Covid-19 : Évolution en cinq jours

6 avril 2020

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19. Ces pays sont classés par le nombre de morts par million d’habitants (mpm).

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas du Québec et de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste, les pays de moins d’un demi-million de personnes.

Que nous dit ce tableau ?

Le nombre cumulatif des morts n’est plus en croissance exponentielle en Italie. En dépit du fait que cela n’est pas aussi évident, c’est aussi le cas en Espagne.

Ce qui laisse entrevoir une embellie pour ces deux pays si les mesures de confinement continuent d’être respectées.

À l’heure actuelle, il est trop tôt pour penser au relâchement des mesures sanitaires en Europe.

Au Québec, le nombre de morts y est en croissance exponentielle, à la moitié de la mortalité américaine.

Au Japon, l’épidémie poursuit sa lente progression.

Quant à la Chine, la Corée du Sud et Taïwan, le nombre de nouveaux cas et de nouveaux décès y est minime.

Ces pays seront guéris un mois après le dernier nouveau cas décelé. D’ici là, ils devront poursuivre leur politique de dépistage et de confinement des personnes atteintes.

Une fois ces pays guéris, leurs citoyens seront libres de vaquer à leurs occupations.

Toutefois, tant que l’épidémie n’aura pas disparu du globe, il leur restera à maintenir la mise en quarantaine systématique de tout nouvel arrivant. Sinon, l’épidémie reviendra chez eux.


Tableau comparatif des pays les plus atteints

Pays N. de morts au 6 avril mpm au 1er avril mpm au 6 avril
       
Espagne 12 641 194,0 270,9
Italie 15 887 205,5 262,7
Belgique 1 447 72,6 126,9
France 8 078 52,6 120,6
Pays-Bas 1 766 68,3 102,8
Suisse 715 53,8 83,4
Grande-Bretagne 4 934 35,4 74,2
Iran 3 603 37,4 44,4
Suède 401 23,6 39,6
Irlande 158 14,7 32,7
Danemark 179 18,6 32,0
États-Unis 9 616 12,4 29,4
Portugal 295 18,2 28,7
Autriche 204 16,6 23,1
Allemagne 1 584 9,9 19,1
Norvège 71 5,4 13,2
       
Québec 121 3,7 14,3
Corée du Sud 183 3,2 3,6
Chine 3 331 2,4 2,4
Hong Kong 4 0,5 0,5
Japon 85 0,4 0,5
Taïwan 5 0,2 0,2

Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada et les masques N95

5 avril 2020

La guerre des masques

Puisque la pandémie au Covid-19 se propage principalement par l’air que nous respirons, toute personne qui désire se protéger à l’aide d’un masque N95 devrait pouvoir le faire.

Mais voilà, on en manque. Ce qui oblige nos gouvernements à les réserver pour ceux qui sont au front de la lutte contre la pandémie. À juste titre.

« Ça joue dur.» C’est par ces mots que le premier ministre du Québec faisait allusion à la compétition féroce que se livrent les pays afin d’acquérir du matériel médical de protection.

Le 15 mars, on apprenait la tentative des États-Unis de s’approprier l’exclusivité — pour la somme d’un milliard de dollars — d’un vaccin que cherche à mettre au point un laboratoire allemand.

Ces jours-ci, sans viser directement Washington, la présidente du Conseil régional d’Ile-de-France accuse ‘des Américains’ d’avoir détourné des masques destinés à la région parisienne.

Dans un pays aussi contrôlé que la Chine, on voit mal comment des contrebandiers américains pourraient exercer sur le tarmac d’aéroports chinois sans que les États-Unis aient officieusement obtenu la permission des autorités chinoises de les laisser opérer.

Une accusation analogue a été formulée par le ministre terre-neuvien de la Santé et le président français du Conseil régional du Grand Est.

Le 2 avril, un importateur québécois recevait une partie de sa commande de masques chinois; il a bien reçu les masques sanitaires, mais pas les 10 000 masques KN95 qui, eux, ont été expédiés par erreur en Ohio. On ignore si l’erreur a été corrigée par le transporteur.

Le 3 avril, un ministre de la cité-État de Berlin a accusé les États-Unis de piraterie après que 200 000 masques N95 destinés à la police berlinoise eurent été détournés à Bankok vers les États-Unis.

Cette semaine, les États-Unis ont officiellement interdit à un fabricant américain de masques N95 d’exporter une partie de sa production vers le Canada.

La France fait pareil. En vertu d’un décret adopté récemment, les masques fabriqués par la succursale française de Medicom seront uniquement destinés à la France.

La Chine fait l’inverse. Dans ce pays, les simples citoyens ont de la difficulté à obtenir des masques parce que leur pays préfère vendre au plus vite (et aux plus offrants) des milliards$ d’équipement de protection médicale pendant que les pays occidentaux se battent pour en avoir.

Bref, c’est la foire d’empoigne entre les pays pour obtenir des masques.

L’atout secret du Canada

Ces jours-ci, la France attend la livraison de près de deux-milliards de masques chinois.

Dans la lutte contre le Covid-19, vouloir une telle quantité de masques est raisonnable pour un grand pays.

