Écosse : l’union britannique ou européenne ?

Les brumes de l’indécision

Le produit intérieur brut (PIB) de l’Écosse est de 277 milliards$Can (190 milliards d’euros).

C’est 42 374$ par habitant, soit un peu plus qu’au Québec (39 851$), qu’en France (39 463$), et que dans l’ensemble du Royaume-Uni (38 190$).

L’Écosse exporte la moitié de sa production de biens et de services.

Du 139,3 milliards$ exporté, le reste du Royaume-Uni en achète 83,7 milliards$ (60 %), les autres pays de de l’Union Européenne en prennent 25,5 milliards$ (18,3 %) et le reste — 30,1 milliards$, soit 21,6 % — se disperse aux quatre coins du monde.

Puisque son économie et les emplois dépendent à ce point du commerce avec les iles britanniques, l’Écosse ne devrait-elle pas craindre les représailles économiques de Londres si le divorce écossais devait s’effectuer d’une manière qui déplairait à son puissant voisin ?

Il n’est pas possible de répondre à cette question sans connaitre la balance commerciale de l’Écosse. En d’autres mots, il faut se demander qui vend le plus à qui.

Si l’Angleterre vend plus à l’Écosse que l’inverse, c’est l’Angleterre qui a intérêt à ne pas indisposer l’Écosse et non le contraire.

Étonnamment, il ne semble pas y avoir de données récentes au sujet des exportations britanniques vers l’Écosse. Même les publications émises par le gouvernement écossais admettent cette lacune.

Toutefois, on sait qu’entre 1998 et 2012, la balance commerciale écossaise a affiché un déficit commercial d’environ dix-milliards de livres sterling par année si on exclut les ventes d’hydrocarbures écossaises extraites de la mer du Nord.

Cette exclusion se justifie par le fait que si l’Angleterre n’en voulait pas, d’autres pays se bousculeraient aux portes de l’Écosse pour en acheter.

En somme, si la situation n’a pas changé, l’Angleterre dépend plus de l’Écosse que l’inverse.

Tobacco Merchant’s House (1775)

Pendant des siècles, les marchands écossais ont été victimes de discrimination de la part des marchands londoniens. Quand les premiers avaient du succès dans un secteur de l’économie — le commerce du tabac avec la Virginie, par exemple — les seconds se faisaient octroyer un monopole royal à ce sujet.

Bref, le désir d’autonomie des Écossais prend racine profondément dans l’histoire et la culture de cette partie du monde.

Et aujourd’hui, une partie des Écossais — minoritaire à un premier référendum — font le pari que leur nation a plus d’avenir dans un marché de 446 millions de personnes (sur le continent européen) qu’avec les 61 millions de personnes qui habitent le reste du Royaume-Uni.

Références :
Export Statistics Scotland 2017
L’économie écossaise en dix chiffres
Scotland’s Economy : recent developments

Détails techniques des photos : Canon PowerShot G6
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 9,1 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,0 — ISO 50 — 7,2 mm

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