Le Conseil national du PQ à Trois-Rivières

25 mars 2019
Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière

Samedi et dimanche derniers, les délégués péquistes de chaque circonscription du Québec se réunissaient en Conseil national.

Contrairement à un congrès (où les membres décident du programme électoral), le Conseil national est une réunion administrative des dirigeants des cellules locales du PQ.

À cette occasion, diverses instances font rapport et le budget de l’année est adopté.

Mais en plus, dans ce cas-ci, on a jeté les bases d’un Congrès extraordinaire (le deuxième de l’histoire du PQ) qui doit se tenir cet automne.

Dans ce but, on a déterminé la composition du comité directeur, et adopté un vague canevas servant de base de discussion.

De retour à la maison, j’ai appris que ce Conseil national avait été le théâtre d’un important clivage intergénérationnel.

En réalité, toutes les propositions présentées par l’aile jeunesse ont été adoptées sauf une qui aurait réservé la moitié des sièges du Congrès extraordinaire à des délégués de 25 ans ou moins.

En temps normal, le quart des délégués sont des jeunes.

Puisqu’aucun groupe d’âge ne possède le monopole des bonnes idées, le Conseil national a refusé d’accorder une importance démesurée à l’aile jeunesse du parti.

C’est ça, le drame médiatique de cette fin de semaine au PQ.

Bien malin celui qui pourrait deviner ce qui résultera du Congrès extraordinaire de cet automne. Mais il sera certainement l’occasion d’une réforme administrative majeure sous la direction de Carole Poirier, la nouvelle directrice générale du PQ.

Pourquoi ? Parce que le PQ traine une dette d’un peu plus de deux-millions de dollars et parce que les statuts du PQ sont inutilement compliqués.

À titre d’exemple, l’association des membres du PQ de ma circonscription (Hochelaga-Maisonneuve) dispose d’un budget de moins de trois-mille dollars par année (sauf en année électorale).

Et pour surveiller la bonne gestion de cette somme dérisoire, on doit former un Comité de surveillance de trois personnes.

C’est beau la transparence. Mais il y a une limite à gaspiller le temps des bénévoles.

En raison de sa nécessité, cette réforme sera adoptée. Le reste sera une surprise…

Pour terminer, voici quelques photos de participants au Conseil national de Trois-Rivières.

Dieudonné Ella Oyono, économiste
Joël Arseneau, député péquiste des Iles-de-la-Madeleine
Vincent Couture
Cédric G-Ducharme (entre Alexis Gagné-LeBrun et Simon St-Pierre)
Simon Girard
Discussion intergénérationnelle
Darcy L’Italien et Marie-Laurence Desgagné
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les autres photos)
1re photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 800 — 40 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
4e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
5e  photo : 1/100 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
6e  photo : 1/1250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
8e  photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
9e  photo : 1/250 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le parti de la chicane

18 mars 2019

Les sondeurs de Léger & Léger sont formels : les Québécois haïssent la chicane.

Plus tôt ce mois-ci, la députée Catherine Fournier a claqué les portes du Parti Québécois (PQ).

Mme Fournier est une jeune députée brillante et une excellente communicatrice. Elle croit être plus utile à la cause souverainiste en siégeant à titre de députée indépendante.

Avant elle, l’ex-député Jean-Martin Aussant avait fait la même chose pour finalement revenir au PQ après avoir vadrouillé quelque temps hors ses murs.

Dans tous les partis politiques, les démissions représentent une perte de talents bien moindre que la perte occasionnée par les défaites électorales.

À Ottawa, depuis un mois, ont démisionné : Jody Wilson-Raybould (la ministre de la Justice), Jane Philpott (la présidente du Conseil du Trésor), Gerald Butts (proche conseiller de Justin Trudeau) et Michael Wernick (le greffier du Conseil des ministres).

Peut-on en conclure que le parti de Justin Trudeau est devenu un parti de la discorde ? Je dirais plutôt que c’est le parti de la démission; la démission face à Trump, à Netflix, aux pétrolières, aux paradis fiscaux, en plus de la démission d’une partie de ses ministres.

Au Québec, la question ne se pose pas; le PQ serait, dit-on, le parti de la chicane. Le cas de Mme Fournier en serait un exemple. Mais quelle est la gravité des chicanes péquistes ?

De toute ma vie, je n’ai jamais rencontré quelqu’un à qui on ait crevé un œil, fracturé la mâchoire, ou provoqué une commotion cérébrale pour s’être opposé à un dirigeant du PQ.

Mais je peux vous donner les noms de jeunes à qui cela est arrivé à Victoriaville pour s’être opposé à un dirigeant libéral.

Bref, d’où vient cette idée que le PQ, c’est le parti de la chicane ?

Lorsqu’on tient compte du Printemps érable et de sa répression musclée par le gouvernement libéral de l’époque, il m’est difficile d’être impressionné le simple fait que Mme Fournier décide changer d’air.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voter PQ naturellement

16 mars 2019


 
Le PQ cherche à se renouveler, dites-vous ?

Au Québec, il y a plus d’un million de Francophones unilingues. Les nécessités de la vie font que ceux-ci baragouinent bien quelques mots d’anglais, mais sont incapables de postuler là où le bilinguisme est exigé.

