Les propos haineux d’un père

10 décembre 2015

Interrogé par le quotidien Le Parisien, le père du troisième membre du commando terroriste qui causé le carnage au Bataclan a déclaré : « Si j’avais su qu’il commettrait un jour une chose comme ça, je l’aurais tué avant.»

À mon avis, cette déclaration doit être interprétée de manière littérale.

En vertu de la Charia, l’homicide est punissable de la peine de mort sauf quand il s’agit du mari qui tue sa femme ou du père qui tue son enfant.

Ce témoignage du père suggère que le fils a grandi à Strasbourg dans un milieu familial où règne une conception rigoriste de la religion. Or justement, ce rigorisme fut probablement un terreau fertile à la radicalisation ultérieure du fils.

En comparaison, lorsqu’un père québécois apprend que son fils est un criminel, ses réactions sont le déni (‘mon fils n’est pas comme ça’), la déculpabilisation du fils (‘il s’est laissé influencer’), ou la honte.

Mais réagir en disant qu’on aurait préféré le tuer, cela trahit un sens aigu de l’honneur familial, aujourd’hui à peu près complètement disparu chez nous, mais jugé sacré dans d’autres sociétés.

Dans une famille où règne le fondamentalisme religieux, le pas à franchir pour commettre un attentat terroriste est plus facile (sans toutefois être inéluctable) : que ce soit un attentat contre une clinique d’avortement américaine (s’il s’agit du fondamentalisme chrétien) ou contre les symboles de la dépravation occidentale (s’il s’agit du wahhabisme).

Il est important de se rappeler que le terrorisme religieux n’est pas une exclusivité musulmane; elle est associée à tous les milieux qui se croient investis de la mission divine de réaliser la Colère de Dieu.

Référence :
Le père du troisième kamikaze du Bataclan : «Si j’avais su, je l’aurais tué avant»

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Sociologie, Terrorisme | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le terrorisme nouveau

17 novembre 2015

Jusqu’au carnage récent à Paris, l’État islamique (ÉI) et Al-Qaida se distinguaient par deux choses.

Al-Qaida n’a jamais cherché à conquérir un territoire. Disposer de quelques bases d’entrainement ici et là en Asie et en Afrique lui suffisait. Au contraire, la possession d’un territoire afin d’y assoir un califat est à la base des ambitions de l’État islamique.

De plus, Al-Qaida entrainait des combattants à commettre des attentats à l’étranger, ce qui n’était pas le cas de l’ÉI. Du moins jusqu’ici.

Sur ce dernier point, ce n’est plus vrai.

Ce qui est beaucoup plus grave, c’est que l’ÉI a ‘démocratisé’ le terrorisme.

Al-Qaida a mené un grand nombre d’attentats à travers le monde. Mais ce qui l’a fait naître aux yeux du grand public, ce qui a fait sa gloire auprès de ses financiers, ce sont les attentats du 11 septembre 2001. Ceux-ci se caractérisent par l’importance des ressources mises en œuvre.

Ce que l’ÉI a prouvé à Paris, c’est qu’on pouvait organiser un attentat terroriste qui frappe autant l’esprit, avec presque rien; il suffit de quelques kalachnikovs et d’une automobile pour commettre un carnage dont toute la planète parlera.

En fait, ce type d’attentats n’est pas nouveau. Il suffit de consulter l’histoire des guerres d’indépendance au Maghreb ou des guerres civiles au Proche-Orient pour trouver des antécédents de foules mitraillées soudainement sur la voie publique sans autre raison que celle d’être des cibles faciles.

Mais depuis longtemps, la trace de ces drames n’a été conservée que dans des livres d’histoire ensevelis sous la poussière de nos bibliothèques.

L’ÉI a donc remis au goût du jour ce terrorisme facile et l’a exporté en Occident. Comme le Beaujolais, on découvre donc ce terrorisme nouveau, léger et frais.

Il est donc certain que de pareils attentats se répéteront bientôt ailleurs parce qu’ils sont presque impossibles à prévenir et parce qu’ils sont indécelables sur le radar des services de renseignements (comme on l’a vu à Paris).

Et puisque nous en parlons, j’aimerais aborder deux questions que tout le monde se pose.

Pourquoi Paris ?

On peut trouver des indices de réponse dans le communiqué publié par l’État islamique, celui dans lequel le califat revendiquait la responsabilité du carnage du 13 novembre 2015.

« Dans une attaque bénie, (…) un groupe de croyants des soldats du Califat (…) a pris pour cible la capitale des abominations et de la perversion (…), Paris.

Huit frères (…) ont pris pour cible des endroits choisis minutieusement à l’avance au cœur de la capitale française; le stade de France lors du match de deux pays (en croisade contre nous,) la France et l’Allemagne (…), le Bataclan où étaient rassemblés des centaines d’idolâtres dans une fête de perversité ainsi que d’autres cibles dans le dixième, le onzième et le dix-huitième arrondissement et ce, simultanément. »

À leurs yeux, Paris est la capitale des abominations et de la perversion. Paris est comme cette femme fière et libre dont la joie resplendissante est une offense aux yeux de la bigote qui s’enferme dans le malheur en se privant de tous les plaisirs du monde.

En somme, Paris est une ville symbolique. C’est d’ailleurs pourquoi un attentat dans cette ville a plus d’impact médiatique qu’un attentat survenu à Beyrouth ou ailleurs.

Mais je crois qu’il y a aussi une autre raison, plus pratique.

J’ai visité Paris en 2003, en 2004, en 2014 et le mois dernier. Ce qui m’a frappé, c’est à quel point Paris est peuplé. Non pas que la densité urbaine y atteigne des records, mais il y a foule souvent, partout.

En comparaison avec mes visites antérieures, il y a une décennie, j’ai l’impression qu’il y a deux fois plus de voitures dans ses rues. Le métro, bondé à Montparnasse il y a une décennie, est bondé sur plusieurs lignes principales de nos jours en dépit du fait que ses trains s’y succèdent aux deux minutes.

