L’invention des races humaines

6 juin 2019

Introduction

Il y eut une époque où la pigmentation de la peau n’était qu’une parmi les nombreuses caractéristiques qui permettaient de distinguer les êtres humains.

Évidemment, il y avait les femmes et hommes, aux attributs vestimentaires et anatomiques très différents. Il y avait aussi les grands et les petits. Les gros et les maigres. Ceux aux yeux noirs, bleus ou gris. Les moustachus, les rasés et les imberbes. Les personnes aux cheveux noirs, châtains, blonds ou blancs.

Pour ce qui est de la peau, elle pouvait être ridée et basanée comme celle du travailleur aux champs ou être lisse et rose comme celle d’une religieuse cloitrée. Et les gens pouvaient avoir différentes carnations, ce qui implique différentes pigmentations cutanées.

Quand le groupe ethnique se fait race

Le mot ‘race’ a toujours été imprécis.

Selon le contexte, le mot pouvait désigner l’ensemble des membres d’une lignée (ex.: ‘Par ses manières, on devinait qu’il était de race noble’), les détenteurs d’une caractéristique physique ou morale (ex.: ‘Rendons hommage à celui qui fut de la race des grands bâtisseurs de la Patrie’), l’appartenance à un groupe ethnique (ex.: ‘Longue vie à la race britannique’), et pouvait même se transformer en insulte (ex.: ‘Race de vipère ! Voilà ce que tu es’).

Dans les trois derniers couplets de l’hymne national canadien —  ceux qu’on ne chante jamais — on fait référence deux fois à la race.

La première fois pour rappeler que le Canadien est né d’une race fière. Et la seconde fois pour en appeler à la loi pour nous guider parmi les races ‘étrangères’.

Le rationalisme du XIXe siècle

Une des grandes obsessions du XIXe siècle fut de comprendre et de chercher à mettre de l’ordre dans le chaos de l’univers.

Dimitri Mendeleïev publie en 1869 son tableau périodique des éléments. Tout le règne minéral y trouve sa place, y compris des métaux alors inconnus.

À la suite des travaux du naturaliste Carl von Linné, des botanistes et des naturalistes s’affairent à découvrir des espèces vivantes et à les hiérarchiser soigneusement en règnes, en embranchements, en classes, en ordres, en familles, en genres et en espèces.

Linné fut le premier à suggérer l’existence de variétés humaines (comme il y avait des races canines), sans suggérer que certaines variétés étaient supérieures à d’autres.

Contrairement à d’autres caractéristiques physiques — retrouvées de manière variable au sein de tous les peuples — la couleur de la peau était une caractéristique spécifique des membres d’une même population.

D’où l’idée que cette caractéristique, associée à la morphologie (largeur du nez, protubérance de l’arcade sourcilière, forme des yeux, etc.) permettait de classer les êtres humains en différentes races.

À l’époque, cette démarche scientifique était soutenue par les pouvoirs publics car elle donnait une justification morale à la domination des Européens sur les peuples des colonies, notamment en Afrique.

La renaissance du racisme

Le grand paradoxe des pays au lourd passé colonial (comme le Canada et les États-Unis), c’est que même en tentant d’échapper à un passé qu’ils jugent honteux, la population de ces pays perpétue l’importance démesurée attachée à la pigmentation de la peau.

C’est ainsi qu’on croit faire mieux en parlant, non pas de races, mais plutôt de ‘peuples racisés’. Ce néologisme signifie ‘peuples à qui une race a été attribuée…’. (sous-entendu : ‘…par ceux qui croient faussement au concept de race’).

Malheureusement, l’utilisation d’euphémismes ou de néologismes pour parler de collectivités définies selon la pigmentation de leur peau perpétue l’importance excessive accordée à cette pigmentation, un excès qui est à la base même du racisme.

Minorités visibles désigne les ‘non Blancs’ dans une société majoritairement blanche. Entre nous, a-t-on déjà vu un être humain invisible ? Il s’agit donc ici d’un pléonasme puisque toutes les minorités raciales sont visibles.

De la même manière, on parlera d’Afro-Américains — une désignation basée sur la géographie — plutôt que sur la pigmentation de la peau.

