Trump et Cuba : nuire pour nuire

Publié le 22 février 2026 | Temps de lecture : 4 minutes


 
On ne sait pas très bien quel est le but du président Donald Trump en ajoutant un blocus pétrolier aux ‘sanctions’ américaines déjà en vigueur contre Cuba.

Avant d’aller plus loin, précisons qu’on punit une personne ou une entreprise pour une faute commise. En réalité, on appelle ‘sanctions’ les divers volets de la guerre commerciale et financière asymétrique livrée par les États-Unis contre Cuba. Asymétrique parce ce que sans contrepartie de cette dernière.

Si Trump veut recourir à la force militaire pour provoquer un changement de régime, ou faire effondrer l’économie cubaine afin que la population cubaine se révolte contre ses dirigeants, cela a peu de chance d’arriver.

L’industrie touristique cubaine s’est déjà mise à l’arrêt au cours du confinement sanitaire. Et deux décennies plus tôt, l’économie cubaine s’est sévèrement contractée lors de l’effondrement de l’URSS. Ce qui arrive de nos jours, c’est un peu la somme des deux.

Contrairement à ce que pense Donald Trump, Cuba n’est pas un ‘fruit mûr’; c’est un diamant poli par l’épreuve.

La jeunesse cubaine d’aujourd’hui ne partage pas les idéaux révolutionnaires de ses prédécesseurs. Mais en dépit de ces différences générationnelles, ce qui fait la résilience de Cuba et son aptitude à travers les crises, c’est la solidarité de son peuple.

Parce que l’individualisme a du bon, mais pas en période de crise.

Tous les Cubains aimeraient vivre dans l’aisance matérielle. Mais ils savent que la mauvaise situation économique du pays est le résultat de la guerre économique que Washington leur livre depuis trop longtemps.

Contrairement à l’objectif poursuivi par Washington, les six décennies de ‘sanctions’ américaines ont tellement appauvri Cuba qu’elles y ont rendu le communisme indispensable.

Tout comme, dans n’importe quel pays, le rationnement devient indispensable en temps de guerre, quand l’essence ou les vivres viennent à manquer.

Ce qui distingue le communisme du socialisme ou du capitalisme, c’est l’importance de la redistribution de la richesse par l’État. Parce que, étymologiquement, le communisme est la mise en commun. Cette répartition est d’ailleurs la distinction fondamentale entre un régime d’extrême gauche et un régime d’extrême droite.

Si j’exclus la Corée du Nord (que je connais mal), Cuba est probablement le pays au monde où l’État attache la plus grande importance à combattre les inégalités sociales. Elles existent, mais moins que partout ailleurs.

Ceux qui croient la propagande américaine selon laquelle Fidel Castro menait une vie de château ne connaissent rien. Il suffit de consulter les innombrables reportages au sujet de la maison que le chef révolutionnaire habitait dans le quartier autrefois chic de Vedado pour constater que le luxe dont il était entouré correspond à celui d’une maison moyenne en banlieue de Montréal.

Comme l’a démontré mon récent photoreportage au sujet des complexes touristiques sur l’ile de Cayo Largo, les véritables écarts sociaux à Cuba se situent entre la population du pays et les touristes qui le visitent.

À Cuba, la redistribution de la richesse prend la forme de mesures sociales qui permettent à ce pays d’avoir une mortalité enfantine moindre que celle des États-Unis, une espérance de vie plus grande et un taux d’alphabétisation supérieur.

Dans un pays où le salaire moyen est de 19$ par mois, les Cubains savent très bien que sans cette répartition de la richesse — en somme, sans communisme — ceux qui sont en position de profiter de l’effondrement du régime connaitront un enrichissement colossal aux dépens du reste de la population.

En conclusion, depuis plus de six décennies, Cuba est le grain de sable dans le soulier des États-Unis.

En s’acharnant contre ce pays inoffensif, Donald Trump ne fait pas la démonstration de la puissance américaine puisque selon l’alexandrin de Pierre Corneille, à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Ce que prouve Donald Trump, c’est le pouvoir de nuisance d’un grand pays aux mains d’un tyran.