Le moindre obstacle à la sortie du métro (ici la mendiante, là une personne arrêtée à répondre à son téléphone portable sans se soucier des autres, plus loin ce vélo stationné au mauvais endroit) crée des goulots d’étranglement et fait en sorte que la journée à Paris ressemble souvent à une course à obstacles.

Et surtout, les terrasses de ses cafés et restaurants y sont noires de monde dès qu’il fait beau.

Conséquemment, n’importe quel terroriste y trouvera partout des cibles nombreuses contres lesquelles assouvir sa haine.

Et c’est une ville touristique qui accueille des millions de personnes par année. Aucun étranger — et à plus forte, raison aucun terroriste français — n’y attire l’attention.

À quoi devrait-on s’attendre ?

Tous ceux qui connaissent bien l’histoire de la France depuis la guerre d’Algérie savent que la réponse de l’État français aux milieux terroristes sera foudroyante, tant au Moyen-Orient, que sur le territoire national. En deux mots, la récréation est terminée. Du moins, pour quelques mois.

Mais tous ces moyens n’arrêteront pas le terrorisme. Pas plus qu’un mur n’arrête le vent.

Les gens sont fascinés par le succès. Quand un film est immensément populaire, on cherche à lui donner une suite.

C’est la même chose pour le terrorisme. L’ÉI a montré comment c’était facile de tuer une centaine de personnes. Attendons-nous à ce que les attentats de Paris fassent tache d’huile.

Ce qui m’amène à répéter : on ne peut prévenir le terrorisme par des moyens militaires ou par des services de renseignements. Il faut aller à la cause du terrorisme. Or le terrorisme n’est rien d’autre que la concrétisation de la haine.

Cette haine se nourrit du ressentiment des Musulmans à l’égard des pays occidentaux. Ce contentieux est la sève du djihadisme. Il s’articule autour de deux pôles : la guerre coloniale d’Israël en Palestine et la multiplication des guerres suscitées par les pays occidentaux dans des pays musulmans.

Tout près de l’Europe, on ne peut pas propager la guerre et le malheur sans que cela se répercute en Occident sous forme de vagues migratoires et d’attentats terroristes.

Au-delà des bombes françaises qui tomberont sur le califat parce que le carnage de Paris ne peut rester impuni, il faudra bien réaliser que ce sont d’autres bombes occidentales qui ont créé le fiasco duquel est né l’ÉI.

Puissions-nous un jour apprendre à agir autrement.

Références :
Communiqué de l’État islamique
L’État islamique : un trou noir
Nous payons les inconséquences de la politique française au Moyen-Orient

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

2 commentaires

| Sécurité, Terrorisme | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Aux Disparus…

16 novembre 2015
Au cimetière de Passy, à Paris
Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Terrorisme | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le carnage du 13 novembre 2015 à Paris

14 novembre 2015

En janvier dernier, ceux qui avaient tendance à trouver des justifications à la tuerie de Charlie Hebdo doivent se rendre à l’évidence; les victimes d’attentats terroristes ne méritent jamais leur sort.

Les personnes tuées hier soir à Paris étaient des gens comme vous et moi, attablés paisiblement à des terrasses de café ou écoutant un concert rock.

L’horreur de cette barbarie nous aide à comprendre pourquoi des millions de Syriens quittent à regret leur pays natal afin de tenter de trouver refuge ailleurs; cette barbarie, ils la quittent après l’avoir vécue quotidiennement depuis des semaines, des mois et parfois, des années.

En vue de l’attentat d’hier soir, les terroristes ont été capables de la planifier soigneusement et de la coordonner sans que les forces de l’ordre aient l’ombre d’un soupçon de ce qui allait arriver.

Et ce, en dépit du fait que la France possède un des meilleurs services de renseignements au monde.

Dans une série d’articles intitulés La tuerie de Charlie Hebdo : les lacunes du renseignement, je disais en substance que les seuls attentats terroristes évités jusqu’ici l’ont été par des moyens conventionnels; à la suite d’une dénonciation, grâce à la perspicacité d’une douanière ou à cause de l’implication physique des passagers d’un train.

Dans les faits, l’utilité des forces de l’ordre est donc de forcer les terroristes à choisir des cibles plus faciles ou de faire cesser les attentats en cours.

Hier soir à Paris, les cibles n’étaient pas ces sites touristiques très bien protégés, mais plutôt les terrasses de restaurants et une salle de concert.

De tels attentats pourraient se répéter partout où on peut se procurer aisément quelques armes automatiques.

Je crois deviner qu’au Stade de France, les kamikazes se sont fait exploser à l’extérieur parce qu’il n’ont pas réussi à y pénétrer.

Tous les moyens militaires et technologiques mis en œuvre pour combattre le terrorisme (autres que l’inspection des bagages) n’ont jamais démontré leur efficacité.

Ils servent à donner l’impression que les autorités font tout pour nous protéger; dans les faits, ils n’ont pas prévenu les attentats de New York, de Madrid, de Londres, de Copenhague et maintenant de Paris.

Pour prévenir les attentats terroristes, il faut aller à la cause de ceux-ci. Or cette cause est idéologique. En d’autres mots, ce que nous devons craindre, ce ne sont pas les armes que possèdent les terroristes; c’est la haine qui les habite.

Mais de quoi se nourrit cette haine ?

Le contentieux entre Musulmans et pays occidentaux est connu depuis longtemps. Il s’articule autour de deux pôles : la guerre coloniale d’Israël en Palestine et la multiplication des guerres suscitées par les pays occidentaux dans des pays musulmans.

Il est fini le temps où les pays producteurs d’armements pouvaient semer la mort et la désolation à l’Étranger sans que cela ait des répercussions chez eux. La prévention du terrorisme passe donc par la revision de notre politique extérieure.

Plus précisément, les citoyens que nous sommes doivent réclamer la fin de la connivence de nos gouvernements avec ce qu’il est convenu d’appeler le complexe militaro-industriel. Répandre effrontément la mort à l’Étranger parce que cela crée des emplois, c’est inévitablement la voir surgir sournoisement chez nous.

