Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés (1re partie)

Introduction

Jusqu’au 29 mars 2020, Montréal accueille en première nord-américaine une exposition du British Museum intitulée ‘Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés’.

Sur les quatre-vingts momies égyptiennes que possède ce musée, six sont présentées ici.

En appliquant à l’archéologie un procédé radiologique largement utilisé en médecine (la tomodensitométrie), le musée a pu dresser le portait de six Égyptiens décédés entre l’an 900 avant notre ère et l’an 180 sans avoir à débandeletter leurs momies.

Au-delà de leur histoire, l’exposition est un aperçu d’une civilisation qui a duré trois-mille ans puisque la très grande majorité des connaissances que nous possédons à son sujet provient de la fouille archéologique de ses sites funéraires.

La première salle

Aperçu de la première salle

Cette salle dépouillée donne le ton; nous voilà dans un autre monde, celui des pharaons, du soleil, du sable chaud traversé par un fleuve nourricier.

Le portail ici représenté est inspiré de celui du temple d’Isis sur l’ile de Philæ.

Modèle de barque funéraire

Tout comme aujourd’hui, la navigation fluviale était un mode de transport essentiel dans l’Égypte ancienne.

La première salle met en vedette ce modèle de barque funéraire en bois peint, créé entre 1985 et 1795 avant notre ère.

Il symbolise le transport du défunt vers sa tombe, première étape d’un voyage qui le mènera vers l’au-delà.

On y voit le corps du défunt reposant sur un lit funéraire à baldaquin, entre deux femmes représentant Isis et Nephthys, les déesses protectrices des morts.

La deuxième salle

Aperçu de la deuxième salle

En entrant dans la deuxième salle, le visiteur croit voir quatre des six momies de l’exposition.

En réalité, il s’agit d’une première momie et de ses trois cercueils (normalement emboités comme des poupées russes).

C’est à partir de la fin du Moyen Empire (en 1785 avant notre ère) que les cercueils égyptiens prennent la forme humaine.

Cette première momie est celle de Nestaoudjat.

Celle-ci était une femme mariée mesurant environ 153 cm. Décédée d’une maladie ou d’une infection entre 35 et 49 ans, Nestaoudjat était issue d’une riche famille de Thèbes (appelée aujourd’hui Louxor), capitale égyptienne à l’époque. Son décès serait survenu entre 700 et 680 avant notre ère.

Cercueil interne

Des trois cercueils de Nestaoudjat, le plus décoratif est le cercueil interne.

À l’arrière, sur la photo ci-dessus, on peut voir la momie dont les bandelettes étaient originellement teintées en rouge (ou en rose) par du carthame (un pigment végétal).

Vases canopes (entre 380 et 343 avant notre ère)

À l’aide d’un crochet de fer, les embaumeurs égyptiens retiraient le cerveau par les narines. Puis, avec un couteau de silex, ils ouvraient le flanc afin de retirer tous les viscères de l’abdomen à l’exception du cœur.

La cavité abdominale était nettoyée et remplie de myrrhe broyée, de cannelle et d’autres aromates, de même que de sachets de natron (un composé salin recueilli du lit de lacs desséchés).

Quant aux viscères, ils étaient embaumés séparément et déposés en quatre paquets sur le corps du défunt ou placés dans la salle mortuaire à l’intérieur de récipients appelés ‘vases canopes’.

Ceux-ci étaient surmontés de la tête de chacun des quatre fils d’Horus : Hâpy (à tête de babouin), Qébehsenouf (à tête de faucon), Amset (à tête humaine) et Douamoutef (à tête de chacal).

Statuette d’Anubis (entre 664 et 332 avant notre ère)

Habituellement représenté sous forme d’un homme à tête de chacal, Anubis est un dieu funéraire, protecteur de la nécropole.

Selon la mythologie égyptienne, c’est lui qui a effectué la première momification (sur le corps d’Osiris).

Pyramidion d’Oudjahor (entre 664 et 525 avant notre ère)

Dans la partie inférieure de cette sculpture pyramidale, le corps du défunt repose sur un lit funéraire alors qu’Anubis s’apprête à l’embaumer.

Stèle de Néferabou (entre 1279 et 1213 avant notre ère)

À gauche, dans la partie supérieure de cette stèle, quatre momies superposées sont celles de Néferabou et de trois proches.

Devant eux, au centre, le petit-fils de Néferabou utilise une longue tige sacrée qui sert à ouvrir la bouche de la momie, permettant à celle-ci de respirer, de manger et de boire dans l’au-delà.

Derrière lui, un scribe lit des incantations.

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 mark II, M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 6e et 8e photos), PanLeica 8-18 mm (2e, 4e, 5e photos) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/50 sec. — F/3,0 — ISO 6400 — 9 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1600 — 25 mm
4e  photo : 1/60 sec. — F/3,2 — ISO 6400 — 11 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 4000 — 8 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 32 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 1250 — 25 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 12 mm
9e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm


Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à l’exposition Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés, veuillez cliquer sur ceci

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 5 — Nombre de votes : 1

2 commentaires à Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés (1re partie)

  1. sandy39 dit :

    A l’Amour des mots, des photos et des longs discours !

    J’avais cette phrase à dire en ce jour de Saint Valentin… qui accompagnera très bien cette Entrée au Musée !

    Si, parfois, notre Cœur nous dicte avec passion, certaines de nos actions… comme nous nous embrassons…, nous nous lassons point de cet Univers transcrit par vos Objectifs…, même si ceux-ci nous aident à développer certaines de nos capacités intellectuelles, cachées dans certaines parties de notre cerveau…

    Moi, ce cerveau, il m’inquiète…, quand vous dîtes : ” A l’aide d’un crochet de fer, les embaumeurs égyptiens retiraient le cerveau par les narines.”.

    Avec le cycle du temps, le cycle de la Vie, le cerveau a-t-il augmenté en volume comme il a développé ses facultés ?

    Et, aujourd’hui, même si, nous n’avons plus vraiment, ni tout à fait, cet instinct animal de retirer le cerveau par les narines, pourrait-on, toujours, l’extraire de la même façon ?

    • Jean-Pierre Martel dit :

      Réponse à la première question :

      On croit souvent que la taille du cerveau est proportionnelle à l’intelligence.

      De tous les animaux vivants, celui qui possède le plus gros cerveau est le cachalot. Le cerveau de l’éléphant pèse trois à quatre fois plus que celui de l’humain. Tout simplement parce qu’il y a une relation entre la taille de l’animal et la taille de son cerveau.

      Le facteur limitant de la taille du cerveau humain, c’est la taille du bassin des femmes qui accouchent. Voilà pourquoi les bébés humains naissent avec un crâne dont les os sont mous et qui ne se souderont que bien après la naissance.

      En dépit de cela, pendant des milliers d’années, les femmes qui concevaient des bébés dont le cerveau était trop gros, ne pouvaient pas les mettre au monde et mourraient au cours de l’accouchement.

      La sélection naturelle a favorisé les cerveaux humains plus compacts. Voilà pourquoi, depuis Cro-Magnon, il y a trente-mille ans, le volume de notre cerveau a réduit de quinze pour cent, passant de 1550 cm3 à 1350 cm3.

      Et le summum de cette évolution, ce sont les femmes, plus intelligentes que les hommes (disent certaines d’entre elles), et ce avec un cerveau plus petit.

      Voilà l’évolution…

      Réponse à la deuxième question : Oui, l’anatomie humaine n’a pas change depuis l’Égypte ancienne. Si on le voulait, on pourrait retirer le cerveau de la même manière. Entre les deux, l’os crânien est plutôt mince.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :
>