Le PQ est-il un parti de droite ?

Publié le 14 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


 
Introduction

Le PQ est une coalition de gens de droite, de centre et de gauche qui ont une chose en commun; le désir de faire du Québec un pays indépendant.

Selon la tendance politique d’un ministre péquiste, il pensera et agira comme une personne de droite, de centre ou de gauche, et les politiques du gouvernement s’en ressentiront.

Ce qui fait que même quand un gouvernement péquiste est majoritaire, il agit comme un gouvernement de coalition. Et à l’interne, il est l’objet des mêmes tiraillements qu’un tel gouvernement.

Rappel historique

La notion qu’un parti puisse être de droite ou de gauche est née en France, un peu avant la Révolution.

Lors des états généraux de 1789, les représentants (ou ‘députés’) de la noblesse et du clergé furent assis à droite de Louis XVI alors que le ‘tiers état’ (représentant le peuple) prit place à gauche.

Pendant tout le XXe siècle, un parti de droite était celui qui promettait la prospérité économique et/ou l’amélioration de la société par le biais de l’enrichissement des riches.

À l’opposé, un parti de gauche était celui qui s’engageait à redistribuer de la richesse au profit de la classe moyenne ou des milieux défavorisés par le biais de mesures sociales.

Sous l’influence du wokisme, on en est venus à penser que le véritable prolétariat n’était pas les travailleurs ni les salariés à faible revenu, mais plutôt les peuples opprimés à travers le monde, auxquels s’ajoutent les victimes de discrimination raciale, sexuelle et de genre.

Au sujet de l’immigration

Autrefois, le Parti communiste français et les syndicats influencés par lui estimaient que les flux migratoires incontrôlés étaient voulus par le grand capital afin que l’abondance du ‘cheap labour’ maintienne au plus bas la rémunération des travailleurs.

L’intellectuel Juan Branco déclarait l’an dernier que les partis de gauche en Occident étaient en train de s’effondrer parce qu’ils n’arrivent pas à substituer autre chose à l’abandon de l’espoir émancipateur de la redistribution de la richesse.

Leur appui à l’immigration massive fait en sorte que leur électorat migre vers les partis de droite, heureux d’exploiter ce thème électoralement payant.

Si bien que le discours antimigratoire est passé de la gauche à la droite. C’est même devenu un des thèmes favoris des partis de droite et d’extrême droite.

Mais on aurait tort d’y voir là un critère qui définit la nature même de ce qu’est un parti de droite.

Au Québec, la crise du logement, la pression sur les services étatiques (notamment en santé et en éducation), de même que notre difficulté à franciser les néoQuébécois dans la région de Montréal, justifient les politiques du PQ à l’égard de l’immigration.

Bref, tracer une adéquation entre ces dernières et l’étiquette ‘de parti de droite’ est un raccourci fallacieux.

Références :
Aperçu de l’idéologie de Juan Branco
C’est quoi un parti de droite ou un parti de gauche ?
Il y a vingt ans, le référendum français du 29 mai 2005
L’abus du qualificatif ‘extrême droite’ par l’AFP
L’engrenage ukrainien
Le PQ n’est pas de gauche…

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Au sujet des élections québécoises de 2026

Publié le 7 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes


 
De manière générale, les résultats du scrutin de lundi dernier ont été conformes aux prédictions des sondages; un gouvernement péquiste minoritaire et une opposition officielle dirigée par le Parti libéral du Québec.

À ce sujet, il est intéressant de noter que la carte des circonscriptions libérales coïncide avec l’étendue de l’anglicisation du Québec: la région d’Hull (où s’établissent de nombreux fonctionnaires fédéraux), Laval, l’ile de Montréal et une partie de la banlieue sud de la métropole.

La surprise est venue de la région de Québec, où on a assisté à un raz-de-marée du Parti conservateur du Québec (PCQ).

L’appui de la majorité de la population de cette région au Troisième lien autoroutier n’a pas empêché Québec Solidaire (opposé à ce projet) d’y faire élire deux députés.

Je suis enclin à penser que la stratégie péquiste dans cette région a manqué d’agressivité.

On sait que lorsqu’une usine s’établit quelque part, pour chaque emploi créé, on provoque des retombées économiques qui représentent 2,7 emplois supplémentaires.

À l’inverse, on peut présumer que réduire de 70 000 postes la taille de la fonction publique québécoise — une promesse conservatrice — serait une mesure douloureuse pour l’ensemble de l’économie de cette région.

Ce ‘dégraissage’ de l’appareil de l’État va au-delà d’une réduction progressive de la fonction publique en raison des départs volontaires et des décès des employés. Dans les faits, cela aurait été l’équivalent d’une perte d’un quart de million d’emplois (directs et indirects) pour l’économie de cette région.

