Un commerce macabre

Publié le 27 septembre 2022 | Temps de lecture : 2 minutes

Établie dans la ville de Montrose, la Sunset Mesa Funeral Foundation était la maison funéraire la moins chère du Colorado.

Le mystère entourant ses prix imbattables a été révélé en juillet dernier alors la propriétaire a plaidé coupable à l’accusation d’avoir — à l’insu des familles — vendu de 2010 à 2018 des centaines de morceaux de cadavre à des entreprises ou à des maisons d’enseignement.

Par exemple, des os étaient vendus à un fabricant de poudre d’os cadavérique (utilisée en dentisterie), tout en certifiant le consentement de la famille alors que cela n’était pas le cas.

D’anciens employés ont confié à l’agence Reuters qu’on y prélevait les dents en or avant de coudre les lèvres du défunt.

De plus, la propriétaire du salon mortuaire opérait un service de don d’organes.

En bonne partie enveloppée dans la bière soyeuse de son cercueil, qui sait qu’il manque une jambe ou un rein à la personne auprès de laquelle la famille se recueille ?

D’autres fois, une incinération facturée au prix minimal de mille dollars n’avait pas lieu et la famille concernée recevait une urne funéraire remplie de cendres recueillies ici et là.

Référence : Colorado funeral home owner accused of stealing body parts pleads guilty

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les Astilbes

Publié le 25 septembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute
Astilbe chinensis
Astilbe ‘Partiezz Surprise Party’

Originaires pour la plupart d’Extrême-Orient, les astilbes sont des vivaces qui fleurissent d’année en année et dont la durée de floraison augmente avec l’âge de la plante.

Elles peuvent pousser au soleil à la condition que le sol humide ne s’assèche jamais.

Leur minuscules fleurs se disposent en grappes de forme conique ou en forme de doigt qui se dressent comme des plumeaux bien au-dessus du feuillage.

Détails techniques : Olympus OM-D e-m5, objectifs M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 (1re photo) et M.Zuiko 40-150 mm F/2,8 (2e photo)
1re photo : 1/1600 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 38 mm
2e  photo : 1/800 sec. — F/2,8 — ISO 200 — 90 mm

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| Botanique, Fleurs, Nature | Mots-clés : | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Étangs mystérieux

Publié le 24 septembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
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Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-42mm + filtre Grün Rollei + filtre B+W KB20 + filtre 80C d’Hoya + lentille prismatique B+W 630
1re photo : 1/100 sec. — F/5,6 — ISO 320 — 42 mm
2e  photo : 1/100 sec. — F/5,5 — ISO 200 — 36 mm
3e  photo : 1/160 sec. — F/5,5 — ISO 200 — 36 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une aubaine pour les photographes

Publié le 23 septembre 2022 | Temps de lecture : 2 minutes


 
La compagnie britannique Lee fabrique des pellicules de polymère coloré destinées à l’éclairage de scène. Règle générale, ces filtres laissent passer plus de 80 % de l’infrarouge afin de ne pas être endommagés par la chaleur.

Pour aider les éclairagistes à choisir parmi sa gamme de pellicules, Lee fabrique également un nuancier. Offert à un cout minime — 5$ chez Photo Service, à Montréal — le nuancier présente des échantillons mesurant 90mm x 38mm.

Or les appareils compacts à objectif interchangeable acceptent souvent des filtres dont le diamètre est de cet ordre de grandeur. Lorsque cela est le cas, chacun des échantillons couvre donc la totalité ou la presque totalité du champ de vision de l’appareil photo.

Le nuancier de Lee correspond alors à plus de deux-cents filtres vendus pour presque rien.

Chaque filtre est accompagné d’un graphique illustrant sa courbe d’absorption des couleurs. Une courbe beaucoup plus complexe que celle d’un filtre appliqué numériquement.

Il permet de prendre des photos qui peuvent servir de point de départ d’un post-traitement susceptible de vous mener vers des rivages inconnus…

Complément de lecture : Créer un filtre Lee vissable

Détails techniques :
1re photo : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif M.Zuiko 12-40 mm F/2,8 + filtre vert jaunâtre B+W 061 + filtre bleu B+W KB20 + filtre bleu 80C d’Hoya + filtre ambre B+W 81A — 1/80 sec. — F/2,8 — ISO 400 — 23 mm
2e  photo : Olympus OM-D e-m5 mark II, objectif M.Zuiko 25 mm F/1,2 — 1/80 sec. — F/8,0 — ISO 3200 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Brumes alpestres

Publié le 22 septembre 2022 | Temps de lecture : 1 minute


 
Détails techniques : Olympus OM-D e-m5 infrarouge à spectre complet, objectif Lumix 14-42mm + filtre Grün Rollei + filtre B+W KB20 + filtre 80C d’Hoya + lentille prismatique B+W 630 — 1/60 sec. — F/5,4 — ISO 200 — 29 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La politique linguistique du Parti Conservateur du Québec est dans le Cracker Jack

Publié le 21 septembre 2022 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Le Cracker Jack est une friandise américaine composée de maïs soufflé enrobé de mélasse. Auprès des enfants, il doit sa popularité au cadeau-surprise de peccadille que chaque boite contenait de 1896 à 2016.

Vingt ans de laisser-faire

Au cours des vingt dernières années, le gouvernement québécois n’a rien fait pour contrer l’anglicisation du Québec.

