Papillons en liberté 2019

1 mars 2019

Deux mois : du 28 février au 28 avril. C’est le temps que durera cette année la 22e édition de Papillons en liberté.

Exceptionnellement, le 4 mars prochain, le Jardin botanique sera ouvert un lundi.

Pour une idée de ce qui vous y attend, voici ce que j’en ai rapporté cet après-midi.

Porte-queue lowi femelle
Le Porte-queue geai mâle
Le Cethosia biblis
Le Leuconoé
L’Eumaeus minyas

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale M.Zuiko MC-14
1re photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 800 — 110 mm
2e   photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 210 mm
3e   photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 1250 — 210 mm
4e   photo : 1/250 sec. — F/6,3 — ISO 250 — 200 mm
5e   photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 1600 — 210 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire de chenille (épilogue)

29 mai 2018

J’avais pourtant décidé que c’était fini.

Mais à 22h hier soir, il a plu.

Si dans la nature, les papillons trouvent facilement des abris pour se protéger, l’endroit où j’ai libéré mon papillon quelques heures plus tôt était plutôt à découvert.

Dans le noir, a-t-il réussi à trouver refuge ?

Dans le pire des cas, il devrait être encore vivant ce matin, à se débattre dans la boue.

Et dans le meilleur des cas, il devrait être perché quelque part, immobile au soleil à réchauffer ses muscles afin les préparer à battre des ailes.

Au parterre de fleurs jaunes où j’ai vu mon papillon pour la dernière fois, il n’y était plus ce matin. J’ai soigneusement scruté le sol pour le trouver. En vain.

Mais à deux pas, un scintillement perçu du coin de l’œil attire mon attention : c’est lui !

C’est quand même incroyable; quelles sont les probabilités de retrouver un papillon en liberté une vingtaine d’heures plus tard à peu près au même endroit ? Une chance sur un million, peut-être.

De ces temps-ci, les seules choses qui volent au Québec sont les libellules et les oiseaux; aucun papillon ‘autochtone’ n’a eu le temps de se former. Et à le voir de près, il n’y a aucun doute; c’est bien lui.

À 9h45, ce matin

J’en prends trois photos, dont celle-ci, que je trouve banales. Alors que je j’approche dans le but d’en prendre une meilleure, le voilà qui prend peur et s’envole.

Mais qu’est-ce qu’il lui prend ? Un papillon que j’ai nourri et protégé depuis sa ponte. Et voilà qu’il ne me reconnait plus. Après tout, j’ai presque changé ses couches.

D’un autre côté, c’est bon signe; son caractère sauvage le protègera des prédateurs.

Comme il s’est envolé au loin alors qu’il n’avait pas vraiment quitté les lieux depuis hier après-midi, je présume qu’il reviendra.

Je m’assois dans une de ces chaises de bois si confortables que le Jardin botanique a placé çà et là à la disposition des visiteurs.

Après une dizaine de minutes à l’attendre, je décide plutôt d’aller voir ce qu’il y a de neuf au Jardin botanique. Or justement, il y a toujours du neuf puisque c’est dans un endroit pareil qu’on met en scène le spectacle changeant de la nature.

Après avoir fait le tour, je reviens à mon point de départ non sans avoir scruté les lieux en m’approchant. Toujours rien.

Je reste planté là un court moment en balayant du regard l’horizon tout autour de moi. Puis à regret, je mets lentement en marche pour rentrer à la maison… tout en me retournant à plusieurs reprises dans l’espoir de l’apercevoir une dernière fois.

Cette silhouette sombre que j’ai vue voler au loin à la cime d’un arbre et disparaitre derrière une serre, était-ce un oiseau ou mon papillon ? Je ne le saurai jamais.

Dès que je traverse les grilles du Jardin botanique, la page est définitivement tournée.

Puisqu’il ne trouvera jamais une femelle de son espèce, son histoire s’arrêtera dans quelques semaines. Son sort est maintenant entre les mains de Dieu.

Ceci étant dit, envisageons le pire.

S’il devait être dévoré par le premier oiseau venu, il contribuera à la survie de son prédateur.

Et cet été, lorsque j’entendrai le chant d’un oiseau, je penserai que peut-être cet oiseau a le cœur à la fête parce qu’il y a quelques semaines, les rayons du soleil ont permis à mon oranger de développer ses feuilles et de nourrir une petite chenille devenue papillon devenue sa proie, permettant à cet oiseau de grandir et d’enjoliver ce jour-là le murmure du vent.

