Vienne — La cathédrale Saint-Étienne

Publié le 1 décembre 2011 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Lapidé à Jérusalem vers l’an 40, Saint Étienne (St. Stephan en anglais) fut le premier martyr chrétien. La cathédrale érigée en son nom à Vienne est le symbole de la ville et le plus grand édifice gothique d’Autriche. Elle est située au centre du quartier d’Innerstadt : celui-ci correspond précisément à la Vienne qui, jusqu’au XIXe siècle, était délimitée par des fortifications.

Depuis toujours, la cathédrale est associée à la vie de la capitale. À l’âge de sept ans, Joseph Haydn entre à la cathédrale comme choriste en 1739 et s’y marie à 28 ans le 26 novembre 1760. Wolfgang-Amadeus Mozart y épouse Constance Weber en 1782: deux de leurs six enfants y furent baptisés. Le 24 avril 1854, la duchesse de Bavière, Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach — mieux connue sous le nom d’impératrice Sissi — y épouse l’empereur François-Joseph Ier.

Les funérailles de Vivaldi, de Gluck et de Schubert y furent célébrées.

L’extérieur

Orientée vers le nord-ouest, la façade de la cathédrale est tout ce qui reste d’une seconde basilique romane construite en 1230 sur ce site. Dans la partie inférieure de l’édifice (autant à l’extérieur qu’à l’intérieur) sont encastrée de nombreuses stèles funéraires prélevées du cimetière adjacent, fermé pour des raisons sanitaires depuis 1732. Plus haut, la façade est percée d’une horloge, de vitraux et de niches accueillant des statues médiévales.

De nos jours, l’accès principal au sanctuaire se fait par le frontispice, plus précisément par la porte du Géant. Celle-ci doit son nom à un tibia de mammouth découvert lors de la construction de l’église et qu’on croyait appartenir à la jambe d’un géant noyé par le déluge.

Autrefois, les hommes pénétraient dans l’édifice par le portail des Chanteurs, du côté droit de la cathédrale, alors que les femmes pénétraient par le portail de l’Évêque, situé du côté gauche. Hommes et femmes assistaient alors à la messe séparément.

Le toit de l’édifice, mesurant 38 m de haut, est recouvert d’environ 230 000 tuiles vernissées. Sa charpente de mélèze, détruite en 1945, a été remplacée depuis par des portants métalliques. Si les tuiles brillent en permanence, c’est que le toit est si pentu que l’eau de pluie lave les tuiles sur son passage.

Au nord, les tuiles forment des losanges (à 0:28) alors qu’au sud, le toit est ornée des armes de la dynastie des Habsbourg (à 0:49), c’est-à-dire un aigle à deux têtes surmontée de la couronne impériale et portant la toison d’or.

Lors des deux sièges ottomans, sa tour du Sud — qui s’élève à 137 m — servit de poste d’observation afin d’étudier le mouvement des troupes ennemies. À l’époque, celle-ci était la deuxième tour la plus haute au monde.

À l’extérieur, tout autour de l’église, on peut voir diverses décorations sculptées dont la chaire baroque (à 0:53) de Jean de Capistran (1386-1456). Ce franciscain italien prêcha la croisade contre les Turcs en 1451.

Sur cette même photo, à droite, on voit le bas de la tour de l’Aigle (ou tour du Nord). Depuis 1957, celle-ci renferme la Pummerin, la plus grosse cloche du pays. Autrefois logée dans la tour du Sud, cette cloche fut fondue à partir de 180 canons abandonnés par les Ottomans en 1683. Elle pèse 21 tonnes. Le 31 décembre à minuit, elle annonce le nouvel an. Autrement, on ne l’utilise qu’en de grandes occasions.

L’année 1450 fut un mauvais millésime; le vin était tellement acide que les vignerons voulurent le jeter. Mais l’empereur Frédéric III les en empêcha. Il fit porter le vin à la cathédrale, alors en construction, pour le mélanger à la chaux. On sait aujourd’hui que le mortier de chaux devient particulière dur lorsqu’il est mélangée à du vin. C’est ainsi que les fondations de la tour du Nord (celle qui héberge maintenant la Pummerin) furent réalisés. On fit sécher son mortier ‘impérial’ pendant sept années.

Bombardée par les forces napoléoniennes en 1809, la cathédrale subit ses plus importants dégâts lors d’un incendie allumé à proximité par des émeutiers quelques mois avant la fin de la Deuxième guerre mondiale. La Pummerin s’écrasa au sol durant cet incendie : ses morceaux servirent à fondre la cloche actuelle, de plus grande dimension.

L’intérieur

À l’intérieur, la cathédrale est gothique, ornée d’autels baroques adossés aux colonnes de la nef principale ou nichés dans les chapelles latérales.

De 1:06 à 1:15 dans le diaporama, on peut voit la chapelle Tirna, à la gauche de l’entrée. Cette chapelle abrite le tombeau du prince Eugène de Savoie (1663 – 1736) : ce commandant militaire d’origine française libéra l’Europe Centrale après un siècle et demi d’occupation ottomane. Sans lui (et sans Charles Martel, au sud de la France, quelques siècles plus tôt), l’Europe serait probablement aujourd’hui musulmane.

À 1:16, on voit la chaire en grès (1515) longtemps attribuée à Anton Pilgram (1460 – 1516) (dont on peut voir un autoportrait à 1:41). En réalité cette chaire est l’oeuvre d’un maitre non identifié de l’entourage de Nicolas de Leyde. Il est représenté à 1:29. Cette chaire est décorée des bustes des quatre pères de l’Église latine, soit saint Augustin, saint Jérôme, saint Grégoire et saint Ambroise.