Indépendamment de savoir si cela est bon (ou non) pour l’ensemble des contribuables du Québec, je m’étonne que les stratèges péquistes n’aient pas suscité la crainte face au ‘radicalisme’ du programme économique du PCQ. Ce qui, en politique, aurait été de bon aloi.

La conséquence du manque d’agressivité des stratèges péquistes, c’est que le cabinet du gouvernement nouvellement élu n’aura aucun ministre provenant de la région de Québec.

Et la défense de l’achèvement du tramway de Québec, justifiée ne serait-ce que par l’état de l’avancement des travaux, reposera essentiellement sur les épaules du maire Bruno Marchand.

J’espère que le Parti Québécois ne répètera pas la même erreur à l’occasion de la prochaine élection, prévue lorsque les partis d’opposition feront tomber prématurément le gouvernement minoritaire actuel.

Référence : Résultats des élections québécoises de 2026

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Parti Québécois : le cafouillage des constitutions successives

Publié le 3 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

Une nouvelle constitution provisoire

Dans son Livre bleu, le Parti Québécois propose l’adoption de deux constitutions successives.


 
La première d’entre elles, dite ‘provisoire’, serait adoptée par l’Assemblée nationale au cours du premier mandat du Parti Québécois. Et ce, à la suite d’une série de consultations régionales effectuées par une commission itinérante.

Le Livre bleu précise également :

Ce que nous souhaitons utiliser comme base aux travaux [menant à sa] rédaction, c’est […] la constitution provisoire du 18 juillet 1995.

Ce qu’on comprend entre les lignes, c’est qu’en vue du référendum d’octobre 1995, le Parti Québécois avait adopté quelques mois plus tôt un projet de constitution provisoire qui dort sur les tablettes depuis.

Et on devine également que le but des consultations régionales est de mettre à jour ce document.

Cette constitution provisoire n’entrerait pas en vigueur dès son adoption par l’Assemblée nationale, ni dès la victoire du ‘oui’ au référendum, mais dès l’effectivité de l’indépendance. En d’autres mots, dès que, juridiquement, le Québec sera devenu un pays indépendant.

En somme, cette constitution est qualifiée de ‘provisoire’ parce qu’elle régira provisoirement la République du Québec à partir du jour de sa naissance jusqu’au jour où cette république se dotera d’une constitution définitive adoptée par le peuple.


 
C’est ainsi qu’après l’accession du Québec à l’indépendance, la constitution ‘provisoire’ sera en vigueur pendant quatre à sept ans.

Le temps de former une assemblée constituante, composée de citoyens représentatifs, dont le mandat sera de rédiger le texte d’une deuxième constitution.


 
Cette deuxième constitution deviendra officielle dès son adoption par le peuple québécois lors d’un deuxième référendum.

Au sujet de cet échéancier, le chef du Parti Québécois ajoute : «…l’objectif de [la] constitution provisoire sera d’assurer la STABILITÉ et la CONTINUITÉ juridique et politique du nouvel État.»

La continuité et la stabilité… pour vrai

Il y a une décennie, nous écrivions sur ce blogue :

À l’issue d’un vote en faveur de l’indépendance, il est illusoire de penser que tous se rallieront du jour au lendemain autour du projet de pays à construire.

Les opposants à l’indépendance continueront de penser qu’il s’agit d’une erreur. Et c’est seulement après quelques années qu’ils se résigneront à l’idée que cela est irréversible.
[…]
À mon avis, [la Canadian Constitution de 1982] devrait […] continuer de s’appliquer quelques années après l’accession du Québec à l’indépendance.

C’est seulement lorsque les Québécois opposés à l’indépendance réaliseront son caractère irréversible qu’ils accepteront de participer à la rédaction d’un nouveau texte constitutionnel.

Or il est souhaitable que la rédaction d’une constitution pour le Québec soit un chantier auquel tous seront invités et que ce chantier devienne un moyen d’unir la Nation derrière un projet commun.

On aurait tort de croire que c’est ce que feront les consultations de la commission itinérante qui sera formée après la victoire du PQ aux prochaines élections.

Les Québécois fédéralistes — qui forment actuellement la majorité de la population — ne verront aucun intérêt à participer à une consultation destinée à dépoussiérer un projet de constitution temporaire, vieux de trente ans, qui ne servira à rien si le troisième référendum subit le même sort que les deux premiers.

Voilà pourquoi, le chantier d’une vraie constitution ne devrait être entrepris que lorsque nos amis fédéralistes seront prêts à saisir la main que nous leur tendrons pour construire ensemble un pays à notre image à nous tous.

