Introduction
Le 18 aout vers 20h, je revenais chez moi en vélo électrique après une séance de photos réalisées dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.
Ces photos, c’est ce qui me manquait pour commencer à publier mon plus important projet de l’été; un photoreportage au sujet des belles demeures de cet arrondissement.
Dans ma hâte de visionner le résultat, je roulais trop vite (30 km/h). Et puisque je suis facilement ébloui la nuit par les phares des voitures qui viennent vers moi, j’ai vu trop tard un obstacle sur ma route (et sur lequel j’ai foncé).
Bref, j’ai été projeté dans les airs et suis retombé en pleine face sur la chaussée.
Heureusement, j’ai perdu connaissance quelques secondes. Ce qui fait que je n’ai aucun souvenir de mon atterrissage brutal.
Les blessures
Pour éviter de choquer certains lecteurs, j’ai choisi de faire en sorte que seules les personnes déterminées à observer mes lésions devront cliquer sur les trois imagettes ci-dessous pour voir les plaies dont il s’agit.

La peau de la main gauche a été fendue sur environ trois centimètres. La douleur était de 3 sur 10.

Le petit doigt de la main droit, au lieu d’épouser la forme d’un accent circonflexe, semblait plier en accordéon. La douleur ? Environ 0 sur 10 (tant qu’on le touchait pas).

La grosse orteil du pied droit a été fracturée. La douleur ? 3 sur 10.
Je savais que j’avais la peau écorchée quelques centimètres sous les genoux. En attendant à l’urgence du CHUM, j’ai eu l’idée de retrousser le bas de mes pantalons pour constater que du sang qui avait dégouliné (et séché) de mes blessures jusqu’aux pieds.
En fait, la peau était lacérée (c’est-à-dire fendue) et les dégoulinures ressemblaient aux nombreuses pistes d’un centre de ski.
Douleur ? Environ 2 sur 10.
Même si j’ai tombé en pleine face, seul le haut du front, du côté droit, a subi des égratignures mineures.
Au CHUM, on m’a offert le choix entre une Tylenol et un Dilaudid. J’ai pris ni l’un ni l’autre puisque mon état ne le justifiait pas.
Le vélo
C’est mon vélo électrique qui a absorbé l’essentiel de la violence de la collision.
Le pneu de la roue avant a été crevé. Le pivot qui reliait cette roue au reste du vélo a été sectionné. Et les six attaches de plastique (zip ties) qui retenaient la caisse à lait (milk crate) derrière le siège de mon vélo ont rompu sous l’impact.
Évidemment, je portais un casque de vélo. Du côté droit du visage, la styromousse du casque a été complètement aplatie.
L’appareil-photo que je portais en bandoulière n’a subi aucun dommage.
Évaluation médicale
Au CHUM, on a pansé mes plaies, on m’a fait subir un examen neurologique, et on a précédé à des radiographies de mon pied droit, de ma jambe droite et de mes deux mains. De plus, j’ai subi une tomographie de la tête et du cou.
Le tout a révélé rien de grave à l’exception d’une fracture de la grosse orteil du pied droit.
L’auriculaire de la main droite n’était que déboité. En moins de dix secondes, un urgentologue l’a remis en place en absence totale de douleur.
Bref, grâce aux soins impeccables reçus du CHUM et au suivi de mon CLSC, tout cela n’entrainera aucune séquelle.
Pensons que j’aurais pu me retrouver avec une fracture de la clavicule ou de l’os du fémur (ce qui m’aurait obligé à marcher avec une canne jusqu’à la fin de mes jours).
Bref, j’ai conduit imprudemment. Cet accident est entièrement de ma faute. Et mon plus grand souhait est de retenir cette leçon pendant le reste de ma vie.
Mes trois Samaritains
Dès la fin de ma brève perte de conscience à la suite de la collision, trois cyclistes m’ont porté secours; ce sont Perrine Bauer, Pierre Ick et un Alaskain en visite à Montréal dont le prénom est Liam.
Ce sont eux qui ont dégagé mon vélo de la piste cyclable, qui m’ont offert d’appeler une ambulance (ce que j’ai refusé puisque j’étais apte à marcher) et qui se sont assurés que j’étais hors de danger.
Liam a même appelé un taxi Uber et payé sa course en vue de transporter les pièces de mon vélo chez moi.
Nos quotidiens sont pleins de nouvelles alarmantes. Sur les médias sociaux s’expriment librement les incivilités et les insultes.
Je suis ému à la pensée qu’il y a encore de braves Samaritains qui n’hésitent pas à porter secours à un inconnu en difficulté.
Merci.
Écrit par Jean-Pierre Martel