La bijouterie Fouquet

15 mars 2021




 
De nos jours, le nom ‘Fouquet’ est associé à un restaurant situé sur les Champs-Élysées.

Mais au début du XXe siècle, qui disait ‘Fouquet’ voulait parler du bijoutier Georges Fouquet, dont les créations hors de prix faisaient l’envie de toute la haute société parisienne.

Avant d’acquérir cette célébrité, Georges Fouquet n’était qu’un des nombreux maitres de la haute joaillerie française.

En 1899, il fait la rencontre d’Alfons Mucha, artiste touche-à-tout, déjà renommé pour ses affiches. À deux, ils conçoivent une série de bijoux étranges et fascinants qui remportèrent un vif succès à l’exposition universelle de 1900.

Cette exposition fit de Fouquet le joaillier parisien à la mode et donc, le grand rival du bijoutier René Lalique. Ce dernier avait travaillé pour différents joailliers (dont Fouquet) avant d’ouvrir sa propre bijouterie en 1885.

Conscient de son nouveau prestige, quand Fouquet décida en 1901 de déménager sa bijouterie sur la rue Royale, il demanda à Mucha d’en concevoir la décoration.




 
Ce dernier imagina un espace intime d’une grande complexité décorative où plâtres, vitraux, mosaïques et sculptures en bronze n’avaient pour utilité que d’émerveiller et rendre la clientèle vulnérable à la beauté de quelques bijoux d’Art protégés ici et là sous une bulle de verre.


La boutique était tellement Art nouveau qu’elle se démoda rapidement quand ce style fut remplacé par l’Art déco.

Elle fut démontée en 1923. Heureusement, Georges Fouquet fit don en 1938 de la plupart de ses éléments au musée Carnavalet (où ces photos ont été prises).

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5, objectifs PanLeica 25 mm F/1,4 (2e, 5e et 6e photos) et M.Zuiko 7-14 mm F/2,8 (les autres photos)
1re photo : 1/125 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 7 mm
2e  photo : 1/200 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 500 — 7 mm
4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 14 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/1,4 — ISO 250 — 25 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/1,4 — ISO 200 — 25 mm
7e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 7 mm
8e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 14 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Voyage à Paris : jour 4

10 octobre 2014

Dès 9h40, je quitte l’hôtel, mon compte rendu d’hier étant déjà publié.

Aujourd’hui, j’ai trois circuits au programme : deux aux Tuileries et l’autre, mon dernier dans le Marais.

Je vais en métro jusqu’au Louvre et me rends aux guichets la Comédie française afin d’acheter un billet (28 euros) pour la comédie Le Chapeau de paille d’Italie, que je verrai le lundi 20 septembre prochain. Ce sera la première pièce de théâtre à laquelle j’assisterai en France. Je ne sais rien de cette pièce sinon que j’ai vu le film muet que René Clair en a fait en 1928.

Je visite ensuite le Palais Royal, situé à deux pas. On effectue des travaux et, conséquemment, j’y ai pris peu de photos.

Intérieur de la Galerie Vivienne

Puis je me rends dans trois galeries situées à proximité : la Galerie Colbert, la Galerie Vivienne et la Galerie Vero-Dodat. À mon avis, la plus belle des trois est la deuxième. Précisons qu’une galerie est un passage couvert bordé de boutiques. On peut donc y magasiner à l’abri des intempéries.

Mon second circuit est une ligne droite qui part de la cour carrée du Louvre (c’est la partie la plus à l’Est) et qui se termine à la Place de la Concorde.

Je traverse donc le Jardin des tuileries. Ceux-ci ont une superficie de 25,5 hectares répartis sur presque un kilomètre de long. La partie la plus à l’Est est décorée de haies taillées, assez hautes, entre lesquels on a placé des sculptures en bronze. La partie la plus à l’ouest est plantée de différentes espèces d’arbres, dont des marronniers. Deux grands bassins circulaires rythment le parcours.

Il y a dix ans, j’étais venu à Paris au cours de la saison des marrons. Sur la rue de Rivoli, on trouvait des vendeurs de rues qui offraient des marrons chauds qu’on distribuait dans des cônes de papier journal. Les marrons étaient délicieux.

