L’appartenance inutile du Canada à l’OTAN

16 mai 2018
Le ministre canadien de la Défense, M. Harjit Sajjan

Une promesse non tenue

Le 25 juin 1968, Pierre-Elliott Trudeau — de père de l’actuel premier ministre du Canada — était élu pour la première fois à la tête du gouvernement canadien.

Les deux engagements qui avaient dominé sa campagne électorale furent ses promesses de faire du Canada une société juste et de retirer le Canada de l’OTAN.

Grâce aux 155 députés libéraux élus sur les 263 que comptait alors la Chambre des Communes, M. Trudeau Père avait toute la latitude pour réaliser ses promesses.

Ce deuxième grand engagement n’eut jamais de suite. On présuma à l’époque que cela faisait partie d’une stratégie de négociation dont on ignorait les dessous.

Mais techniquement, ce scrutin était une élection référendaire. Même cinquante ans plus tard, le gouvernement canadien est toujours lié par le mandat qu’il a reçu des Canadiens (même si la majorité d’entre eux sont morts entretemps).

Doubler les dépenses militaires

En septembre 2014, les pays membres de l’OTAN se sont entendus pour augmenter leurs budgets militaires de manière à ce qu’en 2024, le niveau de leurs dépenses atteigne un minimum de deux pour cent de leur produit intérieur brut (PIB).

Par conséquent, lorsqu’on laisse entendre que le Canada est tenu de respecter ses engagements internationaux, on dit n’importe quoi.

Il ne s’agit pas d’un critère d’appartenance à l’OTAN, mais d’un engagement volontaire du Canada. Un engagement auquel notre pays pourrait renoncer aussi facilement que Donald Trump se retire de l’Accord de Paris sur le climat ou qu’il remet en question l’ALÉNA.

Conséquences économiques

Présentement, le risque de guerre mondiale est nul. Il l’est à court et à moyen terme. La force militaire des États-Unis est de cinq à dix fois plus puissante que celle de la Russie.

L’an dernier, le produit intérieur brut de la Russie était de quatre-trillions$. Celui des États-Unis était de 19,36 trillions$. Presque cinq fois plus.

L’OTAN a tendance à exagérer la menace russe pour justifier son existence.

De la même manière, les gazouillis belliqueux de Donald Trump servent à entretenir une psychose qui a pour but de promouvoir la vente d’armement américain.

Sur les 250 milliards$ de dépenses fédérales, la majorité de cette somme est incompressible.

Pour accroitre les dépenses militaires de quinze-milliards$ — un pour cent du PIB de plus — le choix de l’État fédéral sera entre :
• hausser de beaucoup la fiscalité des particuliers (puisqu’entretemps on aura diminué celle des entreprises) ou
• effectuer des coupures draconiennes dans les postes budgétaires autres que celui de la Défense nationale.

Pensez que quinze-milliards$, c’est environ cinq-cents dollars de plus d’impôts à payer pour chaque homme, femme et enfant du pays. Ou deux-mille dollars pour une famille moyenne de quatre personnes. Et ce, chaque année, tant et aussi longtemps que le Canada fait partie de l’OTAN.

Ce qui incitera la droite canadienne à soutenir que les contribuables sont trop taxés et qu’on doit mettre fin à un État-providence ruineux…

La machine invisible de l’État canadien

Augmenter les dépenses militaires, peu importe le contexte, cela est typique d’un gouvernement de droite.

Il est donc normal que le gouvernement Harper ait pris cet engagement en 2014.

Mais pourquoi est-il maintenu par un gouvernement libéral qui se veut de centre-gauche ?

Parce que ce gouvernement élu n’est que l’interface ministérielle d’une machine étatique qui est la véritable détentrice du pouvoir.

La direction militaire du pays est formée d’experts, de meneurs d’hommes et de gens déterminés.

Ceux-ci rédigent les rapports qui guident les ‘décideurs’ publics. Ce sont eux qui, en coulisse, menacent de démissionner si on ne tient pas compte de leur point de vue. Et quand on les remplace, c’est du pareil au même.

Bref, en dépit des orientations politiques des différents partis politiques qui se sont succédé à la tête de l’État depuis cinquante ans, ceux-ci semblent se comporter comme à la belle époque où ils étaient financés par une caisse occulte à laquelle le complexe militaro-industriel pouvait contribuer significativement.

