Covid-19 : les mutants

Le 4 février 2021

La mutation fréquente des virus

Au cours de sa maladie, l’humain infecté par le Covid-19 produit entre un et cent-milliards de copies du virus.

Contrairement aux bactéries, les mécanismes de contrôle de la réplication virale sont tellement grossiers que leur matériel génétique peut être qualifié d’instable.

Si bien que parmi les milliards de copies produites par un seul malade, celui-ci donnera naissance à des dizaines, voire des centaines de mutants, dont l’immense majorité d’entre eux ne sont pas viables.

Et du petit nombre de mutants viables, seuls s’imposeront ceux qui s’avèreront plus aptes à se propager.

Cherchez et vous trouverez

Le ‘variant’ britannique et celui d’Afrique du Sud sont des exemples de mutants qui ont réussi à s’imposer.

Contrairement aux pays d’Amérique du Nord (qui en font peu), la Grande-Bretagne est un chef mondial dans le domaine du séquençage génomique, c’est-à-dire de la détermination de la composition des gènes d’êtres vivants.

Environ la moitié de toute la recherche de séquençage génomique au monde est effectuée dans ce pays.

Cet effort de recherche a eu comme conséquence que c’est sur son territoire que le variant qualifié de ‘britannique’ a été trouvé. Ce qui ne veut pas dire qu’il y soit né.

De la même manière, le variant d’Afrique du Sud a été trouvé dans ce pays parce que le Network for Genomic Surveillance in South Africa s’y est donné la peine de le chercher.

On estime qu’il y aurait plus de quatre-mille mutants viables du Covid-19 parmi les personnes infectées à travers le monde.

Les mutations et le passage du temps

Le virus du Covid-19 ne peut pas muter s’il ne se reproduit pas. En d’autres mots, plus une pandémie virale dure, plus des mutants dangereux ont le temps d’apparaitre.

La seule manière d’empêcher cela, c’est d’arrêter la contagion.

Évidemment, les pays qui ont éradiqué le virus du territoire national n’ont pas ce problème.

Là, comme au Québec, où on s’est contenté d’aplatir la courbe, on a maintenu une contagion résiduelle qui fait office de pouponnière à mutants.

D’où l’importance, maintenant, d’effectuer une campagne de vaccination aussi brève que généralisée. Idéalement, 70 % des Québécois devraient être complètement immunisés en moins de deux mois (comme en Israël).

La tortue québécoise

Si demain matin, des millions de doses des vaccins étaient livrées à la porte de la Santé publique du Québec, l’immense majorité d’entre elles atteindraient leur date de péremption avant d’avoir été administrées.

Une année après le début de cette pandémie, la Santé publique ne s’est toujours pas dotée de la logistique nécessaire à une campagne de vaccination d’envergure.

Avant même que des délais de production ne retardent le rythme de la vaccination au Québec, on espérait avoir vacciné environ six-millions de personnes — 70 % des 8,5 millions de Québécois — en vingt mois. C’est trop lent.

On nous promet la deuxième dose trois mois après la première… si tout va bien.

Depuis un an, ‘si tout va bien’, cela veut dire ‘quand les poules auront des dents’.

Espacer les deux doses de trois mois, cela constitue un protocole de vaccination ne repose sur aucune base scientifique. Seulement sur l’avis de comités consultatifs dont les délibérations sont maintenues secrètes.

Le fiasco de la lutte sanitaire du Québec devrait donc se poursuivre tout au long de la campagne de vaccination ‘broche à foin’ qui s’annonce et au cours de laquelle les mutants auront tout le temps d’apparaitre et de faire des ravages.

Références :
Covid-19 : ‘aplatir la courbe’ ne suffit pas
Covid-19 : la force du nombre
Denmark is sequencing all coronavirus samples and has an alarming view of the U.K. variant
Le fiasco prévisible de la vaccination québécoise contre le Covid-19
Quels sont les variants du coronavirus qui inquiètent les experts?
South African scientists who discovered new COVID-19 variant share what they know
UK could make Covid variant vaccine in 30 to 40 days, minister says
‘We were in the dark’: why the US is far behind in tracking Covid-19 variants
Wuhan coronavirus hunter Shi Zhengli speaks out

Paru depuis :
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Un commentaire à Covid-19 : les mutants

  1. sandy39 dit :

    Je me demande jusqu’où va aller la manipulation de l’Humain face aux écrans !

    Car j’ai entendu dire (dans mon entourage) que le ‘variant’ britannique est arrivé en France, à cause d’un groupe de jeunes anglais, venus en stage, en Savoie !

    Mais, jusqu’où irait donc cette conscience de l’ignorance ?

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