible de modifier le titre d’un livre déjà imprimé. Toutefois, on peut le faire à l’occasion d’une réédition.

Beaucoup de grands romans du XIXe siècle ont paru originellement sous forme d’un feuilleton publié dans un quotidien.

Entre le feuilleton et le livre imprimé, l’auteur en profitait pour corriger, ici des coquilles typographiques, là un paragraphe écrit à la hâte qui s’avérait en deçà de ce qu’il aurait dû être.

Et aucun d’eux ne sentait le besoin de publier un avertissement prévenant les lecteurs des changements apportés depuis le feuilleton.

Si les changements étaient substantiels (comme l’ajout d’un ou de plusieurs chapitres), les lecteurs se réjouissaient de voir que le roman était encore plus intéressant que le souvenir qu’ils en avaient conservé.

Sur l’internet, tout cela se fait plus facilement.

C’est ainsi que ‘Les infrarouges couleur’, publié il y a quatre jours, est devenu depuis ‘L’infrarouge pamplemousse rose’, un titre plus précis, accompagné d’un texte amélioré.

À mon avis, il serait condamnable de modifier un texte pour lui faire dire à postériori le contraire de ce qu’il disait à l’origine.

Mais retoucher superficiellement un texte, voire y ajouter un argument auquel on n’avait pas pensé, c’est assumer le caractère dynamique de la publication électronique.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96

25 mai 2021

Introduction

On l’attendait depuis des mois.

Le ministre responsable de la Langue française dévoilait la semaine dernière son projet de loi destiné à renforcer l’usage du français du Québec.

Voyons-en les principaux aspects.

La langue de travail

En vertu de son article 29, les offres d’emploi doivent être publiées en français sans qu’il soit obligatoire qu’ils le soient exclusivement en français.

À l’heure actuelle, l’obligation d’obtenir un certificat de francisation s’applique aux entreprises québécoises de cinquante employés ou plus.

La section II de la loi 96 étendra cette obligation aux entreprises de 25 personnes ou plus. C’est là l’unique mesure ambitieuse de la loi 96.

Aussi souhaitable que soit cette mesure, on ne doit pas perdre de vue qu’essentiellement, la loi 96 repose sur une défense technocratique du français au Québec.

Tout cela dépendra de la volonté politique du parti au pouvoir; s’il distribue les certificats de francisation comme des bonbons, on n’est pas plus avancé.

À titre d’exemple, au moment de l’adoption de la Loi 101, beaucoup d’espoirs reposaient sur les épaules de l’Office québécois de la langue française, un organisme créé en 1961, mais dont les responsabilités ont été accrues considérablement par la Loi 101.

Mais pendant quinze ans, plus précisément sous les gouvernements libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard, l’Office n’a pas donné suite à 98 % des plaintes qu’elle recevait et ce, malgré la confirmation de leur bien-fondé par ses enquêteurs.

Pourquoi est-il pertinent de s’en rappeler ?

C’est qu’il existe deux Partis libéraux. Le premier (que j’aime beaucoup) est le Parti libéral dans l’opposition.

Mais comme Dr Jerkyll & Mr Hyde, il y a aussi le Parti libéral au pouvoir, celui totalement voué à la colonisation anglaise du Québec.

Or ce dernier, un jour, reviendra au pouvoir.

Dans la mesure où la loi 96 donne à l’État le monopole de la défense du français, elle soumet la pérennité du français aux caprices de la politique partisane.

L’urgence d’agir exige au contraire que la défense du français, notamment au moyen de pouvoirs répressifs, soit partagée entre l’État et le peuple. De manière à ce que ce dernier puisse compenser quand le gouvernement au pouvoir manque à ses devoirs.

La langue de l’immigration

L’article 15 modifie la Loi 101 afin de permettre à l’État québécois de communiquer dans une autre langue que le français avec les personnes immigrantes durant les six premiers mois de leur arrivée au Québec. C’est ce qui se fait déjà depuis toujours. Et cela n’est pas normal.

Depuis des années, je soutiens qu’il devrait être obligatoire pour chacun candidats à l’immigration à titre de travailleur qualifié de parler français avant d’arriver au Québec.

En d’autres mots, avant de recevoir un certificat de sélection, le candidat à l’immigration et son conjoint doivent démontrer une connaissance intermédiaire ou avancée du français. Sinon, leur demande sera rejetée.

