Le meurtre de Rayshard Brooks

15 juin 2020

Introduction

Vendredi soir dernier, à Atlanta, des clients se plaignent qu’une voiture bloque la file des commandes à l’auto d’un Wendy’s.

Un policier arrive sur les lieux. Effectivement, un jeune ‘Noir’ est endormi au volant de sa voiture. Un deuxième policier le rejoint au bout de dix minutes.

Un peu plus d’une heure plus tard, le suspect est abattu par les policiers.

Que s’est-il passé entre les deux ?

Du réveil à la tentative d’arrestation

Lorsque le premier policier cogne à la vitre de l’automobile blanche, le conducteur dort d’un sommeil profond.

Même après que le policier ait ouvert sa portière et s’être adressé à lui à plusieurs reprises, le conducteur mettra plus d’une minute à se réveiller.

Encore confus, le conducteur se rendort et doit être réveillé de nouveau.

Mais après s’être garé à la demande du policier, le voilà réveillé pour de bon. Il déclare ne pas être armé et consent à la fouille corporelle.

Son haleine sent l’alcool. Pourtant son élocution est normale. Il ne montre pas de signe évident d’ébriété et la discussion est respectueuse.

Il a 27 ans. Il s’appelle Rayshard Brooks. Il est propriétaire du véhicule.

Il revient de la fête célébrant le 8e anniversaire de naissance d’une de ses trois fillettes, fête à l’occasion de laquelle il a consommé de l’alcool. Et il vient ici acheter la bouffe du repas du soir pour toute la famille.

À son arrivée, un deuxième policier, Garrett Rolfe, procède au test d’alcoolémie.

L’ivressomètre révèle qu’il a une alcoolémie de 108 mg %, ce qui est au-delà de la limite légale de 80 mg %.

À Montréal, les policiers auraient appelé un taxi, lui aurait demandé de rentrer à la maison et de revenir chercher son auto une fois sobre. Peut-être lui auraient-ils expédié une contravention par la poste.

Mais les deux policiers d’Atlanta voient les choses autrement; ils décident d’arrêter Rayshard Brooks pour ivresse au volant.

Strictement parlant, les policiers n’en ont pas la preuve.

Le suspect a bien une alcoolémie excessive. Mais alors qu’il ne circule plus sur la voie publique. Tout au plus, les policiers l’ont vu se garer tout près, à leur demande, dans un stationnement privé.

Avait-il une alcoolémie excessive en route vers le Wendy’s ? C’est possible, mais ce n’est pas certain.

Le seul devoir des policiers, c’est de s’assurer que le suspect ne prend pas la route dans l’état où il est. Ce n’est pas nécessairement de le placer en état d’arrestation.

Une tentative d’arrestation qui tourne au vinaigre

Au moment où les policiers allaient lui passer les menottes, nous sommes deux semaines après le décès de George Floyd, coopératif au moment de son interpellation, mais étranglé quand même après être devenu, une fois menotté, à la merci de ses bourreaux.

Rayshard Brooks panique alors et résiste à son arrestation.

Pendant que les deux policiers et lui sont tombés au sol et luttent au corps-à-corps, un des policiers tente d’activer son pistolet à impulsion électrique.

Rayshard Brooks frappe un des deux policiers, s’empare du Taser du premier policier arrivé sur les lieux et réussit à s’échapper.

L’agent Garrett Rolfe décharge son Taser sur Brooks, sans résultat apparent.

Dans sa fuite, Rayshard Brooks pointe le Taser quelque part derrière lui.

Voyant le suspect courir plus vite qu’eux, Garrett Rolfe sort son arme à feu et tire trois coups consécutifs dont deux atteignent mortellement le fuyard dans le dos.

Coup de pied de Garrett Rolfe à Rayshard Brooks agonisant

Encore sous l’effet de l’adrénaline, Garrett Rolfe déclare fièrement : « Je l’ai eu », puis frappe violemment du pied Rayshard Brooks, aggravant volontairement les dommages internes causés par ses deux coups de feu alors que Brooks est allongé au sol, agonisant.

Une aggravation des dommages internes qui a probablement contribué à rendre irréversible la descente de Rayshard Brooks vers la mort.

Analyse

L’incident a duré 75 minutes : 40 avant la tentative d’arrestation et 35 minutes après.

Rayshard Brooks a commis trois délits, tous trois survenus dans la seconde partie de cette affaire : il a volé un Taser, il a frappé un policier et il a résisté à son arrestation.

Trois délits qui ne sont pas punissables de la peine de mort.

Il s’agit également de trois délits qui n’auraient pas été commis si le suspect avait été traité à la manière montréalaise plutôt qu’américaine.

En vertu de la jurisprudence des États-Unis, le Taser n’est pas une arme létale.

Donc, à aucun moment, Rayshard Brooks ne représentait une menace mortelle pour les policiers. Conséquemment, il n’existe pas de justification légale pour son exécution.

S’il avait réussi à leur échapper, les policiers auraient pu demander des renforts, faire établir un périmètre dans les environs, utiliser des chiens renifleurs et effectuer une recherche assistée d’un hélicoptère…

Mais pourquoi faire appel à tous ces moyens ‘hollywoodiens’ ? Ils ont sa voiture blanche. Ils ont le numéro de sa plaque d’immatriculation. Ils connaissent son nom. Ils savent où il demeure.

Quelle était l’importance de tuer Rayshard Brooks avant qu’il leur échappe ?

Conclusion

Jusqu’à la fin de sa vie, une des trois fillettes de Rayshard Brooks pensera à la mort de son papa à chacun de ses anniversaires de naissance.

Un papa qui rêvait peut-être à elle, endormi paisiblement au volant de sa voiture, moins d’une heure avant de mourir.

Référence : What do we know about Rayshard Brooks?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les amphibiens aux Mosaïcultures Internationales Montréal 2013

1 septembre 2013

Introduction

On dit d’une chose qu’elle est amphibie lorsqu’elle peut vivre ou se déplacer sur terre et dans l’eau.

Les amphibiens — appelés autrefois batraciens — sont des animaux qui débutent généralement leur vie sous la forme d’une larve aquatique dotée de branchies (tout comme les poissons), mais qui se métamorphose plus tard en une forme adulte habituellement dotée de poumons et respirant à l’air libre.

Sur terre, les amphibiens préfèrent les habitats humides, car ils doivent éviter l’assèchement de leur peau, qui leur sert de surface respiratoire secondaire : certaines espèces sont même dépourvues de poumons et respirent exclusivement par la peau.

Leurs exigences élevées en matière de reproduction en font des animaux extrêmement vulnérables aux changements de leur habitat : ils sont donc de très bons indicateurs écologiques. Dans les dernières décennies, il y a eu un déclin spectaculaire de leur nombre à travers le monde, du fait de la pollution.

Atlanta

Détail de « Fragiles grenouilles » (Ville d’Atlanta, États-Unis)

Afin de contribuer à sauvegarder une de ces espèces (la grenouille Gopher), le Jardin botanique d’Atlanta a mis sur pied un programme de réinsertion de cet animal dans une aire protégée.

En vertu de ce programme, deux milles de ces grenouilles ont été relâchées dans la nature depuis six ans.

Sherbrooke

« Un petit pont pour l’homme, un grand pas pour la biodiversité ! »
(Ville de Sherbrooke, Canada)

Situé à proximité de Sherbrooke, le lac Brompton est peuplé de milliers de grenouilles. À chaque printemps, au cours d’une nuit brumeuse, ces grenouilles migrent vers un marais à proximité qui leur sert d’aire de reproduction.

Malheureusement, la route 220 sépare le marais du lac et se trouve donc dans le corridor de migration emprunté par les amphibiens. À chaque printemps, un grand nombre de grenouilles étaient écrasées en traversant cette route.

Les autorités ont donc décidé de construire une traverse sous cette route; ainsi des tunnels ont été aménagés pour permettre aux amphibiens de se rendre en toute sécurité au marais. Cette mesure — une première au Canada — a permis de protéger tout l’écosystème marécageux, riche en leurs prédateurs, les couleuvres.

Barcelone

« La salamandre selon Gaudí » (Ville de Barcelone, Espagne)
La salamandre du Park Güell, à Barcelone

De manière générale, les 7 000 espèces d’amphibiens sont à 90% des grenouilles et des crapauds : le reste est constitué principalement de salamandres.

Ce sont ces dernières que la ville de Barcelone a choisi de mettre en vedette en créant une mosaïculture inspirée de celle qui sert de fontaine au Park Güell.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 et objectif Lumix 12-35 mm F/2,8 (les trois premières photos), Canon Powershot G6 (dernière photo)
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 20 mm
2e  photo : 1/500 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 35 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/5,6 — ISO 200 — 27 mm
4e  photo : 1/1250 sec. — F/2,2 — ISO 50 — 7,2 mm


Liste de tous les textes relatifs aux Mosaïcultures Internationales Montréal 2013

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Écrit par Jean-Pierre Martel


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