Les menaces personnelles de Zelensky contre Orbán

Publié le 7 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Exaspéré par le véto de la Hongrie au plan européen d’aide de 90 milliards d’euros à l’Ukraine, le président Volodymyr Zelensky a menacé son homologue hongrois, Viktor Orbán, plus tôt cette semaine.

Faisant allusion à ce dernier, Zelensky a déclaré en substance que si Orbán empêchait l’armée ukrainienne de toucher les sommes qu’elle espère obtenir, il donnerait à ses soldats l’adresse civique d’Orbán pour qu’ils aillent lui parler dans le nez.

Il est à noter que les traductions française et anglaise des propos du président ukrainien varient selon les sources. Toutes s’entendent pour dire qu’il s’agirait de révéler l’adresse (et non le numéro de téléphone) du président hongrois afin que des hommes armés ‘communiquent’ ou ‘appellent’ Viktor Orbán, ou lui ‘parlent dans leur langue’. Chacune de ces versions varie en dangerosité.

Plusieurs chefs d’État européens ont jugés inacceptables les propos de Zelensky. Tout comme la Commission européenne.

Dans ce dernier cas, le blâme n’est pas venu de la bouche d’Ursula von der Leyen ni de sa ministre des Affaires étrangères, mais d’un simple porte-parole. Ce qui, en terme protocolaire, est l’équivalent d’un blâme du bout des lèvres.

La position hongroise

La Hongrie reproche à l’Ukraine trois choses; deux griefs récurrents et un grief récent.

Le premier grief récurrent concerne la violation par l’Ukraine des droits de sa minorité magyare (c’est-à-dire des Ukrainiens de langue hongroise). Et ce, malgré les engagements pris par l’Ukraine en signant les accords de Minsk.

Le second grief récurrent concerne les hommages publics rendus dans la partie ouest de l’Ukraine aux alliés zélés de l’Allemagne nazie qui ont massacré des dizaines de milliers de civils hongrois au cours de la Deuxième Guerre mondiale.

Ces commémorations joyeuses sont des insultes pour les descendants de ceux qu’ils ont tués.

De loin le plus important pour comprendre la situation actuelle est le dernier grief : la Hongrie reproche à l’Ukraine d’interrompre volontairement le transit sur son territoire des hydrocarbures russes à destination de la Hongrie depuis janvier dernier.

Le gouvernement de Kyiv soutient que cette interruption aurait été causée par une frappe russe. Une version dont la Hongrie doute.

Précisons que Zelensky interdit que des inspecteurs de l’UE viennent sur place enquêter à ce sujet et promet que la livraison de ces hydrocarbures reprendrait uniquement si l’UE le demande. Sachant très bien qu’elle y est opposée.

Dans un autre ordre d’idée, l’Ukraine peut invoquer qu’elle est souveraine, donc libre de laisser transiter ce qu’elle veut sur son territoire. Ce à quoi Orbán répond que c’est son devoir de défendre les intérêts de son pays en recourant à son droit de véto contre l’Ukraine.

Bref, c’est un dialogue de sourds.

La saisie d’un convoi de fonds

Les propos menaçants de Zelensky plus tôt cette semaine font suite à la saisie par la Hongrie de deux camions blindés transportant quarante-millions de dollars américains, trente-cinq-millions d’euros et de neuf lingots d’or d’un kilo chacun (d’une valeur approximative de 1,5 million de dollars US).

Cette cargaison proviendrait d’une succursale bancaire autrichienne, au nom d’un ou de plusieurs de ses clients. Tout cela était destiné à l’institution bancaire Ochtchadbank, propriétaire de milliers de succursales en Ukraine.

En dépit du fait que ce réseau bancaire appartient au gouvernement ukrainien, on ne doit pas le confondre avec la Banque centrale ukrainienne (détentrice de l’or et des devises auxquelles est adossée la monnaie nationale, soit l’hryvnia).

Le transfert massif de devises étrangères est très inhabituel entre simples institutions bancaires puisque les épargnants y effectuent généralement leurs dépôts et leurs retraits dans la monnaie du pays.

La Hongrie a donc ouvert une enquête afin de s’assurer qu’on n’a pas affaire à un transfert d’argent liquide destiné à alimenter la corruption généralisée qui prévaut en Ukraine.

De leur côté, les menaces de Zelensky s’expliquent par la situation désespérée dans laquelle il se trouve, à la tête d’un État mafieux où oligarques, groupes criminalisés, et miliciens néonazis n’entendent pas à rire.

Références :
Bras de fer entre Orban et Zelensky
Convoi ukrainien saisi en Hongrie : lingots d’or, millions et un ex-général du renseignement
EU blasts Zelenskyy over veiled threat against Orbán
Hungary seizes millions of euros in cash and gold from Ukrainian convoy

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ukraine : le quatrième anniversaire d’une guerre inutile

Publié le 24 février 2026 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Selon un rapport publié récemment par le Center for Strategic and International Studies, depuis le 1er janvier 2025, l’armée russe a grugé moins de deux pour cent de plus du territoire ukrainien. En somme, l’essentiel de ses avancées date de 2024.

Il serait tentant d’y voir une stagnation du conflit.

En réalité, si le front n’a pas bougé, c’est que la guerre russo-ukrainienne s’est transformée.

Nous verrons ci-après que cette guerre n’a jamais eu pour but la conquête territoriale de l’ensemble de l’Ukraine (contrairement à ce que certains milieux aiment répéter).

Après avoir conquis presque tout ce qu’elle espérait, la Russie a entrepris la destruction fine de ce qui reste de l’effort de guerre ukrainien.

Ce qui signifie deux choses,

Premièrement, couper l’alimentation électrique des ateliers de fabrication des drones et la charge des batteries qui les alimentent.

Dans un autre ordre d’idée, on se rappellera qu’au début de cette guerre, l’Allemagne avait obligé la France à expédier par train ses chars Leclerc vers l’Ukraine par crainte que leur poids abime la chaussée des autoroutes allemandes.

Ce qui signifie que tout le matériel militaire lourd occidental arrive en Ukraine par voie ferroviaire.

La deuxième raison vise donc à la paralysie des trains électriques ukrainiens (les plus performants) qui transportent le matériel militaire occidental vers le front.

Les souffrances que cela occasionne pour la population civile en Ukraine ne sont donc que des dommages collatéraux, selon le jargon technocratique des armées de ce monde.

Après quatre ans de guerre, récapitulons : ce conflit a une cause profonde et un facteur déclenchant.

La cause profonde

La cause profonde est le désir de l’Ukraine d’adhérer à l’Otan.

En 1962, il était inacceptable pour les États-Unis que la Russie déploie à Cuba des ogives nucléaires pointées vers le territoire américain.

Ou, quelques décennies plus tard, tout aussi inacceptable que Saddam Hussein détienne, croyait-on, des armes de destruction massive. Lui dont le pays est pourtant situé à des milliers de kilomètres de l’Europe.