La permanence des orientations de l’État est une preuve supplémentaire que la machine de l’État fédéral est formée de grands mandarins qui exercent le pouvoir dans l’ombre, animés par leur propre conception de l’intérêt national.

Références :
Doubler les dépenses militaires et la dénaturation du Canada
Être payé pour apprendre le français, puis démissionner
Les États-Unis et la Corée du Nord
Russia
Service et OTAN: Mélenchon détaille son programme de défense
Un fonctionnaire fédéral défend son droit de travailler en français
United States

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 75mm F/1,8 — 1/160 sec. — F/1,8 — ISO 6400 — 75 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada, serviteur de l’Arabie saoudite

17 février 2015
© 2010 — Google Maps

On apprend aujourd’hui que le gouvernement Harper a dépensé entre 128 et 166 millions$ au cours des six premiers mois de la « mission canadienne » destinée à combattre les milices de l’État islamique en Irak.

Selon le rapport du Directeur parlementaire du budget, l’implication canadienne coutera entre 242 et 351 millions$ pour la première année.

En dépit de la répulsion que nous inspirent les pratiques barbares des milices de l’État islamique, le Canada n’est pas tenu en vertu d’un traité international à bombarder les installations des djihadistes.

De plus, le Canada n’a pas d’intérêts stratégiques à défendre; cette partie du monde ne produit pas de produits dont le manque paralyserait l’économie canadienne.

Tout au plus, est-il probable que le contrat de dix milliards$ que l’Arabie saoudite a accordé à la succursale canadienne de la compagnie américaine General Dynamics soit conditionnel à l’obligation secrète d’attaquer l’État islamique.

L’Arabie saoudite est dotée d’une armée très bien équipée (principalement par les Américains), mais qui ne possède aucune expérience de la guerre.

Par ses contrats militaires lucratifs de 285 milliards$ entre 2001 et 2008, l’Arabie saoudite asservit l’armée de différents pays à ses intérêts géostratégiques. Sans s’en douter, les soldats de ces pays deviennent donc, indirectement, des mercenaires de l’Arabie saoudite.

Les pays contractuels se chargent de convaincre leurs soldats qu’ils protègent la veuve et l’orphelin alors que leurs bombardements font souvent plus de victimes collatérales que parmi les rangs des d’insurgés. En effet, n’ayant que peu de soldats au sol, il est difficile de connaitre la nature exacte des cibles choisies.

L’État islamique est le résultat du gâchis abyssal de la politique américaine et britannique dans cette partie du monde.

Sous le principe naïf qu’il suffisait de renverser un tyran psychopathe (Saddam Hussein) en Irak pour semer la Démocratie parlementaire au coeur du monde arabe, les armées étrangères y ont provoqué la guerre civile.

Puis, désireuses d’abattre un allié de l’Iran (chiite), les pétromonarchies (sunnites), aidées de la Turquie et des États-Unis, ont provoqué la guerre civile dans le pays voisin, la Syrie.

Habilement, le régime de Bachar el-Assad s’en est pris aux insurgés syriens « modérés » afin de favoriser les insurgés radicaux et ainsi devenir la seule alternative raisonnable. Ces milices radicales se sont débarrassées de leurs rivaux affaiblis, leur ont pris leurs armes et sont devenus, tel que prévu, la seule vraie alternative à Bachar el-Assad.

L’État islamique a fédéré les rebelles radicaux en Syrie et est parti ensuite à la conquête d’une bonne partie du nord de l’Irak, s’emparant des armes laissées par l’armée irakienne apeurée.

Il y a quelques années, l’Arabie saoudite s’est fait prendre à verser 60 millions$ à Al-Qaida à partir des coffres de l’État. Lorsque cela a été découvert, les motifs invoqués étaient qu’Al-Qaida menaçait de commettre des attentats dans ce pays si celui-ci ne lui versait pas cette rançon.

En dépit de sa promesse de ne pas recommencer, ce pays est devenu officieusement la principale source mondiale du financement de groupes terroristes sunnites — tels qu’Al-Qaida et les talibans — selon les télégrammes diplomatiques révélés par WikiLeaks.

Il n’est donc pas exclu de penser que les princes saoudiens puissent verser secrètement des sommes à l’État islamique afin que celle-ci s’abstienne d’envahir le royaume.

En fait, les milices de l’État islamique mènent des attaques un peu partout en Irak — même dans les zones chiites — mais, jusqu’à maintenant, aucune dans la zone de 200km qui longe de territoire saoudien. Le tour de l’Arabie saoudite viendra ultérieurement, mais pas pour l’instant.