Cette prévention passe également par la répression des idéologies qui diabolisent la modernité. Le combat contre le terrorisme est fondamentalement un combat idéologique.

Après l’effondrement du rideau de fer, l’Humanité a quitté un monde binaire où s’opposaient le communisme et le capitalisme, pour entrer dans un autre monde binaire où s’opposent le totalitarisme religieux et la liberté de conscience.

Ce totalitarisme religieux, ce n’est pas l’Islam. En Indonésie, au Liban, en Tunisie et en Turquie, l’Islam est compatible avec la Démocratie parlementaire. Et ce, il est vrai, avec les mêmes risques de dérive autoritaire (en Turquie, notamment) que ceux auxquels les Canadiens viennent d’échapper grâce à la répudiation du gouvernement despotique de Steven Harper.

Le totalitarisme religieux qu’il faut combattre, c’est celui de l’Arabie saoudite et des mouvements djihadistes qu’il finance au Moyen-Orient.

L’Arabie saoudite est littéralement la Mecque du terrorisme international. Grâce à Wikileaks, nous savons — de l’avis des ambassadeurs américains — que l’Arabie saoudite est la plaque tournante du financement du terrorisme.

Tout comme l’Autriche l’a déjà fait, il faut interdire le financement de la construction et du fonctionnement des mosquées par des intérêts étrangers (visant par là le financement par des pétromonarchies).

Quand un imam autoproclamé réussi à convaincre plusieurs de ses disciples d’aller combattre pour l’État islamique, c’est le signe que le dispositif sécuritaire mis en place a des lacunes.

Voilà pourquoi il faut rendre illégale la promotion de l’État islamique et de toute idéologie qui ressemble à la sienne, dont le wahhabisme (la religion d’État de l’Arabie saoudite).

De plus, il faut séculariser le Moyen-Orient. Ce que cette partie du monde a besoin, ce n’est pas d’abord la Démocratie parlementaire. Ce qui est prioritaire, c’est la séparation entre l’État et l’Église.

Au Moyen-Âge, les pays européens ont été le théâtre d’innombrables guerres civiles. Ils l’ont été aussi longtemps que l’appareil répressif de l’État a été au service du pouvoir religieux et, en contrepartie, tant que la foi a été utilisée pour justifier la rapacité des puissants.

Quand les pays occidentaux auront le courage de menacer d’interdire le retour chez eux de tous leurs citoyens qui effectuent le pèlerinage à la Mecque à moins que l’Arabie se sécularise, le Moyen-Orient sera le théâtre de guerres civiles financées par ses pétrodollars.

Et ces guerres incessantes propageront une misère qui se répercutera chez nous sous forme de vagues migratoires et d’attentats terroristes.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

7 commentaires

| Sécurité, Terrorisme | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième voyage à Paris : jour 32

3 novembre 2015

Ce matin, j’entame la dernière journée de ce voyage. D’où le dilemme; quoi faire ? Non pas que j’ai tout vu à Paris, mais j’ai envie de faire plein de choses.

Par exemple, je suis resté sous charme de la mignonne église Saint-Joseph-des-Carmes — visitée au jour 20 de ce voyage — et qui m’a impressionné un mardi matin. Quels sont les attributs supplémentaires dont cette chapelle se pare le dimanche ?

À l’opposé, si l’église du Saint-Esprit m’est apparue sombre, froide et lugubre au 27e jour de ce voyage, ne serait-ce pas parce qu’elle dispose d’un système d’éclairage qu’on n’allume qu’en de grandes occasions, dont la messe du dimanche ?

Malgré le goût de répéter une expérience heureuse et la responsabilité de documenter correctement un lieu déjà vu, j’opte plutôt pour ce que vous auriez fait vous-mêmes; partir à l’aventure à la recherche de la nouveauté.

Il y a plusieurs années, mon frère Claude m’avait dit du bien du Parc André-Citroën, situé dans le 15e arrondissement. Je mets donc le cap sur le 15e, dont je n’ai visité que la tour Montparnasse.

En m’y rendant, je fais un détour par l’église Saint-Christophe-de-Javel. Je n’en sais à peu près rien. Si bien que je présume que c’est une église mineure.

En chemin, je m’achète pour 4 euros (6$) une pizza au restaurant À la mode libanaise. À croute mince, celle-ci a une moitié garnie au fromage et l’autre, saupoudrée de zahtar (un mélange d’épices typiques du Proche-Orient).

En entrant dans l’église Saint-Christophe-de-Javel, quel choc. Tous les murs du rez-de-chaussée sont tapissés de fresques réalisées à la spatule par Jacques Martin-Ferrières en 1928. Les couleurs dominantes de ces fresques sont des teintes militaires (vert kaki et taupe), totalement inattendues dans une église. On croirait entrer dans une grotte.

Aperçu de l’intérieur de l’église Saint-Christophe-de-Javel
Aperçu de l’intérieur de l’église Saint-Christophe-de-Javel

Si les collatéraux — les côtés de la nef — n’ont qu’un étage, le vaisseau central en possède un deuxième. Les côtés de cet étage sont percés d’une série de vitraux à prédominance de jaune qui sont comme des soleils qui rayonnent dans l’église.

On peut facilement imaginer que le rez-de-chaussée symbolise cette vallée de larmes habitée par les fidèles, eux qui vivent dans l’espoir de leur ascension au Paradis, un espoir qui illumine leur vie.

À mon avis, cette église, unique et hardie quant à sa rhétorique picturale, est un des nombreux petits chefs-d’œuvre méconnus de Paris.

Les poutres qui supportent l’édifice — qui donnent l’impression d’être de métal texturisé et peint — sont en réalité en ciment armé moulé (comme le sont les éléments constitutifs du stade olympique de Montréal). Au moment de sa construction, de 1926 à 1930, c’était la première église utilisant cette technique.