De la même manière, il est inacceptable pour la Russie que ses ennemis militaires puissent déployer dans sa cour arrière des armes susceptibles de l’anéantir.

Puisque le processus d’adhésion à l’Otan prend généralement des années, cela n’explique pas pourquoi c’est le 24 février 2022 que cette guerre a éclaté.

Le facteur déclenchant

Le coup d’État du 20 février 2014 — qu’on appelle en Occident la ‘révolution’ de Maïdan — et l’annonce, quelques semaines plus tard, que la langue russe serait officiellement interdite d’enseignement dans les provinces ukrainiennes peuplées majoritairement de locuteurs russophones ont déclenché une guerre civile dans l’Est du pays.

De 2014 à 2016, le gouvernement de Kyiv payait secrètement des milices néonazies provenant de l’Ouest du pays pour venir tuer la population, principalement russophone, qui vivait dans la partie orientale du pays.

Ce conflit a fait plus de quatorze-mille morts et d’innombrables blessés.

Depuis le Sommet mondial de l’Onu en 2005, la Responsabilité de protéger (R2P) fait partie du Droit international. Cette responsabilité a servi de prétexte à l’Occident pour déclencher la guerre en Syrie.

La Russie aurait pu invoquer cette responsabilité dès 2014. Mais elle s’est fait leurrer par les accords de Minsk en vertu desquels Kyiv s’engageait à respecter les droits de ses minorités linguistiques. Un engagement garanti par l’Allemagne et la France, mais qu’aucun de ces deux pays n’avait la moindre intention de faire respecter.

Comme l’ont avoué plus tard François Hollande et Angela Merkel, tout cela servait à étirer le temps afin de permettre à l’Ukraine de s’armer en vue d’une guerre avec la Russie souhaitée par l’Otan.

L’espoir de Moscou de voir les choses s’améliorer s’est arrêté net quand Volodymyr Zelensky, en vertu d’un décret signé 21 mars 2021, ordonnait à l’armée ukrainienne de donner l’assaut contre la population civile des provinces peuplées majoritairement d’Ukrainiens russophones.

Réalisant qu’on s’était moqué de lui, Poutine ordonna à l’armée russe de masser ses troupes à la frontière ukrainienne à partir d’avril 2021 et déclencha la guerre le 24 février de l’année suivante. Ce déclenchement aurait pu se faire plus tôt ou plus tard; la date exacte n’avait pas d’importance.

Saboter la paix

Depuis quatre ans, les pays européens n’ont pas cessé de saboter toutes les initiatives qui auraient pu déboucher sur une entente entre Kyiv et Moscou.

Dès le début de la guerre, Boris Johnson, alors premier ministre britannique, décourageait l’administration de Zelensky d’entériner l’accord intervenu en Turquie entre les négociateurs russes et ukrainiens.

Depuis, les dirigeants européens ne font que proposer des ‘plans de paix’ qui n’ont aucune chance d’être acceptés et dépenser des dizaines de milliards d’euros afin de financer la poursuite des hostilités.

Le bilan

Pour l’Ukraine

De nos jours, le gouvernement de Kyiv vit sous le respirateur artificiel de l’Occident.

Il n’a plus les ressources fiscales pour payer ses fonctionnaires, ses médecins, ses enseignants, ses policiers, ses éboueurs, ses pensionnés, ses soldats et, de manière générale, tous ceux qui dépendent de l’État.

Plus de la moitié des terres arables d’Ukraine — les plus fertiles d’Europe — sont maintenant la propriété de spéculateurs américains.

La conquête russe des provinces orientales du pays ne représente pas seulement une perte territoriale pour Kyiv; c’est une perte de revenus puisque n’importe quelle usine vétuste du Donbas rapporte bien davantage en taxes et impôts qu’une petite exploitation agricole située dans le reste du pays.

Puisque le temps joue contre l’Ukraine, ce pays risque également de perdre son accès à la mer Noire et devenir ainsi un pays enclavé si la région d’Odessa tombe aux mains de l’armée russe.

Pour l’Europe

Depuis quatre ans, les pays européens ont dépensé des centaines de milliards de dollars à soutenir une guerre perdue d’avance. Des sommes qu’ils n’ont plus pour se préparer aux défis qui les attendent.

Pendant tout ce temps, ils ont maintenu l’illusion (auprès de leurs contribuables) que tout cela serait éventuellement payé par la Russie.

Depuis que le premier ministre belge a révélé publiquement ce que tous les experts en Droit international savaient déjà, le chat est sorti du sac; ce sont les contribuables européens qui paieront la note de la poursuite de ce conflit.

Les dirigeants européens ont fait perdre à leur industrie lourde (sidérurgie, construction automobile, fabrication du verre et industrie chimique) l’avantage concurrentiel que leur donnait l’accès aux hydrocarbures russes (les moins chers au monde).

D’où l’accélération du déclin industriel de l’Europe, couplé au sabotage volontaire de son secteur agricole par le biais d’accords de libre-échange insensés.

Pour la Chine

Lors des deux premières guerres mondiales, l’Europe s’est fait harakiri. Ce qui a propulsé les États-Unis au premier rang des puissances mondiales.

Le 2 mars 2023, l’Institut australien de politique stratégique publiait une étude qui concluait que la recherche chinoise était en avance dans 37 des 44 technologies de pointe étudiées.

Pendant que la Commission européenne s’entête à poursuivre un délire normatif et règlementaire vertueux qui étouffe son économie, et pendant que l’administration de Donald Trump s’applique à prolonger les belles années de l’âge thermo-industriel et à freiner la transition vers le futur, la Chine construit ses routes de la soie et modernise son économie.

On peut facilement présumer d’une Troisième Guerre mondiale — au cours de laquelle les Occidentaux (ce qui comprend les Russes) s’entretueront — rétablira la Chine au premier des puissances économiques mondiales.

Une position qu’elle a occupée pendant des millénaires, plus précisément jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Voilà où nous mènent les va-t-en-guerre que sont une bonne partie des dirigeants occidentaux.

Références :
Après quatre ans de guerre, la ligne de front stagne en Ukraine
La personnalité de l’année 2025
L’engrenage ukrainien
Le statut des provinces ukrainiennes conquises par la Russie
Les Ukrainiens face à la capitulation
Mercosur : la perte de souveraineté alimentaire face à la guerre
Ukraine : l’histoire secrète de la révolution de Maïdan
Ukraine : quand l’Europe sabote les efforts de paix de Trump

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les simulacres de piraterie occidentale en haute mer

Publié le 31 janvier 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Le 30 septembre dernier, un pétrolier en provenance de Russie était arraisonné en eaux internationales par la marine française au large de Saint-Nazaire.

Le navire est accusé d’appartenir à la ‘flotte fantôme’ russe en plus d’être soupçonné d’avoir servi, quelques jours plus tôt, de plateforme de lancement des drones qui ont mystérieusement survolé le Danemark.

