Souvenirs de Notre-Dame de Paris (4e partie)

Introduction

Au total, j’ai vu Notre-Dame de Paris lors de cinq voyages :
• deux voyages ‘officieux’, en 2003 et 2004 (à la suite desquels presque toutes mes photos de Paris ont été perdues),
• une excursion à l’occasion d’un voyage à Barcelone,
• et deux voyages dits ‘officiels’ (parce que documentés sur ce blogue).

En 2003

Mon tout premier voyage à Paris devait être mon dernier. Non pas qu’il fut désagréable, mais à l’époque, il y avait tellement de villes que je n’avais pas visitées que je ne voyais pas de raison de m’attarder sur l’une d’elles en particulier.

C’était également mon premier voyage en Europe. Même si certaines agences de voyages promettaient de montrer toute l’Europe en sept jours, je me doutais que mes trois semaines à Paris seraient insuffisantes…

Maitre-autel de Notre-Dame, en 2003

Effectivement, ayant visité surtout la Rive droite et sommairement la Rive gauche, cela fut mon prétexte pour retourner dans la capitale française l’année suivante.

En 2004

Cette année-là, je louai une chambre sur la Rive gauche, près de la cathédrale Notre-Dame, plus précisément sur la rue de la Huchette.

Rue de la Huchette, vue de la tour sud de Notre-Dame, en 2004

En quittant l’hôtel des Argonautes vers l’Est, il suffisait de quelques pas pour me retrouver à l’intersection de la rue du Petit Pont où la cathédrale surgissait soudainement devant moi à deux-cents mètres.

L’effet était tout aussi saisissant d’une fois à l’autre.

Chimère (nommée le Strige), en 2004

Aucune photo ne peut rendre justice à l’effet tridimensionnel produit par cette masse de pierre, dégagée sur 180° (du pont Saint-Michel à l’ile Saint-Louis).

L’excursion de 2007

À l’occasion d’un voyage à Barcelone, j’avais planifié une excursion de trois jours à Paris avec ma mère.

Suzanne Éthier-Martel devant Notre-Dame de Paris, en 2007

Cette excursion avait pour but principal de lui faire visiter la ville. Mais secrètement, mon intention était de profiter d’un arrêt de l’Open Tour à la cathédrale Notre-Dame pour dire à ma mère que je l’aimais.

Il n’y a pas de temps ni de lieu idéal pour ce faire, mais s’exécuter devant un édifice sacré qui a résisté au temps depuis près d’un millénaire donnait symboliquement une mesure de l’éternité du lien qui nous unissait.

Séance de photos sur le parvis de Notre-Dame

C’est sans doute ce qui inspire de nombreux couples à se fiancer ou à réitérer leurs vœux devant la cathédrale.

En 2014 et 2015

Notre-Dame vue de l’Institut du Monde arabe en 2014

Pour la première fois en 2015, j’étais à Paris un premier vendredi du mois.

Qu’y a-t-il de spécial à Paris le premier vendredi du mois ? C’est qu’à l’issue de la messe à 15h ce jour-là, on expose ce qu’on croit être la véritable Couronne d’épines du Christ.

Celle-ci est présentée dans un écrin de vermeil — un alliage d’or et d’argent — et de cristal de roche donné par Napoléon Bonaparte.

Cet écrin n’est jamais ouvert. Au bas de celui-ci, une pièce de cristal d’environ 12 cm est l’endroit où la Couronne d’épines est la mieux vue.

À la fin de cette messe spéciale, chacun des fidèles est invité à s’approcher du coffret afin d’y déposer un baiser. Après chaque baiser, un officiant essuie délicatement la pierre.

Ce qu’il y a d’extraordinaire dans ce rituel, c’est la démocratisation de l’Exposition des Saintes Reliques. Jamais saint Louis n’aurait pu imaginer que presque huit siècles après lui, de simples ‘gueux’ pouvaient s’approcher du plus important parmi les objets qu’il avait acheté en 1239 (à un prix compris entre le tiers et la moitié de tous les revenus annuels du royaume).

La majesté de Notre-Dame

En tant que chef-d’œuvre, la cathédrale est l’expression du génie humain et plus particulièrement du peuple français.

Arithmétique et géométrie médiévales

Comment, au Moyen-Âge, des ouvriers illettrés pouvaient-ils effectuer les délicates opérations mathématiques nécessaires à l’édification d’une bâtisse de 60 mètres de haut ? Avec des instruments de mesure en bois, de rudimentaires outils tranchants, et des bouts de corde.

Pensez qu’à l’époque, on s’assurait de la verticalité des murs et des colonnes à l’aide de fils de plomb qu’on sortait de sa poche. C’est-à-dire avec de la corde au bout de laquelle pendait un petit bloc de métal.

Et comment découpait-on et sculptait-on la pierre ? Avec du jus de bras.

Il y a quelques années, on a découvert que le calcaire coquiller du haut de l’édifice est plus léger et plus facile à sculpter que celui utilisé au sol qui, compact et lourd, est plus apte à supporter l’édifice.

Bref, ce qui émerveille à Notre-Dame de Paris, ce n’est pas la technologie utilisée, mais comment de modestes ouvriers — se succédant de père en fils pendant presque deux siècles — ont pu, armés de leur foi, consacrer le meilleur d’eux-mêmes à rendre cet hommage à Dieu.

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Un commentaire à Souvenirs de Notre-Dame de Paris (4e partie)

  1. Jacques Ouellette dit :

    J’aime beaucoup ta conclusion qui met de l’avant l’intelligence et le « jus de bras » à égalité.

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