En poursuivant mon chemin, je rencontre un marché aux puces sur la rue Saint-Charles (aux environs de son intersection avec la rue de la Convention): bouquins, tapis, antiquités, monnaies, poignées en porcelaine, bijoux de style ancien, et vieilles cartes postales font la joie des chercheurs de trésor.

Ficelle Apéro aux olives et fromage

Au passage, dans une pâtisserie dont j’ai oublié de noter le nom, j’achète une Ficelle Apéro aux olives et fromage pour 2,8 euros (4,20$). Tout imprégné d’huile d’olive, c’est un de ces délices comme on n’ose plus les faire au Québec, obsédés que nous sommes de manger santé entre deux Coca-Cola…

Vers 13h30, j’arrive au Parc André-Citroën. Il occupe le terrain d’anciennes usines du fabricant automobile.

Fondamentalement, c’est une réinterprétation du parc à la française. Ici les broderies à la manière d’un tapis oriental ont été remplacées par des bosquets géométriques.

Parc André-Citroën

Le côté nord du parc (à gauche sur la photo) est occupé par une série de bosquets dont les plantes, différentes pour chaque bosquet, sont identifiées sur les panneaux.

Parc André-Citroën

À l’est (en haut sur la photo), on trouve deux hautes serres rectangulaires, entièrement transparentes. Une est vide, l’autre renferme une végétation tropicale.

Ci-dessus, les photos du parc ont été prises en plongée. Comment ont-elles été prises ?

Paris, vue du Ballon Generali

C’est que pour 12 euros, soit 18$, le Ballon Generali (le plus grand ballon gonflé à l’air chaud au monde) emporte ses passagers à 150 mètres au-dessus du site. C’est la première fois de ma vie que je monte en ballon. La vue sur la ville est impressionnante.

Provence (1948) de Maurice Mendjizky (1890-1951)

Puis je prends le métro jusqu’à la station Vaugirard pour visiter le musée Mendjisky, situé dans au fond d’une impasse du 15e arrondissement. Le musée est consacré à la promotion des peintres slaves de la Première (1912-1939) et de la Seconde École de Paris (1945-1960).

Aperçu de l’intérieur de l’église Saint-François-Xavier

Puis je me rends au 7e arrondissement faire quelques photos à l’église Saint-François-Xavier (construite de 1861 à 1873)…

Avis à l’église de la Sainte-Trinité

…et dans le 9e arrondissement pour photographier l’église de la Sainte-Trinité (construite de 1861 à 1867, où eurent lieu les obsèques du compositeur Hector Berlioz).

Filet de saumon au restaurant Royal Trinité

Je prends le repas du soir en face, au restaurant Royal Trinité. Pour 18 euros (27$), j’y prends un potage au potiron et un filet de saumon.

Il est à noter que je suis entré dans ce restaurant à 18h43, qu’on m’a apporté la soupe à 19h00 et le saumon, à 19h31. Puisque ma journée est terminée, la lenteur du service n’a pas plus d’importance.

Mais tout au cours de ce voyage, si j’avais pris 60 à 90 minutes assis au restaurant — plutôt que d’acheter un sandwich ou une crêpe à manger sur le rue — on comprendra que je n’aurais pas visité autant de sites.

Et justement parce que ma journée est terminée, j’en profite pour aller voir les vitrines des grands magasins.

Robot R2-D2 dans une vitrine sur le boulevard Haussmann

Et sur mon chemin, ce R2-D2 ébahi semble fasciné par les décorations lumineuses d’Au Printemps. Comme cet étranger que je suis dans Paris, contemple pour la dernière fois les merveilles de la capitale française…

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 75 mm F/1,8 (2e photo), PanLeica 25 mm F/1,4 (7e, 10e et 11e photos), et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 11 mm
  2e  photo : 1/320 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
  3e  photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 23 mm
  4e  photo : 1/2500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  5e  photo : 1/640 sec. — F/7,1 — ISO 200 — 19 mm
  6e  photo : 1/4000 sec. — F/2,8 — ISO 100 — 17 mm
  7e  photo : 1/320 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
  8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
  9e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 22 mm
10e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
11e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 2000 — 25 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Récit du voyage à Paris No 2, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième voyage à Paris : jour 30

31 octobre 2015

Le programme d’aujourd’hui est simple; c’est le sud des 13e et 14e arrondissements. Parce qu’il s’agit surtout de quartiers résidentiels, on y trouve moins de musées que dans les arrondissements centraux, plus touristiques, de Paris.

Puisque les arrondissements de la capitale sont disposés en spirale partant du Louvre, le territoire que je visite représente exactement le sud de cette partie de l’agglomération parisienne qu’on appelle le Paris intra-muros (celui autrefois à l’intérieur des dernières fortifications de la capitale, érigées de 1841 à 1844).

Les bâtiments y sont moins somptueux et les gens sur la rue, davantage des résidents de la capitale. En somme, la splendeur que ces quartiers n’ont pas, ils la compensent en authenticité.

Puisque la photographie de rue est, pratiquement, illégale à Paris (comme elle l’est au Québec), il ne me reste qu’à vous présenter les seuls monuments publics qu’on y rencontre, soit principalement des églises.

Je visite l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles. Cette butte était essentiellement agricole jusqu’en 1850. Elle tire son nom de Pierre Cailles qui acheta en 1543 un coteau planté de vignes dominant à 63 mètres d’altitude l’ancienne vallée de la Bièvre (une petite rivière aujourd’hui disparue).

Mosaïque à l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles
Vitrail à l’église Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles

Vaguement de style romano-byzantin, l’église en question fut construite de 1894 à 1912. Ses vitraux d’origine ont été pulvérisés lors de l’explosion en 1915 d’une fabrique de grenades située à proximité.

Remplacés d’abord par de simples verres, ceux-ci ont fait place à de très jolis vitraux qui datent des années 1930 et qui ressemblent à des images kaléidoscopiques qui pourraient avoir été réalisées cinquante ans plus tard tellement ils sont modernes.