Ce faisant, le Québec s’inspirerait de la Grande-Bretagne. Dans ce pays, l’immigrant ne peut pas mettre le pied sur le sol britannique s’il n’a pas déjà la connaissance de l’anglais. De manière conséquente, un citoyen britannique ne peut pas faire venir son conjoint de l’Étranger si cette personne ne parle pas l’anglais.

Au lieu de cela, la CAQ veut perpétuer la politique migratoire du Parti libéral, une politique qui échoue depuis des années à assurer la pérennité du français. Pourquoi ?

La raison est simple.

Le Québec n’accepte que les candidats à l’immigration qui s’engagent par écrit à apprendre le français.

Les cours de français qu’on leur offre gratuitement connaissent beaucoup de succès. D’autant plus que les immigrants sont payés pour y assister. En arrivant au Québec, c’est souvent leur seule source de revenus.

Mais il y a un hic; depuis toujours, ces cours n’ont pas d’obligation de réussite.

Dans une faible majorité des cas, ceux qui y assistent réussissent à apprendre notre langue. C’est bien. Mais les autres aimeraient aussi apprendre le français s’il suffisait de claquer les doigts pour ce faire; ils n’ont pas la motivation suffisante de l’apprendre parce qu’ils savent qu’ils se débrouilleront très bien au Québec en anglais.

Conséquemment, la loi 96 ne change rien d’important dans la politique migratoire du Québec.

La langue d’enseignement

Dans tous les pays du monde, la seule langue enseignée à l’école publique est la langue nationale. Ce qui ne veut pas dire qu’une langue seconde ne puisse pas y être accessoirement enseignée.

Au Québec, si un parent exige que l’enseignement offert à ses enfants se fasse dans n’importe quelle autre langue, c’est son droit, mais à ses frais. En d’autres mots, ses enfants doivent aller à l’école privée.

Sauf évidemment pour les angloQuébécois. Ceux-ci ont le droit constitutionnel à l’enseignement de leur progéniture en anglais. Ce que personne ne conteste.

L’article 56 de la loi 96 autorise l’enseignement en anglais aux enfants d’un ressortissant étranger qui séjourne au Québec de façon temporaire, c’est-à-dire pendant moins de trois ans.

On peut comprendre le cas de parents américains qui viennent étudier à l’université McGill. Mais je ne vois pas pourquoi le contribuable québécois devrait payer l’école publique anglaise à un riche PDG qui a les moyens d’envoyer ses enfants à l’école privée anglaise.

Quant aux travailleurs temporaires et aux réfugiés, que font-ils en Allemagne ? Ils vont à l’école publique allemande. Et en Italie ? À l’école publique italienne. Et ainsi de suite.

Si l’école française est obligatoire pour tous les néoQuébécois, pourquoi faire exception alors qu’ils sont à l’étape de leur installation au pays à titre de réfugiés ?

Pour ce qui est de l’enseignement collégial, l’article 58 (qui s’applique à lui) est, de loin, la plus opaque de la loi 96.

C’est un spaghetti de références croisées à d’autres lois. En quelques mots, ce qu’il dit, c’est que les lycées anglais peuvent accueillir un maximum de 17,5 % d’étudiants francophones. Ce qui est déjà le cas.

La loi 96 enfonce donc des portes ouvertes et contribue à perpétuer une anglicisation qu’elle est censée combattre.

L’article 58 précise qu’aucun diplôme collégial ne peut être émis par le ministère de l’Enseignement à quelqu’un qui échoue à l’examen de français auquel sont astreints tous les collégiens du Québec, peu importe leur langue maternelle.

En somme, les lycées anglophones peuvent continuer à angliciser le Québec, mais pas au point de faire oublier le français aux étudiants francophones qu’ils admettent. C’est rassurant…

La langue de la consommation

L’étiquetage et le mode d’emploi

L’article 41 exige que l’entreprise qui offre au consommateur des biens ou des services respecte son droit d’être informé et servi en français. Ceci très bien.

Dans les années 1960, la loi permettait aux citoyens qui avaient acheté un produit dont l’étiquette était unilingue anglaise de s’adresser à la Cour des petites créances pour y poursuivre le marchand. Précisons qu’à ce tribunal, on n’a pas besoin d’être représenté par un avocat.

En preuve, il suffisait de soumettre la facture du marchand et l’étiquette du produit. Le montant de la condamnation était versé intégralement au plaignant.

En moins de deux ans, il était devenu impossible de trouver un seul produit étiqueté uniquement en anglais au Québec.

