Les légumineuses canadiennes, elles aussi, empoisonnées au glyphosate

Le 29 juillet 2021

Il y a deux ans, lorsque j’ai appris que le blé canadien était tué au glyphosate avant d’être récolté — une pratique agricole non autorisée mais sur laquelle le gouvernement canadien ferme les yeux — ma réaction avait été de purger mon garde-manger de toutes les pâtes et les céréales qui s’y trouvaient et de les remplacer par des produits bios.

La semaine dernière, à la demande de Mosanto/Bayer, Santé Canada annonçait son intention de hausser les teneurs permises de glyphosate dans les céréales et les légumineuses vendues au pays.

Doit-on comprendre qu’au Canada, on empoisonne également les légumineuses au défoliant afin de simplifier leur récolte ?

Pour en avoir le cœur net, j’ai tenté de faire germer quelques-uns des pois chiches dont je me sers pour fabriquer mon houmous maison.

Ceux-ci, au lieu de germer, ont simplement pourri. Or des graines incapables de germer, ce sont des graines mortes.

Comme je l’ai fait il y a deux ans pour mes pâtes alimentaires, j’ai purgé ce matin mon garde-manger de la provision de pois chiches en vrac que je possédais et j’ai acheté deux kilos de pois chiches bios (à 4,99$ du 454g).

Ceux-ci sont importés de Turquie.

Je sais, il est plus écologique d’acheter localement. Mais que voulez-vous ? Quand le gouvernement de son propre pays préfère obéir aux intérêts des géants de l’agrochimie mondiale plutôt qu’à la volonté populaire, que faire ?

Références :
Encore et toujours plus de glyphosate
Les céréales canadiennes contaminées au glyphosate

Paru depuis :
Cancers liés au Roundup — Bayer perd de nouveau en appel (2021-08-10)

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8 commentaires à Les légumineuses canadiennes, elles aussi, empoisonnées au glyphosate

  1. André dit :

    Les pois chiches: où en trouver des bios?

    J’en utilise pour mes couscous, pour mes potages et j’en ajoute à la soupe aux pois Habitant. Je ne semble pas (encore) avoir le cancer…

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Effectivement, des pois chiches bios, ce n’est pas facile à trouver.

      Je me suis procuré les miens aux Aliments Merci du 3623 rue Ontario (téléphone : 514-528-7295).

      Ils sont vendus sous la marque Mère Nature. Cette compagnie accepte les commandes à expédier par la poste.

  2. sandy39 dit :

    Je suis bien d’accord avec Vous, J.Pierre : entre le Bio et le Local, il est, parfois, difficile de choisir…

  3. sandy39 dit :

    J’ai tout de même un peu de mal à vous suivre : les pois chiches qui ont pourri… Ils étaient local ou bio ?

    Vous nous donnerez aussi, la recette de l’houmous… car je ne me sers jamais de pois chiches !

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Les pois chiches que j’ai tenté de faire germer avaient été achetés en vrac dans une petite épicerie qui vend à la fois du bio et des aliments qui ne le sont pas.

      Le Canada étant un des plus importants producteurs mondiaux de légumineuses, celles qui sont vendues en vrac dans le pays sont toujours canadiennes parce que beaucoup moins couteuses que celles importées.

      Pour ce qui est de ma recette d’houmous, c’est deux tasses de pois chiches secs que je fais dégorger toute une nuit, puis bouillir une heure le lendemain matin.

      Une fois égouttés, je leur ajoute une tasse d’huile de canola bio, le jus de deux citrons, une cuillerée à soupe comble de pesto de fleurs d’ail, et une grosse pincée de fleur de sel de Camargue. Finalement, je passe le tout au robot culinaire.

      Si le robot peine à homogénéiser le mélange parce que trop épais, j’ajoute du bouillon de poulet au besoin.

  4. Jean-Pierre Martel dit :

    Le fond du problème

    Pendant longtemps, le Canada a été reconnu comme un producteur de céréales de très haute qualité. Ce n’est plus le cas.

    Comptant sur ses immenses prairies et une mécanisation poussée, le Canada entend nourrir le Tiers-Monde — dont l’important sous-continent indien — avec des céréales et des légumineuses produites à si faible cout qu’ils réussissent, malgré le transport, à ruiner la production locale de ces pays.

    Pour ce faire, les producteurs canadiens doivent minimiser leurs pertes grâce à l’utilisation massive de pesticides.

  5. sandy39 dit :

    On aurait dit que j’avais eu ce pressentiment : vous auriez jeté, à nouveau, tout ce qui se trouvait dans votre garde-manger… Comme quoi, on arrive à très bien connaître certaines personnes…

    L’huile de canola : c’est quoi ? Je n’ai jamais vu ce nom.

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Le canola est une légumineuse dont on extrait une huile riche en oméga-3.

      L’huile de canola que j’utilise actuellement est produite en France sous la marque Émile Noël.

      En France, elle est présentée comme étant de l’huile de colza alors qu’au Canada, on la présente comme de l’huile de canola. En réalité, le canola est une variété de colza pauvre en acide érucique.

      Au nom de cette compagnie, Aurore Rothon m’écrit : « Toutes nos huiles de colza sont des huiles de canola. Seulement au Canada c’est une dénomination qui est répandue alors que ce n’est pas le cas en France, d’où la différence d’étiquetage. Mais le contenant est le même. Nous adaptons notre étiquetage à la règlementation en vigueur dans le pays ainsi qu’au ‘dialecte’ local.»

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