La ‘batterification’ des transports

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Introduction

Lorsqu’on parle d’électrification des transports, il faut distinguer entre l’électrification des transports collectifs et l’électrification des transports individuels.

L’intention d’un parti politique du Québec d’interdire les voitures à essence dès 2030 correspond à une ‘batterification’ des transports.

L’électrification du transport individuel

Il existe actuellement 8,4 millions de véhicules au Québec (autos, camions, autobus, etc.).

Si cette interdiction était déjà en application, il faudrait prévoir les moyens de se débarrasser de 8,4 millions de piles non recyclables qui s’accumuleraient dans l’environnement à la fin de leur cycle de vie (à tous les cinq à dix ans).

En effet, contrairement à la carcasse d’une voiture — électrique ou non — qui peut être fondue et recyclée, la pile électrique n’est pas recyclable.

Il est certain qu’un jour, on inventera des piles éternelles, rechargeables indéfiniment, qu’on connectera dans sa nouvelle voiture après l’avoir prélevée de son ancien véhicule.

Mais nous n’en sommes pas là.

Contrairement aux voitures à essence dont la ‘batterie de char’ est relativement petite parce qu’elle sert essentiellement à faire démarrer le moteur, les voitures électriques sont équipés d’une pile qui pèse des centaines de kilogrammes.

Si tous les véhicules du Québec étaient déjà électriques, les 8,4 millions de véhicules sur nos routes nécessiteraient l’enfouissement de millions de tonnes de piles électriques à tous les cinq à huit ans.

Or ces piles renferment des métaux lourds et d’autres matériaux toxiques. Si ces vieilles piles sont enfouies ici, leur contenu migrera lentement vers nos nappes phréatiques avec les conséquences qu’on imagine.

Lorsqu’on inventera une pile biodégradable ou recyclable (c’est-à-dire non seulement rechargeable), le rapport entre les avantages et les inconvénients des véhicules électriques sera complètement inversé. Mais d’ici là, les politiciens qui veulent interdire la voiture à essence nuiront à l’environnement en croyant bien faire.

Dans les pays (comme l’Allemagne) et les provinces (comme l’Alberta) où l’électricité est produite à partir du charbon, tout véhicule électrique produit des gaz à effet de serre parce qu’il s’agit indirectement d’un véhicule à charbon.

De la même manière, lorsque c’est la voiture qui produit elle-même son l’électricité à partir de la combustion de l’hydrogène (pour créer de l’eau), 95% de cet hydrogène est fabriqué actuellement à partir du gaz naturel.

L’embourgeoisement du réseau routier

Protégée par des brevets pendant encore des décennies, la voiture électrique sera plus dispendieuse que la voiture à essence pendant encore longtemps.

À moins d’avoir la certitude qu’en 2030, même les assistés sociaux pourront se payer une ‘minoune’ électrique, seul un parti de gauche mal avisé pouvait décider d’embourgeoiser notre réseau routier, c’est-à-dire le réserver à l’usage exclusif de gens plus fortunés.

Le travailleur qui s’achète une voiture d’occasion prolonge la durée de vie de ce véhicule. À sa manière, il recycle des tonnes de métal et de plastique en les utilisant.

Tout ce qui retarde la mise au rébus de biens durables est une autre manière de protéger l’environnement. Au contraire, accélérer brutalement l’obsolescence de millions de voitures à essence en les interdisant au profit de voitures qui polluent différemment, cela n’est pas la meilleure façon de procéder.

La solution idéale est de rendre le transport en commun plus séduisant que le transport individuel et de décourager ainsi l’acquisition d’une voiture, qu’elle soit électrique ou non.

L’électrification du transport de passagers

Dans le texte ‘Le transport en commun finlandais : le matériel roulant’, j’ai présenté le cas de la Finlande.

Ce pays de 5,4 millions d’habitants a investi des sommes considérables dans l’électrification des transports collectifs.

L’efficacité de son réseau est telle que le nombre de véhicules dans ce pays est de 4,95 millions d’unités (dont 2,85 millions de voitures), alors qu’au Québec, il est de 8,49 millions d’unités (dont 5,59 millions de voitures).

C’est 627 véhicules en Finlande par mille personnes, comparativement à 1 000 véhicules par mille personnes au Québec.

Pour l’ile de Montréal, cette différence équivaut à faire disparaitre 694 000 véhicules qui y encombrent les rues.

Pour l’ensemble du Québec, c’est comme enlever 3,1 millions de véhicules de nos routes.

Tout cela sans aucune mesure coercitive.

L’électrification du transport en commun profite évidemment à ses utilisateurs. Mais il profite peut-être plus à ceux qui ne l’utilisent pas puisqu’il réduit les embouteillages et la congestion routière.

Transport de passagers vs transport ferroviaire de marchandise

Contrairement à la Finlande, le Québec ne peut électrifier le transport ferroviaire des marchandises.

En Amérique du Nord, le réseau de chemins de fer est continental et, conséquemment, transnational. Il traverse trois États pétroliers qui n’ont aucun intérêt à son électrification; le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Même si le Québec était un pays indépendant, il ne pourrait pas interdire le passage sur son territoire des trains étrangers dotés de moteurs à explosion; cela impliquerait qu’à chaque fois qu’un de ces trains se présente à ses frontières, une locomotive électrique l’attende du côté québécois, prête à prendre en charge ses wagons.

Cela est totalement irréaliste.

Ce qui peut très bien se faire dès maintenant est l’électrification du transport des passagers. À preuve : c’est ce que fait déjà le métro de Montréal.

Si le Québec se dote d’un réseau québécois de transport en commun qui va bien au-delà du territoire montréalais — comme ce projet fascinant de monorail électrique — ce réseau peut être coordonné avec les lignes ferroviaires canadiennes.

Mais il est très important qu’il ne soit pas intégré au réseau canadien. Pourquoi ? Parce que si, par exemple, Montréal n’est qu’un arrêt dans une liaison Toronto-Québec, cette liaison (dont le tronçon québécois) devient de compétence fédérale.

Or l’État colonial canadien ne rate jamais l’occasion de nuire à l’économie du Québec.

Regardez les cas de Bombardier, du chantier maritime Davie, de Bell Helicopter et des papetières québécoises.

Dépendre du fédéral porte malheur surtout lorsqu’on fait concurrence à une entreprise ontarienne. Or n’importe quel réseau électrique de transport de passagers fera concurrence à VIA Rail.

Conclusion

Toute personne de bonne foi ne peut nier l’urgence d’agir pour protéger l’environnement.

Mais dans notre empressement à adopter différentes mesures à cette fin, il est important d’éviter les solutions simplistes qui, à y regarder de près, sont plus nuisibles qu’utiles.

C’est le cas de la ‘batterification’ des transports individuels, une solution technologique haut de gamme destinée à favoriser l’émergence d’une nouvelle industrie qui pollue le sol plutôt que l’air.

Protéger l’environnement exige l’adoption de mesures révolutionnaires qui vont de la castration du capitalisme rapace qui pille les richesses de ce monde, jusqu’à la dématérialisation de l’économie, ce qui implique le refus obstiné d’acheter tout bien matériel à moins qu’il soit strictement nécessaire.

Référence :
Le défi de recycler la batterie d’une voiture électrique

Paru depuis :
La voiture électrique, pas si écologique (2018-11-22)
L’impact environnemental des voitures électriques confirmé par un nouveau rapport (2018-11-23)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8 — 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm

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5 commentaires à La ‘batterification’ des transports

  1. sandy39 dit :

    ENTRE RAILS ET NAVETTES…

    Un projet fascinant pour un monorail qui coûterait moins cher qu’un TGV et qui ne déraillerait pas.

    J’ai pensé immédiatement aux avantages : la neige ne serait plus un obstacle devant cet autobus aérien qui transporterait seulement 60 personnes et qui ne desservirait pas que les grandes villes…

    Un texte qui donne une belle ouverture où vous posez toujours le bon et le moins bon… et, quelle conclusion !

    Je vous en dirai plus, plus tard, sur certains de mes projets…

    … DIFFICILE DE GARDER SON RESEAU !

  2. sandy39 dit :

    QUE CHOISIR ?

    Ce furent mes premières impressions…

    Et Moi qui, ai, comme projet de changer de voiture ! De vous lire, je me sens toute embrouillée. Et, en plus, je ne sais pas ce que je veux ni ce que j’aimerais. Et, quand tu téléphones aux garages, on te parle “d’hybride”, électrique, si tu ne fais pas beaucoup de kilomètres et si tu fais de la ville, des petits trajets.

    Tout est mensongé, alors… ils essaient tous de nous embobiner… si, à l’achat, une voiture électrique coûte plus cher…

    A neuf, un véhicule essence est moins cher qu’un diesel. Et, quand, on n’est pas toujours prêt à acheter du neuf…, on recherche toujours la bonne occasion quand on voit le prix d’une voiture neuve et, qui perd vite de sa valeur les deux premières années.

    Et, Nous à la Maison, on a du mal à prendre l’idée d’acheter du neuf ! On reste avec nos deux véhicules diesel. Moteur HDI : t’as plus besoin de chauffer pour démarrer. Le HDI a remplacé le turbo et, quand tu vois le prix du gazole : il a dépassé 1,50 euros ! On n’a jamais vu ça, en France, un record historique !

    Peut-être une manœuvre de l’Etat pour équilibrer les prix entre gazole et essence ?

    Que choisir ? Dans n’importe quel cas, on pollue… même le recyclage, si je comprends bien…

    Votre conclusion ne me laisse pas indifférente mais comment ne pas avoir besoin ?

    La prochaine fois, je vous parle de l’électrification des grandes villes… à moins que j’achète une voiture avant…

  3. sandy39 dit :

    SUR QUELQUES SENSATIONS…

    Enfin, je viens vous donner quelques détails sur mon futur achat… (cela fait plus d’un mois que j’ai écrit !). Petit à petit, j’affine mon projet, découvre certains modèles grâce aux portes ouvertes de ce Week-end… Du coup, j’en sais un peu plus sur ces moteurs “hybride”. C’est une combinaison entre électrique et essence. Si tu n’as plus de batterie, l’essence prend la relève. Accompagnée de mon homme, c’est lui qui a conduit une automatique. (Je ne dois pas prendre le risque de perdre les pédales !). Etonnée, tu avances en silence, tu ne te guides même plus au bruit du moteur ! C’est bien pour la ville. Mais, attends, Moi, il faut bien que je sorte de mon “bled” (village) de temps en temps, pour parcourir un peu, beaucoup, surtout mes petites routes de campagne… du Comté, voulais-je dire… des lacs ou des vins…

    Tu te faufiles en silence parmi les files de voitures… J’ai eu plus l’impression qu’on allait décoller… Pour une journée portes ouvertes, leur but était de faire essayer ce type de voitures. A mon avis, pas pour Moi…

    Chez un autre concessionnaire, mon Mari et Moi sommes passés pour des gens pénibles, après avoir essayé un petit modèle avec pas beaucoup de puissance pour monter les grandes côtes, un autre modèle essence, trop puissant, t’es collé au siège quand tu démarres et, le dernier modèle diesel me plaisant bien, dans mes prix, avec du coffre pour pouvoir mettre une valise… On ne sait jamais si, un jour, je prenais mes clics et mes clacs, je m’en vais à la VIANNEY…

    Mais, nous arrêtant sur un parking… pour qu’on “yeute” un peu tout, mon homme me dit : “elle a roulé dans la neige, vu les disques”. De retour, chez le vendeur qui, n’a pas cherché à nous mentir : “Oui, elle vient d’en haut, vers chez vous, la vôtre qui a 12 ans doit être rouillée aussi.”

    On est d’une région où le sel fait rouiller les dessous des bagnoles. Alors, Monsieur a commencé à perdre patience : “Moi, quand il faut que j’achète un meuble, le soir, il est dans le coffre !”.

    Moi qui, ne suis pas du genre à me laisser faire : “Nous, on ne marche pas comme ça !”. Alors, on attend si des fois, il m’en trouve une et, guettant les annonces sur “LE BONCOIN”.

    Voilà, comme ils sont, ils voudraient te vendre une bagnole du premier coup…

    J’écrirai une suite, je vous dirai ce que j’ai trouvé…

  4. sandy39 dit :

    Après quelques souhaits restés mystérieux, je reprends mes Ecrits de 2018…

    SUR UN PREMIER ESSAI…

    Je suis restée sur cette troisième voiture rouge, un peu sale…, me trouvant à l’aise dedans, avec toit ouvrant…, sans avoir la sensation d’étouffer.
    Mon Mari l’ayant compris : “Faut qu’on essaie d’en trouver une comme ça”.

    Sitôt rentrés à la Maison, le mec du garage m’appelle pour me dire qu’il y en avait une, plus près de chez Moi, noire, un peu plus chère, avec moins de kilomètres.

    Quelques jours plus tard, mon homme me dit : “On devrait aller voir”. Puisque ce garage est plus près de chez Nous… au Rendez-Vous du Comté et de l’âme… Un jour de semaine car mon homme fut obligé de prendre un jour pour se rendre à l’Hôpital… Il fallait lui brûler une peau sur l’œil et Moi, je devais le ramener chez Nous, n’y voyant pas bien clair pour conduire son taxi…

    Alors, l’après-midi, je devais faire 25 kilomètres dans l’autre sens. Ah là là, mon mec, il a du mal à ce que je conduise sa grosse et belle bagnole… Arrivés au rond-point, j’ai fini par lui dire :”On n’est pas en Arabie, les femmes ont le droit de conduire !”.

    Du coup, nous étions bien tranquilles au garage, le vendeur, moins grande langue, très patient, un gars tout simple… Et, en arrivant, on ne te propose pas l’Electrique. Tu aperçois, dans leur coin, les électriques avec leur pancarte à plus de 30000 euros !

    Ils font juste un peu de publicité qu’on entend, parfois, à la Radio mais, on reste très mal informé sur les prises, le temps de chargement, les risques de pannes, les changements de batterie, leur durée de vie, combien ça coûte…, la pollution aussi, le recyclage de piles, de pièces…

    Merci J.Pierre, pour votre vidéo ! Faut pas rêver, on ne créera pas d’emplois pour recycler. Les choses que nous ne savons pas faire sont souvent masquées.

    Mon homme a juste pris le temps de regarder quelque vidéos à l’ordi pour comprendre. On croyait qu’il fallait une prise spéciale dans son garage. Mais non, même avec une prise normale (220 volts chez Nous), tu recharges avec un minimum de 7 heures, la nuit. Mais, il ne faut pas de panne de courant ni un coup d’orage. Ce n’est pas évident et, tu restes limité en temps donc en kilomètres.

    C’est bien pour les petits parcours, uniquement pour la ville. Mais, dans la vie, tu ne sais jamais ce que tu vas avoir besoin, un jour, en temps que Parents, quand les enfants doivent conduire et, leur Avenir est incertain, tout est à construire. Et, il faut dire qu’Ici, chez Nous, on est loin de tout entre Anticlinaux et Synclinaux…, sur nos Plateaux, sur un relief plissé…

    Alors, l’occasion s’est présentée à Nous : deux modèles s’offraient à Nous. Cette voiture noire, modèle coréen (je ne voulais pas d’une bagnole française, je vous expliquerai plus tard) correspondant à mes prix, en déduisant la reprise de ma voiture française. Et, le même modèle, en gris, sans toit ouvrant, à 1000 euros de moins avec le double de kilomètres, ayant été accidentée.

    Il ne faut pas acheter une bagnole qui a reçu un choc et, en plus, je ne voulais pas sentir le parfum de la nana pendant 10 ans !

    La Noire avait, donc, tout pour me plaire, 3 ans, avec ses 37000 km, diesel, bien propre, avec une odeur de neuf. Le mec qui l’avait la sortait que pour aller en ville…

    Préférant acheter l’auto d’un gars, disant à mon Mari : “Faut acheter l’auto d’un gars, ils prennent soin de leur voiture, les hommes.” Surtout, que le mien, au début de notre rencontre lavait sa bagnole tous les Week-end !

    Je vous ferai une suite…

  5. sandy39 dit :

    TROIS MOIS PLUS TARD…

    Si je suis contente de ma nouvelle voiture ? OUI ! Celle-ci, je l’ai choisie. Elle a vite été étudiée. Je ne pensais pas combien c’est important d’être bien dedans. Ben tiens, c’est comme une paire de baskets : il faut être à l’aise dedans !

    J’y tiens de ma vieille française, laissée au garage. Un ludospace, j’avais, pratique pour la ville, avec portes coulissantes, pour attacher les enfants en bas âge. Ce qu’elle avait de bien, ma vieille: les vitres. C’est ce que j’en ai gardé, la luminosité : tu voyais bien tout autour, au rond-point, au stop, les rétroviseurs n’étaient pas trop petits.

    C’était déjà un moteur diesel, HDI, qui ne consommait pas beaucoup et un modèle pratique pour charger. Je l’avais prise sans avoir, vraiment, étudié, mais je m’y étais habituée. Je ne regrette pas non plus de l’avoir laissée au garage après avoir mis du pognon dedans… : réparations dues à l’usure. Je ne l’ai pas trouvé, finalement, solide.

    Et, sur les 4 voies à 110km/heure, par temps de pluie ou de grand vent, je croyais m’envoler et, sur la neige, oh mon Dieu, ça ne tenait rien !

    Avant, j’aurais évité d’aller rouler s’il se mettait à neiger… Maintenant, j’ai moins peur. La nouvelle : elle tient davantage sur la route, un peu plus large, plus lourde. Ouf, je me sens aujourd’hui, en sécurité.

    Je ne sais pas si c’est la voiture qui me va bien ou si c’est Moi qui vais bien avec elle ! Au fond, je crois que c’est Moi qui ai changé… avec le Temps, je reprends du poil de la bête (la forme)…

    Je vous en dirai plus, plus tard…

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