Les mauvaises lectures

Publié le 4 février 2012 | Temps de lecture : 3 minutes

L’édition de ce matin du Devoir publie l’article Radiographie des magazines masculins. Ce texte est une critique de l’étude « Postures viriles: ce que dit la presse masculine » de l’auteure féministe Lori Saint-Martin.

Précédemment, l’auteure s’était intéressée aux revues féminines québécoises qu’elle avait trouvé bourrées de stéréotypes dépassés relatifs à la subordination des femmes aux hommes, et obsédées par la beauté et la jeunesse.

Quant aux magazines masculins, ils véhiculent, selon l’auteure, les stéréotypes les plus bêtes, tant au sujet des hommes que des femmes, qu’au sujet des rapports entre les sexes.

Selon ces magazines, le mâle québécois aime le sport, les sorties, les gadgets et les voitures. Il cultive le goût du risque et de la séduction. C’est un fonceur. Il aime la chasse aux animaux sauvages et aux filles. Celles-ci se doivent d’être jeunes, belles et pleines d’émotions, ce qui les rend très compliquées.

L’univers masculin est fait de force, d’action et d’autonomie. Celui des femmes est lié aux apparences, à la fragilité et à la séduction. Quand les femmes ne sont pas de mignonnes subalternes, ce sont, au contraire, des castratrices, des contrôlantes, responsables de la débandade des hommes.

Alors que les revues féminines donnent le goût aux femmes d’être autrement (plus désirables, plus compréhensives), les magazines masculins propagent l’idée que les hommes sont très bien comme ils sont.

Ni l’auteure, ni le journaliste (qui résume et endosse son propos) ne traitent d’un aspect fondamental, qui est de savoir pourquoi les lecteurs achètent ces publications.

À mon avis, les gens achètent des revues et des quotidiens en fonction de ce qu’ils pensent déjà, de ce qu’ils sont ou de ce qu’ils aspirent à devenir. De la même manière que l’adolescent désire s’habiller en fonction du clan ou du groupe social auquel il désire s’associer, les gens achètent des publications en votant avec leur argent.

À titre d’exemple, ce n’est pas le Journal de Montréal et ses chroniqueurs qui abrutissent les lecteurs de ce quotidien : c’est l’abrutissement d’une partie du public qui fait vendre ce torchon.

Le lecteur achète un quotidien pour découvrir l’actualité dans une perspective qui est déjà la sienne. Et ce qu’il y apprend vient renforcer son point de vue sur le Monde et valide ses opinions et ses préjugés.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Sud-Est de la Vieille ville

Publié le 3 février 2012 | Temps de lecture : 2 minutes

 
Cette vidéo ne vise pas à illustrer un trajet particulier mais regroupe des photos qui n’ont en commun que d’avoir été prises dans cette partie de la ville.

À 0:18, voici le portail de l’église des Ursulines, suivi du portail de son ancien cloitre, adjacent. Tous deux ont été construits de 1665 à 1675 par l’architecte Anton Erhard Martinelli.

De 0:22 à 0:33, on voit la façade de l’Auberge à la carpe bleue, construite au XVIIe siècle, et qui se caractérise par la plaque qui lui donne son nom, située au-dessus d’une frise de putti.


 
À 0:35, c’est le portail du Palais Erdödy-Fürstenberg (1724), suivi de 0:37 à 0:41, par l’édifice de la Fondation des dames savoyardes (1688).

De 0:42 à 1:05, c’est la visite de l’église des Oblats de Saint-François de Sales, consacrée à Sainte Anne. Construite de 1629 à 1634, elle fut remaniée par les Jésuites au début du XVIIIe siècle.


 
L’église Sainte-Anne n’est pas très grande mais elle est extraordinairement belle. Les fresques des voûtes sont de Daniel Gran (1694-1757). Ce dernier créa également les fresques de la Salle d’apparat de la Bibliothèque nationale (que nous avons vue dans la vidéo consacrée au Palais impérial).

À 1:17, c’est un aperçu du Palais Rottal, construit de 1750 à 1754.

De 1:35 à la fin de la vidéo, la plupart des photos ont été prises dans la rue de Carinthie (Kärntner Strasse). Cette rue commerciale piétonne est très populaire et qui constitue la frontière choisie pour séparer le Sud-Est et le Sud-Ouest du quartier (qui sera le sujet de notre prochaine vidéo).


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le sénateur Boisvenu, apôtre de la vengeance

Publié le 2 février 2012 | Temps de lecture : 4 minutes
« Le brasier de la haine »

Au début de l’adolescence, je m’étais laissé envahir par la haine. J’étais pensionnaire dans un collège et je me heurtais à la sévérité d’un surveillant zélé.