Je n’en ai pas vu cette année, soit parce que cela n’est plus permis ou parce que ce n’est pas encore la saison des marrons.

Pour gagner du temps, je m’achète un sandwich au jambon et fromage, que je mange en me rendant à la Place de la Concorde.

Obélisque de Louqsor à la Place de la Concorde
Détail d’une fontaine à la Place de la Concorde

C’est au centre de cette place qu’on a placé l’obélisque de Louqsor, provenant du temple de Ramsès II à Thèbes. Les deux fontaines qui s’y trouvent également sont de toute beauté.

Puis j’entame le dernier circuit de la journée, celui qui traverse le Marais dans sa partie la plus séduisante.

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Le tout débute à la Place des Vosges, la plus vieille place de Paris. Celle-ci est un des endroits les plus agréables de la capitale. Imaginez : un parc quasi carré (127 x 140 mètres) autour duquel sont construits des unités d’habitations rigoureusement identiques et qui s’alignent de manière continue sur ses quatre faces. Oubliez la pollution et les bruits de la ville. La Place des Vosges est une véritable oasis de paix.

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J’en profite pour visiter le logement dans lequel Victor Hugo a habité de 1832 à 1848. Au vestiaire, je suis surpris d’y voir un défibrillateur. La préposée m’apprend qu’un tel appareil — utilisable dans certains cas d’accidents vasculaires cérébraux — est obligatoirement présent dans chacun des musées appartenant à la ville.

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En quittant la Place des Vosges par son coin sud-ouest, on traverse l’Hôtel de Sully de l’arrière — c’est à dire du jardin — vers l’avant. Cet hôtel particulier a été construit en 1624 pour le duc de Sully, ministre d’Henri-IV. Le plafond du local qui sert de nos jours de librairie a conservé son plafond à poutres peintes.

Vers 16h, je mange tout près, au Bistrot de la Place, situé sur la minuscule Place du marché Sainte-Catherine. Soupe au potiron (note : le potiron est une sorte de courge) et une poitrine de canard pour 14,5 euros.

Hôtel d’Almeras

Le reste du circuit est une longue promenade sur la rue des Francs-Bourgeois, où furent construits plusieurs des plus beaux hôtels particuliers de la ville, dont celui qui abrite de nos jours le Musée Carnavalet.

D’ici la fin de mes vacances, j’espère avoir le temps de visiter ce musée pour lequel j’ai une affection particulière. En 2003, vers 17h, je passe à proximité de ce musée consacré à l’histoire de Paris. Ce musée ne me dit rien. Mais le soleil commence à baisser. Par curiosité, je décide d’y aller.

Première surprise, c’est gratuit. En parcourant le musée, on a des toiles qui reproduisent des vues de Paris qui n’ont presque pas changé depuis des siècles, des maquettes de la ville, des boiseries superbes provenant de lieux aujourd’hui disparus (dont la salle d’accueil de la bijouterie de Lalique, décorée par le peintre Alfons Mucha).

Bref, je passe près d’une fenêtre au travers de laquelle je vois un charmant jardin à la française. Mais l’appareil photo que j’avais alors était lent. N’ayant pas de trépied, je regarde autour de moi pour m’assurer qu’aucun gardien de sécurité n’est en vue et j’approche délicatement l’objectif que je dépose sur un des losanges de la fenêtre. Mais au moment précis où je prends la photo, je vois surgir une silhouette menaçante du coin de l’oeil. Effectivement, c’était un gardien.

Je m’attends à me faire dire que cette fenêtre date de plusieurs siècles, que c’est un bijou du patrimoine, et qu’il n’a d’autres choix que de faire venir le directeur du musée ou pire, un agent de police. Pendant que dans ma tête, tourbillonnent les prétextes ou les excuses qui pourraient me justifier, j’entends le gardien s’excuser. Pendant que, stupéfait, je recule, je le vois m’ouvrir la fenêtre afin de me permettre de prendre une meilleure photo. Sans que je lui demande. Vous vous rendez compte ?

