Raviolis chinois

Publié le 17 décembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
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Au singulier, on dit un raviolo : au pluriel, on peut dire ravioli ou raviolis.

Ce sont les Chinois qui ont inventé les raviolis, il y a environ 1,800 ans. En Chine, on les appelle «&nbspjiaozi ». Ceux-ci sont cuits à la vapeur, bouillis ou frits. Ceux que j’ai vus frits lors de mon voyage à Shanghai, l’étaient dans généralement moins d’un centimètre d’huile au fond d’un wok à fond plat.

Selon la légende, ce serait Marco Polo (1254-1324) — l’explorateur vénitien qui séjourna en Chine pendant 17 ans — qui aurait rapporté la recette en Italie.

En réalité, ce serait beaucoup plus récemment que les raviolis ont fait leur apparition dans ce pays. En effet, selon Wikipédia, c’est en 1875 qu’un restaurateur milanais aurait introduit le raviolo dans son pays.

Dans la photo ci-dessus, prise dans un restaurant de Guilin, les raviolis sont noués par des feuilles d’échalotes. Ils sont disposés sur un assemblage de tiges de bambou qui rappelle les radeaux utilisés pour pêcher sur les rivières chinoises. À droite, un morceau de tomate, un œuf cuit dur et une rondelle de concombre représentent le batelier.

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Références :
Jiaozi
Ravioli

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/30 sec. — F/4,5 — ISO 160 — 21 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Anglicisation du Québec : Monsieur Charest préfère chanter et jouer de la lyre…

Publié le 16 décembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes

Lundi dernier, la ministre responsable de la Charte de la langue française annonçait la création d’un site Web permettant aux entrepreneurs d’obtenir tous les renseignements sur les programmes, services et subventions disponibles pour la francisation de leurs entreprises.

Mme Christine St-Pierre a expliqué que l’approche incitative avait été préférée à la voie législative pour défendre le français au Québec.

En somme, les entreprises qui veulent se franciser pourront le faire plus facilement, tandis que ceux qui ne le veulent pas ou qui s’en fichent pourront dormir en paix.

Après avoir sabré dans les cours de français destinés aux immigrants allophones — tout en maintenant, paradoxalement, les cours d’anglais aux immigrants originaires du Maghreb afin d’augmenter leur employabilité — après avoir légalisé l’accès à l’école anglaise aux allophones, le gouvernement libéral réitère l’approche douce comme pilier fondamental de sa politique linguistique.

Le problème, c’est que le laisser-faire libéral a déjà fait ses preuves. Il aura suffi au gouvernement Charest de deux mandats successifs pour que Montréal — la deuxième plus importante ville française au monde il y a huit ans — soit devenue majoritairement anglophone.

Alors que les francophones montréalais ont de plus en plus de difficulté de s’y faire servir en français, monsieur Charest préfère imiter l’empereur Néron qui regardait bruler Rome en chantant et en jouant de la lyre.

Références :
Amir et la loi 101
Des commerces qui ne servent pas en français
Guy A. Lepage s’inquiète du recul du français
L’anglais bien présent à la Banque Nationale
Québec – L’immigration au pifomètre

Parus depuis :
Incapable d’être servi en français (2020-11-13)
Être servi en anglais, «ça fait dur» (2020-11-14)
Français au Québec: «Comment pouvons-nous être stupides au point de financer notre propre disparition linguistique?» (2020-11-27)
Quand il faut parler anglais pour travailler à Montréal (2021-03-10)

Photo d’un buste de Néron, tirée de Wikipédia (© 2008 — Mistersunshine)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Soupe Yin et Yang

Publié le 15 décembre 2010 | Temps de lecture : 1 minute
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À l’approche du temps des fêtes, on est toujours un peu à l’affût d’idées pour décorer nos plats.

Voici la soupe « Yin et Yang » d’un restaurant de Guilin. Rappelons que le yin est associé à la lune, au sombre, au froid, à la partie féminine de la nature, tandis que le Yáng est associé à sa partie masculine, au Soleil, à la clarté, et à la chaleur.