Aujourd’hui, avec le recul du temps, il m’apparait clairement que mon sentiment de l’époque était totalement injustifié. Mais cette expérience me fut profitable.

Il m’avait suffi de quelques jours pour réaliser que la haine était sans effet sur la personne haïe mais était plutôt destructrice à l’égard de celui qui déteste. Je pouvais être ulcéré contre quelqu’un mais cela n’empêchait pas cette personne de bien digérer. Même si j’avais passé mes nuits à imaginer des calamités susceptibles de s’abattre sur ce surveillant, ces nuits d’insomnie auraient été les miennes et non les siennes.

Si bien que plus jamais j’ai permis à la haine s’installer en moi. Face à une injustice présumée, l’indignation, une colère passagère peut-être, mais jamais la haine.

En 2002, Julie Boisvenu était assassinée par un récidiviste libéré en vertu d’une grossière erreur de jugement de la Commission des libérations conditionnelles. Ce jour-là, l’assassin a fait plusieurs victimes; Julie (privée de sa vie) et ses parents (dévastés par le chagrin).

Chez le père de Julie, le chagrin s’est transformé en colère. Une colère qui a motivé Pierre-Hugues Boisvenu à militer pour les droits des victimes d’actes criminels.

Avec les années, cette colère s’est transformée en haine. Or la haine est un cancer : elle prive de leur humanité les gens qui haïssent. Elle les transforme en zombies, aveuglés par la vengeance.

Hier matin, à son arrivée au caucus du Parti conservateur, M. Boisvenu a déclaré : « Moi je dis toujours : dans le fond, il faudrait que chaque assassin ait le droit à sa corde dans sa cellule. Il décidera de sa vie ».

Cette incitation au suicide des personnes condamnés pour meurtre a fait scandale. Un scandale d’autant plus compréhensible que quelques uns de ces condamnés, des années plus tard, s’avèreront avoir été victimes d’erreurs judiciaires.

Il serait facile de penser qu’il s’agit-là d’une boutade d’un homme public inexpérimenté. Ce n’est pas le cas. Il suffit de prendre connaissance du parcours politique de M. Boisvenu pour être convaincu qu’il est intimement habité par la vengeance, par la nécessité de punir coûte que coûte les criminels, et qu’aucune punition, aussi sévère soit-elle, ne peut réparer leurs méfaits.

Et comme un zombie, le sénateur Boisvenu est aveugle face à ses propres contradictions : il rationalise sa haine des meurtriers en souhaitant leur suicide afin de réaliser d’importantes économies dit-il. Mais il défend bec et ongles le projet de loi C-10 qui provoquera une croissance astronomique des coûts du système carcéral.

Sans avoir vécu un drame similaire au sien, beaucoup de personnes partagent son avis. Ce n’est pas mon cas. Au contraire, je trouve troublant que le Porte-parole officiel du gouvernement canadien en matière de Justice et de criminalité soit hanté par des démons intérieurs et soit quelqu’un dont l’âme a été privée de toute humanité à la suite d’un drame personnel odieux. On ne confie pas un pistolet chargé à un enfant qu’on vient de gifler.

Références :
À chaque assassin sa corde?
Le sénateur Boisvenu retire ses propos controversés sur l’option du suicide donnée aux assassins

Paru depuis : Pierre-Hugues Boisvenu devra verser 19 000 $ à sa victime (2025-09-16)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Près de mille interruptions de service en 2011 dans le métro de Montréal

Publié le 1 février 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

Station Place-des-Arts
 
Dans mon billet du 24 novembre dernier, je m’interrogeais sur la fiabilité du métro de Montréal, qui me semblait beaucoup plus sujet à des pannes que ceux de Barcelone, Berlin, Bruxelles, Paris, Prague, Shanghai et Vienne (que j’ai empruntés depuis une décennie).

Voilà qu’aujourd’hui, Radio-Canada nous apprend qu’il y a eu 980 interruptions de services en 2011. C’est 23,4% de plus que les 794 interruptions répertoriées en 2006.

Selon le Directeur du métro à la Société de transport de Montréal, M. Dominique Lemay, les trains du métro parcourent une distance totale 29% plus grande depuis 2006. Par conséquent, les arrêts plus élevés de seulement 23% représentent donc une amélioration de la fiabilité du métro.

Imaginez que le président de Microsoft vienne vous dire qu’il est normal que votre ordinateur plante 23% plus souvent parce Windows contient 29% de plus de code informatique. Seriez-vous satisfait de sa réponse ?