Ce qui veut dire que l’exigence du bilinguisme — lorsqu’il n’est pas dicté par la nécessité — correspond à une discrimination à l’embauche exercée contre une partie importante du peuple francoQuébécois. Une discrimination dont ils sont victimes dans leur propre pays.

Or le sentiment d’injustice est le moteur des révolutions.

Le seul endroit au monde où ces Québécois sont chez eux, c’est au Québec. Partout au Québec.

Il est aussi normal d’être unilingue français au Québec qu’il est normal d’être unilingue allemand en Allemagne ou unilingue italien en Italie.

Qui défend ces citoyens ? Le PQ de Camille Laurin, oui. Mais pas le PQ mignon qui préfère éviter la controverse. Comme si on pouvait faire l’indépendance sans créer de vague…

Le Parti Québécois doit devenir le parti naturel des francoQuébécois comme le PLQ est le ‘parti des Anglais’ (pour reprendre les mots de Michel David).

Le PQ doit être le défenseur aveugle de l’intérêt du peuple francoQuébécois et s’opposer à tout ce qui nous dresse inutilement les uns contre les autres.

Évidemment, on l’accusera de nationalisme ethnique. Mais il doit s’y faire; même parfaitement multiculturel, il sera accusé de nationalisme ethnique pareil. Donc assumons.

Au moment du scrutin, dans le doute, les francoQuébécois doivent voter péquiste par défaut, convaincus que ce parti est le seul de leur bord.

Complément de lecture :
L’injustice et la peur

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le PQ doit-il changer de nom ?

15 mars 2019

À sa première élection, en 1970, le Parti Québécois avait obtenu 23,06 % des suffrages et fait élire sept députés. À l’Assemblée Nationale, ceux-ci prirent place sur les bancs occupés aujourd’hui par Québec Solidaire.

En 1973, à l’élection suivante, avec 30,22 % des votes, il fit élire six députés, soit un député de moins qu’en 1970.

Par extrapolation, en perdant un député par élection, il aurait dû disparaitre il y a longtemps.

Mais voilà : l’humeur électorale des Québécois est changeante. Dès 1976, le PQ prenait le pouvoir et remporta cinq des douze élections qui suivirent.

Au cours de ses années de pouvoir, le PQ a révolutionné le Québec. Voici ce que la nation québécoise doit à ce parti :
• la Charte de la langue française,
• la création des centres de la petite enfance (CPE),
• la création du ministère de l’Environnement,
• la création de l’assurance médicaments,
• la loi sur l’équité salariale,
• la création de la Régie du logement,
• l’interdiction de la discrimination à l’égard des femmes enceintes,
• la protection de la vocation des terres agricoles,
• la signature de la Paix des Braves avec les peuples autochtones,
• le rétablissement de la paix sociale lors de la grève étudiante de 2012,
• la loi antibriseurs de grève,
• la loi sur le financement des partis politiques,
• le mariage homosexuel,
• la Commission de la santé et sécurité au travail,
• la fin de la production nucléaire au Québec,
• la fin de la production de l’amiante,
• la création de la Société d’assurance automobile du Québec,
• les élections à date fixe.

De plus, à la fin des années 1990, le PQ rétablissait l’équilibre budgétaire, après quarante années continues de déficits publics.

À la dernière élection, celle de 2018, le PQ fut relégué au rang de petit parti d’opposition, ne faisant élire que dix députés.

Comme les Juifs pleurant la destruction du Temple de Jérusalem, des voix s’élèvent aujourd’hui pour que le PQ se remette en question. Et pour illustrer le renouveau idéologique qu’ils espèrent, certains souhaitent même que le PQ change de nom.

Si on croit que le PQ devrait avoir honte de son passé, il en découle que cette formation politique aurait intérêt à tourner la page, à changer de nom et à menacer de recours judiciaires toute personne qui insinuerait un rapport entre l’ancien PQ et le nouveau parti machin.

Au contraire, si le bilan du PQ est à ce point positif que tout électeur indécis devrait avoir un préjugé favorable à son égard, le PQ aurait bien tort de s’en priver.

Le plus beau cadeau qu’on peut faire à ses adversaires politiques, c’est de leur avouer notre honte d’être ce que nous sommes.

Références :
Diviser pour rassembler
Élections générales québécoises de 1970
Liste des élections générales québécoises
Sauvetage du Québec: la vraie histoire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’allégeance à la reine et les périls du PQ

18 octobre 2018

Pour tout peuple conquis, rien n’est plus révélateur de son assujettissement que d’être obligé de prêter allégeance à ses conquérants ou à leurs descendants.

Dans un commentaire publié par Le Devoir en 2015, j’avais déclaré que je n’hésiterais pas à revêtir le niqab — ce vêtement féminin qui ne laisse visibles que les yeux de celle qui le porte — si j’avais l’obligation de prêter serment à la reine d’Angleterre.

C’est un peu ce qu’ont fait hier les nouveaux députés de Québec Solidaire (QS).

En vertu de la Canadian Constitution, tout nouvel élu doit prononcer le serment suivant afin de pouvoir siéger à l’Assemblée nationale :

Je, (nom du député), jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté la reine Élisabeth II.

À cela, une loi adoptée en 1982 sous le gouvernement de René Lévesque a fait ajouter :

Je, (nom du député), déclare sous serment que je serai loyal envers le peuple du Québec et que j’exercerai mes fonctions de député avec honnêteté et justice dans le respect de la constitution du Québec.