Paru depuis : Sous la pression des Etats-Unis, plusieurs pays des Amériques congédient leurs « brigades médicales » cubaines (2026-03-15)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm — 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Aperçu des autres complexes touristiques sur Cayo Largo

Publié le 20 février 2026 | Temps de lecture : 4 minutes

D’ouest en est, on compte dix complexes touristiques sur l’ile de Cayo Largo, dont quatre sont opérationnels, soit Memories, Starfish, Villa Linda Mar et Grand Memories.

Tous sont présentement détenus conjointement par le groupe hôtelier Gran Caribe (propriété de l’état cubain) et du grossiste en voyages Sunwing (propriété du transporteur aérien Westjet).

Le premier, à 4,5 km de la plage Sirena, est le complexe touristique Memories que je n’ai pas visité et dont évidemment je n’ai pas rapporté de photos.





Au Starfish

De tous les complexes touristiques que j’ai visités sur l’ile, le Starfish — autrefois appelé Pelicano — est celui dont les espaces publics ont été aménagés avec le plus de soin.

Sa cafétéria est plus généreuse que celle de son voisin Villa Linda Mar, mais au prix d’une multitude de mouches qui virevoltent autour des plats.

Le soir, on y présente des spectacles semi-professionnels ou amateurs.

Le complexe touristique suivant est Villa Linda Mar, présenté au deuxième volet de cette série.

Suivent six complexes qui suivent sont destinés à être mis en valeur dès la saturation des complexes déjà en activité.

À Villa Soledad

Construites en 1991 et réservées aux adultes, les 24 chambres du complexe Soledad sont actuellement abandonnées.

Le complexe est sans doute le moins intéressant de l’ile en raison du style banal des habitations.

Deux de ses unités, équipées de six panneaux solaires industriels, servent de buanderie à Villa Linda Mar.

À Villa Coral

Autrefois copropriété d’un grossiste italien en voyages, Villa Coral a été repris par le grossiste canadien Sunwing. Toutefois, ce complexe touristique est demeuré abandonné depuis 2023.

Avec leur style colonial espagnol, les 71 chambres de Villa Coral ne manquent pas de charme et plairont à leurs visiteurs quand le complexe reprendra ses activités.

À l’hôtel Isla del Sur

Ouvert en 1982. l’hôtel Isla del Sur est le plus ancien complexe touristique de l’ile.

De style brutaliste, cet hôtel de 57 chambres sur deux étages est fermé définitivement.


À Villa Serena

Avec ses panneaux solaires jugés sur les toits et sa piscine remplie d’eau cristalline, on croirait les coquettes chambres sur deux étages de ce complexe prêtes accueillir des visiteurs.

Pour l’instant, il est abandonné. Précisons que sa plage est étroite.

À Villa Natura

Les panneaux solaires en moins, les unités de Villa Natura sont identiques à celles de Villa Serena. Autrefois réservé aux adultes (en raison de sa plage naturiste), ce complexe touristique est en attente de réouverture.


À Villa Caprice

De tous les complexes touristiques abandonnés, Villa Caprice est sans doute le plus étonnant avec ses maisonnettes en bois, réparties de part et d’autre de la principale route qui traverse l’ile.

Le retour

Encore plus à l’Est se trouve le complexe Grand Memories, en activité, et dont on m’a dit le plus grand bien. Mais le demi-kilomètre de plus à marcher pour le visiter a eu raison de ma curiosité.

Si bien que je suis revenu en voiturette de golf, grâce à la bienveillance de son conducteur qui a eu la gentillesse de me ramener à Villa Linda Mar.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectifs M.Zuiko 25 mm F/1,2 (les cinq premières photos) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/60 sec. — F/5,0 — ISO 4000 — 25 mm
  2e  photo : 1/60 sec. — F/2,2 — ISO 5000 — 25 mm
  3e  photo : 1/60 sec. — F/2,2 — ISO 1250 — 25 mm
  4e  photo : 1/160 sec. — F/1,2 — ISO 200 — 25 mm
  5e  photo : 1/60 sec. — F/1,2 — ISO 250 — 25 mm
  6e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
  7e  photo : 1/800 sec. — F/5,0 — ISO 200 — 15 mm
  8e  photo : 1/1000 sec. — F/2,9 — ISO 200 — 12 mm
  9e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
10e  photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
11e  photo : 1/5000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
12e  photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
13e  photo : 1/2000 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm
14e  photo : 1/3200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les unités d’habitation de Villa Linda Mar