La question fondamentale est de savoir s’il est normal que des usagers du métro aient à subir près de mille pannes par année.

Si on veut que les Québécois délaissent l’automobile pour le transport en commun, il va falloir qu’on améliore de manière substantielle la fiabilité du réseau. Or à Montréal, le métro est la clé du système.

L’autobus est plus lent que l’automobile en raison de ses arrêts fréquents. Durant la saison froide, on attend généralement plus longtemps à attendre l’autobus au grand vent qu’on attendrait à réchauffer sa voiture. De plus, sur certaines lignes (ex.: Hochelaga vers l’Est), le respect des horaires laisse à désirer.

Donc l’argument-clé pour convaincre l’automobiliste à abandonner sa voiture, c’est le plaisir d’emprunter le métro. Il est au chauffé l’hiver, il est peu bruyant, il est confortable, on peut y téléphoner sans danger (puisqu’on y conduit pas), on peut y lire, et on peut même y courtiser une personne inconnue. Bref, le bonheur total… en théorie.

Toutefois, dans une société orientée vers la performance, sa fiabilité douteuse est totalement inacceptable. Et on est en droit d’exiger des dirigeants du métro plus de remèdes et moins d’excuses à leur laxisme navrant.

Le métro est beaucoup plus qu’un simple moyen de transport à Montréal : c’est une vitrine de l’expertise québécoise en matière de transport en commun. Près d’un million de touristes visitent la métropole du Canada chaque année. Parmi eux, il y a des décideurs publics qui pourraient un jour avoir à adopter un devis de Bombardier pour la construction d’un métro dans leur ville. Quel intérêt verront-ils à lui accorder le contrat quand notre métro est si loin de susciter l’admiration et l’envie ?

Références :
Augmentation du nombre d’arrêts de service dans le métro de Montréal
Peut-on se fier au métro de Montréal ?

Parus depuis :
Pannes dans le métro : la STM en mode solutions (2013-02-06)
Une autre panne majeure dans le métro (2013-05-21)
Le métro n’a «pas de problèmes de fiabilité», dit la STM (2013-05-31)
Système informatique du métro – La STM et Alstom ont été dépassés (2013-08-13)
Autobus, métro : « On est entassés comme des bêtes » (2016-02-19)
Métro de Montréal: vers un record de pannes (2017-11-24)
La STM alertée 25 fois par jour pour des escaliers roulants bloqués (2018-06-01)

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Visiter une personne hospitalisée sans attraper de diarrhée à Clostridium difficile

Publié le 31 janvier 2012 | Temps de lecture : 5 minutes
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Introduction

Le texte « C. difficile et les égalisateurs de crasse » a été publié il y a cinq ans.

Ce document avait pour but de faire prendre conscience que les gels alcoolisés sont totalement inefficaces contre cette bactérie et que se badigeonner les mains avec ces « égalisateurs de crasse » n’était pas synonyme de se laver les mains, contrairement à ce que l’affiche ci-dessus (payée par l’industrie) suggère.

Or depuis ce temps, je n’ai jamais trouvé le temps de répondre à une question très simple : Quelles sont les mesures préventives qui permettent aux visiteurs d’éviter d’attraper une diarrhée à C. difficile ?

Comprendre comment prévenir

La diarrhée à C. difficile survient toujours après qu’on ait donné un antibiotique à un porteur asymptomatique, c’est-à-dire à une personne sans symptôme dont l’intestin contenait déjà cette bactérie. En d’autres mots, il est impossible de développer une diarrhée à C. difficile si l’intestin n’héberge pas cette bactérie au préalable.

Les antibiotiques ne créent pas l’apparition miraculeuse de C. difficile dans l’intestin des patients sous antibiothérapie : c’est le manque d’hygiène qui fait que bactéries de C. difficile se retrouvent dans l’intestin des patients après avoir été ingurgitées. Parce que la transmission se fait toujours de manière oro-fécale.

Environ 4% de la population humaine porte le C. difficile parmi sa flore intestinale. Cette proportion est multipliée par cinq après une hospitalisation.

De plus, c’est seulement lorsque des antibiotiques tuent ses ennemis naturels que le C. difficile peut prendre le contrôle de l’intestin et provoquer une diarrhée potentiellement mortelle. Par lui-même, il ne peut rien faire. En fait, il est tellement mal adapté à se développer par ses propres moyens dans l’intestin qu’environ la moitié des porteurs asymptomatiques deviendront libres de cette bactérie six mois plus tard (s’ils ne prennent aucun antibiotique entretemps et s’ils ne sont pas en contact avec des sources extérieures de cette bactérie).