Détails techniques : 
Panasonic GH1, objectif Lumix 14-45mm — 1/30 sec. — F/4,9 — ISO 160 — 25 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’armement populaire en Haïti

Publié le 13 décembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes

Avant-propos : De tous les billets que j’ai publiés jusqu’ici, le texte suivant est le mois documenté.

Samedi dernier, ma mère et moi avons pris le taxi pour aller voir l’opéra Don Carlo, retransmis à partir du Met de New York. Puisque notre chauffeur était d’origine haïtienne, j’en ai profité pour lui demander son avis sur les moyens de réduire la violence dans son pays d’origine.

C’est alors qu’il nous a révélé faire partie d’une famille intimement liée aux milices armées de ce pays. Il a d’ailleurs fui au Canada après que la presque totalité de ses cousins eurent été assassinés.

À l’époque où le président Jean-Bertrand Aristide était au pouvoir, un de ces cousins s’est rendu à Atlanta (aux États-Unis) afin d’acheter pour 6 millions$ d’armes. Celles-ci furent expédiées par bateau à Haïti où elles arrivèrent huit jours plus tard.

Ces armes étaient destinées à « armer le peuple » ou plus exactement, les milices du président Aristide : celui-ci voulait se préparer à l’éventualité où l’armée tenterait un coup d’État afin de le renverser.

En 1995, Aristide dissout l’armée et la remplace par la Police nationale. En 2003, il donne l’ordre d’assassiner certains chefs de ses milices, déclenchant la rébellion de ceux qui ont échappé au complot (dont le cousin en question).

Une partie du pays tombe aux mains des rebelles. Le 22 février 2004, ceux-ci s’emparent de Cap-Haïtien (la deuxième ville du pays). Une semaine plus tard, la capitale est prise par les rebelles.

Selon mon chauffeur de taxi, ce serait son cousin qui aurait donné 24 heures à Aristide pour quitter le pays à défaut de quoi le palais présidentiel serait pris d’assaut par ses hommes. Le 29 février 2004, le président Aristide quitte Haïti à bord d’un avion américain, accompagné par le personnel de sécurité de l’armée américaine.

Depuis ce temps, on a tenté de racheter les armes en circulation parmi la population. Ces programmes de rachat ont échoué.

Selon une rumeur persistante au sein de la diaspora haïtienne, grâce à la fortune accumulée au cours des années où il a été au pouvoir, l’ex-président Aristide (en exil en Afrique du Sud) financerait toujours les milices qui lui sont demeurées fidèles, utilisées pour favoriser l’accession au pouvoir de ses protégés.

Personnellement, je ne suis pas tout à fait convaincu par cette rumeur puisque pour tirer ainsi les ficelles, Aristide devrait suivre de très près l’actualité d’Haïti. Or il effectue en Afrique du Sud des études universitaires et des recherches linguistiques qui doivent certainement accaparer beaucoup de son temps. De plus, n’oublions pas qu’une partie de ses anciennes milices se sont retournées contre lui.

Ne serait-il pas plus plausible que des 1,5 milliards$ que la diaspora haïtienne envoie annuellement dans ce pays, une partie serve à financer des milices opposées. Cette division reflèterait le profond clivage social de ce pays dont la population est partagée entre des pauvres (chez qui Aristide est demeuré immensément populaire) et une bourgeoise (au sein de laquelle Aristide est un personnage controversé).

Référence : Coup d’État de 2004 à Haïti

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Don Carlo du Metropolitan Opera

Publié le 12 décembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes
© 2010 — Metropolitan Opera

Hier le Metropolitan Opera de New York retransmettait par satellite Don Carlo (de Verdi) à des centaines de salles de cinéma autour du globe, dont le cinéma Quartier-Latin à Montréal.

L’œuvre dure plus de trois heures sans les entractes. Il s’agissait d’une production assez réussie créée par le Covent Garden de Londres.