On pourrait donc découvrir un jour que l’État islamique tuait nos soldats grâce, entre autres, à du financement saoudien. Mais tout cela n’est qu’une hypothèse.

Compte tenu de la durée inconnue de la guerre contre les milices de l’État islamique, combien le Canada est prêt à dépenser afin de protéger l’Arabie saoudite ?

Plus précisément, quelles sont les retombées économiques canadiennes du contrat accordé à General Dynamics et quelle est la somme maximale que le Canada est prêt à dépenser en Irak ?

Malheureusement, le gouvernement Harper, toujours aussi cachotier, ne nous permet pas de connaître les réponses à ces questions.

Références :
General Dynamics: contrat de 10 milliards avec l’Arabie saoudite
La Défense nationale « a retenu des informations » sur les coûts de la mission en Irak
L’Arabie saoudite et le financement d’Al-Qaida
Vente « record » d’armes à l’Arabie Saoudite
What ISIS Really Wants

Parus depuis :
La Suède met fin à sa coopération militaire avec l’Arabie saoudite au nom des droits de l’homme (2015-03-10)
Les jeeps de Justin – Le «deal» avec Riyad fait éclater la vitrine morale d’Ottawa (2016-02-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les feux d’artifice du Canada à Montréal, le 16 juillet 2014

17 juillet 2014

 

 
Fireworks Spectaculars d’Alberta et Royal Pyrotechnie du Québec se sont unis pour représenter le Canada à l’Internationale de feux Loto-Québec.

À mon avis, le résultat est un peu brouillon.

Hétéroclite comme le catalogue des produits offerts par un distributeur, ces feux ont montré le potentiel dont ces artificiers sont capables.

Ils furent variés, un peu trop bruyants à mon goût, mais probablement à l’image de ses créateurs, pleins de talent mais indisciplinés.

Détails techniques de la vidéo : Appareil photo Olympus OM-D e-m5, objectif M.Zuiko 12mm F/2,0.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Péréquation et transferts fédéraux

31 janvier 2014

Le gouvernement fédéral canadien transfère aux provinces de l’argent selon quatre mécanismes.

La remise de l’impôt provincial

C’est au gouvernement central que tous les Canadiens — sauf les Québécois — paient à la fois leur impôt fédéral et provincial. Les Québécois sont les seuls à payer leur impôt provincial directement au gouvernement de leur province. Donc, pour toutes les autres provinces, le fédéral remet aux gouvernements provinciaux l’argent qu’il collecte annuellement en leur nom.

Le financement des gouvernements des territoires

En plus de dix provinces, le Canada comprend trois territoires nordiques. D’Ouest en Est, ce sont successivement le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut.

Ils sont administrés par des gouvernements créés à l’initiative du gouvernement fédéral et financés presque totalement par lui. En effet, les gouvernements territoriaux ont relativement peu de ressources financières (les peuples autochtones du Canada étant dispensés de l’impôt sur le revenu).

L’an prochain, le gouvernement fédéral attribuera à ces gouvernement la somme de 3,3 milliards$, soit 29 650$ par habitant.

La contribution aux programmes provinciaux

Le troisième mécanisme est la subvention fédérale aux programmes de santé et aux programmes sociaux des provinces. Pour l’année 2013-2014, environ 42,5 milliards$ seront transférés de cette manière. Cela représente 68% du soutien fédéral aux provinces.

Perequation2013
 
Cette subvention se fait au prorata, c’est-à-dire qu’elle est proportionnelle à l’importance démographique de chaque province. Prenons un exemple.

Désireux d’inciter toutes les provinces à instaurer un programme d’assurance hospitalisation (en suivant l’exemple de la Saskatchewan), le gouvernement fédéral a promis de subventionner tout régime provincial d’assurance-maladie qui serait conforme à ses critères.

La santé étant un domaine de compétence constitutionnelle exclusif des provinces, le gouvernement canadien ne pouvait pas agir seul; il devait passer par les provinces. En s’engageant à subventionner les régimes provinciaux, il incitait les provinces à créer leur propre programme, conforme aux normes édictées par le gouvernement central.

Afin d’être juste et de faire en sorte que, idéalement, chaque Canadien reçoive la même qualité de soin, quelle que soit la province où il habite, la subvention fédérale est calculée par personne. Plus une province est populeuse, plus elle reçoit d’argent.