Voilà ce à quoi je faisais allusion plus tôt au sujet de la nécessité de confier une partie des pouvoirs répressifs de l’État aux citoyens quant à la défense du français.

Les transactions immobilières

L’article 45 permet que les contrats de vente des bâtisses soient rédigés exclusivement dans une autre langue que le français si telle est la volonté expresse des parties.

Normalement, un droit fondamental est inaliénable. Dans un contexte de déséquilibre profond entre les vendeurs et les acheteurs de biens immobiliers, n’importe quel acheteur francophone renoncera à un contrat de vente en français si le vendeur l’exige.

Il serait préférable que toute vente survenue exclusivement en anglais devienne un don de propriété, même lorsque cette vente intervient entre deux angloQuébécois.

En d’autres mots, la maison serait alors gratuite. Vous verriez qu’en peu de temps, plus aucun contrat de vente ne serait rédigé exclusivement en anglais.

La langue d’affichage

La loi 96 prescrit la prédominance du français dans la langue d’affichage.

Il y eut une époque où la loi exigeait la francisation des marques de commerce. Il en est resté des entreprises comme Bureau en gros et Pharmaprix.

Ces entreprises sont si bien connues de nos jours que l’immense majorité des Québécois seraient incapables de dire quel était leur nom d’origine.

Pour ce qui est de la prédominance du français, c’est déjà mieux que ce que font d’autres pays francophones. Mais le ministre aurait pu faire preuve de plus d’audace.

La langue de la justice

La langue des tribunaux

Le troisième paragraphe de l’article 4 prescrit que toute personne ait droit à une justice et à une législation en français.

Ce droit à la justice en français est flou. Comme c’est le cas actuellement, est-ce qu’un juge peut rendre un jugement en anglais dans une cause où l’accusé est unilingue français et où toutes les preuves ont été soumises en français ?

Oui si l’État québécois a la corvée de traduire en français les décisions prises par certains des juges nommés par Ottawa. L’article 10 oblige donc l’État québécois à compenser la carence linguistique de ces juges. On se demande pourquoi.

La loi 96 était une occasion en or pour obliger les juges incapables de rendre justice en français de se récuser dans les causes où l’accusé est unilingue français (ce qui est le cas de la moitié des Québécois).

D’autre part, la loi 96 donne le droit aux angloQuébécois d’être jugés dans leur langue. Il est dommage que cette loi n’étende pas ce droit aux peuples autochtones du Québec.

D’ici à ce qu’il y ait au moins un juge pour chacun des onze peuples autochtones du Québec — onze juges pour tout le Québec, ce n’est pas la mer à boire — l’État québécois devrait se doter de la capacité de traduire les jugements rendus dans des causes où l’accusé est autochtone et ne parle aucune des deux langues officielles du Canada.

Puisque le racisme systémique n’existe pas au Québec, dit-on, agissons en conséquence…

La langue du législateur

Qu’ils soient francoQuébécois ou angloQuébécois, tous les citoyens doivent être capables de lire les lois qui les concernent.

Voilà pourquoi la Canadian Constitution rend obligatoire la publication bilingue des lois québécoises et des règlements qui en découlent.

Mais il est écrit nulle part que les projets de loi doivent être bilingues lorsqu’ils sont soumis à l’Assemblée nationale ou à n’importe à quelle étape de leur adoption.

On le fait en raison d’un jugement de la Cour suprême du Canada à l’époque où celle-ci était dirigée par le juge Michel Bastarache.

Comme un prestidigitateur, celui-ci avait sorti de sa manche, la notion d’obligation constitutionnelle ‘implicite’. Depuis son départ, la Cour suprême est revenue à une doctrine d’interprétation constitutionnelle beaucoup plus rigoureuse.

Tout comme la Cour suprême des États-Unis pourrait bientôt changer d’attitude au sujet de l’avortement, il est étonnant que le gouvernement du Québec veuille enchâsser la jurisprudence ‘molle’ du juge Bastarache dans une loi supralégislative comme la loi 96 alors que cette jurisprudence pourrait un jour être renversée par le plus haut tribunal du pays.

Les lois de l’Assemblée nationale doivent être publiées dans les deux langues. C’est ce que dit le texte de la constitution. Ça suffit.

Rappelons-nous qu’il y a plus de trente ans, la Cour suprême a ordonné au gouvernement fédéral de traduire en français toutes les dispositions du British North America Act qui ont encore force de loi. Ce que le fédéral tarde à faire depuis.