Boulangerie Brun

Je me prends ensuite un sandwich jambon fromage à la boulangerie Brun située en face de l’église (5,5 euros). Sur sa vitrine, cet établissement affiche fièrement les nombreux prix d’excellence qu’il a remportés, dont celui de la meilleure pâtisserie de la région parisienne en 2015.

Je me rends ensuite à l’église Saint-Hippolyte, construite de 1909 à 1924, un temple d’un intérêt limité (sauf son chemin de croix peint, moderne, assez bien fait).

Il est situé dans un quartier asiatique, à 80% chinois. Ici, même les fontaines Wallace, habituellement peintes en vert, sont rouges.

Aperçu de l’église Notre-Dame de la Gare

Puis je me rends à l’église Notre-Dame de la Gare, construite de 1855 à 1864, à la fenestration parcimonieuse.

Jardins du Luxembourg, vus de la tour Montparnasse

Je quitte finalement le 13e arrondissement en métro pour me rendre à la Tour Montparnasse (située dans le 15e arrondissement). Achevée en 1973, c’était à l’époque le plus haut gratte-ciel d’Europe. Prix d’entrée : 15 euros (22,50$).

Puisque la hauteur des édifices est règlementée à Paris depuis longtemps — la tour est une des rares exceptions — la ville est très plate. Au loin, les édifices publics se distinguent à peine des bâtiments qui les entourent. Ce qui fait que ce qu’on voit le mieux, ce sont les lieux publics situés à proximité. Par exemple, les jardins du Luxembourg, les Invalides, la tour Eiffel et le cimetière de Montparnasse.

Je retourne au 14e arrondissement en métro afin de voir l’église Notre-Dame du Travail.

C’est dans cette partie de la ville que vivaient les ouvriers qui construisirent les différents pavillons de l’exposition universelle de 1900 et ceux qui travaillèrent durant la tenue de cette exposition.

Les églises des environs furent incapables de faire face à cet apport démographique soudain. Pour cette raison, on construisit de 1899 à 1901 un nouveau leu de culte, l’église Notre-Dame du Travail.

Son extérieur néo-roman, très sobre, ne laisse pas deviner son intérieur, où dominent les poutres de métal (comme c’est le cas de la tour Eiffel). On se croirait dans un atelier de réparation automobile.

Aperçu de l’église Notre-Dame du Travail

Les murs sont décorés de grandes représentations des saints protecteurs des ouvriers; St Joseph (patron des menuisiers et charpentiers), St Éloi (patron des métallurgistes) et St Luc (patron des artistes et ouvriers d’art).

Ces toiles sont entourées de décorations de style Art Nouveau. Tout comme le buffet d’orgue est également de ce style.

Finalement, je me rends à la modeste église Notre-Dame-du-Rosaire, construite en briques de 1909 à 1911.

Vitrine d’Au Printemps

Pour terminer, je prends le métro afin d’avoir un aperçu des vitrines des magasins des grands boulevards parisiens.

Souper à ma chambre

Plutôt que d’aller au restaurant, je passe à l’épicerie et je prends le repas du soir dans ma chambre d’hôtel.

Sur des tranches de pain de mie, je me fais des canapés avec 110g de tranches de saumon de Norvège parfumé au poivre et à la coriandre, puis des tartines de fromage Pavé d’Affinois. Le tout était précédé d’une généreuse portion de légumes pour couscous (en guise de soupe).

J’avais également acheté des rillettes de sardine à tartiner sur du pain, mais je n’avais plus faim.

Puisque j’ai apporté dans mes bagages mon lecteur de carte Opus — l’équivalent montréalais des cartes Navigo parisiennes — j’en profite pour la rendre valide pour les quatre prochains mois.

Donc à mon retour à Montréal, je ne perdrai pas de temps à l’aéroport à acheter de titres de transport.

Après cette journée bien remplie, je me mets au lit.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone M.Zuiko 8mm F/1,8 (7e photo) et objectifs M.Zuiko 75 mm F/1,8 (2e photo), PanLeica 25 mm F/1,4 (1re et 6e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm
2e  photo : 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
3e  photo : 1/250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 12 mm
5e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 28 mm
6e  photo : 1/125 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/800 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
8e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 26 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Récit du voyage à Paris No 2, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième voyage à Paris : jour 29

30 octobre 2015

Aujourd’hui j’ai prévu de visiter d’ouest en est, le nord des 13e et 14e arrondissements.

Je passe chez Subway me prendre un Sub15. Pourquoi y vais-je aussi souvent ? Parce que cela m’économise du temps; je mange ce sandwich en marchant sur la rue ou en attendant le métro plutôt que d’attendre qu’on me serve à une table de restaurant.

Chapelle Saint-Louis de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière

Aujourd’hui, le premier endroit que je visite est la chapelle Saint-Louis de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Construite en 1669-1670, cette chapelle n’en est une que de nom. En réalité, c’est une très grande église.

Quatre nefs irradient autour d’une rotonde octogonale d’environ 17 mètres de diamètre. Au creux de la croix grecque ainsi formée, quatre chapelles se greffent à l’ensemble. Le but de cet agencement particulier était de séparer les différentes catégories de malades.

De nos jours, l’intérieur est presque nu.

L’hôpital qui l’entoure a connu diverses vocations. En 1882, on y a aménagé la plus grande clinique neurologique d’Europe. Et c’est là qu’un jeune stagiaire nommé Sigmund Freud concevra sa théorie de l’inconscient psychanalytique.

Église Saint-Marcel
Détail de la façade de l’ancienne École nationale supérieure d’arts et métiers

Sur le boulevard de l’Hôpital, je passe devant l’église Saint-Marcel et l’ancienne École nationale supérieure d’arts et métiers (devenue Arts et métiers ParisTech).

Puis j’arrive à la Manufacture royale des Gobelins. Créée par Colbert en 1662, celle-ci fut la plus prestigieuse manufacture de tapisseries d’Europe.

Son exposition permanente a deux volets.

