Les deux États-Unis d’Amérique

5 novembre 2020

Introduction

Cette semaine, Edison Media Research effectuait un sondage auprès de 15 590 électeurs américains.

Le but de l’exercice était de découvrir, selon l’allégeance politique, les critères déterminants dans leur choix à la présidence des États-Unis.

Critères d’appréciation

Pour les électeurs démocrates, ce qui compte ce sont :
• 91 % : les inégalités raciales
• 82 % : la pandémie au coronavirus
• 63 % : la couverture d’assurance maladie
• 28 % : la criminalité et la sécurité
• 17 % : l’économie.

Pour les électeurs républicains, les critères d’appréciation sont :
• 82 % : l’économie
• 71 % : la criminalité et la sécurité
• 36 % : la couverture d’assurance maladie
• 14 % : la pandémie au coronavirus
•   8 % : les inégalités raciales.

Précisons que 78 % des électeurs démocrates sont favorables au mouvement Black Lives Matter alors que 85 % des électeurs républicains en ont une opinion défavorable. C’est donc presque la moitié du peuple américain qui s’oppose à ce mouvement.

En tenant compte de la possibilité d’une obstruction systématique des sénateurs républicains, la tâche de s’attaquer au racisme systémique aux États-Unis s’annonce titanesque.

Parmi les caractéristiques du candidat à la présidence, les électeurs démocrates jugeaient primordiales l’habilité à unir le pays (76 %), le bon jugement (68 %) et l’empathie (50 %).

De loin, les deux critères les plus importants chez électeurs républicains étaient d’avoir un chef fort (71 %) et quelqu’un capable d’empathie (49 %).

Villes et campagnes

Dans les villes d’au moins cinquante-mille habitants, 60 % des gens se disent démocrates et 37 % se disent républicains.

Les banlieues se répartissent également entre démocrates (51 %) et républicains (48 %).

Dans les petites villes et les régions rurales, 45 % des gens sont démocrates alors qu’une faible majorité (54 %) serait républicaine.

Il est à noter que le résultat du scrutin (connu depuis ce sondage) monte un clivage beaucoup plus grand entre les grandes métropoles américaines (très acquises à Biden) et les régions rurales du pays (très favorables à Trump).

Ce qui se reflète dans la répartition territoriale des États pro-Biden vs des États pro-Trump.

Le sondage de Pew

La campagne électorale a sans doute exacerbé les différences d’opinions entre démocrates et républicains.

Qu’en est-il avec plus de recul ?

En aout dernier, le Pew Research Center avait procédé à un sondage analogue. Avec cette différence que les choix de réponses était plus varié.

Chez les démocrates, les sujets qui les intéressaient le plus et qui pouvaient déterminer leur vote étaient :
• 84 % : l’assurance maladie
• 82 % : la pandémie
• 76 % : les inégalités raciales et ethniques
• 72 % : l’économie
• 68 % : les changements climatiques
• 66 % : les nominations à la Cour Suprême
• 65 % : les inégalités économiques
• 57 % : la politique étrangère
• 50 % : le contrôle des armes à feu.

Chez les républicains, c’était plutôt :
• 88 % : l’économie
• 74 % : la criminalité violente
• 61 % : l’immigration
• 61 % : les nominations à la Cour Suprême
• 60 % : le contrôle des armes à feu
• 57 % : la politique étrangère
• 48 % : l’assurance maladie
• 46 % : l’avortement.

Références :
Important issues in the 2020 election
Les États-Unis : sur la voie d’une guerre civile ?
National Exit Polls: How Different Groups Voted

Parus depuis :
How Joe Biden won the presidency – a visual guide (2020-11-09)
Donald Trump has lost the election – yet Trumpland is here to stay (2020-11-12)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une prime russe à tuer des soldats américains : pourquoi faire ?

30 juin 2020

Introduction

À partir de sources anonymes, le New York Times publiait vendredi dernier une nouvelle selon laquelle la Russie avait offert des primes aux Talibans pour qu’ils tuent des soldats américains en Afghanistan.