À 2:04, c’est le retable polychrome construit originellement pour l’abbaye cistercienne St-Bernard de Weiner Neustadtädt. Commandé en 1447 par Frédéric III et restauré en 2004, ses panneaux extérieurs représentent des scènes de la Passion du Christ et les 72 saints de l’époque. Ceux-ci sont peints sur fond doré ou sur fond sombre, dans l’ordre hiérarchique de la Litanie des Saints.

Les panneaux intérieurs sculptés du retable révèlent des scènes de la vie de la Vierge. Au bas du retable, huit petites fenêtres à remplage de style gothique cachaient autrefois des reliques. Depuis quelques années, le retable est placé au fond de la nef de gauche, là où autrefois les femmes prenaient place dans l’église.

Érigé par les frères Johann-Jacob Pock et Tobias Pock, le maitre-autel est en marbre noir de Pologne orné de statues et de motifs décoratifs en marbre blanc du Tyrol. Haute de 15 m, la peinture a été réalisée sur une plaque d’étain : elle représente la lapidation de saint Étienne.

De chaque côté du chœur, des stalles en bois (à 2:14) ont été sculptées entre 1639 et 1648. Leur dossier est orné de calottes en coquille encadrant des bustes à l’effigie des différents évêques de Vienne.

Près du maitre-autel, on aperçoit la majeure partie des rares vitraux du XIVe siècle qui ont échappé à l’incendie de 1945.

Au fond du bas-côté de droite est situé le tombeau impérial de Frédéric III (1415 – 1493), en marbre rouge. Le sculpteur Nicolas de Leyde l’exécuta dans la seconde moitié du XVe siècle. Le sarcophage et son couvercle pèsent huit tonnes.

À 2:44, c’est la Madone des servantes. Créée vers l’an 1300, cette sculpture peinte a été noircie par la fumée des innombrables lampions allumés devant elle. La Vierge aurait secouru une servante accusée faussement de vol en faisant apparaitre par miracle le bijou que sa maitresse avait perdu.

La chapelle Sainte-Catherine (de 2:49 à 2:55) est située quelques pas plus loin : c’est ici qu’eut lieu le mariage de Mozart, le 4 août 1782. Le buste de cette sainte apparait sur une des clés de voûte et une statue la représentant orne l’autel néo-gothique de la chapelle. Les fonds baptismaux, en marbre de Salzbourg, datent de 1476 : ils sont surmontés d’une couronne octogonale en bois peint.

À l’extérieur, par ce qui ressemble à une maisonnette adossée à la cathédrale, on accède à la tour du Sud. Après avoir gravi les 343 marches qui mènent à la salle de guet, les visiteurs peuvent contempler la plus belle vue panoramique de Vienne. Il est à noter que 343 est le cube du chiffre 7, c’est-à-dire 7 multiplié par 7 (soit 49), multiplié encore par 7.

L’architecture de toute l’église repose sur les chiffres symboliques trois, quatre et sept. C’est ainsi que les fenêtres de la nef sont divisées verticalement en quatre parties (voir 1:19 et 1:34) puisque le chiffre quatre est le nombre terrestre par excellence : quatre saisons, quatre points cardinaux, etc.

Par contre, dans le chœur, les fenêtres sont divisés en trois, un chiffre symbolique de la Trinité (à 2:05, 2:13, 2:22 et 2:24).

L’addition de quatre et de trois font un total de sept : selon la bible chrétienne, le monde a été créé en sept jours. De plus, il y a sept sacrements. La première paroisse chrétienne comptait sept diacres, dont saint Étienne. Quatre fois trois font douze, soit le nombre d’apôtres accompagnant Jésus de Nazareth. Etc.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

8 commentaires

| Photos d'Autriche, Photos de Vienne, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Généralités

Publié le 26 novembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

 
Contrairement aux diaporamas qui suivront dans cette série consacrée à Vienne, celui-ci ne vise pas à décrire un quartier ou un site touristique en particulier. On a plutôt ici un aperçu anecdotique de la ville et de la manière de vivre des Viennois.

On commence par une vidéo prise à travers les vitres d’un autobus en mouvement. On traverse un quartier populaire de Vienne. Rien d’impressionnant, ni de somptueux : seulement la Vienne ordinaire, très grise et très beige, décorée de moulures et de graffitis.

Puis voilà quelques images du métro de Vienne ou U-Bahn (dont le symbole graphique est un ‘U’ blanc sur fond cyan).

À 0:27 on remarquera, sur le sol des quais, les fines lignes blanches parallèles derrière lesquelles se placent les passagers qui attendent le train alors que ceux qui se déplacent le font généralement du côté des rails.

De 0:47 à 0:49, c’est une station de train (et non de métro), soit l’équivalent viennois du REER parisien.

À 0:56, on peut voir le prix très abordable de certains vins autrichiens, comparativement aux prix que nous sommes habitués de payer, ici au Québec.

À 0:58, voilà une spécialité locale : le strum (qu’on prononce chtroum). C’est un vin nouveau sucré, opalescent, issue uniquement de la vigne mais qui donne l’impression d’un punch dilué au jus d’ananas. C’est peu alcoolisé et c’est plutôt agréable.

À 1:01, on voit une poubelle sur la voie publique : on dépose les mégots dans le tube en forme de cigarette-filtre, ce qui évite le danger de mettre le feu accidentellement aux papiers jetés dans le compartiment principal.

Les Autrichiens sont très soucieux de l’environnement. Les bacs de recyclage sont partout dans la capitale. On recycle même certains restes de tables (dans les bacs pour déchets biodégradables, appelés Biotonne ).

La capitale étant entourée de vergers et de forêts, de nombreux Viennois pratiquent donc la chasse. Dans la vitrine de cette boutique d’armement, on voit à 1:09 une arme électrique comme celle dont s’est servi le personnage de Lisbeth Salander dans la série Millénium.

Il est courant de voir des Viennois faire de la marche rapide à l’aide de bâtons qui ressemblent à ceux utilisés par les skieurs.

Après un exercice, quoi de mieux qu’une bonne douche. Voilà donc un distributeur de shampooing et de savon liquide. On l’utilise par une pression exercée à l’avant et à l’arrière du distributeur.

La vidéo se termine par cet écran, fixé sur les murs d’un immeuble, qui présente les appartements qui y sont disponibles et le prix des loyers.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

2 commentaires

| Photos d'Autriche, Photos de Vienne, Photos de voyage, Vidéos | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


De Montréal à Vienne

Publié le 23 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

 
Cette brève vidéo résume la première journée de mes vacances à Vienne, le 20 septembre 2011.

Puisque je voyage par KLM, nous faisons escale à Amsterdam.

Depuis ma première visite de l’aéroport de cette ville, en 2007, sa galerie marchande a été complètement refaite. C’est l’aéroport le plus plaisant que j’ai vu jusqu’ici.

En plus des boutiques, des restaurants et des aires de repos, on y trouve une bibliothèque, un petit musée et une présentation de la fabrication du gin (une boisson alcoolisée parfumée aux baies de genévrier).

Puis c’est le vol, toujours par KLM, vers Vienne dont l’aéroport est plutôt conventionnel.

Tout comme à Amsterdam, les fumeurs doivent y assouvir leur dépendance debout, à la vue de tous, dans une cage transparente étroite, percée de trous, sous pression négative afin de ne pas contaminer l’air de l’aéroport (à 2:34 dans la vidéo).

Dans le train qui m’amène à la ville, la signalisation unilingue allemande est si peu conviviale que je mettrai trois heures à effectuer le trajet vers le centre-ville alors que cela devrait prendre 30 minutes.

Puis je prends possession de ma chambre, située au 7e et avant-dernier étage de l’hôtel Prinz Eugen (qu’on prononce « oye gaine »). Celle-ci donne sur une cour intérieure. La chambre à coucher proprement dite est séparée du couloir par deux portes, ce qui la rend parfaitement insonorisée.

La vidéo se termine par un aperçu des petits déjeuners offerts à l’hôtel.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

5 commentaires

| Photos d'Amsterdam, Photos d'Autriche, Photos de Vienne, Photos de voyage, Photos des Pays-Bas, Vidéos | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Vienne (18e jour)

Publié le 11 octobre 2011 | Temps de lecture : 4 minutes

Deuxième journée pluvieuse de mon voyage. Mais moins qu’hier. C’est aussi mon dernier jour à Vienne puisque je prends l’avion demain à 9h35.

La seule chose que je ne veux absolument pas manquer aujourd’hui est une église Art nouveau conçue par l’architecte Otto Wagner. On ne peut la visiter qu’entre 16 et 17h le samedi. Or nous sommes un samedi. Et pas n’importe quel : mon dernier samedi à Vienne. C’est donc maintenant ou jamais.

D’ici là, je décide d’aller au MuseumsQuartier. Dans la cours intérieure principale des anciennes écuries impériales, on trouvait déjà l’ancien manège d’hiver. On y a ajouté deux blocs modernes. Depuis 2001, tout cela s’appelle le MuseumsQuartier. En plusieurs bâtisses, c’est le musée d’art moderne de Vienne.


 
Le Musée Léopold est un gros cube de calcaire blanc. Entre autres, il relate l’histoire du mouvement Art nouveau à Vienne. Mais c’est surtout un écrin pour la plus importante collection d’œuvres d’Egon Schiele, un peintre viennois maudit, mort en 1918.


 
Au moment de mon séjour à Vienne, le Pavillon des Arts (Kunsthalle) présentait une exposition mineure sur le peintre surréaliste Salvator Dali.


 
Logé dans un gros cube de basalte gris foncé, le Mumok présente des œuvres d’artistes du XXe siècle (Kandinsky, Klimt, Kupka, Magritte, Mondrian, etc.). Je n’y pas vu de Borduas, ni de Riopelle.


 
Le dernier de ces musées est l’Architekturzentrum Wien. Celui-ci présente les différents courants de l’architecture contemporaine. Parmi les quelques dizaines de réalisations-phares du XXe siècle, figurent le complexe résidentiel Habitat’67 et le dôme géodésique de l’île Ste-Hélène à Montréal.


 
Après cette traversée-éclair du complexe muséal, je prends l’autobus pour la Kirche am Steinhof, soit cette église Art nouveau dont je vous ai parlé plus tôt et qui est construite sur le terrain d’un asile d’aliénés.

Fondamentalement, beaucoup de temples sont des œuvres d’art. Avant le XIXe siècle, tout le monde était croyant en Occident. Pour n’importe qui, avoir à travailler sur le chantier d’une église, c’était à la fois un moyen de gagner sa vie et une occasion unique de rendre hommage à Dieu à l’aide des talents qu’Il a mis en nous.

Cette église est aussi une œuvre d’art. Jusque dans les moindres détails. Le bâtiment est fini en marbre blanc rehaussé de cuivre vert et de métal plaqué or. Contrairement à tous ces temples sombres, propices au recueillement, cette église est inondée de lumière, comme un minuscule avant-goût du paradis.


 
Et quelle meilleure manière dire adieu à Vienne qu’en assistant à une représentation du Requiem de Mozart, donnée en soirée dans l’église baroque Saint-Charles-Borromée.


 
C’est le deuxième concert de musique religieuse auquel j’assiste à Vienne. Celui-ci est donné par l’Orchestre de la Société des concerts de Salzburg.

Les musiciens sont relativement jeunes. Le chef dirige sans partition devant lui, connaissant l’œuvre par coeur. Ici, le chœur, agile et puissant, fait entendre des crescendos dramatiques. Là, des silences abrupts permettent de dissiper l’écho et le soulignent à la fois. Ailleurs, les musiciens brodent Mozart comme de la dentelle. À chaque intervention, les solistes sont excellents. Bref, un concert remarquable, applaudi trop chichement à mon goût.

Après avoir fait mes bagages, juste avant d’aller au lit, j’ouvre toutes grandes les fenêtres de ma chambre d’hôtel pour respirer l’air pur de Vienne, une des capitales les moins polluées du monde. Une expérience que je répéterai une seconde et dernière fois le lendemain à 5h20, juste avant de quitter définitivement ma chambre.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/320 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/3,7 — ISO 320 — 16 mm
3e photo  : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 16 mm
4e photo  : 1/30 sec. — F/5,5 — ISO 400 — 34 mm
5e photo  : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 100 — 14 mm
6e photo  : 1/13 sec. — F/4,5 — ISO 400 — 21 mm
7e photo  : 1/40 sec. — F/3,7 — ISO 100 — 16 mm
8e photo  : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 44 mm
9e photo  : 1/40 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 40 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Vienne, veuillez cliquer sur ceci.

11 commentaires

| Récit du voyage à Vienne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Vienne (17e jour)

Publié le 9 octobre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

Première journée pluvieuse en presque trois semaines. De plus, la température maximale sera de 11 degrés (au lieu de 22 à 24, jusqu’ici). Mon programme de la journée, c’est un petit circuit dans le neuvième arrondissement de Vienne.

Je fais un premier arrêt dans l’église des Servites, bâtie au XVIIIe siècle. Extérieurement, elle fait très ‘Europe centrale’ avec ses clochers élégants en bulbe d’ognon. À l’intérieur, ses stucs baroques sont magnifiques mais très poussiéreux. J’ai l’impression que si un gros coup de vent s’engouffrait dans cette église, il soulèverait tellement de poussière qu’on n’y verrait plus rien pendant des années.


 
Puis je visite le Musée Liechtenstein. Ce palais d’été présente les collections du Prince de Liechtenstein, descendant d’une longue dynastie de collectionneurs avisés. Ce qui m’a épaté, ce ne sont pas les Rubens ou les Van Dyck, mais plutôt la bibliothèque et surtout un plafond restauré, peint par Rottmayr, au-dessus d’un escalier latéral, probablement son chef-d’oeuvre, d’une beauté stupéfiante.

Le seul objet qu’il est permis de photographier dans ce musée est le carrosse rococo ci-dessous.


 
À proximité se trouve le Josephinum, soit l’Académie médico-chirurgicale de Vienne. Quelques-unes de ses salles hébergent un petit musée consacré aux instruments chirurgicaux. Dans des cabinets vitrés sont présentés des écorchés en cire.

C’est quoi des écorchés ? Imaginez des cadavres auxquels on retirerait la peau, révélant ainsi leurs organes internes, leurs muscles et leurs vaisseaux sanguins.

La plupart des vitres de ces cabinets datent du XIXe siècle et, conséquemment, ont de légères imperfections. Cela fait qu’en s’approchant du visage d’un écorché, on a parfois la surprise de le voir bouger un oeil ou contracter légèrement un muscle comme s’il allait crier au secours…

La journée se termine sur une note plus joyeuse : une représentation de ‘La Chauve-souris’, une opérette de Johann Strauss, au VolksOper.

Le chef ose des variations de rythme inouïes et dirige un orchestre virtuose, chez lui dans une musique qu’il connait parfaitement. Puisque je suis assis à la deuxième rangée, je surprends même un petit nombre de musiciens faire les pitres entre eux sans que cela affecte le moins du monde la qualité de ce qu’ils sont en train de jouer.

Les décors et costumes sont très biens et les chanteurs sont excellents. La mise en scène est un peu trop burlesque à mon goût mais je dois être le seul à s’en plaindre puisque toute la salle (y compris moi-même, au fond) s’est bien amusée.


 
Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/13 sec. — F/3,5 — ISO 400 — 14 mm
2e photo  : 1/15 sec. — F/4,4 — ISO 400 — 20 mm
3e photo  : 1/8 sec. — F/5,2 — ISO 400 — 29 mm
4e photo  : 1/40 sec. — F/3,5 — ISO 250 — 14 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Vienne, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Récit du voyage à Vienne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Vienne (16e jour)

Publié le 7 octobre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

On ne peut pas aller dans la capitale autrichienne sans visiter la maison d’Hundertwasser, le Gaudí viennois.

Cet artiste écologiste a créé une bâtisse où les planchers ne sont pas plats mais comme le sont les sentiers dans la nature. Dans cet immeuble, chaque fenêtre est différente.


 
La première ligne du contrat de location des appartements stipule le droit du locataire de colorer le pourtour de ses fenêtres à sa guise jusqu’à la distance d’un bras. Des arbres y poussent sur le toit.

Tout près se trouve le Musée des faussaires. On y apprend que la première histoire vérifiée de contrefaçon fut une sculpture de Michel-Ange (un Cupidon dormant, en marbre) enterrée afin de la vieillir et vendue à prix d’or au cardinal San Giorgio. Celui-ci découvrit la vérité lorsque le sculpteur, encore adolescent, révéla la supercherie… à moins que cette histoire ne soit elle-même fausse : qui sait ?

Dans ce tout petit musée, les œuvres peuvent être achetées et par conséquent, ne sont pas toujours les mêmes. Au moment de ma visite, un Klimt et un Vermeer étaient très convaincants.


 
Puis je visite la Maison de l’art de Vienne (Kunsthaus Wien). C’est une galerie privée entièrement consacrée à Hundertwasser. Si ce musée passait au feu, une partie de l’oeuvre de cet artiste disparaîtrait à jamais.

‘Der blaue Mond – Atlantis’, créé en 1966 (© 2010 — Namida AG, Glarus/Suisse)

En soirée, j’assiste au concert d’un quatuor appelé le ‘Mozart ensemble’. Celui-ci se produit devant 24 personnes dans une salle minuscule qui pourrait en accueillir 54.

Des trois concerts de musique de chambre auxquels j’ai assisté jusqu’ici, le Mozart ensemble est, de très loin, le meilleur. Ce sont de jeunes musiciens virtuoses, utilisant le vibrato de manière parcimonieuse et qui jouent de manière remarquablement cohérente.

Si j’ai eu l’impression jusqu’ici de m’être fait avoir par des orchestres tape-à-l’oeil pour touristes, le Mozart ensemble est le premier orchestre de chambre digne de Vienne que j’entends.


 
Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/250 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/29 sec. — F/3,7 — ISO 400 — 16 mm
3e photo  : 1/25 sec. — F/3,7 — ISO 400 — 16 mm
4e photo  : 1/20 sec. — F/3,8 — ISO 400 — 17 mm
5e photo  : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 800 — 14 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Vienne, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Récit du voyage à Vienne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Vienne (15e jour)

Publié le 6 octobre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

J’ai décidé ce matin de tenter de répéter l’expérience heureuse d’hier et de parcourir un autre circuit recommandé dans les anciens faubourgs de Vienne, moins typique de l’idée qu’on se fait de la Vienne impériale.

Il s’agit d’un petit circuit dans l’arrondissement de Josephstadt. On y trouve un Musée des arts et traditions populaires. Celui-ci présente des objets, surtout en bois, fabriqués par les Autrichiens pour usage domestique ou pour représenter leur dévotion à Dieu ou à l’empereur. En plus de maquettes, on a reconstitué deux pièces de maisons paysannes dans lesquelles on pénètre en baissant la tête puisqu’autrefois, les gens étaient plus petits qu’aujourd’hui.

Je tombe par hasard sur la voiture minuscule ci-dessous.


 
Je crois voir une Opel puisque ce carrossier allemand est renommé pour ses petites voitures d’allure sport. Non c’est une Smart, mieux connue chez nous pour ces voitures droites, à deux passagers, pas très élégantes.

Puis j’arrive à l’église baroque des Piaristes, dont l’intérieur est spectaculairement beau, pas trop surchargé, avec des plafonds peints en trompe-l’oeil, peut-être les mieux réussis de Vienne.

En me rendant au Ring pour y prendre l’autobus, je remarque que je suis près du Nouveau palais impérial. Je m’y suis rendu à deux reprises, en vain, pour y visiter le Musée des instruments de musique. Je vais essayer une troisième fois.

Il est ouvert ! Le prix d’entrée permet l’accès à tous les musées de la bâtisse. Je visite en premier le Musée d’Éphèse, consacré aux fouilles effectuée sur un site archéologique gréco-romain situé en Turquie. C’est l’équivalent du Musée de Pergame à Berlin.


 
En me rendant au Musée des instruments de musique, je croise le Musée des armes et armures. Il est 16h : le Palais ferme dans deux heures. Ne serait-il pas plus prudent de voir tout ce qui m’intéresse au Musée des instruments de musique et de prendre le temps qui restera pour le Musée des armures ?

Afin de m’éviter des allers-retours inutiles, je décide plutôt de visiter celui sur mon chemin. Erreur, grave erreur.

Le Musée des armes et armures est absolument, absolument, absolument extraordinaire. Lorsqu’on croit avoir vu les plus belles armures du musée, la salle suivante vous en réserve d’autres encore plus merveilleuses. Et lorsque finalement vous êtes convaincu qu’il est impossible de faire mieux, la salle d’après vous prouve que vous aviez tort.


 
Après 164 photos prises uniquement dans ce musée, il me reste vingt minutes pour visiter en triple vitesse le Musée des instruments de musique.


 
Où se trouvaient le piano de Beethoven, celui de Haydn, ou un de ceux sur lesquels Schubert a joué ? Je ne l’ai jamais su.

Je rentre à l’hôtel et me couche à 10h pour me réveiller le lendemain à 8h30. Que de beaux rêves…

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/160 sec. — F/5,0 — ISO 100 — 14 mm
2e photo  : 1/15 sec. — F/4,5 — ISO 400 — 21 mm
3e photo  : 1/25 sec. — F/4,5 — ISO 800 — 20 mm
4e photo  : 1/13 sec. — F/4,4 — ISO 800 — 20 mm
5e photo  : 1/8 sec. — F/3,9 — ISO 800 — 18 mm
6e photo  : 1/13 sec. — F/3,5— ISO 800 — 14 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Vienne, veuillez cliquer sur ceci.

Un commentaire

| Récit du voyage à Vienne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Vienne (13e et 14e journées)

Publié le 5 octobre 2011 | Temps de lecture : 5 minutes

La treizième journée

La plupart des musées ferment le lundi. Ce sera donc une petite journée.

Je décide d’aller sur le Ring. À Vienne, le Ring ce n’est pas cette estrade carrée sur laquelle des lutteurs ou des boxeurs s’affrontent : c’est un boulevard en forme d’anneau (d’où son nom) qui entoure la Vieille ville.

Ce boulevard est né après qu’on ait abattu au XIXe siècle, les fortifications devenues inutiles qui empêchaient le développement urbain de la capitale.

Rapidement, des édifices somptueux s’alignèrent le long de ce boulevard; le nouvel Hôtel de ville, le Parlement autrichien, des hôtels de luxe, des sièges sociaux d’entreprises. Tout comme la rue St-Jacques à Montréal ou Wall Street à New York, ces édifices sont décorés de motifs empruntés à différentes époques de l’histoire de l’Art.

Beaucoup de ces édifices ne sont pas accessibles au public : on doit donc les admirer de l’extérieur.

L’un de ceux accessibles un beau lundi, c’est l’Université de Vienne. Sa cour extérieure est entourée d’une galerie à arcades où s’alignent les bustes des grands chercheurs qui ont contribué à la gloire de l’institution.


 
Comble de chance, je parviens à me rendre dans la grande salle d’apparat, rarement ouverte, où une employée s’affaire à ranger les chaises.

Puis c’est le retour à l’hôtel pour la lessive.

La quatorzième journée

Depuis mon arrivée, ce que je vois de Vienne, ce sont les trésors que cette ville a accumulés à l’époque où c’était la capitale du plus puissant empire d’Europe. Mais cette Vienne, c’est comme une diète constituée uniquement de gâteau au chocolat garni de crème fouettée : c’est très agréable au début mais après quelques jours, ça tombe sur le cœur.

Aujourd’hui, je suis au régime minceur; je visite un petit coin plutôt simple de la capitale, situé près du MuseumsQuartier.

On y trouve de vieilles maisons de deux ou trois étages, décorées de manière charmante, sans prétention. Par moment, ce quartier me rappelle Prague, une ville que j’ai beaucoup aimée (en dépit de la bouffe).


 
Puis je visite le Pavillon de la Sécession. Il s’agit d’un petit immeuble géométrique surmontée d’un dôme en feuilles dorées. On l’a érigé pour offrir des salles d’exposition aux artistes Art nouveau qui avaient décidé de rompre avec le style pompeux en vogue à l’époque.


 
La dorure récente du dôme a été possible grâce à un don personnel de l’ambassadeur américain à Vienne.


 
L’intérieur est très sobre. On y trouve un petit nombre installations d’art contemporain et une salle consacrée à une fresque restaurée de Klimt.

Après des années d’abandon, la bâtisse a sérieusement été endommagée au cours de la Deuxième guerre mondiale. Depuis, on l’a refaite à l’identique.

Je ne suis pas convaincu que la vocation actuelle des lieux soit la plus heureuse. Je dois admettre que celle-ci est conforme à l’esprit qui a mené à son édification (présenter l’art contemporain du moment). Toutefois, elle a le défaut de souligner la simplicité (pour ne pas dire la pauvreté) de l’intérieur qui, originellement, était rehaussée par la splendeur décorative des œuvres Art nouveau présentées. À mon avis, on ferait mieux d’en faire un musée de l’Art nouveau viennois.


 
Cet édifice apparait sur les pièces de 50 centimes émises par l’Autriche. Puisque je ne dispose pas ici d’outils sophistiqués pour faire de la photographie rapprochée, je me suis servi du miroir parabolique de la salle de bain de ma chambre d’hôtel. À la huitième tentative, après inversion horizontale de l’image sous MS-Paint, voilà le résultat. On se débrouille avec ce qu’on a, n’est-ce pas…

En traversant la rue, on arrive au Naschmarkt, un marché public où de nombreux marchands offrent des produits alimentaires, de la pieuvre aux framboises.


 
Je termine la soirée par un concert de l’Orchestre viennois en résidence. Ce serait le seul orchestre de chambre au monde à jouer sur un Stradivarius. Le spectacle présente de la musique instrumentale et des extraits d’opéras de Mozart, des valses de Strauss, et des numéros de ballet.

Je suis au troisième banc du centre, dans la première rangée.

L’orchestre est formé de deux excellents musiciens, de deux autres qui font semblant de jouer, d’une première violon jouant sur le Stradivarius mal accordé et de quelques autres musiciens. Les danseurs sont excellents. Je suis parti à l’entracte.


 
Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm
1re photo : 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 125 — 21 mm
2e photo  : 1/250 sec. — F/8,3 — ISO 100 — 14 mm
3e photo  : 1/320 sec. — F/8,0 — ISO 100 — 18 mm
4e photo  : 1/500 sec. — F/10,0 — ISO 100 — 45 mm
5e photo  : 1/8 sec. — F/5,6 — ISO 400 — 45 mm
6e photo  : 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 100 — 21 mm
7e photo  : 1/30 sec. — F/3,8— ISO 125 — 17 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Vienne, veuillez cliquer sur ceci.

Un commentaire

| Récit du voyage à Vienne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Vienne (12e jour)

Publié le 4 octobre 2011 | Temps de lecture : 8 minutes

Ce matin, à 11h, une messe chantée sera célébrée à l’église St-Augustin (située au Palais impérial). La musique sera du compositeur Joseph Haydn (1732-1809) que j’aime bien. Je n’ai pas de billet. J’espère seulement qu’on n’a pas besoin de réservation.

J’arrive dix minutes à l’avance. L’église est pleine. Mais on permet aux gens d’y assister debout. Pas de problème.

Déjà une cinquantaine de personnes — portant une tunique écru décorée à l’épaule gauche d’une croix grecque rouge — ont pris place dans le chœur. Ce sont les Chevaliers et Dames de l’Ordre du Saint Sépulcre. Au centre, cinq prêtres en chasuble verte brodée d’or font face à la foule.


 
À 11h pile, on allume les lustres de cristal poussiéreux au centre de la nef. L’orgue crache aussitôt un solo solennel et tonitruant typique de la fin du XIXe siècle. Du bas-côté droit, une procession avec cierges et encens se met en branle vers l’arrière de l’église, puis remonte la nef jusqu’au chœur.

Peu après, l’assistance est invitée à chanter un choral. Le dépliant remis en entrant reproduit le texte allemand et sa partition. Juste derrière moi, un homme à la voix forte entonne cet air, facile à retenir. Après une première écoute — il sera répété sous d’autres paroles deux autres fois — je me décide à chanter en allemand, convaincu que ce voisin couvrira toutes mes fausses notes et mon affreuse prononciation. Effectivement personne ne se retourne vers moi, l’air horrifié. L’expérience est amusante.

La messe durera environ 1h30. La musique sera de Haydn sauf pour une courte pièce chorale du XXe siècle hésitant entre la tonalité et l’atonalité, ce qui mettra en valeur le compositeur du XVIIIe.

Après la messe, je m’arrête dans l’ancienne pharmacie impériale, devenue casse-croute et boutique depuis deux décennies. Le lieu est très photogénique. Je demande la permission à une employée de prendre des photos. Dès cette permission accordée, je commande une soupe. Elle est un peu chère mais c’est ma façon de les remercier pour cette faveur.


 
La vue d’ensemble ci-dessus est la première photo que j’ai prise. Après la deuxième, le propriétaire me demande de prendre soin que ses clients n’apparaissent pas dans mes photos. Les sept autres seront donc selon sa volonté. À la neuvième, il me demande d’arrêter de photographier. C’est son droit : j’obéis.

Au moment où je règle l’addition, le patron se met à me reprocher de ne pas avoir demandé la permission avant de photographier dans sa boutique. Je lui réponds que c’est la première chose que j’ai faite et que si cette permission m’avait été refusée, je n’aurais pas mangé dans son établissement. Il hausse le ton pour me dire sèchement : « You have NOT asked for permission. » Pendant que j’essaie de me souvenir à qui j’avais bien pu demander cette permission, son employée lui murmure à l’oreille que c’est elle qui me l’a permis.

Plutôt que de s’excuser de m’avoir accusé faussement, le patron m’adresse alors une série de reproches : que c’est à lui que j’aurais dû demander permission, que j’avais abusé de la permission obtenue de son employée, que son commerce n’est pas un musée, etc.

Normalement, je suis assez prompt. Mais en vacances, je suis comme une poêle anti-adhésive; il n’y pas grand chose qui trouble ma quiétude. Ce qui fait que je n’ai pas répondu. Je me suis contenté de faire « Hum, hum » en hochant la tête légèrement vers l’avant (tout en pensant que si cela ne faisait pas son affaire, il n’avait qu’à le dire plus tôt).

C’est la deuxième fois qu’un incident semblable m’arrive à Vienne. Le lendemain de mon arrivée, j’avais pris une photo dans un centre commercial. Une femme dans la quarantaine s’était approchée de moi pour me reprocher de l’avoir photographiée. Elle avait exigée de voir la photo (où elle n’apparaissait pas). Après avoir zoomé sur chacune des personnes dans l’image alors qu’elle n’y était pas, après lui avoir montré la photo d’avant et celle d’après (prises toutes deux ailleurs), ce n’était pas suffisant. Elle avait donc continué ses reproches en allemand en dépit du fait qu’ils n’avaient aucune pertinence dans son cas.

En 1938, les Autrichiens ont accueillis avec enthousiasme l’annexion de leur pays à l’Allemagne d’Hitler (né en Autriche). En 1986, Kurt Waldheim (un ancien officier nazi) était élu Président de la république autrichienne. De nos jours, l’Autriche est le pays où les mouvements néo-nazis sont les plus populaires d’Europe : un parti d’extrême-droite a même récemment fait partie d’une coalition gouvernementale. Malgré le fait que ces mouvements sont très minoritaires, ils trahissent une xénophobie assez répandue dans le pays.

En somme, la grande majorité des Autrichiens sont hospitaliers mais on trouvera dans ce pays, plus souvent qu’ailleurs, des gens qui ne le sont pas, même chez ceux qui gagnent leur vie du tourisme (comme c’est le cas de ce commerçant).

En me promenant dans la Vieille ville, je visite l’église baroque Ste-Anne, ravissante avec ses fresques aux couleurs délicates et son clocher terminé par un bulbe de cuivre vert.


 
Puis je visite la Maison de la musique, une musée participatif extrêmement intéressant.

Le premier étage est consacré à l’Orchestre philharmonique de Vienne. Une borne d’écoute permet d’écouter quelques uns de ses enregistrements. Dans une petite salle de cinéma, on peut voir le DVD d’un de ses célèbres concerts du Nouvel An, de même qu’un de ses concerts d’été dans les jardins du palais de Schönbrunn. Dans une salle attenante, on peut composer aléatoirement (en jetant des dés) une valse personnelle. Je n’ai pas essayé.

Le deuxième étage est une présentation didactique sur la nature du son. On y trouve aussi deux ordinateurs sur lesquels on peut écouter de la musique populaire autrichienne. Sous cette application, qui ressemble à iTunes, on peut choisir des plages et graver son CD moyennant une somme dont une partie est versée aux artistes. J’ai trouvé l’idée géniale.


 
Le troisième étage — celui qui m’a le plus intéressé — est consacrée aux compositeurs de musique classique qui ont fait carrière à Vienne : Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Johann Strauss, Mahler, etc.


 
À la salle sur Haydn, on apprend que ce compositeur avait acheté à Londres un perroquet auquel il avait appris chanter les premières notes de l’hymne national autrichien. On imagine la mine des visiteurs les plus patriotiques, hésitant à adopter le garde-à-vous requis. À la mort du compositeur, l’oiseau fut vendu aux enchères pour la somme actualisée de 32,500 euros.

L’objet de plus précieux du musée sont les lunettes ayant appartenues à Franz Schubert.

Une borne permet au visiteur de jouer au chef d’orchestre. On choisit d’abord la partition parmi six œuvres archi-connues. Devant un écran sur lequel est projeté une vidéo de la Philharmonie de Vienne, le visiteur la fera jouer plus lentement ou plus rapidement selon la vitesse de sa propre battue. Cette battue affecte la vitesse d’exécution de la musique mais pas sa tonalité; en d’autres mots, le son ne devient pas plus grave lorsqu’on bat plus lentement. Dès qu’on cesse de diriger, un musicien se lève pour vous dire que de toute sa carrière, il n’a jamais connu de chef plus pourri que vous.

Le quatrième étage est consacrée à la musique atonale. Entre deux pôles verticaux, on peut composer sa propre œuvre en bougeant les mains ou, à un autre endroit, en utilisant un volant automobile basculant. Étonnamment convainquant, le résultat illustre à quel point il n’est pas nécessaire d’être compétent pour composer cette musique. Les visiteurs peuvent faire imprimer l’œuvre qu’ils viennent de composer afin de la faire jouer par l’orchestre symphonique de leur pays, si celui-ci est intéressé évidemment…

Détails techniques : Panasonic GH1, objectifs Lumix 7-14 mm F/4,0 (2e et 5e photos) et Lumix 14-45 mm (les autres photos)
1re photo : 1/30 sec. — F/3,5 — ISO 250 — 14 mm
2e photo  : 1/30 sec. — F/4,0 — ISO 400 — 7 mm
3e photo  : 1/15 sec. — F/3,5 — ISO 400 — 14 mm
4e photo  : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 45 mm
5e photo  : 1/20 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 7 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Vienne, veuillez cliquer sur ceci.

2 commentaires

| Récit du voyage à Vienne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Vienne (11e jour)

Publié le 4 octobre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

À 11h ce matin, j’assiste au spectacle de l’École d’équitation espagnole. Je n’étais pas certain d’aimer ce spectacle au point de payer pour le voir. Pendant 90 minutes, les bêtes vont se pavaner, trotter, et trottiner. Durant les dernières 15 minutes, elles effectueront finalement quelques sauts.


 
Ce sont des chevaux savants qui ont appris à marcher de manière qui n’est pas naturelle pour eux, mais que nous trouvons jolie. Par exemple, en sautillant, les pattes opposées touchent le sol, en alternance avec les deux autres. Ou de marcher le corps dans un axe, mais en avançant de biais. Ces mouvements permettent des chorégraphies simples mais élégantes.

Au sortir du spectacle, on vend du strum (une boisson dont j’ai parlé dans mon billet précédent) à un kiosque installée devant l’entrée du Palais impérial. On en vend même à l’épicerie, dans des bouteilles de 2 litres.


 
Je photographie ensuite le Mémorial de l’holocauste. C’est un bloc rectangulaire formé de ce qui ressemble à des tranches de livres, symbolisant le devoir de rappel. Le quartier est sous surveillance policière depuis les derniers attentats néo-nazis.

À côté de l’église des Écossais, quelques marchands offrent des produits alimentaires bio issus du terroir.


 
Je passe ensuite devant de nombreux anciens palais, reconnaissables à leurs portails impressionnants et je m’arrête dans une épicerie à la recherche de jus. Je remarque le prix très abordable de certains vins autrichiens.


 
La partie de la ville que je sillonne aujourd’hui a conservé de nombreuses maisons très anciennes dont celle qui abrite, au 4e étage, un des nombreux logements viennois de Beethoven. C’est un logement plutôt grand, dans lequel on résume la vie du compositeur, et présente ses mécènes, ses amours, des photocopies de partitions, etc. C’est ici qu’il a composé son seul opéra et trois de ses symphonies (la 5e, 7e et 8e).


 
Je prends le repas du soir au Café Central, un des plus illustres de la capitale autrichienne. On y mange très bien, comme c’est habituellement le cas à Vienne.


 
Ce soir, c’est la seule nuit de l’année où tous les musées restent ouverts gratuitement. Je présume qu’ils seront pleins de monde et conséquemment je rentre me coucher.

Est-ce l’influence soporifique du spectacle équestre de ce matin, mais j’ai dormi de 19h30 à 2h dans la nuit et de 3h30 à 9h, soit un total de 10 heures. À bien y penser, le prix du billet en valait vraiment la peine…

Détails techniques : Panasonic GH1, objectifs Lumix 7-14 mm F/4,0 (6e photo) et Lumix 14-45 mm (les autres photos)
1re photo : 1/30 sec. — F/4,6 — ISO 320 — 22 mm
2e photo  : 1/320 sec. — F/7,1 — ISO 100 — 20 mm
3e photo  : 1/320 sec. — F/7,1 — ISO 100 — 17 mm
4e photo  : 1/30 sec. — F/4,9 — ISO 160 — 25 mm
5e photo  : 1/30 sec. — F/3,8 — ISO 200 — 17 mm
6e photo  : 1/30 sec. — F/4,0 — ISO 320 — 7 mm


Pour lire tous les comptes-rendus du voyage à Vienne, veuillez cliquer sur ceci.

Laissez un commentaire »

| Récit du voyage à Vienne, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel