La diplomatie du gouvernement péquiste en Europe

Publié le 15 octobre 2026 | Temps de lecture : 2 minutes

Parmi toutes les luttes idéologiques qui divisent l’Europe, il y a celle entre les Européistes (qui soutiennent le renforcement de l’intégration européenne) et les nationalistes (qui s’opposent aux pouvoirs grandissants et autoritaires de la Commission européenne).

Au fond, cela ressemble au combat auquel se livrent ici les Fédéralistes et les Indépendantistes.

À l’heure actuelle, les pays d’Europe occidentale (dont la France) sont dirigés par des Européistes. Or ces gens n’hésitent pas à qualifier d’extrême droite, toute formation politique qui répond à deux critères; le patriotisme et le désir d’abaisser les seuils migratoires.

Indépendamment des mesures sociales que pourrait adopter le gouvernement de PSPP (notamment à l’égard des itinérants), il sera toujours perçu à droite par les élites actuellement au pouvoir en Europe.

Ceci est évidemment paradoxal puisque ces dernières sont confrontées à l’obligation de remettre en question leur filet de protection sociale en raison de leur endettement et de la nécessité, à leurs yeux, d’augmenter leurs dépenses militaires. Ce qui le propre des gouvernements de droite.

Il faudra donc beaucoup de doigté au premier ministre actuel pour y être reçu de manière aussi chaleureuse qu’il le souhaiterait.

D’autant plus que les contrats militaires que se prépare à accorder Ottawa — dans un contexte où il n’est plus le client inconditionnel de fournisseurs américains — font saliver tous les pays européens qui produisent de l’armement.

Conséquemment, d’ici les prochaines élections québécoises, dans l’éventualité d’une visite officielle à l’Étranger, PSPP doit s’attendre à un accueil poli, mais froid.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le PQ est-il un parti de droite ?

Publié le 14 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


 
Introduction

Le PQ est une coalition de gens de droite, de centre et de gauche qui ont une chose en commun; le désir de faire du Québec un pays indépendant.

Selon la tendance politique d’un ministre péquiste, il pensera et agira comme une personne de droite, de centre ou de gauche, et les politiques du gouvernement s’en ressentiront.

Ce qui fait que même quand un gouvernement péquiste est majoritaire, il agit comme un gouvernement de coalition. Et à l’interne, il est l’objet des mêmes tiraillements qu’un tel gouvernement.

Rappel historique

La notion qu’un parti puisse être de droite ou de gauche est née en France, un peu avant la Révolution.

Lors des états généraux de 1789, les représentants (ou ‘députés’) de la noblesse et du clergé furent assis à droite de Louis XVI alors que le ‘tiers état’ (représentant le peuple) prit place à gauche.

Pendant tout le XXe siècle, un parti de droite était celui qui promettait la prospérité économique et/ou l’amélioration de la société par le biais de l’enrichissement des riches.

À l’opposé, un parti de gauche était celui qui s’engageait à redistribuer de la richesse au profit de la classe moyenne ou des milieux défavorisés par le biais de mesures sociales.

Sous l’influence du wokisme, on en est venus à penser que le véritable prolétariat n’était pas les travailleurs ni les salariés à faible revenu, mais plutôt les peuples opprimés à travers le monde, auxquels s’ajoutent les victimes de discrimination raciale, sexuelle et de genre.

Au sujet de l’immigration

Autrefois, le Parti communiste français et les syndicats influencés par lui estimaient que les flux migratoires incontrôlés étaient voulus par le grand capital afin que l’abondance du ‘cheap labour’ maintienne au plus bas la rémunération des travailleurs.

L’intellectuel Juan Branco déclarait l’an dernier que les partis de gauche en Occident étaient en train de s’effondrer parce qu’ils n’arrivent pas à substituer autre chose à l’abandon de l’espoir émancipateur de la redistribution de la richesse.

Leur appui à l’immigration massive fait en sorte que leur électorat migre vers les partis de droite, heureux d’exploiter ce thème électoralement payant.

Si bien que le discours antimigratoire est passé de la gauche à la droite. C’est même devenu un des thèmes favoris des partis de droite et d’extrême droite.

