Vienne — La Maison de la musique

Publié le 9 décembre 2011 | Temps de lecture : 4 minutes

 
Il y a deux musées de la musique à Vienne : le Musée des instruments de musique (situé dans le nouveau Palais impérial) et la Maison de la musique (en vedette dans cette vidéo). Si le premier aligne des instruments somptueux et rares, la Maison de la musique est plutôt un musée participatif dans lequel les instruments conventionnels ont un rôle secondaire.

Ce musée est situé dans le Palais de l’Archiduc Charles-Louis d’Autriche (1771-1847), vainqueur de Bonaparte à Aspern en 1809.

Le premier étage est consacré à l’Orchestre philharmonique de Vienne. Une borne d’écoute permet d’écouter plusieurs de ses enregistrements. Dans une petite salle de cinéma, on peut voir le DVD d’un de ses célèbres concerts du Nouvel An ou celui d’un de ses concerts d’été dans les jardins du palais de Schönbrunn.

À 0:13 dans la vidéo, un panneau présente les bâtons utilisés par certains des plus grands chefs qui ont dirigé cet orchestre. À 0:16, nous sommes dans l’Espace Otto Nicolai, du nom du fondateur de l’orchestre, qui a déjà habité dans le palais.

Le deuxième étage est une présentation didactique sur la nature du son (à 0:18). Dans un coin, on trouve deux ordinateurs sur lesquels on peut écouter de la musique populaire autrichienne. Les visiteurs ont la possibilité de choisir parmi les pistes musicales disponibles et graver sur CD leur compilation moyennant une somme dont une partie est versée aux artistes.

Dans la salle dédiée à Haydn (de 0:30 à 1:03), on apprend que ce compositeur avait acheté à Londres un perroquet auquel il avait appris chanter les premières notes de l’hymne national autrichien. À la mort du compositeur, l’oiseau fut vendu aux enchères pour la somme actualisée de 32,500 euros.

À 0:35, on voit la lettre d’hommage à Haydn, datée du 26 mars 1805 et signée par quelques-uns des plus grands compositeurs du Conservatoire de musique de Paris (Gossec, Cherubini et Méhul).

De 1:05 à 1:14, c’est la salle consacrée à Mozart. Entre autres, on y voit les projets de décor dessinés par Karl-Friedrich Schinkel (le plus important architecte néo-classique allemand) pour une production légendaire de La Flute enchantée de Mozart présentée au Staatsoper de Berlin au XIXe siècle.

De 1:15 à 1:19, c’est la salle en honneur de Beethoven. Parmi les objets présentés, on voit une immense carte de la capitale autrichienne à l’époque de ce compositeur.

Sans contredit, l’objet de plus précieux du musée sont les lunettes ayant appartenues à Franz Schubert dont voit la salle de 1:20 à 1:29.

Ce musée serait incomplet sans une présentation des plus célèbres compositeurs de valses viennoises, Johann Strauss père et fils.

Cet étage, consacré aux compositeurs qui ont fait la gloire de la capitale autrichienne, se termine par Mahler (qui fut également chef de la Philharmonie de Vienne). On voit à 1:38 sa copie annotée de la partition de Fidelio, le seul opéra de Beethoven.

Une borne permet au visiteur de jouer au chef d’orchestre. On choisit d’abord la partition parmi six œuvres archi-connues. Devant un écran sur lequel est projeté une vidéo de la Philharmonie de Vienne, le visiteur fera jouer l’orchestre plus lentement ou plus rapidement selon la vitesse de sa propre battue. Cette battue affecte la vitesse d’exécution de la musique mais pas sa tonalité; en d’autres mots, le son ne devient pas plus grave lorsqu’on bat plus lentement. Dès qu’on cesse de diriger, un musicien se lève pour vous dire que de toute sa carrière, il n’a jamais connu de chef plus pourri que vous.

