Le danger des microprocesseurs trop rapides et celui de la 5G

24 novembre 2019

La vitesse excessive des microprocesseurs

La révolution informatique personnelle a été déclenchée par la mise au point de l’IBM-PC, basé sur le microprocesseur Intel 8088. Cet ordinateur et ses clones rendaient l’informatique facile et abordable pour des millions de personnes.

Au départ, l’Intel 8088 possédait une fréquence d’horloge de 4,77 MHz, bientôt porté à 10 MHz.

Incapable de répondre à la demande, la compagnie Intel avait accordé des licences de fabrication à des concurrents qui, en raison de leur petite taille, ne représentaient pas une menace pour elle. Le plus connu d’entre eux était Advanced Micro Devices (AMD).

Afin de s’imposer, AMD mit au point le microprocesseur AM286, parfaitement compatible avec ceux d’Intel. À la différence que sa fréquence d’horloge était de 20 MHz.

Aussitôt, Intel fit courir la rumeur selon laquelle la vitesse de l’AM286 était excessive et que ceux qui achetaient des ordinateurs propulsés par ce microprocesseur risquaient de perdre leurs données.

De nos jours, l’accusation fait sourire puisque les microprocesseurs contemporains sont mille fois plus rapides. Mais à l’époque l’accusation fut prise très au sérieux.

Il faut préciser que les microordinateurs de type IBM-PC fonctionnaient grâce à un système d’exploitation appelé DOS. Créé par Microsoft, le DOS était parfaitement stable, contrairement à Windows™, apparu beaucoup plus tard, qui ne l’a jamais été.

Mais les logiciels qui s’exécutaient grâce au DOS contenaient souvent des bogues. Et quand l’ordinateur plantait, était-ce la faute de l’éditeur du logiciel ou du microordinateur trop rapide ?

Dans le doute, la plupart des entreprises préférèrent acheter des ordinateurs équipés de puces d’Intel.

Et quand Intel mit au point un microprocesseur aussi rapide que celui d’AMD, on cessa de se préoccuper de la vitesse ‘excessive’ des microprocesseurs.

Le danger sanitaire de la 5G

Depuis quelques années, les efforts de la Chine en recherche et développement dépassent ceux des États-Unis.

Selon le World Intellectual Property Indicators 2012, sur les 2 140 000 millions d’inventions dans le monde en 2011, 526 412 venaient de Chine, soit 24,6 % (en comparaison avec 23,5 % de provenance américaine).

Cette première place, la Chine l’a perdue puis regagnée depuis.

En 2015, le nombre de brevets chinois était supérieur au nombre de brevets américains, japonais, coréens et européens réunis.

Dans le domaine précis de la téléphonie 5G, la Chine est en avance sur les États-Unis.

Aussi ne doit-on pas se surprendre de lire des nouvelles au sujet des graves dangers de la 5G pour la santé.

En réalité, les ondes électromagnétiques utilisées par la 5G sont des fréquences radio non ionisantes.

La controverse au sujet de la dangerosité les ondes électromagnétiques remonte à la découverte des dangers des rayons X (qui sont des ondes électromagnétiques ionisantes), qu’on a longtemps cru inoffensifs.

En dépit du fait qu’on peut trouver facilement sur l’internet de nombreux textes qui alertent leurs lecteurs des dangers de la 5G, la science est formelle; les ondes électromagnétiques non ionisantes sont normalement inoffensives.

Mais supposons que la science actuelle ait tort. Si les risques sanitaires des télécommunications existent, il faut bannir toute transmission téléphonique et télévisuelle par le biais des airs. Il faut revenir aux poteaux de téléphone et interdire l’internet par modem (donc, interdire le Wi-Fi).

Ne crier au loup que pour la 5G, cela fait partie de la propagande américaine. Dès que les Américains auront comblé leur retard face à la Chine, on n’en entendra plus parler.

Quant au risque que la Chine puisse développer un vaste réseau d’espionnage grâce au 5G, c’est une autre histoire.