Assiettes en porcelaine de Sèvres du service particulier de l’empereur
’Nécessaire’ du maréchal Soult, en argent doré, bronze, porcelaine de Paris, cristal taillé, écaille, ivoire et acajou
Tente de campagne dite de « Napoléon »

Le premier nous montre le confort dont s’entourait Bonaparte lors de ses campagnes militaires. Si vous vous imaginiez que l’empereur a conquis l’Europe en mangeant dans des assiettes de carton, vous serez surpris.

Même si cela est contraire au romantisme révolutionnaire, Bonaparte a cru bon encourager et stimuler les manufactures de biens de luxe du pays puisque la prospérité de la France (et le financement de ses campagnes militaires) en dépendait.

Les draperies de sa tente amovible étaient tissées par les Gobelins. Sa vaisselle de camp était en porcelaine de Sèvres. Ses officiers possédaient des nécessaires de voyage qui s’apparentaient, en plus luxueux, à ceux qu’on apporte de nos jours pour pique-niquer à la campagne.

Artisane à l’œuvre

La deuxième partie de l’exposition, à l’étage, est toute aussi intéressante. Elle nous présente l’expertise actuelle des Gobelins. Non seulement nous montre-t-on des tisserands, des menuisiers, des experts dans la teinture et la marqueterie du bois, de même que tous les artisans nécessaires à la fabrication du mobilier de luxe d’aujourd’hui et de la restauration du mobilier ancien.

Dans le fond, c’est un publireportage. Mais tellement intéressant qu’on oublie qu’on a payé 6 euros ou 9$ pour le voir.

Je traverse ensuite au 14e arrondissement afin de visiter la Fondation Cartier pour l’art contemporain. Ce lieu est essentiellement une galerie d’art contemporain. Prix d’entrée : 7 euros (10,50$).

Aperçu de la Fondation Cartier pour l’art contemporain
Exemple d’œuvre présentée

En vedette, l’art pictural congolais. Vivant, varié et globalement, intéressant.

Puis je passe à l’épicerie m’acheter quelque chose à manger et je rentre à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e et 8e photos), M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re, 3e et 7e photos) et PanLeica 25 mm F/1,4 (les autres photos)
1re photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 14 mm
2e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 8 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 40 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 800 — 25 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 500 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm
7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 250 — 40 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
9e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 320 — 25 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Un commentaire

| Récit du voyage à Paris No 2, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième voyage à Paris : jour 28

29 octobre 2015

Autre journée partiellement ensoleillée. Après m’être procuré un Sub15 chez Subway, je mets le cap de nouveau vers le 12e arrondissement. Cette fois-ci au château de Vincennes, situé au nord-ouest du parc du même nom.

Utilisé comme résidence royale pendant deux décennies (avant la construction du Louvre), c’était un des plus grands châteaux médiévaux d’Europe. Mais il n’est plus ce qu’il était.

Sa visite vaut pour sa Sainte-Chapelle et son donjon de cinq étages.

L’architecture de sa Sainte-Chapelle est modelée sur celle de Paris. Toutefois, l’intérieur est austère et ses vitraux, assez simples.

Donjon du château de Vincennes

La visite du donjon est plus intéressante. J’ai été surpris par la hauteur des portes. Au Moyen-Âge, les hommes étaient plus petits qu’aujourd’hui. Dans certains châteaux-forts, de nos jours, il faut se pencher pour franchir les portes. Pas au château de Vincennes. Toutefois, les pièces ne sont pas très spacieuses, du moins pour une demeure royale.

Une application sur iPad spécialement conçue pour le château permet de voir le décor d’origine d’une des pièces; il suffit d’orienter l’ardoise dans différentes directions (comme si on allait prendre une photo) pour voir comment les murs, le plafond et le plancher étaient décorés.

Le plafond était peint de couleurs vives et le plancher recouvert de tuiles multicolores. Les murs étaient recouverts non pas de tapisseries (un isolant amovible et réutilisable ailleurs), mais de planches de bois brut. Celles-ci adhéraient les unes aux autres sans se mouler parfaitement aux murs, créant ainsi une couche d’air isolant (en plus du pouvoir isolant du bois lui-même).

Salle du Trésor du château de Vincennes

Plus étonnante est la salle du Trésor. À partir de 1367, c’est là qu’on entreposait les coffres d’or du royaume, les manuscrits et les objets d’Art du roi.

En liquidités, ces coffres pouvaient contenir jusqu’à 20% du budget annuel des dépenses royales. Or, étonnamment, cette salle occupe une surface équivalente à la moitié de celle de ma chambre d’hôtel.

Je me rends ensuite au Parc floral de Paris.

L’an dernier, j’avais été déçu par la visite du Jardin des plantes. En réalité, le vrai jardin botanique de Paris est à Vincennes.

Aperçu du Parc floral de Paris
Aperçu du Parc floral de Paris
Aperçu du Parc floral de Paris

Le Parc floral de Paris un endroit charmant. En cette fin octobre, la partie aménagée pour recevoir le Concours international de dahlias (du 22 aout au 13 septembre) est toujours aussi fleurie. Les feuillus apportent leurs vives teintes automnales à la végétation. Et ses manèges amusent les enfants.

Cinémathèque française

Je prends ensuite le métro pour me rendre à la Cinémathèque française, aménagée depuis 2005 dans l’ancien Centre culturel américain.

L’édifice a été construit en 1993 par l’architecte Frank Gehry (concepteur, entre autres, de l’édifice de la Fondation Louis-Vuitton, au Bois de Boulogne).

Si on reconnait sa manière, cette bâtisse est une œuvre mineure de l’architecte américain d’origine canadienne. Il y est interdit de prendre des photos. Prix d’entrée : 12 euros (18$). Toute sortie est définitive.

L’édifice héberge un musée (que je n’ai pas visité) et une exposition temporaire (jusqu’en février 2016) consacrée au cinéaste américain Martin Scorsese.

Affiches, photos des plateaux de tournage, extraits de films, entrevues, scénarimages et quelques costumes donnent un aperçu de ses méthodes de travail et de son approche artistique.

