McDonald’s et la culture du bannissement

Le 9 mars 2022

Dans la foulée de la guerre russo-ukrainienne, des dizaines d’entreprises occidentales ont décidé de cesser leurs opérations en Russie.

Certaines l’ont fait de leur propre chef. D’autres, à la suite des pressions exercées par un grand nombre d’internautes sur les médias sociaux.

C’est ainsi que McDonald’s a décidé de fermer ses restaurants en Russie tant que durera la guerre en Ukraine. Concrètement, cela signifie que des dizaines de milliers d’employés russes se retrouveront au chômage.

Les médias occidentaux laissent entendre que le chômage qui résultera du boycottage de la Russie par l’ensemble des sociétés occidentales sera de nature à susciter le mécontentement contre Vladimir Poutine.

Probablement. Mais l’effet devrait être de courte durée.

En réalité, beaucoup de sociétés occidentales se tirent dans le pied.

Qu’arriverait-il si McDonald’s fermait tous ses restaurants au Québec pour une raison ou une autre ?

Les Québécois qui auraient l’envie d’un hamburger iraient en acheter un à La Belle province, chez Lafleur ou dans n’importe quel restaurant populaire de leur quartier.

Parce que ‘fabriquer’ un hamburger, ce n’est pas de la haute technologie américaine; n’importe quel restaurateur peut mettre une rondelle de viande hachée entre deux tranches de pain, y ajouter quelques condiments et le tour est joué.

Les Russes incapables de manger un Big Mac ne décideront pas, à la place, de manger un plat de bœuf Stroganoff; ils iront simplement acheter leurs hamburgers ailleurs.

Et l’accroissement de leur clientèle incitera les restaurateurs russes à embaucher du personnel afin de répondre à la demande. Et bientôt plus personne ne regretta la décision de la chaine américaine de restauration rapide.

En 1978, la compagnie d’assurance Sun Life décidait de déménager son siège social à Toronto pour protester contre la Loi 101. Tous les journalistes anglophones du pays jouissaient en annonçant la nouvelle, anticipant une baisse de popularité du gouvernement de René Lévesque.

À l’époque, plus de 85 % des employés du siège social de cette compagnie à Montréal étaient des unilingues anglais. Parce que cette compagnie exerçait une discrimination à l’embauche contre les Québécois francophones, mêmes bilingues; nous n’étions bons, croyaient-ils, qu’à nettoyer leurs cabinets d’aisances.

Après le départ de cette compagnie, les Québécois se sont tournés vers des compagnies d’assurances d’ici, devenues du jour au lendemain des géants financiers.

Ceux-ci ont embauché des analystes francophones, des courtiers d’assurance francophones, des secrétaires francophones, etc.

Le même phénomène se passera en Russie. En définitive, l’effet le plus probable de la culture du bannissement occidental dans ce pays, c’est la russification de l’économie russe.

Parce que la nature a horreur du vide…

Références :
Cancel culture
Il y a 40 ans : le déménagement surprise de la Sun Life

Parus depuis :
Netflix shares tank 35% after it posts 1st subscriber loss in a decade (2022-04-20)
McDonald’s va revendre ses activités russes à un exploitant local (2022-05-18)

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Un commentaire à McDonald’s et la culture du bannissement

  1. André dit :

    — «Concrètement, cela signifie que des dizaines de milliers d’employés russes se retrouveront au chômage.»

    OK, ils vont aller chez Harvey’s non sans se demander le pourquoi de ces fermetures. Ainsi, un jour des millions de Russes vont prendre conscience qu’on leur ment et ils pourront cesser d’appuyer Poutine.

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