Les décors sont stylisés. L’époque est suggérée par un minimum d’accessoires, laissant toute la place au drame. Les éclairages sont également discrets. De manière générale, les costumes sont réussis malgré le fait que si on avait évité les décolletés féminins, on aurait mieux souligné l’intégrisme religieux du règne de Philippe-II d’Espagne. En gros, les couleurs dominantes de cette production sont le noir et le rouge. La mise en scène est sobre et efficace.

En dépit d’un livret intéressant et admirablement bien écrit, cet opéra est rarement monté parce qu’il nécessite la contribution d’un grand nombre d’interprètes de premier ordre dont six (!!!) rôles principaux. Comme c’est habituellement le cas, le Metropolitan s’était payé le luxe de réunir une distribution impeccable.

À mon avis, la grande vedette de cette représentation, c’est l’orchestre du Metropolitan Opera sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Des duos d’amour aux affrontements violents, les musiciens ont soutenu les interprètes quand il le fallait et pris toute la place, dramatique, que la partition leur accorde.

Bref, un franc succès.

Références :
Don Carlo de Verdi: très fort
Don Carlo, Metropolitan Opera

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’Arabie saoudite et le financement d’Al-Qaida

Publié le 10 décembre 2010 | Temps de lecture : 5 minutes
© 2010 — Google Maps

Avant le régime taliban en Afghanistan

Oussama ben Laden est l’un des 54 enfants — nés des 22 épouses —de Mohammed Ben Laden, un entrepreneur saoudien. Ce dernier est propriétaire de la Bin Laden Construction group, une des plus riches entreprises de construction au monde et détentrice de nombreux contrats d’exclusivité avec le gouvernement saoudien. Les actifs globaux du Groupe Ben Laden sont évalués à cinq milliards de dollars.

En 1979, le prince Turki Al Fayçal — chef des services secrets de l’Arabie saoudite de 1977 à 2001 — offre 200 millions de dollars à Oussama ben Laden afin qu’il organise le départ des volontaires saoudiens désirant s’impliquer en Afghanistan contre l’invasion russe de ce pays.

Oussama ben Laden se rapproche alors de Gulbuddin Hekmatyar, un chef fondamentaliste local et principal bénéficiaire des 3,3 milliards de dollars d’aide officielle des États-Unis aux rebelles afghans contre les Russes (un montant à peu près équivalent étant, dit-on, fourni par l’Arabie saoudite).

Quelques années plus tard, en 1994, la montée des Talibans coïncidera avec leur saisie de l’importante réserve d’armes de Gulbuddin Hekmatyar (dont nous venons de parler) à Kandahar. Cette prise leur permettra de prendre le contrôle de la moitié du pays.

En février 1989 les Soviétiques annoncent leur retrait d’Afghanistan. Les États-Unis et l’Arabie saoudite ayant atteint leur objectif, arrêtent le financement et le soutien logistique massif aux rebelles en 1990.

À son retour en Arabie saoudite, Oussama ben Laden est accueilli en héros. Dans les mosquées, les écoles, et à l’université, il organise des conférences au sujet de son combat contre l’armée soviétique. Il recueille alors des fonds de sympathisants servant à financer sa milice.

Lors de la Première guerre du Golfe (1990-1991), Oussama ben Laden propose au roi d’Arabie d’utiliser cette milice pour défendre le pays contre une possible invasion des troupes irakiennes. Le roi refuse et préfère ouvrir son territoire à l’armée américaine.

Furieux, Ben Laden s’indigne que des soldats non-musulmans viennent souiller le sol sacré de l’Islam (l’Arabie saoudite étant la Terre sainte selon les Musulmans). Il va jusqu’à accuser de corruption la dynastie régnante dans ce pays.

En représailles, l’Arabie saoudite le prive de sa nationalité en 1994. Il reste discrètement en relation avec certains membres du régime saoudienc: en effet, avec ses 7,000 princes, la famille royale est peu unie.

Durant le régime des Talibans (1997-2001)

Le régime des Talibans ne sera reconnu officiellement que par trois pays : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Pakistan.

En 1999, le prince saoudien Turki Al Fayçal (à titre de chef des services secrets de l’Arabie saoudite), verse 267 millions$ à un chef taliban en Afghanistan.