À elle seule, la subvention fédérale aux soins de santé représente près de la moitié du soutien fédéral aux provinces et territoires.

La péréquation

Inscrite dans la Constitution canadienne-anglaise de 1982, la péréquation est un mécanisme de redistribution de la richesse. Il vise à réduire l’écart de capacité fiscale qui découle de la situation économique de chaque province.

Le calcul des sommes versées est dynamique. Il varie selon la situation économique de chaque province.

Au cours de neuf des dix années qui ont précédé l’arrivée au pouvoir du premier ministre Jean Charest — en d’autres mots, sous les gouvernements péquistes de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry — la croissance économique du Québec a été supérieure à la moyenne canadienne. Conséquemment, le gouvernement fédéral avait réduit le montant de la péréquation auquel le Québec avait droit.

Par la suite, durant les neuf années au cours desquelles le Parti libéral a été au pouvoir, la croissance économique du Québec est redescendue sous la moyenne canadienne. Si bien que notre province est passée du quatrième au neuvième rang canadien quant au revenu par personne.

Conséquemment, sous le gouvernement Charest, le gouvernement fédéral a ajusté à la hausse la péréquation versée au Québec, celui-ci s’étant appauvri.

C’est ce qui a permis à M. Charest, au cours débat télévisé de la campagne électorale de 2007, de se vanter d’avoir réussi à obtenir plus d’argent du fédéral que ses prédécesseurs péquistes, ce qui est rigoureusement vrai. Toutefois, il s’agissait d’une manière détournée de se vanter de la gestion désastreuse de l’économie québécoise par son gouvernement.

L’an prochain, l’Alberta, la Colombie canadienne, la Saskatchewan et Terre-Neuve — les quatre provinces dites « riches » — ne recevront pas un sou de péréquation. Par habitant, l’Île-du-Prince-Édouard recevra 2 404$, le Nouveau-Brunswick 2 210$, la Nouvelle-Écosse 1 730$, le Manitoba 1 367$, le Québec 1 129$, et l’Ontario 145$.

Précisons qu’à cause de l’importance de sa population, le montant de péréquation qui sera versé au Québec l’an prochain représentera à lui seul 57,1% de l’ensemble de la péréquation versée aux provinces canadiennes, soit 9,2 milliards$.

Références :
Pure propagande!
Soutien fédéral aux provinces et aux territoires
Tommy Douglas

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| Économie | Mots-clés : , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada et le business de la torture

23 janvier 2014

Il y a deux jours, trois anciens procureurs internationaux rendaient public un rapport de 31 pages — commandité par le Qatar, qui appuie les rebelles syriens — démontrant que le régime de Bachar el-Assar est coupable de massacres et de tortures à grande échelle. Le document se base sur 55 000 photos prises de 11 000 personnes exécutées entre mars 2011 et aout 2013.

Ces trois anciens procureurs internationaux sont Desmond de Silva (ex-président du tribunal spécial pour la Sierra Leone), Geoffrey Nice (procureur en chef lors du procès de l’ex-président yougoslave Slobodan Milosevic), et David Crane (qui a fait condamner le président libérien Charles Taylor).

En Syrie, la torture est une industrie d’État. Tout comme l’abattage des animaux de boucherie, elle se pratique de manière rigoureuse. La photographie des corps est obligatoire. Elle permet l’établissement d’un certificat de décès et donne l’assurance qu’un ordre d’exécution a bien été respecté.

Depuis des années, la Syrie offre son expertise aux gouvernements étrangers. Ceux dont l’image de marque interdit une telle pratique chez eux peuvent donc s’adresser à la Syrie pour effectuer cette sale besogne. Évidemment, ces contrats sont rémunérés; on ne voit pas pourquoi la Syrie accepterait de procéder bénévolement.

C’est ainsi qu’en septembre 2002, l’ingénieur canadien Maher Arar est arrêté à New York par les autorités américaines à partir d’informations fournies par la Gendarmerie royale du Canada. Celle-ci décrivait M. Arar comme un « extrémiste islamiste soupçonné d’avoir des liens avec le mouvement terroriste Al-Qaida ». En réalité, il n’existait aucune preuve à ce sujet; que de vagues soupçons basés sur les aveux désespérés de quelqu’un d’autre, obtenus sous la torture.

Avec le silence complice du gouvernement canadien (informé de cette arrestation), les autorités américaines ont expédié M. Arar en Syrie dans le but d’y être torturé. À l’heure actuelle, il n’est pas possible d’affirmer que les États-Unis aient agi à la demande du Canada; le procès intenté contre des membres du gouvernement libéral de l’époque a échoué en raison de l’invocation du secret d’État.

Selon une nouvelle parue le 8 février 2012, le gouvernement canadien autorise officiellement le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) à utiliser des renseignements obtenus en violation du droit international. Cela se justifie par la nécessité de protéger la sécurité des Canadiens. Le gouvernement canadien n’autorise pas la pratique de la torture au pays mais encourage celle pratiquée ailleurs.

Dans les faits, à-peu-près n’importe qui avouera préparer un attentat terroriste au Canada s’il est suffisamment torturé. Lorsqu’elle devient un business, la torture peut donc connaître une croissance illimitée. Plus on torture, plus on obtient d’aveux. Et plus on est payé pour ces aveux, plus on peut mettre en œuvre de nouveaux moyens pour en obtenir davantage.

Le Canada ne veut pas risquer l’odieux de subventionner directement des pays tortionnaires. Il est donc partenaire du gouvernement américain, dont les dirigeants n’ont jamais hésité à faire l’apologie de la torture depuis les attentats du World Trade Center.

Ces temps-ci, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Harper peut bien s’indigner des pratiques du régime de Bachar el-Assar. La vérité, c’est que les photos rendues publiques ne font que documenter le résultat des méthodes que la Canada a lui-même encouragées et qui sont maintenant appliquées aux rebelles syriens.


Post-Scriptum : Le 18 avril 2018, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé son intention d’amender le projet de loi C-59 afin d’interdire l’utilisation des informations obtenues sous la torture par les agences de renseignements canadiens.

Références :
Ahmad El-Maati
Le Canada et ses amis tortionnaires
Maher Arar
Massacres en Syrie : peut-on se fier au rapport du Qatar ?
Ottawa autorise les services secrets à utiliser des informations obtenues sous la torture
Rapport sur les événements concernant Maher Arar
Syrian regime document trove shows evidence of ‘industrial scale’ killing of detainees
Torture et sécurité publique – Une odieuse légitimation de la torture

Parus depuis :
Ottawa complice de la torture de Canadiens en Syrie (2016-09-18)
Ottawa n’acceptera plus jamais les informations obtenues sous la torture (2018-04-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les incidents haineux au Canada

19 avril 2012

Au Canada, on a dénombré 1 401 actes haineux commis en 2010. Ces actes vont des graffitis hostiles aux agressions physiques. Cela représente une baisse de 18% en comparaison avec 2009.

Cette baisse est attribuable au déclin des crimes violents : ceux-ci représentent 33,6% des incidents haineux au Canada. Par contre, ceux sans violence, surtout des méfaits, furent relativement stables en 2010.

Répartition par province

C’est en Ontario qu’on trouve le plus grand nombre d’incidents avec 52,7% des cas. Le Québec occupe la deuxième place avec 15,3% des incidents canadiens.


Nombre d’incidents par province ou territoire (% violents)

 • Yukon : 3 (66,7%)
 • Territoire du Nord-Ouest : 3 (33,3%)
 • Nunavut : 0
 • Colombie-Britannique : 179 (48,6%)
 • Alberta : 134 (35,1%)
 • Saskatchewan : 22 (54,5%)
 • Manitoba : 55 (18,2%)
 • Ontario : 739 (24,6%)
 • Québec : 214 (43,6%)
 • Nouveau-Brunswick : 19 (63,2%)
 • Nouvelle-Écosse : 26 (28,0%)
 • Île-du-Prince-Édouard : 2 (50,0%)
 • Terre-Neuve-et-Labrador : 5 (40,0%)


Par tranche de 100 000 personnes, la moyenne canadienne est de 4,1 incidents. Elle de 5,7 en Ontario et 2,7 au Québec.