Le Canada pourrait, lui aussi, obtenir autant de masques et même, les obtenir assez rapidement.

Mais comment est-ce possible ?

Parmi tous les pays qui se battent pour obtenir des masques, le Canada possède un atout qui vaut de l’or, à donner à la Chine en plus du prix usuel pour les masques; Mme Wanzhou, une des dirigeantes de Huawei.

Celle-ci est détenue au Canada en vertu d’un mandat d’arrestation que les États-Unis mirent trois mois à justifier.

Essentiellement, cette affaire est une farce, pour les raisons expliquées dans le texte ‘L’affaire Huawei : dure pour le Canada, la vie de caniche américain’.

Donald Trump a déjà déclaré que si elle était détenue aux États-Unis, il l’aurait libérée en échange d’un bon accord commercial avec la Chine.

Au Canada, elle pourrait être exfiltrée vers la Chine et remplacée par un sosie. Cela serait fait clandestinement puisque la résidence où elle est confinée est certainement épiée par des espions américains.

Lorsque la substitution sera découverte après l’élection présidentielle américaine, on fera semblant d’être surpris. Ce qui justifiera une enquête-bidon qui aboutirait à un cul-de-sac, raison d’État oblige.

Tout dépend d’Ottawa : est-ce que les vies de centaines ou de milliers de Canadiens — qu’on pourrait sauver en se procurant suffisamment de masques — valent plus que l’issue d’une affaire juridique qui est une source d’embarras pour le pays depuis plus d’un an ?

Références :
Coronavirus: anger in Germany at report Trump seeking exclusive vaccine deal
COVID-19 : des Américains rachètent en Chine un lot de masques destinés à la France
Des masques destinés au Canada détournés vers d’autres pays?
Des masques perdus à cause d’une erreur informatique?
La guerre des masques
La France a commandé près de 2 milliards de masques en Chine
La République Tchèque aurait détourné des masques et des appareils respiratoires destinés à l’Italie
Les États-Unis demandent à 3M de ne plus envoyer de masques au Canada
US accused of ‘modern piracy’ after diversion of masks meant for Europe
Washington assure n’avoir jamais acheté à la Chine de masques destinés à la France


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : les urnes funéraires de Wuhan

3 avril 2020

Introduction

Afin d’incriminer la Chine, on publie ces jours-ci des photos prises à Wuhan — le berceau de la pandémie au Covid-19 — qui montrent les files de citoyens qui attendent de recevoir l’urne funéraire d’un être cher.

On suggère ainsi que l’épidémie a causé beaucoup plus de victimes que ce que suggèrent les chiffres officiels.

De plus, on affirme qu’en début d’épidémie, les responsables chinois n’auraient comptabilisé que les morts survenus en établissements de Santé. Comme en France.

En début de pandémie

Au début de l’infection, les dirigeants de la province d’Hubei se sont empressés d’emprisonner les lanceurs d’alerte, accusés de saper l’harmonie sociale en répandant des nouvelles inquiétantes.

Mais quand il s’est avéré qu’on avait effectivement affaire à un problème sanitaire majeur, les choses ont été rapidement prises en main par Beijing; les autorités locales ont été limogées au profit d’hommes de confiance de Xi Jinping.

Ce dernier a alors ordonné la mise en quarantaine de dizaines de millions de personnes en plus d’annuler les célébrations de la Nouvelle année chinoise. À défaut de quoi, des centaines de millions de travailleurs chinois seraient retournés dans leurs provinces respectives, répandant l’infection partout dans le pays.

Dès la mi-janvier, les autorités chinoises ont publié le code génétique du virus, permettant ainsi la fabrication de tests de diagnostic.

Le bilan chinois

Au 1er avril 2020, il y avait 2,4 morts causées par le Covid-19 par million de personnes (mpm) en Chine, 3,2 mpm en Corée du Sud, 0,4 mpm au Japon, et 0,2 mpm à Taïwan.

Indépendamment de leurs systèmes politiques, les citoyens de ces pays sont soumis à un contrôle social beaucoup plus important de la part de l’État que chez nous et ont une longue habitude du port du masque sur la voie publique (pour différentes raisons).

Compte tenu des données dans les pays environnants, le bilan chinois est donc plausible. Dans tous les cas, on est loin du bilan de 12,4 mpm (présentement) en sol américain.

De retour au sujet des urnes

La population du Québec est de 8,5 millions de personnes. En 2018, 68 000 Québécois sont décédés, principalement de causes naturelles.

L’agglomération urbaine de Wuhan compte onze-millions d’habitants. En présumant que le taux de mortalité dans cette mégapole est analogue à celui au Québec, il y aurait 88 000 morts par année.

Ce qui veut dire que durant les trois mois de l’épidémie de Covid-19, il y aurait eu 22 000 morts dans cette mégapole, sans compter la mortalité additionnelle due au Covid-19.

Bref, en quoi une file de quelques centaines de personnes attendant une urne funéraire prouve quoi que ce soit ?

L’inquiétude de Washington

Donald Trump s’est fait élire sous la promesse de redonner la gloire d’autrefois à son pays.

Quatre ans plus tard, aux élections présidentielles de novembre prochain, il devra justifier pourquoi la bourse s’est effondrée, pourquoi des millions de travailleurs américains sont maintenant sans emploi, pourquoi la dette américaine est montée en flèche, et pourquoi le taux de mortalité du Covid-19 dans son pays dépasse celui de nombreux autres pays.

Et, humiliation suprême, les États-Unis seront devenus (temporairement) la deuxième puissance économique mondiale, derrière la Chine.

La réponse américaine à ces questions est simple : parce que la Chine a caché la dangerosité du virus ‘chinois’ et qu’elle l’a laissé sortir de chez elle.

Tout l’arsenal de propagande des États-Unis (aidés par les ONG qu’ils financent) s’évertueront à nous convaincre d’ici novembre que Donald Trump a été induit en erreur par les mensonges de Beijing, lui si vertueux en matière de franchise…

Malheureusement, même en ignorant le bilan ‘falsifié’ de le Chine, la lutte américaine contre le Covid-19 sera un fiasco qui aura obligé ce pays à se comporter comme un brigand dans l’acquisition du matériel médical de protection.

Le fond du problème

Au début, la pandémie s’est répandue autour du globe par le biais des voyages aériens transcontinentaux.

Puisque les gens qui ont les moyens d’effectuer de tels voyages sont principalement des Occidentaux, ce sont leurs pays qui furent les premiers affectés, après les pays voisins de la Chine.

Malheureusement pour nous, les pays occidentaux sont aussi ceux dont les dirigeants ont cédé aux chantres de la mondialisation aveugle.

Quand Trump interdit à un fabricant américain d’exporter ses masques N95 vers le Canada, il a raison; son pays est 3 à 4 fois plus atteint que le Canada. Que ferions-nous à sa place ? Et si l’ONU avait le pouvoir de trancher ce différent, est-on certain qu’elle donnerait raison au Canada ?

La France fait pareil. En vertu d’un décret adopté récemment, la production de masques par la succursale française de Medicom sera uniquement destinée à la France.

Le gars stupide, ce n’est pas Trump ou Macron; c’est celui qui laisse produire en Inde et en Chine de l’équipement médical de première nécessité et des médicaments essentiels à la vie de ses citoyens et qui se dit : « Si jamais on en a besoin, on leur fera signe…»

Dans le cas des médicaments, les pénuries actuelles ne surprendront personne. De telles pénuries se succèdent depuis plus d’une décennie.

Dès 2011, j’écrivais sur ce blogue : ‘Le jour où l’approvisionnement en médicaments sera jugé aussi stratégique que l’approvisionnement en pétrole, les gouvernements seront davantage soucieux d’établir des règles qui garantissent à leurs citoyens l’accès ininterrompu en médicaments essentiels à leur vie.´

Malheureusement, le Canada n’a constitué et maintenu de réserves stratégiques ni pour l’équipement médical ni pour des médicaments de base.

De plus, le Canada n’a rien retenu de la pandémie de SRAS de 2003.

On n’a pas équipé les douaniers de scanneurs thermiques, tant aux aéroports qu’aux frontières. Contrairement à la Chine, à la Corée du Sud, au Japon et à Taïwan.

Actuellement, à Beijing, à l’aide de scanneurs thermiques, on vérifie la température de toute personne qui se promène à l’extérieur. Même si nos directeurs de Santé publique recommandaient qu’on fasse pareil, on ne pourrait tout simplement pas donner suite à cette suggestion.

Le fédéral n’a institué aucun mécanisme de concertation qui permettrait aux provinces d’assurer le suivi des voyageurs qui confient spontanément aux douaniers canadiens être atteints de symptômes suggérant l’infection au Covid-19.

Contrairement aux pays démocratiques d’Extrême-Orient, Ottawa n’a institué aucun plan de confinement obligatoire des voyageurs atteints. Pas de test. Rien. Jusqu’à tout récemment, on entrait dans le pays comme dans une grange.

Tout ce que le fédéral a fait, c’est distribuer des feuillets de renseignements. Wow ! Quel bel effort…

Conclusion

Il est futile de chercher des puces à la Chine.

Le fiasco occidental dans la lutte contre le Covid-19 nécessite une réflexion profonde sur le lien qui unit nos États à leurs peuples.

Suffit-il d’élire nos dirigeants (ce qui est mieux que rien) pour que nous faire accepter le fait que dès qu’ils prennent le pouvoir, ils servent de paravent à une machine étatique à la solde du grand capital international ?

En somme, est-ce que la démocratie parlementaire (élire ses dirigeants) est le seul modèle de démocratie ? Puisque ce n’est pas le cas, est-il vain de désirer mieux ?

Je crois que l’âge des révoltes approche…

Références :
L’âge des révoltes
Les États-Unis demandent à 3M de ne plus envoyer de masques au Canada
Les pénuries de médicaments
Plus d’un million de masques retenus en Inde


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les mystères du Covid-19

2 avril 2020

Anatomie du Covid-19

Le Covid-19 se compose de deux parties distinctes; une coquille protectrice qui emprisonne un contenu qui lui est indépendant.

Sa coquille grasse et molle est hérissée d’excroissances. Quant à son contenu, il est comme la Belle au bois dormant; vivant mais inerte.

Ce n’est pas le baiser d’un prince charmant qui réveille le Covid-19. Dès que le contenu du virus se retrouve à l’intérieur d’une cellule, c’est alors que le virus s’éveille.

Depuis le début de la vie sur Terre, les espèces vivantes sont confrontées à des microorganismes hostiles. Pour s’en protéger, elles ont développé des mécanismes qui empêchent les microbes d’entrer dans leurs cellules.

Si bien que très peu d’espèces vivantes sont formées de cellules qui laissent entrer les coronavirus.

Selon les connaissances actuelles, seuls la chauvesouris, le chameau, les primates, les furets, la civette palmiste masquée et le hamster doré font exception à cette règle.

Dans le cas des primates (dont l’homme), sur la quarantaine de coronavirus connus, l’immense majorité est incapable de pénétrer dans leurs cellules.

Sept le peuvent. Quatre font partie du groupe hétéroclite des virus responsables d’infections respiratoires bénignes; on estime que de 15 à 30 % des rhumes banals sont causés par un coronavirus.

Mais trois coronavirus peuvent causer de graves épidémies : le virus du SRAS, celui du MERS et le tout dernier, le Covid-19.

La plupart des virus respiratoires qui s’attaquent à l’humain colonisent soit les voies respiratoires supérieures (nez, bouche et gorge) ou bien les voies respiratoires inférieures (les poumons).

Les premiers provoquent des infections qui se répandent facilement, mais dont la gravité est généralement mineure. Ceux qui s’attaquent aux poumons se transmettent plus difficilement, mais causent des symptômes beaucoup plus graves.

Le Covid-19 est capable d’infecter tout le système respiratoire. Ce qui le rend à la fois très contagieux et très virulent.

Il se transmet non seulement par la toux, mais aussi par les gouttelettes de salive (ou postillons) projetées en parlant.

Voilà comment il se propage d’une personne à l’autre.

Mais comment le virus du Covid-19 réussit-il à déjouer les mécanismes cellulaires de défense que l’espèce humaine a mis des centaines de milliers d’années à developper ?

Les ventouses du Covid-19

Si la ‘coquille’ du Covid-19 est hérissée d’excroissances, ce n’est pas à titre décoratif.

Celles-ci sont des ‘ventouses’ qui adhèrent à des récepteurs à la surface de nos voies respiratoires.

Pour entrer dans une cellule, le coronavirus doit fixer une de ses excroissances au cœur (ou site actif) d’un enzyme appelé ACE2 (ou Enzyme de Conversion de l’Angiotensine 2). Cet enzyme est présent à la surface des cellules des voies respiratoires.

Les ‘ventouses’ du Covid-19 adhèrent tellement bien à l’ACE2 (en comparaison avec celles du SRAS) qu’il faut beaucoup moins de particules virales (ou de copies) du Covid-19 dans les poumons pour que l’une d’elles réussisse à entrer dans une cellule et débuter l’infection.

Évidemment, au cours de son évolution, l’espèce humaine n’a pas développé l’ACE2 pour qu’un jour des coronavirus puissent s’y fixer et nous rendre malades.

On trouve normalement cet enzyme à la surface des voies respiratoires, du cœur, du rein, de l’intestin et des testicules.

L’ACE2 sert principalement à fabriquer une substance vasodilatatrice essentielle au bon fonctionnement du cœur et des reins.

On ne sait pas très bien pourquoi nous avons des ACE2 dans nos poumons. Peut-être servent-ils à dégrader des protéines et faciliter le nettoyage des bronches.

De tous les organes qui contiennent de l’ACE2, le Covid-19 n’a accès qu’au système respiratoire. Cette porte d’entrée lui suffit à nous infecter.

Comment procède-t-il ?

Lorsqu’une des excroissances du virus se fixe fermement sur une molécule d’ACE2, il en bloque le fonctionnement.

La réaction de la cellule est alors de phagocyter le virus tout entier, c’est-à-dire de l’entrainer à l’intérieur de la cellule.

Or à l’intérieur des cellules, les vacuoles servent de vidangeurs et de nettoyeurs. Dès qu’un Covid-19 est phagocyté, les vacuoles se mettent à l’œuvre pour digérer ce qu’elles croient être une simple impureté. C’est alors qu’elles grugent la paroi virale, libérant son dangereux code génétique.

Celui-ci s’empare aussitôt de la machine reproductrice interne de la cellule.

Cette machine reproductrice est celle qui permet normalement à une cellule-mère de se diviser en deux cellules-filles. Une fois piratée par le Covid-19, elle ne sert plus qu’à produire d’autres petits virus comme lui.

En somme, la cellule devient une machine à produire des virus. Ce qu’elle fait jusqu’au moment où elle est pleine à craquer.

C’est là que cette poche de virus libère son contenu, permettant aux ‘virus-fils’ de se lancer à la conquête exponentielle d’autres cellules des voies respiratoires.

Ces voies sont tapissées de cils vibratoires dont le rôle est de repousser les poussières et les particules qui tentent d’aller vers les poumons. Plus les particules sont petites, plus elles sont capables d’aller loin au creux de l’arbre respiratoire avant d’être décelées et repoussées par les cils vibratoires.

Dans la gorge, lorsqu’une cellule infectée éclate, ce qu’elle éjecte, ce sont des particules virales de taille infime, capables d’être inhalées profondément vers les bronches.

Les conséquences

Dans le poème épique Roland furieux, écrit à la Renaissance par l’Arioste, l’auteur décrit un long combat à l’épée entre deux chevaliers.

Il y précise qu’au fur et à mesure que le combat se prolongeait, le sol se jonchait des anneaux métalliques brisés de leurs cottes de mailles.

C’est ce qui arrive aux poumons lors d’une pneumonie à Covid-19.

En éclatant sous la pression de son trop-plein de ‘virus-fils’, la cellule piratée déverse alors tout le reste de son contenu dans les bronches.

Peu à peu, les bronches s’encrassent de cellules mortes et de débris cellulaires. Il y en a tellement que les cils vibratoires ne suffisent plus à la tâche.

Appelé en renfort, le système immunitaire s’active.

Normalement, les cellules de la paroi des vaisseaux sanguins s’écartent légèrement pour laisser passer les cellules immunitaires appelées pour aller combattre l’infection dans les tissus.

Mais fragilisés par l’affaissement des tissus autour des cellules mortes, les vaisseaux sanguins deviennent trop perméables, laissant les fluides sanguins et le pus engorger les bronches.

De fil en aiguille, le patient se noie de l’intérieur, en plus d’être épuisé par la tempête immunitaire qui s’abat sur lui et qui s’attaque à tout, y compris aux cellules saines.

Références :
ACE2 Receptor Expression and Severe Acute Respiratory Syndrome Coronavirus Infection Depend on Differentiation of Human Airway Epithelia
Enzyme de conversion de l’angiotensine 2
Why the Coronavirus Has Been So Successful

Paru depuis :
L’ABC du Covid-19 (2020-04-05)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : Les pays les plus touchés au 1er avril

1 avril 2020

Voici la liste des pays les plus durement affectés par la pandémie au Covid-19. Leur population est exprimée ici en millions d’habitants et ces pays sont classés par le nombre de morts par million de personnes.

À titre comparatif, cette liste est complétée par le cas du Québec et de quelques pays d’Extrême-Orient.

Ont été exclus de cette liste quelques micro-États.


Tableau comparatif des pays les plus atteints

Pays N. de morts Population Morts/million
       
Italie 12 428 60,5 205,5
Espagne 9 053 46,7 194,0
Belgique 828 11,4 72,6
Pays-Bas 1 173 17,2 68,3
Suisse 461 8,6 53,8
France 3 523 67,0 52,6
Iran 3 036 81,2 37,4
Grande-Bretagne 2 352 66,4 35,4
Suède 239 10,1 23,6
Danemark 104 5,6 18,6
Portugal 187 10,3 18,2
Autriche 146 8,8 16,6
Irlande 71 4,8 14,7
États-Unis 4 066 327,2 12,4
Allemagne 821 82,8 9,9
Norvège 43 5,4 8,0
       
Québec 31 8,5 3,7
Corée du Sud 165 51,5 3,2
Chine 3 312 1 386,0 2,4
Hong Kong 4 7,4 0,5
Japon 57 126,8 0,4
Taïwan 5 23,8 0,2

Référence : Covid-19 Coronavirus Pandemic

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : l’utilisation ‘judicieuse’ des masques

30 mars 2020

Introduction

Ce matin, en conférence de presse, la ministre québécoise de la Santé a déclaré :

« Les établissements [de santé] se sont organisés pour que les opérations d’approvisionnement [en masques] se fassent de façon optimale.
(…)
Il faut vraiment insister sur l’utilisation judicieuse des masques. Que ce soit les N95 ou les masques de procédure.
(…)
Il faut vraiment s’assurer que les masques, par exemple les N95, soient pour les bons intervenants dans les bonnes procédures. Je ne pense pas que c’est normal qu’un gardien de sécurité porte un N95.
(…)
Je sais que les gens qui sont dans le maintien à domicile, les CHSLD, la protection de la jeunesse sont préoccupés. Ils ont ce qu’il faut. Mais il faut absolument qu’ils les utilisent dans les bonnes constances.
(…)
C’est la condition pour en avoir suffisamment pour la suite des choses.
»

Traduction

Ce que la ministre veut dire, c’est qu’on manque de masque.

Voilà pourquoi on estime que des ‘subalternes’ (comme des gardiens de sécurité) devront accepter de courir un certain risque afin qu’on ait suffisamment de masques N95 pour ceux qui sont au cœur de la lutte contre la pandémie.

La ministre a raison de fixer des priorités. Dans une guerre, il arrive qu’un général doive sacrifier un bataillon si cela lui permet d’infliger à l’ennemi une défaite plus décisive sur un autre front.

Or dans ce cas-ci, le front, il est aux urgences, aux soins intensifs, aux cliniques de dépistage, et non à la porte de l’hôpital.

Si on avait tellement de masques qu’on ne savait pas où les mettre, la ministre ne serait pas obligée de les rationner au bénéfice des ‘bonnes personnes’ aux ‘bons endroits’.

Ces temps-ci, on insiste beaucoup sur l’importance du lavage des mains. Effectivement, l’eau et le savon tuent plus efficacement le virus du Covid-19 que n’importe quel désinfectant.

Mais cela ne doit pas nous faire oublier que si la pandémie du Covid-19 se propageait par le toucher, elle n’aurait pas fait le tour du globe en trois mois.

Pour que l’épidémie se soit répandue aussi facilement, c’est que son principal mode de transmission, c’est par voie pulmonaire. En somme, par des particules virales en suspension dans l’air.

Dans le contexte d’une pénurie de masques, la distanciation sociale devient la seule alternative.

Comment en est-on arrivé là ?

Réponse : on a mal évalué ce qui fait partie des ressources stratégiques. Au Canada, comme dans tous les pays du G7, on a cédé aux chantres de la mondialisation aveugle.

Dans une guerre conventionnelle, si on manque de pétrole, les bombardiers sont cloués au sol et les chars d’assaut ne peuvent plus avancer. Alors qu’on a toujours suffisamment de chair à canon pour continuer les hostilités.

Voilà pourquoi l’accès à des réserves pétrolières est qualifié de stratégique; l’issue de la guerre en dépend.

Le Canada a perdu la presque totalité de sa capacité de produire des ingrédients actifs et des médicaments finis, laissant l’industrie pharmaceutique internationale délocaliser sa production en Chine ou en Inde afin de réaliser des économies d’échelle.

De la même manière, on n’a pas jugé stratégique la production nationale de tout ce qui est essentiel pour lutter efficacement contre de graves pandémies.

L’Inde n’a pas encore été touchée par le Covid-19. Au moment où ces lignes sont écrites, on y compte vingt-neuf morts. Deux de plus qu’hier.

Dans ce pays de 1,3 milliard d’habitants, la distanciation sociale est impossible à faire respecter. On doit donc s’attendre d’ici peu à ce que ce pays détrône facilement les États-Unis au premier rang des pays les plus touchés par la pandémie.

On ne sera donc pas surpris d’apprendre qu’un million de masques destinés au Québec sont présentement bloqués en Inde. Les dirigeants du pays savent ce qui s’en vient. À leur place, que ferions-nous ?

Conclusion

Lorsqu’ils auront enterré leurs morts, les peuples occidentaux seront mûrs pour une révolution.

L’annonce que des centaines de milliards de dollars seront dépensées pour sauver l’économie ne doit pas nous faire oublier que cet argent sera puisé dans nos poches ou, comme toute dette, puisé dans celles de nos enfants.

Pour nous convaincre qu’ils sont réellement au service du peuple, nos dirigeants politiques devront financer la relance de l’économie en faisant main basse sur les sommes colossales cachées dans les paradis fiscaux et en taxant substantiellement le chiffre d’affaires des géants de l’Internet.

Comment nos dirigeants peuvent-ils être à ce point inféodés au grand capital international pour se soumettre volontairement à des traités internationaux qui leur interdisent d’assurer la sécurité de leur population ?

Alors que la pandémie débute en Amérique du Nord, le nombre de morts par million de personnes est déjà de 8 aux États-Unis et de 2 au Canada.

Dans certains pays d’Extrême-Orient, il y a presque plus de nouveaux décès. À l’issue (ou presque) de la pandémie, le nombre de morts par million de personnes est de 2 en Chine, 0,5 à Hong Kong, 0,4 au Japon et de 0,2 à Taïwan.

La Chine, le Japon, Taïwan et la Corée du Sud ont retenu les leçons de l’épidémie du SRAS en 2003. Cette fois-ci, ils ont agi promptement avec force.

Mais aucun pays occidental n’a fait de même.

Le temps des explications approche donc…

Références :
La pandémie va frapper le Canada de plein fouet, dit le Dr Joanne Liu, qui propose trois axes de lutte
Les pénuries de médicaments
Plus d’un million de masques retenus en Inde

Parus depuis :
Les commandes de masques arriveront-elles à temps? (2020-03-31)
Bataille pour des masques chinois entre la France et les États-Unis (2020-04-01)
En Inde, le confinement peut tuer (2020-04-01)
Ne pas porter de masque pour se protéger du coronavirus est une « grande erreur » (2020-04-01)
Pénurie appréhendée de matériel médical (2020-04-01)
Les États-Unis demandent à 3M de ne plus envoyer de masques au Canada (2020-04-03)
La guerre des masques (2020-04-04)


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Isoler les régions en temps de pandémie : l’exemple chinois

29 mars 2020

Introduction

Le gouvernement québécois a annoncé hier l’interdiction de tout déplacement non essentiel entrant ou sortant de huit régions québécoises dites ‘vulnérables’ afin de les protéger de la contamination plus importante ailleurs.

Les politiques néolibérales appliquées depuis des années au secteur de la santé font en sorte que le nombre de lits et les effectifs du personnel soignant suffisent à peine en temps normal. Les ressources deviennent donc insuffisantes en période de crise.

De plus, certaines des régions du Québec peinent à conserver leur population jeune, attirée par les opportunités offertes par les grands centres urbains.

Si bien que les régions éloignées du Québec souffrent d’un vieillissement de la population. C’est ainsi que le quart de la population de la Gaspésie–Côte-Nord est âgé de 65 ans ou plus.

Leurs hôpitaux risquent d’être plus débordés qu’ailleurs par le Covid-19. D’où leur ‘vulnérabilité’.

Le cloisonnement en Chine

Cliquez sur l’image pour démarrer

On ignore généralement à quel point la société chinoise est cloisonnée.

Sous Mao Zedong, toute personne née dans une commune y demeurait en principe toute sa vie. Un producteur pouvait aller vendre ses produits dans la commune voisine, mais pas y déménager.

En raison du boum économique des villes côtières de l’Est du pays, la demande en main-d’œuvre a nécessité un assouplissement de ce cloisonnement.

On permet donc au chef de famille d’aller travailler au loin. Mais pour éviter que toute sa famille le suive, on réserve l’école publique d’une ville comme Shanghai aux seuls résidents officiels de la ville. Et c’est par le biais d’une lenteur administrative voulue qu’on décourage la migration familiale.

Voilà pourquoi des centaines de millions de travailleurs chinois envoient de l’argent à leur famille au loin plutôt que de la faire déménager près d’eux. Ces travailleurs ne voient femmes et enfants qu’à l’occasion de la semaine des festivités du Nouvel An.

Ce cloisonnement est valable pour toutes les régions sauf le Tibet, que Beijing veut coloniser.

Déjà, il est évident que la Chine sortira moins meurtrie par la pandémie que n’importe quel pays occidental.

Cela tient en partie à la compétence de son gouvernement basé sur une méritocratie séculaire, mais également à deux facteurs qui sont propres à ce pays : un cloisonnement régional qui fait partie de l’ADN du pays et l’habitude du port du masque, normal pour des millions de Chinois.

On peut donc s’inspirer de l’expérience chinoise, mais on ne doit pas s’attendre à obtenir d’aussi bons résultats.

Références :
Covid-19 Coronavirus Pandemic
Déplacements contrôlés dans certaines régions du Québec


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : durée de vie hors du corps humain

25 mars 2020

Un grand nombre de microorganismes peuvent se multiplier sur une surface inerte. C’est le cas, par exemple, des bactéries et des moisissures du sol; il suffit d’un peu d’humidité pour faire leur bonheur.

Mais les virus sont totalement incapables de se reproduire d’eux-mêmes. Pour se multiplier, ils doivent faire deux choses : pénétrer dans une cellule vivante et pirater son système de reproduction.

Le plus difficile pour eux est de réussir à pénétrer dans la cellule.

Sur la quarantaine de coronavirus connus, sept le peuvent chez l’humain et seuls trois d’entre eux peuvent causer de graves pandémies (dont le Covid-19).

Une fois la membrane cellulaire franchie, le virus n’a plus qu’à s’emparer de la machine reproductrice interne de la cellule. Ce qui, pour lui, est un jeu d’enfant.

Cette machine reproductrice est celle qui permet normalement à une cellule-mère de se diviser en deux cellules-filles. Une fois piratée par le virus, elle ne sert qu’à produire d’autres petits virus comme lui.

Infectée, cette cellule devient donc une machine à produire des virus. Lorsqu’elle éclate, cette poche de virus libère son contenu, permettant aux ‘virus-fils’ de se lancer à la conquête exponentielle d’autres cellules du corps.

En somme, pour les virus, pirater des cellules est leur unique but dans la vie.

Mais lorsqu’un virus ne trouve plus de cellule à pirater, que fait-il ? Il disparait. Comme ce fut le cas du SRAS après avoir fait le tour du globe en 2003; on ne l’a plus revu depuis.

Mais qu’advient-il lorsqu’ils sont laissés pendant quelque temps à eux-mêmes sur une surface qui ne leur laisse aucune chance de se multiplier ?

Dans une lettre parue le 17 mars 2020 dans The New England Journal of Medicine, treize chercheurs américains ont publié les résultats de leur étude au sujet de la longévité du Covid-19 en suspension dans l’air ou une fois pulvérisé sur des surfaces inanimées.

Le temps nécessaire pour qu’il ne reste plus de virus viable varie selon le matériaux :
• cuivre : 4h
• carton : 24h
• acier inoxydable : entre un et deux jours
• plastique : trois jours.

Dans le cas des virus en suspension dans l’air, la période d’observation au cours de cette expérience a été trop courte pour qu’on puisse en tirer une conclusion. Tout ce qu’on peut dire, c’est que ces virus survivent plus de trois heures.

Il est à noter que le cuivre est un métal doué de propriétés antivirales. Conséquemment, on peut conclure de cette étude que, de manière générale, le virus du Covid-19 peut vivre d’un à trois jours hors du corps.

Référence :
Aerosol and Surface Stability of SARS-CoV-2 as Compared with SARS-CoV-1


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : étude de 1 099 cas

22 mars 2020

Le 28 février dernier, la revue médicale la plus influente au monde — The New England Journal of Medicine — publiait une étude rétrospective effectuée sur 1 099 patients hospitalisés en raison du Covid-19 et chez qui l’infection avait été confirmée par des tests de laboratoire.

Ont participé à l’étude, 552 hôpitaux situés dans trente provinces chinoises.

Le but de l’expérience était d’évaluer le sort des patients atteints au point que leur état justifiait leur hospitalisation. À l’évaluation lors de l’admission, 926 cas ont été jugés non sévères et 173, préoccupants.

Parmi les sujets de l’expérience, 41,9 % étaient des femmes. L’âge médian était de 47 ans; en d’autres mots, la moitié des gens hospitalisés en raison du Covid-19 avaient moins que 47 ans. Plus précisément, la moitié d’entre eux avaient entre 35 et 58 ans.

Il faut donc éviter de croire que si la pandémie tue surtout des gens âgés, elle est inoffensive pour les autres.

À l’admission, les gens avaient été symptomatiques depuis quatre jours.

Les symptômes les plus fréquents furent la fièvre (43,8 % à l’admission et 88,7 % durant l’hospitalisation), la toux (67,8 %) et la fatigue (33,7 %). De plus. 14,9 % des gens déclaraient des douleurs musculaires ou arthritiques, 13,9 % un mal de gorge, 13,6 % des céphalées et 11,5 % des frissons. Seuls 5,0 % des gens souffraient de nausées ou de vomissements. Et 3,8 % eurent la diarrhée.

Les examens de laboratoire ont révélé une lymphocytopénie (une diminution importante du nombre de cellules responsables de l’immunité) chez 83,2 % des patients. Les plaquettes sanguines étaient diminuées dans 36,2 % des cas, et les globules blancs, dans 33,7 % des cas.

Sur 975 tomodensitométries, 86,2 % révélaient des anomalies.

Résultats : 5,0 % des patients hospitalisés furent transférés aux soins intensifs, 2,3 % eurent besoin d’une ventilation assistée et 1,4 % sont morts.

La durée médiane de l’hospitalisation fut de 12,0 jours, pour une moyenne de 12,8 jours.

Référence : Clinical Characteristics of Coronavirus Disease 2019 in China


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Covid-19 : la quarantaine ou le laisser-faire ? (3e partie)

22 mars 2020

Ce que disent les experts

Avant que tous les pays ne ferment leurs frontières, n’importe quelle région du monde fortement contaminée par le Covid-19 représentait une menace pour les autres.

Au début de la pandémie, c’était le cas de la Chine (berceau de l’épidémie), de l’Iran et de l’Italie.

Maintenant que les frontières sont scellées (plus ou moins hermétiquement), la contamination se fait en vases clos.

Il en découle que chaque pays devient un laboratoire qui permet de tester différentes stratégies nationales destinées à juguler cette crise sanitaire.

Le Washington Post a publié cette semaine un article sensationnel intitulé Pourquoi des épidémies comme celle du coronavirus se propagent de manière exponentielle et comment ‘aplatir la courbe’?.

Le succès de ce texte est tel qu’il est devenu l’article le plus lu de l’histoire de ce quotidien. Par esprit civique, ce dernier a décidé de ne pas en limiter l’accès à ses abonnés. De plus, il l’a fait traduire en plusieurs langues, dont le français.

De manière ludique, cet article démontre l’importance de la distanciation sociale pour limiter la progression exponentielle de la pandémie.

Non seulement ce ralentissement évite que les services de santé soient débordés par l’explosion des cas nécessitant des soins intensifs (comme c’est présentement la situation en Italie), mais il peut, lorsque respecté intégralement, réduire le bilan final des morts à l’issue de l’épidémie.

Dans un autre article du même quotidien publié deux jours plus tard, le modèle mathématique élaboré par trois auteurs suggère que sans quarantaine, le recours à des mesures de protection (lavage des mains, port du masque) retarde l’évolution de l’épidémie sans réduire substantiellement le nombre cumulatif des décès.

Par contre, la quarantaine stricte réduit la durée d’une épidémie et les dommages qu’elle cause. D’où l’importance capitale de l’isolement social.

Le talon d’Achille de ce deuxième article, c’est que lorsqu’on additionne le nombre de personnes qui traversent vivants l’épidémie et ceux qui en meurent, on arrive à un total d’environ 3 500 personnes alors que ce modèle expérimental est censé être basé sur une population de quatre-mille personnes. Où sont passées les 500 autres ?

Ceci étant dit, cet article est conforme à l’avis exprimé par presque toutes les autorités en santé publique à travers le monde.

Et parmi les exceptions, il y a eu la Grande-Bretagne. Pendant plusieurs semaines, ce pays a tenté une stratégie nationale distinctive qui sera le sujet du prochain texte de cette série.

(à suivre)

Références :
Pourquoi des épidémies comme celle du coronavirus se propagent de manière exponentielle et comment ‘aplatir la courbe’?
How epidemics like covid-19 end (and how to end them faster)


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