Quelles sont les probabilités qu’une telle coïncidence se produise ? Elles sont très minces. Tout comme les chances de retrouver en liberté un papillon là où on l’a quitté vingt heures plus tôt.

Et pourtant…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 40-150mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 — 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 1000 — 210 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Histoire de chenille (3e et dernière partie)

29 mai 2018

La chrysalide

La chenille tôt le 18e jour

Vers 6h du matin, le 18e jour, la chenille entame sa métamorphose en chrysalide.

Elle tisse un anneau de soie qui servira à la relier à une branche verticale. À la suite d’une série de contorsions, elle réussit à se glisser à l’intérieur de cet anneau et à le loger de manière à ce qu’il soutienne la partie supérieure du dos.

Une chenille n’a pas de squelette. Pendant près de trente heures, la chrysalide va remodeler ses tissus larvaires de manière à former ceux du papillon.

Chrysalide au matin du 19e jour

Durant la matinée du 19e jour, la chrysalide s’est cambrée vers l’arrière afin de déchirer sa dernière peau de chenille et de la faire tomber au sol.

Elle apparait alors dans une magnifique enveloppe vert tendre, biscornue et veinée comme un bois précieux.

Chrysalide au jour No 25

Au cours des jours qui suivent, en devenant vert feuille, la chrysalide se fond dans le feuillage de la plante-hôte. Dans la nature, elle échapperait ainsi à ses prédateurs.

Pendant 8 à 19 jours (selon le climat), la chrysalide vivra couchée sur le dos, le ventre bombé, et reliée au tronc par ce mince fil de soie.

Ce répit nous donne l’occasion de planifier son émergence sous forme de papillon adulte.

Jusqu’à maintenant, la chenille se nourrissait exclusivement du feuillage de citrus. Adulte, son seul aliment sera un liquide sucré appelé ‘nectar’ fabriqué de manière variable par des fleurs.

Or sur ma rue, les fleurs que font pousser mes voisins ne sont pas de bons producteurs de nectar.

Pochette pour le transport du papillon

Je dois donc prévoir le transport vers le Jardin botanique de Montréal, situé tout près.

Au vingtième jour, je dessine et découpe une pochette triangulaire de papier rigide qui sera utilisée à cette fin. Les personnes intéressées n’ont qu’à cliquer sur ceci pour en voir le patron.

De plus, dans l’éventualité où l’éclosion de la chrysalide surviendrait alors que le Jardin botanique serait fermé, je passe à l’épicerie acheter une orange et des bananes qui, tranchées et bien mures, serviront de substitut au nectar.

Au 33e jour, la chrysalide (vieille de quinze jours) est devenue soudainement beaucoup plus foncée. Cela annonce l’imminence de l’apparition du papillon adulte.

Est-ce que ce sera un mâle ou une femelle ?

Mâle, une heure après la sortie de sa chrysalide

Effectivement, vers 11h le lendemain, le papillon adulte émerge de sa chrysalide. Il prendra moins d’une heure pour déployer et faire sécher ses ailes. Et il attendra environ 90 minutes de plus pour entreprendre son premier vol.

Après avoir inséré le papillon dans la pochette que je lui ai construite, je me rends au Jardin botanique.

Au sortir de sa pochette, en plein air
De dos, sur sa première fleur
De face, sur la même fleur (une Doronic du Caucase)

Pendant que ce papillon apprend à découvrir ce nouveau monde qui s’offre à lui, je quitte les lieux sans me retourner…

Le Porte-queue lowi laissé seul

Et pour lire la véritable fin de cette histoire :
Histoire de chenille (épilogue)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 60 mm Macro F/2,8 (les 5 premières photos) et M.Zuiko 40-150 mm + multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
 1re photo : 1/125 sec. — F/4,5 — ISO 4000 — 60 mm
 2e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 60 mm
 3e  photo : 1/160 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 60 mm
 4e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 4000 — 60 mm
 5e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 6400 — 60 mm
 6e  photo : 1/250 sec. — F/11,0 — ISO 2500 — 115 mm
 7e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 210 mm
 8e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 250 — 210 mm
 9e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 500 — 175 mm
10e photo : 1/125 sec. — F/9,0 — ISO 400 — 56 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Porte-queue lowi

23 mars 2017

Introduction

D’une envergure de dix à douze centimètres, le Porte-queue lowi (dont le nom scientifique est Papilio lowi) est originaire des forêts des Philippines, de Bornéo, et d’Indonésie.

Il doit son nom au naturaliste Hugh Low, gouverneur britannique de Malaisie.

Les adultes de ce papillon boivent du nectar de diverses plantes tandis que leurs chenilles se nourrissent essentiellement de feuilles d’agrumes.

À l’évènement Papillons en liberté du Jardin botanique de Montréal, le Porte-queue lowi est un de ceux qu’on rencontre le plus fréquemment.

Indéniable, son abondance est toutefois moindre qu’on le pense en raison de sa similitude avec un autre papillon très populaire, soit le Grand mormon.

Description comparative du mâle

La face dorsale des ailes

Face dorsale du papillon mâle

D’un bleu très foncé, le mâle est décoré d’une pluie d’écailles pâles qui devient plus dense en se dirigeant vers le bord inférieur des ailes.

Les ailes postérieures — lorsqu’elles sont intactes — se terminent toujours par une queue, absente chez le Grand mormon.

Toutefois, il s’agit-là de l’attribut le plus fragile du mâle. Lorsque le bord des ailes est ébréché et qu’on n’a pas accès à la face ventrale de ces deux papillons, la seule manière de les distinguer est que le Porte-queue lowi est beaucoup plus bleuté que son collègue.

Cela est évident au gros soleil ou lorsque ces papillons sont à proximité l’un de l’autre.

La face ventrale des ailes

Le Porte-queue lowi passe une bonne partie de la journée immobile, les ailes déployées. C’est donc à dire qu’on ne peut lui voir la face ventrale des ailes qu’aux moments où il butine.

Papillon mâle, de bais

La décoration des ailes de ce papillon est d’un grand raffinement.

À l’exclusion des épaules orange brûlé, la face ventrale des ailes antérieures est identique à leur face dorsale.

Papillon mâle, de côté
Autre papillon mâle, de plus près

Noires, les ailes postérieures sont décorées de deux rangées d’ocelles ton sur ton révélés occasionnellement par un ample pourtour d’écailles gris pâle.

À l’opposé, le long du bord des ailes postérieures du Grand mormon mâle se trouve un ruban rouge décoré d’ocelles noirs.

Description comparative de la femelle

La face dorsale des ailes

Face dorsale du papillon femelle

Très différente du mâle, la femelle du Porte-queue lowi s’apparente à celle du Grand mormon; leurs ailes antérieures sont identiques. Ce sont leurs ailes postérieures qui permettent de les distinguer.

Beige pâle et noir chez la femelle du Grand mormon, les ailes postérieures du Porte-queue lowi sont beaucoup plus complexes.

Leur partie supérieure est noire (alors qu’elle est beige chez sa consœur).

Entre leurs nervures, le bas des ailes postérieures dessine des ogives beiges — plus ou moins foncées selon les variétés polymorphiques — délicatement mouchetés d’écailles claires et décorés de deux rangées d’ocelles noirs de tailles différentes.

La face ventrale des ailes

Face ventrale du papillon femelle

Sur leur face ventrale, les ailes antérieures miment leur face dorsale.

Papillon femelle en majesté

Les ailes postérieures ressemblent à celles du mâle avec la différence qu’un peu du beige qui coloriait la face dorsale se retrouve souvent sur la face ventrale de la femelle (comme ci-dessus).

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 60 mm F/2,8 (7e photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 + multiplicateur de focale MC-14 (les autres photos)
1re photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 2000 — 210 mm
2e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 150 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/5,6 — ISO 2500 — 150 mm
4e  photo : 1/320 sec. — F/5,6 — ISO 500 — 210 mm
5e  photo : 1/320 sec. — F/4,0 — ISO 640 — 150 mm
6e  photo : 1/250 sec. — F/4,0 — ISO 800 — 190 mm
7e  photo : 1/125 sec. — F/8,0 — ISO 800 — 60 mm


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La série ‘Histoire de chenille’ raconte l’histoire d’un Porte-queue lowi élevé en captivité. Voici les textes de cette série :
Histoire de chenille (1re partie)
Histoire de chenille (2e partie)
Histoire de chenille (3e et dernière partie)
Histoire de chenille (épilogue)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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