Après cinq jours, le bateau a repris le large et son capitaine chinois a été relâché sous la promesse de revenir en France dans quelques mois pour faire face à la Justice française. Ce qui n’arrivera pas.

Le 7 janvier, les États-Unis ont arraisonné en mer du Nord le pétrolier russe Marinera — soupçonné de transporter du pétrole iranien — et ont confisqué sa cargaison en invoquant l’extraterritorialité du droit américain.

Le 22 février dernier, un autre pétrolier en provenant de Russie a été arraisonné par la marine française alors qu’il naviguait lui aussi en eaux internationales, cette fois en Méditerranée.

L’opération se veut conforme aux sanctions occidentales décrétées contre Moscou.

On doit savoir que ces sanctions ne font pas nécessairement partie du Droit international. Dans certains cas, elles vont même à son encontre.

À titre d’exemple, un pays est parfaitement libre de cesser d’acheter des biens produits en Russie. En principe, un tel refus est parfaitement légal… du moment qu’il ne s’agit pas d’une rupture de contrat.

À l’opposé, confisquer les intérêts courus sur les avoirs russes saisis pour les donner à l’Ukraine est une violation du Droit international.

De la même manière, les actes de piraterie contre les pétroliers russes sont acceptables de la part de l’Ukraine puisque celle-ci est en guerre contre la Russie. Mais ils ne le sont pas lorsqu’ils sont commis par des pays qui, officiellement, ne sont pas engagés dans un conflit armé contre cette dernière.

Dans un autre ordre d’idée, on doit savoir que désigner un pétrolier comme faisant partie de la flotte ‘fantôme’ russe veut simplement dire que ce navire n’est pas assuré par la Lloyd’s de Londres. Ce qui n’est pas obligatoire en vertu du Droit international.

Quant au fait que ce pétrolier, s’il appartenait à la Russie, battait un pavillon autre que celui de ce pays, cela est sans importance; à des fins d’optimisation fiscale, tous les armateurs au monde font en sorte que leurs cargos battent un pavillon de complaisance (Panama, Libéria ou autre). C’est ce que Paul Martin, ex-premier ministre canadien, faisait lui-même.

Conclusion

Il y a deux ans, nous écrivions :

[…] la soumission au droit international est facultative; on le respecte lorsque cela fait son affaire et on le viole lorsqu’il ne convient plus.

Cet avis, autrefois controversé, a gagné en crédibilité depuis qu’il a été repris par le premier ministre canadien le 20 janvier dernier à Davos.

Jusqu’ici, les sanctions décrétées contre la Russie par les pays européens ont fait plus de tort à leurs économies qu’à celle de la Russie.

Pour bien montrer qu’on fait vraiment quelque chose, ces simulacres de piraterie — qui ne le sont qu’à moitié puisque généralement les pétroliers sont libérés avec leur cargaison intacte — ne sont que des irritants pour la Russie.

Mais ces irritants sont susceptible de constituer des éléments d’escalade. Bref, encore une fois, c’est jouer avec le feu.

Références :
Droit international et géopolitique (deuxième partie)
Écoutez le discours de Mark Carney, premier ministre du Canada, à Davos
How will China respond as US expands foreign ship seizures?
La marine américaine a saisi deux pétroliers, dont le navire russe Marinera dans l’Atlantique
L’ancien empire maritime de Paul Martin au cœur des Paradise Papers
Le mystère des drones en Europe occidentale
Navire « Pushpa » de la flotte fantôme russe : les questions s’accumulent autour de ce pétrolier immobilisé au large de Saint-Nazaire
Un pétrolier « en provenance de Russie » arraisonné par la marine française en Méditerranée

Paru depuis : Russia threatens to deploy navy to protect vessels from ‘western piracy’ (2026-02-17)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La personnalité de l’année 2025

Publié le 31 décembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Bart De Wever

Bart De Wever est premier ministre belge depuis le 3 février 2025.

Toute sa carrière politique a été axée sur la défense des intérêts de la Flandre, c’est-à-dire de la partie néerlandophone de la Belgique, au point de militer en faveur de son indépendance.

Toutefois, dès son accession à sa fonction actuelle, ce politicien de droite s’est transformé en chef d’État.

Le 1er décembre dernier, il avait créé la surprise aux Grandes Conférences catholiques.

Devant ce public francophone, ultra conservateur, et attaché autant à la monarchie qu’à l’unité du pays, l’ex-indépendantiste flamand soulignait son respect pour la fonction royale, l’importance qu’il attache à son rôle de premier ministre de tous les Belges, précisant même que « la Flandre n’est pas un but en soi

À cette occasion, il donnait un avant-gout de ce qui allait suivre en déclarant : « Qui […] croit vraiment que la Russie va perdre en Ukraine ? C’est une fable, une illusion totale. [D’ailleurs] cette défaite ne serait pas souhaitable, car cela rendrait instable un pays doté de l’arme nucléaire

Deux semaines plus tard, un sondage montrait qu’il demeurait le politicien le plus populaire de Flandre. La surprise fut chez les Belges francophones où sa popularité grimpa de sept point dans la capitale et de deux points dans la Wallonie, faisant de lui une des personnalités les plus aimées chez… les Francophones.

Si bien que les auditeurs de deux chaines de télévision flamande l’ont élu ‘Belge de l’année’.

Le grain de sable dans l’engrenage

Depuis mai 2022, nous soutenons sur ce bloque qu’en vertu du Droit international, on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais on ne peut pas les confisquer. En d’autres mots, on peut empêcher un pays de jouir de son argent, mais on ne peut pas le dépenser à sa place.

Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, les pays alliés de Kyiv prétendent le contraire. Pourquoi ?

Le but était de rassurer les contribuables face aux sommes colossales dépensées à soutenir l’Ukraine. Implicitement, le message était qu’au final c’était la Russie qui paierait la note.

À la télévision et dans nos grands médias, tous les journalistes et tous les chroniqueurs participaient à ce lavage des cerveaux.

Toutefois, au Sommet européen du 18 décembre dernier, quelle fut donc la surprise d’entendre le premier ministre Bart De Wever rompre cette omerta et déclarer que son pays s’oppose catégoriquement à la confiscation des avoirs russes en Belgique.

Or c’est dans ce pays que se trouve la chambre de compensation Euroclear qui détient la majorité des avoirs russes gelés en Occident.

Sans Bart De Wever, environ 135 milliards d’euros auraient été utilisés à prolonger de deux ans l’agonie de l’Ukraine.

Et une fois cette somme dépensée (partiellement à alimenter la corruption dans ce pays), nous aurions appris que la confiscation des avoirs russes était illégale. Donc, que nous devons rembourser la Russie pour les sommes confisquées illégalement par nos gouvernements.

Pour son courage et son audace, ce blogue lui décerne le titre de personnalité de l’année 2025.