Tartare de saumon
Magret de canard à la mode orientale

Je prends le repas du soir dans le Marais, plus précisément au restaurant japonais Aomori (situé au 6 Place du Marché Sainte-Catherine).

Pour 18,9 euros, je prends en entrée un tartare de saumon et avocat puis, en mets principal, un magret de canard (coupé en morceaux et apprêté avec des légumes sautés).

Puisque ma visite de Paris a débuté vers 14h aujourd’hui, j’ai l’impression qu’elle est un peu courte.

Je vais à la Comédie française voir ce qui est à l’affiche. On y présente à guichet fermé — aucune place disponible avant janvier 2016 — la pièce Père du dramaturge August Strindberg.

Je ne connais pas cette pièce contemporaine. J’imagine que sa popularité parisienne est le gage de son intérêt. Les meilleures places sont à 40 euros.

Un revendeur sur la rue m’offre un billet dans la troisième rangée pour 60 euros. J’accepte. Après lui avoir versé l’argent et avoir pris possession du billet, il monte son prix à 70 euros. Je refuse. Nous nous entendons sur 60 euros.

J’espère que le billet n’est pas un faux. Une série de demi-cercles concentriques imprimés en rouge me donnent confiance. Effectivement, le billet est bon.

La salle semble moins poussiéreuse que le souvenir que j’en ai gardé de l’an dernier. Les sièges sont très confortables.

La pièce porte sur le pouvoir et la manipulation au sein d’un couple. Elle est admirablement bien écrite (quoique la fin est un peu convenue). Parfaitement jouée. Bonne mise en scène. Rythme naturel. Aucune photo permise, même sous les applaudissements.

Puis je rentre à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (2e photo), PanLeica 25 mm F/1,4 (7e et 8e photos), et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 8 mm
3e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
4e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm
5e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
6e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 1250 — 25 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

7 commentaires

| Récit du voyage à Paris No 2, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième voyage à Paris : jour 27

28 octobre 2015

Autre journée ensoleillée. Après le Bois de Boulogne, allons voir au Bois de Vincennes et, en même temps, visiter l’est du 12e arrondissement, que je n’ai jamais vu.

En sortant de la station de métro, on est à deux pas du Palais de la Porte Dorée. Construit pour l’Exposition coloniale de 1931, ce chef-d’œuvre Art Deco célébrait fièrement le passé colonial de la France. Il abrite aujourd’hui un musée de l’Histoire de l’immigration, de même qu’un aquarium.

Salon du maréchal Lyautey
Salon du ministre Reynaud
Auditorium du palais

Les murs du rez-de-chaussée et la mezzanine du palais sont décorés de fresques spectaculairement belles exécutées en 1931 par différents artistes sous la direction de Pierre Ducos de la Haille.

Contrairement à l’Art Nouveau (qui fut très bref), l’Art Déco fut populaire pendant plusieurs décennies.

Si l’Art déco américain fut stylisé et élégant (presque féminin), celui qui fit sensation à Paris en 1926 lors de l’exposition des Arts décoratifs et industriels fut plus brut et plus animal. C’est la grande découverte de l’Art africain et de son influence par l’intermédiaire du Cubisme et du jazz des années 1920.

Au début du film Venus Blonde (1932), sur la scène d’un minuscule cabaret berlinois, quand Marlene Dietrich révèle soudainement son éclatante chevelure bonde et sa carnation lumineuse en retirant l’accoutrement de gorille noir sous lequel elle se dissimulait jusque là en déambulant au au son d’une musique syncopée et bestiale, voilà en résumé le choc de la découverte de l’Art africain à cette époque.

C’est la partie de l’Art déco que je préfère. Or le Palais de la Porte Dorée en est la célébration.

Le musée de l’Histoire de l’immigration est réparti au 2e étage et au sous-sol. C’est au sous-sol qu’il s’avère le plus intéressant et le plus complet.

Il présente les diverses vagues migratoires en France, la législation qui les encadrait, les métiers qui s’offraient aux nouveaux venus, l’hostilité que les immigrants ont souvent rencontrée, et leur contribution au développement du pays.

Aperçu de l’aquarium tropical

Si l’aquarium tropical est un peu vieillot, il présente tout de même 300 espèces de poissons dont certaines sont très rares. Chaque bassin est surmonté de fiches lumineuses qui présentent les données relatives aux poissons de ce bassin.

Le cout d’entrée pour à la fois le musée et l’aquarium est de 8 euros, soit 12$.

Aperçu du Bois de Vincennes

La partie du Bois de Vincennes que je visite ressemble au Bois de Boulogne; un terrain plutôt plat autour de lacs sur lequel s’abattent des canards et des cygnes.

Je renonce à visiter le Parc zoologique de Paris, à deux pas, en raison de son prix d’entrée (22 euros ou 33$).

En guise de repas du midi, je me prends une crêpe au jambon et fromage pour 5 euros à un kiosque tout près.

Clocher de l’église du Saint-Esprit

En me promenant dans le quartier de Bercy, je visite l’église du Saint-Esprit dont le clocher domine les environs.

De style Brutaliste, l’intérieur est sombre en raison de l’oxydation du ciment. Même si cet après-midi est doux et plaisant, la température intérieure de l’église est froide car ses parois ont conservé la température qu’il faisait depuis plusieurs jours.

Spéculoos

De l’autre côté de la rue, je m’achète un Spéculoos à la pâtisserie Artisan-Boulanger pour 3,4 euros. Caramel et mousse onctueuse de chocolat s’étalent sur une fondation croustillante au goût de noisette.

Après m’être présenté à la Cinémathèque française (fermée le mardi), je traverse la Seine en direction du 13e arrondissement.

Piscine Joséphine-Baker

À Paris, on ne se baigne pas dans la Seine, mais sur la Seine. Amarrée à proximité de la bibliothèque François-Mitterrand, la piscine Joséphine-Baker est l’une des 39 piscines municipales parisiennes.