En dépit de cela, aucun soldat américain n’a été tué en Afghanistan depuis trois mois.

Pourquoi payer une prime ?

Lorsqu’un groupe terroriste commet un attentat, il choisit toujours de faire en sorte que celui-ci cause le maximum de pertes humaines.

Faire peur, c’est l’essence du terrorisme. Plus on est cruel, plus on est craint.

Aucun groupe terroriste ne fera sauter un marché en pleine nuit; on choisira un jour de grande affluence, quand ce marché est bondé de monde.

En Afghanistan, les soldats américains sont des envahisseurs. Et le devoir de tout patriote est de chasser les envahisseurs de son pays.

Les Talibans savent bien que plus les pertes de vie sont importantes au sein de l’armée des États-Unis, plus l’opinion publique américaine contestera l’opportunité de poursuivre une occupation militaire qui dure déjà depuis près de vingt ans.

Bref, tuer des soldats américains, les Talibans sont heureux de faire cela gratuitement. Pourquoi les Russes paieraient pour rien ?

Pour l’instant, les Talibans en sentent moins le besoin puisqu’ils participent à des négociations avec les Etats-Unis qui leur font espérer que les soldats américains partiront bientôt d’eux-mêmes, sans qu’ils aient besoin de les tuer.

Références :
Primes russes: pas de consensus au sein des services de renseignement
Russia Secretly Offered Afghan Militants Bounties to Kill U.S. Troops, Intelligence Says

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Racisme systémique : la complicité de Washington à l’égard du KKK

16 juin 2020

L’exécution publique de George Floyd a déclenché un vaste mouvement en Occident contre le racisme systémique.

Aux États-Unis, ses racines remontent aux fondements esclavagistes de la nation américaine.

Le racisme des forces policières à l’égard des ‘Noirs’ est bien documenté par des enregistrements vidéos qui alimentent la contestation actuelle.

Tout comme la marine royale anglaise comptait autrefois sur des corsaires pour attaquer de leur côté les navires de la flotte ennemie, le système répressif américain compte sur des supplétifs. Le plus important est le Ku Klux Klan.

À ce jour, le KKK n’est toujours pas classé comme organisation terroriste par le département d’État américain.

Le 31 mai 2020, des manifestations contre le meurtre de George Floyd ont eu lieu pour la première fois dans la petite ville californienne de Victorville, située à 30 km de Palmdale.

Le jour même, un ‘Noir’ de 38 ans est trouvé pendu à un arbre près d’un camp pour sans-abris à Victorville.

Le 13 juin, à Palmdale, un ‘Noir’ de 24 ans est également trouvé pendu à un arbre près de l’Hôtel de Ville. Aussitôt, le shérif du comté de Los Angeles a imputé cette mort à un suicide.

Contrairement à l’immolation par le feu, les personnes qui songent à s’enlever la vie par pendaison ne le font jamais sur la voie publique parce qu’ils ‘risquent’ qu’un bon samaritain contrecarre leur projet.

La pendaison publique est la caractéristique du terrorisme exercé par le KKK envers de la population noire américaine. C’est la signature séculaire du KKK.

Et parce qu’il s’agit d’une organisation parfaitement légale, tout journaliste qui oserait émettre l’hypothèse que ces pendaisons seraient l’œuvre de cette organisation est assuré de recevoir une mise en demeure des avocats du KKK — exigeant une rétraction immédiate — en plus de recevoir des menaces de mort sur les médias sociaux.

Seuls des quotidiens de la taille du New York Times ou du Washington Post sont en mesure de braver le KKK, une organisation terroriste dont l’existence n’est encore possible que grâce à la complicité des plus hautes autorités américaines.

Voilà un exemple parfait de racisme systémique.

