Les itinérants-campeurs de la rue Notre-Dame

Le 13 octobre 2020

À l’origine, le long de la rue Notre-Dame, l’autoroute Ville-Marie devait raccorder l’autoroute Décarie au pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine.

Alors qu’on avait déjà détruit presque tous les bâtiments sur près de quatre kilomètres à l’est de l’avenue De Lorimier, le projet fut suspendu en 1976 à la suite des protestations de citoyens et de commerçants.

Au fil des décennies qui suivirent, on aménagea un parc linéaire le long de la rue Notre-Dame, traversé d’une piste cyclable. De nos jours, l’endroit est charmant.

Vue du parc Adhémar-Raynault

Une portion de ce parc porte un nom qui lui est propre; c’est le parc Adhémar-Raynault. Il s’étend sur 20 705 m².

C’est là que depuis les premiers jours de juillet, une cinquantaine d’itinérants ont élu domicile.
 




 
Qui sont-ils ?

Quelques-uns d’entre eux, atteints de problèmes de santé mentale, ont été expulsés de leur chambrette à l’occasion d’une crise et n’ont pu se reloger ailleurs.

D’autres sont simplement des locataires à revenus modestes qui, après avoir été évincés, n’ont pu se trouver d’endroit pour habiter en raison de la pénurie chronique de logements sociaux à Montréal.

Et il y a ces mendiants qui, selon les saisons, parcourent le pays de Vancouver à Montréal et qui se sont retrouvés là parce qu’il leur était impossible de mendier dans le Centre-Ville, désert en raison de la pandémie.

L’endroit précis où ils ont dressé leurs tentes est à la jonction entre le parc Adhémar-Raynault et le square Dézery (où ils trouvent des abreuvoirs et des toilettes chimiques).
 

 
C’est là également que Guylain Levasseur (de Dehors Novembre) leur offre gratuitement les vivres qu’il collecte un peu partout en ville.

Lors de ma visite, un épicier lui apportait une caisse pleine de bananes parfaitement mures (mais qui le seront trop dans un jour ou deux).

Références :
Démantèlement du campement de la rue Notre-Dame: «J’ai peur que ça vire mal»
Rue Notre-Dame (Montréal)
Sociofinancement
Statu quo au campement de la rue Notre-Dame

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II et objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 32 mm
2e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 29 mm
3e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm
5e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
6e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm

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Un commentaire à Les itinérants-campeurs de la rue Notre-Dame

  1. sandy39 dit :

    EXCLUSION… EXPULSION… DISCRIMINATION…

    “Quelques-uns d’entre eux, atteints de problèmes de santé mentale ont été expulsés de leur chambrette…”

    Cette phrase me rappelle un film que je suis allée voir avec mon Mari, le Vendredi 13 Mars, au soir, dans une commune voisine, juste avant le Confinement.

    C’est un journaliste-réalisateur de Marseille (Vous m’excuserez : je n’ai pas noté son nom ni le titre du film ! Sniff !), sur les problèmes de Handicap et de Discrimination, qui est venu nous le présenter.

    Il nous parle d’un épisode sombre de l’Histoire, qui a eu lieu pendant la Guerre de 1940-1945.

    Pendant cette période, certains événements ont été cachés et, sont non enseignés dans les cours d’histoire et, même la Mémoire n’existait pas dans les familles.

    Là-dessus, je dirais que certaines choses demeurent cachées et, même les Générations d’avant ne nous disent, jamais, tout… n’ont jamais tout dit…

    Et, personne ne sait qu’il y a des cimetières en France…

    Il y a eu ou il y aurait eu (j’y croirais) -c’est dur à croire, ce dont est capable l’Etre Humain-, car on a toujours rejeté les plus faibles…, 75000 personnes mortes en Hôpital psychiatrique dont 45000 mortes de faim !

    On les a laissé mourir de faim.

    Il y a eu des femmes qui venaient d’accoucher, auxquelles on leur a pris leur bébé, ne se préoccupant pas qu’une femme peut changer dans son comportement, une fois, devenue, Mère…

    On a fait souffrir encore plus les gens en les sous-alimentant, des personnes fragiles qui auraient eu besoin de soins.

    On a toujours enfermé ceux qui dérangeaient, peut-être ceux qui n’étaient pas appréciés, au sein d’une même famille.

    Les familles les plus riches payaient pour l’internement de leurs filles, comme par exemple, dans les Couvents.

    De belles phrases, j’ai noté, dans mon cahier, comme : “La mort sociale entraîne la mort biologique.”.

    En conclusion, je dirais que ce n’est pas nouveau : on a toujours créé des Exclus, que ce soit humainement ou socialement…

    Et, c’est comme derrière le Mouvement des Gilets Jaunes (à l’Arrêt forcé), il se cache des problèmes humains (ai-je dit un jour à mon Psy. J’attends qu’il m’appelle, il a été en quatorzaine, cause Covid !).

    Et, je ressens, quelque part, que le Covid-19 va accélérer ce phénomène…

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