Le ministère de la langue française

L’autre mesure phare de la loi 96, c’est la création d’un ministère de la Langue française.

Peu importe son importance théorique, un ministère n’a que l’influence qu’on veut bien lui accorder.

Rappelons-nous les doléances de la ministre responsable des Ainés et des Proches aidants, Mme Marguerite Blais, quant à son peu d’influence au sein du Conseil des ministres.

Le fait qu’elle soit toujours en poste en dépit de son aveu d’impuissance prouve bien le peu de cas que ses collègues font de ce qu’elle dit.

En conséquence, il n’est pas exclu de penser que le ministre de la Langue française, tout comme ses collègues à l’Environnement et à l’Agriculture, fasse un jour partie des grands oubliés de l’Histoire…

La loi 96 crée également le poste de commissaire à la langue française et un poste de commissaire adjoint.

Donc en plus du poste de président de l’Office de la langue française (un poste qui existe déjà), le gouvernement crée le poste de ministre de la Langue française, de même que ceux de commissaire et de commissaire adjoint à la langue française.

Ce qui prouve bien que le premier ministre était sérieux lorsqu’il a promis de créer des emplois payants…

Hydro-Québec

La partie 2 de la loi fédérale C-69 exige que tout projet de développement hydroélectrique soit soumis à l’approbation du Canadian Energy Regulator, un tribunal administratif basé à Calgary.

Ottawa justifie son intervention par la nécessité de protéger la population canadienne. Comme si la production et le transport de l’électricité étaient aussi dangereux que le transport d’hydrocarbures.

Pour hâter la décision des juges albertains, si Hydro-Québec soumet ses devis techniques en anglais, cela a pour effet d’angliciser le fonctionnement interne de cette société d’État.

La loi 96 doit interdire cela. Si les juges albertains sont unilingues anglais (ce qui est probable), le Québec doit résister à la solution de facilité qui consiste à parler la langue de l’État colonial canadien.

Et si le tribunal albertain se traine les pieds pour forcer Hydro-Québec à fonctionner en anglais, la solution est de fixer un délai maximal pour l’autorisation fédérale à défaut de quoi le Québec procèdera sans la bénédiction symbolique d’Ottawa.

Si le fédéral est incapable d’empêcher des gens contaminés d’entrer au pays en temps de pandémie, comment pourrait-il compter les électrons qui sortent du Canada par des câbles électriques ?

Conclusion

La loi 96 consiste essentiellement à soumettre toutes les moyennes entreprises aux dispositions de la Loi 101.

Aussi souhaitable que soit cette mesure, ce n’est qu’un volet dans une véritable politique linguistique.

Celle-ci doit comprendre une politique migratoire sérieuse, une politique de la langue d’enseignement et, accessoirement, une politique de l’affichage commercial.

Or ces autres volets sont très insuffisants.

En somme, cette loi est un pas dans la bonne direction. Mais compte tenu des attentes élevées qu’avait suscitées le ministre Jolin-Barrette, on s’attendait à un soufflé et on a eu droit à une omelette.

Références :
Être condamné dans une langue qu’on ne comprend pas
La vision dépassée de François Legault
Le critère du français pourrait être abaissé pour certains immigrants au Québec
Le doux sommeil de l’Office de la langue française
Le PQ et la francisation des immigrants
Ottawa veut mettre Hydro-Québec sous tutelle
Projet de loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Au Devoir, l’écriture inclusive, c’est du sérieux !

17 mai 2021

L’aspect le plus controversé de l’écriture inclusive est la ‘mitraille de points’. Par exemple, « Cher.e.s lecteur.rice.s »

Il y a un an, cette graphie était bannie sur ce blogue.

L’avis au sujet de ce bannissement se terminait ainsi : «…les lecteurs qui voudraient publier ici leurs commentaires sont les bienvenus. Mais à partir d’aujourd’hui, la correction des fautes de français s’étendra sans autre avis à la correction de la ‘mitraille de points’.»

Plutôt ce mois-ci, le ministère français de l’Éducation bannissait lui aussi la mitraille de points au motif qu’elle constitue un obstacle à l’apprentissage des élèves.

Ce matin, le quotidien Le Devoir publiait la lettre d’une lectrice dénonçant un cas de maltraitance survenu dans une cour de récréation.