Après s’être entendus avec le secrétaire général de l’Assemblée nationale (devant qui le serment doit être prêté), les députés de QS ont juré fidélité à la reine, en privé, dans une salle adjacente au Salon rouge.

Puis, en public dans le Salon rouge, ils ont déclaré leur loyauté à la population du Québec.

Autrefois, les députés péquistes avaient l’habitude de compléter le texte du serment par des ajouts qui en ridiculisaient la teneur. On ignore ce qu’ils ont fait cette fois-ci.

Dans un texte récent, je me réjouissais d’avance de la surenchère que se livreraient QS et le PQ pour rallier les Québécois à la cause indépendantiste.

La séance d’assermentation d’hier a donné une idée — anodine, il est vrai — de cette nouvelle rivalité.

Non seulement le PQ doit-il craindre que QS lui glisse le tapis sous les pieds mais il aurait bien tort de présumer qu’un gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) sera aussi servile à l’égard du gouvernement fédéral que le gouvernement invertébré de Philippe Couillard.

On doit se rappeler que le méfiance à l’égard d’Ottawa — sous forme d’une vague hostilité à l’égard des ‘Anglais’ — fait partie de l’ADN du peuple francoQuébécois.

Or le Québec profond a voté caquiste. Il serait raisonnable de penser que la députation caquiste se fasse l’écho de ce ressentiment, ce qui compliquera les efforts péquistes de se faire une nouvelle clientèle électorale.

Au-delà de cette compétition à trois, on doit réaliser que la défaite cuisante du PQ aux dernières élections, loin d’annoncer la fin du mouvement indépendantiste, dresse la table pour son renouveau.

Références :
Le serment d’allégeance selon les députés péquistes
Québec solidaire prête serment à la reine en cachette

Sur le même sujet :
Un conseiller municipal autochtone refuse de prêter serment à la reine et abandonne son siège (2018-12-03)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La remontée du PQ passe par le discours économique

11 décembre 2017

Introduction

Les résultats d’un sondage publiés le 28 octobre dernier révélaient que l’appui au Parti québécois avait diminué en 2017 de 29% en janvier, à 25% en mars, à 22% en juin puis à 19% en octobre dernier.

Ce qui place aujourd’hui le PQ en troisième position dans les intentions de vote, loin derrière la Coalition Avenir Québec (36%) et le Parti libéral du Québec (32%).

Ce qu’il faut en retenir

L’essentiel à retenir de ce sondage, c’est que l’électorat québécois est à droite.

En effet, lorsqu’on additionne les pourcentages respectifs des deux principales formations politiques du Québec, on obtient un total de 68%, en hausse de huit pour cent depuis le début de l’année.

Pour se gagner la faveur des citoyens, le PQ n’a pas à se transformer en parti politique de droite. L’électorat de droite est très bien défendu au Québec : il n’a pas besoin d’un troisième parti.

Toutefois, il est sage que le PQ tienne compte des préoccupations de la majorité des électeurs.

Concrètement, il doit mettre en avant les mesures économiques qu’il propose et promouvoir ses politiques sociales en utilisant une argumentation de nature économique.

À l’exemple des garderies

Toutes les études scientifiques ont démontré les bienfaits économiques du réseau québécois des garderies. Voilà l’exemple typique d’une mesure sociale réalisée par le PQ tout en étant parfaitement justifiée du point de vue économique.

Deux des principaux volets du programme du PQ concernent l’économie et la promotion du français.

La politique industrielle verte vs Plan Nord (PLQ) vs ? (CAQ)

Ce qu’il faut dire aux Québécois, c’est que la politique industrielle verte du PQ — visant, entre autres, à l’électrification des transports — serait un formidable outil de développement économique.

Son cout : moins que la version originelle du Plan Nord (soixante-milliards$). Donc si on a les moyens de l’un, on a les moyens de l’autre.

Évidemment, ce qui serait mis en évidence, c’est le projet de réseau panquébécois de monorail électrique, un projet avantageux pour la vallée du Saint-Laurent et les régions qui en dépendent.

Plus on critiquera (à tort) ce projet, plus on lui fera de la publicité gratuite.

Cela s’opposera au Plan Nord, ce gigantesque projet de gaspillage des fonds publics qui visait à mettre en valeur la toundra québécoise.

Et cela s’opposera au minable train à grande fréquence de VIA Rail, défendu par la CAQ. Quant à la séduisante politique maritime de la CAQ, elle est impossible à réaliser sans l’indépendance du Québec puisqu’elle concerne un domaine fédéral exclusif de compétence constitutionnelle.

La promotion du français

Le PQ doit accepter le peuple francoQuébécois tel qu’il est. Cela signifie qu’il doit défendre le droit au travail des francoQuébécois unilingues.

Selon Statistique Canada, il y avait 3,6 millions de Québécois bilingues en 2016. Donc une bonne partie des francoQuébécois ne le sont pas.

Depuis quatorze ans, le PLQ a transformé ceux-ci en citoyens de deuxième classe alors qu’ils sont chez eux, ici, partout au Québec. Or personne ne les défend.

Quels que soient les avantages indéniables de la connaissance de l’anglais, cette discrimination est totalement inacceptable. Au nom du progrès, le PLQ a légitimé le colonialisme angloCanadien comme aucun gouvernement ne l’avait fait avant lui.