Publié le 15 février 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Historique


 
Avant la pandémie au Covid-19, le complexe touristique Villa Linda Mar était le fruit d’un partenariat entre le groupe hôtelier Gran Caribe (propriété de l’état cubain) et un grossiste italien en voyages.

Toutefois, les pertes financières occasionnées par le confinement sanitaire ont obligé ce dernier à se départir de ses propriétés de l’ile de Cayo Largo au profit du grossiste en voyages Sunwing (propriété du transporteur aérien WestJet).

Villa Linda Mar


Plan du site

Villa Linda Mar comprend 53 unités d’habitation dont 50 sont des chaumières triangulaires. Les trois autres ont des toits ordinaires.

Celle qui j’habitais portait le numéro 7022 (encerclée de rouge, sur la carte ci-dessus).

De tous les complexes touristiques sur l’ile de Cayo Largo, c’est à Villa Linda Mar que les unités d’habitation sont les plus spacieuses.


 
À Villa Linda Mar, l’aménagement intérieur de toutes les unités d’habitation est identique sauf quant au lit (deux lits simples dans certains cas, un grand lit à deux places dans les autres).

De plus, elles sont toutes orientées vers l’océan. Pourtant un supplément est exigé pour habiter dans une des unités avec ‘vue sur la mer’. La différence entre celles-ci et les autres est que ces dernières ont la vue sur l’océan obstruée par un talus.

La principale différence entre les unités est la distance qui les sépare. La proximité d’autres unités peut s’avérer être un inconvénient en cas de tapage nocturne (ce qui est rare).

Panneau solaire

Afin d’assurer l’approvisionnement en eau chaude, les unités sont reliées aux nombreux panneaux solaires industriels dispersés sur le site.






Aperçu des unités d’habitation

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 Mark II, objectifs PanLeica 8-18 mm (3e photo) et M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (les autres photos)
  1re photo : 1/500 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 24 mm
  2e  photo : 1/2500 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 17 mm
  3e  photo : 1/200 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
  4e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 1250 — 8 mm
  5e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
  6e  photo : 1/125 sec. — F/4,5 — ISO 200 — 18 mm
  7e  photo : 1/500 sec. — F/4,0 — ISO 200 — 26 mm
  8e  photo : 1/640 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 15 mm
  9e  photo : 1/640 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 12 mm
10e  photo : 1/800 sec. — F/5.6 — ISO 200 — 15 mm
11e  photo : 1/500 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 16 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Réforme des soins aux ainés : l’exemple cubain

Publié le 26 mai 2020 | Temps de lecture : 3 minutes



 
Deux raisons expliquent le taux de mortalité plus élevé du Covid-19 au Québec en comparaison avec les autres provinces canadiennes.

La première est une pyramide des âges où les ainés sont plus représentés que dans la moyenne canadienne. C’est aussi le cas en Italie en raison de la fuite des cerveaux des jeunes Italiens vers les autres pays d’Europe occidentale.

La deuxième raison est la concentration des vieillards québécois dans des hospices. Ces ghettos de vieux offraient un terreau fertile aux conséquences les plus sévères de l’épidémie.

L’irrespect de la dignité humaine qui a entouré ces décès est la conséquence du sous-investissement chronique des hospices au Québec. Mais strictement parlant, ce n’est pas la cause de cette mortalité.

Dans les EHPAD français et les maisons de retraités suédois, mieux financés, ceux-ci furent également des lieux de mortalité élevée.

Chez nous, cette mortalité serait survenue probablement de manière aussi importante si nos vieillards étaient logés dans de luxueuses résidences desservies par un personnel abondant.