Le quatrième étage (à partir de 1:59) est consacré à la musique atonale. Entre deux pôles verticaux, on peut composer sa propre œuvre en bougeant les mains ou, à un autre endroit, en utilisant un volant automobile basculant. Les visiteurs peuvent faire imprimer l’œuvre qu’ils viennent de composer afin de la faire jouer par l’orchestre symphonique de leur pays, si celui-ci est intéressé évidemment…


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les neiges du Kilimandjaro

Publié le 7 décembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes
Affiche du film
Présentation du film

C’est devant une salle comble qu’avait lieu hier soir la première montréalaise du film Les neiges du Kilimandjaro qui prendra l’affiche vendredi prochain au cinéma Excentris.

Le film raconte l’histoire d’un chef syndical dont l’entreprise doit procéder à des licenciements par tirage au sort. Le film débute au moment de l’annonce des résultats.

Lui-même parmi les licenciés, ce chef syndical est ensuite célébré pour son trentième anniversaire de mariage. À cette occasion, des parents et amis se sont cotisés afin d’offrir au couple des billets pour un voyage en Tanzanie (où se trouve le Kilimandjaro).

Voilà les prémisses film. C’est assez : je ne vous raconte pas le reste.

Son réalisateur, Robert Guédiguian, est un humaniste. (Note : on le voit ici à droite, en compagnie de l’acteur Jean-Pierre Darroussin). Déjà, Marius et Jeannette lui avait valu deux Césars en 1997; celui du meilleur film et du meilleur réalisateur. Les neiges du Kilimandjaro renouvelle l’enchantement et, lui aussi, met en scène des gens ordinaires, rendus attachants en dépit de leurs défauts et de leurs erreurs.

Les scénaristes ont donc pris bien soin d’expliquer les raisons personnelles qui poussent des gens à poser des gestes asociaux. Le résultat, c’est qu’on a affaire non pas à des caricatures, mais à des personnages qui sont tous crédibles et aimables (au sens littéral du terme).

Le film traite de la solidarité entre les gens ordinaires, un thème que le réalisateur a souvent abordé. Subtilement, il plaide pour un ordre social plus vaste et plus fraternel. En somme, c’est un « feel good movie » sans les mièvreries généralement attachés à ce genre.

Bref, un très bon film que j’ai beaucoup aimé.

Détails techniques : Panasonic GH1, objectif M.Zuiko 12mm f/2,0
1re photo : 1/30 sec. — F/2,0 — ISO 320 — 12 mm
2e photo  : 1/10 sec. — F/2,0 — ISO 800 — 12 mm
Imagette  : 1/8 sec. — F/2,0 — ISO 800 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les OGM en Europe : ajustements législatifs

Publié le 6 décembre 2011 | Temps de lecture : 4 minutes


 
Pollen et miel biologiques en danger

Le maïs Mon810 est un organisme génétiquement modifié (OGM) créé par Monsanto et commercialisé sous la marque « YieldGard ».

Sa particularité est que toutes ses cellules (dont les épis et le pollen) fabriquent artificiellement la protéine Cry1Ab, grâce à des gènes de la bactérie Bacillus thuringiensis insérés par Monsanto dans le code génétique de ce maïs. Cette protéine est toxique pour la pyrale européenne, un papillon dont les larves sont le principal ravageur des cultures de maïs.

Karl Heinz Bablok est un apiculteur allemand dont certaines ruches sont situées à moins de 500 m d’une ferme de l’État de Bavière où le Mon810 est cultivé à des fins de recherche.

En 2005, M. Bablok constate que son miel et le pollen qu’il vend comme supplément alimentaire, sont contaminés par des traces de pollen de Mon810. Considérant sa production impropre à la consommation humaine, l’apiculteur poursuit l’État de Bavière auquel il réclame un dédommagement.

Le 6 septembre 2011, la Cour de justice de l’Union européenne donne raison à l’apiculteur. Le tribunal déclare que le Mon810 a été autorisé à être commercialisé uniquement pour la farine, le gluten, la semoule, l’amidon, le glucose et l’huile de maïs. Le pollen de maïs Mon810 n’est donc pas couvert par l’autorisation européenne.

