Covid-19 : pouvoir filtrant de divers tissus

Peut-on faire confiance à des masques artisanaux ?

C’est la question à laquelle ont tenté de répondre trois chercheurs américains en 2010.

Leur étude visait à vérifier dans quelle mesure des jets d’eau propulsés à deux vitesses différentes — 5,5 et 16,5 cm/sec.— réussissaient à traverser une couche de diverses textiles : gaminet (T-shirt), foulard, serviette de bain, et coton ouaté (ou molleton).

Il s’agissait de donner des indices de l’efficacité d’un masque artisanal porté par celui qui éternue ou qui tousse.

Ce modèle expérimental est moins pertinent pour celui qui n’est pas atteint du Covid-19 et qui voudrait se fabriquer un masque pour se protéger des autres.

En pareil cas, le porteur d’un masque exerce une pression négative en inspirant au travers du masque qu’il porte. Ce qui n’a pas été évalué dans le cadre de cette expérience.

En dépit de ces lacunes, les résultats de l’étude permettent de voir que certains tissus ne sont pas propices à la fabrication d’un masque artisanal.

Les gaminets ont bloqué moins de 14 % des gouttelettes.

Les foulards en ont bloqué entre 11 et 27 %.

Les serviettes de bain ont fait un peu mieux entre 34 et 40 %.

Les cotons ouatés ont bloqué entre 18 et 30 % des gouttelettes sauf celui de marque Hanes qui a bloqué 60 % d’entre elles. Dans l’étude, ce fut le matériau le plus performant.

À titre de comparaison, les masques N95 bloquent plus de 95 % des particules, y compris celles mesurant 20 nm (vingt-milliardièmes de mètre), soit la taille d’un virus.

D’autres études ont révélé que les masques chirurgicaux (contrairement aux masques N95) bloquent entre 11 et 49 % des gouttelettes, ce qui est comparable à l’efficacité de certains tissus testés dans cette expérience-ci.

Il faut garder à l’esprit la possibilité que les masques chirurgicaux d’aujourd’hui soient plus performants que ceux d’il y a une décennie.

Soulignons que l’efficacité d’un tissu ne dépend pas seulement de sa composition, mais aussi du diamètre de ses fibres et de leur densité.

C’est ce qui explique sans doute que les gaminets, légers parce que portés généralement l’été, ont été beaucoup moins efficaces que les cotons ouatés (ou molletons).

Pour terminer, il est probable qu’un masque artisanal composé de deux couches de tissus (au lieu d’une) offre une protection appréciable dans un contexte de pénurie d’articles de protection antivirale, particulièrement si on a pris soin d’insérer un filtre à café entre elles.

Références :
Evaluation of the Filtration Performance of Cloth Masks and Common Fabric Materials Against 20–1000 nm Size Particles
How to make a non-medical coronavirus face mask – no sewing required
Les masques maison sont très populaires malgré des avis partagés sur leur efficacité
Transmission Potential of SARS-CoV-2 in Viral Shedding Observed at the University of Nebraska Medical Center

Parus depuis :
Comment un masque protège-t-il contre le virus SARS-CoV-2 ? (2020-04-14)
Visualizing Speech-Generated Oral Fluid Droplets with Laser Light Scattering (2020-04-15)
Performance of fabrics for home-made masks against spread of respiratory infection through droplets: a quantitative mechanistic study (2020-04-20)
Masks protect the wearer, too – and lower our risk for contracting COVID-19 (2020-04-26)

Sur le même sujet :
Testing the Efficacy of Homemade Masks: Would They Protect in an Influenza Pandemic?
Un patron de masque artisanal contre le Covid-19


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2 commentaires à Covid-19 : pouvoir filtrant de divers tissus

  1. Bernier louise dit :

    Je pense que le filtre à café peut rendre le masque plus performant mais comme il est recommandé de le porter lorsqu’on est dans des endroits où il est plus difficile de respecter les règles de distanciation (épiceries) et de le laver après usage, le filtre ne sera pas efficace longtemps ! À moins de coudre un modèle permettant de changer le filtre à café entre les lavages , avec velcro ou boutons pression tout en restant confortable ….

    • Jean-Pierre Martel dit :

      C’est plus simple que vous pensez.

      Je m’en suis fait un en début d’après-midi en imitant le premier modèle publié dans The Guardian.

      En sandwich entre les deux couches d’un gaminet, le filtre à café déplié tient bien, le côté arrondi sur le nez. Mais il est trop rigide.

      En humectant le masque, le filtre devient mou et moule davantage le visage.

      Pour l’humecter, j’avais apporté un petit vaporisateur vide à parfum dont je ne m’étais jamais servi et que j’ai simplement rempli d’eau du robinet.

      Le masque est moins efficace lorsqu’on expire. L’air expiré a tendance à sortir sur les côtes du nez (si j’en juge par la buée dans mes lunettes).

      Mais en inspirant, le masque se colle au visage et est donc beaucoup plus efficace.

      On n’a pas besoin de laver le filtre de papier; il suffit de le jeter au recyclage et d’en prendre un neuf à la prochaine sortie.

      Puisqu’on inspire un peu de l’air qu’on expire soi-même, cet air est plus riche en gaz carbonique. Conséquemment, on manque légèrement d’énergie en le portant.

      Si j’avais à en créer un autre en coton ouaté, je mettrais les côtés ouatés vers l’extérieur, de manière à ce que filtre tienne mieux en place entre les deux couches.

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