Une période de réflexion deux ans devrait suffire à leur faire comprendre que c’est ça qui est ça.

C’est donc après ces deux années de réflexion que le gouvernement de la République du Québec devrait entreprendre le remplacement de la Canadian Constitution de 1982 par une seule nouvelle constitution.

Prolonger la vie de celle de 1982 (à quelques détails près) jusqu’à l’adoption par le peuple d’une nouvelle constitution québécoise parfaitement à notre gout — en d’autres mots, sauter l’étape d’une constitution provisoire — c’est simple, c’est clair et c’est rassurant…

Références :
Une constitution préréférendaire : la charrue avant les bœufs
Vers la constitution du pays du Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le nouveau PQ et le Covid-19

Publié le 7 mars 2021 | Temps de lecture : 4 minutes

Introduction

Lors de l’exercice de réflexion devant mener à la ‘refondation’ du Parti Québécois, j’ai qualifié le projet de Charte politique du PQ de paroxysme de l’insignifiance.

À l’obsession de ne pas faire de vagues, j’opposais l’avis que pour tous les peuples qui aspirent à l’indépendance, le chemin qui mène à la liberté est un combat contre l’adversité.

Au lieu d’en arriver coute que coute à des décisions ‘rassembleuses’, j’affirmais que par son essence même, la promotion de l’indépendance provoque toujours une polarisation de l’opinion publique. Cela est vrai en Catalogne, en Écosse, et évidemment au Québec.

Bref, on ne peut pas faire avancer l’idée de l’indépendance en demeurant sagement dans son coin.

Vaccination et souveraineté

Israël est un pays de 8,9 millions d’habitants, soit environ autant que le Québec.

Au moment où ces lignes sont écrites, 57 % de sa population a reçu au moins une dose du vaccin de Pfizer : 43 % sont complètement vaccinés et 13 % sont en attente de leur deuxième dose.

Au Royaume-Uni, 32 % des gens ont reçu la première de leurs deux doses du vaccin d’AstraZeneca et 1,6 % ont reçu les deux.

Le taux de vaccination dans ce pays est six fois supérieur à celui qui prévaut dans le marché commun européen (où seulement 5,5 % des gens ont reçu une première dose).

Selon le premier ministre Boris Johnson, il s’agit là d’un avantage du Brexit; n’étant pas plombé par la lenteur de la bureaucratie de Bruxelles, son pays a commandé ses vaccins plusieurs mois avant le reste de l’Europe.

De son côté, le Canada est au 43e rang mondial à ce sujet.

En tant que province canadienne, le Québec n’est pas libre d’acheter des vaccins; les fabricants ne vendent qu’à des pays ou des groupes de pays.

Notre province n’est pas libre non plus d’homologuer un vaccin comme le Sputnik-V, dont l’efficacité a été prouvée le mois dernier par une importante étude publiée dans The Lancet.

Même si les choses sont en train de s’améliorer, le Québec est encore lié aux difficultés d’approvisionnement d’Ottawa.

Une occasion ratée

Si le Parti Québécois reprochait publiquement l’appartenance au Canada d’être un obstacle à la vaccination rapide des Québécois, cette déclaration susciterait la controverse.

Il est à noter que la cible d’un tel reproche doit être précisément l’appartenance du Québec au Canada. Dès qu’on rend responsable un chef d’État, son gouvernement, ou sa formation politique, on abaisse l’argumentaire indépendantiste au niveau de la politique partisane. Et alors le message dérape.

Même en prenant soin d’éviter cet écueil, on accuserait le PQ de semer la discorde. On lui rappellerait qu’en temps de guerre, on évite de tirer dans le dos de nos généraux.

Et la presse fédéraliste se dirait outragée par de tels propos.

En raison de ce tollé généralisé, il est probable que les sondages révèleraient une chute des intentions de vote pour le PQ.

Mais une fois la poussière retombée, une partie des Québécois réaliseraient que cela est l’évidence même.

Un Québec souverain est libre de protéger ses frontières plutôt que de subir le laxisme d’Ottawa envers les voyageurs contagieux.

De plus, l’hécatombe survenue dans nos hospices sous-financés est la conséquence directe de la diminution des transferts fédéraux en matière de santé.

Si Ottawa préfère investir dans l’édification de l’État pétrolier canadien, un Québec indépendant pourrait allouer à la santé les sommes colossales qu’on verse malgré nous au financement étatique des énergies fossiles.

Par contre, si un Québec indépendant recevait au goutte-à-goutte les vaccins dont il a besoin, ce serait de sa faute et non celle d’Ottawa.

Voilà ce que j’aurais aimé entendre de la bouche du nouveau PQ. Du concret. Et de l’actuel.