Références :
Black man found hanging from tree is 2nd in California over 2-week span
En marge du meurtre de George Floyd
Families Challenge Suicide in Deaths of Black Men Found Hanging From Trees
George Floyd protests in California
Ku Klux Klan

Paru depuis :
California: half-brother of black man found hanged killed in police shooting (2020-06-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


En marge du meurtre de George Floyd

4 juin 2020

Les types d’homicides

Dans le système judiciaire américain, il y a trois sortes d’homicides.

Le meurtre au troisième degré est l’équivalent de l’homicide involontaire.

Imaginez que vous tirez au hasard dans une foule. Votre balle pourrait simplement blesser quelqu’un. Mais vous pourriez tout aussi bien tuer une personne. Si c’est le cas, vous n’avez pas délibérément décidé de tuer cette personne. Vous avez simplement tiré dans le tas, faisant ainsi preuve d’une grave imprudence entrainant la mort. Voilà un homicide au troisième degré.

Le meurtre au second degré survient lorsqu’on tue quelqu’un intentionnellement, mais sans l’avoir prémédité. Une bagarre éclate, vous frappez votre adversaire un peu trop longtemps. Vous vous doutiez que vos derniers coups pouvaient entrainer sa mort. Mais vous avez choisi de continuer, sans avoir choisi au départ de provoquer son décès.

Et le meurtre au premier degré est non seulement intentionnel, mais également prémédité. Il n’est pas nécessaire que ce meurtre soit longuement planifié. Quelques minutes pourraient suffire. Mais pour obtenir une condamnation, il faut avoir la preuve (un enregistrement, un écrit, le témoignage d’un témoin) qui fasse la preuve de cette préméditation. Ce qui arrive rarement.

Si la poursuite échoue à faire la preuve de la préméditation, l’accusé d’un meurtre au premier degré sera automatiquement condamné au second degré si son intention criminelle est indéniable.

La preuve en droit criminel

Dans une cause civile, l’accusé sera condamné s’il y a prépondérance de preuve. En d’autres mots, si les preuves de sa culpabilité l’emportent sur les preuves de son innocence.

Dans une cause criminelle, l’accusé sera condamné s’il n’y a aucun doute raisonnable quant à son innocence. S’il subsiste le moindre doute dans l’esprit du juge ou du jury, l’accusé sera innocenté.

Ce qui ne veut pas dire que toutes les preuves doivent aller dans le sens de sa culpabilité. Cela signifie qu’aucune preuve de son innocence ne doit être jugée crédible par le tribunal.

La création du doute

Le système judiciaire américain est profondément raciste. On ne compte plus le nombre de fois que les meurtriers (policiers ou civils) ont été innocentés d’accusations d’homicides de ‘Noirs’ alors que leur culpabilité était flagrante.

Dans 39 États américains, les juges de première instance sont élus par la population, tout comme les procureurs généraux d’État ou de comté. Le procureur du comté d’Hennepin (où est située la ville de Minneapolis) a été élu grâce à l’appui du syndicat des policiers, comme ce fut le cas de la grande majorité des procureurs élus à travers le pays.

Dans l’affaire George Floyd, tout avait été mis en place pour que les dés soient pipés en faveur des policiers.

Dès le départ, le doute avait été semé par l’autopsie officielle.

Le médecin choisi par le procureur du comté concluait que la cause de la mort de George Floyd était : « Cardiorespiratory arrest complicating law enforcement subdual, restraint, and neck compression.»

En d’autres mots, le suspect est mort d’un arrêt cardiorespiratoire. Ce qui est une lapalissade; on meurt tous quand notre cœur cesse de battre et qu’on cesse de respirer.

Dans le cas précis de George Floyd, cet arrêt n’a pas été causé par les forces policières mais est venu compliquer leur travail. C’est du moins l’avis du médecin légiste.

George Floyd était obèse, hypertendu et était atteint d’athérosclérose. Les analyses sanguines ont révélé la présence d’un stupéfiant (le Fentanyl®) et de traces de métamphétamine.

En somme, selon le rapport officiel, George Floyd était très mal en point. Il l’était tellement qu’on peut imaginer qu’il serait peut-être mort de lui-même ce jour-là s’il n’avait pas été arrêté.