Taux d’incidents par province ou territoire par tranche de 100 000 personnes

 • Yukon : 4,0
 • Territoire du Nord-Ouest : 6,9
 • Nunavut : 0
 • Colombie-Britannique : 4,0
 • Alberta : 3,6
 • Saskatchewan : 2,2
 • Manitoba : 4,6
 • Ontario : 5,7
 • Québec : 2,7
 • Nouveau-Brunswick : 2,5
 • Nouvelle-Écosse : 2,8
 • Île-du-Prince-Édouard : 1,4
 • Terre-Neuve-et-Labrador : 1,0


Incidents à caractère racial ou ethnique

Sur les 1 401 incidents au pays, 707 (soit 50,5% des cas) étaient à caractère racial ou ethnique. Cela correspond à une baisse de vingt pour cent par comparaison avec l’année précédente.


 
Incidents à caractère religieux

Au nombre de 395, les incidents haineux à caractère religieux représentent 28,2% des cas. Il s’agit d’une baisse du sixième par comparaison avec 2009. Selon les croyances religieuses, la répartition est la suivante.


 
Seulement 2,2% des incidents dirigés contre des Catholiques étaient violents alors que la proportion des incidents violents contre les autres dénominations religieuses variaient plutôt de 20 à 23%.

Incidents relatifs à l’orientation sexuelle

Ceux-ci représentent 15,6% des incidents haineux. Au nombre de 218, ils sont violents dans 65,2% des cas. Leur nombre a peu varié par comparaison avec 2009.

Violents ou non, ils concernent des homosexuels dans 89,9% des cas et des hétérosexuels dans 7,8% des cas. Le reste (2,3%) est relatif à des incidents où l’orientation sexuelle de la victime n’a pas été précisée.

Références :
Les crimes haineux déclarés par la police, 2010
Les crimes haineux en légère hausse au Québec
Les crimes «haineux» sont en légère hausse au Québec

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada et ses amis tortionnaires

8 février 2012

À la suite de l’élimination d’Osama Ben Laden, de nombreux adversaires politiques du président Obama ont tenté de minimiser son mérite en soutenant que la traque réussie du chef d’Al-Qaida n’aurait pas été possible sans les mesures dites courageuses — nommément l’autorisation d’utiliser la torture à la prison de Guantanamo — prises par son prédécesseur républicain.

Depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale, plus précisément depuis la Convention de Genève, en 1951, la torture est contraire au droit international. Si bien que les dirigeants américains qui ont autorisé et défendu l’usage de la torture, de même que ceux qui l’ont pratiquée, sont légalement des criminels de guerre.

C’est ainsi que la conférence du 11 février 2011 que devait tenir en Suisse l’ex-président G.W. Bush a été annulée par ses organisateurs. Une semaine plus tôt, Amnistie Internationale avait présenté aux procureurs genevois et fédéraux, une analyse juridique détaillée concernant la responsabilité pénale de George Bush dans des actes de torture qu’il avait autorisés.

Glenn L. Carle, un officier du CIA aujourd’hui à la retraite, était chargé de surveiller le déroulement des séances de torture des détenus à Guantanamo en 2002. Son verdict est sans équivoque : « Les techniques coercitives ne permettent pas d’obtenir des informations utiles et fiables.»

Selon la sénatrice Dianne Feinstein, présidente du Comité sénatorial de renseignement, la torture pratiquée à Guantanamo n’a permis d’obtenir aucune information qui ait mené à la capture du chef d’Al-Qaida.

Interrogée par Le Devoir, Mme Sainte-Marie, la porte-parole d’Amnistie internationale au Québec, explique : « …le premier objectif (des personnes torturées) est de faire cesser la torture et pour cela, on dit n’importe quoi. Alors se fier sur ces informations peut faire au contraire perdre du temps en lançant les enquêteurs sur de fausses pistes.»

À la demande du Canada, la Syrie a torturé Ahmed el-Maati, soupçonné de préparer des attentats terroristes contre l’édifice du parlement canadien et contre des centrales nucléaires ontariennes. Sous la torture, il a révélé le nom de deux complices, dont Maher Arar (totalement innocent), à qui le gouvernement conservateur a finalement accordé une compensation de 10,5 millions de dollars pour la torture qu’il a subie lui aussi en Syrie.

Comme on s’en doute, les pays qui acceptent de torturer un citoyen canadien à la demande du Canada ne le font pas bénévolement : la torture est une affaire de gros sous. Mais il est illogique de payer pour de la torture si on refuse de considérer les informations qu’on obtient.

Selon une nouvelle parue hier, le gouvernement canadien autorise désormais le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) à utiliser des informations obtenues par la torture lorsque la sécurité des Canadiens est en danger, ce qui est toujours le cas lorsqu’une personne est soupçonnée de préparer un attentat terroriste.

Le gouvernement n’autorise pas la pratique de la torture au pays mais se réserve le droit de la commander aux pays qui l’exercent. En somme, le Canada officialise une politique déplorable qu’il exerce secrètement depuis des années. De plus, le gouvernement acquittera sans gène les déboursés nécessaires à l’obtention de renseignements auprès des criminels de guerre amis avec lesquels il fait déjà affaire.

Bref, le Canada se déclare officiellement client de le business de la torture. Tout cela conformément aux valeurs morales que le gouvernement Harper prêche depuis toujours.

Si les pays qui pratiquent la torture sont le moindrement intelligents, il leur suffit d’ajouter la question « Aviez-vous le projet de commettre un acte terroriste au Canada ? » pour accroitre leurs revenus. En effet, tous les torturés finiront par reconnaître une telle intention si on augmente leur souffrance suffisamment.

Et si la seconde question concerne la cible de leur projet d’attentat, cela n’est pas compliqué : il y a un parlement dans toutes les capitales du Monde, des hôtels de ville dans toutes les municipalités, des gares ferroviaires et des terminus d’autobus dans toutes les grandes villes. Le torturé n’a que l’embarras du choix. Il lui suffit de connaître le nom d’une grande ville canadienne pour donner une réponse crédible. Si le torturé est incapable d’indiquer un lieu, le tortionnaire peut lui suggérer la réponse : « Oui mais où ? À Ottawa, à Toronto, à Montréal, à Vancouver…».

Bref, la politique officielle du gouvernement Harper est rien de moins qu’un appel implicite à la torture, enrobé d’une bonne intention soit celle de protéger la population canadienne.


Post-Scriptum : Le 18 avril 2018, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé son intention d’amender le projet de loi C-59 afin d’interdire l’utilisation des informations obtenues sous la torture par les agences de renseignements canadiens.

Références :
Ahmad El-Maati
Bin Laden Raid Revives Debate on Value of Torture
L’élimination d’Osama Ben Laden
Le président George W. Bush annule sa venue en Suisse
Ottawa autorise les services secrets à utiliser des informations obtenues sous la torture
The Torture Apologists
Torture: oui dans certains cas, dit Ottawa

Parus depuis la publication de ce billet :
Torture et sécurité publique – Une odieuse légitimation de la torture (2012-02-11)
Ottawa n’acceptera plus jamais les informations obtenues sous la torture (2018-04-18)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada aime ses conquérants…

8 septembre 2011
Cliquez sur l’image pour l’agrandir

On apprend aujourd’hui que le gouvernement Harper a donné l’ordre qu’une photo de la reine d’Angleterre soit affichée dans chaque ambassade canadienne.

Le Canada est le seul pays que je connaisse qui aime rendre hommage à ses conquérants et à leurs descendants. Au contraire, les autres pays préfèrent glorifier leurs héros.

Les Britanniques eux-mêmes nous en donnent l’exemple : au XVIe siècle, durant les guerres de religion, les Protestants ont profané la tombe de leur monarque Guillaume 1er — le Duc de Normandie qui a fait la conquête de l’Angleterre en 1066 — vandalisant et pillant son tombeau. Sa dépouille fut exhumée, mise en pièce, et dispersée. Sous la dalle qui porte aujourd’hui son épitaphe, il ne resterait plus qu’un fémur et une mâchoire qui aurait été sauvegardés in extremis.

Moi, quand je vois une statue d’un roi d’Angleterre à Montréal, je donne à manger aux pigeons : comme on peut le voir sur la photo ci-dessus, ceux-ci font le reste pour moi…

Référence : Guillaume le Conquérant
Complément de lecture : Pour un parc dédié à Robert Bourassa

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’église de mon quartier

13 avril 2010
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À l’intersection des rues Hochelaga et Pie-IX, se trouve l’église Saint-Jean Baptiste-de-Lasalle, construite en 1964 d’après les plans des architectes Lemay et Leclerc.

Le dimanche, au début de l’après-midi, toute la communauté congolaise de la région métropolitaine s’y donne rendez-vous pour célébrer une messe au rite (et surtout aux rythmes) du Congo. J’y suis allé une fois et j’ai beaucoup aimé l’atmosphère qui y régnait.

Détails techniques : Panasonic GF1, objectif Lumix 20mm F/1,7 — 1/800 sec. — F/4,5 — ISO 100 — 20 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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