L’or beige

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Rien n’est plus commun que le sable.

Plus de 86 millions de tonnes de gravier et de sable sont produites chaque année au Québec.

Au-delà de son utilisation dans la fabrication du verre (souvent la seule solution de remplacement au plastique) et des puces électroniques, c’est l’industrie de la construction qui utilise le plus de sable.

Il faut environ deux-cents tonnes de sable — mélangé avec du ciment pour faire du béton — pour bâtir une maison de taille moyenne, vingt-mille tonnes pour construire un hôpital, et presque le double pour un seul kilomètre d’autoroute.

À travers le monde, quinze-milliards de tonnes de sable sont utilisées annuellement, dont 70% en Asie. À elle seule, en trois ans (de 2011 à 2013), la Chine a eu besoin d’autant de sable que les États-Unis durant tout le XXe siècle.

Depuis 1965, Singapour a agrandi son territoire de vingt pour cent, soit 130 km², en déversant des millions de tonnes de sables à la mer.

En Indonésie, vingt-cinq petites iles de l’archipel ont disparu en raison de prélèvements de sable effectués par des contrebandiers au profit de Singapour.

Le Cambodge, le Vietnam et le Myanmar ont dû interdire l’exportation de leur sable.

En Inde, le marché noir du sable destiné à la construction rapporte 3,3 milliards$ annuellement.

Peut-on croire que les pétromonarchies — qu’on imagine comme de vastes étendues désertiques — manquent de sable ?

En effet, il y a sable et sable.

Celui du désert est trop rond et lisse. Il ne convient pas à la majeure partie des utilisations commerciales. Il est préférable de choisir un sable qui peut s’agréger facilement. Comme le sable marin.

En conséquence, le Qatar et les Émirats arabes unis importent à prix d’or du sable d’Australie, entre autres.

Pendant ce temps, d’énormes navires de drague aspirent la mince couche de sable qui couvre le fond marin. Entre quatre-mille et quatre-cent-mille m³ de sable sont prélevés quotidiennement, éliminant au passage une partie de la flore marine.

La nature compense ce vide de sable en mer en tirant vers le large les grains de sable du rivage, ce qui accentue l’érosion des plages touristiques.

D’autre part, chaque grain de sable résulte de l’effritement d’une roche qui s’effrite sous l’action de la glace, de l’eau et du vent. Il faut des millions d’années pour qu’un grain de sable se rende jusqu’à la mer par la voie des ruisseaux et rivières.

Or, 845 000 barrages obstruent les cours d’eau du monde. Ainsi, entre le quart à la moitié de l’approvisionnement naturel des océans en sable se trouve bloqué.

Références :
Enquête sur une disparition
Le sable, enquête sur une disparition

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 — 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 34 mm

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