Mais on aurait tort d’y voir là un critère qui définit la nature même de ce qu’est un parti de droite.

Au Québec, la crise du logement, la pression sur les services étatiques (notamment en santé et en éducation), de même que notre difficulté à franciser les néoQuébécois dans la région de Montréal, justifient les politiques du PQ à l’égard de l’immigration.

Bref, tracer une adéquation entre ces dernières et l’étiquette ‘de parti de droite’ est un raccourci fallacieux.

Références :
Aperçu de l’idéologie de Juan Branco
C’est quoi un parti de droite ou un parti de gauche ?
Il y a vingt ans, le référendum français du 29 mai 2005
L’abus du qualificatif ‘extrême droite’ par l’AFP
L’engrenage ukrainien
Le PQ n’est pas de gauche…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La Lituanie et l’arsenal nucléaire de l’Otan

Publié le 11 octobre 2026 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

La Lituanie est une des trois républiques baltes. Elle est située au sud de la Lettonie, à l’ouest de la Biélorussie, et à la fois au nord de la Pologne et d’une enclave russe appelée Kaliningrad.

Stratégiquement, ses frontières sont à 500 km de Saint-Pétersbourg — la deuxième ville la plus importante de Russie — comme les frontières de l’Ukraine sont à 500 km de Moscou.

Les leçons de la guerre

En 1962, la Crise des missiles a été déclenchée parce qu’il était intolérable aux yeux de Washington que la Russie déploie des missiles dans la cour arrière des États-Unis, soit Cuba.

En 2003, la deuxième guerre du Golfe est survenue parce qu’il était inacceptable aux yeux de l’Occident que l’Irak détienne, croyait-on, des armes de destruction massive. Une menace inacceptable pour l’Europe, pourtant située à des milliers de kilomètres.

De manière similaire, à la suite du Sommet de Bucarest de 2008, Moscou a fait savoir que l’adhésion à l’Otan de la Biélorussie, de l’Ukraine ou de la Géorgie (l’un ou l’autre de ces trois pays limitrophes) serait un casus belli, c’est-à-dire un motif qu’elle juge suffisant pour déclarer la guerre.

En somme, la Russie ne pouvait pas tolérer que l’Otan déploie des armes de destruction massive dans sa cour arrière. L’Otan n’en a pas tenu compte.

Si bien que la guerre en Ukraine a une cause profonde, soit la candidature de l’Ukraine à l’Otan. Quant au facteur déclenchant, c’est le décret ukrainien du 21 mars 2021, signé par Volodymyr Zelensky, ordonnant à l’armée ukrainienne de donner l’assaut contre la population civile des provinces peuplées majoritairement d’Ukrainiens russophones.

On aurait pu penser que la guerre en Ukraine aurait été, pour l’Otan, matière à réflexion. Il n’en est rien.

La nouvelle menace nucléaire contre la Russie

Le 9 septembre dernier, on apprenait que la Lituanie s’apprête à supprimer l’article 137 de sa constitution afin d’autoriser l’Otan à entreposer des armes nucléaires sur son territoire.

Pour entrer en vigueur, l’amendement de la constitution lituanienne devra être adopté deux fois par les deux tiers des députés, avec un intervalle minimal de trois mois entre les deux votes. Ce qui devrait être un fait accompli au début de 2027.

D’autre part, l’Allemagne se propose en 2027 de porter ses effectifs en Lituanie à 5 000 soldats, ce qui suggère la construction d’une base militaire importante, probablement gardienne des ogives nucléaires de l’Otan.

Dans l’éventualité d’une Troisième Guerre mondiale, les ogives nucléaires en Lituanie devront être tirées dès son déclenchement. À défaut de quoi, ce pays deviendra une cible prioritaire de Moscou.

Quel pays est assez stupide pour consentir à ce que son territoire devienne le théâtre d’une guerre thermonucléaire ? C’est pourtant le choix des parlementaires lituaniens.

Effectivement, le 11 septembre, Moscou a prévenue la Lituanie que cela placerait ce pays dans le viseur des armes nucléaires russes.