Dès qu’une épidémie très contagieuse circule dans une collectivité, toute personne provenant de l’extérieur (employé ou visiteur) est susceptible d’être le cheval de Troie du virus si on ne la teste pas fréquemment.

Or c’est encore le cas au Québec en dépit du dépistage dit ‘massif’ qu’on effectue quotidiennement chez 0,16 % (sic) de la population.

D’où l’idée, non pas de construire de plus beaux ghettos, mais de consacrer des sommes beaucoup plus importantes aux soins à domicile.

Depuis le début de cette pandémie, on s’est intéressé au modèle chinois (confinement massif), au modèle sud-coréen et taïwanais (port du masque généralisé et mise en quarantaine forcée des personnes contagieuses), au modèle allemand (dépistage massif), et au modèle suédois (quarantaine limitée aux ainés).

Mais personne ne semble s’intéresser au modèle cubain. Dans ce pays, on ne crée pas de ghettos de vieux; les hospices y sont extrêmement rares.

Toutefois, dans le quartier populaire de Centro, à La Havane, on peut voir quotidiennement des infirmières, toutes de blanc vêtues, aller au domicile des gens qui nécessitent des soins de longue durée (diabétiques, hypertendus, etc.).

Dans ce pays où, officiellement, il n’y a que sept morts du Covid-19 par million d’habitants — six-cents fois moins qu’au Québec — il serait intéressant de faire abstraction de l’idéologie politique et de voir, de manière pragmatique, s’il n’y a pas matière à réflexion quant à la création chez nous d’une véritable politique de soins à domicile…

Paru depuis :
Cuba sets example with successful programme to contain coronavirus (2020-06-07)

Détails techniques des photos : Olympus OM-D e-m5 et objectif Lumix 12-35mm F/2,8
1re photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 26 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 35 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le mystère de l’ambassade

Publié le 30 octobre 2017 | Temps de lecture : 5 minutes

Introduction

Entre la fin de 2016 et le début de 2017, au moins 21 employés de l’ambassade américaine à Cuba ont été victimes d’un mal mystérieux en quelques semaines.

Lésions cérébrales, perte définitive de l’audition, perte d’équilibre, migraines aigües, troubles cognitifs et œdèmes cérébraux font partie des symptômes de ce mal mystérieux.

Le 23 mai dernier, le gouvernement Trump a expulsé deux diplomates cubains en fonction aux États-Unis afin de protester contre les attaques présumées de Cuba ciblant le personnel diplomatique américain.

Selon les États-Unis, ce personnel aurait été soumis à des attaques ‘soniques’ causées par des ondes situées hors du spectre audible.

De nos jours, il n’y a pas d’ondes qui ne puissent être décelées facilement. Lorsqu’elles sont inaudibles parce que trop faibles, les ondes sonores peuvent être amplifiées. Les ondes radio peuvent être captées par une simple radio. Il existe des capteurs d’ondes électromagnétiques. Les émissions radar peuvent être captés par des antiradars. Et ainsi de suite.

Bref, pour que l’explication des attaques ‘soniques’ soit crédible, il faut imaginer que Cuba ait mis au point une technologie sophistiquée capable d’émettre des ondes que même les États-Unis n’arrivent pas à la déceler.

Au risque d’offenser mes lecteurs cubains, j’ai peine à croire en la haute technologie militaire de l’ile…

On doit se rappeler que le régime castriste désire la normalisation des relations diplomatiques avec les États-Unis — mais pas à n’importe quel prix — alors que l’administration Trump y est farouchement opposée.

Il serait contreproductif pour Cuba de se livrer à des attaques ‘soniques’ contre les États-Unis alors qu’on cherche à s’en rapprocher.

La maladie du légionnaire

En 1976, lors d’un congrès à Philadelphie, 200 membres de l’American Legion étaient victime d’une nouvelle maladie pulmonaire (surnommée Maladie du légionnaire).

Cette pneumonie était causée par une bactérie inconnue jusque là qui se reproduisait dans les tubulures des systèmes de climatisation qui ne sont pas régulièrement nettoyés.