Bref, qui peut dire avec certitude que les policiers ont causé sa mort ?

En réaction à ce rapport, la famille de George Floyd a dû commander non pas un, mais deux rapports indépendants concluant unanimement au meurtre de George Floyd, de manière à décrédibiliser l’autopsie complaisante du médecin de mèche avec les forces policières.

Et on peut s’attendre à ce que les policiers viennent dire sous serment que George Floyd résistait à son arrestation alors qu’en réalité, menotté et plaqué au sol, il gigotait comme le ferait n’importe quel pendu encore conscient au bout de sa corde.

La vidéo

La vidéo où on voit clairement le policier Derek Chauvin étouffer à mort George Floyd n’est pas une preuve au sens légal du terme.

Pour être admise par le tribunal, la personne qui l’a prise doit venir témoigner et déposer ce clip vidéo en preuve.

Or d’ici ce procès (qui pourrait débuter dans deux ans), bien des choses peuvent survenir. Il suffit que les forces policières fouillent le passé de la personne qui a filmé la scène, l’appréhendent pour des délits mineurs et la convainquent (sous la menace d’accusations) de simplement s’arranger pour perdre l’original de sa vidéo et de ne plus être absolument certaine que la copie qu’on lui présentera en cour est parfaitement conforme à l’original.

En droit criminel, aucun tribunal ne peut tenir compte d’une preuve qui a peut-être été trafiquée.

Les nouvelles accusations

Si votre voisin tue sa femme en plein jour, sur la rue, à la vue de tous, il faudra combien de jours avant qu’il soit arrêté ?

Le policier Derek Chauvin a été arrêté quatre jours après le meurtre de George Floyd.

De plus, dans le cas de ses trois collègues complices, il a fallu la nomination d’un nouveau procureur (celui de l’État, se substituant à celui du comté) pour qu’ils soient inculpés.

Dans leur cas, c’est un renversement de situation très important.

Leur complicité pour meurtre est passible de plusieurs années d’emprisonnement. Leur sentence pourrait être réduite s’ils collaborent à l’enquête. En d’autres mots, s’ils témoignent contre Derek Chauvin.

Avant leur congédiement et leur arrestation, ces policiers avaient tout intérêt à s’entendre sur une version commune et fallacieuse des faits afin d’innocenter Derek Chauvin et de provoquer son retour triomphal au travail. À défaut de quoi, ils auraient été considérés comme des traitres par les autres policiers de l’État et privés de toute perspective de promotion au sein des forces policières.

Maintenant, ce sont de simples citoyens, accusés de complicité d’un crime. Les choses sont complètement différentes.

La mort de George Floyd


Avertissement : La lecture de cette section du texte est déconseillée aux personnes sensibles. Celles-ci devraient aller directement à sa conclusion.

Menotté dans le dos, couché sur le côté, George Floyd a dû subir le poids de l’ex-policier Derek Chauvin, agenouillé sur son cou, en plus de subir un poids sur son thorax.

Chez l’adulte, il faut une pression de 15 kg pour obstruer complètement la trachée. Strictement parlant, Georges Floyd n’a pas été étranglé. C’est pourquoi la victime pouvait quand même parler.

Après s’être plaint à plusieurs reprises de ne pouvoir respirer, il a fallu à George Floyd quelques minutes pour réaliser que les policiers étaient en train de l’assassiner.

Aux derniers instants de sa vie, tel un petit garçon terrorisé, il urine dans ses culottes et appelle sa maman à l’aide.

Non seulement l’a-t-on tué, mais on l’a privé d’une mort dans la dignité.

En plus de la trachée, les veines carotidiennes passent par le cou. Celles-ci sont responsables de l’irrigation de sang vers le cerveau. Pour les bloquer, il faut une pression entre 2,5 et 10 kg.

L’ex-policier a évité d’appliquer une pression trop grande de son genou gauche, ce qui aurait provoqué l’évanouissement du suspect en moins de 18 secondes. C’est le temps que prennent les pendus à perdre connaissance.