Le problème, c’est qu’en réalité, le mot ‘Afro-Américain’ signifie ‘Noir’.

Voilà pourquoi un Algérien qui émigre aux États-Unis ne sera jamais un Afro-Américain — même si l’Algérie est en Afrique — si la couleur de sa peau est seulement olivâtre.

Quant au concept d’appropriation culturelle appliquée aux arts de la scène, c’est une manière de perpétuer le racisme anglo-saxon et sa manie de créer des zones d’exclusion pour ceux dont la couleur de la peau n’est pas la bonne.

Conclusion

L’isolement géographique, l’interdiction des mariages interreligieux, et la peine de mort infligée aux coupables de relations sexuelles interraciales maintenaient autrefois la spécificité de la pigmentation cutanée comme vecteur identitaire.

Mais l’abolition de la ségrégation raciale et l’immigration intercontinentale ont brouillé les contours de la race.

S’il est facile de qualifier de ‘Métis’ ou de ‘Mulâtres’ ceux issus d’un premier croisement interethnique, ces mots perdent leur sens après une multitude de croisements qui ont considérablement ‘dilué’ les caractéristiques qui les définissaient.

À partir de quelle pigmentation cutanée cesse-t-on d’être un Blanc ? À partir de quelle ‘dilution génétique’ cesse-t-on d’être Noir ?

Depuis le séquençage du génome humain en 2004, on sait qu’un Blanc typique et un Noir ‘pure race’ ont en commun entre 99,5% et 99,9% de leurs chromosomes. Or cette proportion est la même entre deux membres d’une même ‘race’.

Références :
Carmen vs SLĀV
Histoire du racisme
Ô Canada et la laïcité
Race humaine
Y-a-t-il des races humaines ? Pourquoi autant de couleurs de peau ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois viols masculins célèbres aux États-Unis

27 février 2017

New York 1997

Il y a vingt ans cette année, un noir de trente ans était sodomisé dans la toilette d’une station de police new-yorkaise à l’aide d’un manche à balai brisé.

La victime eut la vessie et le colon perforés et passa deux mois à l’hôpital.

Le policier responsable fut condamné à trente ans d’emprisonnement et la ville versa 8,7 millions$ à la victime.

Chicago 2004

Le 28 aout 2004, un policier de Chicago et un patrouilleur ont arrêté un suspect noir de vingt ans, l’ont menotté, l’ont amené dans une ruelle où ils l’ont dévêtu, puis lui ont inséré profondément un tournevis dans le rectum.

La plainte en déontologie policière a été rejetée pour insuffisance de preuve.

Le plaignant s’est alors tourné vers les tribunaux civils. En dépit du parjure des policiers, le plaignant a eu gain de cause en raison de la présence de matières fécales trouvées dans le coffre à gants où se trouvaient plusieurs tournevis dans la voiture de police utilisée ce soir là.

La ville de Chicago a été condamnée à payer au plaignant quatre-millions$ plus ses frais d’avocat. Mais les policiers blâmés par le tribunal n’ont pas été punis; l’officier a conservé son poste (rémunéré à raison de 90 618$US), de même que le patrouilleur (87 384$US).

Dietrich 2015

Le village de Dietrich, dans l’État américain de l’Idaho, compte 334 habitants.

Le 22 octobre 2015, trois étudiants blancs (dont deux mineurs) ont attaqué le fils adoptif d’un de leurs professeurs de sciences.

Âgé de 17 ans au moment de l’incident, ce jeune noir attardé était victime de harcèlement à l’école. En plus d’insultes raciales, on le forçait à réciter les paroles de chansons célébrant le lynchage de noirs par le Ku Klux Klan.

Au cours de l’attaque, son harceleur principal a inséré un cintre dans l’anus de sa victime après que ses deux complices aient plaqué au sol l’adolescent noir.

En échange d’un plaidoyer de culpabilité sous des chefs d’accusation réduits, les procureurs ont laissé tomber les accusations de nature sexuelles contre l’accusé, ce qui aurait pu lui valoir un emprisonnement à perpétuité puisque la victime était encore mineure au moment de l’incident.

