Les lois asymétriques du marché

7 novembre 2020

En raison de la pandémie, des centaines de milliers d’emplois ont été supprimés temporairement ou de manière permanente dans les industries du tourisme, de la restauration, des arts vivants, etc.

Pourtant, on peine à trouver des préposés pour aider les travailleurs en établissement de Santé.

Le gouvernement québécois a imputé ces difficultés à la générosité ‘excessive’ des mesures fédérales d’aide aux travailleurs affectés par la pandémie.

Même en offrant un salaire horaire de 20 $, pas assez de personnes ont offert leurs services.

Toutefois, une chose m’intrigue.

Que fait le gouvernement lorsque le prix de l’essence augmente à la pompe ? Il répond que c’est la loi du marché; lorsque la demande dépasse l’offre, il est normal que le prix de l’essence augmente.

Parce que les lois du marché sont indiscutables; elles sont comme les Dix commandements du Capitalisme qu’un Moïse aurait rapporté voilà longtemps de la Montagne sacrée des investisseurs.

Ça, je comprends.

Ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est pourquoi c’est différent quand il s’agit du ‘jus de bras’ des travailleurs.

C’est quoi la différence entre l’essence de pétrole et le jus de bras ?

Pourquoi un travailleur en hospice, ça ne vaut pas plus de 20 $ de l’heure, mais que pour le pétrole, il faut débourser autant d’argent que les pétrolières peuvent en obtenir ?

Si les préposés en hospice étaient des automates qui fonctionnaient à l’essence, est-ce que l’État se dirait « C’est assez; je ferai le plein de mes préposés quand le prix de l’essence redescendra à un niveau ‘raisonnable’.»

Non, il paierait le prix demandé parce que c’est la loi du marché. La loi du marché n’a pas de clause dérogatoire; on débourse ce qui est exigé.

Si insuffisamment de gens veulent travailler à 20 $, la loi du marché exige qu’on offre plus. Et si ce n’est pas assez, on offre davantage. Et on fait cela jusqu’à ce que la demande rencontre l’offre. C’est ça, la loi du marché.

Évidemment, on peut offrir davantage en spécifiant que ce taux horaire généreux est valable tant que dureront les mesures d’aide du fédéral, mais qu’il retombera à XX $ de l’heure par la suite.

Quand viendra le temps de porter secours à la grande industrie, pensez-vous sérieusement qu’on va dire qu’un patron de compagnie, ça ne vaut pas plus que ‘tant’ de l’heure ?

Faisons pareil pour le labeur de nos travailleurs.

Pour lutter adéquatement contre cette pandémie, on a besoin de bras. Donc payons ce qui est nécessaire. Nos vies en dépendent… bien plus que du pétrole.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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