Tout au cours de ce régime, l’Arabie saoudite, principale puissance sunnite, inspire intellectuellement et finance les madrasas, ces écoles coraniques à la base du mouvement taliban. Par le radicalisme de leur enseignement, ces écoles s’avéreront des pépinières de terroristes.

Le 11 septembre 2001, les attentats-suicides d’Al-Qaida sont perpétrés aux États-Unis par 19 terroristes dont 15 étaient de nationalité saoudienne. Ces attaques provoquent la Guerre en Afghanistan (où sont basés les camps d’entrainement d’Al-Qaida). Entretemps, les États-Unis tentent par tous les moyens de tarir les sources de financement d’Al-Qaida (comme ils le font présentement avec WikiLeaks).

Après le renversement du régime taliban

Peu après la fin officielle de cette guerre, des milliers de Talibans non-afghans (dont beaucoup de Saoudiens) décèdent au cours du massacre à la prison de Mazar-i-Sharif. Ceux qui ne s’y trouvaient pas retournent dans leur pays d’origine. Certains d’entre eux constituent depuis des cellules dormantes d’Al-Qaida en Arabie et des sympathisants donateurs.

En 2003, les experts s’accordaient pour dire qu’une grande partie des revenus d’Al-Qaida provenaient de donateurs saoudiens. Leurs dons sont versés soit directement, soit par le biais d’organismes de charité ou d’écoles coraniques servant de paravent au financement de cette organisation terroriste.

En décembre 2006, plus d’une trentaine d’ecclésiastiques saoudiens se prononcent contre l’invasion de l’Irak et invitent tous les Sunnites à s’y opposer. En 2007, près de la moitié des insurgés étrangers en Irak sont des Saoudiens qui combattent pour Al-Qaida.

« Les donateurs privés en Arabie saoudite demeurent la principale source mondiale de financement de groupes terroristes sunnites », tels qu’Al-Qaida et les talibans afghans et pakistanais, déplorait l’ambassade américaine en Arabie dans cette note datée de 2009 et révélée par WikiLeaks cette semaine.

L’ambassade estime également qu’une partie de cette somme est collectée auprès de sympathisants à l’occasion du pèlerinage annuel à La Mecque et du Ramadan.

De plus, les hauts responsables talibans, lorsqu’ils se rendent en Arabie saoudite pour participer à des discussions sur le thème de la réconciliation, se livrent également à la collecte d’argent.

Références :
Documents Back Saudi Link to Extremists
Dasht-i-Leili massacre
Oussama ben Laden
Saudi Arabia: In al-Qaeda’s Sights
Saudi Arabia’s Dubious Denials of Involvement in International Terrorism
Saudi Arabia’s Links to Terrorism
Saudis faulted for funding terror
Taliban
US embassy cables: Hillary Clinton says Saudi Arabia ‘a critical source of terrorist funding’
WikiLeaks cables portray Saudi Arabia as a cash machine for terrorists

Parus depuis :
Des princes saoudiens auraient financé al-Qaïda (2015-02-05)
« Swissleaks » : HSBC abritait aussi des « parrains du terrorisme » (2015-02-11)

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| Sécurité, Terrorisme | Mots-clés : , , , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Pollution et gaz de schiste : c’est pas moi, je le jure

Publié le 9 décembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes

En août dernier, deux familles de Parker (un comté du nord du Texas) se sont adressées aux autorités pour se plaindre que l’eau de leur puits artésien avait changé de goût. Une enquête fut menée conjointement par la Commission des chemins de fer du Texas et l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA).

On découvrit que leur eau était contaminée, entre autres, par du méthane et du benzène. Les soupçons se sont portés sur Range Resources, une compagnie qui fait de l’exploration des gaz de schiste dans ce comté.

L’agence fédérale américaine, qui a les pouvoir d’intervenir, ne le fait pas habituellement, laissant le soin aux autorités locales d’agir. Mais les autorités texanes refusent d’agir puisque la compagnie a effectué des tests qui prouvent, selon elle, qu’elle n’est pas responsable de cette contamination.

