Covid-19 : la course au vaccin

Le 16 mars 2020

Introduction

Tous les jours, des milliers de bactéries tentent d’envahir notre corps, principalement par nos muqueuses. Dans l’immense majorité des cas, nos anticorps non spécifiques réussissent à les détruire et à nous protéger d’une infection.

Cela n’est pas vrai des virus; il suffit d’un nombre beaucoup plus faible de copies d’un virus pour que nous tombions malades.

Le virus Ebola est un exemple de ces virus extrêmement contagieux.

Après l’exposition à un virus, les seules manières d’éviter d’être infecté, c’est par le biais de la vaccination ou par une immunité spécifique acquise à la suite d’une exposition antérieure au même virus.

Sur la quarantaine de coronavirus connus, l’immense majorité d’entre eux sont incapables de se développer chez l’humain.

Sept le peuvent. Quatre font partie du groupe hétéroclite des virus responsables d’infections respiratoires bénignes; on estime que de 15 à 30 % des rhumes banals sont causés par un coronavirus.

Mais trois coronavirus peuvent causer de graves épidémies : le virus du SRAS, celui du SRMO et le tout dernier, le Covid-19.

La recherche d’un vaccin anti-SRAS

Commun chez la chauvesouris, le virus du SRAS s’est propagé à l’humain par le biais d’un carnivore qui a servi d’intermédiaire : la civette palmiste masquée.

Le SRAS a causé une pandémie en 2003.

Mais comme les virus ont un mécanisme de réplication grossier, il a muté tout en se propageant d’un humain à l’autre jusqu’au moment où il devenait inoffensif pour nous.

Voilà pourquoi on ne l’a plus revu depuis.

Et les compagnies pharmaceutiques qui avaient investi des sommes importantes pour mettre au point un vaccin contre lui ont abandonné leurs recherches quand elles ont réalisé que plus personne n’en avait besoin.

La recherche d’un vaccin anti-SRMO

Le virus du SRMO est plus récent. Il est apparu au Moyen-Orient en 2012. Il se propage à l’humain à partir du chameau.

Il aurait disparu depuis longtemps si on avait résolu d’abattre les bêtes qui en sont atteintes.

Conséquemment, il circule lentement dans cette partie du monde depuis sa découverte.

En raison de la richesse des pétromonarchies et leur absence d’infrastructure scientifique, certains laboratoires occidentaux travaillaient à la mise au point d’un vaccin anti-SRMO quand soudainement le Covid-19 est apparu.

La recherche d’un vaccin contre le Covid-19

Découvrir un vaccin contre un nouveau virus peut prendre des années. Pensez au SIDA; on attend toujours.

Les compagnies qui avaient trouvé des approches prometteuses contre le virus du SRMO ont toutes décidé de réorienter leurs recherches contre le Covid-19.

Leur longueur d’avance s’est soudainement réduite lorsque la Chine a pris tout le monde par surprise en publiant la séquence génétique du virus le 11 janvier dernier, soit seulement deux mois après la découverte des premiers cas d’infection humaine.

Ceux qui voient encore la Chine comme un pays arriéré qui ne fait que copier des brevets occidentaux doivent réaliser qu’en 2011, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).

En 2015, le nombre de brevets chinois était même supérieur au total des brevets américains, japonais, coréens et européens.

Grâce à la publication du génome, des virologues allemands produisaient le premier test de diagnostic une semaine plus tard.

Ces bonds en avant accélèrent la découverte d’un vaccin. Environ trente-cinq compagnies et institutions académiques se ruent présentement pour le découvrir. Prix Nobel garanti.

Les tests cliniques préliminaires débuteront le mois prochain.

Normalement, la mise au point d’un vaccin prendrait plus d’un an.

Mais au printemps 2018, Donald Trump a dissout l’unité chargée de la santé globale au National Security Council, et son équivalent au Department of Homeland Security.

De plus, l’amputation du financement des Centers for Disease Control and Prevention (réduisant leurs activités de détection de 80 %), la fin du programme USAID’s Predict (permettant de freiner la transmission des virus), et les 44 % d’Américains qui renoncent à consulter un médecin parce qu’ils n’en ont pas les moyens, sont autant de raisons qui incitent à anticiper une catastrophe sanitaire aux États-Unis.

À chaque saison de la grippe, 70 à 150 millions d’Américains l’attrapent. Avec un taux de mortalité de 3,6 % (36 fois plus que la grippe), l’épidémie de Covid-19 aux États-Unis pourrait faire plus de 2,5 millions de morts…

Dans son édition de dimanche, le quotidien allemand Die Welt rapporte que Donald Trump aurait offert un milliard de dollars à la pharmaceutique CureVac afin qu’elle ne distribue qu’aux États-Unis le vaccin anti-Covid-19 qu’elle finaliserait d’ici quelques mois (selon son site web).

Outré, le ministre allemand de l’Économie a déclaré ce matin que l’Allemagne n’est pas à vendre.

Un vaccin commercialisé à toute vitesse permettrait à Donald Trump de se présenter aux élections présidentielles en sauveur de la nation américaine.

Souhaitons-lui bonne chance et espérons que ce vaccin approuvé à la hâte pour servir ses intérêts ne soit pas un autre 737 MAX…

Références :
Aux Etats-Unis, la pénurie de tests pour le Covid-19 vire au scandale
Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?
Coronavirus
Coronavirus: anger in Germany at report Trump seeking exclusive vaccine deal
COVID-19 Germany: Country holds crisis talks after U.S. reportedly tries to poach vaccine
La bonne question
Trump déclare l’état d’urgence aux États-Unis
When will a coronavirus vaccine be ready?

Parus depuis :
Premier essai clinique d’un vaccin contre le coronavirus (2020-03-16)
COVID-19 : l’immunité « diminue assez rapidement », selon une étude (2020-10-27)

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3 commentaires à Covid-19 : la course au vaccin

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Merci pour cet hyperlien.

      Oui, je suis au courant de ce démenti.

      Il m’apparait douteux en raison du limogeage du PDG de la succursale américaine de CureVac, celui qui a personnellement rencontré Trump à la Maison Blanche.

      Il peut avoir été limogé parce qu’il a divulgué à des journalistes des informations fausses qui ont placé la compagnie dans l’embarras. Ce qui confirmerait le démenti de cette dernière.

      Ou il peut avoir été congédié parce que la compagnie doute de sa loyauté. Plus particulièrement si la compagnie possède des doutes sérieux quant à sa capacité de résister à des tentatives de corruption alors qu’il a accès à ses secrets industriels.

      Trump est un homme d’affaires et se comporte comme tel. Or lorsqu’une compagnie veut faire l’acquisition d’une rivale — par exemple, Lowe’s désirant acheter Rona — il est fréquent qu’elle corrompe son Conseil d’administration afin d’obtenir leur assentiment.

      Entre les deux hypothèses, je crois, tout comme Le Devoir, que la deuxième est beaucoup plus probable. Pourquoi ? À cause de la réaction du gouvernement allemand et plus particulièrement celle d’Angela Merkel, renommée pour sa prudence et familiarisée méthodes américaines depuis l’espionnage de son téléphone mobile par les services de renseignements américains.

      Ceci étant dit, il pourrait s’avérer que j’ai tort. Puisque tout finit toujours par se savoir, l’avenir nous dira ce qu’il en est.

  1. Lloyd Laurence dit :

    Sacré Donald ! Il a un humour lapidaire n’a-t-il pas ?

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