L’insécurité des peureux

Publié le 4 octobre 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Dans l’espoir d’empêcher le prochain gouvernement québécois d’être majoritaire, les partis appelés à former l’opposition ont choisi comme message de fin de campagne : ‘Donnez-nous la balance du pouvoir afin d’empêcher la tenue d’un référendum qui plongerait le Québec dans l’insécurité économique.’

Ce qu’on laisse entendre, c’est que d’ici les résultats d’un troisième référendum au sujet de l’indépendance du Québec, les entrepreneurs d’ici et les investisseurs étrangers hésiteront à investir dans notre économie.

Prenons un peu de recul.

• L’insécurité en Europe

Les dirigeants européens prétendent que si la Russie gagne la guerre en Ukraine, l’Armée rouge déferlera bientôt sur l’Europe.

Afin de faire baisser les pris des hydrocarbures à l’approche des élections de mi-mandat aux États-Unis, les pays européens ont cédé aux pressions américaines et décidé de déverser sur les marchés internationaux une partie importante de leurs réserves stratégiques alors que celles-ci sont déjà au plus bas depuis des décennies.

Ce qui signifie que si la guerre en Iran ne cesse pas de manière urgente, les pays européens devront rationner l’alimentation énergétique des particuliers et des entreprises au cours de la saison froide et peut-être au-delà.

• L’insécurité dans le Sud global

Pour prévenir la révolte populaire, tous les pays du Sud Global (à l’exception des pays producteurs de pétrole) réduisent leurs taxes d’accise sur les hydrocarbures en espérant d’ici peu la reprise de leur approvisionnement d’hydrocarbures par le détroit d’Ormuz.

Si ce n’est pas le cas, ces pays devront s’attendre à des crises économiques et politiques.

• L’insécurité aux États-Unis

Y a-t-il un gouvernement au monde plus instable que celui au pouvoir à Washington ?

Quel chef d’entreprise américain sait le prix qu’il paiera demain pour l’achat de matières premières qu’il obtient de fournisseurs étrangers ? Quelle garantie a-t-il que les produits qu’il exporte ne sera pas soumis à des représailles commerciales ?

• Au Québec

Insignifiante en comparaison des dangers qui prévalent ailleurs, l’insécurité dont parlent les futurs partis d’opposition n’existerait pas si le Québec était déjà un pays indépendant.

Elle existe et elle existera tant que le peuple québécois hésitera à assumer son destin.

Conclusion

Face aux dangers de guerre en Europe, aux dangers de paralysie économique dans le Sud global, à l’inconstance de l’administration Trump, il est évident que l’accession du Québec à l’indépendance effectué dans le respect du Droit international est parmi les plus insignifiantes des préoccupations géostratégiques du grand capital international.

Quant à nos entrepreneurs, les menaces tarifaires de Donald Trump et l’incertitude liée à la renégociation de l’ACÉUM sont des menaces considérablement plus concretes que le danger d’un troisième référendum qui s’annonce perdant.

Bref, la véritable incertitude politique et économique au Québec, c’est un gouvernement minoritaire élu lundi. Parce que cela signifie un gouvernement qui sera bientôt miné par la partisanerie politique et dont la durée de vie ne sera que de 12 à 18 mois.

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Écrit par Jean-Pierre Martel