Il s’est contenté de nuire à l’oxygénation du cerveau de Georges Floyd afin de provoquer sa lente agonie.

Plus précisément, lorsque le tronc cérébral (situé sous le cerveau et devant le cervelet) est partiellement privé d’oxygène, il ne peut commander correctement la contraction du diaphragme. Ce muscle est responsable de 90 % du travail de la respiration.

De plus, le poids des policiers sur le thorax de George Floyd nuisait également à sa respiration en provoquant la fatigue du muscle.

Recevant de moins en moins d’oxygène, le cœur bat de plus en plus lentement jusqu’à cesser de se contracter.

Les policiers ont continué d’appliquer leur poids sur George Floyd 2 minutes et 53 secondes après que George Floyd ait cessé de respirer.

Les policiers qui ‘assistaient’ Derek Chauvin n’ont pas cru bon mesurer le pouls de la victime. Ce qui fait qu’ils peuvent témoigner sous serment qu’ils ignorent si George Floyd était encore vivant quand l’ambulance est arrivée.

Dans les faits, on sait le moment précis de la mort de George Floyd; c’est quand il s’est arrêté de respirer.

Derek Chauvin s’est assuré que même si les ambulanciers avaient pu ressusciter George Floyd — ce qu’ils ont tenté en vain de faire en chemin vers l’hôpital — les dommages à son cerveau étaient tels (après trois minutes d’anoxie complète), que le ressuscité aurait vécu le reste de son existence tellement tarée intellectuellement qu’il aurait été incapable de livrer en cour un récit cohérent de ce qu’il a vécu.

Conclusion

La collusion entre une police dont le racisme violent s’exerce impunément au quotidien et une profession juridique (juges et procureurs) qui dépend des corps policiers pour son élection, est la base du racisme systémique américain. En d’autres mots, la base d’un racisme érigé en système.

Dans les États où cette collusion existe, le respect de l’ordre établi est l’acceptation implicite de ce racisme systémique.

Voilà le tableau général.

Pour revenir au cas particulier de cette affaire, selon tous les témoignages que j’ai entendus, le procureur du Minnesota (maintenant responsable du dossier) est un homme intègre qui fera tout pour que la famille de George Floyd obtienne justice.

Au départ de cette mobilisation de millions d’Américains, le meurtre sadique de George Floyd n’était que la goutte qui faisait déborder le vase. Et ce, après des décennies (sinon des siècles) d’injustice à l’égard des ‘Noirs’ américains.

Malheureusement, on ne voit pas l’ombre d’une mesure concrète qui puisse garantir aux protestataires que les choses aient profondément changé; le racisme systémique est toujours en place, prêt à resurgir.

Est-ce que leur victoire dans le cas particulier de George Floyd sera suffisante pour que tous ces gens rentrent chez eux satisfaits ?

L’avenir nous le dira…

Parus depuis :
Hopeful that Minneapolis policing will change? Meet the police union’s chief… (2020-06-05)
Revealed: police unions spend millions to influence policy in biggest US cities (2020-06-23)
Mapping fatal police violence across U.S. metropolitan areas: Overall rates and racial/ethnic inequities, 2013-2017 (2020-06-24)
Nearly 1,000 instances of police brutality recorded in US anti-racism protests (2020-10-29)


Compléments de lecture :
L’invention des races humaines
Risk of being killed by police use of force in the United States by age, race–ethnicity, and sex

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Trois viols masculins célèbres aux États-Unis

27 février 2017

New York 1997

Il y a vingt ans cette année, un noir de trente ans était sodomisé dans la toilette d’une station de police new-yorkaise à l’aide d’un manche à balai brisé.

La victime eut la vessie et le colon perforés et passa deux mois à l’hôpital.

Le policier responsable fut condamné à trente ans d’emprisonnement et la ville versa 8,7 millions$ à la victime.