Alors que faire afin d’éviter de devenir porteur asymptomatique ?

Les six mesures

Puisqu’il s’agit ici de la prévention avant de visiter une personne hospitalisée, les mesures débutent avant même votre départ pour l’établissement.

En premier lieu, portez des vêtements que vous pourrez laver dès votre retour.

Deuxièmement, prenez pour acquis que toutes les surfaces que vous pourriez toucher dans l’hôpital (poignées de porte, bouton d’ascenseur, table de chevet, etc.) sont contaminées par cette bactérie et conséquemment, que la contamination est impossible à éviter.

Troisièmement, évitez de consommer un aliment durant votre séjour à l’hôpital. Si cela est impossible, ne mangez que des aliments que vous ne toucherez pas directement avec vos mains après avoir pénétré dans l’établissement. Par exemple, vous pouvez manger un fruit qu’on peut peler facilement (ex.: une banane) mais jamais une pomme. Les sandwichs devront être mangés après les avoir été sortis d’un emballage sans avoir été au contact avec les mains : par exemple en les sortant d’un sac Ziplock en tâtant le bas du sandwich pour l’extraire par le haut.

Quatrièmement, à votre retour, déshabillez-vous complètement en mettant les pieds dans votre demeure. Débutez immédiatement la lessive de tous les vêtements que vous avez portés à l’hôpital et prenez votre douche.

Cinquièmement, si vous vous êtes rendu à l’hôpital en voiture, mettez des gants de plastique et, à l’aide d’une éponge imbibée d’eau de Javel diluée, lavez tout ce que vous avez touché dans votre voiture en revenant de l’hôpital (poignées de porte, volant, etc.).

La sixième mesure est facultative. Si vous ne souffrez pas d’intolérance au lactose, consommez quotidiennement un pot de 625g de yogourt sans saveur pendant cinq jours d’affilée. Je ne recommande pas les marques de yogourt dont les bactéries sont brevetées (sauf Bio-K). Si vous êtes intolérant au lactose, achetez les pots de soya fermenté de marque Bio-K. Sachez que les capsules de lactobacilles entreposées à la température de la pièce (ex.: Probaclac) ne valent probablement rien.

Rappelez-vous que même si vous ne prenez aucune mesure particulière, il y a seulement une chance sur cinq que l’hôpital vous aie contaminé (surtout si vous n’y mangez pas) et même si vous êtes devenu porteur asymptomatique, vous avez une chance sur deux d’être complètement libre de C. difficile six mois après votre visite.

Références :
C. difficile et les égalisateurs de crasse
Le déclin de l’hygiène corporelle
Moins d’antibiotiques ou plus d’hygiène contre C. difficile ?

Sur le même sujet : La transplantation de flore intestinale contre l’infection grave à C. difficile

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Nord-Est de la Vieille ville

Publié le 30 janvier 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

 
La vidéo débute (de 0:05 à 0:14) par un édifice situé immédiatement à l’est de la Cathédrale Saint-Étienne, et dont la façade est superbement décorée.

De 0:57 à 1:28, c’est la visite de l’Église orthodoxe grecque de la Sainte-Trinité, construite en 1861 par Theophil von Hansen, dans le style néo-byzantin.

De 1:39 à 1:43, c’est un bref aperçu de l’Église ukrainienne Sainte-Barbe, édifiée de 1652 à 1654 (la façade est de 1852).

Œuvre d’Antonio Canevale, l’Église des Dominicains (de 1:47 à 2:26) est remarquable par les couleurs automnales et sombres du mobilier liturgique, contrastant avec les stucs blancs très en relief.

De 2:39 à 3:11, voilà la Caisse d’épargne de la Poste (1904-1906), une création majeure de l’architecte Otto Wagner. Les 15,000 cabochons d’aluminium qui rythment sa façade servent à cacher les boulons de bronze employés pour fixer les plaques arrondies de marbre qui recouvrent les murs de brique.

Wagner a tout dessiné dans les moindres détails, jusqu’aux colonnes souffleuses d’air chaud. Les murs de toutes les zones publiques sont recouverts de marbre blanc également rivé par des boulons de bronze aux cabochons d’aluminium. Le premier étage renferme un musée payant, peu fréquenté, consacré à l’histoire de ce chef-d’œuvre de la Sécession viennoise.