Références :
Bart De Wever a-t-il convaincu les francophones ?
Bart De Wever, le nationaliste flamand devenu défenseur des intérêts belges
Bart De Wever, ou l’histoire d’un nationaliste flamand devenu figure incontournable des scènes belge et européenne : « C’est un évolutionniste, pas un révolutionnaire »
La saisie fictive des avoirs d’oligarques russes au Canada
« Les dix prochaines années seront difficiles » : Bart De Wever avertit les Belges, à quelques heures de 2026

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Écrit par Jean-Pierre Martel


90 milliards d’euros pour prolonger l’agonie de l’Ukraine

Publié le 20 décembre 2025 | Temps de lecture : 2 minutes

Depuis des années, l’État ukrainien vit sous le respirateur artificiel de l’Occident.

En effet, ce sont les sommes que lui versent les pays occidentaux qui permettent à ce pays de payer non seulement la solde de ses soldats, mais également les pensions de vieillesse et le salaire de tous ceux qui dépendent de l’État; les fonctionnaires, les professeurs, les médecins, les éboueurs, etc.

Puisque Washington refuse maintenant de poursuivre ses aides militaire et financière à Kyiv, l’Union européenne (UE) cherche depuis ce temps à prendre la relève. Ce dont elle n’a pas les moyens.

Dernièrement, les dirigeants européens se sont fait dire publiquement ce que nous soutenons sur ce blogue depuis le début de la guerre; on peut geler les avoirs d’un pays ennemi, mais pas les confisquer.

Pour pallier cette contrainte, l’UE a décidé en faveur d’un prêt de 90 milliards d’euros (dont dix-sept payés par la France) qui couvrirait une bonne partie des 135 milliards dont l’État ukrainien a besoin au cours des deux prochaines années.

Ces sommes ne serviront pas à la reconstruction de l’Ukraine, mais permettront plutôt à ce pays de s’acquitter de ses dépenses courantes.

Et pendant que l’UE tente de retarder de deux ans la capitulation inévitable de l’Ukraine, l’administration Trump a compris qu’il est plus pragmatique d’en tirer profit.

Pour ce faire, Trump maintient deux équipes de négociateurs, chacune sympathique au belligérant avec lequel elle transige.

Celle qui négocie avec le vainqueur (soit la Russie) a pour mandat d’établir la place des États-Unis dans la reconstruction de l’Ukraine.

Pendant ce temps, pour donner aux vassaux de Washington l’illusion qu’ils comptent encore dans les affaires du monde, Trump leur offre le hochet d’une négociation parallèle qui mène nulle part.

Référence : L’UE trouve 90 milliards d’euros pour l’Ukraine, sans recours aux avoirs russes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Jacques Baud et la ‘stalinisation’ de l’Union européenne

Publié le 18 décembre 2025 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Le délit d’opinion est une infraction, punie par la loi, qui consiste à propager une idée politique qui menace l’ordre public.

Puisque l’ordre public est une notion vague, la frilosité de l’État à l’égard de ce qui est susceptible de le troubler distingue les régimes totalitaires de ceux qui ne le sont pas.

Le cas de Jacques Baud

Le 15 décembre dernier, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Union européenne (UE) ont placé l’analyste et politicologue Jacques Baud sur sa liste noire des personnes qui, au nom de la Russie, mènent des activités jugées déstabilisantes.

À l’origine, cette liste visait à combattre les méfaits commis par la Russie dans le cadre de sa guerre ‘hybride’ contre les autres pays européens.

Toutefois, depuis octobre 2024, la notion d’activité déstabilisante s’est étendue aux opinions de ceux qui, rémunérées ou non par le Kremlin, ne croient pas au narratif de l’UE au sujet de la guerre russo-ukrainienne.

Dans le cas de Jacques Baud, cette décision a pour effet de bloquer les avoirs qu’il détient dans les banques situées sur le territoire de l’UE et de lui interdire d’entrer ou de transiter par un pays de l’UE.

Précisons que la Suisse, son pays, n’est pas membre de l’UE et conséquemment, n’est pas concernée par ces sanctions.

Voyons en détail l’acte d’accusation de l’UE contre Jacques Baud.

Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse et analyste stratégique, est régulièrement invité à des émissions de télévision et de radio pro-russes.

Il est à noter qu’on ne parle pas ici de médias russes, mais prorusses. C’est-à-dire de médias qui, à l’égard du conflit russo-ukrainien, sont d’un avis contraire à celui de l’UE.

En somme, Jacques Baud diffère d’opinion. Et après ?

Il agit comme porte-parole de la propagande prorusse…

Il ne suffit pas de partager le narratif russe pour être le ‘porte-parole’ de Vladimir Poutine. Selon le dictionnaire Antidote, un porte-parole est une personne chargée officiellement de prendre la parole au nom de quelqu’un, d’un groupe, d’une communauté.

Cette partie de l’accusation européenne est donc fallacieuse.

…et formule des théories du complot…

Il est vrai que Jacques Baud est un complotiste. Toutefois, de nos jours, le mot ‘complotiste’ ne veut plus rien dire tellement sont nombreuses les personnes qui se réclament des diverses théories du complot.

…[il accuse] l’Ukraine d’avoir orchestré sa propre invasion pour adhérer à l’OTAN.

Ce reproche est tellement invraisemblable que j’ai téléchargé la version allemande de l’acte d’accusation, convaincu qu’il s’agissait d’une erreur de traduction. Ce qui n’est pas le cas; les deux versions disent la même chose.

La thèse de Jacques Baud, c’est plutôt que Washington a orchestré la guerre russo-ukrainienne en dépensant une fortune pour manipuler le peuple ukrainien et lui faire croire qu’il avait intérêt à devenir un ennemi militaire de son redoutable voisin.

Avec le résultat qu’on sait.

Par conséquent, Jacques Baud est responsable de mettre en œuvre ou de soutenir des actions ou des politiques imputables au gouvernement de la Fédération de Russie…

Jacques Baud ne met rien en œuvre. Il ne fait pas le trafic d’armement en faveur de l’Armée rouge. Il ne possède pas d’usines qui participent à l’effort de guerre de Moscou. Il n’organise pas des collectes de fonds en faveur des soldats russes. Et il ne contourne pas les sanctions économiques contre la Russie.

…qui compromettent ou menacent la stabilité ou la sécurité d’un pays tiers (l’Ukraine) en recourant à la manipulation de l’information et à l’ingérence.

Jacques Baud soutient deux choses.

Premièrement, que le déploiement des ogives nucléaires de l’Otan dans la cour arrière de la Russie est une menace existentielle à sa sécurité. Une menace aussi grande que le déploiement en 1962 de missiles russes à Cuba pouvait l’être pour les États-Unis.

Et deuxièmement, que la Russie avait raison de se porter à la défense de la minorité russophone d’Ukraine. Une minorité que massacraient les milices néonazies venues de l’autre bout du pays que Kyiv armait et payait secrètement.

Conclusion

Nous allons jeter l’économie russe par terre’ prédisait triomphalement un homme politique européen au début de la guerre russo-ukrainienne.

