Voyage à Vienne (18e jour)

Deuxième journée pluvieuse de mon voyage. Mais moins qu’hier. C’est aussi mon dernier jour à Vienne puisque je prends l’avion demain à 9h35.

La seule chose que je ne veux absolument pas manquer aujourd’hui est une église Art nouveau conçue par l’architecte Otto Wagner. On ne peut la visiter qu’entre 16 et 17h le samedi. Or nous sommes un samedi. Et pas n’importe quel : mon dernier samedi à Vienne. C’est donc maintenant ou jamais.

D’ici là, je décide d’aller au MuseumsQuartier. Dans la cours intérieure principale des anciennes écuries impériales, on trouvait déjà l’ancien manège d’hiver. On y a ajouté deux blocs modernes. Depuis 2001, tout cela s’appelle le MuseumsQuartier. En plusieurs bâtisses, c’est le musée d’art moderne de Vienne.


 
Le Musée Léopold est un gros cube de calcaire blanc. Entre autres, il relate l’histoire du mouvement Art nouveau à Vienne. Mais c’est surtout un écrin pour la plus importante collection d’œuvres d’Egon Schiele, un peintre viennois maudit, mort en 1918.


 
Au moment de mon séjour à Vienne, le Pavillon des Arts (Kunsthalle) présentait une exposition mineure sur le peintre surréaliste Salvator Dali.


 
Logé dans un gros cube de basalte gris foncé, le Mumok présente des œuvres d’artistes du XXe siècle (Kandinsky, Klimt, Kupka, Magritte, Mondrian, etc.). Je n’y pas vu de Borduas, ni de Riopelle.


 
Le dernier de ces musées est l’Architekturzentrum Wien. Celui-ci présente les différents courants de l’architecture contemporaine. Parmi les quelques dizaines de réalisations-phares du XXe siècle, figurent le complexe résidentiel Habitat’67 et le dôme géodésique de l’île Ste-Hélène à Montréal.


 
Après cette traversée-éclair du complexe muséal, je prends l’autobus pour la Kirche am Steinhof, soit cette église Art nouveau dont je vous ai parlé plus tôt et qui est construite sur le terrain d’un asile d’aliénés.

Fondamentalement, beaucoup de temples sont des œuvres d’art. Avant le XIXe siècle, tout le monde était croyant en Occident. Pour n’importe qui, avoir à travailler sur le chantier d’une église, c’était à la fois un moyen de gagner sa vie et une occasion unique de rendre hommage à Dieu à l’aide des talents qu’Il a mis en nous.

Cette église est aussi une œuvre d’art. Jusque dans les moindres détails. Le bâtiment est fini en marbre blanc rehaussé de cuivre vert et de métal plaqué or. Contrairement à tous ces temples sombres, propices au recueillement, cette église est inondée de lumière, comme un minuscule avant-goût du paradis.


 
Et quelle meilleure manière dire adieu à Vienne qu’en assistant à une représentation du Requiem de Mozart, donnée en soirée dans l’église baroque Saint-Charles-Borromée.


 
C’est le deuxième concert de musique religieuse auquel j’assiste à Vienne. Celui-ci est donné par l’Orchestre de la Société des concerts de Salzburg.

Les musiciens sont relativement jeunes. Le chef dirige sans partition devant lui, connaissant l’œuvre par coeur. Ici, le chœur, agile et puissant, fait entendre des crescendos dramatiques. Là, des silences abrupts permettent de dissiper l’écho et le soulignent à la fois. Ailleurs, les musiciens brodent Mozart comme de la dentelle. À chaque intervention, les solistes sont excellents. Bref, un concert remarquable, applaudi trop chichement à mon goût.

Après avoir fait mes bagages, juste avant d’aller au lit, j’ouvre toutes grandes les fenêtres de ma chambre d’hôtel pour respirer l’air pur de Vienne, une des capitales les moins polluées du monde. Une expérience que je répéterai une seconde et dernière fois le lendemain à 5h20, juste avant de quitter définitivement ma chambre.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/320 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/3,7 — ISO 320 — 16 mm
3e photo  : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 16 mm
4e photo  : 1/30 sec. — F/5,5 — ISO 400 — 34 mm
5e photo  : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 14 mm
6e photo  : 1/13 sec. — F/4,5 — ISO 400 — 21 mm
7e photo  : 1/40 sec. — F/3,7 — ISO 100 — 16 mm
8e photo  : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 44 mm
9e photo  : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 40 mm


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Voyage à Vienne (18e jour)
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11 commentaires à Voyage à Vienne (18e jour)

  1. Merci pour ces descriptions précises et ces photos soignées. Moi qui ne suis allé à Vienne que sur les ailes de la musique, je m’y suis promené grâce à vous, en pensée, bien sûr. Mais même en personne, la pensée précède le promeneur…

    • Oui, vous avez raison.

      Je suis heureux que ces récits de voyage vous aient plu.

      Écrire un billet, c’est un peu comme un message dans une bouteille qu’on jette à la mer; on espère toujours que quelqu’un, quelque part, appréciera. Ce sont des commentaires comme le vôtre qui nous donne le goût de continuer.

      Merci.