La Place Ignaz Seipel est bordée à l’est par l’ancienne Salle des fêtes de l’Université de Vienne, édifié par Jean-Nicolas Jadot de Ville-Issey en 1755 (à 3:20), et à l’ouest par l’Académie autrichienne des sciences (à 3:22). C’est dans la grande salle de l’académie que Joseph Haydn vint entendre son oratorio La Création (le dernier concert auquel il assista). Le nord de la place est bordé par l’Église des Jésuites (de 3:24 à 4:16) aux marbres polychromes et aux dorures ostentatoires, œuvre d’Andrea Pozzo vers 1700.

De 4:19 à 4:28, c’est l’entrée de la cour du Monastère de la Sainte-Croix, dont la chapelle — consacrée à Saint Bernard et visible à 4:28 — a été construite en 1622, puis remaniée vers 1730.

On enchaine à 4:30 avec une partie de la façade de la Maison du Basilic (située à droite, juste avant l’entrée que nous venons de voir). Ici, il ne s’agit pas de l’épice culinaire mais d’un monstre fabuleux né d’un œuf de serpent couvé par un crapaud.

De 4:44 à 4:48, on voit la porte cochère et la cour extérieure de la Maison Schwanenfeld, la seule cour Renaissance de Vienne. Puis nous visitons la Maison de thé Schönbichler, peut-être la plus belle de la capitale.

À 5:27, on a l’entrée du Mozarthaus. Ce musée donne accès au seul appartement de Mozart qui soit aujourd’hui conservé. Le Mozarthaus s’étend sur les six étages de l’édifice (incluant le sous-sol et les combles). Il est situé à deux pas de la cathédrale Saint-Étienne. On y présente la vie et l’œuvre du compositeur.

L’appartement proprement dit de Mozart était situé au premier étage. Le compositeur, son épouse Constance et leur fils Carl-Thomas (âgé de neuf jours) y aménagent le 29 septembre 1784 : ils y resteront deux ans et demi. C’est ici que Mozart composa Les Noces de Figaro.

Cet appartement est le plus grand, le plus cher et le plus beau que Mozart ait loué. Les pièces sont sobres, à l’exclusion de l’une d’entre elles décorée de stuc gris rose et d’un plafond en relief qui représente la déesse Flore parmi des amours entourés de guirlandes. Tout cela est l’œuvre d’un propriétaire antérieur, Albert Camesina, stucateur officiel de la Cour impériale. Cette décoration est similaire à celle de la salle de concert qu’on peut voir à la fin de la vidéo.

De 5:40 à 5:43, c’est de portail de l’Église de l’Ordre des chevaliers teutoniques. En entrant, à droite, c’est l’église proprement dite. Puis, toujours à droite mais un peu plus loin (avant d’entrer dans la cour extérieure), c’est la salle de concert du Mozarthaus — appelée Sala Terrena — où se produit le Mozart ensemble, un des meilleurs orchestres de musique de chambre de la capitale autrichienne.


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Les réductions d’impôts consenties aux riches, stimulent-elles l’économie ?

Publié le 28 janvier 2012 | Temps de lecture : 5 minutes

Les candidats à l’investiture républicaine aux États-Unis sont en désaccord sur de nombreux points mais ils sont unanimes sur la nécessité de maintenir ou d’accroitre les exemptions fiscales au profit des riches afin de stimuler l’économie de ce pays.

« Plus on donne de l’argent aux riches » disent-ils, « plus ceux-ci sont en mesure de démarrer de nouvelles entreprises et conséquemment, de fabriquer de nouveaux produits et d’embaucher du personnel. En somme, cela crée des emplois et tout le monde finit par en profiter. »

Cela est très logique. Mais cela ne résiste pas aux faits.

Les exemptions fiscales consenties aux riches sous G.W. Bush n’ont pas freiné le déclin économique des États-Unis. Et ce, en dépit d’une dévaluation d’environ du tiers du dollar américain.

Lorsqu’une monnaie perd de sa valeur, tout le pays est en vente aux yeux des étrangers. Normalement, cela stimule les exportations et, de manière générale, toute l’économie du pays dont la devise a été dévaluée.

Cela ne s’est pas produit parce que l’écart entre les salaires versés aux États-Unis et ceux versés dans les pays avec lesquels les USA sont en concurrence, est beaucoup plus grand que le pourcentage de la dévaluation de la devise américaine : les entreprises ont donc continué de délocaliser leur production en dépit de la dévaluation du dollar.

Au lieu d’acheter plus de biens produits aux États-Unis, les étrangers se sont contentés d’acheter à rabais les moyens de production ou les moyens d’échange détenus par les Américains. C’est ainsi que des investisseurs étrangers ont acheté des hôtels, des usines, des salles de cinéma, des centres commerciaux, etc.

Et qu’ont fait les anciens propriétaires de cet argent reçu pour la vente de leurs actifs ? Ils ont acheté des biens de luxe produits à l’étranger, se sont payés des résidences secondaires en Europe ou sous les tropiques, et principalement se sont mis à spéculer à la bourse.

Or la spéculation, c’est du vent : on peut tripler la capitalisation boursière d’une entreprise, cela ne donne pas un sous de plus dans les coffres de l’entreprise et dans les poches de ceux qui y travaillent (à moins qu’ils ne soient eux-mêmes des spéculateurs).

Bref, le peuple américain n’a vu aucune différence; le revenu familial moyen aux États-Unis a continué de stagner comme il le faisait déjà depuis plus de quinze ans.

Nous visons dans une société de consommation. Si les consommateurs n’ont pas plus d’argent qu’avant, la seule façon de les amener à dépenser d’avantage, c’est de les inciter à acheter maintenant ce qu’ils auraient acheté plus tard. En d’autres mots, il faut qu’ils s’endettent.

Malheureusement c’est déjà fait : les ménages américains sont surendettés. Si bien que les taux d’intérêts actuels, extrêmement bas, ne réussissent pas à stimuler la consommation.

Contrairement à ce que dit la Droite américaine, le problème fondamental de l’économie américaine n’est pas la paperasserie administrative de l’État — le fameux Red tape — qui étouffe l’esprit d’entreprise, ce n’est pas que les entrepreneurs manquent d’argent pour financer leurs projets d’investissement, c’est plutôt que l’économie américaine est saignée à blanc par un déficit commercial record (liée à l’achat d’énergie fossile) et que l’augmentation faible de la richesse dans ce pays n’atteint jamais le consommateur (celui qui est en mesure de stimuler l’économie par des dépenses) mais est accaparée par une petite minorité de possédants voraces qui contrôlent les médias et le pouvoir politique américains.

Puisque l’offre de produits industriels américains est supérieure à la demande, on peut gonfler l’offre et creuser cet écart en incitant les investisseurs à créer de nouvelles entreprises, cela ne produira aucun effet : les nouvelles entreprises feront faillite ou, si elles sont plus dynamiques que les anciennes, elles pousseront leurs concurrents à disparaitre. Bref, c’est du pareil au même

Puisque les États-Unis produisent essentiellement des produits de masse et non des produits de luxe, la seule façon de stimuler leur consommation interne, c’est d’augmenter le pouvoir d’achat des classes moyennes et non celui des riches.

Il n’y a probablement pas de solution miracle au déclin de l’économie américaine. Toutefois parmi la multitude de mesures envisageables, il est clair que l’exemption fiscale des millionnaires américains est un coup d’épée dans l’eau.

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Écrit par Jean-Pierre Martel


L’argument secret du président

Publié le 26 janvier 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

La Somalie est un nid de guêpes. Ce pays de la corne de l’Afrique un des pays les plus pauvres et les plus instables au monde. Légalement, le pays est dirigé par un gouvernement en exil dépourvu d’autorité. Dans les faits, ce pays est aux mains de seigneurs de la guerre qui s’y affrontent depuis deux décennies. Le taux de mortalité y est le 11e plus élevé au monde, en raison de la violence qui y règne.

Jessica Buchanan est une missionnaire américaine qui travaillait en Somalie comme conseillère pour une organisation danoise dédiée à l’élimination des mines antipersonnel. Le 25 octobre 2011, Mme Buchanan et son collègue danois Poul Hagen Thisted étaient pris en otage par des ravisseurs qui exigeaient une rançon en contrepartie de leur libération.

Évidemment, le plus simple aurait été de payer. Mais c’est mal connaître les États-Unis. Humiliés par les attentats du 11 septembre, ce pays s’est aventuré depuis ce temps dans deux guerres qui, selon toute probabilité, se termineront en queue de poisson. Les États-Unis sont donc à la recherche d’occasions qui leur permettraient de prouver leur puissance et d’inspirer la crainte parmi ceux qui osent leur tenir tête.

De manière secondaire, le paiement de la rançon aurait récompensé l’audace des ravisseurs et leur aurait permis de mieux s’équiper en armement.

La Maison blanche a donc choisi une stratégie beaucoup plus audacieuse. Se rappelant du professionnalisme du commando qui a éliminé Osama Ben Laden, le président américain a confié de nouveau aux Navy SEALs la mission extrêmement périlleuse de libérer les deux otages.

Ces derniers étaient détenus à Galkacyo, une capitale régionale de 250,000 habitants située à 165 km des côtes somaliennes. À la faveur de la nuit, profitant de la noirceur d’une nouvelle lune — c’était aussi le cas la nuit au cours de laquelle Ben Laden a été tué — le commando américain a frappé les ravisseurs, tuant neuf d’entre eux et faisant trois prisonniers.

La libération des otages s’est effectuée sans aucune perte de vie du côté américain. Après ce succès, les militaires et les deux otages libérés ont été transportés par hélicoptère plus au nord, à la base américaine de Camp Lemonnier à Djibouti.

Le succès de cette mission a été maintenue secret toute la journée de mardi. Ce soir-là, en entrant dans la Chambre des représentants pour y livrer son discours sur l’état de l’Union, le président américain avait une carte secrète dans sa manche.

Se rappelant de l’impolitesse des congressistes républicains qui l’avaient invectivé alors qu’il y prononçait un discours précédant sur l’état de l’Union, Barack Obama se proposait de faire cette révélation-choc si ses adversaires avaient tenté de l’humilier de nouveau, en direct, devant la nation américaine. Cela ne fut pas nécessaire.

Quelques minutes après avoir livré son discours, le président américain téléphonait au père de Mme Buchanan pour lui apprendre la bonne nouvelle. Le lendemain (soit mercredi) la Maison blanche en faisait l’annonce officielle.

Références :
Buchanan Sold Her Belongings to Become Missionary
Danish Demining Group
L’élimination d’Osama Ben Laden
Navy SEALs who killed Osama bin Laden rescue of 2 hostages in Somalia
Somalie
US commando team that killed Bin Laden swoop on Somali pirates

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Le « scandale » Duceppe : une manipulation grossière de l’opinion publique

Publié le 24 janvier 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

Par définition, tout ce que fait un parti politique est partisan. Une levée de fonds pour un parti, c’est une activité partisane puisque l’argent est le nerf de la guerre. Une conférence du chef du parti est une activité partisane puisqu’elle sert à promouvoir l’idéologie de son parti. Les interventions à l’Assemblée nationale ou à la Chambre des communes, sont des activités partisanes puisqu’elles visent à dénoncer les adversaires politiques ou servent à suggérer des améliorations législatives qui sont de nature à convaincre l’électorat du sérieux de la formation politique.

Aussi ai-je été très surpris d’entendre les reproches adressés à M. Duceppe d’avoir rémunéré le Directeur général du Bloc Québécois à partir des sommes versées par l’État fédéral à des fins parlementaires alors que — entre deux élections — la totalité des activités de cette formation politique est orientée vers sa vie parlementaire ou à la présence de ses députés dans leurs circonscriptions respectives (ce qui nourrit leur activité parlementaire).

Chaque chef de parti reconnu à la Chambre des communes se voit attribué un budget supplémentaire pour remplir des fonctions parlementaires « additionnelles ». Selon les documents de la Chambre des communes, les activités parlementaires sont définies comme étant « les obligations et activités qui se rattachent à la fonction de député, où qu’elles soient exécutées, y compris les affaires publiques ou officielles et les questions partisanes. »

Seules les « activités relatives aux intérêts commerciaux privés du député ou de sa proche famille » sont spécifiquement interdites de financement par les budgets de la Chambre des communes.

On comprendra donc que la campagne de dénigrement de Radio-Canada et de La Presse, sont des coups montés pour saboter les ambitions de M. Duceppe de devenir chef du Parti Québécois.

Hier soir, j’ai été estomaqué d’entendre l’ex-ministre Maxime Bernier s’indigner moralement face à cette affaire, lui pourtant rendu célèbre pour sa liaison avec une guidoune associée aux motards criminalisés.

Il suffit de se rappeler des sommes destinées à la tenue d’un sommet du G8 au Canada que le ministre conservateur Clement à détourné à la réfection des trottoirs de sa circonscription située à 30 km de l’événement pour juger de l’hypocrisie de ceux qui aujourd’hui font tout un drame de l’affaire Duceppe.

En attribuant un ordinateur portable à chaque député de sa formation politique, en lui fournissant papier, crayons, en payant ses frais de photocopieur, en négociant le loyer de son local de comté, le directeur général est un soutien à l’activité parlementaire du député.

On peut couper les cheveux en quatre et considérer son salaire comme une dépense administrative, mais cela m’apparait aussi tatillon que de refuser payer le salaire de la secrétaire du député à partir des fonds public sous le prétexte que ce n’est pas elle qui se lève en Chambre pour parler.

M. Duceppe n’a pas mis cet argent dans ses poches. Il s’en est servi pour rendre sa formation politique plus efficace : dans une démocratie comme la nôtre, nous avons tous intérêt à ce que les partis d’opposition soient performants.

De plus, la question n’est pas de savoir si on est d’accord ou non avec le fait que des fonds publics servent à rémunérer le DG d’un parti fédéral, mais plutôt de savoir si cela est interdit, ce qui n’est pas le cas. Alors où est le problème ?

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Écrit par Jean-Pierre Martel


Vienne — Le Staatsoper (l’Opéra de Vienne)

Publié le 21 janvier 2012 | Temps de lecture : 4 minutes

 
Historique

L’Opéra de Vienne — ou Staatsoper, ce qui signifie littéralement Opéra national — est un édifice néo-renaissance construit entre 1861 et 1869 par August Siccard von Siccardsburg (qui réalisa l’extérieur) et Eduard van der Nüll (responsable de l’aménagement intérieur). Ces deux architectes étaient les plus demandés par la haute société viennoise.

Alors que l’édifice était encore en construction, il fut l’objet de vives critiques du public viennois qui trouvait que son extérieur n’était pas suffisamment somptueux.

Les propos également défavorables de l’empereur Joseph Ier d’Autriche contribuèrent au suicide (par pendaison) de l’architecte van der Nüll, le 4 avril 1868.

Deux mois plus tard, son collèque von Siccardsburg fut emporté par la tuberculose. Si bien qu’aucun des deux ne purent assister à l’inauguration de leur chef-d’œuvre, le 25 mai de l’année suivante.

En raison des graves dommages subis lors de la Deuxième guerre mondiale, dix années de travaux furent nécessaires pour reconstruire l’Opéra. Les bombardements alliés avaient endommagé essentiellement la moitié arrière de l’édifice, là où on entreposait les décors, les costumes et les accessoires de 120 opéras.

Le 5 novembre 1955, soit onze jours après le départ des Alliés, le Staatsoper fut à nouveau inauguré. Les parties les moins endommagées furent simplement restaurées à l’identique (escalier d’honneur, vestibule, foyer et salon de thé) alors que les parties anéanties furent complètement refaites dans un style plus contemporain.

Présentation de la vidéo

La vidéo débute par un apperçu des toilettes de la station de métro qui dessert l’opéra. Comme il se doit, leurs usagers peuvent y assouvir leurs besoins au son de valses viennoises.

La façade de l’opéra s’ouvre sur le Ring, c’est-à-dire sur le boulevard circulaire qui entoure le quartier de la Vieille ville (Innerstadt). Au rez-de-chaussée, le long de la façade, une galerie couverte à arcades supporte une loggia à deux étages surmontée d’une terrasse.

À 0:23, c’est le vestibule qui donne accès à l’escalier d’apparat qu’on doit emprunter pour accéder à la salle de concert.

Les peintures murales et celles des plafonds ont été exécutées par Moritz von Schwind de 1864 à 1867.

À 0:54 dans la vidéo, c’est la salle de concert, dont la décoration intérieure fait très « années 1950 ». On peut y assoir environ 2 200 personnes.

Chaque spectateur dispose d’un appareil (d’environ 20 cm de long par 4 cm de hauteur) sur lequel s’affiche la traduction allemande ou anglaise (au choix de l’utilisateur) de ce qui est chanté. Le texte n’est visible que dans un angle de visionnement restreint, ce qui évite d’être distrait par l’éblouissement de l’écran d’un voisin.

À l’entracte, les spectateurs se dispersent dans la Salle de marbre (à 1:15), dans le foyer (de 1:17 à 1:45) ou sur la loggia (de 1:46 à 1:52). Chaque porte du foyer est surmontée du buste d’un compositeur lyrique parmi ceux qui ont contribué à la gloire de l’Opéra de Vienne.

À 1:55, nous voici du côté droit de l’Opéra. Celui-ci donne sur la petite Place Herbert von Karajan. Un écran géant y a été installé : durant une partie de l’année, cet écran sert à retransmettre gratuitement l’œuvre jouée simultanément en salle. Les mélomanes n’ont qu’à s’apporter une petit coussin ou un siège pliant — les places assises sont limitées — pour pouvoir assister gratuitement aux opéras à l’affiche.

Cela n’est pas sans quelques inconvénients; l’image est un peu sombre, trop bleutée, et on peut entendre les bruits de la circulation automobile à proximité. Mais c’est gratuit.

Le 26 septembre 2011, l’œuvre lyrique à l’affiche était Falstaff de Verdi dans laquelle la contre-alto québécoise Marie-Nicole Lemieux chantait le rôle de Mme Quickly (de 1:58 à 2:01).


Voir aussi : Liste des diaporamas de Vienne

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Écrit par Jean-Pierre Martel