Quatre ans plus tard, un grand nombre de soldats et de civils sont morts. Des millions d’Ukrainiens ont dû fuir à l’Étranger. L’Ukraine est ruinée. Et Bruxelles a gaspillé des centaines de milliards d’euros à soutenir une guerre perdue d’avance.

Pour les dirigeants européens, ce qui est gênant, c’est qu’un analyste comme Jacques Baud avait vu juste.

Si certaines de ses analyses sont sujettes à caution — notamment au sujet du conflit israélo-palestinien — celles au sujet de la guerre russo-ukrainienne sont remarquables par leur rigueur et leur précision.

Maintenant que cette guerre tire à sa fin, l’heure des règlements de comptes approche.

Alors que les révoltes éclatent aux quatre coins de l’Europe, les dirigeants corrompus de l’UE tentent désespérément de s’accrocher au pouvoir en muselant ces ‘complotistes’ qui les ont prévenus de ce qu’ils s’entêtaient à ne pas voir.

Plus un pouvoir se sent menacé, plus il est autoritaire…

Voilà pourquoi on assiste à la ‘stalinisation’ de l’UE.

Références :
Bruxelles sanctionne le Suisse Jacques Baud pour propagande prorusse
Décision du Conseil de l’Union européenne du 15 décembre 2025 (version française)
Décision du Conseil de l’Union européenne du 15 décembre 2025 (version allemande)
Jacques Baud : il donne trop d’informations trop précises. L’Union européenne le sanctionne !
L’Union européenne et la liberté d’expression
Opinion légale au sujet du cas de Jacques Baud

Complément de lecture : Le danger du contrôle étatique des flux financiers

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ukraine : quand l’Europe sabote les efforts de paix de Trump

Publié le 30 novembre 2025 | Temps de lecture : 13 minutes

Le premier sabotage européen

Trois semaines après son retour au pouvoir, plus précisément le 12 février 2025, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entendus pour entamer incessamment des pourparlers en vue de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Trois autres semaines plus tard, seize pays et deux organisations supranationales (l’Union européenne et l’Otan) participaient au Sommet de Londres sur l’Ukraine. De plus, ce 2 mars 2025, les pays européens les plus belliqueux se regroupaient en ‘Coalition des volontaires’.

Selon Wikipédia, ce sommet avait pour but la rédaction d’un plan de paix dans le cadre du conflit russo-ukrainien.

Sans qu’on sache très bien à quoi cela ressemble à un plan de paix, ces pays ont résolu de maintenir l’aide militaire à l’Ukraine et même de poursuivre cette fourniture au-delà de tout accord de paix afin de dissuader la Russie d’envahir de nouveau ce pays.

Le 7 mars 2025, Donald Trump cessait la fourniture d’armes et de données satellitaires à l’Ukraine. Et ce, à la stupéfaction de ses alliés occidentaux puisque la précision des frappes ukrainiennes réalisées à l’aide d’armement européen en dépend.

En somme, la décision de Trump équivalait à priver l’armée ukrainienne de nouvelles livraisons d’armes et du pouvoir utiliser les armes les plus puissantes qu’elle avait déjà.

Après un intense ballet diplomatique de part et d’autre de l’Atlantique, la fourniture des données américaines fut reprise quatre jours plus tard.

Pendant que Trump répétait une énième fois son intention de terminer cette guerre, la Coalition de volontaires proposait l’idée d’envoyer sur la ligne de front une force d’interposition destinée à faire respecter un cessez-le-feu imposé unilatéralement à la Russie sous menace de sanctions en cas de refus.

Alors résumons.

La Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine parce qu’elle juge que le déploiement des armées de l’Otan à 500 km de Moscou est un risque sécuritaire inacceptable pour elle.

Malgré cela, elle accepterait que ces mêmes pays de l’Otan (mais pas l’Otan elle-même) déploient leurs armées à 500 km de Moscou.

Concrètement, quelle est la différence ?

L’intervention européenne auprès de Trump équivalait à lui dire : ‘Laissez-nous essayer notre méthode — un mélange de sanctions plus sévères et de livraison d’armes plus puissantes — et vous verrez; l’Ukraine gagnera d’ici peu parce que la Russie est à bout de souffle.

Évidemment, tout cela n’a rien donné si ce n’est de gagner du temps.

Le deuxième sabotage européen

Le 26 octobre dernier, la télévision russe diffusait en entier un entretien entre Vladimir Poutine et général Valery Guerassimov.

À l’occasion de cet exercice de propagande, le chef militaire déclarait que dans les villes de Koupiansk et de Pokrovsk, environ 10 500 soldats ukrainiens étaient totalement encerclés et étaient en voie d’être anéantis par l’armée russe.

Jusque-là, Washington s’était fié aux comptes-rendus rassurants de Kyiv. Or l’analyse des données satellitaires américaines donnait plus de poids aux affirmations de Moscou qu’à celles de Kyiv.

Selon le géopoliticologue Jaques Baud, la perspective d’un effondrement du front ukrainien (au nord et au centre) aurait suscité une très vive inquiétude au sein de l’administration Trump. Ce qui l’aurait incité à concocter en toute urgence un cadre pour le règlement du conflit.

Le 18 novembre dernier, le média électronique Axios révélait que l’administration Trump préparait un plan secret en 28 points destiné à servir de base à des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine.

Après un nombre incalculable de sanctions, Washington n’a plus de levier pour forcer la Russie à accepter quoi que ce soit. Voilà pourquoi le document américain fait une place de choix aux exigences russes.

Conformément aux vœux de Washington, Vladimir Poutine s’est dit favorable à ce que la position américaine serve de base à des négociations ultérieures. Un appui qu’il a accordé avec d’autant plus d’empressement qu’il présumait, à juste titre, que le plan américain serait jugé totalement inacceptable par Kyiv.

Pour faire contrepoids aux consultations avec la Russie, la diplomatie américaine a procédé plus tôt cette semaine à des pourparlers avec l’Ukraine, accompagnée de ses plus importants partenaires européens.

Ceux-ci ont préparé le 23 novembre un document en 19 points où tout ce qui ne convenait pas aux dirigeants ukrainiens a été purgé. Si bien que cette contre-offre est l’antithèse du plan que Trump a soumis aux belligérants.

La contre-offre européenne (COE)

La taille de l’armée ukrainienne après la guerre

La COE propose que l’Ukraine puisse se doter d’une armée de 800 000 hommes en temps de paix, soit davantage que ce que propose l’administration Trump (600 000 hommes).

On doit savoir que les deux membres de l’Union européenne qui possèdent les plus grosses armées sont l’Italie et la France, avec respectivement 338 et 304 mille hommes.

En raison de la présence menaçante de son redoutable voisin, l’Ukraine pourrait donc se doter, au maximum en temps de paix, d’une armée équivalente à celle combinée de ces deux pays.

Pertes territoriales ukrainiennes

Les différentes versions du plan américain divergent quant à l’étendue exacte des pertes territoriales que subirait l’Ukraine. En gros, elles représentent les zones déjà conquises par l’Armée rouge.