Le miel contenant ce pollen doit donc disposer d’une autorisation spécifique de mise sur le marché, indépendamment de la quantité d’OGM contenue dans le produit litigieux.

Selon le tribunal, l’apiculteur est donc en droit d’obtenir réparation pour le préjudice qu’il subit.

Depuis, Monsanto a demandé que l’autorisation de commercialisation s’étende au pollen. Les décideurs publics auront donc à décider des modalités de voisinage entre apiculteurs et cultivateurs d’OGM. Puisque ces derniers sont beaucoup plus puissants que les premiers, on s’inquiète donc de l’avenir de l’apiculture biologique en Europe.

Les semences de ferme taxées en France

Pendant des siècles, les cultivateurs ont réservé une partie de leur production céréalière à l’ensemencement de leurs champs l’année suivante. Ces graines étaient appelées « semences de ferme ».

Au cours des dernières décennies, les agriculteurs français ont pris l’habitude de cultiver des plantes protégées par un Certificat d’obtention végétale (COV) : en France, c’est une alternative au brevet sur le vivant en vigueur aux États-Unis et le Canada.

Ces certificats garantissent aux semenciers le monopole quasi exclusif sur la vente de leurs semences pendant une durée de vingt à trente ans. Contrairement aux semences d’OGM, le COV laisse le droit à l’agriculteur de prélever une partie de sa récolte pour la ressemer, à la condition de payer un montant réduit au semencier. Dans les faits, le paiement de ces redevances était très souvent ignoré.

Le 28 novembre dernier, le Parlement français décidait de rendre obligatoire le paiement de ces redevances dans tous les cas sauf pour les petits agriculteurs produisant moins de 92 tonnes de céréales. Pour la moitié des espèces cultivées — le soja, les fruits et les légumes — il est interdit de réutiliser ses propres graines, et pour l’autre moitié — céréales et plantes fourragères — il faut payer une redevance, même si on n’utilise pas de semences commerciales.

Références :
L’Assemblée taxe l’utilisation des semences
Judgment in Case C-442/09 Karl Heinz Bablok and Others v Freistaat Bayern
UE : Le miel contaminé par des OGM ne peut être mis sur le marché sans autorisation spécifique
L’incroyable histoire du maïs Mon810
OGM : pétition de 17 associations pour protéger l’apiculture européenne
Pour les agriculteurs, ressemer sa propre récolte sera interdit ou taxé

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Teneur en caféine des boissons énergisantes

Publié le 5 décembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes



Prenez note que cet article, publié en 2011, pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les propriétés stimulantes des boissons énergisantes ne sont pas liées exclusivement à leur teneur en caféine puisque d’autres produits stimulants entrent dans leur composition, comme la taurine. Or à moins d’être pharmacologue, il est impossible de comparer ces produits entre eux.

Alors que notre alimentation contient quotidiennement de 40 à 400 mg de taurine, la quantité retrouvée dans les boissons énergisantes peut varier de 1,000 à 3,000 mg.

Pour ce qui est de la caféine, une tasse de café-filtre en contient environ 100 mg. D’où la suggestion de créer un « Indice excitatoire », dont l’étalon, soit 100%, serait la teneur en caféine de 250ml de café-filtre ordinaire.

Cet indice apparaitrait sur les étiquettes de toutes les boissons énergisantes, en plus de la composition détaillée. Il devrait tenir compte de toutes les substances stimulantes présentes dans le breuvage et donc, ne serait donc pas basé exclusivement sur la teneur en caféine.

D’ici à ce qu’un tel indice soit créé, voici la teneur en caféine de quelques breuvages.