Chicago 2004

Le 28 aout 2004, un policier de Chicago et un patrouilleur ont arrêté un suspect noir de vingt ans, l’ont menotté, l’ont amené dans une ruelle où ils l’ont dévêtu, puis lui ont inséré profondément un tournevis dans le rectum.

La plainte en déontologie policière a été rejetée pour insuffisance de preuve.

Le plaignant s’est alors tourné vers les tribunaux civils. En dépit du parjure des policiers, le plaignant a eu gain de cause en raison de la présence de matières fécales trouvées dans le coffre à gants où se trouvaient plusieurs tournevis dans la voiture de police utilisée ce soir là.

La ville de Chicago a été condamnée à payer au plaignant quatre-millions$ plus ses frais d’avocat. Mais les policiers blâmés par le tribunal n’ont pas été punis; l’officier a conservé son poste (rémunéré à raison de 90 618$US), de même que le patrouilleur (87 384$US).

Dietrich 2015

Le village de Dietrich, dans l’État américain de l’Idaho, compte 334 habitants.

Le 22 octobre 2015, trois étudiants blancs (dont deux mineurs) ont attaqué le fils adoptif d’un de leurs professeurs de sciences.

Âgé de 17 ans au moment de l’incident, ce jeune noir attardé était victime de harcèlement à l’école. En plus d’insultes raciales, on le forçait à réciter les paroles de chansons célébrant le lynchage de noirs par le Ku Klux Klan.

Au cours de l’attaque, son harceleur principal a inséré un cintre dans l’anus de sa victime après que ses deux complices aient plaqué au sol l’adolescent noir.

En échange d’un plaidoyer de culpabilité sous des chefs d’accusation réduits, les procureurs ont laissé tomber les accusations de nature sexuelles contre l’accusé, ce qui aurait pu lui valoir un emprisonnement à perpétuité puisque la victime était encore mineure au moment de l’incident.

Si bien que dans le jugement rendu le 24 février dernier, l’accusé s’en est sorti avec 300 heures de travail communautaire et une période de probation de trois ans.

La famille du jeune noir a quitté l’Idaho depuis. La victime vit maintenant en institution après plusieurs tentatives de suicide.

Une pétition en ligne destinée à obtenir la destitution du juge a recueilli plus de 150 000 signatures en trois jours.

Références :
Idaho judge rules attack on high school football player was ‘not a rape’ or racist
The Abner Louima Case, 10 Years Later
US police officer who ‘sodomised black man with screwdriver’ allowed to keep working
White classmate avoids jail in coat-hanger assault of disabled black teenager

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Croissance économique américaine selon les mandats présidentiels

3 mars 2015

Présidents
 
Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’économie américaine s’est mieux portée sous les mandats de présidents démocrates (en bleu), comparativement aux présidents républicains (en rouge).

C’est ce qui ressort d’une étude effectuée par deux économistes de l’université Princetown, publiée en novembre 2013.

Ceux-ci ont découvert qu’en moyenne, la croissance sous des présidents démocrates était 1,6% plus élevée que sous des présidents républicains (4,2% vs 2,6%).

Les politiques fiscales de ces partis, très différentes, ont produit des résultats similaires.

Toutefois, le prix moindre du pétrole a favorisé les administrations démocrates. De plus, la croissance fulgurant de la nouvelle économie a aidé la performance du président Clinton.

À l’opposé, les sommes colossales engagées lors des guerres en Afghanistan et en Irak ont plombé l’économie américaine.

Référence : Presidents and the Economy: A Forensic Investigation

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| Économie | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les feux d’artifice des États-Unis à Montréal, le 31 juillet 2012

3 août 2012

 

 
Les États-Unis sont les participants les plus assidus au concours international d’art pyrotechnique de Montréal. Pour la troisième fois, ce pays est représenté par Atlas PyroVision Productions.

Le spectacle de cette firme s’est distingué par l’extrême variété des pièces pyrotechniques utilisées et, à l’occasion, par l’aspect très « design » de leurs feux (comme cela fut le cas de l’Italie, il y a une semaine).