  2. sandy39 dit :

    C’est vrai qu’on a fait une belle et longue ballade dans Vienne. Merci à vous pour nous faire partager un peu de savoirs ! Ah le beau voyage que l’on fait avec un écran ! Et nos yeux sont si précieux…

    Votre phrase “c’est un peu comme un message dans une bouteille qu’on jette à la mer” ; elle me plaît bien. C’est génial comme sensation !

    • Le voyage à Vienne (précédé d’un court séjour aux États-Unis) est le deuxième au cours duquel j’ai pris la peine de rédiger un compte-rendu quotidient.

      En lisant votre commentaire, je réalise l’intérêt de regrouper tout cela afin de permettre aux lecteurs intéressés de voyager à leur manière dans les villes que j’ai visitées, en suivant le récit de mes expériences et de mes impressions.

      C’est pourquoi je viens de créer une nouvelle catégorie appelée “Récits de voyage”, accessible (dans la colonne de droite du blogue) par le biais d’un filtre.

      Merci donc pour m’avoir donné cette idée…

      Après le voyage à Vienne, puis-je vous inviter à Shanghai ?

  3. sandy39 dit :

    Tiens, tiens, et voilà que je vous donne des idées !

    Comme l’homme propose et la femme dispose…Si vous me faites faire un tour du monde, je dis oui. J’ai intérêt à me cramponner à mon bureau.

    J’ai déjà regardé Shangai mais je n’ai sûrement pas tout vu. J’ai regardé une fois la vidéo sur la croisière. C’est tellement vivant que j’ai cru y être, sur le bateau. Je ne sais plus le nom du fleuve mais j’ouvrierai mon dictionnaire à la bonne page. Il faut toujours que je situe les choses.

    Chez moi, cela se passe comme ça pour devenir savant. Je pense à une chose avec ce mot SAVANT, “je suis sauveur, je suis savant”, nous dit Bertrand Cantat dans son clip avec les Shaka Ponk.(J’ai poussé un grand OUF en voyant la vidéo).

    Et dire qu’à notre époque, on empêche les gens de travailler ! Je n’arrive toujours pas à le digérer.

    A bientôt pour de nouvelles histoires.

  4. sandy39 dit :

    C’est la croisière sur le Yangzi. Le fleuve bleu, moi je trouve que par moments, il est vert, pourtant j’ai toujours mes lunettes sur le nez quand je suis sur l’ordi ! Juste une petite musique à ajouter, je crois que ce serait pas mal. Le lit du fleuve, les collines, pas mal de verdure. Le fait d’être sur le bateau, on doit croire que c’est le fleuve qui nous emmène au bout du monde, vers l’infini, vers l’infiniment beau. Un peu de poésie improvisée car d’habitude j’écris un brouillon avant, car on n’envoie pas n’importe quoi aux gens !

    Le voyage à Prague, avec grand soleil et musique classique, c’est pas mal. La musique habille bien les photos. Dur dur je pense pour la choisir. Une musique toute seule nous emmène déjà loin mais ajoutée à des images, le voyage se poursuit encore bien plus loin !

    Je n’ai pas fini de tout voir car la nuit, je dors…dans mon lit et non pas sur mon ordi ! Pas mal, vous trouvez pas pour une improvisation.

    • Vous avez raison, malgré son nom, le Fleuve bleu (le Yangzi) est vert : en cliquant sur ceci, vous saurez pourquoi…

      Mes vidéos de Chine n’ont pas de trame musicale tout simplement parce que je ne suis pas un grand amateur de musique chinoise. Et tant qu’à mettre n’importe quoi, pourquoi ne pas laisser chacun libre de voir ces vidéos avec la musique qu’il aime.

      Pendant quelques années, mes vidéos de Prague n’étaient montrées qu’aux parents et amis. Je me suis risqué à les publier sur mon blogue avec beaucoup de crainte puisque je ne possède pas les droits de diffusion de cette musique et je ne suis pas certain qu’il soit suffisant de publier le nom des ayants droit dans le générique de chaque vidéo pour que cela soit légal. J’espère que ce l’est.

      Pour terminer, je trouve que vous vous exprimez très bien. Votre dernier message est plein de poésie et sa spontanéité me plaît beaucoup.

  5. sandy39 dit :

    Ouf, je suis rassurée, il est bien vert. J’avais peur que mes lunettes me fassent défaut. Je vais donc attendre un peu pour faire une prochaine visite chez l’ophtalmo.

    Je n’avais pas pensé que sur des photos d’un pays, vous mettiez une musique de ce pays. C’est plus logique !

    La poésie, je ne saurais dire pourquoi mais j’en mets de plus en plus. C’est comme ça, ça vient tout seul. Je ne sais pas d’où elle vient, du plus profond de nous-même… Elle vient certainement de ce que l’on vit, de ce que l’on lit, de ce qu’on écoute…

    J’en ai aussi une bonne à vous raconter : ça y est, cette nuit, j’y étais… en Autriche ! J’en ai rêvé. J’achetais du chocolat et du nougat !

  6. sandy39 dit :

    Je ne peux plus improviser, il me faut un support : un cahier de brouillon comme à l’Ecole !

    Avec un écran, on voyage (vous m’y avez invitée) sans frontière : Le monde appartient à Tous. Et la nuit, dans nos rêves, on dépasse les frontières du Réel…

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