L’initiative lituanienne découle d’une campagne diplomatique menée depuis mars 2026 par Emmanuel Macron auprès des membres de l’Otan, les invitant à s’aligner sur une politique (volontaire) de dissuasion plus agressive envers la Russie. Cette politique autorise le transport, la fourniture et le stockage d’armes nucléaires sur leur territoire.

Déjà, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne, le Royaume-Uni et tous les pays scandinaves s’y sont joints. De ceux-ci, la Finlande est le pays le plus proche de la Russie (exception faite d’une petite bande de terre au nord de la Suède).

Le 30 septembre dernier, le Kremlin a déclaré que les usines d’armement des pays européens qui produisent des armes pour l’Ukraine sont dorénavant des cibles sujettes au sabotage par la Russie.

La veille, l’Estonie (autre pays balte) accusait la Russie d’avoir commandité une explosion survenue le 15 aout à une de ses usines de drones qui approvisionnent l’Ukraine.

Lituanie vs Finlande

Puisque la Finlande (à seulement 125 km de Saint-Pétersbourg) fait pareil, pourquoi est-ce plus grave dans le cas de la Lituanie ?


 
C’est que depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les relations entre la Russie et la Finlande ont été relativement harmonieuses. La confiance était telle qu’avant 1970, la Finlande dépensait presque rien pour sa défense militaire.

Avant la guerre en Ukraine, des dizaines de milliers de Russes prenaient leurs vacances ‘occidentales’ à Helsinki. De plus, les immenses forêts de la Fédération de Russie approvisionnaient en bois l’importante industrie du meuble en Finlande.

Bref, les Finlandais n’ont jamais connu autre chose qu’une Russie redoutable, mais bienveillante. Comme nous, Canadiens, face aux États-Unis.

Par contre, les citoyens des pays baltes n’ont conservé que de mauvais souvenirs de l’époque soviétique. Voilà pourquoi, au sein de l’Union européenne, les ‘chihuahuas’ baltes n’ont de cesse que de japper contre la Russie.

Pour faire comprendre à l’Otan que les menaces russes contre le déploiement d’armes de destruction massive en Biélorussie, en Ukraine et en Géorgie sont également valables pour les autres pays limitrophes que sont les pays baltes et la Finlande, une attaque est beaucoup plus probable contre la Lituanie que contre la Finlande.

D’une part parce que la population russe n’a que de bons souvenirs de la Finlande alors que la Lituanie est dépourvue d’intérêt.

À l’opposé, il est beaucoup plus facile de convaincre les peuples occidentaux de verser leur sang pour un peuple frère comme le peuple finlandais que pour les Lituaniens dont 99,9 % des Occidentaux n’ont jamais entendu parler.

Conclusion

Lorsque la guerre en Ukraine a éclaté, les puissances occidentales pouvaient prétendre qu’elles ne se doutaient pas que la Russie était sérieuse et qu’elle mettrait en application ses menaces.

Ces menaces, c’était que Moscou n’hésiterait pas à guerroyer si la Biélorussie, l’Ukraine ou la Géorgie se transformait en lieu de stockage des armes de destruction massive de l’Otan.

En pavant la voie à ce que deux autres pays limitrophes (la Lituanie et la Finlande) prennent la relève, l’Otan oblige Moscou à attaquer un membre de l’Otan s’il veut réellement éviter d’être menacé au plus près.

Or les modifications constitutionnelles que s’apprête à adopter la Lituanie expriment une volonté beaucoup plus concrète que l’adoption par la Finlande d’une politique qui pourrait être remise en question par un changement de gouvernement.

En somme, tout cela laisse à penser que l’Otan veut déclencher la guerre avec la Russie et est prête à prendre tous les moyens pour y parvenir en prenant soin toutefois de créer l’illusion que la Russie, en Lituanie comme en Ukraine, sera l’agresseur.

Références :
Crise des missiles de Cuba
Guerre d’Irak
La Finlande lève l’interdiction des armes nucléaires pour renforcer la dissuasion de l’OTAN
La Lituanie s’apprête à autoriser le déploiement d’armes nucléaires de l’OTAN sur son territoire
La régression finlandaise
La Russie avertit que les usines européennes d’armement destinées à l’Ukraine sont des cibles militaires potentielles
La Russie sabote des usines de défense européennes
Le Kremlin met en garde la Lituanie contre un éventuel déploiement d’armes nucléaires sur son sol
L’Estonie accuse la Russie d’avoir commandité un « acte de sabotage » sur l’une de ses entreprises de drones
Litanie en Lituanie, le pays sur le point d’amender sa constitution pour faire partie « de la dissuasion nucléaire » occidentale contre la Russie
Lituanie
Sommet de l’OTAN de 2008
Ukraine : le quatrième anniversaire d’une guerre inutile

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La tenue d’élections en Russie : l’échec de l’Ukraine

Publié le 9 octobre 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

Du 18 au 20 septembre derniers, l’Ukraine a fait pleuvoir plus de 1 600 drones sur la Russie, dont 400 sur la région de Moscou alors que les Russes étaient appelés à voter.

On dira tout le mal qu’on voudra des élections en Russie, elles ont le mérite d’avoir eu lieu. Cela montre que, en dépit des bombes et des missiles, il est possible de tenir une élection.

À l’opposé, au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les élections britanniques de 1940 ont été reportées à l’issue de la guerre. Et ce, en contrepartie de la formation d’un gouvernement d’unité nationale.

Si, à l’époque, il avait été possible de voter électroniquement (comme ce fut le cas en Russie le mois dernier), aurait-on eu besoin de reporter les élections anglaises ? Peut-être pas.

Toujours est-il que l’exemple anglais, entre autres, sert à justifier le refus de tenir des élections en Ukraine depuis sept ans.

Mais les véritables raisons sont ailleurs.

L’image de l’Ukraine entretenue par la propagande occidentale est celle d’un pays qui se bat pour la Démocratie et qui sert de rempart contre une invasion russe en Europe.

Or les sondages les plus récents démontrent que la majorité des Ukrainiens veulent la paix dans les plus brefs délais, même au prix de concessions territoriales à la Russie.

Ce qui signifie que s’il y avait des élections en Ukraine, toute formation politique pacifiste remporterait les sièges au parlement ukrainien par une écrasante majorité.

Ce qui, évidemment, est totalement inacceptable pour l’Otan puisque celle-ci veut la poursuite de la guerre jusqu’au dernier soldat ukrainien vivant.

Pour ne pas perdre le contrôle sur l’Ukraine, les puissances occidentales n’auraient d’autres choix que de se servir des tribunaux du pays pour manipuler les élections comme ce fut le cas en Roumanie.

Concrètement, cela signifie frapper d’inéligibilité tout candidat pacifiste en l’accusant de menacer l’ordre constitutionnel (qui prévoit le caractère inaliénable du territoire national).

En somme, il faudrait accuser ce candidat d’être un traitre à la solde de Moscou même si le Kremlin ne lui a jamais versé le moindre kopeck.

Rappelons que moins de deux semaines après le début de l’invasion russe, au lieu de former un gouvernement d’unité nationale selon l’exemple anglais, Volodymyr Zelensky a préféré interdire tous les partis d’opposition dont ceux qui portaient la voix de la minorité russophone du pays.

D’autre part, l’Ukraine (tout comme la Russie) est située dans une partie du monde où les mœurs politiques sont d’une extrême brutalité. Comme en témoignent les menaces de mort de Zelensky contre Victor Orbán et l’assassinat à Monaco d’un des 84 oligarques ukrainiens qui s’y sont réfugiés.

Voilà pourquoi les candidats pacifistes en Ukraine auraient certainement à craindre pour leur vie et celle de leur famille.

Tout cela pour dire que tenir des élections en Ukraine, pour les puissances occidentales, c’est ouvrir un panier de crabes puisqu’il faudra recourir à des magouilles antidémocratiques qui terniront l’image soigneusement entretenue par nos médias.

Le plus simple est de reporter indéfiniment les élections en Ukraine.