L’espionnage par la 5G

Il y a quelques jours, à l’occasion du 11e Forum sur la sécurité internationale tenu à Halifax, les États-Unis menaçaient le Canada de le priver d’informations stratégiques si celui-ci laisse le géant chinois Huawei contribuer à son réseau de télécommunication 5G.

Ce qui est en cause ici, ce ne sont pas les tours de relais que nécessite la transmission de la téléphonie 5G, mais les serveurs sur lesquels transitera l’information.

Il ne fait aucun doute qu’un réseau téléphonique basé sur du matériel chinois permettrait à la Chine d’espionner toutes les communications qui y transiteront.

Mais le choix auquel nous sommes confrontés n’est pas entre deux alternatives, soit entre être espionnés par la Chine ou ne pas l’être. Le choix, c’est d’être espionnés par la Chine, par les États-Unis ou par les deux.

Or, de toute évidence, nous le serons par les deux, qu’on le veuille ou non.

Depuis les révélations d’Edward Snowden, nous possédons la preuve que les gouvernements anglo-saxons — États-Unis, Grande-Bretagne, Canada, Australie et Nouvele-Zélande — ont mis au point un vaste réseau d’espionnage qui épie tous les appels téléphoniques, courriels et textos échangés sur terre. Un réseau auquel contribuent Google, Facebook, Microsoft, Yahoo, Skype, YouTube, et Apple.

Bref, les États-Unis accusent la Chine de vouloir faire avec la 5G ce qu’eux font déjà depuis des années par tous les moyens dont ils disposent.

Oussama ben Laden aurait été assassiné bien avant s’il avait eu l’imprudence de se promener avec un téléphone multifonctionnel (peu importe la marque).

Grâce à la géolocalisation de ces appareils, on peut suivre tous nos déplacements en temps réel. Or, de plus en plus, le téléphone sert à des activités courantes comme commander un taxi (ubérisé ou non), louer une trottinette ou un vélo électrique, profiter d’aubaines à l’épicerie, savoir quand passe le prochain autobus, etc.

En quand on oublie son téléphone à la maison, les caméras de surveillance seront bientôt couplées avec des logiciels de reconnaissance faciale (souhaités par nos forces policières) qui permettront de suivre nos moindres déplacements en ville.

Grâce aux révélations que nous faisons volontairement sur nos médias sociaux, on peut savoir le type de vie qu’on mène.

Quant au profil de nos opinions politiques, nous n’avons plus besoin de les exprimer. Il suffit de cliquer ‘J’aime’ à la lecture d’un texte publié par un quotidien comme Le Devoir pour que Facebook le sache et le gouvernement américain soit en mesure de l’apprendre.

Quant à l’intimité de notre vie privée, il faut savoir que les géants américains de l’internet font la promotion d’ententes de services destinées à donner à des compagnies comme Google accès à l’intégralité des dossiers médicaux (y compris les données nominatives) détenus par des fournisseurs de soins de santé partenaires.

Bref, on peut tenter de nous alerter du danger que représente le fait que les Chinois sachent tout de nous. Au point où nous en sommes rendus, est-ce que ça change vraiment quelque chose ?

Références :
Chine ou États-Unis, lequel est plus dangereux ?
Effet des rayonnements électromagnétiques sur la santé
Frontière américaine: passeport et mots de passe, SVP!
Le Canada mettrait en péril certaines alliances en faisant affaire avec Huawei
Le projet ‘Rossignol’ de Google
Scientists warn of potential serious health effects of 5G

Paru depuis :
Le FBI fait une mise en garde sur les dangers liés aux télévisions intelligentes (2019-12-02)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Abus de téléphonie à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ)

13 septembre 2012

Il y a quelque temps, j’ai reçu un avis de convocation pour le renouvellement de mon permis de conduire. La photo sur mon ancien permis a été prise il y a quatre ans et voilà pourquoi je dois prendre un rendez-vous.