S’il est facile d’imaginer qu’une bactérie dispersée dans l’air puisse être inhalée et causer une maladie pulmonaire, on voit mal comment un microbe dans l’air puisse atteint les organes internes de l’oreille et causer la surdité de certains membres du personnel diplomatique américain.

En effet, la cochlée (responsable de l’audition) et le labyrinthe (responsable en partie de l’équilibre) sont situés profondément dans l’oreille interne, protégée de l’extérieur par le tympan.

À moins d’une lésion du tympan, il est presque impossible pour un microbe d’atteindre l’oreille interne… à moins de passer par le nez.

En effet, le nez est directement relié à l’oreille interne par la trompe d’Eustache. C’est par l’intermédiaire de ce tube étroit que nous pouvons rétablir, lors d’un vol d’avion, l’équilibre de pression entre l’air de la cabine et la pression derrière le tympan.

Inspirés par le nez, ce sont habituellement des virus, mais parfois des bactéries, qui réussissent à migrer vers l’oreille interne en passant par la trompe d’Eustache. On peut facilement imaginer qu’une bactérie inconnue puisse faire la même chose.

Un système d’aération vieux d’un demi-siècle

Cliquez sur l’image pour l’agrandir

L’édifice de l’ambassade américaine à Cuba a été construit en 1953 sur le Malecón. Celui-ci est un long boulevard aménagé le long du détroit de Floride.

Tout comme de nombreux édifices modernes, on ne peut en ouvrir les fenêtres et toute l’aération dépend d’un système de climatisation placé sur le toit.

En 1961, les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec Cuba et ne les reprendront qu’en 2015. Pendant 54 ans, l’édifice demeurera en l’état et logera le personnel très restreint de la Section des intérêts des États-Unis à La Havane.

Les appareils qui climatisent, qui déshumidifient et peut-être qui détoxifient l’air de l’ambassade étaient sans doute à la fine pointe de l’art il y a un demi-siècle. Est-il possible qu’ils se soient dégradés depuis au point de devenir dangereux ?

Soumis à un climat chaud et humide, l’édifice est aspergé par de l’écume et des gouttelettes corrosives d’eau salée à chaque fois qu’une tempête frappe l’ile.

Le béton et les vitres de l’ambassade ne portent aucun signe visible d’érosion. Toutefois, il est raisonnable de penser que les appareils de climatisation situés sur le toit de l’édifice puissent vieillir prématurément.

Plutôt que d’explorer la piste hasardeuse et compliquée d’une cause microbienne liée à l’insalubrité de l’édifice, l’administration Trump a préféré recourir à l’accusation extravagante d’attaques ‘soniques’, elle qui cherche des prétextes pour rompre de nouveau les relations diplomatiques avec Cuba…

Références :
Ambassade des États-Unis à Cuba
American Legion
Le mystère des «attaques acoustiques» contre des diplomates américains à Cuba reste entier
US embassy employees in Cuba possibly subject to ‘acoustic attack’

Parus depuis :
Des problèmes d’ouïe préoccupants chez des interprètes du fédéral (2019-02-17)
White House investigating ‘unexplained health incidents’ similar to Havana syndrome (2021-04-29)
Washington enquête sur une vague d’incidents de santé chez ses diplomates à Vienne (2021-07-17)
CIA officer suffers ‘Havana Syndrome’ symptoms in India (2021-09-21)
Pertes de mémoire, vertiges… L’ambassade américaine en France rattrapée par le mystérieux syndrome de La Havane (2022-01-29)

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm — 1/500 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 35 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Pressions cubaines

Publié le 14 mai 2015 | Temps de lecture : 3 minutes
Puits abandonnés à la Fortaleza de San Carlo de la Cabaña, à La Havane

Lorsque le président américain Barack Obama a annoncé le rétablissement des relations diplomatiques avec Cuba, cette décision était le point de départ d’un long processus visant à lever l’embargo américain contre le régime castriste.

Évidemment, cette annonce-surprise a suscité la critique de ses adversaires républicains comme le veut la coutume de ce parti de critiquer à peu près toutes les décisions d’un président démocrate.

