L’Omicron : l’expérience sud-africaine

Le 31 décembre 2021

L’Omicron fut détecté en Afrique du Sud aux environs du 10 novembre 2021.

Très tôt, on connut l’essentiel de ce qu’on devait savoir à son sujet.

En résumé, il est beaucoup plus contagieux que le variant Delta. Il échappe partiellement à la protection conférée par les vaccins (conçus spécifiquement contre le Covid-19 ‘classique’); vacciné ou non, on peut l’attraper, mais plus brièvement et moins sévèrement si on est vacciné.

Les deux seules propriétés importantes qu’on ignorait encore, c’est son pouvoir immunisant et sa virulence.

Protège-t-il les personnes atteintes de toute infection ultérieure par le Covid-19 ? On l’ignore toujours.

Est-il dangereux ? Oui, quelques personnes en sont mortes. Mais est-il plus mortel que les autres membres de la famille covidienne ? C’est à cette question que l’expérience sud-africaine permet de répondre.


 
Dans ce pays de 60,4 millions d’habitants qu’est l’Afrique du Sud, la vague provoquée par l’Omicron correspond à un tsunami aussi brutal que bref.

Le nombre cumulatif de cas de Covid-19 est passé de 2,9 millions le 10 novembre à 3,4 millions hier. Ce qui correspond officiellement à 504 226 cas en 50 jours, soit en moyenne dix-mille cas par jour.

Le sommet de la contagion a été atteint le 12 décembre 2021 (avec ses 37 875 cas). Mais depuis, la contamination a chuté.

En somme, à peine un mois après son apparition, le tsunami de l’Omicron a commencé à perdre de sa force.

Au cours de son passage, a-t-il fait des ravages ?


 
Entre le 10 novembre et hier, le nombre cumulatif de morts du Covid-19 dans ce pays est passé de 89 435 à 91 061, soit 1 626 de plus en 50 jours. C’est une moyenne quotidienne de 33 décès.

C’est infiniment moins qu’au cours des vagues précédentes.

Rapporté à la taille de la population du Québec, cela correspond à 4,6 décès par jour. Au cours de la même période, il y a eu au Québec 164 décès en 48 jours, soit une moyenne de 3,4 par jour.

Toutefois, il faut se rappeler que la population d’Afrique du Sud est plus jeune que celle du Québec; l’âge médian y est de 28 ans.

De plus, le tsunami de l’Omicron a frappé ce pays au cours de la saison estivale puisque les saisons y sont inversées par rapport à nous.

Et finalement, le taux de double-vaccination y est de 26,6 %, compensé par une immunité acquise à la dure avec le variant Delta (qui y a fait des ravages en juillet et aout 2021).

Compte tenu de cela, dans quelle mesure l’expérience sud-africaine est-elle pertinente au Québec ?

On peut anticiper une augmentation très importante des cas en raison de l’extrême contagiosité de l’Omicron.

Déjà, du 11 au 28 décembre 2021, le nombre quotidien de cas au Québec est passé de 1 690 à 11 762, officiellement. Dans les faits, c’est certainement beaucoup plus en raison des délais excessifs à obtenir un rendez-vous de dépistage.

Au cours de cette période, la proportion des cas causés par l’Omicron passait d’environ 20 % à 92,6 %.

Puisque l’infection à l’Omicron provoque souvent des symptômes légers chez le vacciné qui ne durent que trois ou quatre jours, une partie de ceux qui réussissent à obtenir un rendez-vous y renoncent le temps venu. Ce qui fait qu’ils ne sont jamais officiellement comptabilisés comme des cas.

Au cours des semaines qui viennent, l’augmentation des hospitalisations devrait être moindre qu’anticipée puisque la contamination massive (et voulue) du personnel des hôpitaux québécois devrait servir de repoussoir à une bonne partie de la population qui, autrement, s’y présenterait.

Contrairement au nombre de cas, on peut se fier au nombre actuel des admissions aux soins intensifs. Du 11 au 28 décembre, elles sont passées de 68 à 122. À la même date l’an dernier, on en comptait 148.

L’Omicron déferle sur le Québec depuis trop peu de temps pour qu’on ait la certitude de sa responsabilité à ce sujet. D’autant plus que l’expérience de pays comme l’Afrique du Sud, le Danemark et la Grande-Bretagne — où l’infection à l’Omicron a été beaucoup moins sévère qu’avec le variant Delta — porte à croire que cette augmentation pourrait s’expliquer autrement.

Par exemple, il suffirait que le nombre véritable de cas au Québec soit beaucoup plus élevé que celui compilé par les centres de dépistage — une hypothèse que personne ne peut exclure — pour que l’augmentation du nombre de contaminés au Delta, en nombres absolus, soit responsable de l’augmentation actuelle du nombre de personnes admises aux soins intensifs.

Puisque l’admission aux soins intensifs est le passage obligé entre la simple hospitalisation et le décès, si l’Omicron provoque moins de décès, il provoque nécessairement moins d’admissions aux soins intensifs. Donc ce n’est pas lui la cause de l’augmentation observée depuis la mi-décembre.

D’ici peu, l’Omicron aura complètement remplacé le variant Delta. Au mois de janvier 2022, on doit s’attendre à :
• une augmentation très importante des cas,
• une augmentation du nombre des hospitalisations de courte durée,
• une diminution probable des admissions aux soins intensifs, et
• une diminution marquée des décès.

Références :
Covid-19 in South Africa
Le variant Omicron : ce qu’on a appris depuis trois semaines
Que sait-on des hospitalisations causées par Omicron?

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

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