Au contraire, la COE veut que le territoire de l’Ukraine revienne à ce qu’il était au moment de l’indépendance du pays en 1991.

Le principe qui guide les alliés européens de Kyiv, c’est que le crime doit être puni. Puisque la Russie est un envahisseur, la dernière chose à faire est de la récompenser pour son crime, disent-ils.

À entendre l’indignation des pays membres de la Coalition des volontaires face à l’invasion russe, on ne croirait jamais que ce sont d’anciennes puissances coloniales…

La reconstruction de l’Ukraine

En vertu du Droit international, un pays peut saisir les avoirs d’un pays ennemi, mais pas de les confisquer. En d’autres mots, on peut empêcher la Russie d’accéder à ses biens, mais on ne peut pas en disposer à sa place.

La banque centrale de Russie possède des réserves de change évaluées à environ 270 milliards d’euros, dont 210 milliards logés dans ses comptes à Euroclear, un organisme international de dépôts de fonds établi en Belgique. Les 60 milliards restants se trouvent aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni, en Suisse et en Australie.

Selon le plan de Trump, cent-milliards de dollars seraient prélevés des fonds russes gelés à Bruxelles et seraient utilisés à la reconstruction de l’Ukraine.

La moitié de cette somme serait confiée à des gestionnaires d’actifs (comme BlackRock) qui accorderaient les contrats de reconstruction à des firmes américaines et peut-être quelques miettes à des entreprises européennes.

La Russie n’a pas du tout l’intention de payer pour la reconstruction de l’Ukraine. Mais plutôt que s’opposer frontalement à Trump, Poutine a choisi d’appuyer son plan à titre de base de discussion. Ce qui ne veut pas dire qu’il consent à toutes ses dispositions.

La COE propose plutôt que ces fonds servent à financer l’effort de guerre de Kyiv.

Puisque l’administration Trump a décidé de ne plus donner d’armes à l’Ukraine, mais à les vendre à l’Otan (qui refilerait la note à l’Union européenne), cette dernière aimerait financer cela en pillant les avoirs bruxellois de la Russie.

Les garanties de sécurité pour l’Ukraine

À l’issue de la Seconde Guerre mondiale, l’Italie n’a pas eu besoin de ‘garanties de sécurité’. Elle a simplement abandonné sa rhétorique belliqueuse contre ses ennemis d’hier et décidé de reprendre ses liens commerciaux avec eux.

L’administration Trump s’oppose à l’entrée de l’Ukraine dans l’Alliance atlantique (comme s’y opposait également l’administration Biden) et ne veut pas que l’Otan stationne des troupes dans ce pays.

Au contraire, les alliés européens de Kyiv souhaitent que l’Otan puisse y stationner des troupes (mais ‘pas de manière permanente’), et désirent que l’Otan poursuive son expansion vers l’Est.

Ce qui signifie qu’éventuellement, l’Ukraine pourrait en faire partie.

D’ici là, la COE propose que l’Ukraine soit protégée par l’article 5 du Traité de l’Otan, c’est-à-dire qu’elle dispose de tous les avantages de l’adhésion à l’Otan sans en faire partie.

Puisqu’un des deux prérequis à toute participation de la Russie à des négociations de paix est la renonciation définitive de l’Ukraine à adhérer à l’Otan, la stratégie poursuivie par la Coalition des volontaires consiste donc à s’assurer que ces négociations n’auront pas lieu et donc, à saboter l’effort de paix de Washington.

Préparer la guerre de revanche

À l’issue de la Première Guerre mondiale, la France a récupéré l’Alsace-Lorraine, un territoire qu’elle avait perdu lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

Aux yeux des hypernationalistes ukrainiens, la protection offerte par l’article 5 du traité de l’Otan (proposée par la COE) est capitale afin de permettre à l’Ukraine de procéder en toute impunité à son réarmement en vue d’une guerre de revanche contre la Russie.

Déclenchée quelques années plus tard, celle-ci permettrait à l’Ukraine de récupérer les territoires perdus à l’issue de cette guerre-ci.

La camisole de force de Zelensky

On s’imagine généralement qu’il suffit de mettre ensemble les chefs d’État de deux pays belligérants, de les empêcher de s’échapper avant la conclusion d’un accord de paix, pour qu’ils finissent par s’entendre.

Malheureusement, ce n’est pas cela que les choses se passent dans la vraie vie.

Quand une guerre oppose deux pays éloignés — les États-Unis et le Vietnam ou l’Afghanistan — le conflit peut s’arrêter quand l’envahisseur plie bagage et rapatrie ses troupes.

Mais une guerre entre deux pays limitrophes ne s’arrête que lorsque le perdant capitule. Or dans ce cas-ci, le perdant, c’est l’Ukraine.

Le problème, c’est que l’article 2 de la Constitution ukrainienne déclare que le territoire national est indivisible. De plus, la loi ukrainienne interdit toute participation à des rencontres internationales où serait négociée une partition du territoire ukrainien.

C’est donc à dire que Zelensky se trouve dans un carcan juridique qui l’oblige à ne rien céder. En somme, à espérer une défaite russe qui n’arrivera pas et, entretemps, à assister, impuissant, à l’anéantissement progressif de son pays.

Comment un pays capitule-t-il ?

Juridiquement, la meilleure issue à cette guerre est la nomination par le parlement ukrainien d’un délégué plénipotentiaire — il s’agit généralement du chef des armées — dont le mandat est de négocier la paix sans que cela implique l’arrêt des hostilités au cours de cette négociation.

De plus, le parlement lui accorderait l’immunité contre toute poursuite ultérieure.

L’acte de capitulation du Troisième Reich a été signé par le général Alfred Jodl au nom du Haut commandement des forces armées allemandes. L’armistice italien a été signé par le général Giuseppe Castellano au nom du gouvernement italien.

À l’issue des négociations secrètes, ce délégué, investi de tous les pouvoirs (d’où son qualificatif de plénipotentiaire), signe l’acte de capitulation.

L’idéal serait que cette capitulation soit inconditionnelle. Ce qui lui éviterait de négocier les pertes territoriales de l’Ukraine.

Et parce que ce traité est supranational, il a juridiquement préséance sur les dispositions contraires de la constitution ukrainienne et des lois qui en découlent.

Théoriquement, Zelensky pourrait être investi des pouvoirs d’un délégué plénipotentiaire. Mais avec son taux d’impopularité, il n’a pas l’autorité de faire déposer les armes aux irréductibles qui voudront continuer le combat.

Seul un militaire de haut rang, estimé de ses troupes, pourra faire entendre raison aux mutins et écraser impitoyablement ceux qui tenteront de renverser le pouvoir intérimaire placé à la tête du pays d’ici de nouvelles élections.

Conclusion

Depuis son retour au pouvoir le 20 janvier de cette année, Donald Trump a tenté deux fois de régler le conflit russo-ukrainien.