Boissons gazeuses
   •   34 mg dans 355 ml de Coca-cola
   •   46 mg dans 355 ml de Coke diète
   •   38 mg dans 355 ml de Pepsi
   •     0 mg dans 355 ml de Sprite

Cafés ou thés
   • 108 mg dans 250 ml de café filtre
   •   77 mg dans   50 ml de café expresso
   •   57 mg dans 250 ml de café instantanné
   •   50 mg dans 250 ml de thé noir
   •   25 mg dans 250 ml de thé vert
   •   15 mg dans 250 ml de thé blanc

Boissons énergisantes
   • 141 mg dans 473 ml de Full Throttle
   • 164 mg dans 473 ml de Monster Assault
   • 136 mg dans 473 ml de Monster Energy
   • 194 mg dans 473 ml de NOS
   • 114 mg dans 473 ml de Red Bull

Pour terminer, signalons que certaines boissons contiennent jusqu’à 300 calories par canette, soit plus qu’une tablette de chocolat. Ce donc donc des facteurs contributifs à l’épidémie d’obésité chez les adolescents Nord-Américains.

Références :
Caffeine In Energy Drinks – How Much Caffeine Is In Your Energy Drink?
Young athletes and energy drinks: A bad mix?

Paru depuis : La taurine donne des ailes… aux leucémies (2025-06-22)

Sur le même sujet :
Deux canettes de Red Bull : épilepsie
L’origine des boissons énergisantes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le Canada complice des coutumes arriérées de l’Afghanistan

Publié le 3 décembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Plus tôt cette semaine, on apprenait l’histoire de cette Afghane violée par le cousin de son époux alors qu’elle n’avait que 17 ans, répudiée par son mari parce que « souillée » par ce drame, condamnée pour « adultère » par les tribunaux, et qui avait donné naissance en prison à une fillette issue de ce viol, il y a deux ans. L’attention médiatique portait sur le fait que cette femme avait reçu une offre de libération à la condition d’épouser son violeur, Asadullah Sher Mohammad.

À la suite du scandale que cette nouvelle a provoqué en Occident, cette femme aurait finalement été libérée sans condition.

Son cas est connu de tous grâce à un documentaire réalisé à son sujet. Sans ce film, personne n’aurait entendu parler d’elle et cette femme continuerait de purger sa peine de douze ans de prison.

Ce qui est significatif, c’est que les forces d’occupation — dont le Canada — n’ont joué aucun rôle jusqu’ici dans cette affaire. En Afghanistan, des femmes sont battues, violées, vitriolées, ou tuées sans que le Canada ne lève le petit doigt pour elles à moins que l’opinion publique canadienne ne le force à agir. Pourquoi ?

Parce que le gouvernement canadien n’a aucune volonté de faire évoluer les coutumes et mentalités de ce pays. Le but de l’occupation est uniquement de prévenir le retour au pouvoir des Talibans.

Il suffirait que le régime fantoche de Kaboul décide de vouloir changer les coutumes arriérées du pays pour que les Afghans se soulèvent massivement contre lui à l’invitation du pouvoir religieux local, comme ce peuple s’est soulevé autrefois contre les Russes quand ceux-ci ont voulu faire de même au nom du communisme.

Il y a cinq ans, je signais un texte intitulé « La mission canadienne en Afghanistan ou La perpétuation de coutumes arriérées ». Le cas de cette femme est un rappel que ce texte est tout aussi pertinent aujourd’hui qu’il l’était à l’époque.

Références :
Afghan woman jailed after being raped is freed after two years in Kabul prison
L’afghane violée libérée sans condition
Une Afghane emprisonnée après un viol épousera son agresseur pour être libérée

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Écrit par Jean-Pierre Martel


De la cocaïne sur les livres sterling

Publié le 2 décembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes

Au cinéma, on a tous vu quelque part une scène au cours de laquelle un drogué renifle une ligne de cocaïne à l’aide d’une paille faite d’un billet de banque enroulé sur lui-même.

Il est donc normal qu’on puisse trouver occasionnellement des traces de cette substance sur certaines devises. Ce qui est étonnant, c’est l’ampleur de cette contamination.

En Angleterre, 4% de tous les billets de banque en circulation contenait des traces de cocaïne en 2005. Depuis, cette proportion a grimpé à 11%. Et on parle ici de la quatrième devise la plus traitée sur le marché des changes. Concrètement, cela signifie des centaines de millions de billets contaminés.