L’inaction des gouvernements libéraux de Jean Charest et de Philippe Couillard a été suivie par celle du gouvernement de François Legault. Sauf quant à la présentation de la loi 96, très insuffisante, en fin de mandat.

Selon un sondage publié hier par le Journal de Québec, trois partis politiques se disputent à égalité (16 %) la seconde place dans les intentions de vote, dont le Parti Conservateur du Québec (PCQ).

De toutes les formations politiques, le PCQ est le plus flou quant à ses intentions relatives à la défense du français.

D’esprit libertarien, le PCQ s’oppose à la loi 96 qu’il juge contraignante. Tout comme le Parti Libéral, le Parti Conservateur s’oppose aux mesures qui suscitent l’opposition des angloQuébécois. Ceci est l’équivalent de leur donner un droit de véto sur la défense du français au Québec.

Ceci étant dit, que propose-t-il en retour ?

Le son des criquets

Dans le communiqué intitulé ‘Tous unis pour protéger le français de manière positive’, daté du 6 septembre dernier, on peut lire :

Le PCQ va s’inspirer du rapport intitulé « Une langue commune à tous et pour tous » déposé en novembre 2016 par madame Claire Samson pour élaborer des solutions constructives et non coercitives.

En d’autres mots, depuis 2016, nous avons eu six ans pour accoucher d’un programme concret, mais nous n’avons pas eu le temps. Toutefois, élisez-nous et on verra.

C’est ainsi que son programme électoral affirme son intention de mettre en œuvre toutes les mesures nécessaires à la restauration ou à l’établissement de programmes scolaires aptes à corriger les lacunes du système public d’éducation en matière d’apprentissage, de maitrise et de transmission de la langue française.

Tout cela est très joli. Mais concrètement, quelles sont les mesures que le PCQ compte mettre en œuvre à ce sujet ? Euh… on verra.

Idéalement, une politique linguistique comporte quatre volets : un sur la langue d’enseignement, un autre sur la langue du travail, une politique migratoire et le moins important, au sujet de la langue d’affichage.

Même si le PCQ n’a pas de programme formel pour pallier l’anglicisation du Québec, on trouve dans ses promesses plusieurs mesures qui ont une incidence à ce sujet.

La revanche des berceaux

Sous la rubrique intitulée ‘Assurer la croissance de la culture québécoise dans un contexte de faible natalité et de vieillissement de la population’, le PCQ déclare qu’il favorisera l’augmentation de la natalité en tenant compte des besoins et des réalités des familles québécoises afin d’assurer le renouvèlement démographique de la nation québécoise.

On ignore comment une politique nataliste pourrait assurer la croissance de la culture française au Québec à moins de cette ‘revanche des berceaux’ soit limitée aux couples francophones ? Sinon, qu’est-ce que ça donne ?

D’autant plus que, selon ses propres mots, le PCQ favorisera une politique volontariste pour faire croitre la langue et la culture française. Voilà qui n’est pas forçant.

La langue d’enseignement

À l’école primaire ou secondaire, le PCQ ne remet pas en question l’enseignement du français. Mais il donnera 200$ par semaine (soit 10 400$ par année) pour chaque enfant à qui les parents feront l’enseignement à domicile.


 
Depuis quinze ans, le pourcentage des parents qui élèvent leurs enfants à la fois en français et en anglais est passé de 1,6 % à 16,6 % sur l’ile de Montréal, et de 1,3 % à 13,5 % dans l’ensemble de l’agglomération métropolitaine.

En subventionnant l’enseignement parental à domicile, un nombre inconnu d’élèves passeront de l’école publique française à une microécole privée bilingue.

Une autre mesure que le PCQ compte adopter concerne le mode de financement public des lycées (appelés cégeps au Québec). Le PCQ entend les financer selon leur fréquentation.

Le plus gros cégep anglophone du Québec est le collège Dawson. C’est aussi le plus fréquenté, toutes langues confondues. C’est donc lui qui recevrait la plus grosse part du financement public des cégeps québécois sous un gouvernement du PCQ.

Normalement, les maisons d’enseignement anglophones devraient recevoir leur juste part des sommes que l’État québécois consacre à sa mission éducative.

Cette juste part est liée à l’importance démographique du peuple angloQuébécois au Québec. Au-delà, les contribuables francophones financent l’anglicisation du Québec.

La politique migratoire

Rapatrier tous les pouvoirs

Le PCQ veut rapatrier tous les pouvoirs d’Ottawa en matière d’immigration.

Cela n’arrivera pas. Il y a un demi-siècle, le fédéral et Québec ont conclu une entente qui représente le maximum qu’Ottawa est prêt à concéder. Si le Québec en veut plus, il devra devenir un pays indépendant.

Comme dans la fable ‘La Laitière et le pot de lait’, le PCQ caresse de grandes ambitions; après avoir rapatrié d’Ottawa le programme de regroupement familial, le PCQ en limitera l’accès aux personnes qui parrainent leurs propres enfants d’âge mineur.

Pour des raisons humanitaires, la Cour Suprême du Canada a déjà statué qu’on ne peut pas limiter le regroupement familial. Donc tout Canadien peut cautionner l’immigration de ses propres parents à condition de subvenir à leurs besoins pendant un certain nombre d’années.