Si bien que dans le jugement rendu le 24 février dernier, l’accusé s’en est sorti avec 300 heures de travail communautaire et une période de probation de trois ans.

La famille du jeune noir a quitté l’Idaho depuis. La victime vit maintenant en institution après plusieurs tentatives de suicide.

Une pétition en ligne destinée à obtenir la destitution du juge a recueilli plus de 150 000 signatures en trois jours.

Références :
Idaho judge rules attack on high school football player was ‘not a rape’ or racist
The Abner Louima Case, 10 Years Later
US police officer who ‘sodomised black man with screwdriver’ allowed to keep working
White classmate avoids jail in coat-hanger assault of disabled black teenager

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand les relations publiques servent de paravent au racisme

2 juillet 2015

Jacky Alciné est un jeune noir américain. En voulant trier ses photos à l’aide de Google Photos, ce dernier fut choqué de voir que le module de reconnaissance faciale l’identifiait — lui et une de ses amies — comme des gorilles.

Très vite, Google a réagi en présentant ses excuses et en retirant la catégorie « gorille » parmi la multitude de catégories offertes par défaut par Google Photos.

Alors que les géants de Silicone Valley essuient des critiques de plus en plus vives relativement à la place insignifiante des Noirs au sein de leur personnel, ces compagnies ont adopté un certain nombre de mesures qui, malheureusement, se limitent au domaine des relations publiques.

Ainsi, Twitter a créé un poste de vice-président à la Diversité et à l’Inclusion. La titulaire, Janet Van Huysse, a publié l’an dernier un texte relatif aux efforts de sa compagnie pour augmenter la proportion de femmes et de membres de minorités ethniques au sein du personnel.

À la lecture de ce document, on ne peut que constater le gouffre qui sépare les propos dithyrambiques de Mme Van Huysse en faveur de Twitter, et les données factuelles qui illustrent ce texte et qui prouvent exactement le contraire.

Diversite_ethnique_Twitter
 
Ci-dessus, en jaune, la proportion de Noirs employés de Twitter (entre 2 et 4%, selon les catégories), alors que les Noirs constituent 13,6% de la population américaine.

L’exagération des propos de la vice-présidente de Twitter est à ce point grotesque que son texte en est drôle.

Mais Twitter n’est pas la seule compagnie à nier l’évidence.

Facebook est très fier d’annoncer qu’il a presque doublé le nombre de ses employés Afro-Américains au cours de la seule année de 2014. En embauchant cinq fois plus de Noirs en 2014 — comparativement aux 7 embauchés en 2013 — la compagnie a fait passer le nombre de ses employés Noirs de 45 à 81… parmi les 5 479 personnes de son personnel américain.

En raison de la croissance générale de ses effectifs, la proportion des Noirs est demeurée tout aussi insignifiante, passant de 1,1% à 1,5%.

Ce qui n’empêche pas Maxine Williams — la chef globale de la Diversité chez Facebook — d’affirmer que sa compagnie est déterminée à créer un environnement de travail qui reflète la diversité ethnique et culturelle du pays.

Quant à Google, seulement 2% de son personnel est de race noire. On murmure que si davantage de ses programmeurs étaient Noirs, Google Photos saurait peut-être distinguer les Noirs des gorilles…

Références :
Building a Twitter we can be proud of
Facebook’s black employees still only 1.5% of staff despite diversity gains
Google confond le portrait d’Afro-américains avec des gorilles et s’excuse
La technologie de reconnaissance faciale est-elle raciste?
Twitter employs only 49 African Americans despite diversity pledges

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les euphémismes raciaux

29 mai 2011

La journaliste Caroline Montpetit, blâmée pour avoir utilisé le terme « Blancs » dans un texte traitant du racisme envers les Autochtones, signait hier dans Le Devoir un article qui se moque subtilement des excès de rectitude politique.

La politesse exige qu’on évite d’offenser les gens inutilement. Il est donc normal d’éviter toute appellation péjorative.

Mais quelle est la différence entre parler d’un « Blanc » ou d’une « personne de race blanche » ? On me répondra que le premier réduit la personne à la couleur de sa peau alors que dans le deuxième cas, on insiste pour dire qu’il s’agit d’un être humain : toutefois comme cela est vague, on caractérise cette personne par sa carnation. Quelle belle nuance. Mais à mon avis, c’est un peu « bonnet de couleur blanche, blanche est la couleur du bonnet ».

Il y a des années, à la cafétéria de l’université de Montréal, un étudiant de descendance indienne (c’est-à-dire relatif à l’Inde) m’avait engueulé à cause des sévices que les Blancs ont infligés à son peuple. J’avais été affecté par son agressivité — après tout, nous étions à table — mais pas par ses propos : ce n’est pas parce que des Anglais au XIXe siècle ont massacré des Indiens que je dois me sentir coupable de cela simplement parce que j’ai la même couleur de peau qu’eux.

Donc pour moi, je ne vois rien de péjoratif à être qualifié de « Blanc » et je ne vois pas de raison qui justifie qu’on doive éviter ce terme comme s’il l’était. En Chine, les Occidentaux sont qualifiés de « Long nez » : même si cela ne m’offense pas, je préfère « Blanc ».

De la même manière, à mon avis, il n’y a pas de honte à être « Noir ». Évidemment on peut préférer « personne de race noire », ou « personne de couleur », ou « Afro-machinchouette » mais dans tous les cas, on fait référence plus ou moins subtilement à la pigmentation cutanée. En effet, un Blanc d’Afrique du Sud immigré aux États-Unis ou un Algérien ne sera pas qualifié d’« Afro-Américain » : on fait donc ainsi allusion à la couleur de la peau et non à la lignée ancestrale, comme on voudrait bien le croire.

Quant au terme « Juif », il ne fait pas référence à une race. Les Juifs forment un groupe religieux, ethnique et culturel largement hétérogène mais, au risque d’offenser quelques lecteurs Néo-Nazis, ils ne forment pas une race. Il n’y a donc pas de « race juive ».

Je travaille à Montréal dans un établissement fréquenté par de nombreux Juifs orthodoxes. Ce qui m’avait frappé au début, c’est que cette clientèle avait généralement une peau laiteuse (je m’attendais à voir des carnations olivâtres typiques de peuples méditerranéens), beaucoup d’yeux bleus (comme chez les peuples nordiques) et des traits fins dans la très grande majorité des cas. En fait, ils auraient des cheveux blonds qu’on les prendrait pour des Scandinaves.

Quant à « Peaux rouges », une expression utilisée pour qualifier les Autochtones qui utilisaient un enduit rouge pour se protéger des moustiques, il est rarement utilisé de nos jours, tout comme le terme « Jaunes » pour parler des peuples asiatiques.

À mon avis, on a tort de privilégier des euphémismes par politesse ou par crainte d’offenser. C’est en évitant d’appeler certains traits physiques par leur nom qu’on suggère — paradoxalement — qu’il s’agit là de caractéristiques honteuses à nos yeux.

Référence :
Faut-il appeler un chat un chat?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une injustice de moins

5 février 2011

Partout dans le monde, de jeunes gens sont déshérités et rejetés par leur communauté parce qu’ils ont contracté un mariage (souvent inter-religieux) à l’encontre de la volonté de leurs parents. Dans des cas extrêmes, ce rejet peut aller jusqu’à la lapidation de la personne qui a enfreint ainsi les tabous de sa secte.

Au Canada, les rejets les plus fréquents concernent les autochtones expulsés de leur réserve.

Depuis toujours, un autochtone de sexe masculin peut épouser une « blanche », conserver son statut d’indien et le transmettre à ses enfants. À l’opposé, avant 1985, une autochtone de sexe féminin qui épousait un « blanc » perdait automatiquement son statut d’indien. Cette « malédiction » s’étendait également à sa progéniture.

Dans certains cas, elle pouvait bénéficier de la tolérance de sa communauté et demeurer dans la réserve pendant un certain temps. Mais inévitablement, un ordre d’expulsion la chassait de sa communauté. Certaines réussissaient à refaire leur vie à l’extérieur : d’autres, moins chanceuses, connaissaient la misère.

En 1985, on a aboli partiellement cette différence de traitement : les femmes pouvaient conserver leur statut d’indien. Toutefois, elles ne pouvaient toujours pas transmettre ce titre à leurs « bâtards », contrairement à la progéniture née de l’union entre un homme indien et une « blanche ».

Il a fallu un jugement de Cour d’appel de la Colombie-Britannique, en 2009, pour forcer le gouvernement fédéral à corriger cette discrimination.

Depuis l’entrée en vigueur, le lundi 31 janvier dernier, de la Loi sur l’équité entre les sexes relativement à l’inscription au Registre des Indiens, 45 000 descendants autochtones ont retrouvé leur statut d’indiens.

Cette bonne nouvelle ne doit pas nous faire oublier que le contexte législatif canadien concernant chaque indien — dont l’identité est consignée dans un registre national — découle de vieux traités anglais coloniaux. Leurs dispositions racistes, basées sur la pureté du sang, seraient aujourd’hui invalidées par n’importe quel tribunal international.

On doit se rappeler que le pape Jean-Paul-II a condamné publiquement le sort que réserve le Canada aux premières nations de ce pays et que le système des réserves indiennes au Canada et aux États-Unis a servi de modèle à la création de l’apartheid en Afrique du Sud.

Donc à défaut d’avoir renégocié ces vieux traités honteux à la satisfaction de toutes les parties concernées, on en est rendu à rapiécer une législation raciste pour lui donner un semblant de justice et d’équité.

Référence : 45 000 Canadiens pourront retrouver le statut d’Indien

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| Politique canadienne, Racisme | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Mini « Nuit de Cristal » à Montréal

17 janvier 2011
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Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, trois synagogues, une école et une garderie juives ont été vandalisées dans l’ouest de Montréal. Cela n’est pas une coïncidence : il s’agit clairement d’actes racistes concertés, perpétrés par les même gens.

À mon avis, cette mini « Nuit de cristal » est totalement inacceptable.

On peut fermer les yeux, se dire qu’après tout personne n’en est mort, que ce ne sont pas des bombes, que c’est seulement quelques dommages matériels insignifiants, mais on aurait bien tort puisque nous sommes en présence d’actes haineux. Or la haine, on sait quand elle commence mais on ne sait pas quand elle finit.

Nous sommes tous québécois, peu importe notre religion ou notre groupe ethnique. Si quelqu’un a des griefs contre l’État d’Israël, il peut s’exprimer librement mais il n’a pas à tenter de se venger sournoisement sur les Québécois de religion hébraïque ou sur les institutions juives du Québec.

Voulons-nous voir des actes d’intimidation pousser des Québécois appartenant à des ethnies impliquées quelque part dans le monde dans des conflits — Juifs vs Arabes, Chiites vs Sunnites, Sikhs vs Indiens, Arméniens vs Turcs, etc. — sentir le besoin de créer leur propre milice armée pour se protéger ? Voulons-nous voir la multiplication des permis pour port d’arme ? Laissons s’installer un sentiment d’insécurité et c’est exactement ce qui va arriver.

Le pharmacien Gaston Beauchesne, de Hull, est décédé dans l’explosion du vol 182 d’Air India perpétré par des terroristes Sikhs du Canada pour se venger de l’assaut de l’armée indienne contre un temple dans lequel des rebelles Sikhs armés étaient retranchés. On a donc tort de croire que la violence interculturelle n’affecte que les groupes concernés. Par conséquent, que les peuples qui se détestent règlent leurs différents chez eux, pas ici.

Quant aux auteurs de ces actes de vandalisme, je leur souhaite une punition exemplaire qui fera réfléchir tous ceux qui seraient tentés de les imiter.

Référence : Cinq établissements juifs vandalisés

Détails techniques de la photo :
Canon Powershot G6 — 1/125 sec. — F/2,2 — ISO 50 — 7,2 mm


Post-scriptum : Ce texte a été publié dans le quotidien Le Devoir. On pourra lire les commentaires qu’il a suscités en cliquant ici.
 

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| 2003-2012 (années Charest), Politique québécoise, Religion | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


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