Au-delà des principes, le principal avantage économique de l’unilinguisme (quel qu’il soit) est évident; cela coute moins cher. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’au Canada anglais, il y a tant d’opposants au bilinguisme.

La majorité des néoQuébécois choisissent de s’assimiler à l’anglais. Au contraire, ceux qui choisissent de devenir francoQuébécois peinent à trouver du travail. Le taux de chômage de ces derniers est environ deux fois plus élevé que ceux qui choisissent de s’assimiler à l’anglais. Pourquoi ?

Entre autres, parce qu’on oblige trop d’entre eux à devenir non pas bilingues mais plutôt polyglottes.

Au sujet du travailleur qualifié, la politique linguistique du PQ exige du candidat à l’immigration qu’il connaisse le français avant de mettre les pieds au Québec. Cette politique est tellement plus efficace.

De plus, imposer le français comme unique langue du travail au Québec est plus simple et moins couteux, en dépit des énormes difficultés de sa mise en œuvre. Une fois cela implanté, nos problèmes de main-d’œuvre sont un jeu d’enfant.

Il suffit d’organiser un salon de l’emploi à Paris, Kinshasa, Alger, Rabat, Bruxelles, Tunis, ou Genève, pour que nos entrepreneurs reviennent de l’Étranger avec toutes les candidatures dont ils ont besoin.

Il y a des centaines de millions de Francophones à travers le monde. C’est suffisant pour pourvoir tous les postes vacants du Québec. Mais pour cela, il faut une seule langue de travail au Québec.

Quant aux angloQuébécois, ils devront apprendre à travailler généralement en français dans les entreprises de moyenne ou de grande importance. Comme c’est inversement le cas des Francophones hors Québec qui ont appris à travailler généralement en anglais. Il s’agit-là du sort normal de toutes les minorités à travers le monde.

Au sujet de l’immigration, les politiques des différents partis peuvent de résumer ainsi : plus d’immigrants selon le PLQ, moins d’immigrants selon la CAQ, et des immigrants mieux adaptés au marché du travail (et vice versa) selon le PQ.

Effectivement si on fait passer de 40% à 100% le pourcentage d’immigrants qui choisissent de devenir francoQuébécois, cela est l’équivalent de doubler notre quota d’immigration. Sans couter un sou de plus.

Le faible taux de chômage qui prévaut actuellement au Québec fait en sorte que les politiques linguistiques du PQ concordent parfaitement avec les intérêts économiques du Québec. En somme, les astres s’alignent favorablement pour le PQ.

Le boulet de la Charte de la laïcité

À l’occasion d’une rencontre organisée par le PQ dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve le 3 décembre dernier, quelqu’un de l’assistance s’est demandé publiquement comment on pouvait être péquiste de nos jours, après le désastre (sic) du gouvernement Marois.

Cette intervention m’a beaucoup surpris. Et je me suis demandé comment on pouvait penser ainsi.

Le bilan économique positif du gouvernement Marois est indéniable.

En seulement 18 mois, il a fait épargner aux contribuables trois-milliards$ en mettant la clé dans la centrale nucléaire Gentilly-II.

Et il a rétabli la paix sociale au Québec alors que la répression des protestations étudiantes en était rendue à l’utilisation des armes à mortalité réduite par les forces policières.

Avec, comme résultats, des yeux crevés, des mâchoires fracturées, des dents cassées et des commotions cérébrales. Jusqu’où aurions-nous descendu si Jean Charest avait été réélu ?

Mais il y a eu la Charte de la laïcité et des centaines d’interventions publiques — depuis le retour au pouvoir du PLQ — au cours desquelles on a imputé tous les problèmes actuels du Québec, non pas à 14 ans de régime libéral, mais à 18 mois de régime péquiste. Sans réplique du PQ, comme s’il était d’accord.

Rebâtir sa crédibilité

Au pouvoir, le PQ est un excellent gestionnaire des dépenses publiques. Mais presque personne ne le sait.

Pour qu’on prenne au sérieux ses politiques économiques, le PQ doit rebâtir sa crédibilité. Pour ce faire, il devra perdre du temps d’antenne à corriger des années d’un silence interprété comme approbateur.

Au sujet de Mme Marois, il ne doit jamais rater l’occasion de rappeler deux choses : l’économie de trois-milliards$ aux contribuables et le retour de la paix sociale.

Au sujet des administrations Parizeau-Bouchard-Landry, quatre choses : le retour de l’équilibre budgétaire, une balance commerciale positive, une croissance économique au-dessus de la moyenne canadienne, et par-dessus tout, un revenu disponible par personne au 4e rang canadien (tombé au dernier rang sous les Libéraux).

Bref, contrairement à la CAQ, le PQ est un parti qui a fait ses preuves. Mais pour être en mesure d’utiliser un tel argument, il faut que cela soit évident aux yeux des électeurs. Ce qui n’est pas le cas actuellement.

Conclusion

Le résultat du prochain scrutin se jouera au cours des trois semaines qui précèderont le vote. D’ici là, la faible popularité du PQ n’a pas d’importance.

D’ici au scrutin, le PQ devrait passer en revue les principaux éléments de son programme politique et étayer chacun d’eux avec des arguments économiques simples mais indiscutables.

