Au Devoir, l’écriture inclusive, c’est du sérieux !

Le 17 mai 2021

L’aspect le plus controversé de l’écriture inclusive est la ‘mitraille de points’. Par exemple, « Cher.e.s lecteur.rice.s »

Il y a un an, cette graphie était bannie sur ce blogue.

L’avis au sujet de ce bannissement se terminait ainsi : «…les lecteurs qui voudraient publier ici leurs commentaires sont les bienvenus. Mais à partir d’aujourd’hui, la correction des fautes de français s’étendra sans autre avis à la correction de la ‘mitraille de points’.»

Plutôt ce mois-ci, le ministère français de l’Éducation bannissait lui aussi la mitraille de points au motif qu’elle constitue un obstacle à l’apprentissage des élèves.

Ce matin, le quotidien Le Devoir publiait la lettre d’une lectrice dénonçant un cas de maltraitance survenu dans une cour de récréation.

Une institutrice insensible avait forcé un gamin de sept ans à choisir entre « Les gars d’un côté, les filles de l’autre ! ». Or l’enfant, qui s’estimait être un garçon-fille, a fondu en larmes.

L’autrice de cette dénonciation avait insisté pour que son texte soit publié en écriture inclusive, un vœu que Le Devoir a respecté.

Ce à quoi j’ai soumis le commentaire suivant, lui aussi en ‘écriture inclusive’.

Vive l’écritur.e inclusiv.e

Au lieu de demander qu’on sépare d’un.e coté.e le.s fille.s et de l’autre le.s garçon.s, on aurait dû.e demander d’avoir plusieur.s group.e.s de personne.e.s.: le.s fille.s à 100%, celles qui se sente.nt fille.s à 99% et ainsi de suite. Même chos.e pour le.s garçon.s.

Il faut cesse.r de binairise.r le genre. Le genre est un continuum.

Puis, on aurait subdivis.é.e.s le.s tranche.s de fille.s et le.s tranche.s de garçon.s selon leur.s orientation.s sexuel.le.s. Parce que là aussi, le.s chose.s ne so.nt pa.s binaire.s.

Mais le plus simple aurait été de cré.er un group.e pour chaqu.e personn.e, afin de souligner l’unicité de chaqu.e.s êtr.e.s humain.e.s.

Pour terminer, Le Devoir devrait permettre qu’on publie les textes en anglais; c’est tellement plus facile à lire…

Mais Le Devoir n’entend pas à rire au sujet de l’écriture inclusive.

Mon commentaire a donc été refusé.

Références :
L’écriture inclusive
«Je suis un garçon-fille, Madame!»
Le bannissement partiel de l’écriture inclusive sur ce blogue
L’«écriture inclusive» interdite à l’école française

7 commentaires à Au Devoir, l’écriture inclusive, c’est du sérieux !

  1. LORAINE KING dit :

    Dommage pour les lecteurs du Devoir. Votre texte ne justifie pas cette censure.

    J’ai pensé à vous en lisant ceci chez TradFem:

    ,,,DOCTRINE FONDÉE SUR UNE FOI. Les sectes exigent que leurs membres fassent un acte de foi et adhèrent à des convictions insensées. Cette méthode est au cœur du contrôle de la pensée, qui se produit plus tard. Si vous arrivez couper la personne de la réalité, à lui imposer un détournement cognitif (gaslighting) qui la soumet à la récitation de “vérités” insensées, l’adepte devient plus facilement contrôlable, plus suggestible et facile à manipuler. Da ns une secte, c’est le déni de la science qui prévaut. Les personnes d’obédience libérale semblent particulièrement aveugles face à cette incohérence de l’idéologie transgenriste. La gauche branchée reproche à raison au parti Républicain d’ignorer la science en matière d’évolution et du climat, mais elle détourne le regard lorsque les militantˑes du genre évacuent la biologie humaine, en faveur d’assertions indémontrables comme « les transfemmes sont des femmes. » ,,,

    Extrait de : 10 façons dont l’idéologie du genre fonctionne comme une secte

    • Jean-Pierre Martel dit :

      J’ai lu le texte que vous citez et je l’ai trouvé très intéressant. Je vous remercie donc de me l’avoir fait connaitre.

      Votre citation est une occasion d’analyser le travail d’un rédacteur en chef.

      Cette citation contient deux ‘fautes’ de français.

      La première est cet espace au milieu du mot ‘da ns’.

      Mon premier réflexe a été de le corriger. Puis je me suis ravisé lorsque j’ai réalisé que j’en avais besoin pour cette démonstration.

      La deuxième est ce point médian à ‘militantˑes’. Ce point n’est pas de l’auteur puisqu’il n’y en existe pas d’équivalent en anglais.