Chaque fois, les dirigeants européens les plus belliqueux ont saboté ses efforts en espérant retarder l’heure de vérité.

L’heure de vérité, c’est lorsque les peuples d’Europe se demanderont à quoi ont servi les milliards d’euros que leurs dirigeants ont englouti dans une guerre perdue d’avance. Dans une boucherie qui aura fait inutilement plus d’un million de morts.

Quel respect portera-t-on à ces chefs d’État qui se seront avérés impuissants à modifier le cours de l’Histoire et qui ont révélé, aux yeux de tous, l’étendue de la vassalisation de leur pays à l’hégémonie américaine ?

C’est dans un contexte comme celui-ci que les régimes tombent…

Références :
Coalition des volontaires
Comment les occidentaux comptaient-ils démembrer la Russie ? (vidéo)
Jacques Baud – Le plan de Paix Américain en 28 points (vidéo)
Gel des avoirs russes : au nom du droit, de la justice et des intérêts
Les États-Unis annulent des livraisons d’armements vers l’Ukraine
Le sommet Poutine-Trump à Anchorage : un ‘anchoragement’ modeste
Maxar rétablit l’accès de l’Ukraine aux données satellitaires
Pourparlers sur l’Ukraine : des avancées, mais encore beaucoup de travail
Putin trying to negotiate an end to Ukraine war as he cannot win it on battlefield, says EU’s Kallas
Renseignement et satellites d’observation : arrêt sur image en Ukraine…
Russia-Ukraine war: What’s a ‘coalition of the willing’, Europe’s new plan?
Scoop: Trump plan asks Ukraine to cede additional territory for security guarantee
Sommet de Londres sur l’Ukraine
Sommet européen sur l’Ukraine : les faits saillants
Ukraine : Pokrovsk, l’effondrement d’un récit et la réalité d’une armée à bout de souffle
Un tournant majeur dans la guerre en Ukraine
« Vous n’êtes pas seuls » : des dirigeants européens appuient Zelensky face à Trump
Washington met de la pression sur l’Ukraine en suspendant son aide militaire
Zelensky est plus impopulaire que jamais après près de trois ans de guerre : les grands médias l’admettent
Zelensky says revised peace plan “doable” after key changes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Ukraine : la réhabilitation des mots ‘négociations de paix’

Publié le 29 novembre 2025 | Temps de lecture : 3 minutes

Avant le retour au pouvoir de Donald Trump, aucun chef d’État européen n’osait utiliser les mots ‘négociations de paix’ car c’eut été un bris de solidarité avec les autres pays de l’Otan.

C’était à l’époque où on croyait que les sanctions financières de l’Occident feraient s’écrouler l’économie russe, provoqueraient la révolte des Russes incapables d’encaisser leurs chèque de paie ou de pension, et entraineraient renversement du régime de Vladimir Poutine.

Comme dans la fable ‘La Laitière et le pot au lait’, on salivait déjà à l’idée du démantèlement de la Fédération de Russie et de la spoliation de ses richesses naturelles par des sociétés occidentales.

Dans les forums de discussion et sur les médias sociaux, n’importe quel participant pacifiste était aussitôt qualifié de ’Munichois’, en référence à ces dirigeants européens qui pensaient amadouer Hitler en lui permettant (par l’accord de Munich) d’annexer une partie de la Tchécoslovaquie.

On se rappellera du scandale provoqué par la visite du premier ministre hongrois à Moscou en juillet 2024 dans le cadre, disait-il, d’une mission de paix. À l’époque, les dirigeants de l’UE dénonçaient toute politique d’apaisement; l’Europe soutenait alors la poursuite de la guerre jusqu’au dernier soldat ukrainien vivant.

Depuis trois ans, les partisans de la ligne dure à l’égard de Moscou — l’Otan et les dirigeants de l’Union européenne, de même que ceux de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne — n’entretenaient plus aucune relation diplomatique officielle avec le Kremlin.

Sans le dire explicitement, ce qu’on soutenait, c’était une guerre totale avec la Russie, c’est-à-dire une guerre dont l’issue ne serait rien d’autre que l’expulsion de l’Armée rouge du territoire ukrainien.

Mais le 12 février 2025, lors d’un appel téléphonique, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont entendus pour entamer incessamment des pourparlers en vue de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Estomaqués d’apprendre par les médias que cette guerre pouvait se régler sans eux, les dirigeants européens se sont métamorphosés en apôtres de la paix… à la condition d’en pervertir le sens.

Dans leur bouche, les mots ‘négociations de paix’ signifiaient ’négociations en vue de la capitulation de la Russie’ en sachant très bien que cela n’arrivera pas.

Pour l’Ukraine, le choc était encore plus brutal puisqu’une négociation de paix, c’est comme un buffet; quand on est pas autour de la table, c’est qu’on est au menu…

Et c’est de cette manière que des mots que plus personne n’osait prononcer refont leur apparition dans la bouche des dirigeants de nos pays.

Références :
Accords de Munich
« La Russie n’a pas subi l’“effondrement” économique annoncé par Bruno Le Maire, fin février 2022 »
Ukraine : Poutine ferme sur ses exigences avec Orban à Moscou, vives critiques de l’UE

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mystère des drones en Europe occidentale

Publié le 27 novembre 2025 | Temps de lecture : 4 minutes

Plus tôt, en Europe de l’Est

Après que l’Ukraine eût subi une attaque de 458 drones et missiles dans la nuit du 9 au 10 septembre dernier, au moins 19 drones russes ont pénétré l’espace aérien de la Pologne et, dans un cas, celui de la Roumanie trois jours plus tard.

Immédiatement, les agences de presse occidentales ont accusé la Russie d’être responsable de ces provocations. L’argument est connu; ce ne peut qu’être que les Russes.

Puisque l’Otan n’a pas jugé bon de publier le trajet précis emprunté par ces drones avant de frapper la Pologne et la Roumanie, des indices publiés sur des chaines Telegram ukrainiennes portent à croire que ces missiles auraient plutôt été tirés d’Ukraine.

L’explication la plus probable est que l’Ukraine ait récupéré des drones-leurres russes après leur chute au sol, leur aurait fait faire le plein de carburant et les aurait tirés vers la Pologne et la Roumaine (deux pays membres de l’Otan) dans l’espoir de pousser l’Alliance atlantique à entrer en guerre directement contre la Russie.

Vers la fin du même mois, d’autres drones suspects sont apparus au-dessus de bases militaires et d’aéroports d’Europe occidentale.

Quels types de drones ?

Pendant quelques jours, les agences de presse demeurèrent muettes quant à la nature des drones observés au Danemark, le premier pays touché en Europe occidentale.

S’agissait-il de drones militaires, alimentés par du carburant, qui possèdent l’autonomie nécessaire pour avoir été tirés de Russie ? Ou s’agissait-il de petits drones à batterie qui ne peuvent qu’avoir été utilisés localement ?

En réalité, des vidéos sur YouTube montraient des drones en état géostationnaire. Donc des drones à batterie.