J’ignore ce que fut l’appréciation du public mais je ne serais pas surpris de voir Atlas PyroVision se retrouver cette année sur le podium des gagnants de cette compétition.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8.


Pour accéder au menu des vidéos de tous les feux d’artifice en compétition en 2012, veuillez cliquer sur ceci.

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| Culture, International des Feux Loto-Québec 2012, Spectacle | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Inégalités sociales aux États-Unis de 2000 à 2010

14 septembre 2011

Adapté de USA Today, le graphique ci-contre illustre l’évolution du revenu familial moyen (en dollars de 2010), depuis dix ans.

Après avoir atteint un sommet en 1999, le revenu familial moyen est actuellement à son niveau le plus bas depuis 1996. Depuis un an, il a chuté de 2.3%. Cette chute est plus accentuée chez les Noirs que chez les Blancs (excluant les Latinos) : 3,2% vs 1,3%.

Dans ce pays, 46,2 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté — fixé à 22 314$US pour une famille de quatre personnes — soit 14,1% de la population américaine : c’est le plus haut niveau depuis 1993. Le taux de pauvreté atteint 22% chez les jeunes de 15 à 18 ans, contre 13,7% chez les 18 à 64 ans et 9% pour les 65 ans et plus.

Quant au taux de chômage, il est officiellement aux alentours de 9%. Toutefois, si on tient compte des chômeurs découragés qui ont cessé de chercher un emploi et ceux qui travaillent à temps partiel à défaut de pouvoir dénicher un emploi à plein temps, le taux ajusté de chômage atteindrait les 16,2%.

C’est au Mississippi qu’on trouve la plus grande proportion de pauvres, soit 22,7%. Cet État est suivi par la Louisiane, le District de Columbia (c’est-à-dire la capitale américaine), la Géorgie, le Nouveau-Mexique et l’Arizona. À l’opposé, le New Hampshire est l’État qui compte la plus petite proportion de pauvres, soit 6,6%.

Finalement, 49,9 millions d’Américains vivent sans assurance-maladie, un record depuis plus de 20 ans. Cette hausse est principalement attribuable à la perte d’emplois qui comprenaient une couverture santé.

Références :
Poverty at 15.1%; its highest level since 1993
Les inégalités de revenu progressent plus vite au Canada qu’aux États-Unis
Plus de 46 millions de pauvres en 2010

Parus depuis :
L’écart des revenus se creuse encore, selon la Fed (2014-09-06)
Les inégalités ont encore crû aux États-Unis en 2015 (2016-07-02)
États-Unis – La classe moyenne goûte enfin à la reprise (2016-09-14)
Why and How Capitalism Needs to Be Reformed (2019-04-05)
Le Canada offre plus de chance de vivre le rêve américain que son voisin (2020-01-21)
Are You Willing to Give Up Your Privilege (2020-06-25)

Sur le même sujet :
Au Québec, l’enrichissement profite à tous
L’enrichissement profite à tous – Tout le Canada traîne de la patte

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| Économie, Sociologie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Les États-Unis : No 1 pour l’éternité…

17 juillet 2011


 
Le Pew Research Center (PRC) est un organisme américain sans but lucratif créé en 1948 par le fondateur de la Sun Oil Company, Joseph-N. Pew, et son épouse Mary Anderson-Pew.

Entre le 18 mars et le 15 mai dernier, le PRC a effectué un sondage dans vingt-deux pays relativement la possibilité qu’éventuellement la Chine remplace les États-Unis comme première puissance mondiale. Dans les résultats, ce qui m’a intéressé ce sont ceux qui croient que jamais les États-Unis ne seront surpassés par la Chine.

Ceux-ci sont nombreux un peu partout, mais moins au Mexique, en Europe occidentale et dans le sous-continent indo-pakistanais.

Les Libanais, les Indonésiens et les Japonais sont même plus convaincus de la pérennité de la suprématie américaine que les Américains eux-mêmes.
 

La Chine remplacera-t-elle les ÉU comme première puissance mondiale ?