Évidemment, on doit tenir compte de la contamination croisée puisqu’un billet contaminé peut transférer sa cocaïne sur un ou plusieurs billets avec lesquels il entre en contact.

Ces données confirment que les cocaïnomanes britanniques sont devenus les plus grands consommateurs d’Europe. Leur consommation dépasserait celle de leurs collègues Américains.

Typiquement, l’utilisateur moyen en Angleterre est de ‘race’ blanche, âgé entre 18 et 45 ans, et aime se tenir dans les bars (où il se sert de ce stimulant pour contrer les effets sédatifs de l’alcool). De plus, il est propriétaire de sa propre maison et ne possède pas de casier judiciaire.

La cocaïne s’y vend en doses de 0,4 ou 0,6 gramme pour 20 ou 30 livres sterling : la pureté de la drogue n’est que de 15 % à 30 %. On la dilue souvent avec de l’ecstasy.

Selon les policiers, les cocaïnomanes qui fréquentent les bars parlent fort, sont très verbomoteurs, arrogants, se croient invincibles, transpirent davantage et sont extrêmement paranoïaques. Leurs pupilles sont dilatées.

Référence : Cocaine found on 11% of UK banknotes

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — La cathédrale Saint-Étienne

Publié le 1 décembre 2011 | Temps de lecture : 8 minutes

Introduction

Lapidé à Jérusalem vers l’an 40, Saint Étienne (St. Stephan en anglais) fut le premier martyr chrétien. La cathédrale érigée en son nom à Vienne est le symbole de la ville et le plus grand édifice gothique d’Autriche. Elle est située au centre du quartier d’Innerstadt : celui-ci correspond précisément à la Vienne qui, jusqu’au XIXe siècle, était délimitée par des fortifications.

Depuis toujours, la cathédrale est associée à la vie de la capitale. À l’âge de sept ans, Joseph Haydn entre à la cathédrale comme choriste en 1739 et s’y marie à 28 ans le 26 novembre 1760. Wolfgang-Amadeus Mozart y épouse Constance Weber en 1782: deux de leurs six enfants y furent baptisés. Le 24 avril 1854, la duchesse de Bavière, Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach — mieux connue sous le nom d’impératrice Sissi — y épouse l’empereur François-Joseph Ier.

Les funérailles de Vivaldi, de Gluck et de Schubert y furent célébrées.

L’extérieur

Orientée vers le nord-ouest, la façade de la cathédrale est tout ce qui reste d’une seconde basilique romane construite en 1230 sur ce site. Dans la partie inférieure de l’édifice (autant à l’extérieur qu’à l’intérieur) sont encastrée de nombreuses stèles funéraires prélevées du cimetière adjacent, fermé pour des raisons sanitaires depuis 1732. Plus haut, la façade est percée d’une horloge, de vitraux et de niches accueillant des statues médiévales.

De nos jours, l’accès principal au sanctuaire se fait par le frontispice, plus précisément par la porte du Géant. Celle-ci doit son nom à un tibia de mammouth découvert lors de la construction de l’église et qu’on croyait appartenir à la jambe d’un géant noyé par le déluge.

Autrefois, les hommes pénétraient dans l’édifice par le portail des Chanteurs, du côté droit de la cathédrale, alors que les femmes pénétraient par le portail de l’Évêque, situé du côté gauche. Hommes et femmes assistaient alors à la messe séparément.

Le toit de l’édifice, mesurant 38 m de haut, est recouvert d’environ 230 000 tuiles vernissées. Sa charpente de mélèze, détruite en 1945, a été remplacée depuis par des portants métalliques. Si les tuiles brillent en permanence, c’est que le toit est si pentu que l’eau de pluie lave les tuiles sur son passage.

Au nord, les tuiles forment des losanges (à 0:28) alors qu’au sud, le toit est ornée des armes de la dynastie des Habsbourg (à 0:49), c’est-à-dire un aigle à deux têtes surmontée de la couronne impériale et portant la toison d’or.

Lors des deux sièges ottomans, sa tour du Sud — qui s’élève à 137 m — servit de poste d’observation afin d’étudier le mouvement des troupes ennemies. À l’époque, celle-ci était la deuxième tour la plus haute au monde.

À l’extérieur, tout autour de l’église, on peut voir diverses décorations sculptées dont la chaire baroque (à 0:53) de Jean de Capistran (1386-1456). Ce franciscain italien prêcha la croisade contre les Turcs en 1451.

Sur cette même photo, à droite, on voit le bas de la tour de l’Aigle (ou tour du Nord). Depuis 1957, celle-ci renferme la Pummerin, la plus grosse cloche du pays. Autrefois logée dans la tour du Sud, cette cloche fut fondue à partir de 180 canons abandonnés par les Ottomans en 1683. Elle pèse 21 tonnes. Le 31 décembre à minuit, elle annonce le nouvel an. Autrement, on ne l’utilise qu’en de grandes occasions.

L’année 1450 fut un mauvais millésime; le vin était tellement acide que les vignerons voulurent le jeter. Mais l’empereur Frédéric III les en empêcha. Il fit porter le vin à la cathédrale, alors en construction, pour le mélanger à la chaux. On sait aujourd’hui que le mortier de chaux devient particulière dur lorsqu’il est mélangée à du vin. C’est ainsi que les fondations de la tour du Nord (celle qui héberge maintenant la Pummerin) furent réalisés. On fit sécher son mortier ‘impérial’ pendant sept années.

Bombardée par les forces napoléoniennes en 1809, la cathédrale subit ses plus importants dégâts lors d’un incendie allumé à proximité par des émeutiers quelques mois avant la fin de la Deuxième guerre mondiale. La Pummerin s’écrasa au sol durant cet incendie : ses morceaux servirent à fondre la cloche actuelle, de plus grande dimension.

L’intérieur

À l’intérieur, la cathédrale est gothique, ornée d’autels baroques adossés aux colonnes de la nef principale ou nichés dans les chapelles latérales.

De 1:06 à 1:15 dans le diaporama, on peut voit la chapelle Tirna, à la gauche de l’entrée. Cette chapelle abrite le tombeau du prince Eugène de Savoie (1663 – 1736) : ce commandant militaire d’origine française libéra l’Europe Centrale après un siècle et demi d’occupation ottomane. Sans lui (et sans Charles Martel, au sud de la France, quelques siècles plus tôt), l’Europe serait probablement aujourd’hui musulmane.

À 1:16, on voit la chaire en grès (1515) longtemps attribuée à Anton Pilgram (1460 – 1516) (dont on peut voir un autoportrait à 1:41). En réalité cette chaire est l’oeuvre d’un maitre non identifié de l’entourage de Nicolas de Leyde. Il est représenté à 1:29. Cette chaire est décorée des bustes des quatre pères de l’Église latine, soit saint Augustin, saint Jérôme, saint Grégoire et saint Ambroise.

À 2:04, c’est le retable polychrome construit originellement pour l’abbaye cistercienne St-Bernard de Weiner Neustadtädt. Commandé en 1447 par Frédéric III et restauré en 2004, ses panneaux extérieurs représentent des scènes de la Passion du Christ et les 72 saints de l’époque. Ceux-ci sont peints sur fond doré ou sur fond sombre, dans l’ordre hiérarchique de la Litanie des Saints.

Les panneaux intérieurs sculptés du retable révèlent des scènes de la vie de la Vierge. Au bas du retable, huit petites fenêtres à remplage de style gothique cachaient autrefois des reliques. Depuis quelques années, le retable est placé au fond de la nef de gauche, là où autrefois les femmes prenaient place dans l’église.

Érigé par les frères Johann-Jacob Pock et Tobias Pock, le maitre-autel est en marbre noir de Pologne orné de statues et de motifs décoratifs en marbre blanc du Tyrol. Haute de 15 m, la peinture a été réalisée sur une plaque d’étain : elle représente la lapidation de saint Étienne.

