La contagiosité accrue des variants du Covid-19 et les mesures sanitaires

Le 12 avril 2021

La distance sanitaire

Lorsqu’on dit qu’un variant est plus contagieux, cela signifie qu’il possède la propriété de se propager plus facilement.

La première conséquence, c’est évidemment qu’une distance sanitaire de deux mètres ne suffit plus.

Depuis toujours, on sait que lorsqu’une personne est contagieuse, plus on s’en éloigne, mieux c’est.

Pour faire simple, les autorités sanitaires ont décrété qu’il suffisait de se tenir à deux mètres de distance les uns des autres pour être en sécurité.

En réalité, imaginer qu’il y aurait une distance magique en deçà de laquelle on coure un grave danger, mais au-delà de laquelle le risque est inexistant, relève de la superstition et non de la science.

Avec les variants, la règle du ‘tenez-vous loin’ est encore plus vraie. Ce qui devient invalide, c’est cette distance sanitaire fixée arbitrairement à deux mètres.

À l’heure actuelle, on ignore la distance qu’il faudrait respecter pour retrouver avec les variants le même degré de protection que procurait une distance de deux mètres avec le Covid-19 ‘classique’.

Depuis des mois, nous nous sommes habitués à respecter les marques au sol indiquant la distance sanitaire à maintenir dans les files d’attente des commerces où nous allons. Avec les variants plus contagieux, ces marques au sol nous protègent moins qu’avant.

Dans les pays qui ont choisi d’éradiquer le virus du territoire national — en Extrême-Orient et en Océanie — ce problème n’existe pas puisque plus personne (ou presque) n’est contagieux.

Dans les pays riches d’Occident, la stratégie qui consistait à aplatir la courbe est un fiasco généralisé. Avec les variants, il ne s’agit plus d’un fiasco, mais d’une catastrophe sanitaire partout où on vaccine à pas de tortue.

La nécessité du masque N95 (ou mieux)

La lutte sanitaire au Québec reposait originellement sur deux mesures; le lavage des mains (la moins efficace des mesures contre le Covid-19) et la distance sanitaire de deux mètres (qui ne veut plus dire grand-chose).

À cela, les autorités ont ajouté, des mois trop tard, l’exigence du port du masque.

Vingt-trois jours après le premier mort de Covid-19 au Québec, j’ai été parmi les toutes premières personnes à prendre position publiquement en faveur du port du masque.

À l’époque où les masques N95, les masques chirurgicaux et même les masques artisanaux étaient rares, j’ai créé et publié gratuitement un patron afin d’aider ceux qui voudraient s’en faire.

Mais les temps changent.

Un an plus tard, je ne recommande plus le port des masques artisanaux (dont le mien) ni celui des masques chirurgicaux.

Avec la contagiosité phénoménale des variants, tous devraient porter un masque N95 (ou mieux) en public, particulièrement dans les endroits clos.

Les ‘traceurs’ téléphoniques

En juin 2020, j’avais prédit l’échec des outils téléphoniques destinés à automatiser la recherche de contacts.

De nos jours, on n’en entend plus parler.

Avec ces nouveaux variants qui nécessitent qu’on s’éloigne davantage les uns des autres, toutes ces applications — basées sur une distance sanitaire de deux mètres — devront être mis à jour… en supposant que leurs programmeurs croient encore à la pertinence de ces logiciels inutiles.

Références :
Covid-19 : ‘aplatir la courbe’ ne suffit pas
Covid-19 : la nécessité du port du masque
Covid-19 : les outils de recherche de contacts
Résumé des mesures à prendre contre le Covid-19
Une publicité déplorable
Un patron de masque artisanal contre le Covid-19

Parus depuis :
Même vaccinée, une femme de 50 ans est sous oxygène à cause d’un variant (2021-04-08)
Les vaccins seuls ne pourront vaincre les variants (2021-04-14)
Taux d’utilisation famélique pour Alerte COVID (2021-04-19)
Concert test en Espagne : « Aucun signe » de contagion au coronavirus détecté un mois après (2021-04-27)
Un premier cas de variant indien au Québec (2021-04-21)
Application Alerte COVID : le Québec en queue de peloton (2021-05-06)
Covid Delta variant is ‘in the air you breathe’: what you need to know about Sydney outbreak strain (2021-06-24)

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au Covid-19, veuillez cliquer sur ceci

3 commentaires à La contagiosité accrue des variants du Covid-19 et les mesures sanitaires

  1. Lloyd Laurence dit :

    J’avoue que je ne me sens pas du tout concernée par cette épidémie.
    J’ai la chance d’être vieille et de ne pas avoir à sortir. Je suis dans un hameau qui totalise “à tout casser” une cinquantaine d’âmes, moyenne d’âge 95 ans !
    Je suis très loin du concern actuel. Je vous salue et vous remercie pour vos chroniques.

  2. sandy39 dit :

    J’ai lu : “Même vaccinée une femme de 50 ans est sous oxygène à cause d’un variant” et “Les vaccins seuls ne pourront vaincre les variants”.

    Pour cette femme, est-ce dû, uniquement à un intervalle trop long entre les 2 doses ou à la virulence des variants ?

    J.Pierre : vous nous disiez que ce n’était pas conforme à la Science… Est-ce qu’aujourd’hui, ça l’est ?… puisque vous deviez vous faire vacciner…

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Selon les études scientifiques (réalisées chez quelques dizaines de milliers de sujets), deux doses du vaccin de Pfizer-BioNTech espacées correctement protègent à 100 % contre toute réinfection grave, c’est-à-dire susceptible d’entrainer la mort ou de provoquer des symptômes graves justifiant une hospitalisation.

      L’expérience concrète d’Israël, c’est que ce vaccin est autant efficace contre le Covid-19 ‘classique’ que contre le variant ‘britannique’ (le B.1.1,7).

      Toutefois, dans la vraie vie, l’efficacité contre les hospitalisations est de 97,2 % et non de 100 % (comme le suggéraient les études réalisées chez des sujets choisis).

      La protection vaccinale est substantiellement moindre après une seule dose contre le variant B.1.1.7 (devenu le variant dominant en Israël). Cette protection tomberait à environ 75,7 % dans le court laps de temps entre les deux doses en Israël.

      Dans le cas de cette Québécoise de 50 ans qui a été atteinte sévèrement par le variant B.1.1.7 en dépit de sa vaccination par une seule dose du vaccin de Pfizer deux mois et demi plus tôt, l’explication la plus probable est un échec vaccinal qui ne serait pas arrivé si elle avant été vaccinée conformément à la science.

      Au moment où ces lignes sont écrites, le protocole de vaccination atypique du Québec n’a toujours pas fait l’objet d’une étude scientifique.

      C’est basé sur des considérations mathématiques; si on évite de donner une deuxième dose, plus de gens peuvent recevoir une première dose.

      C’est très logique. Mais si on voulait baser notre campagne de vaccination sur des considérations comptables, on aurait confié cette lutte sanitaire à des comptables et non à des médecins.

      Quant à moi, j’ai reçu une première dose du vaccin de Moderna le 10 avril dernier. Et je continue à me protéger comme si je n’avais rien reçu.

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