      Dans le texte original, l’auteur utilise l’expression ‘gender activists’. C’est donc un choix arbitraire de la personne anonyme qui en a fait la traduction. Si cette personne avait préféré écrire ‘activistes de l’idéologie de genre’, on ne serait pas à discuter de sa décision d’utiliser le point médian.

      Or son choix n’est pas neutre. Ce point médian fait en sorte que le blâme est exprimé de manière à cibler davantage les militantes et à ‘invisibiliser’ les militants de sexe masculin puisque, selon la police de caractères utilisée, ce point se voit très peu.

      À la fin du texte, Jess Grant est présenté comme un homme. Si cet auteur est misogyne — ou si la personne qui a traduit son texte veut le faire paraitre comme tel — je fausserais le sens de la traduction du texte en corrigeant ‘militantˑes’ pour son équivalent français, soit ‘militants et militantes’ ou ‘militants’ (en utilisant le masculin inclusif).

      Pour toutes ces raisons, voilà pourquoi j’ai décidé, en tant que rédacteur en chef, de ne pas corriger le texte de cet extrait.

  2. André dit :

    Mais Le Devoir n’entend pas à rire au sujet de l’écriture inclusive.

    Son administration «wokée» ne m’incite en rien à me réabonner. Dommage

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Le Devoir possède d’excellents chroniqueurs. Son point faible est qu’il n’a pas de personnalité éditoriale.

      Par exemple, au chapitre des nouvelles internationales, ce quotidien est un perroquet de la propagande canadienne.

      Au point de vue culturel, sa complicité avec les ‘wokés’ (comme vous dites) qui accusaient nos créateurs d’appropriation culturelle est un scandale.

      Au sujet de la pandémie, ce n’est pas non plus une source fiable d’information.

      Alors que seuls 2,6 % des Québécois sont complètement vaccinés, Le Devoir publie aujourd’hui : Au Québec, 75% des adultes ont reçu une première dose ou ont un rendez-vous.

      Aussi essentielle que soit la prise de rendez-vous, on est loin de l’immunité grégaire suggérée par le titre quand l’immense majorité des adultes (sans parler des mineurs) n’en est qu’à l’étape d’une vaccination partielle ou de l’intention de recevoir une première dose.

      Heureusement, on peut compter sur des médias alternatifs quand les médias traditionnels négligent de faire leur travail correctement…

  3. Emma dit :

    Je ne comprends pas votre obstination à vouloir gérer comment les gens entendent référer à eux-mêmes. En quoi est-ce que ça vous concerne qu’une personne non-binaire (un enfant, qui plus est) ait été traumatisée de se voir imposer (encore une fois) très publiquement de choisir un genre par quelqu’un d’autre?

    C’est de la petitesse d’esprit que de vouloir gérer comment les autres s’identifient. Les personnes non-binaires existent. Elles méritent qu’on respecte leur identité, leur (s) pronom(s) et leurs choix d’accords, qu’ils soient avec point médian ou non.

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Ce n’est pas parce qu’un enfant pleure qu’il est traumatisé. Chez l’enfant, pleurer est une manière de communiquer.

      Le bébé pleure parce qu’il a faim, qu’il a soif, qu’il a froid, qu’il perce ses dents ou qu’il a des coliques, et ainsi de suite. Et chacun de ces pleurs est différent.

      Personne ne me fera croire qu’on est en présence de cruauté mentale lorsqu’un parent exige que son enfant rentre à la maison avant telle heure, refuse de lui permettre d’aller chez des amis, ou refuse de lui acheter un bien de consommation que, parait-il, tous les autres ont dans sa classe.

      En plus de transmettre des connaissances et de faire développer des aptitudes, l’école prépare à la vie. Aussi non binaire qu’il soit, un jeune écolier aura inévitablement à choisir entre uriner à la toilette des hommes ou à celle des femmes.

      Donc l’institutrice qui a ordonné “Les filles d’un bord, les gars de l’autre” a préparé cet élève à la vie. Elle lui a rendu service.

      Pour terminer, en ce qui concerne les points superflus dans le texte des commentaires qui sont soumis ici, en tant que rédacteur en chef, je me réserve le droit de les supprimer comme n’importe quelle autre faute de français.

      Et si quelqu’un vient pleurnicher en m’accusant de cruauté morale parce que j’ai fait disparaitre les précieux points médians qui sont au cœur de son identité, alors qu’il en soit ainsi; j’assume ma cruauté.

  4. sandy39 dit :

    Je n’ai pas envie de fausser mon genre, ni ma véritable identité sur ce Blogue… J.Pierre… et, je ne me permettrais pas de vous accuser de cruauté morale… même si, mes textes ne comptent pas de points médians… mais d’interminables points de suspension…

    Je voudrais dire une petite chose sur l’institutrice qui prépare l’élève à la vie : j’ai découvert une série avec des épisodes de 50 minutes “L’Ecole de la Vie” inspirée d’une série québécoise.

    J’attends, donc, la saison 2 avec impatience !

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