De chaque côté du chœur, des stalles en bois (à 2:14) ont été sculptées entre 1639 et 1648. Leur dossier est orné de calottes en coquille encadrant des bustes à l’effigie des différents évêques de Vienne.

Près du maitre-autel, on aperçoit la majeure partie des rares vitraux du XIVe siècle qui ont échappé à l’incendie de 1945.

Au fond du bas-côté de droite est situé le tombeau impérial de Frédéric III (1415 – 1493), en marbre rouge. Le sculpteur Nicolas de Leyde l’exécuta dans la seconde moitié du XVe siècle. Le sarcophage et son couvercle pèsent huit tonnes.

À 2:44, c’est la Madone des servantes. Créée vers l’an 1300, cette sculpture peinte a été noircie par la fumée des innombrables lampions allumés devant elle. La Vierge aurait secouru une servante accusée faussement de vol en faisant apparaitre par miracle le bijou que sa maitresse avait perdu.

La chapelle Sainte-Catherine (de 2:49 à 2:55) est située quelques pas plus loin : c’est ici qu’eut lieu le mariage de Mozart, le 4 août 1782. Le buste de cette sainte apparait sur une des clés de voûte et une statue la représentant orne l’autel néo-gothique de la chapelle. Les fonds baptismaux, en marbre de Salzbourg, datent de 1476 : ils sont surmontés d’une couronne octogonale en bois peint.

À l’extérieur, par ce qui ressemble à une maisonnette adossée à la cathédrale, on accède à la tour du Sud. Après avoir gravi les 343 marches qui mènent à la salle de guet, les visiteurs peuvent contempler la plus belle vue panoramique de Vienne. Il est à noter que 343 est le cube du chiffre 7, c’est-à-dire 7 multiplié par 7 (soit 49), multiplié encore par 7.

L’architecture de toute l’église repose sur les chiffres symboliques trois, quatre et sept. C’est ainsi que les fenêtres de la nef sont divisées verticalement en quatre parties (voir 1:19 et 1:34) puisque le chiffre quatre est le nombre terrestre par excellence : quatre saisons, quatre points cardinaux, etc.

Par contre, dans le chœur, les fenêtres sont divisés en trois, un chiffre symbolique de la Trinité (à 2:05, 2:13, 2:22 et 2:24).

L’addition de quatre et de trois font un total de sept : selon la bible chrétienne, le monde a été créé en sept jours. De plus, il y a sept sacrements. La première paroisse chrétienne comptait sept diacres, dont saint Étienne. Quatre fois trois font douze, soit le nombre d’apôtres accompagnant Jésus de Nazareth. Etc.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Mon Dieu ! Déjà 50,000 requêtes ?

Publié le 30 novembre 2011 | Temps de lecture : 1 minute

C’est il y a quelques instants, un peu avant minuit, que mon blogue a servi sa 50,000e requête.

Ces jours-ci, le blogue reçoit quotidiennement 150 à 200 requêtes. Mais il n’en fut pas toujours ainsi. On pourrait même qualifier ses débuts de modestes.

En effet, six mois après sa création, le blogue ne recevait qu’environ cinq requêtes par jour. De nos jours, c’est trente à quarante fois plus.

Après la publication de plus de 500 billets, certains d’entre vous ont pris l’habitude de venir jeter un coup d’œil sur ce que est disponible ici. Je vous remercie donc pour votre intérêt et j’espère à l’avenir continuer d’être à la hauteur de vos attentes. Merci.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Une bonne idée d’Olympus

Publié le 28 novembre 2011 | Temps de lecture : 2 minutes
Échelle de profondeur de champ du M.Zuiko 12mm

Est-il déjà arrivé que votre appareil photo refuse obstinément de faire la mise à l’endroit là où vous le voulez ? Une telle situation se rencontre souvent lorsqu’on désire photographier au travers d’une surface plus ou moins transparente (vitre sale, moustiquaire, etc.).