Une institutrice insensible avait forcé un gamin de sept ans à choisir entre « Les gars d’un côté, les filles de l’autre ! ». Or l’enfant, qui s’estimait être un garçon-fille, a fondu en larmes.

L’autrice de cette dénonciation avait insisté pour que son texte soit publié en écriture inclusive, un vœu que Le Devoir a respecté.

Ce à quoi j’ai soumis le commentaire suivant, lui aussi en ‘écriture inclusive’.

Vive l’écritur.e inclusiv.e

Au lieu de demander qu’on sépare d’un.e coté.e le.s fille.s et de l’autre le.s garçon.s, on aurait dû.e demander d’avoir plusieur.s group.e.s de personne.e.s.: le.s fille.s à 100%, celles qui se sente.nt fille.s à 99% et ainsi de suite. Même chos.e pour le.s garçon.s.

Il faut cesse.r de binairise.r le genre. Le genre est un continuum.

Puis, on aurait subdivis.é.e.s le.s tranche.s de fille.s et le.s tranche.s de garçon.s selon leur.s orientation.s sexuel.le.s. Parce que là aussi, le.s chose.s ne so.nt pa.s binaire.s.

Mais le plus simple aurait été de cré.er un group.e pour chaqu.e personn.e, afin de souligner l’unicité de chaqu.e.s êtr.e.s humain.e.s.

Pour terminer, Le Devoir devrait permettre qu’on publie les textes en anglais; c’est tellement plus facile à lire…

Mais Le Devoir n’entend pas à rire au sujet de l’écriture inclusive.

Mon commentaire a donc été refusé.

Références :
L’écriture inclusive
«Je suis un garçon-fille, Madame!»
Le bannissement partiel de l’écriture inclusive sur ce blogue
L’«écriture inclusive» interdite à l’école française

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Doit-on interdire l’accès à la magistrature aux avocats québécois unilingues français ?

10 mars 2021

Introduction

Dans tous les pays du monde, le droit d’être jugé dans sa langue est un droit fondamental.

Mais ce n’est pas le cas au Canada. Dans notre pays, la primauté est accordée au droit discrétionnaire du juge de s’exprimer (oralement ou par écrit) dans la langue de son choix.

Le premier alinéa de l’article 19 de la Canadian Constitution de 1982 prescrit :

Chacun a le droit d’employer le français ou l’anglais dans toutes les affaires dont sont saisis les tribunaux établis par le Parlement [fédéral] et dans tous les actes de procédure qui en découlent.

Cela signifie que devant tous les tribunaux fédéraux, les parties peuvent être francophones, les preuves qu’ils présentent peuvent être rédigées en français, mais finalement, le juge est libre de rendre son jugement en anglais.

L’inverse (un jugement en français dans une cause en anglais) est également possible. Mais cela n’arrive jamais.

En 2013, la juge Karen Kear-Jodoin, nommée par Ottawa à la Cour Supérieure du Québec, a rédigé un jugement en anglais dans une cause où tous les avocats étaient francophones, à la suite d’un procès qui s’était déroulé exclusivement en français, et où l’accusé était unilingue français.

Après que son avocat eût protesté contre ce jugement rédigé dans une langue que son client ne comprenait pas, cet avocat a été condamné par le comité de discipline de son Ordre professionnel pour son refus de soutenir l’autorité des tribunaux.

Le droit constitutionnel du juge de s’exprimer dans sa langue a donc préséance sur le droit fondamental de l’accusé d’être jugé dans la sienne.

Cette primauté est un reliquat du passé colonial du pays.

Historique

En 1760, aucun juge de la Nouvelle-France récemment conquise n’était familier avec le Common Law. C’est pourtant le cadre juridique anglais qui s’appliquait dorénavant dans les affaires criminelles de la colonie.

Le nouveau pouvoir colonial fut donc obligé de nommer urgemment des juges anglais pour traiter des affaires criminelles courantes.

Voilà pourquoi le conquérant a imposé à ses nouveaux sujets le droit du juge de rendre ses décisions en anglais puisque ces nouveaux juges ne parlaient pas français.

Chez un peuple conquis militairement — comme ce fut notre cas en 1760 — tout jugement rendu dans la langue du conquérant est une offense aux yeux du conquis et le rappel de son assujettissement.

De constitution en constitution, cette situation perdure depuis.

La croisade d’une juge fédéraliste

La Commission Bastarache a révélé que pendant qu’il était au pouvoir, le Parti libéral du Québec (PLQ) ne permettait l’accès à la magistrature qu’aux avocats dont l’allégeance politique était libérale.

En 2016, Julie Rondeau a été nommée juge en chef de la Cour du Québec par le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Ces jours-ci, cette juge fédéraliste a quitté son devoir de réserve pour critiquer publiquement les réticences du ministre de la Justice du Québec à donner suite à sa suggestion d’exiger la connaissance de l’anglais comme condition pour être nommé juge.

Le Québec est la seule province canadienne où les procès (autant civils que criminels) se déroulent dans n’importe laquelle des deux langues officielles du pays.

Personne au Québec ne conteste le droit d’un angloQuébécois d’être jugé dans sa langue. Cela ne veut pas dire qu’on doive imposer le bilinguisme à tous les juges du Québec.

À Montréal, 100 % des avocats sont bilingues. Donc tous les juges montréalais le sont.

Mais dans les régions où presque personne ne parle anglais, doit-on exiger la connaissance parfaite de la langue de Shakespeare alors que seulement un ou deux procès en anglais s’y déroulent par année ?

Il serait normal que parmi les juges nommés dans cette région, l’un d’eux soit attitré aux causes en anglais.

Mais qu’on impose le bilinguisme à tous les juges au cas où quelqu’un devrait y être jugé en anglais, c’est comme exiger que tous les employés d’un restaurant situé dans un village reculé du Québec soient bilingues sous le prétexte qu’un jour, un touriste américain pourrait s’y présenter.

Une justification tirée par les cheveux

La juge en chef de la Cour du Québec estime que la maitrise des deux langues officielles est essentielle dans certaines régions, notamment dans le Grand Montréal.

Comme on l’a vu précédemment, cela n’est qu’un prétexte puisque dans les cours de juridiction provinciale, tous les juges montréalais le sont déjà.

Lorsqu’un juge n’est pas vraiment bilingue, c’est qu’il s’agit d’un juge anglophone nommé par Ottawa dans un des tribunaux de sa juridiction.

On invoque également le cas concret d’une juge incapable de présider un procès en anglais dans le Grand-Nord du Québec.

La juge dont il s’agit est Denise Descôteaux. Cette avocate a accédé à la magistrature en 2016 grâce au gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Or dans son cas, le ministère de la Justice avait simplement donné suite à une recommandation du juge en chef de la Cour du Québec, recommandation faite à la suite d’un appel de candidatures où le bilinguisme était exigé.

En somme, la Cour du Québec a induit en erreur le ministre de la Justice. Plutôt que de le reconnaitre, la juge en chef estime que ce cas prouve la nécessité d’étendre l’exigence du bilinguisme à la grandeur du Québec alors que dans ce cas-ci, cela n’aurait rien changé puisque le bilinguisme était déjà requis.

Trouvez-vous ça logique ?

Conclusion

Selon le recensement de 2016, sur les 8 066 560 de Québécois, 4 032 640 étaient unilingues français. En somme, c’est un Québécois sur deux.

Ce que veut la juge fédéraliste Julie Rondeau, c’est d’instituer une discrimination à l’embauche à l’égard de tous les avocats québécois dont la maitrise de l’anglais est imparfaite.

Par ailleurs, le ministre de la Justice est également responsable de la protection de la langue française. À cet effet, il s’est engagé à présenter une réforme de la Loi 101 qui vise à mettre fin à l’anglicisation de Montréal.

On devine facilement que s’il devait consentir à cette discrimination à l’embauche, sa crédibilité comme défenseur du français sera sérieusement compromise…

Références :
Bilinguisme des juges : différend entre le ministre de la Justice et la Cour du Québec
Bras de fer sur le bilinguisme des juges
Être condamné dans une langue qu’on ne comprend pas
Le bilinguisme des juges mal évalué
Le bras de fer entre Jolin-Barrette et la Cour soulève des questions
L’utilité de la Commission Bastarache
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

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Speak White !

22 décembre 2020


 
Selon les défenseurs du concept raciste d’appropriation culturelle, il est outrageant que des créateurs québécois affichent leur solidarité avec les victimes du colonialisme anglo-saxon (Autochtones et ‘Noirs’ américains).

Mais voilà qu’il est maintenant devenu outrageant que nous demandions poliment d’être servis dans notre langue, comme en témoigne ce graffiti près du marché Maisonneuve.

C’est le résultat de quinze ans de lente anglicisation de Montréal sous les gouvernements ultrafédéralistes du Parti libéral du Québec.

Quand comprendrons-nous que la seule manière d’être maitres chez nous, c’est de faire l’indépendance ?

Références :
Appropriation culturelle et racisme anglo-saxon
‘Shame!’ ou l’expression du mépris

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’engouement collégial pour l’anglais

30 novembre 2020

Tout en respectant le droit des angloQuébécois à l’enseignement dans leur langue, la Loi 101 prescrit l’unilinguisme français au Québec.

Selon cette loi, l’école publique française est ouverte à tous. Par contre, l’école publique anglaise est réservée aux angloQuébécois; ceux-ci y ont droit en vertu de la constitution du pays.

Ceci étant dit, à leurs frais, les parents québécois peuvent envoyer leurs enfants à l’école privée de leur choix.

Mais aussi révolutionnaire que fût la Loi 101 en 1977, celle-ci n’impose cet unilinguisme qu’au primaire et au secondaire.

Pourquoi les rédacteurs de la Loi 101 se sont-ils abstenus d’imposer l’unilinguisme français à l’ensemble du système scolaire québécois ?

Peut-être ont-ils jugé qu’après s’être imprégné de français toute sa vie, l’adolescent québécois avait peu de chance de remettre en question son appartenance linguistique en poursuivant ses études au niveau collégial et/ou universitaire.

Au-delà du secondaire, si un étudiant francophone voulait poursuivre ses études en anglais mais était empêché de le faire au collégial par une loi, cela ne ferait que différer sa décision au moment d’aller à l’université. Ce qui reviendrait un peu au même.

Depuis l’adoption de la Loi 101, les choses ont évolué.

De 1995 à 2018, le pourcentage de cégépiens qui poursuivent leurs études en anglais dès le collégial a augmenté substantiellement, passant de 14,9 % à 19 % dans l’ensemble du Québec.

À Montréal, c’est évidemment pire; cette proportion est de 40 %. Au point que depuis 2001, les angloQuébécois sont minoritaires dans leurs propres cégeps.

Avec ses huit-mille étudiants, le Collège Dawson est non seulement devenu le plus gros lycée anglophone de Montréal; c’est le plus fréquenté du Québec, toutes langues confondues.

Voilà pourquoi le projet d’agrandissement du Collège Dawson — subventionné par Québec à hauteur de 50 millions$ — suscite la controverse.

La question qu’il faut se poser est la suivante : pourquoi tant d’adolescents francophones tiennent-ils à ce point à étudier en anglais ?

La réponse est évidente : à l’embauche, l’anglais est exigé dans 40 % des entreprises du Québec. Et ce, même lorsque cela n’est pas nécessaire. Une proportion qui grimpe à 63 % à Montréal.

Tant que la connaissance de l’anglais est jugé nécessaire non seulement pour réussir, mais simplement pour gagner sa vie, on devra considérer la motivation d’une bonne partie des cégépiens d’apprendre l’anglais comme étant parfaitement légitime.

Toute tentative de l’État de s’opposer à une volonté populaire aussi répandue est vouée à l’échec.

Conséquemment, si le gouvernement québécois désire sérieusement assurer la pérennité du français, il devra fonder sa politique linguistique sur l’unilinguisme français au travail. Un unilinguisme généralisé à l’ensemble du territoire national. Sauf lorsque la connaissance de l’anglais est strictement nécessaire.

Voilà exactement ce que voulait Camille Laurin, le père de la Loi 101.

Références :
Incapable d’être servi en français
L’enseignement en anglais a le vent dans les voiles
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

Parus depuis :
Ottawa verse des millions pour des programmes d’enseignement en anglais au Québec (2020-12-21)
Quand il faut parler anglais pour travailler à Montréal (2021-03-10)
Augmentation des résidents non permanents dans les écoles anglaises (2021-03-19)
Une vision pour demain (2021-03-20)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Loi 101 et Montréal : la mairesse tombe des nues

24 octobre 2020

Contrairement à ce qu’exige la Loi 101 depuis dix-huit ans, dix des dix-neuf arrondissements de Montréal, ainsi que la ville-centre, n’ont toujours pas de certificat de conformité à la Charte de la langue française.

Les arrondissements non conformes sont :
• la ville-centre de Montréal
• Ahuntsic-Cartierville
• Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce
• Lachine
• LaSalle
• Montréal-Nord
• Pierrefonds-Roxboro
• Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles
• Saint-Laurent
• Saint-Léonard
• Sud-Ouest.