Références :
Attentat du 29 juin 2026 à Monaco
Élections en Russie : les régions occupées d’Ukraine obligées de voter
Élections générales britanniques de 1945
La volonté populaire en Europe soumise à la dictature des juges : le cas de la Roumanie
Les menaces personnelles de Zelensky contre Orbán
Le système de vote en ligne victime d’une cyberattaque en Russie
Les Ukrainiens face à la capitulation
Une attaque massive de drones perturbe le dernier jour des élections législatives russes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tramway de Québec : Éric Duhaime radote

Publié le 8 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) a relancé hier la controverse au sujet de l’opportunité pour la ville de Québec de se doter d’un tramway, alors que ce projet est en cours de réalisation.

Je préfère de loin un politicien qui a de la suite dans les idées plutôt qu’un autre qui change d’idée en fonction de la direction du vent.

Mais il y a une limite à radoter.

Dans la ville de Québec, aux dernières élections municipales, les candidats favorables au tramway ont recueilli plus de votes que leurs adversaires.

À l’élection québécoise de lundi dernier, les partis politiques favorables au tramway de Québec ont obtenu beaucoup plus de votes que le PCQ.

Si le PCQ avait été porté au pouvoir, il aurait eu la responsabilité de réaliser son programme électoral et donc, d’arrêter la construction du tramway de Québec. Mais ce n’est pas le cas.

Dans un autre ordre d’idée, sur ce blogue, j’ai exprimé l’opinion que l’interdiction du port des signes religieux devrait être limitée aux personnes détentrices des pouvoirs répressifs de l’État, soit les policiers, les juges, les gardiens de prison et les militaires. Personne d’autre.

Mais la population québécoise n’est pas de cet avis et le gouvernement québécois a tranché; cet interdit s’applique à toutes les personnes en position d’autorité dans les secteurs public et parapublic.

Je n’ai pas changé d’avis. Mais je me suis rallié. Se rallier, cela ne veut pas dire renoncer à ses opinions. Cela veut dire de passer à autre chose.

Le chef du PCQ aura l’occasion de réitérer son opposition, de nous dire ‘Je vous l’avais bien dit’ le jour où on annoncera des dépassements de couts. Ce qui est inévitable par les temps qui courent.

Pour l’instant, c’est prématuré.

Si le chef du PCQ aspire un jour à diriger l’État québécois, il aurait avantage à choisir judicieusement ses combats. De préférence, ceux dont il ressortira victorieux plutôt que d’incarner l’éternel perdant, la victime, l’incompris et le persécuté.

Référence : Tramway de Québec : « Les conservateurs vont mettre de la pression », prévient Duhaime

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Au sujet des élections québécoises de 2026

Publié le 7 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


 
De manière générale, les résultats du scrutin de lundi dernier ont été conformes aux prédictions des sondages; un gouvernement péquiste minoritaire et une opposition officielle dirigée par le Parti libéral du Québec.

À ce sujet, il est intéressant de noter que la carte des circonscriptions libérales coïncide avec l’étendue de l’anglicisation du Québec: la région d’Hull (où s’établissent de nombreux fonctionnaires fédéraux), Laval, l’ile de Montréal et une partie de la banlieue sud de la métropole.

La surprise est venue de la région de Québec, où on a assisté à un raz-de-marée du Parti conservateur du Québec (PCQ).

L’appui de la majorité de la population de cette région au Troisième lien autoroutier n’a pas empêché Québec Solidaire (opposé à ce projet) d’y faire élire deux députés.

Je suis enclin à penser que la stratégie péquiste dans cette région a manqué d’agressivité.

On sait que lorsqu’une usine s’établit quelque part, pour chaque emploi créé, on provoque des retombées économiques qui représentent 2,7 emplois supplémentaires.

À l’inverse, on peut présumer que réduire de 70 000 postes la taille de la fonction publique québécoise — une promesse conservatrice — serait une mesure douloureuse pour l’ensemble de l’économie de cette région.

Ce ‘dégraissage’ de l’appareil de l’État va au-delà d’une réduction progressive de la fonction publique en raison des départs volontaires et des décès des employés. Dans les faits, cela aurait été l’équivalent d’une perte d’un quart de million d’emplois (directs et indirects) pour l’économie de cette région.