La compagnie Olympus a eu une bonne idée. Son nouvel objectif 12mm F/2.0 pour appareil micro quatre tiers est équipé d’une bague coulissante.

Lorsqu’on glisse cette bague vers le boitier de l’appareil, la mise au point de l’objectif se fait alors manuellement : on découvre alors une échelle de profondeur de champ et la mise au point se fait alors en tournant manuellement cette bague striée. Il suffit d’éloigner cette bague du boitier pour que la mise au point redevienne automatique.

Sur beaucoup d’appareils numériques, on obtient le même résultat en allant dans les menus de l’appareil. Mais justement, l’idée d’Olympus est de court-circuiter les menus, les sous-menus et les sous-sous-menus : un simple geste et voilà, c’est fait, on passe d’un mode à l’autre…

En mode automatique
En mode manuel

Détails techniques : Panasonic GH1, objectifs Zuiko OM 50 mm F/3,5 Macro (1re photo) et M.Zuiko 12 mm F/2,0 (2e et 3e photos)
1re photo : 1/10 sec. — F/3,5 — ISO 800 — 50 mm
2e photo  : 1/13 sec. — F/2,0 — ISO 400 — 12 mm
3e photo  : 1/13 sec. — F/2,0 — ISO 800 — 12 mm

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Généralités

Publié le 26 novembre 2011 | Temps de lecture : 3 minutes

 
Contrairement aux diaporamas qui suivront dans cette série consacrée à Vienne, celui-ci ne vise pas à décrire un quartier ou un site touristique en particulier. On a plutôt ici un aperçu anecdotique de la ville et de la manière de vivre des Viennois.

On commence par une vidéo prise à travers les vitres d’un autobus en mouvement. On traverse un quartier populaire de Vienne. Rien d’impressionnant, ni de somptueux : seulement la Vienne ordinaire, très grise et très beige, décorée de moulures et de graffitis.

Puis voilà quelques images du métro de Vienne ou U-Bahn (dont le symbole graphique est un ‘U’ blanc sur fond cyan).

À 0:27 on remarquera, sur le sol des quais, les fines lignes blanches parallèles derrière lesquelles se placent les passagers qui attendent le train alors que ceux qui se déplacent le font généralement du côté des rails.

De 0:47 à 0:49, c’est une station de train (et non de métro), soit l’équivalent viennois du REER parisien.

À 0:56, on peut voir le prix très abordable de certains vins autrichiens, comparativement aux prix que nous sommes habitués de payer, ici au Québec.

À 0:58, voilà une spécialité locale : le strum (qu’on prononce chtroum). C’est un vin nouveau sucré, opalescent, issue uniquement de la vigne mais qui donne l’impression d’un punch dilué au jus d’ananas. C’est peu alcoolisé et c’est plutôt agréable.

À 1:01, on voit une poubelle sur la voie publique : on dépose les mégots dans le tube en forme de cigarette-filtre, ce qui évite le danger de mettre le feu accidentellement aux papiers jetés dans le compartiment principal.

Les Autrichiens sont très soucieux de l’environnement. Les bacs de recyclage sont partout dans la capitale. On recycle même certains restes de tables (dans les bacs pour déchets biodégradables, appelés Biotonne ).

La capitale étant entourée de vergers et de forêts, de nombreux Viennois pratiquent donc la chasse. Dans la vitrine de cette boutique d’armement, on voit à 1:09 une arme électrique comme celle dont s’est servi le personnage de Lisbeth Salander dans la série Millénium.

Il est courant de voir des Viennois faire de la marche rapide à l’aide de bâtons qui ressemblent à ceux utilisés par les skieurs.

Après un exercice, quoi de mieux qu’une bonne douche. Voilà donc un distributeur de shampooing et de savon liquide. On l’utilise par une pression exercée à l’avant et à l’arrière du distributeur.

La vidéo se termine par cet écran, fixé sur les murs d’un immeuble, qui présente les appartements qui y sont disponibles et le prix des loyers.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel