Deux semaines à Palm Desert (4e partie)

10 octobre 2019

Quand le cannabis se fait luxueux

The Leaf sur l’avenue El Paseo

Dès que j’ai réalisé que je m’étais arrêté devant une boutique de cannabis, le portier m’invita à pénétrer à l’intérieur.

Mais il me fallait d’abord attacher mon vélo électrique.

« Ne vous donnez pas cette peine » me dit-il. « Entrez avec votre vélo, nous le surveillerons

Dès mon entrée dans le vestibule qui donne accès à la salle d’exposition, j’ai demandé s’il m’était possible de prendre des photos à l’intérieur.

À ma grande surprise, on m’accorda cette permission (c’est interdit au Québec).

Tout nouveau client du Leaf doit s’inscrire. J’ai donc présenté ma carte d’assurance-maladie du Québec à la réceptionniste.

Dès cette première étape franchie, le portier appela une troisième personne pour m’accompagner à l’intérieur de la salle d’exposition (dont l’accès est protégé).

Salle d’exposition

Tout à l’intérieur respire le luxe. Le personnel y est d’une extrême courtoisie. Comme dans un hôtel cinq-étoiles.

Parmi tout ce qui est offert sur le marché, l’établissement semble avoir privilégié les produits dont la présentation est soignée. Ceux-ci sont disposés avec raffinement dans ses vitrines.

On y trouve d’abord les appareils (pipes à eau et pipes à conduction).

Breuvage au THC

Dans une armoire vitrée et réfrigérée, voici un cola auquel une dose de 10 mg de THC a été ajoutée.

Quelques produits dérivés

De gauche à droite : des chocolats au THC, des pastilles sublinguales au CBD ou au THC, des cigarettes électroniques Leune, des menthes Petra au THC. À l’arrière, des teintures de cannabis et des biscuits au THC.

D’autres produits dérivés

Voici des cartouches, des menthes Petra, des tisanes kikko et des friandises Kanha au cannabis.

Un comptoir est réservé aux fleurs de cannabis. Certaines préparations sont vendues sous des marques de commerce. Sur place, une application sur iPad permet de savoir quels sont les cultivars qui entrent dans la composition de ces préparations.

Afin de vaincre la réticence des clients qui hésiteraient à acheter des biscuits au cannabis par crainte de ne pas en aimer le gout, un employé offre gratuitement les mêmes biscuits sans cannabis, réchauffés au microonde.

Extrait de Green…

Je n’ai pas résisté à la tentation d’y gouter, de même qu’à me procurer le livre Green, a Field Guide to Marijuana de Dan Michaels. Ce bouquin luxueux présente la monographie de 138 cultivars de cannabis, dont seize sont actuellement vendus par la SQDC.

L’établissement n’accepte que les payements en argent comptant. Toutefois, un guichet automatique se trouve dans la salle d’exposition. Des frais de 2,50$US s’appliquent à chaque retrait.

Sur le même sujet : Le cannabis récréatif

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12-40mm F/2,8
1re photo : 1/6400 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
2e  photo : 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 12 mm
3e  photo : 1/60 sec. — F/2,8 — ISO 640 — 29 mm
4e  photo : 1/640 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 24 mm
5e  photo : 1/60 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 18 mm
6e  photo : 1/80 sec. — F/5,6 — ISO 250 — 36 mm


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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les conséquences pédiatriques de la légalisation des produits dérivés du cannabis

11 septembre 2019

L’expérience française

En France, où le cannabis est illégal, la consommation de cannabis est la plus élevée d’Europe. Autre particularité, le cannabis y est fumé davantage sous forme de hachich qu’en feuilles.

L’administration orale accidentelle de hachich — qui, pourtant, n’a pas l’attrait des produits dérivés — été responsable de 136 des 187 intoxications au THC observées chez les enfants de moins de six ans dans les hôpitaux pédiatriques de France de 2010 à 2014.

Près de 86 % de l’ensemble des cas l’ont été chez des bébés de moins de deux ans.

Parmi les symptômes observés, notons le coma (16,9 %), le rythme cardiaque élevé (14,2 %), et les convulsions (5,5 %). L’admission aux soins intensifs a été nécessaire dans 14,7 % des cas.

Précisons qu’il est impossible d’attribuer ces symptômes au THC seul puisque le hachich vendu illégalement en France peut contenir des contaminants.

L’expérience du Colorado

Au Colorado, c’est en janvier 2014 que débutait la commercialisation des produits dérivés du cannabis.

Dès la première année, cette industrie a généré des ventes de 573 millions$US dont près de la moitié, 257 millions$US, en produits dérivés.

En raison de la somnolence qu’il provoque, le cannabis n’est jamais mortel lorsqu’il est fumé; l’utilisateur s’endort avant d’avoir atteint une dose qui mettrait sa vie en péril.

Mais au Colorado, trois adultes sont morts d’avoir consommé des produits dérivés.

Qu’en est-il chez les enfants ?

À chacune des deux années qui ont suivi la commercialisation des produits dérivés, 16 enfants ont été admis à l’une ou l’autre des urgences ou des unités de soins intensifs des hôpitaux pédiatriques de l’État.

Leur âge médian fut de 2,4 ans.

Contrairement à l’expérience française, ce sont ici les produits dérivés qui sont responsables de 94 % des admissions pédiatriques pour intoxication au cannabis.

Sur l’ensemble des 62 cas rapportés au Colorado depuis 2009 — soit 6 cas par année avant la légalisation des produits dérivés et 16 cas par année depuis — les intoxications pédiatriques au cannabis l’ont été :
• par des boissons (48 % des cas),
• par des pâtisseries (27 %),
• par des friandises (16 %),
• par du maïs soufflé (3 %).

L’expérience du Québec

Par extrapolation à partir de l’expérience du Colorado, la légalisation des produits dérivés au Québec occasionnerait annuellement 21 admissions dans nos urgences et soins intensifs pédiatriques sur l’ensemble des 23 qui seraient causées par l’intoxication au cannabis sous toutes ses formes.

Toutefois, certains indices nous laissent croire que la situation pourrait être pire.

Depuis la légalisation du cannabis, 26 enfants ont été admis à l’Hôpital de Montréal pour enfants alors qu’avant le 17 octobre 2018, leur nombre était d’un par année.

Puisque les produits dérivés ne sont pas encore légalisés, il s’agissait de petits gâteaux et de biscuits au cannabis fait artisanalement par des parents qui, imprudemment, les ont laissés à portée de leurs enfants.

À l’hôpital Sainte-Justine, le nombre est passé de deux par années entre 2012 et 2016 à 11 en 2018-2019.

Dans la ville de Québec, on parle de 15 cas depuis le 6 février 2019.

Conclusion

N’importe quel parent sait que dès qu’ils commencent à se déplacer à quatre pattes, les enfants portent à leur bouche n’importe quoi. Y compris des choses qui nous répugnent.

L’expérience française nous apprend que même si le THC se présente sous forme de fragments de hachich qui ressemblent à des excréments de petits rongeurs, il causera des intoxications pédiatriques.

Il est donc naïf de penser qu’on peut prévenir la plupart des empoisonnements au cannabis en interdisant la commercialisation de produits dérivés qui se présentent sous une forme attrayante.

C’est portant une des principales exigences sur lesquelles compte le gouvernement canadien pour assurer la protection du public.

En plus de l’aspect, les friandises au cannabis devront être enveloppées individuellement.

Toutefois, rien ne distinguera une friandise normale d’une friandise à la drogue sans sa pellicule.

Cela signifie que toute friandise obtenue d’un inconnu à l’occasion de l’Halloween devra être jetée systématiquement au cas où cet inconnu aurait eu l’idée de faire une plaisanterie de très mauvais gout en retirant la pellicule qui permettait de savoir qu’elle contenait du THC.

Ottawa s’oppose également à toute politique québécoise qui serait plus restrictive que la sienne.

Selon un jugement récent de la Cour supérieure au sujet du cannabis, le gouvernement du Québec ne pourra pas interdire ce que le fédéral permet.

Ce qui signifie que les produits dérivés seront commercialisés au Québec, qu’on le veuille ou non.

Voilà le prix de notre appartenance au Canada.

Références :
Cannabis and Canada’s children and youth
La légalisation des produits dérivés du cannabis
Half-Baked — The Retail Promotion of Marijuana Edibles
L’interdiction de faire pousser du «pot» à domicile invalidée
Multiplication des intoxications au cannabis chez les enfants
Pediatric marijuana exposures in a medical marijuana state
The Implications of Marijuana Legalization in Colorado
Unintentional Cannabis Ingestion in Children: A Systematic Review
Unintentional Cannabis Intoxication in Toddlers
Unintentional Pediatric Exposures to Marijuana in Colorado, 2009-2015

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Faits divers No 41

6 février 2019
Hong Kong, la nuit

En 2010, à travers le monde, on comptait 614 bâtiments mesurant au-delà de 200 mètres : à l’époque, on en construisait 25 de plus par année.

Depuis, la cadence a quadruplé. C’est ainsi que huit ans plus tard, on en avait ajouté 864, pour un total de 1 478.

Des 143 nouvelles tours en 2018, 88 (61,5%) ont été construites en Chine alors que 16 (11,2%) l’ont été en Amérique du Nord.

Référence : Il existe très exactement 1 478 gratte-ciel de plus de 200 m dans le monde


 
Au Québec, le revenu annuel moyen est de 42 803$. Soixante-et-onze pour cent des contribuables déclarent des revenus annuels inférieurs à 50 000$.

Des 6,6 millions de Québécois ayant transmis une déclaration d’impôt en 2017, 2,4 millions n’ont pas eu de solde à payer en raison de revenus insuffisants ou de déductions fiscales.

À l’opposé, 4,2 millions de contribuables furent imposables. Ils ont versé au fisc québécois la somme de 76,4 milliards$, soit une moyenne de 18 200$ par personne imposée.

Référence : Le poids de la fiscalité recule au Québec


 
Neuf pour cent de la population mondiale habite en l’Amérique latine. Pourtant 39% des homicides sur terre y ont lieu.

C’est la seule partie du monde où les homicides sont la principale cause de mortalité (52%).

Référence : L’Amérique latine, région la plus violente du monde


 
Voici le nombre de kilogrammes de CO2 émis pour produire un kilogramme de :
de bœuf : 32,5 kg de CO2
d’agneau : 33 kg de CO2
de porc : 2,9 kg de CO2
d’huile de palme : 1,9 kg de CO2
d’œufs : 1,6 kg de CO2
de volaille : 1,4 kg de CO2
de lait : 1,2 kg de CO2
de riz : 1,2 kg de CO2
de noix ou de graines : 0,7 kg de CO2
de blé : 0,2 kg de CO2
de soya : 0,1 kg de CO2
de légumes : 0,06 kg de CO2.

Référence : Alimentation responsable: une bouchée pour la planète


 
L’abandon du projet d’université française par le gouvernement ontarien représente une économie annuelle de douze-millions$ pour les sept prochaines années.

Le Québec accorde annuellement 626 millions$ en frais de fonctionnement aux universités anglaises de McGill, de Concordia et de Bishop.

Selon les données de Statistique Canada au sujet de la langue maternelle, il y a six-cent-mille angloQuébécois et un peu moins de cinq-cent-mille francoOntariens.

Référence : Émission La Facture du mardi 18 décembre 2018.


 
Afin d’avoir une idée du prix déboursé par les Canadiens à l’achat d’un gramme de cannabis séché six mois avant sa légalisation, Statistique Canada a effectué un sondage en ligne auquel ont participé 15 269 volontaires.

Ce prix était le suivant selon les provinces et territoires canadiens :
•   5,89$ au Québec
•   6,39$ au Nouveau-Brunswick
•   6,97$ en Colombie-Britannique
•   7,02$ à l’Ile-du-Prince-Édouard
•   7,12$ en Nouvelle-Écosse
•   7,21$ au Manitoba
•   7,28$ en Alberta
•   7,33$ en Ontario
•   7,47$ en Saskatchewan
•   7,87$ à Terre-Neuve
•   7,91$ au Yukon
• 10,24$ au Nunavut
• 11,89$ dans les Territoires du Nord-Ouest.

Référence : Cannabis: les Néo-Brunswickois paient 6,39$ le gramme


 
La proportion de propriétaires d’armes à feu légales est de :
• 86% aux États-Unis
• 41% en Suisse
• 28% en France
• 28% au Canada et
•   5% au Royame-Uni.

Moyenne de morts (homicides et suicides) par armes à feu pour 100 000 décès :
• 12,0 aux États-Unis
•   7,4 en Suisse
•   2,6 en France
•   2,1 au Canada et
•   0,2 au Royaume-Uni.

Référence : L’efficacité contestée des lois sur le contrôle des armes à feu


Liste de tous les faits divers (des plus récents aux plus anciens)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Tensions à l’approche de la légalisation du cannabis

7 mai 2018

Introduction

D’ici l’automne qui vient, la consommation du cannabis sera égalisée au Canada.

À l’approche de cette légalisation, le gouvernement Couillard, réticent à cette légalisation, n’a pas fait grand-chose pour calmer les appréhensions des Québécois à ce sujet.

Voici les réponses à quelques questions qu’on pourrait se poser.

Comment éviter les dangers de la fumée secondaire ?

Les dangers de la fumée secondaire n’ont été prouvés que dans des endroits clos, c’est-à-dire dans les cas où la fumée est expirée dans une voiture ou dans une pièce non aérée.

On n’a jamais prouvé ce danger à l’extérieur. Et il est improbable qu’une telle preuve apparaisse un jour. Pourquoi ?

Le contenu de deux poumons pleins de fumée de cannabis, dilué dans les centaines de litres d’air séparant le fumeur de toute autre personne, donnera une concentration de fumée insignifiante, variable selon la direction du vent.

D’autant plus que la fumée a tendance à s’élever, comme tout gaz chaud.

Pour des raisons liées à la survie de l’espèce, les humains sont sensibles à l’odeur de la fumée. Il est donc facile de sentir la puanteur de la fumée de cannabis, même à des concentrations trop faibles pour avoir un effet pharmacologique.

Voilà pourquoi l’espoir d’obtenir un trip gratuit simplement en suivant sur la rue un inconnu en train de fumer un joint est plus du domaine du fantasme que celui de la réalité.

Devrait-on bannir la consommation de cannabis à l’intérieur des immeubles ?

En légalisant la consommation de cannabis, cette activité tombe sous la protection de la Charte canadienne des droits et libertés.

Par conséquent, les propriétaires qui voudraient interdire à leurs locataires de fumer du cannabis dans leur logis n’ont pas de base légale pour ce faire.

Dans son logement, un locataire est chez lui. Comme s’il en était propriétaire.

Toutefois, la fumée du cannabis est légèrement plus cancérigène que celle du tabac. Sur cette base, on peut instaurer des interdits qui se justifient par le gros bon sens.

La consommation de cannabis dans les ascenseurs (un lieu clos) et dans les aires communes d’un immeuble peut donc être interdite comme elle l’est déjà pour le tabac.

Cette légalisation, compromet-elle la sécurité de nos routes ?

Dans les États américains qui ont légalisé l’usage de la marijuana, cette légalisation a entraîné une légère diminution de la consommation chez les jeunes après quelques mois.

Au Québec, la consommation de cannabis est tolérée depuis des décennies. Sa légalisation ne représente qu’un changement de fournisseur pour l’utilisateur.

On ne voit pas pourquoi, de manière générale, les automobilistes prendraient soudain l’habitude de fumer un joint avant de prendre le volant. S’ils ne le font pas déjà, pourquoi se mettraient-ils à le faire ?

Ceci étant dit, des milliers de Canadiens sont blessés annuellement dans des accidents de la route — causant des dizaines de morts — en raison de la conduite automobile avec facultés affaiblis, principalement chez les jeunes. Et ce, en partie causée par la consommation de cannabis.

Ce qui prouve que la prohibition, malheureusement, n’est pas un substitut à l’éducation pour combattre les mauvaises habitudes.

Comment les policiers peuvent-ils savoir que quelqu’un est stone ?

Il n’existe pas de test fiable qui permettrait de connaitre les taux sanguins des ingrédients actifs du cannabis à partir d’un prélèvement de salive.

Puisque les policiers n’ont pas le droit d’effectuer des prélèvements sanguins et ne sont pas compétents pour en faire, comment peuvent-ils prouver qu’une personne est intoxiquée ?

Dans le cas des benzodiazépines et les autres psychotropes, il n’existe pas non plus de tests qui soient aussi simples et aussi faciles que ceux pour l’alcool.

Ce qui n’empêche pas les policiers d’être en mesure de vérifier la coordination motrice du conducteur intercepté; le toucher du bout du nez, la marche en ligne droite, et ainsi de suite.

Dans le cas du cannabis, les policiers feront ce qu’ils font déjà en présence de quelqu’un qui leur semble intoxiqué par des médicaments.

Pourquoi s’oppose-t-on à la culture domestique de quatre plants de cannabis ?

Selon le gouvernement Couillard, « ce type de production serait difficile à contrôler, contribuerait à banaliser la substance et pourrait augmenter l’accès du produit aux enfants et adolescents présents au domicile.»

Il n’est pas question pour les policiers de ‘contrôler’ la production domestique de cannabis, pas plus qu’ils le font pour le vin.

Toutefois, la limite de quatre plants facilite l’application de la loi. Lors d’une perquisition pour différentes raisons, cette limite permettra aux policiers de distinguer entre la production domestique et la production industrielle.

Tout comme la limite de 100 km/h au-delà de laquelle il y a excès de vitesse, la limite de quatre plants est arbitraire. Il faut une limite claire et la voilà.

Est-ce que les policiers vont arrêter celui dont un des quatre plants se sera ramifié pour donner naissance à un cinquième plant embryonnaire ? C’est possible. Tout comme il est possible pour un policier de donner une contravention à celui qui dépasse la limite de vitesse par 0,5 km/h.

Le fédéral aurait fixé une autre limite, qu’on aurait la même discussion byzantine.

Y a-t-il danger d’empoisonnement quand le cannabis est cultivé à domicile ?

À la différence des bébés des animaux herbivores, il est rare qu’un bébé humain mange les plantes d’intérieur de ses parents.

C’est une chance puisque le muguet est mortel alors que le cannabis ne l’est pas.

De plus, la teneur en fibre du cannabis est telle qu’il est désagréable d’en brouter les feuilles.

L’argument du gouvernement Couillard à ce sujet est irrationnel et dépourvu de fondement scientifique.

Comment expliquer la fermeté de Justin Trudeau ?

Au cours de la dernière campagne électorale fédérale, Justin Trudeau a promis de légaliser la consommation du cannabis. Ce n’était pas sa promesse la plus importante mais c’en est une qui a beaucoup attiré l’attention.

En tant que chef d’État, Justin Trudeau a toute la latitude pour se couvrir personnellement de ridicule. Mais il n’a pas la liberté de porter atteinte à la crédibilité de l’État fédéral.

Comme l’a démontré le texte La façade ministérielle du gouvernement fédéral, les grands mandarins sont ceux qui exercent le véritable pouvoir au sein de la machine de l’État fédéral.

Si Justin Trudeau entrait en conflit avec eux, ceux-ci auraient tôt fait (par des fuites compromettantes) se saper son autorité et de discréditer son gouvernement dans l’opinion publique.

Bref, ces grands serviteurs de l’État n’hésiteraient pas à rappeler à l’ordre Justin Trudeau s’il avait la tentation de céder à Philippe Couillard.

Dans une meute, le loup dominant doit toujours apparaitre comme invulnérable. C’est une loi universelle en politique.

Bref, dans le rapport de vassalité dans lequel le fédéral maintient les gouvernements provinciaux, on doit croire que le fédéral finit toujours par l’emporter. Ce qui dissuade les provinces d’entrer en conflit avec lui.

À l’approche des élections, Philippe Couillard semble espérer que son grand frère libéral l’aidera à gagner des votes en cédant à des demandes futiles. Cela est très téméraire de sa part.

Conclusion

La population québécoise a longtemps souhaité la légalisation de la consommation du cannabis. Les sondages récents prouvent que ce n’est plus le cas; de ces temps-ci, 54 % des Québécois y sont plutôt défavorables ou très défavorables.

À des degrés divers, les trois principaux partis politiques du Québec ont décidé de courtiser cet électorat.

Le gouvernement Couillard a demandé qu’on retarde l’entrée en vigueur de la loi fédérale et s’oppose à toute culture domestique de plants de cannabis. La CAQ s’oppose bec et ongles à cette légalisation. Le PQ a réservé ses reproches sur la manière choisie par le gouvernement pour encadrer la distribution de cannabis au Québec.

Beaucoup de citoyens espèrent que le gouvernement québécois (ou, à défaut, les municipalités) interdira la consommation de cannabis sur la voie publique sous le prétexte du danger de la fumée secondaire (qui n’est dangereuse que dans des endroits clos).

Et on compte sur les propriétaires pour interdire de fumer à l’intérieur pour d’autres raisons qui seraient toutes aussi valables si on les appliquait au tabac.

Bref, hypocritement, on veut que nulle part le fumeur de cannabis ne puisse se prévaloir de la légalisation. Dit autrement, on veut rendre impossible ce que le fédéral veut permettre.

En réalité, le droit criminel est un domaine de compétence exclusive du fédéral. Et son application relève des provinces. En d’autres mots, les provinces peuvent appliquer (mollement ou non) une loi fédérale. Mais elles ne peuvent pas créer d’offenses criminelles là où il n’y en a pas.

En conséquence, dans ce cas-ci, toute tentative de s’opposer au fédéral est vouée à l’échec. Et toute contestation juridique serait un gaspillage des fonds publics.

Philippe Couillard prêche les vertus de l’appartenance du Québec au Canada. Pour être cohérent, il doit apprendre à en respecter les règles. Donc, se soumettre à un ordre constitutionnel qui fait de lui un intendant régional du gouvernement canadien.

Références :
Cannabis au volant: la tolérance zéro serait impossible
Culture du Cannabis: Couillard demande à Ottawa de lui laisser les coudées franches
La légalisation de la marijuana fait-elle augmenter la consommation chez les ados?
Le fédéralisme de guerre
Légalisation du cannabis : les Canadiens divisés, les Québécois contre
Pour la déclaration obligatoire des investissements des élus dans les paradis fiscaux
Sondage CROP-Radio-Canada : Les Canadiens et la légalisation du cannabis
Trudeau tient aux quatre plants de marijuana à domicile

Paru depuis :
Les risques de la fumée secondaire du cannabis sont minimes (2018-10-22)
 
 
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Écrit par Jean-Pierre Martel


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