Sur cet avis, on m’invite à communiquer à la SAAQ en composant le 514-873-7620. Si vous désirez obtenir un permis plus (qui sert également de pièce d’identité pour traverser la frontière américaine en automobile, en train ou en autobus), voici les douze étapes à franchir.

Pour finalement parler à un être humain, il vous faudra environ cinq minutes que vous passerez à écouter 33 options parmi lesquels vous aurez à choisir :
• au menu principal, le choix de la langue (2 possibilités)
• au sous-menu, cinq choix possibles
• au sous-sous menu, six choix possibles
• au sous-sous-sous menu, deux choix possibles
• au sous-sous-sous-sous-menu, quatre choix possibles
• au sous-sous-sous-sous-sous-menu, quatre choix possibles
• au sous-sous-sous-sous-sous-sous-menu, trois choix possibles
• au sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-menu, deux choix possibles
• au sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-menu, vous aurez à taper votre numéro de téléphone
• au sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-menu, deux choix possibles
• au sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-menu, vous aurez à taper le numéro de dossier qui apparait sur l’avis de convocation
• au sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-sous-menu, troix choix possibles.

À l’avant-dernière étape, il vous faudra donc taper votre numéro de dossier. Celui-ci débute toujours par la première lettre de votre nom de famille. Sur un téléphone à clavier, vous avez ces touches qui indiquent la correspondance entre des lettres (ex. : A B C) et une touche correspondante (ex. : le « 1 » dans ce cas-ci).

Non seulement ce n’est pas le cas sur les téléphones portables, mais dans le cas du mien, celui-ci n’accepte que des chiffres. J’ai beau taper « M » (pour Martel), le téléphone ne fait rien. Pendant ce temps, le système vocal de la SAAQ s’impatiente : devant votre mutisme apparent, il insiste pour obtenir une réponse. Pendant ce temps, une imagette sur votre téléphone vous signale que la pile est passée de « pleinement chargée » à « chargée aux deux tiers ».

Sachez qu’à la place, pouvez taper n’importe quel chiffre et finalement, lorsque vous parlerez à un préposé, vous pourrez corriger l’erreur.

Ma suggestion à la SAAQ est simple. Déterminez les principales raisons pour lesquelles les gens vous appellent. Parmi les milliers d’appels quotidiens, est-ce possible que très peu contactent la SAAQ au sujet du remisage de leur voiture ? Si c’est effectivement peu fréquent, pourquoi en faire un des cinq choix du premier sous-menu ?

Si, comme je le pense, la très grande majorité des personnes appellent pour obtenir ou renouveler leur permis de conduire, la marche à suivre pourrait se faire en quatre étapes :
• le choix de la langue,
• l’option de l’obtention ou du renouvellement du permis (taper 1), les coordonnées de la SAAQ (taper 2) et autres raisons (taper 3),
• la saisie du numéro de téléphone,
• la saisie du numéro de dossier (sauf la première lettre).

De plus, si peu importe les choix effectués par l’appelant, on aboutit aux mêmes préposés, pourquoi obliger des millions de personnes à écouter annuellement des dizaines d’options possibles (dont la presque totalité ne s’applique pas à leur cas) et obliger les préposés à lire toutes les options choisies alors qu’il est beaucoup plus simple d’écouter ce que les gens ont à dire ?

Se parler et s’écouter les uns les autres, c’est probablement extrêmement démodé. J’en conviens. Mais cela a très bien fonctionné pendant des millénaires. Alors pourquoi ne pas continuer quelques années de plus ?

À mon avis, la téléphonie est probablement la seule technologie au monde où l’inefficacité triomphe systématiquement. Je ne serais pas surpris d’apprendre que l’absentéisme lié à la maladie entraine moins d’heures de travail perdues annuellement que tout ce temps à écouter des choix de réponses et à naviguer dans la hiérarchie complexe des menus et sous menus de certains systèmes téléphoniques.

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| 2012-2014 (années Marois), Politique québécoise | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


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