Si bien que depuis des mois, ces deux familles ne peuvent pas boire leur eau, le benzène étant cancérigène et le méthane explosif.

Mardi dernier, l’EPA donnait 48 heures à Range Resources pour fournir gratuitement de l’eau potable aux familles affectées et pour résoudre le problème, sous peine d’une amende quotidienne de 16,000$.

Les autorités du Texas condamnent cette décision qu’ils trouvent prématurée puisque la responsabilité de Range Resources n’est pas établie hors de tout doute.

Référence :
Range Resources Must Repair Texas Gas-Well Leak, EPA Says

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| Environnement, Pollution | Mots-clés : , | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Cadeau pour un premier anniversaire

Publié le 8 décembre 2010 | Temps de lecture : 2 minutes

 

 
À la fin du mois de novembre 2009, 132,545 personnes avaient visité mon site web (créé une décennie plus tôt) pour y effectuer 835,529 consultations de pages web. Une des raisons qui expliquent ce succès est le fait que ce site est multilingue.

Toutefois, au cours de cette décennie, j’ai été navré d’assister à l’anglicisation de Montréal. En effet, en 1999, à la création de mon site web, Montréal était majoritairement francophone : dix ans plus tard, elle était devenue majoritairement anglophone. En conséquence, j’ai donc décidé de me consacrer à un blogue d’expression française (celui que vous lisez actuellement) et d’abandonner tout le reste de mon site web : il existe toujours mais je n’y publie plus rien de neuf.

Après un an d’existence, et après la publication de 250 articles, le blogue avait fait l’objet de 12,118 requêtes. Même si je ne m’étais pas fixé d’objectif au départ, cela est au-delà de ce que j’aurais pu imaginer.

Afin de vous remercier de l’attention que vous portez à mes écrits, j’ai décidé de publier ici, en exclusivité, une de mes deux seules vidéos sur la Chine demeurées confidentielles jusqu’ici. Note : Les experts en marketing appellent cela de la fidélisation.

Il vous suffit donc de cliquer sur l’image au début de ce texte pour lire la description et pour regarder cette vidéo, dévoilée en primeur aujourd’hui.

Merci donc à vous tous.

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| Avis | Permalink
Écrit par Jean-Pierre Martel


Gaz de schiste : des redevances « élevées » ou « justes » ?

Publié le 7 décembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes

À l’émission « Tout le monde en parle » de dimanche dernier, le Premier ministre du Québec abordait la question des redevances imposées à l’industrie des gaz de schiste. En comparaison avec la nationalisation, M. Charest disait : « On va retirer les mêmes redevances. Puis des redevances élevées sur l’exploitation. Des redevances qui vont être justes.»

Si on avait pu voir ma courbe d’approbation, on aurait vu une montée qui culmine à élevées suivie d’un plateau et enfin d’un crash à justes. En quoi ces deux qualificatifs sont-ils si différents ?

Présentement, le Québec compte vingt-deux mines actives dans lesquelles on exploite surtout du fer, du zinc, du nickel, du cuivre et de l’or. Entre 2002 et 2008, l’industrie minière a versé 259 millions$ au fisc québécois en droits miniers, soit 1,5 pour cent des profits. En effet, les redevances versées à l’État sont calculées sur les profits et non sur la valeur brute de la production.

En contrepartie de cette contribution, lorsqu’une compagnie cesse ses opérations, le gouvernement du Québec défraye la moitié des coûts des travaux de restauration des sites contaminés. Le ministre délégué aux Ressources naturelles a indiqué récemment qu’une enveloppe de 300 millions$ est prévue pour les sites orphelins. De cette somme, 164 millions$ ont déjà été engagés dans des projets de restauration.

On remarquera donc que les redevances de l’industrie minière ne couvrent même pas les coûts de restauration des sites abandonnés. Si bien que le Québec est le troisième endroit le moins cher au monde pour l’exploitation minière.

En somme, le seul avantage que nous en retirons, c’est le salaire versé aux mineurs, les retombées économiques, de même que le mécénat non-négligeable de l’industrie pour les arts et la culture. Même s’il s’agit de sommes importantes, cela est peu de chose en comparaison avec les milliards$ de profit distribués à leurs actionnaires étrangers.

Dans un tel contexte, que signifie le qualificatif « justes » utilisé par monsieur Charest ? Les redevances payées par l’industrie des gaz de schiste seront-elles justes par rapport à celles — ridicules — versées par le reste de l’industrie minière ? Si oui, comment monsieur Charest peut-il prétendre qu’il s’agit de redevances « élevées » ?

Références :
Industrie minière – Des privilèges inaliénables
Le PQ maintient son opposition au projet de loi 79 sur les mines
Québec veut des mesures plus sévères

Paru depuis : Un siècle pour restaurer 700 sites miniers (2015-01-26)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les gaz de schiste : nous sommes nuls

Publié le 6 décembre 2010 | Temps de lecture : 3 minutes

Invité hier soir à l’émission « Tout le monde en parle » de Radio-Canada, le Premier ministre du Québec a écarté toute idée de nationaliser l’industrie du gaz de schiste.

« Les gaz de schiste, on n’est pas des experts nous autres dans le développement et l’exploitation du gaz […] Alors ce n’est pas notre mission à nous de se transformer en compagnie gazière ou pétrolière » a déclaré monsieur Charest.

Les québécois francophones ne connaissaient pas grand-chose à l’énergie hydro-électrique avant la nationalisation de cette industrie, survenue en 1944 et en 1963.

En 1944, au moment de son étatisation, la Montreal Light, Heat and Power pratique une politique discriminatoire d’embauche qui a pour résultat que la majorité de ses employés sont anglophones, plus précisément unilingues anglais. Parmi son personnel technique, on ne compte aucun ingénieur francophone.

Mais dès décembre 1944, Hydro-Québec — c’est le nouveau nom de l’entreprise montréalaise étatisée — embauche Robert A. Boyd, âgé de 26 ans, un premier ingénieur francophone. Celui-ci deviendra président-directeur général de la société d’État en 1977. Peu à peu, de 1944 à 1960, le personnel d’Hydro-Québec devient majoritairement francophone.

Mais à l’extérieur de Montréal, les diplômés francophones en génie électrique trouvent très peu de débouchés: les compagnies privées préfèrent alors embaucher des ingénieurs anglophones. Cette situation changera radicalement avec la seconde (et principale) phase de la nationalisation de l’hydro-électricité du Québec en 1963.

Aujourd’hui, nous sommes parmi les leaders mondiaux reconnus dans le domaine de l’hydro-électricité. Toutefois, autant nous excellons dans ce domaine, autant nous sommes nuls et incapables d’être autre chose que nuls dans le domaine des gaz de schiste. C’est du moins l’opinion de monsieur Charest.

Je suis donc surpris de voir que nos impôts servent à payer le salaire de quelqu’un qui a si peu confiance en nous. Je me serais attendu que le Premier ministre du Québec soit un promoteur du talent d’ici, que ce soit quelqu’un qui ait confiance dans le peuple qu’il dirige.

Conséquemment, doit-on s’étonner que l’opinion des Québécois envers monsieur Charest soit à la hauteur de celle qu’il porte sur nous ?

Post-scriptum : Grâce à la nationalisation de l’hydro-électricité, nous recevons la totalité des profits réalisés par l’exploitation de cette ressource naturelle. Par opposition, les plus voraces parmi les compagnies impliquées dans les gaz de schiste au Québec s’attendent à payer aussi peu que 2% de redevance au Québec et exporter leurs énormes profits à des actionnaires étrangers.

Références :
Jean Charest maintient le cap
Montreal Light, Heat and Power
Nationalisation de l’électricité au Québec
Shawinigan Water and Power Company

Paru depuis :
Carte interactive des forages d’hydrocarbures en sol québécois depuis 1860 (2013-04-21)

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Écrit par Jean-Pierre Martel