Les arguments du déconfinement québécois

Introduction

L’État ne peut pas prendre indéfiniment à sa charge les millions de citoyens qu’il oblige à se confiner.

Il est clair que le déconfinement est une nécessité. Encore faut-il qu’il se fasse de manière prudente et rationnelle.

L’hospitalo-centrisme


 
Selon la modélisation du gouvernement canadien, daté du début du mois, si on laisse la pandémie se répandre à sa guise, elle causerait la mort de plus de 250 000 personnes avant que la population canadienne en soit globalement devenue réfractaire.

À la condition, évidemment, que guérir du Covid-19 signifie en être immunisé. Ce que je crois.

La stratégie du gouvernement québécois est essentiellement hospitalo-centriste.

On a libéré six-mille lits pour soigner les patients gravement malades du Covid-19. Et on cherche à amortir l’impact de la pandémie de manière à ce que jamais il n’y plus de six-mille personnes à la fois qui aient besoin d’être hospitalisées en raison d’elle.

Toutefois, lorsqu’on ‘aplatit la courbe’, on amortit l’impact de la pandémie sur le système de Santé sans en changer le macabre tribut.

À moins, bien sûr, qu’un vaccin ou qu’un remède soit mis au point entretemps. Dans ce cas, la meilleure politique aura été celle qui étirait le temps.

Des arguments superficiels

Pour justifier la politique de déconfinement, en plus des raisons économiques évidentes, on invoque deux arguments superficiels.

Prévenir la violence conjugale

Lorsqu’on oblige deux conjoints qui se détestent à vivre confinés, on augmente le risque de violence.

Toutefois, est-on en mesure d’affirmer que 250 000 Canadiens seraient tués par leur conjoint si on poursuivait le confinement ?

L’argument que le déconfinement préviendra certains cas de violence conjugale est vrai, mais anecdotique.

Priver les enfants pauvres de petits déjeuners

Dans les quartiers déshérités de Montréal, les écoles primaires offraient des petits déjeuners gratuits à leurs élèves.

On justifie le déconfinement au nom de ces enfants affamés depuis la fermeture de toutes les écoles du Québec.

Puisque nos gouvernements dépensent déjà des milliards$ pour soutenir l’économie, pourquoi ne trouve-t-on pas quelques millions$ pour que des cantines mobiles se stationnent chaque matin dans la cour de récréation des écoles fermées afin de poursuivre la distribution des déjeuners gratuits ?

Le déconfinement à l’aveugle

Toute politique de Santé publique doit se baser sur la science.

Mais la science, il ne suffit pas de l’invoquer; on peut la créer.

À l’heure actuelle, personne ne connait la véritable proportion de Québécois qui ont attrapé le Covid-19 et qui en sont immunisés.

En Californie et dans l’État de New York, on a entrepris de vérifier la proportion de citoyens immunisés. Les résultats d’une telle étude sont connus en moins d’une semaine.

L’a-t-on fait au Québec ? Non. S’apprête-t-on à le faire ? Pas à ma connaissance.

Puisque la pandémie se propage principalement par des gouttelettes respiratoires, pourquoi fait-on reposer la stratégie de lutte contre la pandémie sur deux très bonnes mesures (le lavage des mains et la distanciation sociale) alors que, de toute évidence, celles-ci donnent des résultats insuffisants ?

C’est au Québec qu’on possède le meilleur laboratoire au pays capable de vérifier l’efficacité des masques protecteurs, dont les masques artisanaux.

De tous les masques créés par nos artisans, lequel est le plus efficace ? En ajoutant une barrière filtrante jetable (ex.: un filtre à café) entre les deux couches de tissus d’un masque artisanal, en augmente-t-on l’efficacité au point d’atteindre (ou de dépasser) l’efficacité d’un masque chirurgical ? Le masque artisanal, est-il plus efficace sec ou mouillé ?

Toutes ces questions sont sans réponse alors qu’elles sont capitales pour équiper la population des armes qui lui seront nécessaires pour faire face au déconfinement.

Conclusion

Il ne fait aucun doute à mon esprit que le gouvernement actuel désire sincèrement protéger la population québécoise contre cette pandémie.

De la même manière que la création de ghettos de vieux — que sont les CHSLD au Québec et les EHPAD en France — rendait inévitable le carnage que pouvait causer un virus gériatro-meurtier, le déconfinement met en péril cette fois le nombre considérablement plus important des vieux qui vivent hors de ces établissements.

À quelques jours de l’annonce d’un plan de déconfinement, je constate la négligence à créer les bases scientifiques d’une telle politique et la superficialité des arguments invoqués jusqu’ici pour préparer l’opinion publique à ce sujet.


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