Pays Chine déjà No 1 Oui, un jour Non, jamais
       
États-Unis 13 % 37 % 49 %
Mexique 23 % 40 % 37 %
Brésil 12 % 32 % 56 %
       
Allemagne 12 % 53 % 36 %
Espagne 14 % 54 % 31 %
France 23 % 49 % 28 %
Royaume-Uni 12 % 59 % 29 %
Lithuanie 14 % 36 % 50 %
Pologne 27 % 33 % 40 %
Russie 20 % 40 % 40 %
Ukraine 19 % 32 % 49 %
       
Kenya 8 % 43 % 49 %
       
Israël 16 % 35 % 48 %
Jordanie 18 % 33 % 49 %
Liban 16 % 26 % 58 %
Palestine 18 % 40 % 41 %
Turquie 19 % 27 % 53 %
       
Chine 9 % 71 % 21 %
Inde 26 % 39 % 35 %
Indonésie 10 % 32 % 58 %
Japon 12 % 26 % 62 %
Pakistan 15 % 70 % 15 %


 
Quant à savoir si l’émergence de la Chine est perçue positivement ou non, il semble que la réaction des répondants soit différente selon qu’on envisage cette question d’un point de vue économique ou militaire.

L’émergence économique de la Chine est un phénomène qui nous est déjà familier. Ceux qui perçoivent la Chine comme une puissance économique rivale (l’Amérique du Nord, l’Europe, la Turquie et l’Inde) sont à peu près les seuls à craindre la poursuite de l’ascension économique de la Chine. Partout ailleurs, cette montée est perçue comme une occasion d’affaires.

Si la suprématie militaire des États-Unis nous est familière — on peut aimer ou non mais on sait ce que ça donne — la suprématie militaire chinoise est du domaine de l’inconnu et suscite l’inquiétude partout sauf dans les pays où on est convaincu qu’un nouvel ordre mondial ne pourrait pas être pire que l’actuel.


Perception négative face à l’émergence de la Chine en tant que puissance…

  …militaire …économique
     
États-Unis 88 % 59 %
Mexique 68 % 52 %
Brésil 64 % 36 %
     
Allemagne 87 % 52 %
Espagne 86 % 43 %
France 83 % 59 %
Royaume-Uni 85 % 38 %
Lithuanie 85 % 36 %
Pologne 84 % 59 %
Russie 86 % 53 %
Ukraine 83 % 47 %
     
Kenya 32 % 12 %
     
Israël 78 % 36 %
Jordanie 65 % 38 %
Liban 70 % 34 %
Palestine 32 % 27 %
Turquie 88 % 83 %
     
Inde 69 % 58 %
Indonésie 45 % 28 %
Japon 92 % 38 %
Pakistan 6 % 6 %


 
Pour terminer, voyons le cas de deux voisins de la Chine, le Japon et l’Inde. Ces pays ont des réactions très différentes.

Les compagnies japonaises font faire beaucoup de sous-traitance en Chine : ce dernier pays est donc perçu comme un partenaire économique important.

Par opposition, l’Inde aspire (comme la Chine) à devenir la première puissance économique mondiale. Cette rivalité a pour conséquence que l’Inde fait partie des pays les moins favorables à la montée de la puissance économique de la Chine.

Des conflits frontaliers en mer de Chine ont opposé récemment la Chine et le Japon.

L’Inde n’a pas ce problème depuis des années. Ce pays craint bien davantage le Pakistan dont la population est dévorée par une haine viscérale à l’égard de l’Inde et dont les services de renseignements sont infiltrés au plus haut niveau par des officiers favorables au terrorisme anti-occidental et anti-indien.

Conséquemment, le Japon craint la montée de la puissance militaire chinoise tandis que l’Inde partage cette inquiétude, mais moins que la moyenne des pays.


Post-scriptum : Les chiffres indiqués ci-dessus diffèrent légèrement de ceux publiés par le PRC parce que j’ai réparti les indécis parmi ceux qui s’étaient prononcés.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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