Ces arguments, il les martèlera devant tous les milieux d’affaires du Québec afin de saper la base électorale de la CAQ et du PLQ. L’important n’est pas d’en faire des indépendantistes mais de leur faire réaliser que les politiques économiques du PQ sont les plus efficaces et correspondent aux intérêts de leurs entreprises.

J’ai toujours dit que le PQ avait tort de laisser croire aux Québécois qu’ils pouvaient avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.

Eh bien, cela tombe bien au sujet de la charte. Controversée dans l’ensemble de la population, elle est très populaire parmi les membres du PQ.

Ce que le PQ doit dire publiquement, c’est qu’il est déterminé à la mettre en application mais que cela n’est possible qu’après l’indépendance du Québec puisque contraire au droit canadien.

Pour préparer la défense de ses politiques économiques et sociales, le PQ ne devra rater aucune occasion d’établir sa crédibilité auprès de l’opinion publique.

Quant à son slogan (Un plan solide. Zéro slogan), je suggère plutôt celui-ci : Pas de baisse d’impôt (mais plus pour votre argent).

Si les dirigeants péquistes préfèrent ce dernier, je leur suggère de l’adopter vite avant qu’un autre parti indépendantiste ne le fasse…

Références :
La CAQ en avance dans un sondage sur les intentions de vote
La Charte de la laïcité : un mauvais départ
La vision dépassée de François Legault
Le marketing improvisé du Plan nord
Le monorail électrique entre Montréal et Québec
Recensement 2016: le Canada plus bilingue, le Québec plus anglophone
Tirs de balles de plastique : attend-on de tuer quelqu’un ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La sainte citation

16 septembre 2017

Dans son éditorial intitulé La sainte prédominance, Michel David termine en déclarant qu’un délégué au récent congrès du Parti québécois se serait opposé à ce qu’un gouvernement péquiste soit trop bon puisque cela rendrait confortable notre soumission à l’ordre canadien et conséquemment, enlèverait des raisons de faire l’indépendance.

Il m’arrive d’être un peu nono, mais pas à ce point-là…

Dans le contexte de la discussion au sujet du premier paragraphe de la résolution 412 (au sujet d’Énergie Est), j’ai effectivement déclaré : « Je suis contre le fait que le PQ fasse croire qu’on peut avoir tous les avantages de l’indépendance sans avoir besoin de la faire.»

Que dit cette résolution ?

Utiliser tous les leviers légaux, règlementaires, judiciaires et politiques pour freiner le projet Énergie Est et tout autre projet de transport de pétrole produit ou raffiné hors Québec à des fins exclusives d’exportation par oléoduc, par navire ou par rail.

Tel qu’il a été adopté, ce paragraphe est un bluff qui laisse croire que le Québec aurait le moyen d’empêcher ou de nuire à la construction de ce pipeline.

Actuellement, le transport de pétrole au Québec — que ce soit par train, par pipeline ou par pétrolier — est un domaine de compétence constitutionnelle exclusif du gouvernement fédéral.

Si Trans-Canada décide d’aller de l’avant avec son projet, seule l’indépendance pourrait empêcher la construction d’Énergie Est.

À preuve : si le Québec était déjà indépendant, Trans-Canada exporterait son pétrole par la Baie d’Hudson.

Énergie Est constitue donc un argument en or pour convaincre ses opposants à devenir indépendantistes s’ils ne le sont pas déjà.

À mon avis, le PQ se tire dans le pied en faisant croire que nous pouvons avoir, dans ce cas, tous les avantages de l’indépendance sans avoir à la faire.

Voilà très précisément le sens de mon intervention au congrès.

Ceci étant dit, l’article 6.4.1 du programme du PQ avoue, à juste titre, que « c’est Ottawa qui décide et le Québec n’a essentiellement rien à dire». À l’opposé, la résolution 412 à laquelle je me suis opposé — et l’article 6.4 du programme qu’elle remplace — constituent un bluff au sujet de pouvoirs que le Québec n’a pas.

J’inviterais donc le Conseil exécutif national du PQ à corriger la contradiction entre le bluff de l’article 6.4 et l’aveu d’impuissance de l’article 6.4.1 du programme.

De plus, à défaut de pouvoir empêcher la construction d’Énergie Est, le PQ peut au moins s’engager à éviter de favoriser la construction de ce pipeline.

Or pour éviter de favoriser sa construction, il suffit d’abroger l’infâme loi 106 du gouvernement Couillard qui accorde le droit d’expropriation aux pétrolières. Un engagement qui n’apparait nulle part dans le programme du parti.

Le Conseil exécutif pourrait en profiter pour corriger cette lacune.

Références :
Le gouvernement Couillard accorde le droit d’expropriation aux pétrolières
Projet de loi 106 : le ministre Arcand doit démissionner

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Plafonner le salaire des grands commis de l’État

13 avril 2017

En France, depuis 2012, le salaire des mandarins de l’administration publique est plafonné à 450 000 euros par an.

Depuis le mois dernier, la loi israélienne plafonne à 862 000$Can le salaire des patrons des banques du pays.

Cette loi stipule également qu’aucun salaire versé dans le secteur financier ne peut excéder 35 fois celui de l’employé le moins bien payé au sein de la même société.

En d’autres mots, le président ne peut gagner plus de 35 fois le salaire du balayeur de plancher.