Indépendamment de savoir si cela est bon (ou non) pour l’ensemble des contribuables du Québec, je m’étonne que les stratèges péquistes n’aient pas suscité la crainte face au ‘radicalisme’ du programme économique du PCQ. Ce qui, en politique, aurait été de bon aloi.

La conséquence du manque d’agressivité des stratèges péquistes, c’est que le cabinet du gouvernement nouvellement élu n’aura aucun ministre provenant de la région de Québec.

Et la défense de l’achèvement du tramway de Québec, justifiée ne serait-ce que par l’état de l’avancement des travaux, reposera essentiellement sur les épaules du maire Bruno Marchand.

J’espère que le Parti Québécois ne répètera pas la même erreur à l’occasion de la prochaine élection, prévue lorsque les partis d’opposition feront tomber prématurément le gouvernement minoritaire actuel.

Référence : Résultats des élections québécoises de 2026

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’insécurité des peureux

Publié le 4 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans l’espoir d’empêcher le prochain gouvernement québécois d’être majoritaire, les partis appelés à former l’opposition ont choisi comme message de fin de campagne : ‘Donnez-nous la balance du pouvoir afin d’empêcher la tenue d’un référendum qui plongerait le Québec dans l’insécurité économique.’

Ce qu’on laisse entendre, c’est que d’ici les résultats d’un troisième référendum au sujet de l’indépendance du Québec, les entrepreneurs d’ici et les investisseurs étrangers hésiteront à investir dans notre économie.

Prenons un peu de recul.

• L’insécurité en Europe

Les dirigeants européens prétendent que si la Russie gagne la guerre en Ukraine, l’Armée rouge déferlera bientôt sur l’Europe.

Afin de faire baisser les prix des hydrocarbures à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, les pays européens ont cédé aux pressions américaines et décidé de déverser sur les marchés internationaux une partie importante de leurs réserves stratégiques alors que celles-ci sont déjà au plus bas depuis des décennies.

Ce qui signifie que si la guerre en Iran ne cesse pas de manière urgente, les pays européens devront rationner l’alimentation énergétique des particuliers et des entreprises au cours de la saison froide et peut-être au-delà.

• L’insécurité dans le Sud global

Pour prévenir la révolte populaire, tous les pays du Sud Global (à l’exception des pays producteurs de pétrole) réduisent leurs taxes d’accise sur les hydrocarbures en espérant d’ici peu la reprise de leur approvisionnement d’hydrocarbures par le détroit d’Ormuz.

Si ce n’est pas le cas, ces pays devront s’attendre à des crises économiques et politiques.

• L’insécurité aux États-Unis

Y a-t-il un gouvernement au monde plus instable que celui au pouvoir à Washington ?

Quel chef d’entreprise américain sait le prix qu’il paiera demain pour l’achat de matières premières qu’il obtient de fournisseurs étrangers ? Quelle garantie a-t-il que les produits qu’il exporte ne sera pas soumis à des représailles commerciales ?

• Au Québec

Insignifiante en comparaison des dangers qui prévalent ailleurs, l’insécurité dont parlent les futurs partis d’opposition n’existerait pas si le Québec était déjà un pays indépendant.

Elle existe et elle existera tant que le peuple québécois hésitera à assumer son destin.

Conclusion

Face aux dangers de guerre en Europe, aux dangers de paralysie économique dans le Sud global, à l’inconstance de l’administration Trump, il est évident que l’accession du Québec à l’indépendance effectué dans le respect du Droit international est parmi les plus insignifiantes des préoccupations géostratégiques du grand capital international.

Quant à nos entrepreneurs, les menaces tarifaires de Donald Trump et l’incertitude liée à la renégociation de l’ACÉUM sont des menaces considérablement plus concretes que le danger d’un troisième référendum qui s’annonce perdant.

Bref, la véritable incertitude politique et économique au Québec, c’est un gouvernement minoritaire élu lundi. Parce que cela signifie un gouvernement qui sera bientôt miné par la partisanerie politique et dont la durée de vie ne sera que de 12 à 18 mois.

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Écrit par Jean-Pierre Martel