Bibliothèque François-Mitterrand

La passerelle qui mène à la bibliothèque François-Mitterrand est revêtue de bois, comme l’est l’esplanade qui entoure les quatre tours de ce bâtiment. Celles-ci sont en forme de ‘L’, comme de grands livres entrouverts.

Jardin de la bibliothèque François-Mitterrand
Terrasse de la bibliothèque François-Mitterrand

Au centre, une forêt sauvage permet d’oxygéner la terrasse à l’étage, sur laquelle les fumeurs viennent griller leurs cigarettes.

Intérieur de la bibliothèque François-Mitterrand

Derrière les vitres de la terrasse, un couloir permet la circulation des utilisateurs. On y trouve des expositions (dont une consacrée à l’histoire du dépôt légal instauré par Henri IV), une librairie, un café et plein d’endroits où les utilisateurs peuvent échanger ou rédiger leurs travaux à l’ordinateur.

Puis je rentre à l’hôtel pour la nuit.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, hypergone 8 mm F/1,8 (3e photo), objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (4e et 12e photos), M.Zuiko 75 mm F/1,8 (9e photo), et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  3e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 8 mm
  4e  photo : 1/200 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
  5e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 21 mm
  6e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
  7e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1000 — 38 mm
  8e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  9e  photo : 1/500 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
10e  photo : 1/100 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
11e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 18 mm
12e  photo : 1/80 sec. — F/1,8 — ISO 320 — 25 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Récit du voyage à Paris No 2, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Deuxième voyage à Paris : jour 26

27 octobre 2015

En plus de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine (visitée hier), le Palais de Chaillot héberge également le Musée de l’Homme (prix d’entrée 10 euros ou 15$).

Il a pour but de présenter l’humanité dans sa diversité anthropologique, historique et culturelle. Tout un programme.

Ce musée vient de rouvrir après une cure de rajeunissement. L’engouement du public pour la nouveauté fait en sorte que même en s’y présentant un lundi matin vers 10h25, l’attente sera d’environ 35 minutes.

Aperçu du musée de l’Homme
Aperçu du musée de l’Homme
Aperçu du musée de l’Homme

Tous les moyens sont mis en œuvre pour rendre le propos didactique du musée attrayant. La créativité des concepteurs est telle qu’on a parfois l’impression de se trouver dans un musée d’Art contemporain accessible et séduisant.

Bref, il s’agit d’un musée dont l’ambition est grande et qui atteint son objectif.

Aperçu du musée de la Marine
Aperçu du musée de la Marine

Le Musée de la marine, qui lui est adjacent, est de facture beaucoup plus traditionnelle. Son prix d’entrée est de 8,5 euros.

Même s’il fait un peu poussiéreux, il remplit très bien, à sa manière, son mandat de présenter l’histoire de la marine française.

On y voit donc une multitude de maquettes (souvent assez grandes) de navires illustres, les instruments de navigation, des peintures navales, etc.

Son exposition temporaire — consacrée à l’histoire de la pèche commerciale — est, au contraire, très photogénique. Malheureusement, il y est défendu de photographier.

Pavillon Breton

Sur la terrasse du Palais de Chaillot, j’achète une crêpe jambon fromage pour 5 euros (7,50$). Contrairement à celle que j’ai achetée hier d’un autre kiosque, celles du Pavillon Breton sont préparées au fur et à mesure et on y utilise une pâte à crêpe qui n’est pas sucrée. Nettement mieux.

Aperçu du cimetière de Passy

Je prends quelques instants pour visiter le cimetière de Passy situé l’autre côté de la rue.

D’illustres personnages y sont enterrés, dont l’acteur Fernandel, les compositeurs Gabriel Fauré et Debussy, le peintre Édouard Manet, l’industriel Louis Renault et l’architecte du Louvre Hector Lefuel.

Fait à noter : de nombreuses tombes sont perpétuellement fleuries grâce à des gerbes de fleurs en porcelaine émaillée qui les décorent.

J’en profite pour me promener dans le charmant quartier d’Auteuil (qu’on prononce ‘oteil’ en parisien moderne).

Aperçu du Bois de Boulogne

Je traverse ensuite le Bois de Boulogne du sud vers le nord, en longeant la rive occidentale des lacs inférieur et supérieur. En cette fin d’octobre, les arbres feuillus affichent les couleurs vives de leur parure d’automne.

Canard colvert (Anas plastyrhynchos L.)

Le parc est fréquenté principalement par les adeptes de la course à pied, les propriétaires de chiens et les amoureux de la nature.

Après cette longue promenade, je me rends à l’hôtel pour me changer. En chemin, j’achète un Sub30 chez Subway.

Ce soir, je vais entendre l’Orchestre philharmonique de Rotterdam sous la direction de Yannick Nézet-Séguin au Théâtre des Champs-Élysées. Au programme, la 6e symphonie de Beethoven et le Chant de la Terre, de Mahler.

Orchestre philharmonique de Rotterdam au Théâtre des Champs-Élysées

Si l’orchestre a été remarquable dans Mahler, je trouvé leur interprétation de la symphonie de Beethoven très décevante.

Après un premier mouvement à juste titre très viennois par son raffinement, le 2e a été plus une rêverie qu’une évocation de la nature. Quant à l’orage du 4e mouvement, il était plus mozartien que beethovénien tellement il manquait de vigueur.

Après cette journée diversifiée et bien remplie, je rentre à l’hôtel pour la nuit. Je m’endors en déposant la tête sur l’oreiller.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 75 mm F/1,8 (9e photo), M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (1re, 3e et 4e photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 7 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 3200 — 12 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 7 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1600 — 10 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 14 mm
  6e  photo : 1/400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 13 mm
  7e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 15 mm
  8e  photo : 1/1250 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 17 mm
  9e  photo : 1/500 sec. — F/1,8 — ISO 200 — 75 mm
10e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 26 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

Votre évaluation :
 Appréciation moyenne : 0 — Nombre de votes : 0

Laissez un commentaire »

| Récit du voyage à Paris No 2, Récits de voyage | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


%d blogueurs aiment cette page :