Dans une entrevue exclusive publiée dans La Presse le 8 avril dernier, le chef du Parti québécois a annoncé que, s’il prenait le pouvoir, aucun employé de l’État ne pourrait toucher une rémunération supérieure à 90% du salaire du premier ministre.

La seule exception serait le président de la Caisse de dépôt et placement. Tous les autres grands serviteurs de l’État seraient assujettis à cette règle.

Selon La Presse, cette mesure affecterait les hauts dirigeants suivants :
• Éric Martel, d’Hydro-Québec (493 000$)
• Louis Morisset, de l’Autorité des marchés financiers (414 000 $)
• Pierre-Gabiel Côté, d’Investissement Québec (391 000$)
• Alain Brunet, de la Société des alcools (390 000$)
• Luc Meunier, de la société québécoise des infrastructures (317 000$)
• Juan-Roberto Iglesias, secrétaire général de l’État (313 000$)
• Patrice Brunet, PDG du CHUM (296 000$)
• Patricia Gauthier, du CIUSS Estrie (293 000$)
• Gertrude Bourdon, du CHU Québec (290 000$)
• Clermont Gignac, directeur du projet du CHUM (280 000$)
• Horacio Arruda, directeur de la santé publique (274 000$)
• Luc Monty, sous-ministre des finances (255 000$)

En réponse à cette annonce, le premier ministre du Québec a jugé que cela était un indice que le PQ se radicalise : « C’est un autre épisode où M. Lisée, clairement, cherche désespérément à se coller à Québec solidaire.»

C’est également l’avis du Devoir. Sous le titre d’Une idée simpliste de Lisée, l’éditorialiste Robert Dutrisac écrit ce matin : « Jean-François Lisée, qui plaide pour un Québec ‘éthique et équitable’, surfe sur la vague de l’indignation populaire soulevée par la rémunération que se sont réservée les hauts dirigeants de Bombardier et par les hausses éhontées accordées aux médecins. Le chef péquiste veut sans doute séduire les sympathisants de Gabriel Nadeau-Dubois, mais il aurait avantage à se rappeler que la compétence importe, même dans le secteur public.»

Voilà, le mot est lâché; la compétence se paie.

Le tiers du 1% des Québécois les plus fortunés sont les médecins. J’ai beaucoup d’estime pour les médecins, notamment les chirurgiens et les urgentologues, dont le métier est de sauver quotidiennement des vies humaines.

Mais, avouons-le franchement, tous les médecins étaient de parfaits incompétents avant d’entreprendre leur cours en médecine. Donc la compétence s’acquiert. Et dans leur cas, à l’occasion d’une formation universitaire très majoritairement financée par les contribuables.

De plus, il faut quand même se rappeler que pendant des années au Québec, le premier critère de l’embauche des grands commis de l’État, ce n’était pas la compétence mais l’allégeance politique, si on en juge par les travaux de la commission Bastarache.

Ceci étant dit, que l’ensemble des hauts salariés de l’État travaillent fort, je suis prêt à le croire. Tout comme c’est le cas de la mère de famille monoparentale qui concilie un petit boulot mal payé et ses obligations familiales.

Toutefois, permettez-moi de douter que le salaire des hauts payés soit la juste reconnaissance de la supériorité de leur race. À la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau et ses acolytes grassement payés ont acheté quarante-milliards de titres financiers toxiques sans avoir la moindre idée que cela ne valait rien. Allo la compétence.

De plus, il faut s’enlever de l’esprit que les hauts salariés de l’État sont des êtres dotés d’une supériorité innée. Ce n’est pas le cas. Au contraire, personne n’est irremplaçable.

Pendant plusieurs années, j’ai siégé à titre d’administrateur d’un ordre professionnel. Les salaires de tous nos employés étaient régis par une échelle salariale imposée par l’employeur (puisque personne n’était syndiqué).

Dans le cas des cadres, cette grille précisait le salaire d’un cadre ordinaire, celui d’un chef de service, et celui du directeur général. Bref, elle régissait les salaires de tous les employés de l’entreprise, sans exception. Quant aux membres du Conseil d’administration dont je faisais partie, nous recevions une rémunération symbolique constituée de jetons de présence.

Dans le cas des cadres supérieurs, cette grille prenait en considération le budget à administrer et le nombre de subalternes.

Nous avions également prévu une modulation qui tenait compte de l’atteinte par l’employé des objectifs fixés par son supérieur hiérarchique.

Et c’est par le biais de cette échelle salariale que nous avons fait disparaitre la discrimination associée au sexe. Pour les dirigeants de cette corporation, il aurait été impensable de prévoir une ‘modulation’ en fonction du sexe.

Dans le cas des grands commis de l’État, leur rémunération est présentement basée sur leur valeur estimée. Arbitrairement, ceux qui en font l’estimation sont très majoritairement des hommes et conséquemment, dans la liste des commis de l’État les mieux rémunérés, très peu sont des femmes.

Bref, on ne compte plus les gouvernements qui ont imposé des gels salariaux à l’ensemble de la fonction publique. De la même manière, l’État a le pouvoir d’imposer un plafond à la rémunération des serviteurs de l’État. Cela n’a rien de simpliste.

En suggérant d’agir ainsi, Jean-François Lisée n’est pas ce vilain démagogue racoleur décrit par Le Devoir. C’est plutôt quelqu’un qui s’inspire judicieusement de l’État français, de l’État israélien, et de toutes les entreprises privées qui se dotent d’une politique salariale cohérente.