Le 25 septembre, la nature de ces drones fut révélée après avoir trouvé une explication crédible pour accuser la Russie; trois navires ayant des liens directs ou indirects avec la Russie auraient servi de plateformes de lancement en mer Baltique, près du Danemark.

Le problème, c’est que bien après que ces navires eurent quitté la région, d’autres drones survolèrent des aéroports et des bases militaires en Allemagne, en France, en Norvège, et aux Pays-Bas. Des drones qu’on ne réussit jamais à abattre. Et des méfaits dont on n’arrive pas à trouver les auteurs.

On peut toujours supposer que ces drones à batterie aient été tirés par des agents russes infiltrés au cœur de l’Europe occidentale. Mais peut-on également imaginer que tout cela soit une mise en scène destinée à nous manipuler ?

Le cas d’une base militaire française

Le 2 octobre dernier, dix jours après une première incursion, la base militaire de Mourmelon-le-Grand a été survolée par des drones non identifiés.

Le quotidien L’Indépendant nous apprend que cette base de dix-mille hectares abrite depuis mars 2025 une centaine de centres d’entrainement au maniement de drones et que c’est également là qu’ont été formés 2 300 soldats ukrainiens.

On peut facilement croire que des espions russes veuillent épier le fonctionnement de cette base.

Mais on peut également suspecter que l’Ukraine ait déployé en Europe plusieurs commandos de dronistes très expérimentés avec la mission de survoler des bases militaires et des aéroports de divers pays, sachant que ces pays réagiraient de manière prévisible en accusant la Russie.

Et des pays heureux de justifier l’augmentation importante de leurs dépenses militaires, même au prix de coupes dans leur filet de protection sociale.

Références :
Drones au-dessus du Danemark : tous les chemins maritimes mènent à la Russie ?
Le Danemark dénonce des « attaques hybrides » après de nouveaux survols de drones
« Poutine monte d’un cran » : la France accuse la Russie d’être derrière une nouvelle incursion de drones qui ont survolé une base militaire française
Violations par la Russie de l’espace aérien de pays d’Europe de l’Est

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Drones : quand la russophobie tourne à la névrose

Publié le 20 octobre 2025 | Temps de lecture : 5 minutes

La semaine dernière, un quotidien montréalais publiait un texte visant à souligner la vulnérabilité du Canada aux drones.

On comprend que le survol d’un aéroport danois par un drone d’origine inconnue puisse paralyser temporairement ses opérations. Ou que le survol d’une base militaire ou d’un site ultrasecret européen puisse compromettre la sécurité nationale d’un pays.

Toutefois, on peut se demander quel serait l’intérêt d’un pays ennemi (dirons la Russie) à survoler l’Arctique canadien. Nuire à la chasse aux phoques ? Perturber la migration des troupeaux de caribous ?

Il est indéniable que dans le cadre d’une Troisième Guerre mondiale, la Russie chercherait à détruire, par des missiles, nos barrages hydroélectriques puisque cela perturberait non seulement l’alimentation électrique du Québec, mais également celle des États américains qui dépendent partiellement de notre électricité.

Mais le survol de notre territoire par des drones est d’une importance militaire très limitée.

Drones domestiques vs drones militaires

Il faut distinguer les petits drones domestiques (qui fonctionnent à pile) des drones militaires (qui fonctionnent au carburant).

Lorsqu’on allume une voiture électrique dans des conditions hivernales, la première chose qu’elle fait est de réchauffer les cellules de sa batterie puisque ses performances chutent à basse température. Ce que ne font pas les drones domestiques.

De plus, la distance minimale séparant les côtes russes des côtes québécoises dépasse 3 600 km, soit la distance entre Montréal et Vancouver.

Aucun drone domestique n’est capable d’une telle autonomie. En clair, dans l’Arctique, leur dangerosité pour le Canada est nulle.

C’est ce que Norad a tenté de faire comprendre à la journaliste.

Après s’est fait dire que pour que Norad intervienne contre un drone, l’incident doit être d’une ampleur telle qu’il nécessite une réponse de défense nationale, l’expert Éric Sauvé va plus loin et lui précise subtilement : « En bas d’un certain seuil [de dangerosité], ce n’est pas une préoccupation pour le Norad

Un autre expert consulté ajoute que le fait que faire voler des drones dans le froid polaire représente un défi, en raison de la faible autonomie des batteries et de la glace qui peut se former sur les ailes.

Interrogé quant à savoir si le Canada était capable de détecter la présence de drones sur l’ensemble du territoire canadien, particulièrement en Arctique, le ministère de la Défense ne s’est même pas donné la peine de répondre.

Quant aux drones militaires, un des experts déclare : « un drone de 1,5 mètre, quels dommages ça peut faire ? Pratiquement rien. […] En termes de capacité de collecte [d’informations], c’est très limité aussi

Ce qui est amusant à la lecture de cet article, c’est à quel point la journaliste est sourde à ceux qui tentent de lui faire comprendre la futilité de sa quête.

Elle se laisse donc convaincre par une entrepreneur qui travaille à développer une technologie capable de détecter les drones dans l’Arctique.

Quand celui-ci lui déclare que si un brise-glace hostile naviguant dans les eaux internationales envoyait un drone dans l’espace aérien canadien, il est plus que probable qu’on n’en saurait rien, il ne vient pas à l’esprit de la journaliste que les eaux internationales dans l’Arctique, cela n’existe pas.

En effet, depuis 1986, le Canada estime que les eaux de l’archipel arctique constituent des eaux intérieures, sous souveraineté du Canada. Ce que la Russie ne conteste pas, mais que refusent de reconnaitre les États-Unis.

D’autre part, tous les brise-glaces russes et tous les navires chinois qui naviguent au-delà du cercle polaire le font dans l’Arctique russe, navigable une bonne partie de l’année, et non dans l’Arctique canadien, bloqué onze mois par année.

Conclusion

Depuis 2014, l’Otan, les chefs d’État atlantistes, et les agences de presse occidentales (financées secrètement par Washington) font valoir la nécessité d’augmenter substantiellement nos dépenses militaires.

Déjà, cette fabrication du consentement a rallié une bonne partie des journalistes canadiens.

Le texte du Devoir en est un exemple.

Il est coiffé d’un titre qui ressemble beaucoup plus à une hypothèse de départ qu’à la conclusion d’une démonstration irréfutable. Son plus grand défaut est d’escamoter les couts nécessaires à pallier la menace, mineure selon le Norad, des drones russes.

Parce fondamentalement, nous sommes en présence d’un choix politique; voulons-nous consacrer des sommes colossales à nous protéger d’une invasion militaire russe qui, du moins au Québec, n’arrivera pas ou voulons-nous consacrer cet argent à des fins plus utiles ?

Références :
En Arctique, le Canada vulnérable aux drones
Hausse des dépenses militaires : la fabrication du consentement
La géopolitique de l’Arctique

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Écrit par Jean-Pierre Martel