Dans l’espoir d’empêcher le prochain gouvernement québécois d’être majoritaire, les partis appelés à former l’opposition ont choisi comme message de fin de campagne : ‘Donnez-nous la balance du pouvoir afin d’empêcher la tenue d’un référendum qui plongerait le Québec dans l’insécurité économique.’
Ce qu’on laisse entendre, c’est que d’ici les résultats d’un troisième référendum au sujet de l’indépendance du Québec, les entrepreneurs d’ici et les investisseurs étrangers hésiteront à investir dans notre économie.
Prenons un peu de recul.
• L’insécurité en Europe
Les dirigeants européens prétendent que si la Russie gagne la guerre en Ukraine, l’Armée rouge déferlera bientôt sur l’Europe.
Afin de faire baisser les pris des hydrocarbures à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, les pays européens ont cédé aux pressions américaines et décidé de déverser sur les marchés internationaux une partie importante de leurs réserves stratégiques alors que celles-ci sont déjà au plus bas depuis des décennies.
Ce qui signifie que si la guerre en Iran ne cesse pas de manière urgente, les pays européens devront rationner l’alimentation énergétique des particuliers et des entreprises au cours de la saison froide et peut-être au-delà.
• L’insécurité dans le Sud global
Pour prévenir la révolte populaire, tous les pays du Sud Global (à l’exception des pays producteurs de pétrole) réduisent leurs taxes d’accise sur les hydrocarbures en espérant d’ici peu la reprise de leur approvisionnement d’hydrocarbures par le détroit d’Ormuz.
Si ce n’est pas le cas, ces pays devront s’attendre à des crises économiques et politiques.
• L’insécurité aux États-Unis
Y a-t-il un gouvernement au monde plus instable que celui au pouvoir à Washington ?
Quel chef d’entreprise américain sait le prix qu’il paiera demain pour l’achat de matières premières qu’il obtient de fournisseurs étrangers ? Quelle garantie a-t-il que les produits qu’il exporte ne sera pas soumis à des représailles commerciales ?
• Au Québec
Insignifiante en comparaison des dangers qui prévalent ailleurs, l’insécurité dont parlent les futurs partis d’opposition n’existerait pas si le Québec était déjà un pays indépendant.
Elle existe et elle existera tant que le peuple québécois hésitera à assumer son destin.
Conclusion
Face aux dangers de guerre en Europe, aux dangers de paralysie économique dans le Sud global, à l’inconstance de l’administration Trump, il est évident que l’accession du Québec à l’indépendance effectué dans le respect du Droit international est parmi les plus insignifiantes des préoccupations géostratégiques du grand capital international.
Quant à nos entrepreneurs, les menaces tarifaires de Donald Trump et l’incertitude liée à la renégociation de l’ACÉUM sont des menaces considérablement plus concretes que le danger d’un troisième référendum qui s’annonce perdant.
Bref, la véritable incertitude politique et économique au Québec, c’est un gouvernement minoritaire élu lundi. Parce que cela signifie un gouvernement qui sera bientôt miné par la partisanerie politique et dont la durée de vie ne sera que de 12 à 18 mois.
Jean-Pierre dit tout correctement. La suite sera alors de quelle farine ?
L’indépendance ne changera rien dans nos assiettes, car la constitution n’est que juridique, et le cadre juridique des entreprises et la régularité des marchés non perturbés sont la base de la stabilité d’un pays.
Ainsi, en pleine guerre et sous les bombardements, les usines Krupp tournaient à plein régime parce que le système socio-économique et le statut juridique des entreprises n’avaient guère changé.
Jean-Pierre a raison : le Québec, voire le Canada, sont géopolitiquement insignifiants. Bonheur pour nous tous.
Les idiots s’entretuent et nous, les pénards, nous leur vendons notre énergie et nos produits miniers.
Quant à l’indépendance, voilà une idée archaïque, bien que planétaire, qui jouxte le même archaïsme des fédéralistes incapables de penser le nez hors des jupes de la reine Victoria.
En clair, deux archaïsmes qui nous coûtent déjà très cher par mauvais fonctionnement. Il ne sera qu’aggravé par une chicane de plus pour maintenir séparés deux archaïsmes logés dans les culottes de la reine Victoria.
Où est la solution pour sortir de ces deux archaïsmes (le souverainisme québécois et le fédéralisme colonial de 1867-1982) ?
L’imagination créatice ! C’est la plus détestée des facultés. « Voulez-vous être fusillé ? Dites à votre voisin que vous avez une idée nouvelle ».
La voici :
Une nouvelle Fédération avec 6 États souverains et associés ? (Maritimes, Québec, Ontario, Prairies, BC et Nunavut-TNO). Bingo !
Les grands esprits agrandissent leur pays, tels Jefferson achetant la Louisiane pour $15 et le sénateur Seward achetant l’Alaska pour $7. 2 millions.
Quel Québécois sensé laisserait partir à de purs étrangers « canadians » (nos anciens compatriotes reniés) les 3/4 du Canada (83.3 % soit 8 317 229 km²) ? Ils seraient perdus par une stricte, étroite et exclusive souveraineté québécoise.
Il n’y a pas de contradiction entre une Fédération (USA, Allemagne, Suisse) et la notion d’États souverains (UE, Commonwealt) s’il y a un brillant dosage dans la distribution des pouvoirs et des responsabilités.
Il s’agirait simplement d’ajouter le droit de retrait de la Fédération (retour à l’indépendance souveraine totale) pour en faire constitutionnellement une fédération, et non une confédération. I
L’imagination est la clé. Les peuples, nourris de bière et de hockey, la détestent.
On met en commun (au niveau fédéral) tout ce qui d’évidence a l’indéniable avantage d’être fédéral (monnaie, libre-échange, poste, communications (les actifs matériels seulement), les océans, l’Arctique, etc.).
Le partage des impôts : fédéral 30% les 6 autres États associés 70%. En 2026, la part fédérale est trop élevée (44-48%).
La politique étrangère serait définie par le Fédéral, non par un ministre, mais par un comité présidé par ce ministre fédéral + 6 représentants des États associés).
Et il nous faut une Fédération crédible aux yeux du monde, surtout solide face aux USA qui, par près de 5 fois, tentèrent son appropriation.
Les souverainistes y trouveraient leur compte, et les « Canadians » (sauf les monarchistes) trouveraient sûrement l’idée séduisante.
Jurez-moi que vous ne me fusillerez pas !