Le choix judicieux des immigrants

Le PCQ s’oppose au recours à la clause dérogatoire de la Canadian Constitution. Mais du même souffle, il annonce sa volonté de choisir les immigrants permanents en fonction de leur ‘compatibilité civilisationnelle’.

On cherchera en vain sur le site du PCQ quels sont les critères objectifs qui permettraient de mesurer précisément la ‘compatibilité civilisationnelle’ d’un requérant au statut d’immigrant au Québec.

Si ces critères sont appliqués au cas par cas, il faut se rappeler que lorsqu’une personne demande à immigrer au Québec, elle doit signer une Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise.

Le requérant y déclare vouloir respecter nos valeurs et apprendre le français. Tant que ce document n’est pas signé, le dossier du requérant est incomplet et ce dernier ne peut recevoir le certificat de sélection émis par Québec.

Si ces critères du PCQ bannissent tous les requérants en provenance d’un pays ou tous ceux qui pratiquent une religion jugée ‘civilisationnellement incompatible’, cela est contraire à la Déclaration universelle des droits de la Personne en plus d’être contraire aux chartes canadienne et québécoise des droits et libertés.

Bref, le PCQ ne trouvera pas un seul magistrat au Québec qui acceptera de valider une discrimination systématique basée sur les préjugés ‘civilisationnels’ du PCQ.

La francisation des immigrants

Le financement généreux des cégeps anglophones par le PCQ — dont nous avons parlé plus tôt — est au cœur des mesures destinées à la francisation des immigrants.

Au premier coup d’œil, cela semble contradictoire. Mais pas aux yeux du PCQ. Selon son programme électoral, un gouvernement conservateur…

…rehaussera l’enseignement du français dans les cégeps et les universités anglophones afin de permettre à tous les étudiants issus de l’immigration temporaire d’être en contact avec la culture québécoise d’expression française.

Opposé à interdire aux néoQuébécois l’accès aux cégeps anglophones, le PCQ compte sur des cours de français langue seconde dispensés dans ces maisons d’enseignement pour franciser les immigrants.

Conclusion

En matière de francisation, le programme politique du Parti Conservateur du Québec est le plus insuffisant que j’ai lu de toute ma vie, digne des colifichets de Cracker Jack.

Références :
Anglicisation de Montréal depuis quinze ans
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
Cracker Jack
Duhaime d’abord contre l’agrandissement de Dawson… mais maintenant?
Langue, culture et immigration
Le Collège Dawson réclame le maintien du financement pour son agrandissement
Le serment d’allégeance aux valeurs du pays
Tous unis pour protéger le français de manière positive : Le Parti conservateur du Québec abrogera la Loi 96

Complément de lecture :
Quand défendre le français consiste à enfoncer des portes ouvertes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Doit-on fermer la fonderie Horne ?

Publié le 21 septembre 2022 | Temps de lecture : 5 minutes

Le cas similaire d’Asbestos

En 2012, le gouvernement péquiste de Pauline Marois décidait d’interdire l’exploitation de l’amiante au Québec.

Puisque la plus grosse mine d’amiante au monde se trouvait à Asbestos, les opposants à cette mesure prédisaient que cette municipalité deviendrait une ville-fantôme.

Un an avant cette décision, au recensement de 2011, la ville d’Asbestos comptait 7 096 habitants. Une décennie plus tard, sous le nom de Val-des-Souces, elle en comptait 7 088, Il s’agit donc d’une perte de huit habitants, soit 0,1 % de sa population en dix ans.

Ceci étant dit, on y trouve encore des cas d’amiantose. Mais uniquement chez d’anciens mineurs; il n’y a plus aucun nouveau cas.

Toutefois, la santé a un prix; le revenu total médian y est de 30 600$ par année, alors qu’il est de 40 800$ pour l’ensemble de la population québécoise.

Cet écart de 33,3 % (en comparaison avec la médiane québécoise) existait déjà en 2011; il était alors de 38,4 % chez les hommes et de 41,3 % chez les femmes.

Bref, la vie s’est améliorée à Val-des-Sources depuis la fermeture du principal employeur de la ville.

Le cas de Rouyn-Noranda

Depuis des mois, le bureau régional de la Santé publique et la direction nationale sont en conflit.

Surtout depuis que cette dernière a censuré une étude scientifique commandée par le bureau régional afin d’analyser les effets néfastes de l’arsenic sur la population de Rouyn-Noranda.

Le Dr Horacio Arruda fit disparaitre tout le chapitre à ce sujet dans le rapport préparé par le bureau régional sous le prétexte que cela risquait d’inquiéter la population…

Ces jours-ci, la direction nationale tergiverse quant aux normes à imposer à la fonderie Horne.

Depuis des années, celle-ci possède une dérogation qui lui permet d’émettre 33 fois plus d’arsenic que la norme québécoise de 3 ng par mètre cube d’air.

Alors on négocie en secret avec la minière en vue d’une nouvelle dérogation ‘définitive’ qui dépasserait de seulement cinq fois la norme québécoise. Et ce, à partir de 2027.

Mais il faut savoir à qui on a affaire. La rubrique que Wikipédia consacre à Glencore (propriétaire de la fonderie) est sans équivoque; cette minière n’hésite pas à polluer partout où elle opère à travers le monde. La seule chose qui compte pour elle, ce sont les redevances versées à ses actionnaires.

Malheureusement, ce ne sont pas les ‘mous’ qui dirigent actuellement la Santé publique du Québec qui ont la trempe pour lui tenir tête.


 
Sur les marchés internationaux, le cours du cuivre atteint des sommets. Précisons que cette envolée des prix est antérieure aux sanctions occidentales contre la Russie.

C’est maintenant que Glencore a les moyens de dépenser les sommes importantes qui sont nécessaires pour moderniser ses installations de Rouyn-Noranda.

Espérer une nouvelle norme moins complaisante qui prendrait effet dans cinq ans, c’est risquer de se retrouver avec un nouveau contexte mondial du prix du cuivre que Glencore pourrait invoquer pour retarder sa mise en application.

C’est maintenant qu’il faut menacer de mettre la clé dans la porte de l’usine si elle ne se soumet pas dans les plus brefs délais à la norme de trois nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air.

Conclusion

Le plus grand risque que court la population de Rouyn-Noranda, ce n’est pas la fermeture de la fonderie Horne; c’est que cette ville devienne un désert médical. En d’autres mots, une ville où plus aucun médecin du Québec n’acceptera que ses enfants respirent de l’arsenic et conséquemment, où tous les médecins seront partis exercer leur profession ailleurs.

Pour éviter cela, il faut mettre fin à la pollution par l’arsenic de la fonderie Horne.

Maintenant que l’internet à haute vitesse est accessible partout sur le territoire québécois (grâce, avouons-le, à la CAQ), il est temps que Rouyn-Noranda fasse preuve d’audace et se réinvente en ville du XXIe siècle.

À ceux qui craignent ce saut vers l’inconnu, regardez la ville de Val-des-Sources…

Références :
Arsenic : le bof! de la Santé publique
Amiante chrysotile: le Canada fait volte-face
Données de 2011 pour Asbestos
Données du recensement de 2022 pour Val-des-Sources
Données du recensement de 2022 pour le Québec
Fonderie Horne — Des travailleurs intimidés, le syndicat lance un appel au calme
Horacio Arruda a empêché la diffusion de données sur le cancer à Rouyn-Noranda

Parus depuis :
Fonderie Horne : une cour d’école couverte de poussières d’arsenic emportées par le vent (2023-05-03)
Glencore abandonne son projet de réduire les émissions d’arsenic à Rouyn-Noranda (2024-11-12)
Déchets dangereux : la Fonderie Horne a fait plier Steven Guilbeault (2025-01-30)
Boudé par les autres pays, ce minerai fortement contaminé aboutit à Rouyn-Noranda (2025-06-02)
Faire passer l’amiante de poussière toxique à trésor vert (2025-12-08)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Roxham Inc.

Publié le 18 septembre 2022 | Temps de lecture : 7 minutes

Introduction

Plus tôt cette semaine, Radio-Canada présentait le reportage Roxham Inc.

Le ‘Roxham’ dont il est question est cette voie terrestre qui relie à pied le Québec à l’État de New York et qui est empruntée annuellement par des dizaines de milliers de demandeurs d’asile.

Ce reportage visait à dénoncer « le lucratif marché des passeurs qui exploitent la détresse de ceux qui sont prêts à tout pour refaire leur vie au Canada.»

Soyons francs; qu’un chauffeur américain de taxi charge 500$US pour transporter un passager de Miami à Montréal n’a rien de scandaleux lorsqu’on pense qu’il en coute le dixième simplement pour aller de chez moi à l’aéroport de Montréal.

En mars 2010, sur ce blogue j’avais blâmé sévèrement le gouvernement canadien pour son laxiste frontalier. Or en écoutant Roxham Inc., je me suis rendu compte que mon opinion avait évolué à ce sujet.

2020 vs 2022

En mars 2020, l’État de New York était l’épicentre de la pandémie de Covid-19 en Amérique du Nord; on y comptait dix fois plus de morts par million d’habitants qu’au Québec.

Pendant plusieurs semaines, tout ce qu’Ottawa a fermé, c’est l’édicule où les garde-frontières arrêtaient les demandeurs d’asile. Jamais le chemin Roxham lui-même n’a été véritablement fermé.

Or qu’est-il arrivé aux migrants qui ont traversé la frontière canadienne au cours de la première vague de la pandémie ?

À l’époque, la Santé publique du Québec interdisait le port du masque aux employés de nos hospices (qu’on appelle CHSLD).

Plutôt que de leur permettre de porter des masques artisanaux ou des masques chirurgicaux (lorsque ces derniers ont cessé d’être rares), les experts autoproclamés de la Santé publique obligeaient ces employés à travailler à visage découvert.

À leur arrivée le matin, les employés découvraient les cadavres des vieillards morts au cours de la nuit, alors que sur les étages flottait une odeur d’urine et de matière fécale.

Bref, des milliers d’entre eux ont décidé de démissionner; à leur place, j’aurais fait pareil.

Or qui s’est occupé de nos vieillards au cours de cette période ? Ces demandeurs d’asile qui n’ont pas pu trouver d’emploi en raison du confinement et de la fermeture de l’économie.

Bref, ces gens ont pris soin de nos vieux au péril de leur vie.

Leur cas est l’illustration parfaite du fiasco du système Arrima du gouvernement de la CAQ.

Celui-ci devait arrimer (d’où son nom) l’immigration aux besoins du marché. En réalité, ce système visait à ‘importer’ des immigrants selon l’évaluation technocratique des besoins du marché.

Malheureusement pour le système Arrima, nous vivons à une époque où tout évolue tellement rapidement qu’il est impossible de prévoir le futur autrement que de manière très générale.

Ce que nous devrions avoir appris depuis le début de la pandémie, c’est que les besoins migratoires du Québec, ce sont essentiellement des néoQuébécois qui parlent déjà français à leur arrivée, qui sont intelligents et débrouillards. C’est tout.

Le gouvernement Legault a raison de vouloir des travailleurs qualifiés. Mais il a tort d’être dogmatique à ce sujet puisque l’économie du Québec repose principalement sur la petite ou moyenne entreprise. Or les dizaines de milliers de postes qui y sont vacants le sont pour des emplois à faible qualification.

En somme, ce sont des emplois qui peuvent être comblés facilement par les demandeurs d’asile qui passent par le chemin Roxham.

Si le Québec accueillait tous ces gens, ne devrait-on pas craindre que leur nombre dépasse la capacité d’accueil du Québec ?

Le principal problème est le logement. Il est indéniable que l’arrivée au Québec de dizaines de milliers de néoQuébécois aggravera la crise du logement déjà existante.

Toutefois, en comblant des milliers de postes disponibles, ces néoQuébécois permettront aux entreprises du Québec de retrouver leur vitesse normale de croisière, génèreront de l’activité économique et du coup, des revenus fiscaux pour l’État.

Or plutôt que d’être redonnés stupidement en baisses de taxes et d’impôts, ces revenus fiscaux, investis dans le logement social, permettraient justement de corriger la crise du logement.

Ce qui serait profitable à tout le monde.

Quant à la crainte qu’un grand nombre de demandeurs d’asile contribue à l’anglicisation du Québec, ce risque est nul si le Québec fait le tri des demandeurs d’asile en ne conservant que ceux qui parlent déjà français à leur arrivée et en transférant les autres hors du Québec où, j’en suis convaincu, on s’occupera très bien d’eux.

Il est de la responsabilité de nos dirigeants politiques de souligner, par exemple, que les Karim Ouellet, les Boucar Diouf et les Corneille, ce n’est pas eux qui menacent la culture québécoise parce que tous ces créateurs y contribuent et la font rayonner.

Le modèle canadien

La frontière canado-américaine est la plus longue au monde.

Plutôt que de dépenser des milliards de dollars pour construire un mur entre le Canada et les États-Unis, plutôt que d’embaucher des dizaines de milliers de garde-frontières et de les équiper de moyens technologiques aussi extraordinaires que couteux, le Canada a préféré favoriser l’entrée ‘illégale’ par un tout petit nombre de points d’entrée dont le plus connu est le chemin Roxham.

Nos garde-frontières n’ont pas à débusquer ceux qui traversent ‘illégalement’ la frontière; les demandeurs d’asile viennent gentiment en taxi se présenter au magnifique édicule de contreplaqué blanc où ils sont interceptés par une poignée d’agents.

Les demandeurs d’asile sont alors identifiés, fichés, et transférés dans un centre de détention à Laval.

Sous ses apparences d’amateurisme pur, le système canadien offre un rapport cout-efficacité remarquable.

Ceux qui persistent à croire qu’Ottawa ne protège pas suffisamment les frontières du Québec ont toute la liberté de voter en faveur de l’indépendance ou de porter au pouvoir à Ottawa un parti de droite qui tentera vainement de colmater la frontière canado-américaine, cette passoire qui ne peut faire autrement que de l’être.

Références :
Covid-19 : la nécessité du port du masque
Immigration : l’illusion des prophéties
La convergence culturelle : communion et symbiose
Le multiculturalisme ou le tribalisme des sociétés anglo-saxonnes
Les chevaux de Troie du chemin Roxham
Plus de 182 enfants séparés de leurs parents à la frontière canadienne

Parus depuis :
Un sommet de passages clandestins, mais un creux de policiers à la frontière (2024-06-29)
Emprisonnement de migrants : recours collectif autorisé contre le fédéral (2024-07-09)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


La contre-offensive ukrainienne, début de la fin de la guerre ?

Publié le 15 septembre 2022 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

La contre-offensive de l’armée ukrainienne déclenchée le 24 aout dernier dans le nord-est du pays l’a amené à reconquérir environ six-mille kilomètres carrés de territoire.

Certains analystes occidentaux y voient l’espoir d’une victoire complète de l’Ukraine contre la Russie. Qu’en est-il ?

La justification russe de cette guerre

Déclenchée par la Russie, la guerre en Ukraine a néanmoins été rendue inévitable par les États-Unis.

En incluant l’Ukraine dans leur objectif d’encerclement militaire de la Russie par l’Otan, les États-Unis menacent les intérêts géostratégiques essentiels de la Russie; celle-ci ne peut pas tolérer que des missiles nucléaires américains se retrouvent à 500 km de Moscou.

Pas plus que les États-Unis eux-mêmes ne pouvaient tolérer que la Russie installe des missiles pointés contre eux à Cuba en 1962, à 1500 km de Washington.

Autrefois, le plus grand nombre de missiles nucléaires américains hors des États-Unis étaient stationnés en Turquie.

En 2016, en déplaçant une partie de leur arsenal nucléaire de leur base turque d’Incirlik à leur base roumaine de Deveselu, les États-Unis ont réduit la distance de leurs ogives nucléaires de Moscou de 2 000 km à 1 488 km.

Dans les années qui suivraient une adhésion hypothétique de l’Ukraine à l’Otan, les États-Unis seraient en mesure de les rapprocher considérablement de Moscou, ce qui est totalement inacceptable pour n’importe quel dirigeant russe.

Les deux véritables ennemis

Dans les faits, la guerre russo-ukrainienne est une guerre américano-russe par Ukraine interposée.

Les États-Unis sont de loin le principal fournisseur d’armes sophistiquées à l’Ukraine. Et c’est par le biais de la fourniture de renseignements de géolocalisation que les États-Unis permettent à l’armée ukrainienne d’obtenir ses plus grands succès militaires.

Les États-Unis ont livré à l’Ukraine des missiles autopropulsés d’une remarquable précision. Mais pour chaque tir, on doit programmer la géolocalisation des cibles à atteindre. Ces coordonnées sont fournies à l’armée ukrainienne par les États-Unis.

Les satellites-espions américains surveillent le déplacement des camions de ravitaillement de l’armée russe. Leurs va-et-vient permettent de découvrir où se trouvent les entrepôts de matériel militaire russe.

Une fois en possession de cette information, il ne reste plus à l’armée ukrainienne qu’à communiquer à une équipe de fantassins la position exacte de ce dépôt pour que ceux-ci programment le logiciel du lance-roquette qui transfert l’information au système de guidage du missile immédiatement avant sa mise à feu.

À partir du succès de la contre-offensive ukrainienne, prédire une victoire totale de l’Ukraine contre la Russie, c’est oublier le deuxième objectif poursuivi par les États-Unis.

Affaiblir l’armée russe

La Russie ne constitue pas la pire menace à l’hégémonie mondiale des États-Unis. À environ 1 500 milliards$, le PIB russe est le septième de celui des États-Unis.

Par contre, la puissance économique de la Chine est environ les trois quarts de la puissance américaine.

Les États-Unis voient dans la perspective où la Chine deviendrait la première puissance mondiale, une menace fondamentale.

Depuis l’invention de la machine à vapeur, la suprématie du monde (telle que perçue par l’Occident) appartient à des peuples anglo-saxons.

Lorsqu’on passe d’une production industrielle basée sur charbon à celle basée sur le pétrole, le flambeau de la suprématie occidentale passe du Royaume-Uni aux États-Unis.

Dès lors que l’accès aux ressources énergétiques (fossiles, solaire et éolienne) cesse d’être le facteur limitant de la croissance industrielle et est remplacé par l’accès à des ressources minières contrôlées par la Chine — notamment les terres rares sur lesquelles repose la haute technologie — l’émergence de ce pays représente un saut vers l’inconnu pour les peuples qui contrôlaient depuis des siècles l’ordre mondial.

Ce qui explique que les pays à majorité anglo-saxonne — les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande — ont mis sur pied le plus vaste réseau d’espionnage au monde. Et ils ont créé une intégration militaire en vase clos qui exclut toute participation étrangère, comme en témoigne l’annulation du contrat d’approvisionnement des sous-marins australiens auprès de la France.

Ces pays se sont construits soit sur l’épuration ethnique des peuples autochtones qui habitaient leur territoire ou, dans le cas de l’Angleterre sur des guerres séculaires contre les Celtes d’Écosse et deux tentatives d’extermination contre les Celtes d’Irlande.

Bref, ce sont des peuples hyper-racistes aux yeux desquels la perspective d’une suprématie mondiale chinoise est totalement inacceptable.

Voilà pourquoi l’idée d’une guerre ‘préventive’ contre la Chine percole depuis des années dans les milieux militaires américains et les groupes de réflexion qui les alimentent d’idées.

En vue d’une telle guerre pour l’instant hypothétique, le conflit russo-ukrainien est une occasion de saper l’économie d’un allié éventuel de la Chine et de forcer l’Europe à couper dès maintenant ses liens économiques avec la Russie, ce qui rendra le Vieux Continent plus apte à participer à une Troisième Guerre mondiale sous commandement américain.

Mais pour saper l’économie russe, les États-Unis ont besoin d’une guerre prolongée en Ukraine. Plus elle sera longue, plus la Russie en sortira affaiblie.

Il est donc hors de question que l’Ukraine poursuive une reconquête rapide de son territoire.

Le jeu de bascule américain

Avant l’attaque japonaise de Pearl Harbor en 1941, les États-Unis vendaient des armes à la fois aux Alliés et à l’Allemagne nazie (qui recueillait la sympathie de la Droite américaine).

Il en fut de même lors de la guerre Iran-Irak qui se déroula de 1980 à 1988. Au cours de ce conflit, les États-Unis ont été un fournisseur secondaire d’armement.

Il faut toutefois souligner qu’à cette occasion, la livraison des armes américaines alternait d’un belligérant à l’autre, de manière à toujours soutenir celui qui semblait en train de perdre, et à changer de camp quand la situation s’inversait.

En étirant cette guerre, celle-ci dura huit ans et fit entre 680 000 et 1,2 million de morts.

Dans nos médias, on a fait peu de cas de cette guerre, puisque du point de vue occidental, plus les Musulmans s’entretuent, moins il en reste…

Il ne serait pas donc étonnant que le rythme des livraisons d’armement américain à l’Ukraine ralentisse afin de prolonger cette guerre puisque toute paix entre les belligérants marquerait la fin de l’hémorragie voulue des stocks militaires russes.