Entre autres, la Loi 101 exige que le français soit la langue exclusive de travail à l’interne de toutes les administrations publiques.

Le principe est simple : tous les Francophones sont chez eux au Québec, qu’ils soient bilingues ou non. Exiger inutilement la connaissance de l’anglais à l’embauche constitue une discrimination à l’encontre des quatre millions de Québécois unilingues français.

Selon l’Office québécois de la langue française, la majorité des arrondissements montréalais exigent inutilement la connaissance de l’anglais à l’embauche. De plus, le cinquième d’entre eux exigent que certains de leurs employés parlent anglais avec leurs collègues et leurs supérieurs hiérarchiques.

Jeudi dernier, l’Assemblée nationale du Québec adoptait unanimement une résolution présentée par Simon Jolin-Barette (le ministre responsable de la langue française), pressant la ville de Montréal de se conformer à la Loi 101.

En conférence de presse, la mairesse de Montréal a déclaré :

Je m’explique mal cette motion parce que j’ai moi-même discuté avec M. Jolin-Barette.

La plupart des arrondissements de ma formation politique sont à jour ou sur le point de l’être.

Montréal est surement la capitale francophone de l’Amérique du Nord. Et on a bien l’intention de continuer à l’être et de travailler en collaboration avec le gouvernement du Québec.

Que veut dire ‘la plupart (…) sont à jour ou sur le point de l’être’ ? Cela veut dire que depuis dix-huit ans, certains arrondissements de Montréal n’ont même pas entrepris de se conformer à la loi.

Quant à ceux qui seraient sur le point de se conformer, combien de décennies supplémentaires leur faudra-t-il pour assurer à leurs employés francophones le droit de travailler dans leur langue ?

Références :
Plus de 50% des arrondissements de Montréal ne respectent pas la Charte de la langue française
Quatre-millions de Québécois victimes de discrimination à l’embauche

Parus depuis :
Incapable d’être servi en français (2020-11-13)
Être servi en anglais, «ça fait dur» (2020-11-14)
«Français à Montréal: le temps de la colère»: grand entretien avec Frédéric Lacroix (2020-11-16)
Quand il faut parler anglais pour travailler à Montréal (2021-03-10)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quelques synonymes de ‘voleur’

14 octobre 2020

Dérober le bien d’autrui est mal. Mais comment qualifier ceux qui commettent un tel méfait ?

Bandit

Tout comme le mot italien bandito (dont il provient), le mot bandit désigne une personne qui vit hors la loi.

Plus précisément, il désigne un malfaiteur qui s’en prend avec violence aux biens et à la vie d’autrui. C’est donc plus qu’un simple voleur.

Au risque d’une accusation pour diffamation, on l’emploie parfois pour désigner avec exagération une personne malhonnête, sans scrupules.

Brigand

Le brigand vole à main armée, généralement au sein d’une bande.

Le mot ‘brigand’ vient de l’italien brigante. Originellement, ce mot désignait le fantassin membre d’une brigade.

Ce qui a fait que le mot brigand a pris un sens péjoratif, c’est qu’en pays conquis, les brigades romaines étaient fréquemment à l’origine de pillages et d’attaques contre des civils.

Du point de vue étymologique, brigand et brigadier sont donc des frères ennemis, ayant évolué dans des sens opposés.

Filou

Le filou est celui qui fait métier de voler par toute sorte de ruses et de moyens détournés. Par exemple, c’est celui qui vole en bernant ses victimes ou qui triche au jeu.

Gangster

Ce mot anglais est passé au français au XXe siècle sous l’influence des films parlants américains.

Le mot désigne un malfaiteur qui est membre d’un gang. On l’utilise aussi pour désigner une personne particulièrement malhonnête et sans scrupules.

Pillard et pilleur

Le pillard est celui qui s’empare du bien d’autrui en causant de nombreux dégâts.

De son côté, le pilleur est un pillard spécialisé. Le mot s’emploie généralement avec un complément (pilleur de tomes, pilleur d’épaves, etc.)

Pirate

Autrefois, le pirate était un aventurier qui attaquait et pillait les navires marchands.

De manière analogue, de nos jours, le pirate de l’air prend le contrôle d’un avion par la menace ou la violence alors que le pirate informatique vole un logiciel ou une base de données (ou la rend inopérante à moins de lui payer une rançon).

Le financier sans scrupules qui s’enrichit aux dépens d’autrui sera qualifié de ‘pirate de la finance’.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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