Mais la virulence de ces critiques a été moindre dans ce cas-ci parce que la grande industrie américaine est favorable à ce rapprochement.

Cuba compte onze millions de citoyens. Or onze millions de citoyens, c’est onze millions de consommateurs.

Si ces consommateurs ont présentement peu de pouvoir d’achat — le revenu moyen mensuel d’un travailleur cubain est de 19$ par mois — la levée de l’embargo suscitera inévitablement un boom économique, une augmentation de ce pouvoir d’achat et la création d’un nouveau marché dans un pays qui manque de tout ce qui est superflu… et parfois d’un peu du nécessaire.

C’est bien connu; qu’y a-t-il de plus arriéré qu’un peuple qui ne boit pas une seule bouteille de Coca-cola ? C’est le cas du peuple cubain.

La stratégie du gouvernement américain était prévisible; susciter de grands espoirs chez le peuple cubain, faire durer le suspense, obtenir concession après concession du régime castriste. Puis après que celui-ci soit à genoux, lui demander davantage.

Mais les dirigeants cubains ne sont pas nés de la dernière pluie.

Plus tôt cette semaine, le président de la République française devenait le premier chef d’État occidental à se rendre dans l’île depuis le rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis.

M. François Hollande s’y rendait dans un but précis : signer une entente commerciale en vertu de laquelle la pétrolière française Total obtenait des droits de prospection pétrolière dans les eaux territoriales cubaines du golfe du Mexique.

En somme, la France coupait ainsi l’herbe sous le pied des Américains. Ces derniers croyaient avoir tout le temps voulu pour faire main basse sur l’île et voilà que les Cubains leur montraient qu’ils ne se laisseraient pas domestiquer aussi facilement.

C’est à suivre…

Références :
Cuba announces France oil deal as Hollande urges end to US trade embargo
Le monde salue le rapprochement historique entre les États-Unis et Cuba

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm F/2,8 — 1/400 sec. — F/6,3 — ISO 200 — 18 mm


Voir aussi :
Liste des diaporamas du premier voyage à La Havane
Liste des diaporamas du second voyage à La Havane

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les contraires s’attirent… ou se repoussent

Publié le 31 décembre 2014 | Temps de lecture : 2 minutes
Édifice du ministère de l’Intérieur à Cuba

On apprend aujourd’hui qu’une douzaine de dissidents ont été arrêtés à Cuba pour avoir participé à une minuscule manifestation non autorisée.

L’artiste cubaine Tania Bruguera, à l’origine de cette manifestation, voulait organiser une séance de discussion libre « à micro ouvert » sur la place de la Révolution — devant les bureaux du redoutable ministère de l’Intérieur — sans avoir obtenu les autorisations nécessaires.

Pour les autorités cubaines, il s’agissait d’une provocation politique. Au contraire, pour le département d’État américain, c’est une tentative de brimer la liberté d’expression.

En septembre 2012, 130 personnes ont été arrêtées à New York parmi les 600 qui marchaient dans les rues de cette ville pour souligner le premier anniversaire du mouvement Occupy Wall Street. C’est dix fois plus d’arrestations qu’hier à Cuba.

Afin de débusquer le terrorisme qui sommeille dans chacun de ses citoyens, les États-Unis espionnent leurs courriels, épient leurs appels téléphoniques, et localisent leurs déplacements par le biais de leurs téléphones multifonctionnels. Il est temps que les autorités cubaines fassent du respect des droits de l’Homme aux États-Unis une condition de la normalisation avec ce pays.

Mais qu’est-ce que je suis en train d’écrire ? Suis-je en train de réaliser que la vérité est une chose relative, et qu’elle peut être déformée par l’aveuglement idéologique…

En réalité, chaque pays possède ses propres dissidents. Et il les réprime comme il peut. Les participants au Printemps érable en savent quelque chose…

Références :
Anniversaire d’Occupy Wall Street : 135 arrestations
Cuba arrête une douzaine de dissidents, Washington « préoccupé »

Détails techniques de la photo : Olympus OM-D e-m5, objectif Lumix 12-35mm — 1/640 sec. — F/8,0 — ISO 200 — 31 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel