Le pétrole québécois

Anticosti

Située dans le golfe du Saint-Laurent et faiblement peuplée, Anticosti est la plus grande île du Québec. Sa superficie est de 7 900 km² — soit à-peu-près la taille de la Corse — dont 572 km² constituent un parc national.

Son sous-sol renferme 40 milliards de baril de pétrole de schiste. Les techniques actuelles d’extraction — basées sur la fracturation hydraulique de la pierre de schiste — ne permettent qu’un faible rendement, de l’ordre de 1,2 pourcent.

En supposant que le Québec permette le saccage de cette réserve faunique au nom du progrès, l’exploitation pétrolière complète de l’ile nécessiterait la mise en place de 12 000 puits d’extraction au coût unitaire de dix millions$, soit un coût total de 120 milliards$.

Or la ressource exploitable (le 1,2%), à 100$ le baril, ne vaut que 50 milliards$.

De plus, afin d’éviter la contamination des nappes phréatiques, il est préférable que la fracturation hydraulique se fasse à plus d’un km en dessous des sources d’eau potable. Malheureusement, la structure géologique du gisement Macasty frôle les nappes phréatiques à environ 400 mètres, ce qui nécessiterait l’établissement de normes environnementales complaisantes afin d’y permettre l’exploitation pétrolière.

La Gaspésie

L’analyse des formations géologiques du sous-sol gaspésien permet de croire qu’on pourrait y trouver du pétrole de schiste. Jusqu’à maintenant, l’exploration y a trouvé des indices de gisements mineurs.

Le projet de plus avancé entrevoit un gisement de 7,7 millions de barils situé en partie dans la ville de Gaspé. Un peu plus loin, le gisement de Galt renfermerait 300 millions de barils de pétrole de schiste, soit moins du dixième des réserves d’Anticosti.

Dans tous les cas, à moins d’une revision à la hausse de l’importance des gisements ou d’une amélioration substantielle de la productivité des méthodes d’extraction, la rentabilité de l’exploitation des gisements pétroliers gaspésiens est plus que douteuse.

Le gisement Old-Harry


 
Ce gisement chevauche la frontière qui sépare deux provinces : le Québec et Terre-Neuve. Il ne s’agit pas ici d’un pétrole dispersé sous forme d’une multitude de gouttelettes emprisonnées dans une structure géologique à fragmenter, mais plutôt d’un gisement conventionnel qu’il suffit d’atteindre pour que le pétrole en jaillisse.

On parle d’une réserve de 2 milliards de barils de pétrole conventionnel.

L’économie de Terre-Neuve-et-Labrador connaît depuis quelques années une croissance fulgurante, liée aux développements de l’exploitation pétrolière offshore. Le produit intérieur brut par habitant, longtemps au dernier rang des provinces canadiennes, se situe maintenant au deuxième rang, derrière l’Alberta. Renoncer à exploiter la portion québécoise du gisement Old-Harry équivaut à en donner le monopole à Terre-Neuve.

Quant aux risques d’un déversement massif de pétrole — sur l’industrie de la pêche et l’industrie touristique des Iles de la Madeleine — ils semblent insignifiants comparés aux revenus potentiels d’une exploitation pétrolière. Quant à la contamination des nappes phréatiques de l’archipel des Iles de la Madeleine (situé à 80km du gisement), elle est tout simplement impossible.

Lorsque l’Humanité sera passée aux énergies renouvelables — ce qui n’est pas pour demain — il sera trop tard pour tirer profit de ce qui dort chez nous au fond du golfe.

Références :
Les hypothétiques gisements d’hydrocarbures non conventionnels au Québec — Risques et enjeux
Pétrole: pour un contre-manifeste
Terre-Neuve-et-Labrador
Vendre la peau d’un ours qu’on n’a pas encore vu

Paru depuis :
Fracturation pétrolière: le règlement québécois «conçu pour l’industrie» (2016-02-06)

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3 commentaires à Le pétrole québécois

  1. sandy39 dit :

    POUR TOUT L’OR…

    J.Pierre, savez-vous ce que vous me faîtes faire ? Vous me faîtes consulter mon Planisphère parce que je préfère situer les choses pour ne pas dire les Continents !

    Comment puiser les richesses de la Terre, sans abîmer les dessous des Hémisphères ?

    Si la matière est là, depuis des millions d’années, bien présente sous nos pieds, nous ne savons pas toujours comment faire pour l’extraire, faute de moyens techniques, financiers… et il faut faire face aussi aux enjeux de l’activité de l’Homme sur la Nature.

    A-t-on, vraiment, les moyens de puiser ce que nous offre la Nature, sans bousculer l’environnement ? Et sommes-nous sûrs d’atteindre les objectifs (sans jeu de mots, cette fois !) prévus : rendement… ?

    Car, je crois comprendre que si on y touche, si on creuse pour atteindre cet Or Noir, une fois à l’air libre, le gisement se raréfie… Et, nous ne sommes plus, alors, comme dans l’Univers Impitoyable de Dallas où Tout coule à flots !…

    Si j’ai bien compris, les ressources de gaz viennent avec.

    Les Ile-De-La-Madeleine ont quoi de spécial ? Risquent-elles beaucoup ?

    Dans votre dernière phrase, vous parlez des Energies Renouvelables. Faut-il déjà, d’après Vous, les développer pour aller voir ce qu’il se trouve au fond des Océans ?

    Est-ce un Don du Ciel difficilement exploitable, une Mine d’Or ou tout l’Or du Monde ?

    • Contrairement aux gisements d’Anticosti et de Gaspésie, les réserves du gisement d’Old-Harry n’ont fait l’objet d’aucune exploration formelle, autre que des analyses de relevés sismiques.

      Il est probable qu’on y trouve du gaz sous pression mais son intérêt vient de sa similitude avec les gisements déjà en exploitation autour de Terre-Neuve, constitués de pétrole conventionnel.

      En Arabie Saoudite, l’extraction des ressources pétrolières est simple pour ce qui est de la première moitié des gisements; le pétrole jaillit presque tout seul. Lorsque vient le temps d’extraire la seconde moitié, cela devient plus compliqué. Il est à prévoir que ce sera la même chose à Old-Harry. Mais nous ne sommes pas rendus là.

      L’économie des Iles de la Madeleine repose sur la pêche, l’exploitation de mines de sel et le tourisme. Une catastrophe écologique paralyserait toute son économie.

      En dépit du fait que l’exploration pétrolière offshore comporte des risques, les bénéfices escomptés pour le Québec dépassent très largement les coûts d’une catastrophe écologique aux iles.

      Pour terminer, les énergies renouvelables sont celles qui se régénèrent toutes seules : l’énergie solaire, éolienne et hydraulique (dont celle issue des marées). Les hydrocarbures (dont le pétrole) ne font pas partie des énergies renouvelables; le pétrole se détruit au cours de sa consommation. Le soleil et le vent, eux, seront toujours là, pour des millions d’années.

  2. sandy39 dit :

    Ah, le Soleil et le Vent sont comme les chansons, ils sont inusables !…

    Avec tout l’Or du Monde, le Vent nous portera et nous emmènera, encore, pour des millions d’années, sur des Airs de chansons, où tout sera réduit à la Poussière et plus de Bouquets de Nerfs, il y aura…

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