À mon avis, ce qui est simple, c’est de répéter comme un perroquet les arguments d’un chef de gouvernement dont la plus grande réussite économique aura été de faire tomber le Québec au dernier rang des provinces canadiennes au chapitre du revenu disponible par personne.

Références :
Israël limite le salaire des banquiers
Le PQ «se radicalise», pense Couillard
Les salaires des patrons du public plafonnés à 450 000 euros par an
Lisée rabattrait les salaires des hauts dirigeants
Réduire les salaires des P.-D.G. de l’État — Une idée simpliste de Lisée

Paru depuis :
La Suisse a réglementé sous la pression des citoyens (2017-04-14)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Lettre à Jean-François Lisée au sujet des Québécois musulmans

4 février 2017

Aux funérailles montréalaises de trois des victimes de l’attentat antimusulman de Québec, tenues à l’aréna Maurice-Richard, les ministres du gouvernement Couillard et les chefs des partis d’opposition n’ont pas été invités à prendre la parole.

Si on vous avait permis de la faire, je ne suis pas convaincu que l’accueil de la foule à votre égard — où à l’égard de M. Legault, s’il y avait été présent — aurait été plus chaleureux que celui accordé aux premiers ministres du Canada et du Québec.

En effet, même s’il est de bon ton aujourd’hui pour les dirigeants du Parti québécois de prendre leurs distances à l’égard de la Charte de la laïcité, ce projet leur a aliéné de nombreux Québécois de religion musulmane.

C’est ce que soutiennent aujourd’hui MM. Gérard Bouchard et Charles Taylor dans une entrevue au Devoir.

Ceux-ci déclarent : « Les musulmans, ce qui leur a fait le plus mal, c’est la charte des valeurs. Ça les a blessés, humiliés et dressés contre la majorité. C’était une erreur magistrale de ce point de vue là.»

Je suis de cet avis.

Afin de rétablir les ponts avec la communauté musulmane du Québec, j’aimerais que le PQ s’illustre contre la xénophobie de la Droite québécoise. Une Droite que se disputent la CAQ et le PLQ. Et que le PQ a courtisée en vain sous Mme Marois.

Sur les médias sociaux et dans les commentaires publiés sur les sites web de différents quotidiens, il est jugé acceptable d’insinuer que les Musulmans sont en train de prendre le contrôle du Québec; que les Musulmans veulent pervertir nos valeurs fondamentales; que les Musulmans sont tous des cellules dormantes de groupes terroristes; ou que les Musulmans se réjouissent tous secrètement des attentats commis par leurs coreligionnaires à l’Étranger. Jamais un commentaire dans ce sens n’est censuré.

Dans tous ces cas, il s’agit d’une stigmatisation. Or cette stigmatisation est au cœur de la propagande haineuse de la Droite québécoise; ces Québécois sont présentés d’abord comme des Musulmans (ce qui insinue des ‘étrangers’) et non comme des concitoyens.

Il m’est arrivé moi-même d’utiliser l’expression ‘Musulmans d’ici’ pour parler d’eux : je me rends compte que j’ai eu tort et je m’en excuse publiquement.

Je suggère donc que dans toutes ses communications écrites et, si possible, dans les discours de ses élus, le PQ s’engage à utiliser l’expression ‘Québécois musulmans’ et non ‘Musulmans’ ni ‘Musulmans du Québec’. Ici, l’accent est mis sur ‘Québécois’ et non sur ‘Musulmans’. Parce que nous sommes tous des Québécois.

Une telle mesure suscitera évidemment les accusations de récupération politique et l’hostilité de ceux qui sont déjà acquis à d’autres formations politiques.

Mais les membres de la communauté musulmane, eux, y seront sensibles.

De plus, je suggère que le Parti québécois promette, s’il est élu, de consacrer des sommes d’argent aux cimetières du Québec qui voudront devenir multiconfessionnels, sous réserve de différents critères, dont celui de l’acceptabilité sociale dans leurs milieux respectifs. Cela les obligera à travailler eux-mêmes à cette acceptabilité s’il veulent bénéficier de cette subvention.

Pour terminer, les pratiques funéraires musulmanes sont interdites au Québec puisque seuls l’incinération ou l’ensevelissement à la suite d’un embaumement sont permis. Je suggère que cela soit corrigé.

Il s’agit de trois mesures simples que ni la CAQ ni le PLQ ne peuvent adopter sans indisposer une partie de leur base électorale. Tout au plus, le PQ pourrait s’attirer les foudres de ceux qui, de toute façon, ne voteraient pas pour lui, en contrepartie de l’appui massif des Québécois musulmans, heureux de constater que le PQ est dans de meilleures dispositions à leur égard.

Travailler à la cohésion sociale du Québec exige un peu d’effort de chacun d’entre nous et je crois que ces trois mesures iraient dans la bonne direction.

Sur le même sujet :
La Charte de la laïcité : un mauvais départ

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2 commentaires

| 2014-2018 (années Couillard), Politique québécoise, Sociologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Chippendales du PQ ou l’art de déchirer sa chemise en public

14 janvier 2017


 
Dans une lettre ouverte publiée dans Le Devoir, cinq Indépendantistes influents critiquent certaines des modifications que M. Jean-François Lisée, chef du Parti québécois, se propose d’apporter au programme de sa formation politique.

Soumettre les CÉGEPs anglophones à la Loi 101

Selon les signataires, «…il est si essentiel que le champ d’application de la Charte de la langue française soit étendu au collégial, agissant ainsi en amont du monde du travail.»

En somme, ils veulent limiter l’accès des CÉGEPs anglophones aux seuls angloQuébécois. Il s’agit d’une mesure que ni René Lévesque, ni Jacques Parizeau, ni Lucien Bouchard, ni Bernard Landry, ni Pauline Marois n’ont entreprise.

Pourquoi aucun gouvernement péquiste n’a osé faire cela jusqu’ici ? Parce que le problème était moins important, répondent les signataires.

Le fond de l’histoire, c’est que M. Lisée veut enlever du programme du PQ une disposition qui permettrait aux Libéraux de crier au loup. Une mesure qui, de toute manière, ne serait mise en application ni par lui ni par personne d’autre.

Au niveau collégial, 23% des parents québécois jugent — à tort ou à raison — que leurs adolescents devraient suivre leurs cours en anglais.

J’inviterais les protestataires à se demander pourquoi tant de parents pensent ainsi. Promouvoir un programme électoral de type ‘punitif’ pour corriger le peuple de ses défauts n’est pas très vendeur.

En contrepartie, au niveau des CÉGEPs anglophones, M. Lisée propose que tous les finissants réussissent un examen de français avant de recevoir leur diplôme. Conséquemment, le français devient alors l’équivalent d’une matière obligatoire.

Même auprès des parents angloQuébécois, cela se justifie au nom de l’employabilité. De plus, c’est une mesure facile à mettre en application et qui a l’avantage indiscutable d’être mieux que rien.

Les cours de francisation aux immigrants

Les auteurs de la lettre ouverte écrivent : « …étant donné qu’encore aujourd’hui, plus de 200 000 Québécois issus de l’immigration ne parlent pas un mot de français, les cours de francisation devraient être obligatoires et les allocations pour ce faire, bonifiées.»

Les cours de francisation demeureront nécessaires dans le cas des réfugiés. M. Lisée se propose de les maintenir et de les rémunérer.

Mais les signataires radotent au sujet des travailleurs qualifiés. Ce que M. Lisée propose à leur sujet est beaucoup plus radical et beaucoup plus efficace : le candidat à l’immigration et son conjoint devront démontrer une connaissance intermédiaire ou avancée du français, sinon ils ne recevront pas de certificat de sélection.

En d’autres mots, un travailleur qualifié ne pourra pas mettre le pied au Québec s’il ne connait pas déjà le français. Peut-on trouver une meilleure motivation à apprendre notre langue ?

Fini les excuses des néoQuébécois qui ont renoncé à apprendre le français au Québec sous le prétexte que c’était trop difficile.

L’unilinguisme français de l’État québécois

Les signataires écrivent : «…il faut considérer comme prioritaire de mettre fin au bilinguisme institutionnel dans les services gouvernementaux.»

Qualifiant cette mesure de vexatoire et de mesquine, M. Raymond Labelle réplique : « Refuser de parler anglais au citoyen unilingue anglais qui cherche à payer ses impôts, se fait soigner, va au CLSC ou demande des renseignements sur son permis de conduire ne se fait pas en pratique de toute façon – c’est pour ça que ça n’arrivait pas même sous les gouvernements du PQ.»

Je ne saurais pas dire mieux.

Conclusion

Depuis des décennies, j’assiste impuissant à l’anglicisation de Montréal pendant que le PQ — qui devrait nous protéger — se déchire dans des débats futiles. Cette lettre publiée dans Le Devoir en est un exemple.

Le PQ est né d’un mouvement politique, le Mouvement Souveraineté-Association. Il a malheureusement conservé les attributs d’un simple mouvement politique, notamment un programme truffé de mesures ‘décoratives’.

Sont décoratives les mesures que personne n’a l’intention de mettre en application, qu’aucun gouvernement péquiste n’a implantées alors qu’il était au pouvoir, mais qui demeurent dans le programme parce que cela fait joli.

Or un programme politique se définit comme un ensemble de mesures qu’un parti s’engage à mettre en place une fois élu.

Retirer du programme des mesures indéfendables et les remplacer par d’autres, simples et efficaces, voilà ce que proposent les nouveaux dirigeants du PQ. Et voilà justement ce qui m’a incité à adhérer au PQ; voir ce parti renouveler son idéologie vieillissante, pleine de belles résolutions creuses.

Au cours des mois qui viennent, les propositions présentées aujourd’hui feront l’objet de discussions parmi les membres de chaque circonscription. Et ces propositions, amendées ou non, seront soumises à un congrès en septembre 2017 pour approbation finale.

Pour les signataires de cette lettre ouverte, qu’est-ce qui justifiait l’urgence de déchirer leurs chemises sur la place publique ? Sont-ils à ce point désespérés de ne pouvoir se faire entendre de la direction du PQ ?

Je suggèrerais à nos Chippendales de se rhabiller et d’en discuter calmement, entre amis, devant les diverses instances du PQ.

Références :
Langue française: Lisée rencontre de la résistance
La proposition de Jean-François Lisée est insuffisante
Le PQ et la francisation des immigrants

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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