C’est de là que me vient mon affection particulière pour ce musée…

En soirée j’assiste à un concert de la pianiste Elena Filonova. Celle-ci joue quatre sonates pour clavier de C.P.E. Bach données à la Chapelle très réverbérée de la Fondation Eugène-Napoléon. Ce concert est une occasion de visiter cette chapelle qui, normalement, n’est pas accessible au public.

Puis je rentre à l’hôtel pour la nuit. Dans mon wagon de métro en marche, un duo interprète avec entrain une version instrumentale de Stand by me, au saxophone et à la guitare.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 320 — 12 mm
2e  photo : 1/4000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/2000 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 23 mm
4e  photo : 1/800 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 15 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 2500 — 19 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 2000 — 25 mm
7e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm


Pour lire les comptes-rendus du premier ou du deuxième voyage à Paris, veuillez cliquer sur l’hyperlien approprié.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La fenêtre et le gardien de sécurité

26 mars 2013

Carnavalet
 
Il y a tellement de choses intéressantes à voir à Paris qu’on ne peut pas tout visiter. Ayant décidé d’y passer mes trois semaines de vacances à l’automne de 2003, j’avais choisi d’ignorer le Musée Carnavalet, dédié à l’histoire de la capitale française.

Mais à la fin d’une journée d’octobre, j’étais dans le Marais (il s’agit d’un quartier autrefois marécageux), la lumière commençait à baisser et un jour de semaine à 17h, il est un peu tard pour entreprendre la visite de quoi que ce soit.

Mais je passais à côté de ce musée. C’était gratuit. Il était ouvert encore une heure. Alors pourquoi ne pas y faire un tour…

D’un pas alerte au début — mais qui se ralentit dès que je compris l’intérêt de ce musée — je passais devant des toiles représentant des endroits de Paris que j’avais visités. C’était fascinant de voir dans quelle mesure la capitale française avait peu (ou beaucoup) changée au cours des siècles.

Fouquet MuchaEt toutes ces boiseries et lambris d’intérieurs luxueux sauvés du pic des démolisseurs ou des rénovateurs zélés (dont les comptoirs Art nouveau de la bijouterie Fouquet dessiné par Alphonse Mucha, ci-contre), ces portraits de personnages illustres qui y ont habités, etc.

Bref, c’était beaucoup plus intéressant que ce que j’avais imaginé.

Quand tout à coup, je passe devant une fenêtre au travers de laquelle je vois une cour extérieure charmante, celle qu’on voit au début du texte. Puisqu’il est permis de photographier dans ce musée, je sors mon Canon Powershot G6, l’appareil que j’utilisais à l’époque.

FenêtreProfitant de l’absence de gardien, j’approche lentement mon appareil de la fenêtre ci-contre. Je dépose délicatement l’objectif métallique sur le verre et au moment précis où j’appuie sur le déclencheur, j’aperçois du coin de l’œil un gardien qui s’approche de moi rapidement.

Aussitôt, j’imagine ce gardien élever le ton et me dire quelque chose du genre : « Monsieur ! Cette fenêtre est du ixième siècle. Elle est classée monument national. Mme de Sévigné, elle-même aimait s’y appuyer pour contempler le soir couchant. Comment pouvez-vous… »

Alors que dans ma tête tourbillonnent les justifications que je pourrais invoquer, je suis étonné d’entendre le gardien s’excuser puis, alors que je me recule, m’ouvrir sans que je le demande cette fenêtre pour me permettre de prendre une meilleure photo.

Évidemment, je m’exécute aussitôt et, ravis, je remercie le gardien de mon plus beau sourire.

L’année suivante, j’étais revenu dans ce musée afin de remettre à ce gardien les photos que j’avais prises de Paris un an plus tôt. Mais je ne l’ai pas trouvé.

En repensant à ce fait divers, je me suis toujours demandé : si j’étais gardien de sécurité au Musée des Beaux-Arts de Montréal et qu’un touriste américain me demandait de lui ouvrir une fenêtre afin de lui permettre de photographier la rue Sherbrooke, serais-je aussi accommodant ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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