Conclusion

En 1945, en décidant de larguer deux bombes nucléaires sur la population civile d’Hiroshima et de Nagasaki, les États-Unis savaient sciemment qu’ils commettaient le plus grave ‘crime de guerre’ de l’histoire de l’Humanité.

Cette décision était rendue nécessaire pour faire réaliser au commandement militaire japonais que leur empereur n’était pas un demi-dieu et qu’il devait capituler.

La Russie croit à la nécessité existentielle d’empêcher l’Ukraine d’adhérer à l’Otan. Autant que les soldats ukrainiens ont été convaincus — par les déclarations stupides de Poutine lui-même — que toute victoire russe marquerait la disparition de leur pays.

Si la Russie ne peut gagner cette guerre par des moyens conventionnels, elle n’hésitera pas à prendre, en désespoir de cause, les mêmes moyens que ceux auxquels les États-Unis ont eu recours en 1945.

Fragilisé par les séquelles de la crise sanitaire (qui a fait un million de morts aux États-Unis) et par les pénuries d’approvisionnement liées à la remondialisation rendue nécessaire par les sanctions économiques contre la Russie, l’Occident n’est pas prêt à soutenir dès maintenant un effort de guerre.

D’autant plus que l’affaiblissement des démocraties libérales par le néolibéralisme les a rendues vulnérables à l’insurrection armée de leur propre population.

Voilà pourquoi les États-Unis devront laisser à la Russie la foi en son succès par des moyens conventionnels.

D’autre part, le succès militaire des soldats ukrainiens dépend évidemment de leur courage, mais surtout de l’équipement que les États-Unis leur fournissent.

Véritables maitres du jeu de bascule, les États-Unis n’ont pas d’autres choix que de maintenir l’espoir ukrainien, tout en différant le plus possible une victoire décisive de la Russie.

Références :
Bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki
Crise des missiles de Cuba
Guerre Iran-Irak
L’engrenage ukrainien
Les conséquences géostratégiques du basculement vers les énergies vertes
L’Ukraine contre-attaque… jusqu’où ?
Résumé de géopolitique mondiale (1re partie)
Satellites-espions et guerre de précision

Parus depuis :
Menace nucléaire russe : « Ce n’est pas du bluff », dit Vladimir Poutine (2022-09-21)
US Ammunition Supplies Dwindle as Ukraine War Drains Stockpiles (2022-10-09)
UK urged to protect Ukraine from legal action over private debt default (2024-07-07)

Complément de lecture : L’épouvantail russe

Pour consulter tous les textes de ce blogue consacrés à la guerre russo-ukrainienne, veuillez cliquer sur ceci.

Un commentaire

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Quand défendre le français consiste à enfoncer des portes ouvertes

Publié le 12 septembre 2022 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Le mois dernier, Statistique Canada révélait l’importante diminution du pourcentage des familles au sein desquelles les parents élèvent leurs enfants en français.


 
D’autre part, en vue des prochaines élections, les chefs des quatre principales formations politiques du Québec se sont prêtés tour à tour aux questions de trois journalistes lors d’une émission spéciale diffusée récemment à la télévision de Radio-Canada.

Un volet concernait la loi 96, adoptée par le gouvernement sortant en vue de protéger le français au Québec. Le Parti libéral du Québec (PLQ) s’y oppose et cette émission donnait à la cheffe de ce parti, l’occasion de nous expliquer pourquoi.

La loi 96 divise les Québécois

Préoccupé par le déclin du français au Québec, le PLQ juge qu’il faut évidemment défendre notre langue, mais de manière ‘inclusive’.

Or la loi 96 divise les Québécois puisque l’immense majorité des angloQuébécois s’y opposent.

Sans le dire explicitement, ce que souhaite le PLQ, c’est donner aux angloQuébécois un droit de véto sur tous les moyens que le gouvernement pourrait prendre pour freiner ou pour arrêter l’anglicisation du Québec.

La langue de l’État adressée aux néoQuébécois

Dans tous les pays du monde, l’État s’adresse à ses citoyens dans la langue nationale.

De plus, dans le cas du Royaume-Uni, aucun requérant au statut d’immigrant ne peut mettre le pied sur le sol britannique à moins de connaitre déjà la langue anglaise. Seuls les réfugiés, en raison de l’urgence de leur situation, font exception à cette règle.

Avec sa loi 96, le gouvernement sortant a décidé qu’après six mois en sol québécois, toute la correspondance gouvernementale adressée à un néoQuébécois le sera en français.

Celui-ci n’est pas obligé d’avoir appris le français; s’il ne le comprend toujours pas, il faudra qu’il se débrouille puisqu’au Québec, c’est en français que ça se passe.

La cheffe du PLQ soutient que six mois, c’est trop court pour apprendre le français (ce que, répétons-le, la loi n’exige pas).

Mais même si on donnait deux ans, dix ans ou vingt ans, on ne ferait que différer le problème; il y a des gens qui passent toute leur vie au Québec sans avoir réussi à apprendre notre langue. Michael Rousseau, le président d’Air Canada, en est un exemple.

L’accès aux CÉGEPs anglophones

En Italie ou en Allemagne, par exemple, la seule école où on peut envoyer ses enfants aux frais des contribuables, c’est à l’école publique. C’est la seule gratuite. Et c’est dans la langue nationale que les élèves y font leur apprentissage.

Évidemment, on peut toujours envoyer ses enfants dans une école où les professeurs enseignent dans une autre langue. Mais c’est à ses frais.

Depuis la Loi 101, c’est la même chose au Québec. Sauf que cette loi fait exception pour les angloQuébécois. Ceux-ci disposent de leurs propres écoles publiques (donc financées par l’État).

De plus, la Loi 101 ne s’applique qu’à l’enseignement au primaire et au secondaire. Jusqu’ici, elle ne s’appliquait pas aux lycées (appelés CÉGEPs au Québec). Cette lacune a été corrigée par la loi 96.

Le PLQ s’y oppose. À cette émission spéciale de Radio Canada, Dominique Anglade déclarait :

Je ne conçois pas qu’on dise à nos jeunes adultes qu’ils devront choisir devant un CÉGEP français vs CÉGEP anglais. Ils ont le droit de prendre cette décision-là eux-mêmes.

Les jeunes Québécois ont le droit de décider de leur avenir. Mais un étudiant francophone qui souhaite un avenir en anglais devra se le tailler à ses frais.

Le cout de l’inscription dans un CÉGEP (environ 20$ par session) ne représente qu’une minuscule partie des frais réels de l’enseignement dans nos lycées. Or nous, contribuables francophones, refusons de financer l’anglicisation du Québec.

La liberté de choix de la langue d’enseignement était le principe défendu par la loi 63 de l’Union nationale, un parti rayé de la carte précisément pour l’avoir adoptée.

En 1969, le peuple francoQuébécois a réalisé l’absurdité de financer sa propre extinction : Dominique Anglade ne nous fera pas revenir 53 ans en arrière.

Évidemment, nos amis Anglophones sont bien libres de ne pas être de notre avis. Mais on vit dans une démocratie quand les minorités sont libres de s’exprimer et, précisons-le, quand les majorités sont libres d’agir…

La clause dérogatoire

Le PLQ s’oppose à ce que la loi 96 invoque la clause dérogatoire, cette disposition constitutionnelle qui permet d’en déroger.

En 1977, le gouvernement péquiste de René Lévesque adoptait la Loi 101. Ce qui a fait réaliser à Ottawa que la vieille loi britannique qui servait de constitution au pays depuis 1867 était pleine de trous.

Voilà sur quoi repose l’urgence soudaine de doter le Canada d’une nouvelle constitution cinq ans plus tard; il fallait invalider des pans entiers de la Loi 101. Ce que la Cour suprême du Canada elle-même a reconnu dans un jugement qu’elle a rendu en 1984.

Je vous épargnerai le jargon juridique utilisé par le plus haut tribunal du pays pour vous en donner la traduction suivante :

Étant donné que la constitution a été écrite après la Loi 101, lorsqu’on compare le texte de l’article 23 de la constitution avec le texte correspondant dans la Loi 101, il est évident que cette dernière était l’exemple parfait d’une législation que le gouvernement fédéral voulait contrer…

En réalité, lorsque Dominique Anglade déclare vouloir retirer la clause dérogatoire invoquée par la loi 96, elle veut donner cette loi en pâture à la voracité des juges à la solde d’Ottawa ou à celle de ces juges ultra-fédéralistes nommés par le PLQ au cours des quinze ans où il fut au pouvoir.

Il suffit de lire le jugement d’une incroyable partialité rendu le 12 aout dernier par la juge Chantal Corriveau à l’encontre de deux articles de la loi 96 pour se convaincre de ce secret de Polichinelle; toute la machine judiciaire à la solde d’Ottawa est en croisade pour trouver des puces — et en inventer si nécessaire — afin de forcer le Québec à revêtir, malgré la clause dérogatoire, la camisole de force constitutionnelle que le Canada anglais a adoptée contre nous en 1982.

Conclusion

Les choix référendaires de la nation québécoise ont consisté à remettre notre sort entre les mains de l’ethnie dominante du Canada. Les plus récentes données de Statistique Canada permettent aujourd’hui de mesurer l’étendue de cette imprudence.

Face à cela, la loi 96 est très insuffisante. Voilà pourquoi il serait inacceptable de nous contenter de moins. C’est précisément ce que veut le PLQ.

Son refus dogmatique d’invoquer la clause dérogatoire fait de ce parti le chantre de l’asservissement à l’ordre constitutionnel canadian.

Et les mesures homéopathiques qu’il propose aujourd’hui pour pallier l’anglicisation du Québec, de même que le droit de véto implicite qu’il entend accorder aux angloQuébécois à ce sujet, sont autant de preuves que les dirigeants de cette formation politique sont les ‘collabos’ du régime colonial canadien.

Références :
Anglicisation de Montréal depuis quinze ans
Anglicisation du Québec : l’omelette de la loi 96
La loi 96 : le mythe de l’obligation d’apprendre le français en six mois
Le commissaire Théberge blâme Air Canada pour le discours unilingue de son PDG
Le défilé des Rhodésiens
Les droits linguistiques à géométrie variable
Loi 63 de l’Union nationale

Parus depuis :
Italian government seeks to penalize the use of English words (2023-04-01)
« It’s very english » sur la voie maritime du Saint-Laurent (2023-05-19)

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Écrit par Jean-Pierre Martel