Références :
Europe’s unified vaccination strategy is splintering as countries turn to Israel, China and Russia for help
Le Canada piétine au 43e rang mondial
Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance
L’Europe a-t-elle déjà perdu la course aux vaccins?
Sputnik V COVID-19 vaccine candidate appears safe and effective

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés au prix que nous payons pour appartenir au Canada, veuillez cliquer sur ceci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le PQ et l’affirmation indépendantiste de QS

Publié le 18 novembre 2019 | Temps de lecture : 6 minutes

Introduction

Plusieurs choses distinguent Québec Solidaire du Parti Québécois. La principale est l’audace.

Qualifiant la Canadian Constitution de ‘torchon colonial’, QS a décidé samedi dernier qu’elle foutrait le bordel — l’expression est de moi — dans la fédération canadienne dès qu’elle prendrait le pouvoir à Québec.

Les Nationalistes courtisés par la CAQ

Issu du Mouvement Souveraineté-Association, le PQ a toujours été une coalition regroupant des gens qui attachaient une importance inégale à l’une ou à l’autre, soit la souveraineté politique et à l’association économique avec le reste du Canada.

Même le mot ‘souveraineté’ comportait une ambigüité puisqu’il ne veut pas dire exactement la même chose qu’indépendance.

Dans les faits, pour les avoir côtoyés, je ne doute pas des convictions indépendantistes des dirigeants du PQ.

Mais au niveau des membres et des sympathisants, ce parti a toujours regroupé à la fois des Indépendantistes qui souhaitent la sécession du Québec d’une part, et d’autre part des Nationalistes qui veulent simplement que le gouvernement du Québec dispose plus de pouvoir au sein du Canada.

Ces derniers ne craignaient pas l’option indépendantiste du PQ puisque ce parti s’engageait à consulter le peuple à ce sujet. Il suffisait de voter ‘non’ à un référendum pour que le PQ n’insiste pas et se contente d’être un bon gouvernement provincial.

Ces Nationalistes sont maintenant courtisés par le gouvernement de François Legault. Celui-ci se présente à eux comme une solution de remplacement au PQ, capable lui aussi de réclamer et d’obtenir plus de pouvoirs d’Ottawa.

En somme, depuis son élection, la CAQ tire sous le tapis du PQ afin de lui ravir sa clientèle la moins chaude à l’idée de provoquer la sécession du Québec.

Les Indépendantistes ‘ardents’ courtisés par QS

En plus de certains Nationalistes, la coalition péquiste comprend aussi des Indépendantistes ‘ardents’ et d’autres qui veulent promouvoir l’indépendance, mais sans faire de vagues, de manière positive, en évitant de créer de la chicane à ce sujet.

Ces deux groupes ont longtemps coexisté harmonieusement, partageant le même idéal, mais avec des moyens différents.

L’adoption du texte de refondation du PQ bouscule cette alliance puisque cette charte politique est une camisole de force qui enferme l’idéologie péquiste dans le ‘positivisme’ et consacre le triomphe des Indépendantistes mous qui en contrôlent déjà l’appareil interne depuis des années.

À la suite de son congrès de samedi — au cours duquel son option indépendantiste s’est affirmée considérablement — QS courtise maintenant les Indépendantistes purs et durs : ceux qui sont toujours membres du PQ et ceux qui avaient perdu tout espoir que le PQ réalise leurs vœux.

Le message de QS est simple : si vous voulez vraiment l’indépendance du Québec, ne perdez plus votre temps au PQ. Venez chez nous, vous y êtes les bienvenus.

Or il s’adonne que le PQ a une dette de deux-millions de dollars et que ses donateurs les plus assidus sont précisément des personnes caractérisées par une profonde ferveur indépendantiste.

En effet, la grande majorité de ceux qui donnent annuellement au PQ la contribution maximale permise par la loi ne donnent pas cet argent pour le PQ, mais pour ‘la cause’.

En d’autres mots, ces gens ont l’indépendance tatouée sur le cœur.

Puisque QS conteste le monopole du PQ sur la cause indépendantiste, ces donateurs se poseront inévitablement la question de savoir lequel de ces deux partis constitue le meilleur véhicule politique de réaliser leur idéal.

Même les membres qui ne voudront pas quitter le PQ seront tentés de le priver de leurs dons pendant quelque temps afin de l’inciter à revenir à la ferveur révolutionnaire de ses débuts.

C’est ainsi que QS glisse le tapis sous les pieds du PQ. Et ce, après que la CAQ ait fait pareil auprès d’une autre partie de sa clientèle électorale.

En attaquant de manière frontale le régime colonial canadien, QS fait du PQ une victime collatérale de cet affrontement.

La myopie du PQ

Lors de l’adoption de son texte de refondation, le PQ s’est peinturé dans le coin.

Dans son désir obsessionnel de ‘susciter l’adhésion’, de ‘bâtir des consensus’ et d’en arriver à ‘des décisions rassembleuses’,
le PQ se présente non pas comme un parti de combattants pour l’indépendance, mais un parti de pleutres, prêts à prendre la fuite au moindre affrontement avec les forces fédéralistes.

Menacé de manière existentielle par QS, si le PQ commet l’erreur de critiquer l’idéologie virile de QS face à l’ordre colonial canadien, il apparaitra comme le parti de la division au sein des forces indépendantistes alors que l’ennemi, en principe, est à Ottawa.

Conclusion

Au PQ, le succès récent du Bloc Québécois fait rêver.

Malheureusement, le PQ n’a pas encore réalisé qu’il n’a plus le monopole de la cause indépendantiste.

S’il est vrai que le PQ est le vaisseau amiral du mouvement indépendantiste, alors les dirigeants de QS en sont maintenant les corsaires, déterminés à en piller le trésor; ses plus ardents donateurs.

Ce sabordage devrait faire réaliser l’imprudence stratégique d’avoir adopté, six jours plus tôt, un texte de refondation qui condamne le PQ à la redondance politique, dépecé d’un côté par la CAQ et de l’autre par QS.

Références :
Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance
Québec solidaire résolument indépendantiste
QS se dit en mesure de rendre «attirant pour toutes les générations» le mouvement indépendantiste

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le texte de ‘refondation’ du PQ : le paroxysme de l’insignifiance

Publié le 5 septembre 2019 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

À la suite de la cuisante défaite électorale subie l’an dernier, le PQ s’est engagé dans un exercice de remise en question de ses orientations politiques.

Le texte de ‘refondation’ — qui sera soumis aux congressistes dans quelques semaines — était très attendu.

Ce document de trois pages vient d’être publié par Le Devoir.

Analyse du texte

Du strict point de vue littéraire, c’est un texte bien.

Il est clair. Les arguments se suivent logiquement et l’ensemble est cohérent.

Le texte est formé de 674 mots. Les 278 premiers mots établissent ce qui suit.

Les trois premiers paragraphes découlent d’un patriotisme convenu; ils auraient pu être écrits par n’importe quel politicien fédéraliste.

C’est alors qu’on arrive au cœur du document, soit la liste des valeurs fondamentales du PQ renouvelé :
• la liberté,
• la justice et l’équité,
• le nationalisme, et
• la protection de l’environnement.

Dans son désir obsessionnel de ‘susciter l’adhésion’, de ‘bâtir des consensus’ et d’en arriver à ‘des décisions rassembleuses’, on fera la promotion de valeurs qui ne permettent pas au PQ de se distinguer des autres formations politiques du Québec.

En réalité, dès qu’un parti sécessionniste renonce à choquer l’opinion publique, voire à simplement susciter la controverse, il se coupe les ailes.

S’il est vrai qu’une partie des Québécois sont des indépendantistes purs et durs, il existe une proportion encore plus grande de fédéralistes tout aussi convaincus qui ne peuvent qu’être scandalisés par un discours qui s’attaque au Canada qu’ils aiment.

Conséquemment, être soucieux de ne pas faire de vague tout en affirmant que son ‘action politique se concentrera sur la fondation d’un pays’ (le Québec) est un oxymore.

Pour tous les peuples qui aspirent à l’indépendance, le chemin qui mène à la liberté est un combat contre l’adversité.

La seconde partie du texte, composée de 396 mots, est une profession de foi selon laquelle la meilleure manière de concrétiser ces quatre valeurs serait l’indépendance.

Le texte a raison de dire, en résumé, que si le Québec avait tous les pouvoirs d’un pays souverain et disposait de tout l’argent envoyé à Ottawa, il pourrait faire plus.

Mais cette idéologie positive échoue depuis des décennies à convaincre une majorité de Québécois de voter pour l’indépendance. Pourquoi ? Parce que ceux-ci estiment qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras.

Normalement, ce texte de ‘refondation’ devrait être la charte politique du PQ. Or ce texte mièvre est en fait une camisole de force idéologique.

En se limitant à n’être qu’un beau discours et en évitant de recourir également à la critique frontale de l’État colonial canadian, il prive le PQ d’un argumentaire qui suffirait à convaincre les voix qui lui manque pour rallier une majorité de Québécois à l’indépendance.

Pour terminer, les deux derniers paragraphes sont de la même inspiration que le début du texte, mais en plus pompeux.

Le cliché du ‘Parti de la chicane’

Pendant des années, le PQ ne s’est pas défendu de l’accusation libérale d’être le ‘Parti de la chicane’.

En réalité, c’est sous un gouvernement libéral, plus précisément au cours du Printemps érable, qu’on crevait des yeux, cassait des dents, fracturait des mâchoires et provoquait des commotions cérébrales.

Aussi controversé que soit un référendum, une consultation populaire au Québec n’a jamais tué personne.

Tel un enfant dévoré par la culpabilité, le PQ promet maintenant qu’il ne recommencera plus.

Cette reconnaissance par le PQ — dans un texte fondateur en plus — que les accusations libérales sont fondées est pathétique.

L’âge des révoltes

Pour qu’un parti suscite l’enthousiasme, il doit être en phase avec son époque.

Pendant des années, ici comme ailleurs, on a cru au mirage du néolibéralisme.

Selon la théorie du ruissèlement, plus les riches s’enrichissent, plus cette richesse finit par atteindre les gens ordinaires.

Or partout en Occident, les peuples se soulèvent parce qu’ils réalisent que le néolibéralisme ne tient pas ses promesses.

Aux États-Unis, le pouvoir d’achat du travailleur moyen stagne depuis des décennies. Parallèlement apparaissent des objets technologiques (ex.: téléphones multifonctionnels) de plus en plus couteux que réclament leurs enfants.

Désespérée, une partie importante de l’électorat américain soutient un président instable, menteur, misogyne et raciste, dont l’équilibre psychologique est douteux.

En Grande-Bretagne, on a voté pour le Brexit afin de protester contre l’immigration en provenance de l’Europe continentale et par ressentiment contre la cupidité de l’élite financière du pays.

La France est confrontée à la révolte des gilets jaunes.

En Italie et en Europe de l’Est, les partis populistes incarnent la colère du peuple.

Quant au président Bolsonaro du Brésil, on a toujours l’impression, les rares fois qu’il sourit, que le visage est sur le point de lui craquer.

Bref, au lieu de critiquer le colonialisme économique d’Ottawa contre le Québec — ce qui susciterait inévitablement la controverse — le PQ préfère devenir la version Peace & Love du discours nationaliste de la CAQ.

Conclusion

Les Québécois qui sont devenus adultes depuis le début de ce millénaire — et qui n’ont donc connu, essentiellement, que des gouvernements libéraux — ne savent pas que le PQ a déjà été un parti révolutionnaire.

Ce parti a instauré des politiques radicales, nées presque toutes dans la controverse :
• la Charte de la langue française (1977),
• la loi limitant le financement des partis politiques (1977),
• la loi antibriseurs de grève (1977),
• la protection de la vocation des terres agricoles (1978),
• la création du ministère de l’Environnement (1979),
• la création de la Régie du logement (1979),
• la création du droit à la non-discrimination à l’égard des femmes enceintes (1982),
• la création du Fonds de solidarité de la FTQ (1983),
• la loi sur l’équité salariale (1996),
• la création des centres de la petite enfance (1997),
• la création de l’assurance médicaments (1997),
• la loi sur l’assurance-parentale (2001),
• la signature de la Paix des Braves avec les peuples autochtones (2002),
• le rétablissement de la paix sociale lors de la grève étudiante (2012),
• l’interdiction de la production d’amiante (2012),
• la fermeture des centrales nucléaires (2012).

Et j’en passe.

Avec son texte de ‘refondation’ de couleur pastel, le PQ aspire à devenir la version aseptisée de ce qu’il a déjà été; une formation politique bourgeoise qui se fond dans le bleu poudre des murs de l’Assemblée nationale.

Ce texte de ‘refondation’, aussi lisse et insignifiant qu’une publicité de cosmétique, rappelle l’époque joyeuse où l’électorat choisissait ses dirigeants politiques à la blancheur de leurs dents.

Le PQ doit être en phase avec le temps présent et ne pas hésiter à créer la controverse en ouvrant les yeux du peuple, de même qu’en lui disant ce qu’il a peur d’entendre. Apparemment, ce sera pour une autre fois.

Avec ce texte de ‘refondation’ accueilli dans l’indifférence générale, le PQ s’enfonce dans la redondance politique.

J’espère qu’il se réveillera avant qu’il ne soit trop tard.

Référence : La déclaration du Parti québécois

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Conseil national du PQ à Trois-Rivières

Publié le 25 mars 2019 | Temps de lecture : 3 minutes
Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière

Samedi et dimanche derniers, les délégués péquistes de chaque circonscription du Québec se réunissaient en Conseil national.

Contrairement à un congrès (où les membres décident du programme électoral), le Conseil national est une réunion administrative des dirigeants des cellules locales du PQ.

À cette occasion, diverses instances font rapport et le budget de l’année est adopté.

Mais en plus, dans ce cas-ci, on a jeté les bases d’un Congrès extraordinaire (le deuxième de l’histoire du PQ) qui doit se tenir cet automne.

Dans ce but, on a déterminé la composition du comité directeur, et adopté un vague canevas servant de base de discussion.

De retour à la maison, j’ai appris que ce Conseil national avait été le théâtre d’un important clivage intergénérationnel.

En réalité, toutes les propositions présentées par l’aile jeunesse ont été adoptées sauf une qui aurait réservé la moitié des sièges du Congrès extraordinaire à des délégués de 25 ans ou moins.

En temps normal, le quart des délégués sont des jeunes.

Puisqu’aucun groupe d’âge ne possède le monopole des bonnes idées, le Conseil national a refusé d’accorder une importance démesurée à l’aile jeunesse du parti.

C’est ça, le drame médiatique de cette fin de semaine au PQ.

Bien malin celui qui pourrait deviner ce qui résultera du Congrès extraordinaire de cet automne. Mais il sera certainement l’occasion d’une réforme administrative majeure sous la direction de Carole Poirier, la nouvelle directrice générale du PQ.

Pourquoi ? Parce que le PQ traine une dette d’un peu plus de deux-millions de dollars et parce que les statuts du PQ sont inutilement compliqués.

À titre d’exemple, l’association des membres du PQ de ma circonscription (Hochelaga-Maisonneuve) dispose d’un budget de moins de trois-mille dollars par année (sauf en année électorale).

Et pour surveiller la bonne gestion de cette somme dérisoire, on doit former un Comité de surveillance de trois personnes.

C’est beau la transparence. Mais il y a une limite à gaspiller le temps des bénévoles.

En raison de sa nécessité, cette réforme sera adoptée. Le reste sera une surprise…

Pour terminer, voici quelques photos de participants au Conseil national de Trois-Rivières.

Dieudonné Ella Oyono, économiste
Joël Arseneau, député péquiste des Iles-de-la-Madeleine
Vincent Couture
Cédric G-Ducharme (entre Alexis Gagné-LeBrun et Simon St-Pierre)
Simon Girard
Discussion intergénérationnelle
Darcy L’Italien et Marie-Laurence Desgagné
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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/1250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
8e  photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
9e  photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le parti de la chicane

Publié le 18 mars 2019 | Temps de lecture : 2 minutes

Les sondeurs de Léger & Léger sont formels : les Québécois haïssent la chicane.

Plus tôt ce mois-ci, la députée Catherine Fournier a claqué les portes du Parti Québécois (PQ).

Mme Fournier est une jeune députée brillante et une excellente communicatrice. Elle croit être plus utile à la cause souverainiste en siégeant à titre de députée indépendante.

Avant elle, l’ex-député Jean-Martin Aussant avait fait la même chose pour finalement revenir au PQ après avoir vadrouillé quelque temps hors ses murs.

Dans tous les partis politiques, les démissions représentent une perte de talents bien moindre que la perte occasionnée par les défaites électorales.

À Ottawa, depuis un mois, ont démisionné : Jody Wilson-Raybould (la ministre de la Justice), Jane Philpott (la présidente du Conseil du Trésor), Gerald Butts (proche conseiller de Justin Trudeau) et Michael Wernick (le greffier du Conseil des ministres).

Peut-on en conclure que le parti de Justin Trudeau est devenu un parti de la discorde ? Je dirais plutôt que c’est le parti de la démission; la démission face à Trump, à Netflix, aux pétrolières, aux paradis fiscaux, en plus de la démission d’une partie de ses ministres.

Au Québec, la question ne se pose pas; le PQ serait, dit-on, le parti de la chicane. Le cas de Mme Fournier en serait un exemple. Mais quelle est la gravité des chicanes péquistes ?

De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un à qui on ait crevé un œil, fracturé la mâchoire, ou provoqué une commotion cérébrale pour s’être opposé à un dirigeant du PQ.

Mais je peux vous donner les noms de jeunes à qui cela est arrivé à Victoriaville pour s’être opposé à un dirigeant libéral.

Bref, d’où vient cette idée que le PQ, c’est le parti de la chicane ?

Lorsqu’on tient compte du Printemps érable et de sa répression musclée par le gouvernement libéral de l’époque, il m’est difficile d’être impressionné le simple fait que Mme Fournier décide changer d’air.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voter PQ naturellement

Publié le 16 mars 2019 | Temps de lecture : 2 minutes


 
Le PQ cherche à se renouveler, dites-vous ?

Au Québec, il y a plus d’un million de Francophones unilingues. Les nécessités de la vie font que ceux-ci baragouinent bien quelques mots d’anglais, mais sont incapables de postuler là où le bilinguisme est exigé.

Ce qui veut dire que l’exigence du bilinguisme — lorsqu’il n’est pas dicté par la nécessité — correspond à une discrimination à l’embauche exercée contre une partie importante du peuple francoQuébécois. Une discrimination dont ils sont victimes dans leur propre pays.

Or le sentiment d’injustice est le moteur des révolutions.

Le seul endroit au monde où ces Québécois sont chez eux, c’est au Québec. Partout au Québec.

Il est aussi normal d’être unilingue français au Québec qu’il est normal d’être unilingue allemand en Allemagne ou unilingue italien en Italie.

Qui défend ces citoyens ? Le PQ de Camille Laurin, oui. Mais pas le PQ mignon qui préfère éviter la controverse. Comme si on pouvait faire l’indépendance sans créer de vague…

Le Parti Québécois doit devenir le parti naturel des francoQuébécois comme le PLQ est le ‘parti des Anglais’ (pour reprendre les mots de Michel David).

Le PQ doit être le défenseur aveugle de l’intérêt du peuple francoQuébécois et s’opposer à tout ce qui nous dresse inutilement les uns contre les autres.

Évidemment, on l’accusera de nationalisme ethnique. Mais il doit s’y faire; même parfaitement multiculturel, il sera accusé de nationalisme ethnique pareil. Donc assumons.

Au moment du scrutin, dans le doute, les francoQuébécois doivent voter péquiste par défaut, convaincus que ce parti est le seul de leur bord.

Complément de lecture :
L’injustice et la peur

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le PQ doit-il changer de nom ?

Publié le 15 mars 2019 | Temps de lecture : 3 minutes

À sa première élection, en 1970, le Parti Québécois avait obtenu 23,06 % des suffrages et fait élire sept députés. À l’Assemblée Nationale, ceux-ci prirent place sur les bancs occupés aujourd’hui par Québec Solidaire.

En 1973, à l’élection suivante, avec 30,22 % des votes, il fit élire six députés, soit un député de moins qu’en 1970.

Par extrapolation, en perdant un député par élection, il aurait dû disparaitre il y a longtemps.

Mais voilà : l’humeur électorale des Québécois est changeante. Dès 1976, le PQ prenait le pouvoir et remporta cinq des douze élections qui suivirent.

Au cours de ses années de pouvoir, le PQ a révolutionné le Québec. Voici ce que la nation québécoise doit à ce parti :
• la Charte de la langue française,
• la création des centres de la petite enfance (CPE),
• la création du ministère de l’Environnement,
• la création de l’assurance médicaments,
• la loi sur l’équité salariale,
• la création de la Régie du logement,
• l’interdiction de la discrimination à l’égard des femmes enceintes,
• la protection de la vocation des terres agricoles,
• la signature de la Paix des Braves avec les peuples autochtones,
• le rétablissement de la paix sociale lors de la grève étudiante de 2012,
• la loi antibriseurs de grève,
• la loi sur le financement des partis politiques,
• le mariage homosexuel,
• la Commission de la santé et sécurité au travail,
• la fin de la production nucléaire au Québec,
• la fin de la production de l’amiante,
• la création de la Société d’assurance automobile du Québec,
• les élections à date fixe.

De plus, à la fin des années 1990, le PQ rétablissait l’équilibre budgétaire, après quarante années continues de déficits publics.

À la dernière élection, celle de 2018, le PQ fut relégué au rang de petit parti d’opposition, ne faisant élire que dix députés.

Comme les Juifs pleurant la destruction du Temple de Jérusalem, des voix s’élèvent aujourd’hui pour que le PQ se remette en question. Et pour illustrer le renouveau idéologique qu’ils espèrent, certains souhaitent même que le PQ change de nom.

Si on croit que le PQ devrait avoir honte de son passé, il en découle que cette formation politique aurait intérêt à tourner la page, à changer de nom et à menacer de recours judiciaires toute personne qui insinuerait un rapport entre l’ancien PQ et le nouveau parti machin.

Au contraire, si le bilan du PQ est à ce point positif que tout électeur indécis devrait avoir un préjugé favorable à son égard, le PQ aurait bien tort de s’en priver.

Le plus beau cadeau qu’on peut faire à ses adversaires politiques, c’est de leur avouer notre honte d’être ce que nous sommes.

Références :
Diviser pour rassembler
Élections générales québécoises de 1970
Liste des élections générales québécoises
Sauvetage du Québec: la vraie histoire

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Écrit par Jean-Pierre Martel